Lucas SAINT JEAN

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Les ressources crées par Lucas SAINT JEAN

La consommation numérique connaît une croissance exponentielle. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre du secteur augmentent de 6 % chaque année. En France, le numérique représente 2.5 % de notre empreinte carbone et son impact pourrait tripler entre 2020 et 2050.


L’impact du numérique est large : fabrication, consommation et utilisation des équipements, la filière entraîne des conséquences matérielles, environnementales et sociales souvent sous-estimées.

La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons diminuer ensemble les émissions de GES du secteur, mais aussi ses externalités négatives. En route pour un tour d’horizon de l’empreinte carbone du numérique et des actions de réduction.

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Quelle est l'empreinte carbone du numérique ?

Le numérique génère 4,4 % des émissions de gaz à effet de serre du pays. Ce nombre vous paraît négligeable ? Cela représente pourtant 29,5 millions de tonnes CO2 équivalent (Mt CO2éq) émises sur l'année 2022, soit un peu moins que les émissions totales du secteur des poids lourds. Et ce nombre est en hausse constante. Comprendre cet impact fait partie des 5 raisons de réaliser le bilan carbone de son entreprise pour anticiper les défis de demain.

Si rien n'est fait, l'empreinte carbone du numérique pourrait augmenter de 45 % d’ici 2030 et même tripler d'ici 2050.

Le secteur numérique englobe trois composants : les équipements utilisateurs (ou terminaux), les centres de données (aussi appelé data center) et les infrastructures réseaux.

Les émissions de GES du secteur se répartissent ainsi :

  • 50 % proviennent des terminaux des utilisateurs ;

  • 46 % des centres de données (data centers) ;

  • 4 % viennent des réseaux (ADEME-Arcep, 2025).

L’empreinte carbone du numérique ne se résume donc pas seulement à l'utilisation d’internet. Derrière nos usages virtuels se trouvent des terminaux et des infrastructures matériels, de plus en plus délocalisées hors de nos frontières, qui génèrent elles aussi massivement des émissions.


Les trois composants du numérique : terminaux, réseaux et infrastructures à distance

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, nos équipements et leur durée de vie sont les premiers responsables de l’impact du numérique. La raison ? Le nombre d’appareils dépasse largement le nombre de centres de données. Ils sont aussi renouvelés plus fréquemment.

Creusons plus en détail l’impact de chacun des composants.

Les terminaux, premier facteur d’impact carbone

Nous l’avons vu plus haut, les terminaux sont la première cause des émissions de gaz à effet de serre du numérique (50 % de l'empreinte totale). ‍ 

Historiquement, on considérait que la très grande majorité des émissions (près de 80 %) provenait de la fabrication de ces équipements. Cependant, avec la mise à jour des données de l'ADEME en janvier 2025, le constat a évolué : à l'échelle globale, la phase de fabrication représente désormais 60 % de l'empreinte carbone, tandis que la phase d'utilisation pèse pour 40 %.

Parmi ces équipements, les ordinateurs, les télévisions et les smartphones ont l’impact carbone le plus élevé. 

À eux trois, ils représentent la quasi-totalité des émissions liées aux terminaux. D'ailleurs, l'ADEME souligne une évolution récente préoccupante : l'impact des téléviseurs est en forte hausse en raison de l'engouement pour les écrans OLED de grande taille, beaucoup plus lourds et impactants à fabriquer.

📝A noter : les terminaux incluent tous les appareils numériques, notamment les téléphones, ordinateurs, téléviseurs, objets connectés, consoles de jeux vidéo, appareils électroménagers, la domotique, etc. Surtout, sur le critère particulièrement critique de l'épuisement des ressources abiotiques (les métaux et minéraux), les terminaux pèsent à eux seuls pour plus de 90 % de l'impact total du numérique !

Cet impact est en partie dû à une durée de vie moyenne trop courte :

  • 2.5 ans pour les smartphones ;

  • 3 ans pour les tablettes ;

  • 5 ans pour les ordinateurs portables.


Cependant, le manque de données complique l’évaluation exacte de l’impact de leur durée de vie.

Les data centers, source croissante d’émissions de gaz à effet de serre

Les data centers représentent 46 % (ADEME-Arcep, Janvier 2025) de l'empreinte carbone globale du numérique en France, talonnant de très près les équipements utilisateurs (50 %). ‍ 

Comment expliquer un tel bond ? Près de 53 % de nos usages français sont en réalité hébergés hors de nos frontières. Or, ces data centers étrangers tournent souvent avec une électricité beaucoup plus carbonée (notamment aux États-Unis et en Chine) que le mix électrique français. 

Résultat : la consommation électrique en phase d'usage pèse désormais extrêmement lourd dans le bilan. ‍ 

Ce parc de centres de données croît parallèlement à l’augmentation frénétique des usages numériques et à l'arrivée de l'intelligence artificielle (IA). L’Agence Internationale de l'Énergie a ainsi estimé que la consommation énergétique des data centers dans le monde devrait doubler pour atteindre 1 000 TWh d'ici la fin de l'année 2026, soit l'équivalent de la consommation globale du Japon.

L'intelligence artificielle exige en effet des ressources colossales. Selon une analyse de Carbone 4, plus de 85 % des émissions carbone d'une IA générative proviennent de la consommation électrique des data centers. Face à cette complexité technique, il est crucial de choisir un outil de calcul de bilan carbone capable d'intégrer ces facteurs d'émissions spécifiques.

Cette consommation se répartit entre deux phases :

  • L'entraînement des modèles : un impact ponctuel mais très élevé.

  • L'utilisation (inférence) : un impact continu qui s’accentue avec le nombre d'utilisateurs. L'usage cumulé dépasse très rapidement l'impact de la création du modèle.  Pour mesurer ces flux complexes, les entreprises s'appuient souvent sur des méthodologies comme le  GHG Protocol. Il est d'ailleurs essentiel de bien comprendre les différences entre le GHG Protocol, le BEGES et le Bilan Carbone avant de lancer ses calculs.

De plus, les centres de données sont concernés par un effet rebond important. Si le numérique peut apporter de réels bénéfices, ceux-ci restent modestes. L'effet rebond se produit lorsqu'une économie (de temps, d'argent ou d'efficacité) obtenue grâce au numérique incite à consommer davantage, risquant d'annuler le gain initial. 

Le déploiement de solutions numériques ne modifie pas les tendances environnementales des secteurs concernés et ne saurait se substituer à des efforts de décarbonation plus profonds. Cette nécessité de piloter l'innovation par la sobriété s'inscrit au cœur des tendances RSE en 2026, où l’IA devient un véritable enjeu de gouvernance pour concilier usages numériques et objectifs climatiques.

Infrastructures et réseaux, dernier maillon de l’impact carbone du secteur

Les infrastructures réseaux comprennent les réseaux fixes (incluant les box internet), les réseaux mobiles et le réseau dorsal situés sur le territoire national. 

Leur part dans les émissions de gaz à effet de serre est la plus faible des trois composantes, s'établissant à 4 % de l'empreinte carbone globale du numérique. ‍ Contrairement aux idées reçues, la mise à jour des données de l'ADEME-Arcep en 2025 a révélé une légère baisse de la consommation électrique des réseaux en France. 

Cette diminution s'explique notamment par la transition vers la fibre optique, qui est une technologie moins consommatrice‍. 

Toutefois, ces gains d'efficacité énergétique risquent d'être mis à rude épreuve par la hausse continue des usages. Avec le développement des nouvelles technologies mobiles comme la 5G et les générations au-delà (6G et plus), les projections estiment que le trafic de données pourrait être multiplié par 6 d'ici 2030. 

Ainsi, l’impact environnemental des réseaux restera un point de vigilance majeur à mesure que les flux augmentent. ‍ 

Mais l’impact du numérique va au-delà des seules émissions de gaz à effet de serre.


Quels sont les impacts environnementaux et sociaux du numérique ?

La fabrication des équipements numériques nécessite l'approvisionnement en métaux, en terres rares et l'utilisation de produits chimiques.

L’extraction des matières premières et l’usage de ces produits entraînent la destruction de la végétation naturelle et des terres agricoles, la dégradation des sols et le rejet de substances hautement toxiques pour l’humain et l’environnement comme le mercure, l'arsenic ou le plomb.

De plus, l’extraction des terres rares produit des déchets radioactifs que nous ne savons pas traiter à l’heure actuelle.


📝A noter : les terres rares sont des métaux omniprésents sur la croûte terrestre. Le terme rare caractérise leur faible concentration qui nécessite un processus d’extraction, de traitement et de séparation polluants et coûteux en énergie.


Sur le plan social, les conditions de travail dans les mines sont souvent précaires. On estime d’ailleurs que 40 000 enfants travaillent encore dans des mines. Aussi, des conflits militaires éclatent dans les pays où les matériaux sont extraits car ils ont souvent un quasi monopole de la matière première.

À cela s'ajoute une consommation intensive d’eau. Les centres de données fonctionnent jour et nuit pour satisfaire les requêtes des utilisateurs. Au-dessus d’un certain seuil de température, il faut les refroidir pour éviter la surchauffe.

En 2022, Microsoft a consommé à lui seul 6,4 milliards de litres d’eau avec le déploiement de l’intelligence artificielle et de nouveaux centres de données. C’est 34 % d’eau en plus par rapport à 2021. La même année, les data centers de Google ont consommé environ 15 milliards de litres d’eau. Cette surconsommation interroge lorsqu’on sait que certains des serveurs sont implantés dans des régions en stress hydrique comme l’Amérique du Sud. Cette dynamique s'accélère avec l'IA : l'entraînement du modèle GPT-3 a consommé environ 700 000 litres d'eau, et l'empreinte hydrique des systèmes d'IA pourrait représenter entre 312 et près de 765 milliards de litres d'eau en 2025.

Cette surconsommation interroge lorsqu’on sait que certains serveurs sont implantés dans des régions en stress hydrique comme l’Amérique du Sud. De plus, l'extraction et le raffinage des métaux, ainsi que les usines de composants électroniques, nécessitent également d'immenses volumes d'eau et rejettent des déchets toxiques dans les cours d'eau. Au Chili, la pénurie d'eau et la pollution causée par les mines ont vidé des villages entiers. ‍

Après la fabrication, l'assemblage est principalement réalisé en Asie, où les employés travaillent jusqu’à 12h par jour sous une pression constante. Lors de la crise du coronavirus en 2020, certaines usines ont imposé à leurs travailleurs de dormir sur place pour maintenir la cadence de production.

Enfin, les déchets électroniques constituent un défi environnemental. Seulement 17 % des déchets électroniques sont recyclés, tandis que 60 % terminent dans des décharges à ciel ouvert dans des pays en incapacité de traiter ces déchets comme le Ghana ou l’Inde. L'accumulation des métaux lourds dans le sol menace directement la santé des travailleurs et des habitants. Par exemple, une exposition au mercure sur le long terme peut provoquer des lésions cérébrales sévères.

Les impacts sociaux et environnementaux du numérique restent souvent invisibles pour les consommateurs, car ils se produisent à l'autre bout du monde et ne sont pas visibles à court terme.

Pour terminer, on estime que la production d’un ordinateur moyen implique :

  • 1.5 tonnes d’eau ;

  • 800 kg de matières premières ;

  • 22 kg de produits chimiques ;

  • Main d'œuvre aux conditions de travail dangereuses ;

  • Une tonne par personne chaque année rien que pour nos usages numériques

💡Bon à savoir : WeCount vous permet en 4 mois seulement de mesurer vos émissions de gaz à effet de serre et de construire un plan d'action de réduction concret. Découvrez notre accompagnement sur le bilan carbone ou contactez-nous ! Et si vous souhaitez d'abord comprendre la démarche théorique, nous vous expliquons comment réaliser un bilan carbone en 7 étapes dans notre article dédié.

Maintenant que ces ordres de grandeur sont posés, analysons l’impact carbone d’un ordinateur portable.

Quelle est l’empreinte carbone d’un ordinateur ?

L'empreinte carbone d'un ordinateur portable se divise en trois phases : la fabrication, l'usage et la fin de vie.

Fabrication : des matières premières à l’assemblage

Le cycle de vie d’un ordinateur commence par l'extraction minière des matières premières.

Les ordinateurs contiennent plusieurs types de métaux :

  • des métaux communs comme le fer, l'aluminium et le cuivre ;

  • des métaux précieux comme l'or et le platine ;

  • Des terres rares.

Ces matériaux sont essentiels, mais leur extraction a un impact carbone élevé.

D’abord, les terres rares sont des métaux disséminés en très faible proportion sur l’ensemble de la croûte terrestre. Il faut en extraire une grande quantité de minerais puis les traiter chimiquement pour séparer les terres rares et les récupérer. Ces procédés sont très énergivores et génèrent beaucoup d’émissions de gaz à effet de serre.

Ensuite, la raréfaction des ressources entraîne une augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

Plusieurs matières premières sont considérées comme critiques. C’est le cas du cuivre, du silicium, du lithium ou du cobalt.

Prenons l'exemple du cuivre. Il y a 100 ans, nous devions extraire 50 kg de roche pour obtenir 1 kg de cuivre. Aujourd’hui, nous avons besoin de 150 kg de roche pour 1 kg de cuivre dans les mines les plus rentables.

Le “rendement matière” de l’extraction se dégrade : il faut mobiliser davantage de ressources pour produire la même quantité de métal. Cette logique est comparable à celle du taux de retour énergétique dans le secteur de l’énergie : plus une ressource est difficile à exploiter, plus son extraction nécessite d’énergie.

En conséquence, nous devons fournir plus d’énergie; donc émettre plus de gaz à effet de serre qu’il y a 100 ans pour extraire la même quantité de cuivre.



📝A noter : le même phénomène se produit avec le pétrole et le charbon. Nous avons épuisé les gisements les plus faciles à atteindre.

Paradoxalement, plus la taille du matériel diminue, plus le ratio matières premières - produit final est élevé :

  • 1 kilogramme d’ordi = 400 kg de matières

  • 1 kilogramme de smartphone = 1 000 kg de matières

  • 1 kg de puces électroniques = 16 000 kg de matières

📝A noter : on retrouve jusqu’à 50 métaux différents rien que dans un seul smartphone. On peut estimer qu’un ordinateur nécessite le même nombre de métaux puisque les processeurs, les écrans ou encore les circuits d’alimentations sont similaires. Imaginons la quantité de métaux nécessaire pour assurer la production mondiale !


Ainsi, la plupart des analyses de cycle de vie des ordinateurs (ACV) montrent que les étapes d’extraction des matières premières et de transformation des minerais en composants électroniques sont les plus émettrices de gaz à effet de serre.


La cause ? Un épuisement des ressources abiotiques qui induit une plus grande consommation énergétique, des procédés industriels chimiques et énergivores et donc des émissions de GES très élevées. Par exemple, la gravure des semi-conducteurs (parmi d'autres procédés) relâche du NF3, un puissant gaz à effet de serre inclus dans le protocole de Kyoto.


Enfin, la chaîne de valeur éclatée des appareils électroniques entraîne des émissions liées au transport :

  • L’extraction a souvent lieu en Afrique, en Amérique du Sud ou en Australie.

  • La fabrication se déroule en Asie, en Europe ou aux Etats-Unis.

  • Le téléphone est assemblé en Asie du Sud-Est.

  • Puis, la distribution s’effectue généralement par avion.

📝A noter : en comparaison avec l’ensemble des émissions de la chaîne de valeur, le transport par avion représente environ 1 % des émissions totales. Cela signifie que la phase de fabrication est particulièrement émettrice de GES.

Phase d’usage

la phase d’usage du numérique contribue désormais à 40 % des émissions de GES du secteur (contre 21 % dans les anciennes estimations).. Elle comporte trois enjeux majoritaires :

  • La consommation d’énergie liée à l'usage des appareils, des box internet et du cloud,
  • La production de froid pour refroidir les data centers,
  • L’utilisation d’eau.

Aujourd’hui en France, l'utilisation représente 11 % de la consommation électrique nationale (plus de 14 % si l'on prend en compte l'électricité consommée par les data centers situés à l'étranger qui font tourner nos usages quotidiens). Ce chiffre pourrait atteindre 30 % d’ici 10 ans.


Fin de vie de l’ordinateur

L'obsolescence des appareils numériques empêche de rentabiliser l'impact environnemental de la fabrication. Les équipements sont de plus en plus difficiles à réparer à cause de composants miniaturisés et soudés, les mises à jour logicielles deviennent rapidement incompatibles. L’obsolescence programmée et les avancées technologiques incitent au renouvellement fréquent de son ordinateur donc à la surconsommation.

D’après Ecologic, 2,1 millions de tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) sont produits en France chaque année, dont seulement 43 % sont collectés par la filière recyclage.

📝A noter : à titre d’exemple, seuls 20 % des matériaux (or, platine, aluminium, etc.) d’un smartphone sont récupérés lors du recyclage. Les autres métaux et terres rares sont aujourd’hui difficile à recycler.


Enfin, il est important de différencier fin d'usage et fin de vie d'un équipement. Lorsqu’on arrête d’utiliser un équipement, on parle de fin d’usage. Mais l’appareil peut souvent être réparé ou reconditionné, ce qui permet de retarder sa fin de vie et de réduire son impact carbone. Lorsque l’équipement devient inexploitable, alors on parle de fin de vie.


Selon l’ADEME, la fabrication d’un ordinateur portable émet environ 156 kg CO2e (source : ADEME, Base Empreinte, 2023).

Cette phase représente la majorité de l’impact sur l’ensemble du cycle de vie. En intégrant la phase d’usage, l’empreinte carbone totale d’un ordinateur portable se situe autour de 180 à 200 kg CO2e.

Rapporté à sa durée de vie :

  • conservé 5 ans, cela représente environ 35 à 40 kg CO2e par an ;

  • conservé 8 ans, cet impact descend à environ 20 à 25 kg CO2e par an.

Allonger la durée de vie d’un équipement permet donc de réduire significativement son impact carbone annualisé.

En définitive, l’empreinte carbone d’un ordinateur ne se résume pas seulement à l’usage, mais aussi - et surtout - à la fabrication. La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons mettre en place des actions pour minimiser l’impact carbone des équipements numériques. Pour une organisation, la première étape consiste souvent à quantifier son impact global en réalisant un BEGES (Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre).


Comment réduire l'empreinte carbone du numérique ?

Malgré ce constat, faut-il renoncer à l’usage numérique ? La réponse est non. Il s’agit de repenser notre utilisation et de rationaliser la conception des terminaux.

Selon qu’on soit utilisateur ou fabricant, nous pouvons instaurer des bonnes pratiques d’usage et de fabrication afin de minimiser les émissions de gaz à effet de serre du numérique. Voici comment.

Réduire les émissions de l’usage du numérique des utilisateurs

Côté utilisateur, nous pouvons réduire les émissions de gaz à effet de serre du numérique en allongeant la durée de vie de nos équipements et en sensibilisant à l’impact du numérique en entreprise. En entreprise, cette démarche de sensibilisation s'appuie sur une méthode Bilan Carbone rigoureuse pour identifier les postes numériques les plus émetteurs.

Mais avant même de penser durée de vie, interrogeons nous sur notre besoin et notre consommation.

Quel est mon besoin réel ? Ai-je besoin de filmer au quotidien des vidéos en très haute qualité ou d’une capacité de traitement de l’image avancée ? Ai-je besoin d’une tablette puissante parce que c’est mon outil de travail ? Pour les entreprises, quelle est l’utilisation numérique réelle de mes collaborateurs ?

Si je veux remplacer mon équipement pour un appareil plus high tech, est-ce que je vais me servir de ces nouvelles fonctionnalités ? Pour les professionnels, vais-je vraiment exploiter le potentiel technologique ?

En ce qui concerne l’usage de l’intelligence artificielle, est-ce pertinent de recourir à l'IA pour la moindre questions ?

Si mon appareil reste fonctionnel, est-ce que je peux trouver une solution alternative au remplacement (par exemple la réparation ou le reconditionnement) ?

Le biais de nouveauté est la tendance à toujours privilégier la nouveauté au détriment de l’ancien. Cette attirance pour le neuf peut nous pousser à remplacer nos appareils même lorsqu'ils sont toujours fonctionnels. Ainsi, questionner son besoin permet de rationaliser sa consommation et d’éviter ce biais cognitif.

Si la réponse à ces questions nécessitent un renouvellement d’équipement numérique, voici quelques bonnes pratiques à mettre en place :

  • Allonger la durée de vie des équipements en les renouvelant uniquement lorsqu'ils ne fonctionnent plus ;

  • Opter pour des terminaux reconditionnés ou recyclés plutôt que neufs ;

  • Réparer et protéger ses appareils grâce à des contrats de maintenance, des systèmes d'exploitation libres, des coques de protection, des mallettes de transport, des antivirus et des mesures de protection des données pour prolonger la durée de vie des équipements.

  • En fin d’usage, envoyer les appareils en filières de reconditionnement ou de recyclage pour assurer une fin de vie responsable.

En entreprise, vous pouvez aussi sensibiliser et former vos collaborateurs avec des ateliers comme la Fresque du Numérique ou des formations proposées par l'INR (Institut du Numérique Responsable) ou l’Inria pour comprendre et réduire votre impact numérique. Pour aller plus loin, internaliser les compétences grâce à une formation au bilan carbone permet de piloter sa stratégie climat en autonomie, tout en profitant souvent de subventions pour le bilan carbone dédiées.

Réduire les émissions de fabrication des équipements numériques

Côté fabricant, vous pouvez réduire l’impact carbone de la fabrication en instaurant des pratiques d'éco-conception et de réparabilité.

Éco-concevoir les produits numériques

L’éco-conception va de pair avec la rationalisation du besoin utilisateur et la sobriété. Cela signifie privilégier les fonctionnalités essentielles et une production raisonnée pour réduire la quantité de ressources nécessaires et diminuer l’impact carbone.

Ensuite, pour optimiser les performances environnementales de vos produits numériques, voici ce que vous pouvez faire :

  • Adapter les fonctionnalités aux besoins des utilisateurs ;

  • Optimiser la gestion des flux de données et des flux vidéos par une adaptation systématique aux terminaux ;

  • Améliorer l'efficacité énergétique de vos équipements numériques ;

  • Mettre en avant l'indice de réparabilité et assurer la traçabilité des matériaux ;

  • Proposer de passer automatiquement en réseau WiFi quand c'est possible pour optimiser l’énergie consommée ;

  • Encourager la filière recyclage en proposant la réparabilité ou le recyclage systématique des appareils numériques.

Selon l’étude de l’Arcep, instaurer un principe d’éco-conception généralisé permettrait déjà de diminuer la consommation de ressources de 15 % et de stabiliser l’empreinte carbone du numérique à +5 %.

Améliorer la traçabilité des équipements numériques

Enfin, la traçabilité des équipements permet d’encourager une consommation responsable en aidant les consommateurs à mieux comprendre les impacts environnementaux des produits qu'ils achètent.

En tant que fabricant, vous pouvez notamment :

  • Améliorer les informations disponibles pour les consommateurs, afficher les impacts environnementaux des produits, assurer une transparence totale de la chaîne de production... Pour piloter ces données complexes, notre plateforme carbone vous permet de centraliser vos indicateurs et de suivre vos trajectoires de réduction. Demandez une démo !

  • Adopter des labels environnementaux comme TCO Certified ou Blue Angel pour tendre vers une production respectueuse de l'environnement et des droits humains.

Ainsi, en agissant ensemble, fabricants et utilisateurs, nous pouvons diminuer durablement l'empreinte carbone du secteur ! Pour structurer votre stratégie climat, piloter votre trajectoire carbone et atteindre vos objectifs de réduction, découvrez notre programme d'accompagnement !

Vous êtes un acteur de la filière numérique ? Découvrez plus de solutions et de conseils pour vous décarboner dans Guide de décarbonation du numérique.

Co-construit par WeCount et 9 entreprises du numérique, ce guide est pensé comme une feuille de route qui répertorie les leviers de décarbonation spécifiques au secteur du numérique. Il vous donne les clés pour définir votre stratégie climat et passer de l'ambition à l'action dès maintenant.


📚Ressources

Article
Empreinte carbone du numérique : quel bilan et comment agir ?

Que comprend l’empreinte carbone du numérique ? Comment limiter les émissions de GES du secteur ? Réponses dans cet article.

Lucas SAINT JEAN
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1/4/26

Entre les exigences de la CSRD, les normes ISO ou les différentes méthodes de calcul, il peut être difficile de s’y retrouver. Dans les faits, de nombreux cadres de comptabilité carbone partagent un même socle : le GHG Protocol (Greenhouse Gas Protocol)

Utilisé par des milliers d'entreprises dans le monde, ce standard international structure la comptabilité carbone depuis plus de 20 ans. C'est le langage universel de la mesure des émissions de gaz à effet de serre

Et l'histoire ne s'arrête pas là. En 2025, un tournant majeur s'est opéré : le GHG Protocol et l'ISO ont uni leurs forces pour lancer le Plan d'harmonisation des normes mondiales de comptabilisation du carbone lors d'un atelier organisé à la COP30. L'objectif de cette démarche est d’aller encore plus loin dans la standardisation et la fiabilité des bilans carbone à l'échelle mondiale. 

Mais concrètement, qu'est-ce que le GHG Protocol ? Pourquoi est-il devenu incontournable ? Comment fonctionne-t-il ? Est-il obligatoire ? Et surtout, comment l'appliquer dans votre entreprise de manière efficace ? Dans cet article, nous décortiquons tout ce qu’il faut savoir sur le GHG Protocol.

📩 Ressource utile : Pour suivre les évolutions des standards carbone, des réglementations ESG et des bonnes pratiques climat, abonnez-vous à notre newsletter WeCount.

A retenir

  • Standard international de référence : Le GHG Protocol est utilisé dans le monde entier et garantit que les bilans carbone soient comparables d'un pays à l'autre. C'est un incontournable pour toute entreprise qui a des ambitions climatiques à l'échelle internationale.

  • Une logique en 3 scopes pour tout cartographier : Le GHG Protocol classe les émissions en trois scopes : émissions directes (scope 1), émissions dues à l’énergie achetée (scope 2), et autres émissions indirectes de la chaîne de valeur (scope 3). Pour la plupart des entreprises, ce scope 3 représente la majorité de l’empreinte carbone (70 à 90%) et devient indispensable dès lors que l’on veut disposer d’un inventaire complet et crédible.

  • Complémentaire aux obligations françaises : Pour les entreprises françaises, le GHG Protocol ne remplace pas les obligations nationales (comme le BEGES), mais devient indispensable dès qu'on vise une reconnaissance internationale ou qu'on souhaite s'engager dans des objectifs climatiques ambitieux (SBTi, CDP, etc.).

  • Valorisation de l'énergie verte possible (scope 2) : Le GHG Protocol permet de calculer les émissions électriques selon deux méthodes complémentaires : location-based (mix énergétique réel du territoire) et market-based (prise en compte de l'électricité verte achetée via des Garanties d'Origine).


    Les deux calculs doivent être présentés en parallèle, jamais l'un à la place de l'autre. En France, le BEGES réglementaire exige le mix moyen du réseau (location-based). Les achats d’électricité verte ne peuvent pas être utilisés pour diminuer les émissions déclarées.

  • Un levier stratégique au-delà de la conformité : Au-delà du reporting, le GHG Protocol permet d'identifier les postes les plus émetteurs, d'optimiser les coûts, d'anticiper les risques réglementaires et de renforcer la crédibilité ESG auprès des investisseurs et clients.

Qu’est-ce que le GHG Protocol ?

Un outil de mesure des émissions de gaz à effet de serre

Le GHG Protocol (Greenhouse Gas Protocol) est un ensemble de standards internationaux dédiés à la mesure, à la comptabilisation et au reporting des émissions de gaz à effet de serre (GES). 

Il a été développé conjointement par deux organisations de référence : le World Resources Institute (WRI) et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD).

Un cadre méthodologique international clair et robuste 

La volonté à l’origine du GHG Protocol est de fournir un cadre méthodologique international commun, robuste et reconnu, permettant aux organisations de :

  • structurer leurs stratégies de décarbonation ;

  • mesurer leurs émissions de GES de manière cohérente ;

  • comparer leurs performances dans le temps et avec leurs pairs :

  • répondre aux exigences réglementaires et aux attentes des parties prenantes.

Aujourd’hui, le GHG Protocol est devenu le langage commun de la comptabilité carbone à l’échelle mondiale.

Un levier stratégique 

Trop souvent, le GHG Protocol est perçu comme une contrainte réglementaire. Pourtant, il constitue un véritable outil de pilotage stratégique :

  • Un levier de performance opérationnelle : La structuration des flux carbone permet d’identifier les postes les plus émetteurs, d'orienter les investissements, d’optimiser les achats et la logistique.

  • Un outil de réduction des risques : Une bonne maîtrise des émissions permet d'anticiper les risques réglementaires, réduire l’exposition aux coûts carbone, sécuriser la stratégie long terme.

  • Un facteur de crédibilité ESG : Des données carbone robustes renforcent la confiance des investisseurs et des régulateurs, la crédibilité auprès des clients, la solidité du reporting extra-financier.

Pourquoi le GHG Protocol est devenu la référence mondiale ?

Si le GHG Protocol s’est imposé comme standard international, ce n’est pas un hasard. Il répond à plusieurs enjeux clés :

  • Il est fiable car basé sur des données scientifiques : Cet outil repose sur des principes de comptabilité carbone reconnus, une norme ISO internationale, une logique de traçabilité, une approche documentée et auditée. Ses données sont donc exploitables, crédibles, comparables.

  • Il a été adopté massivement par les acteurs économiques (multinationales, PME, institutions financières, collectivités, ONG, investisseurs, etc) et est donc devenu de fait un standard international.

  • Il est reconnu par les régulateurs : en effet, de plus en plus de cadres réglementaires s’appuient explicitement ou implicitement sur les principes du GHG Protocol (SBTi, CSRD en Europe, ISSB, exigences des superviseurs financiers, référentiels ESG internationaux, etc)

Explications : comprendre les scopes 1, 2 et 3

Le GHG Protocol est la norme qui a formalisé la notion de scopes 1, 2, 3 (qui permet de classer les émissions selon leur nature et leur origine). 

Dans la langue courante, les professionnels de la RSE utilisent naturellement ce terme de "scope". 

En France, la logique a été reprise dans la méthode du Bilan Carbone® et du BEGES

En revanche, ces méthodologies ne structurent pas les émissions de la même manière. Le BEGES classe les émissions en 6 grandes catégories, déclinées en postes. La méthode Bilan Carbone®, elle, structure l’inventaire en 10 postes principaux et 48 sous-postes.

Tableau comparatif entre les catégories et postes fixés entre le référentiel national, le bilan carbone® et le ghg protocol, méthode pour la réalisation des bilans d’émissions de gaz à effet de serre, ecologie.gouv.fr, 2022

Pour aller plus loin sur ce sujet, nous vous invitions à consulter notre article, GHG Protocol, BEGES et Bilan Carbone® : Comment faire la différence ?

Revenons-en aux scopes et aux contours de chacun d’entre eux.

Scope 1 : les émissions directes

Ce scope regroupe toutes les émissions directement générées par l’organisation à savoir : 

  • Sources fixes de combustion ; 

  • Sources mobiles à moteur thermique ;

  • Procédés hors énergie ;

  • Emissions directes fugitives ;

  • Emissions issues de la biomasse (sols et forêts).

Pour faire simple, ce sont les émissions sur lesquelles l’entreprise a un contrôle direct.

Scope 2 : les émissions indirectes liées à l’énergie

Le scope 2 concerne les émissions liées à la production de l’énergie achetée et consommée (électricité, chaleur, vapeur, froid). On distingue deux approches :

Location-based (obligatoire)

C’est une approche qui permet de refléter l'impact réel de l'électricité consommée selon le mix énergétique du territoire (par exemple, le mix électrique français moyen).

Market-based (optionnelle et complémentaire)

C’est une méthode de calcul qui permet de valoriser l'achat d'électricité verte par une entreprise. 

Plus concrètement, on parle de market-based parce que l’électricité verte n’est pas forcément consommée physiquement par l’entreprise. 

Elle a en revanche été produite ailleurs sur le marché, et cette production est attestée par une Garanties d’Origine (GO). 

📝 À noter : Une erreur fréquente consiste à penser que l'on peut choisir entre l'approche Location-based et Market-based. Pour respecter la rigueur du standard, il faut faire les deux. L'impératif est de présenter cette double lecture sans jamais additionner les deux chiffres, car ils représentent deux visions différentes d'une même réalité.

Scope 3 : autres émissions indirectes

Maintenant que vous avez une idée claire de ce que sont les scopes 1 et 2, passons au scope 3. Ce dernier couvre toutes les autres émissions indirectes, tout au long de la chaîne de valeur, en amont et en aval. Cela englobe : 

  • Achats de biens et services ;

  • Biens d'équipements ;

  • Carburants et énergie non inclus dans les scopes 1&2 ;

  • Transports amont et aval de marchandises ;

  • Déplacements domicile-travail et professionnels ;

  • Actifs loués en amont et en aval ;

  • Utilisation des produits vendus ;

  • Traitement et fin de vie des produits vendus ;

  • Franchises ;

  • Investissements.

Selon un récent rapport du Carbon Disclosure Project (CDP), le scope 3 représenterait “en moyenne 75 % des émissions totales des entreprises tous secteurs confondus”. 

Donc l’écrasante majorité. Dans certains secteurs, il atteindrait même les 90 %. C’est notamment le cas dans le domaine des équipements, des métaux, de la construction ou encore des services financiers. Dans ce contexte, réaliser un bilan carbone BTP permet d’identifier les émissions liées aux matériaux, aux chantiers, au transport et aux usages des bâtiments.

Scope 3 : l’enjeu clé pour les entreprises

Le scope 3 est le plus complexe… mais c'est aussi et surtout le plus stratégique

Nous l’avons vu plus haut : il représente la majorité de l'empreinte carbone des entreprises. Ne pas en tenir compte c’est comme choisir de ne regarder que la partie émergée de l’iceberg. 

Dans la même logique, c’est le meilleur levier pour identifier les sujets à prioriser afin de réduire l’impact de l’entreprise

Infographie pour comprendre les scopes 1 2 et 3, ghgprotocol.org

Quels liens entre GHG Protocol, CSRD et réglementations européennes ? 

Ces dispositifs n’ont pas le même rôle : le GHG Protocol définit comment mesurer les émissions de gaz à effet de serre, tandis que la CSRD et les normes européennes précisent quelles informations les entreprises doivent publier.

Une logique globale 

Pour ne pas vous emmêler les pinceaux, voici comment les uns s’articulent avec les autres :

 

  1. Le GHG Protocol vous donne la méthode pour comptabiliser vos émissions ;


  2. La CSRD vous oblige à publier ces données de manière standardisée, transparente et auditée ;


  3. Les autres réglementations européennes (CSDDD, Taxonomie, SFDR, CBAM) utilisent ces mêmes données pour évaluer votre conformité, votre éligibilité aux financements verts, votre impact sur la chaîne de valeur, etc.

Le GHG Protocol est l'outil de calcul. La CSRD et les autres réglementations sont les obligations de reporting et d'action qui s'appuient sur cette mesure.

Les réglementations internationales autour de l’empreinte carbone

Rappel des différentes réglementations : 

  • La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) : C’est une directive européenne entrée en vigueur progressivement depuis 2024.

    Elle oblige les grandes entreprises européennes (avec + de 1000 salariés et un chiffre d’affaire annuel net supérieur à 450 milliards d’euros) et non-européennes (avec un chiffre d’affaire annuel net de 1,5 milliard d'euros généré dans l'UE) à publier un reporting extra-financier détaillé sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

    Depuis la publication de la directive Omnibus du 26 février 2025, 80 % des entreprises initialement concernées par la CSRD en sont exclues aujourd’hui. Une ambition donc largement revue à la baisse.

    Pour pallier à ça, la norme VSME s’impose comme une bonne alternative. Élaborée par l’EFRAG, elle a été recommandée le 30 juillet 2025 par la Commission européenne pour offrir aux PME non cotées et micro-entreprises un cadre volontaire de reporting, simple et sans charge excessive. Dans ce contexte mouvant, suivre les tendances RSE en 2026 peut aider les entreprises à anticiper les prochains sujets structurants : reporting volontaire, climat, chaîne de valeur et pilotage ESG.

  • La CSDDD ou CS3D (Corporate Sustainability Due Diligence Directive) : Cette directive CS3D impose aux très grandes entreprises de l’UE et hors UE (si elles atteignent les seuils de + 500 employés et un chiffre d’affaire annuel net supérieur de 1,5 milliards d’euros) de cartographier et réduire les impacts environnementaux et sociaux de leur chaîne de valeur.

    Pour le climat, cela implique de mesurer le scope 3 (donc ce que recommande également le GHG Protocol).

  • La Taxonomie européenne :  Elle définit quelles activités économiques sont considérées comme "durables" sur le plan environnemental. Pour prouver qu'une activité respecte les critères climatiques, il faut… mesurer ses émissions selon des méthodologies reconnues (dont le GHG Protocol).

  • Le règlement SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) :  Il oblige les acteurs financiers (banques, assureurs, fonds d'investissement) à publier l'empreinte carbone de leurs portefeuilles. Résultat ? Ils demandent à leurs entreprises clientes de fournir leurs données carbone… mesurées selon le GHG Protocol.

  • Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF ou CBAM) : Il impose une taxe carbone sur certains produits importés en Europe (acier, ciment, aluminium, etc.). Pour la calculer, il faut connaître les émissions liées à la production… en utilisant une méthodologie compatible avec le GHG Protocol. Oui, on y revient toujours.

Une convergence qui va dans le bon sens

Plutôt que d'avoir 10 méthodologies différentes selon chaque réglementation, l'Europe a choisi de s'aligner sur des standards internationaux reconnus comme le GHG Protocol. Concrètement, cela signifie que :

  • Vous ne faites le travail qu'une fois : un bon bilan carbone selon le GHG Protocol vous permet de répondre à la CSRD, au CDP, de vous lancer dans SBTi, et à la plupart des autres demandes.

  • Vos données sont comparables : en suivant un standard commun, vos parties prenantes (investisseurs, clients, partenaires, régulateurs) peuvent comparer votre performance à celle de vos pairs.

  • Vous gagnez en crédibilité : s'appuyer sur une méthode reconnue internationalement renforce la confiance dans vos engagements climat.

Le GHG Protocol n'est pas "en concurrence" avec la CSRD ou les réglementations européennes. C'est le socle méthodologique sur lequel ces réglementations s'appuient. 

Exemple : le parcours d'une entreprise textile française

Prenons l'exemple d’un cas fictif, Greenshirt, une entreprise internationale de 1100 salariés spécialisée dans la confection de vêtements éco-responsables. Dans ce secteur, comprendre l’empreinte carbone textile est essentiel pour analyser le poids des matières premières, de la fabrication, du transport et de la fin de vie des produits. Voici concrètement comment ces différents cadres s'articulent dans son quotidien :

Étape 1 : La calcul avec le GHG Protocol

Greenshirt réalise son premier bilan carbone en suivant la méthodologie GHG Protocol. L'entreprise identifie ses émissions :

  • Scope 1 : 1000 tCO₂e (chauffage au gaz des bureaux et ateliers) ;

  • Scope 2 : 120 tCO₂e (électricité consommée pour les machines) ;

  • Scope 3 : 85 000 tCO₂e (production des tissus en Asie, transport maritime, utilisation et fin de vie des vêtements).

Constat : Le scope 3 représente 98% de l'empreinte totale. C'est là qu'il faut agir en priorité.

Étape 2 : Le reporting obligatoire avec la CSRD

Greenshirt dépasse les seuils de la CSRD (1100 salariés). À partir de l’exercice 2027, elle va devoir publier un rapport de durabilité incluant son empreinte carbone totale (mesurée selon le GHG Protocol), sa stratégie climat et son plan d'action concret. Ces données sont auditées par un cabinet externe et publiées dans le rapport annuel.

Étape 3 : L'accès au financement avec SFDR et la Taxonomie

Greenshirt souhaite emprunter 2 millions d'euros pour moderniser ses ateliers avec des machines moins énergivores. 

Sa banque, soumise au règlement SFDR, lui demande son empreinte carbone pour évaluer l'éligibilité du projet à un prêt vert à taux préférentiel. Grâce à son bilan GHG Protocol et à son plan de réduction aligné avec la Taxonomie européenne, Greenshirt obtient le financement à un taux avantageux.

Étape 4 : L'export et le CBAM

Greenshirt importe des boutons en aluminium depuis la Turquie. 

Avec le mécanisme CBAM, elle doit déclarer les émissions liées à la production de cet aluminium. Elle demande donc à son fournisseur turc de calculer son empreinte selon une méthode compatible avec le GHG Protocol pour éviter de payer une taxe carbone élevée.

Le bilan pour Greenshirt ?
En réalisant un seul bilan carbone rigoureux selon le GHG Protocol, l'entreprise a pu : 

  • Répondre à son obligation CSRD ;

  • Cartographier sa chaîne de valeur (CSDDD) ;

  • Accéder à un financement vert (SFDR/Taxonomie) ;

  • Anticiper les coûts liés au CBAM ;

  • Identifier ses leviers de réduction prioritaires.

Un effort méthodologique bien réalisé permet de répondre à un ensemble d'obligations et d'opportunités. C'est tout l'intérêt de cette convergence réglementaire autour du GHG Protocol.

Les différences entre le GHG Protocol et la Bilan Carbone®

Lorsqu'on se lance dans la mesure de son empreinte carbone, deux méthodologies reviennent systématiquement : le GHG Protocol et le Bilan Carbone®

Si les deux ont pour objectif de quantifier les émissions de gaz à effet de serre d'une organisation, ils ne fonctionnent pas tout à fait de la même manière : 

  • Le GHG Protocol (Greenhouse Gas Protocol) a été développé en 2001 par le World Resources Institute (WRI) et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD). C'est un standard international majoritairement utilisé par les grandes entreprises et les multinationales.

  • Le Bilan Carbone®, quant à lui, a été développé en 2004 par l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie) en France. Depuis 2011, il est géré par l'Association Bilan Carbone (ABC). C'est la méthode de référence en France, et donc particulièrement adaptée au contexte réglementaire français.

Comme expliqué ci-dessus, le GHG Protocol et la méthode Bilan Carbone® reposent sur des principes communs de comptabilité carbone, largement alignés avec les normes internationales comme l’ISO 14064.

En revanche, ils ne structurent pas les émissions de la même manière. Le GHG Protocol organise l’inventaire autour des trois scopes (1, 2 et 3), tandis que la méthode Bilan Carbone® propose une lecture plus détaillée, en répartissant les émissions selon 10 postes principaux et 48 sous-postes.

Cette approche permet d’analyser plus finement les sources d’émissions et d’orienter la définition d’actions de réduction adaptées.

Bon à savoir 💡: Vous souhaitez structurer rapidement votre bilan carbone entreprise ? WeCount vous accompagne à travers des programmes collectifs pour mesurer vos émissions selon les standards français et internationaux (Bilan Carbone®, BEGES, GHG Protocol) et construire une démarche pérenne. Contactez-nous pour en savoir plus.

Le périmètre et le niveau de détail

Le GHG Protocol propose un cadre méthodologique relativement flexible. Il définit les grandes lignes de la comptabilité carbone (notamment la structuration en scopes 1, 2 et 3) et encourage les organisations à utiliser les données les plus précises possibles pour calculer leurs émissions.

Lorsque ces données ne sont pas disponibles, le standard prévoit des méthodes alternatives plus simples, basées par exemple sur des estimations ou des données moyennes. 

Cette flexibilité permet aux entreprises de se lancer plus facilement dans la démarche, même lorsque certaines informations sont difficiles à obtenir. En contrepartie, ces approches peuvent être moins précises que des calculs réalisés à partir de données physiques détaillées.

La méthode Bilan Carbone®, de son côté, est plus prescriptive et structurée. Elle impose une méthodologie précise avec des catégories d’émissions clairement définies, des règles de calcul cadrées et un niveau de détail important. Cette approche vise notamment à garantir une meilleure comparabilité des bilans entre organisations en France.

Scope 3 : obligatoire ou recommandé ?

Dans le GHG Protocol, les émissions sont structurées en trois catégories (scopes 1, 2 et 3). Si la norme de base impose le reporting des scopes 1 et 2, la prise en compte du scope 3 est fortement attendue pour obtenir un inventaire complet des émissions.

Depuis la publication du Scope 3 Standard en 2011, les organisations doivent évaluer et déclarer leurs émissions indirectes significatives tout au long de leur chaîne de valeur.

Dans les faits, la plupart des initiatives climatiques internationales, comme la Science Based Targets initiative (SBTi), exigent aujourd’hui la prise en compte du scope 3. Pour la majorité des entreprises, il représente d’ailleurs la plus grande part des émissions.

La méthode Bilan Carbone®, quant à elle, vise à quantifier l’ensemble des émissions générées directement ou indirectement par l’activité d’une organisation. Dans la pratique, un Bilan Carbone® complet intègre donc les émissions de scope 3, afin de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur. 

Bases de données utilisées

Le GHG Protocol ne fournit pas directement de facteurs d’émission. Les entreprises doivent s'appuyer sur des bases internationales (Ecoinvent, des bases nationales comme la Base Empreinte® en France, etc) ou les données fournisseurs.

Le Bilan Carbone® s'appuie sur la Base Empreinte® (une fusion entre la Base Carbone® et la Base Impact®) développée par l'ADEME. Cela permet de garantir une bonne cohérence méthodologique et d’offrir une meilleure comparabilité des données. 

Contexte réglementaire et reconnaissance

Le GHG Protocol est utilisé pour le reporting Carbon Disclosure Project (CDP), la définition des objectifs Science-based Target Initiative (SBTi) et les normes ISO 14064. 

Il constitue également la référence méthodologique pour répondre aux exigences climat de la CSRD, définies dans les normes ESRS, et plus précisément dans la norme ESRS E1 (qui impose la publication des émissions de gaz à effet de serre sur les scopes 1, 2 et 3) et de plus en plus dans le cadre de la CSRD. C'est le langage commun international du reporting carbone.

Le Bilan Carbone® est une méthodologie largement utilisée en France pour réaliser un BEGES réglementaire (Bilan d'Émissions de Gaz à Effet de Serre obligatoire selon l'article L229-25 du Code de l’Environnement). Il est aussi compatible avec la CSRD, mais reste moins connu à l'international.

Formation et certification 

Le GHG Protocol ne propose pas de formation certifiante officielle. Les consultants et experts se forment via des ressources publiques, des organisations tierces ou des certifications ISO.

Le Bilan Carbone® propose une formation certifiante dispensée par l'Association pour la transition Bas Carbone (ABC). Elle permet de devenir "praticien Bilan Carbone®" et d'utiliser officiellement la marque déposée. C'est un gage de sérieux et de maîtrise méthodologique.

Alors, GHG Protocol ou Bilan Carbone® ?

Le GHG Protocol est un standard international de comptabilité carbone. Il définit les principes de mesure et de reporting des émissions de gaz à effet de serre, notamment la classification en scopes 1, 2 et 3.

Le Bilan Carbone®, lui, est une méthode opérationnelle développée en France pour réaliser cet inventaire d’émissions et surtout structurer une démarche de transition bas-carbone. La méthode ne se limite pas à mesurer les émissions : elle vise aussi à identifier les principaux postes d’impact et à construire un plan d’actions de réduction.

Les deux approches ne s’opposent pas. Le Bilan Carbone® s’appuie largement sur les principes du GHG Protocol et permet de produire des résultats compatibles avec les standards internationaux.

On peut toutefois simplifier ainsi :

  • si votre objectif est de réaliser un diagnostic complet et structurer un plan de transition, la méthode Bilan Carbone® est particulièrement adaptée ;

  • si votre priorité est de répondre à des exigences de reporting international (CDP, SBTi, standards ESG…), le GHG Protocol constitue la référence la plus utilisée.

Le tableau ci-dessous vous aide à mieux comprendre les différences et complémentarités entre ces deux approches.

Voilà par ailleurs un tableau récapitulatif pour vous aider à mieux comprendre les différents aspects de ces outils.

Tableau récapitulatif : GHG Protocol vs Bilan Carbone®

CritèreGHG Protocol 🌍Bilan Carbone® 🇫🇷
OrigineWRI & WBCSD (2001)ADEME (2004), géré par l'ABC depuis 2011
ReconnaissanceInternationalePrincipalement française
PérimètreScopes 1, 2, 3Scopes 1, 2, 3
Scope 3Nécessaire pour un inventaire complet, attendu s'il est significatifIntégré dans un Bilan Carbone® complet
Niveau de détailCadre flexibleMéthodologie prescriptive et détaillée
Base de donnéesAucune base propriétaire (Ecoinvent, bases nationales, etc.)Base Empreinte® (ADEME)
FormationPas de formation officielleFormation certifiante par l'ABC
Usage réglementaire (France)Compatible CSRD, SBTi, CDPBEGES réglementaire, CSRD, GHG
Usage internationalStandard mondialPeu connu hors de France

Le GHG Protocol et le Bilan Carbone® ne sont pas deux approches concurrentes, mais deux cadres différents pour comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre

Le GHG Protocol définit un standard international de comptabilité carbone, largement utilisé dans les dispositifs de reporting (CDP, SBTi, standards ESG, etc.).

Le Bilan Carbone®, développé en France, est une méthode opérationnelle permettant de réaliser cet inventaire d’émissions et de structurer une démarche de transition bas-carbone.

La documentation du GHG Protocol est librement accessible et gratuite, tandis que l’utilisation de la méthode Bilan Carbone® s’inscrit dans un cadre méthodologique structuré porté par l’Association pour la transition Bas Carbone et implique généralement un coût. 

Quelle que soit la méthode choisie, l'essentiel est de mesurer l'intégralité de son empreinte (scopes 1, 2 et 3) et de s'engager dans une trajectoire de réduction crédible.

Quelles sont les 7 étapes clés pour appliquer le GHG Protocol ?

Le GHG Protocol peut sembler intimidant au premier abord. Pourtant, il suit une logique progressive et structurée. Voici les 7 étapes clés pour réaliser votre bilan carbone selon cette méthodologie :

1. Définir le périmètre organisationnel : qui fait partie du bilan ?

Première question à se poser : quelles entités inclure dans votre bilan carbone ?

Cela peut paraître évident pour le bilan carbone d'une PME avec une seule structure juridique, mais ça se complexifie rapidement pour les groupes avec plusieurs filiales, des participations minoritaires, des joint-ventures ou des franchises.

Concrètement, vous devez décider :

  • Quelles entités juridiques sont incluses ?

  • Quelle filiale française, européenne ou internationale rentrent dans le périmètre ?

  • Où commence et où s'arrête le périmètre de reporting ?

📝A noter : Une entreprise qui détient 60% d'une filiale doit-elle l'inclure dans son bilan ? Oui, si elle en a le contrôle opérationnel. Mais si elle détient 20% d'une autre société sans pouvoir de décision, elle peut choisir de ne pas l'inclure.

2. Définir le périmètre opérationnel : quelles émissions comptabiliser ?

Une fois que vous savez qui est dans le périmètre, il faut déterminer quelles émissions vous allez comptabiliser. C'est là qu'interviennent deux approches possibles :

  • Le contrôle opérationnel : Vous comptabilisez 100% des émissions des activités que vous opérez directement, même si vous n'en êtes pas propriétaire à 100%. C'est l'approche la plus courante, car elle reflète mieux votre capacité d'action.

  • Le contrôle financier : Vous comptabilisez les émissions en proportion de votre participation financière. Cette approche est fréquente dans la finance, l'immobilier ou les infrastructures.

📝A noter : Vous louez un entrepôt que vous gérez entièrement. Avec le contrôle opérationnel, vous comptabilisez 100% des émissions liées à cet entrepôt. Avec le contrôle financier, si vous n'en êtes pas propriétaire, vous ne les comptabilisez pas.

À cette étape, vous définissez aussi :

  • Quels scopes inclure ?

  • Quelles catégories du scope 3 sont pertinentes pour votre activité ?

3. Choisir l'année de référence : votre point de départ

Pour mesurer vos progrès, il faut un point de comparaison. C'est ce que l’on appelle l'année de référence (ou "baseline"). Concrètement, si vous réalisez votre premier bilan carbone en 2026, vous pouvez choisir 2025 comme année de référence. 

Si le droit français recommande un nouveau bilan tous les 3 ans, chez WeCount, nous recommandons de réaliser plutôt un nouveau bilan tous les 2 ans. L’idée est ainsi de pouvoir piloter le sujet de près et de pouvoir ajuster la stratégie de manière rapide. Ici, cela voudrait donc dire que le nouveau bilan doit être fait en 2028 sur les données de l'année 2027. 

Pourquoi c'est important ? Sans année de référence, impossible de savoir si vos efforts portent leurs fruits. C'est comme vouloir perdre du poids sans monter sur la balance au début !

✨Notre conseil : Choisissez une année représentative de votre activité "normale", sans événement exceptionnel (acquisition majeure, crise sanitaire, fermeture d'un site, etc.).

4. Recenser les données : la collecte terrain

C'est l'étape la plus chronophage, mais aussi la plus stratégique.

L’objectif est ici de collecter l'ensemble des données d'activité nécessaires pour calculer vos émissions de gaz à effet de serre. Pour y parvenir, plusieurs services de l’entreprise doivent être mobilisés.

En pratique, la démarche implique généralement :

  • Le CODIR et l’équipe RSE, qui pilotent la démarche et arbitrent les priorités ;
  • La direction financière, qui fournit une grande partie des données d’achats et d’immobilisations ;
  • Les RH, pour les données liées aux déplacements domicile-travail ou aux effectifs ;
  • Le marketing ou les équipes commerciales, notamment pour les données liées aux produits vendus ou aux usages clients.

Selon le secteur d’activité, d’autres équipes peuvent également être fortement impliquées :

  • Industrie : production, achats, R&D, direction innovation ;
  • Services : DSI, équipes IT ou responsables des infrastructures numériques.

Voici quelques exemples de données par scope :

  • Scope 1 (émissions directes de GES ) : cela peut être par exemple le chauffage au gaz des locaux et usines, les émissions dues à l’utilisation des véhicules des organisations ou encore les fuites de gaz frigorigènes ;

  • Scope 2 (émissions indirectes liées aux consommations d’énergies) : cela peut être les émissions liées à la consommation de chaleur, de froid (correspondant aux énergies primaires utilisées telles que le gaz, le pétrole, l’éolien, le solaire…) ;

  • Scope 3 (autres émissions indirectes) : les achats de matières, produits et services, les immobilisations, les déplacements et le transport, les déchets, l'utilisation et la fin de vie, etc.

Ces données sont souvent éparpillées entre différents services (comptabilité, RH, achats, logistique, maintenance…). C’est le cas par exemple pour l’empreinte carbone numérique, qui nécessite de croiser des données issues des achats IT, des usages cloud, des équipements, des logiciels et parfois des prestataires externes.L’idéal est d’organiser la collecte en impliquant les bonnes personnes et en mettant en place un processus reproductible d'une année sur l'autre

💡Bon à savoir : la collecte des données est souvent l’étape la plus lourde d’un bilan carbone. Avec la plateforme carbone WeCount, vous gagnez du temps et réduisez les risques d’erreur grâce à l’import automatisé de fichiers Excel, aux connexions API, aux workflows de relance des contributeurs et fournisseurs, et à une traçabilité complète des données et des calculs. De quoi mobiliser plus facilement vos parties prenantes et fiabiliser votre démarche dans la durée. Demandez une démo de notre plateforme

Plateforme comptabilité carbone WeCount

5. Calculer les émissions : transformer les données en impact carbone

Une fois vos données collectées, il faut les convertir en émissions de CO₂ équivalent (CO₂e). C'est là qu'interviennent les facteurs d'émission.

La formule est la suivante : donnée d'activité × Facteur d'émission = Émissions en tCO₂e

Exemple :

  • Vous avez consommé 50 000 kWh d'électricité en France.

  • Le facteur d'émission du mix électrique français est d'environ 0,052 kg CO₂e/kWh (selon la Base Empreinte®).

  • Calcul : 50 000 × 0,052 = 2 600 kg CO₂e = 2,6 tonnes de CO₂e

Où trouver ces fameux facteurs d'émission ?

  • Base Empreinte® ;

  • DEFRA ;

  • Ecoinvent ;

  • Bases sectorielles spécifiques (Agribalyse pour l'alimentation et l'agriculture, INIES pour le bâtiment, etc.).

L'idéal est de privilégier les facteurs les plus spécifiques et les plus récents pour maximiser la fiabilité de vos calculs.

6. Contrôler la qualité : vérifier et documenter

Avant de publier vos résultats, il est essentiel de vérifier la cohérence de votre bilan. Cette étape de contrôle qualité permet d'éviter les erreurs et de renforcer la crédibilité de vos données. Voici quelques vérifications que vous pouvez faire :

  • Les ordres de grandeur sont-ils cohérents ? Ex : une PME dans le secteur tertiaire de 50 personnes qui affiche 100 000 tonnes de CO₂e, c'est suspect.

  • Y a-t-il des données aberrantes ou des postes d’émissions qui n’ont pas été comptabilisés ?

  • Les hypothèses sont-elles documentées et justifiées ?

  • Les émissions scope 3 sont-elles supérieures aux scopes 1 et 2 ? C’est presque toujours le cas.

✨Notre conseil : Identifiez les sources d'incertitudes. Certaines données sont précises (factures d'électricité), d'autres sont estimées (trajets domicile-travail). Notez ces incertitudes pour savoir où concentrer vos efforts d'amélioration lorsque vous réalisez un nouveau bilan. Autre recommandation, gardez une trace de vos choix méthodologiques, de vos sources de données, de vos hypothèses. Cela vous sera indispensable pour les audits, pour reproduire le calcul l'année suivante, et pour justifier vos chiffres auprès de vos parties prenantes.

7. Rédiger le rapport et déclarer les résultats

Dernière étape : communiquer vos résultats de manière claire, transparente et exploitable. Votre rapport doit contenir l’ensemble des 6 éléments présentés précédemment. 

Où publier ces résultats ?

  • Dans votre rapport annuel ou rapport RSE ; 

  • Sur des plateformes comme le CDP (Carbon Disclosure Project) ;

  • Sur la plateforme ADEME si vous êtes soumis au BEGES réglementaire en France ;

  • Dans le cadre de votre reporting CSRD si vous y êtes soumis.

Le GHG Protocol s'arrête au calcul et au reporting. L'élaboration d'un plan d'action de réduction ne fait pas partie du standard, même si elle en est la suite logique indispensable. 

Mesurer ses émissions sans agir ensuite… C'est comme faire un diagnostic médical sans traitement. 

C’est justement pour vous aider dans cette démarche que nous avons conçu notre programme promotion climat, un accompagnement d’une durée de 4 mois pour vous aider à réaliser votre bilan carbone, collecter vos données avec la plateforme WeCount, définir votre plan d'action et identifier les principaux leviers de décarbonation ! Envie d’en savoir plus ? Prenez rendez-vous avec notre équipe

Quels outils pour appliquer le GHG Protocol ?

Nous l’avons vu, le GHG Protocol fournit un cadre méthodologique clair, mais il ne s'accompagne pas d'un outil clé en main pour réaliser concrètement vos calculs. Il existe alors deux solutions : les outils faits-maison ou les solutions clés-en-main. Tour d’horizon de ces deux options qui s’offrent à vous. 

Les outils “faits-maison”

Dans de nombreuses organisations, les premiers calculs sont réalisés à l’aide de tableurs Excel construits en interne. Si cette solution peut dépanner au début, elle atteint vite ses limites :

  • Collecte manuelle des données : Il faut compiler des factures, extraire des données de systèmes différents (comptabilité, RH, achats…), puis tout reporter manuellement dans le tableur.

  • Risque d'erreurs de saisie : Une virgule mal placée, un copier-coller qui écrase une formule, une unité mal convertie (kWh en MWh, km en tonnes-km…) et c'est toute la cohérence de votre bilan qui s'effondre.

  • Pas de traçabilité : Difficile de savoir qui a modifié quoi, quand, et pourquoi. Si quelqu'un écrase une cellule ou change une hypothèse sans documenter, vous perdez la trace de vos choix méthodologiques.

  • Mise à jour fastidieuse : L'année suivante, il faut tout reprendre à zéro ou presque. Les facteurs d'émission ont changé ? Il faut les mettre à jour manuellement. Le périmètre a évolué ? Il faut réajuster l’ensemble des formules.

  • Collaboration compliquée : Faire circuler un fichier Excel entre plusieurs services, gérer les versions, consolider les modifications… C'est le meilleur moyen de perdre du temps et de créer de la confusion.

Excel peut dépanner pour un premier bilan exploratoire ou une petite structure avec peu de données, mais l’utilisation de cet outil devient rapidement ingérable dès que le périmètre s'élargit ou que vous voulez industrialiser la démarche. 

L’utilisation d’une plateforme de comptabilité carbone

Heureusement, il existe aujourd'hui des plateformes et logiciels spécialisés qui automatisent une grande partie de ce travail fastidieux et sécurisent vos calculs.

 

Ces outils permettent notamment de structurer la collecte des données, d'appliquer automatiquement les facteurs d’émission et de générer des résultats alignés avec les standards de comptabilité carbone comme le GHG Protocol, le Bilan Carbone® ou le BEGES.

Un guide détaillé est d’ailleurs disponible pour vous aider à choisir le logiciel de bilan carbone le plus adapté à votre organisation.

La plateforme carbone développée par WeCount s’inscrit dans cette logique : elle permet de structurer la collecte des données, de fiabiliser les calculs selon les standards internationaux comme le GHG Protocol, et de centraliser l’ensemble du reporting carbone dans un environnement collaboratif et traçable.

Comment WeCount accompagne les entreprises dans leur démarche GHG Protocol ?

WeCount accompagne plus de 700 organisations, des PME, ETI aux grands groupes (Devoteam, Groupama, Rydge...), dans la structuration et le pilotage de leur stratégie climat, y compris dans des contextes de reporting international. 

Notre approche repose sur trois piliers complémentaires :

  • Un accompagnement expert de votre secteur, pour adresser les enjeux propres à votre entreprise : consolidation multi-pays, périmètres complexes, exigences réglementaires ou reporting CSRD.

Notre objectif est de vous rendre autonome dans le pilotage de votre transition bas-carbone, de pérenniser votre démarche, tout en garantissant la robustesse et la conformité de vos données.

👉 Vous souhaitez structurer votre reporting GHG Protocol ou échanger sur vos enjeux ? Contactez un expert WeCount.

FAQ : GHG Protocol

Qu'est-ce que le GHG Protocol ?

C'est le standard international de référence pour mesurer et déclarer les émissions de gaz à effet de serre d'une organisation. Développé en 2001, il structure la comptabilité carbone en trois scopes et sert de base méthodologique à la plupart des reportings climat dans le monde (CDP, CSRD, SBTi).

Quelle est la différence avec le Bilan Carbone® ?

Le GHG Protocol est international et flexible, souvent utilisé par les multinationales. Le Bilan Carbone® est une méthode particulièrement adaptée au contexte réglementaire français (BEGES).

Le GHG Protocol est-il obligatoire ?

Non, ce n'est pas une obligation légale en soi. Cependant, il est devenu la référence implicite dans de nombreux cadres réglementaires et volontaires : CSRD, objectifs SBTi, reporting CDP, évaluation ESG par les investisseurs. 

Le GHG Protocol est-il compatible avec la CSRD ?

Oui, totalement. La CSRD s'appuie sur les normes ESRS (et plus spécifiquement ESRS E1), qui sont alignées avec le GHG Protocol pour la partie climat. Si vous mesurez vos émissions selon le GHG Protocol, vous êtes déjà sur la bonne voie pour répondre aux exigences CSRD. Il faudra simplement compléter avec d'autres informations (stratégie climat, objectifs, gouvernance, risques et opportunités).

Combien de temps faut-il pour réaliser un bilan selon le GHG Protocol ?

Tout dépend de la taille de votre entreprise. Avec notre programme Promotion Climat, cela prend 4 mois. En combinant journées collectives d’échange entre entreprises, formations par un consultant spécialisé sur votre secteur et utilisation de notre plateforme carbone, nous vous aidons à réaliser votre bilan carbone et à définir votre plan d'action climat, tout en vous formant pour pérenniser la démarche en interne

Peut-on faire un bilan carbone partiel sans le scope 3 ?

Dans le GHG Protocol, le reporting obligatoire porte d’abord sur les scopes 1 et 2. Le scope 3 doit toutefois être évalué et déclaré lorsqu’il est significatif pour l’activité de l’entreprise, et il devient nécessaire dès lors que l’on cherche à établir un inventaire complet. En pratique, la plupart des démarches climat crédibles, comme la SBTi, exigent aujourd’hui sa prise en compte. L’ignorer revient donc à se priver de la plus grande part des émissions de l’entreprise. 

Faut-il être formé pour appliquer le GHG Protocol ?

Ce n'est pas obligatoire, mais fortement recommandé. Le GHG Protocol nécessite de bien comprendre les concepts (scopes, périmètres, facteurs d'émission, incertitudes) pour éviter les erreurs méthodologiques. Vous pouvez vous former via des ressources publiques, des formations certifiantes , ou en vous faisant accompagner. C’est par exemple ce que nous proposons avec notre programme Promotion Climat chez WeCount. Envie d’en savoir plus ? Prenez rendez-vous avec notre équipe.

Quelles bases de données utiliser pour les facteurs d'émission ?

Privilégiez les bases reconnues : Base Empreinte® (France), DEFRA (Royaume-Uni), Ecoinvent (international), ou des bases sectorielles comme Agribalyse (alimentation) et INIES (bâtiment). Sachez que les plateformes comme WeCount intègrent automatiquement ces bases pour simplifier vos calculs et garantir que vous utilisez les facteurs les plus récents et adaptés.

Ressources bonus 📚

Article
GHG Protocol : L’essentiel pour comprendre et l’appliquer

Le GHG Protocol expliqué simplement : scopes, méthodologie, étapes clés pour suivre ce standard international et calculer les émissions de la chaîne de valeur de votre organisation.

Lucas SAINT JEAN
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10/3/26

Elle permet d’identifier les enjeux ESG réellement stratégiques pour l’entreprise, à la fois en analysant ses impacts sur l’environnement et la société, mais aussi les risques et opportunités financiers liés aux transformations climatiques. elle a été largement popularisée et rendue obligatoire par la directive européenne CSRD, qui en fait un élément central du reporting de durabilité.

Dans cet article, nous explorerons plus en détail ce qu’est la double matérialité et comment l’utiliser de manière efficace pour votre feuille de route et votre reporting extra-financier.

Qu’est-ce que le principe de double matérialité ?

La notion de double matérialité est une approche de l’analyse des impacts selon un double point de vue financier et matériel. Elle est au cœur du rapport extra-financier car elle définit les sujets ESG sur lesquels l’entreprise doit travailler.

La double-matérialité transforme la manière dont l’entreprise prend en compte les impacts sociaux, environnementaux et sociétaux. Elle oblige les organisations à regarder l’impact sous un double prisme externe (l’environnement et la société) et interne (les performances financières).

 

La double matérialité met en lumière l’interdépendance entre les impacts de l’entreprise et leurs conséquences sur ses performances financières.

Ainsi, on mesure la performance globale de l’entreprise en analysant la matérialité financière et la matérialité d’impact. Cette analyse se fait notamment selon une matrice d'impacts, de risques et d’opportunités.

Comprendre la double matérialité, source : wecount.io

La matérialité financière concerne les risques et les opportunités financières générés par l’environnement et la société sur l’entreprise. Elle concerne directement les performances financières de l’entreprise, c’est-à-dire tout ce qui relève de ses finances et investissements.

☝️Par exemple : une entreprise agroalimentaire peut voir sa production diminuer à cause d’inondations à répétition ou de vagues de chaleur affectant ses cultures ou ses sites industriels. Ces aléas climatiques peuvent entraîner une baisse de revenus, une hausse des coûts d’assurance ou des investissements supplémentaires pour adapter ses infrastructures. À l’inverse, la transition écologique peut aussi représenter une opportunité financière, par exemple via des investissements dans les énergies renouvelables, la rénovation énergétique des bâtiments ou la mise en place d’une politique d’achats durables permettant de réduire les coûts à long terme.

La matérialité d’impact correspond aux impacts positifs et négatifs causés par l’entreprise sur l’environnement et la société, c’est-à-dire tous les impacts sociaux, environnementaux et de gouvernance de l’entreprise.

☝️Par exemple : une entreprise agroalimentaire peut contribuer au changement climatique par ses émissions de gaz à effet de serre ou accentuer les tensions sur la ressource en eau dans des zones en stress hydrique. À l’inverse, elle peut aussi générer des impacts positifs, en créant des emplois locaux ou en contribuant à la restauration de la biodiversité grâce au développement de pratiques agricoles plus durables.

Pourquoi faire une analyse de matérialité ?

Réaliser une analyse de double matérialité permet avant tout d’identifier les enjeux ESG réellement stratégiques pour l’entreprise

Dans un contexte où les demandes d’informations de durabilité se multiplient (clients grands comptes, investisseurs, banques, assureurs…), elle aide à structurer un discours clair et crédible sur les priorités de l’organisation.

En pratique, cette analyse permet de répondre à plusieurs objectifs clés.

Anticiper les attentes des partenaires économiques

De plus en plus d’entreprises sont sollicitées par leurs donneurs d’ordre ou leurs financeurs pour démontrer leur maîtrise des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance. 

Disposer d’une analyse de matérialité permet de prioriser les sujets à documenter et d’apporter des réponses cohérentes aux questionnaires ESG ou aux appels d’offres.

Évaluer la robustesse de la stratégie d’entreprise

Chiffrer les risques et opportunités financiers liés aux enjeux ESG (hausse du coût de l’énergie, tensions sur les ressources, évolution réglementaire, nouvelles attentes clients…) aide à mieux comprendre les vulnérabilités du modèle économique. 

Cette lecture permet aussi d’identifier des leviers de création de valeur, par exemple via l’innovation, l’efficacité énergétique ou la transformation de la chaîne de valeur.

Prioriser sa feuille de route ESG

Tous les enjeux de durabilité n’ont pas le même poids. 

L’analyse de double matérialité permet de hiérarchiser les impacts, les risques et les opportunités afin de concentrer les ressources sur les actions les plus pertinentes. 

Elle constitue ainsi un socle pour construire une stratégie ESG crédible et opérationnelle.

Enfin, cette démarche favorise le dialogue interne et externe : elle implique les parties prenantes clés (direction, équipes métiers, fournisseurs, clients…) et contribue à aligner la vision stratégique avec les réalités terrain.

Comment faire une analyse de double matérialité ?

L’analyse de double-matérialité est la première étape et la plus importante de votre rapport extra-financier.

L’objectif est d’identifier les sujets environnementaux, sociaux et de gouvernance les plus significatifs pour l’entreprise en termes d’impacts, de risques et d’opportunités. C’est cette analyse qui vous permettra de définir et de hiérarchiser les sujets de durabilité pour établir votre feuille de route ESG.

La première étape est d’examiner l’ensemble de sa chaîne de valeur, d’analyser  pour chaque maillon, quelles sont vos dépendances, les sujets émergents, et les impacts environnementaux, sociétaux et sociaux de ces activités.

En cas de besoin, vous pouvez consulter le guide de l’EFRAG sur l’analyse de la double matérialité.

Voici un plan d’action en 3 étapes principales :

Etape 1 : Définir les sujets obligatoires, sectoriels et spécifiques

Les normes ESRS précisent la liste des sujets relevant de la double matérialité. A cette étape, votre objectif est de bien comprendre le contexte dans lequel votre entreprise évolue, les impacts de chaque étape de votre chaîne de production et de vos fonctions supports. Il faut également que votre équipe comprenne les exigences des normes ESRS.

Par exemple, la norme ESRS E1 dédiée changement climatique vous demandera d'analyser et mesurer vos émissions de GES tout le long de votre chaîne de valeur pour mettre en place une stratégie de réduction des émissions.

Une fois les impacts identifiés, ils peuvent être mis en relation avec la liste des enjeux afin de définir ce qui est matériel pour votre entreprise.

📝A noter : la liste des sujets proposée par les normes est une liste pour tous les secteurs confondus. Elle doit être adaptée à votre secteur et à votre entreprise.

Etape 2 : Identifier les sujets matériels

La deuxième étape consiste à classer vos sujets selon la méthodologie de cotation que vous aurez définie en amont.

N’hésitez pas à inclure vos parties prenantes pour recueillir le plus d’informations possibles sur l’impact de leur activité. Avoir une vue d’ensemble précise vous permettra de définir plus facilement vos sujets de reporting.

Cela peut aussi servir à amorcer un dialogue autour de la durabilité et de vos stratégies respectives. Vous pouvez par exemple sensibiliser aux enjeux et aux impacts de la CSRD sur l’entreprise.

Vous pouvez également amorcer des discussions sur les enjeux ESG chez vos fournisseurs et clients. Afin de faciliter le travail, vous pouvez très bien choisir de vous concentrer sur les parties prenantes les plus pertinentes selon vos critères.

📝A noter : Veillez à nourrir la cotation de vos analyses et de sources multiples et expertes : publications, études, cartographies, interviews d’experts. Ce travail d’investigation facilite la cotation et prépare déjà les feuilles de route.

Etape 3 : Evaluer la matérialité des sujets avec une analyse qualitative

Maintenant que l’analyse de votre chaîne de valeur est réalisée, vous pouvez évaluer la matérialité des sujets. Parmi les critères d’évaluation, on peut compter la magnitude ou l'occurrence d’un impact ou d’un risque. L’objectif est de hiérarchiser les sujets pour identifier ceux considérés comme matériel. Vous êtes libre de définir votre seuil de matérialité à condition que cela soit pertinent.  

À ce stade, les instances de gouvernance peuvent aider le processus de décision. Il n'existe pas d'outil officiel pour l'évaluation. Nous vous proposons de placer les sujets dans une matrice pour repérer plus facilement les enjeux les plus important.

Evolution de l’analyse de double matérialité  - Un outil pour la stratégie de durabilité

Ce plan d’action est un exemple, nous sommes curieux de lire vos retours d’expériences et de connaître votre méthodologie !

La double matérialité est une approche clé dans l'analyse des impacts des entreprises. Elle prend en compte à la fois les aspects financiers et les impacts sociaux, environnementaux et sociétaux.

Cette nouvelle approche oblige les organisations à évaluer comment ces impacts affectent leurs performances financières. Cette analyse permet d'identifier les sujets ESG les plus importants, d'établir une feuille de route ESG et surtout d’adapter votre stratégie d’entreprise.

Comment WeCount aide les entreprises dans leur analyse de double matérialité ?

Chez WeCount, nous proposons un accompagnement sur mesure de 4 mois, pour guider les entreprises dans la réalisation de leur analyse de double matérialité, étape fondatrice pour évaluer l'impact de vos activités sur l’environnement et la société et les effets des enjeux de durabilité sur votre performance financière.

Notre approche combine l'accompagnement par un expert, des temps de formation et notre plateforme ESG dédiée, afin de vous permettre de structurer un reporting ESG conforme et de l'utiliser comme un véritable levier stratégique.

Concrètement, notre accompagnement vous permet de :

  • Cadrer votre démarche et mobiliser vos parties prenantes (direction, RH, finance, etc.) autour des exigences réglementaires ;
  • Identifier et évaluer vos Impacts, Risques et Opportunités (IRO) sur l’ensemble de votre chaîne de valeur ;
  • Construire une matrice de double matérialité robuste, représentative et conforme aux attentes de l'EFRAG ;
  • Réaliser une analyse de l'existant (gap analysis), définir votre feuille de route ESG et structurer la collecte de vos données ;
  • Piloter l'intégralité de votre démarche dans la durée grâce à la plateforme WeCount, de la cotation des enjeux jusqu'à la préparation de votre rapport final.

Tout au long de ce projet, nos équipes vous accompagnent pour renforcer vos compétences internes, faciliter le travail de l'auditeur et pérenniser votre démarche.

Parce que chaque entreprise a des obligations et des niveaux de maturité différents, notre méthodologie s'adapte à votre situation :

👉 Vous souhaitez évaluer vos enjeux ESG et structurer votre analyse de double matérialité ? Échangez avec un expert WeCount pour en savoir plus et définir le format le plus adapté à votre entreprise.

📚 Sources

Article
Double matérialité CSRD : définition et comment réussir son analyse ?

Tout sur la double matérialité pour réussir votre reporting CSRD grâce à notre méthode d'analyse en 3 étapes !

Lucas SAINT JEAN
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9/3/26
Auguste BASSET
Gauthier LAFFONT
Charlotte SZYLIT

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