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12/3/2026

Omnibus CSRD CS3D publiée : Derniers éléments à retenir et prochaines étapes

Constance Bassouls

Consultante climat senior

Marine Fouquet

Directrice Accompagnement Climat, CSRD & CTO

Sommaire

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Suite à son approbation par le Parlement européen le 16 décembre 2025, la version définitive de la directive « Omnibus I » a été validée par le Conseil européen le 24 février 2026, aboutissant à sa parution au Journal officiel de l'UE (JOUE) le 26 février.

Cette réforme, justifiée par des impératifs de compétitivité, vise à alléger la charge administrative pesant sur les entreprises en resserrant drastiquement l'étau réglementaire autour des très grandes entreprises. La directive entre officiellement en vigueur le 18 mars 2026.

👉 Dans cet article, nous vous proposons une synthèse claire et actualisée des mesures finales et nos conseils pour savoir comment avancer face à ces changements.

🆕 Les experts CSRD de WeCount mettrons régulièrement à jour cet article pour vous tenir au courant des évolutions. 

En bref - les derniers éléments à jour

  • 26 février 2026 : La Directive Omnibus publiée au JOUE. La directive vient d’être publiée au Journal officiel de l’Union européenne. Son entrée en vigueur est officiellement fixée au 18 mars 2026, marquant le début du compte à rebours pour les États membres. Cette ultime étape confirme l'accord politique et clôture un processus législatif de plus de neuf mois, marqué par l'adoption définitive du texte par le Parlement européen le 16 décembre 2025 (428 voix pour, 218 contre et 17 abstentions).

  • Seuils CSRD (Rapport de durabilité) : Le champ d'application est resserré et les critères deviennent cumulatifs. Les obligations s'appliqueront désormais aux entreprises dépassant à la fois 1 000 salariés ET un chiffre d’affaires annuel net de 450 millions d’euros. Les PME cotées en sont définitivement exclues.

  • Entreprises non-européennes (CSRD) : Le seuil est fixé à 450 millions d'euros de chiffre d'affaires généré dans l'UE, à condition d'avoir une filiale ou succursale générant au moins 200 millions d'euros. Une clause de revue est prévue pour 2031.

  • Nouveau Calendrier CSRD : Pour les entreprises concernées par ces nouveaux seuils (souvent désignées comme la "vague 2"), la première publication est reportée. Les rapports sont attendus en 2028, portant sur l'exercice fiscal 2027.

  • Seuils CSDDD (Devoir de Vigilance) : Les obligations s’appliqueront uniquement aux très grandes entreprises de l'UE et hors UE si elles atteignent ces seuils : Plus de 5 000 employés, chiffre d'affaires annuel net supérieur à 1,5 milliard d'euros. Des seuils spécifiques ont été ajoutés pour les modèles de franchise ou de licence (75 millions d'euros de redevances et 275 millions de CA).

  • Exemptions CSDDD : Les entreprises ne seront plus tenues d’élaborer un plan de transition visant à rendre leur modèle économique compatible avec l’Accord de Paris. La responsabilité en cas d'infraction sera établie au niveau national, et non européen. Les entreprises devront adopter une approche fondée sur le risque pour identifier leurs incidences négatives. Le plafond des amendes est abaissé de 5 % à 3 % du chiffre d'affaires mondial

  • Simplification drastique des normes (ESRS) : L'EFRAG a proposé une refonte majeure des standards avec une réduction globale de près de 70 % des données à reporter (suppression de 60 % des points obligatoires et 100 % des facultatifs). L'analyse de double matérialité est également simplifiée grâce à une approche « top-down » centrée sur le modèle d'affaires. Par ailleurs, de nouvelles flexibilités font leur apparition : les entreprises auront le droit d'omettre des informations sensibles (secrets d'affaires, propriété intellectuelle) ou d'invoquer des « efforts démesurés ». Enfin, les normes sectorielles contraignantes sont définitivement supprimées. La Commission européenne a désormais jusqu'au 18 septembre 2026 pour transformer cet avis en acte délégué officiel.

  • Plafonnement Chaîne de Valeur (Value Chain Cap) : Protection majeure pour les PME : les donneurs d'ordres ne peuvent plus exiger de leurs fournisseurs de moins de 1 000 salariés des informations allant au-delà du standard volontaire VSME. Ce standard VSME devra être officiellement adopté au plus tard en juillet 2026.

  • Report des normes d'audit : Le standard de certification (assurance limitée) est reporté : la Commission a jusqu'au 1er juillet 2027 pour le publier.

  • Outils numériques : l'EFRAG a lancé le "ESRS Knowledge Hub" début décembre. Cette plateforme centralise les normes (y compris VSME), les guides d'implémentation et une FAQ pour faciliter l'accès à l'information.

Les prochaines étapes :

‍Le compte à rebours est lancé pour les États membres :

  • CSRD : Transposition nationale au plus tard à la mi-mars 2027. La France, qui avait déjà transposé le texte initial, va devoir "détricoter" son dispositif national dans les 12 prochains mois.

  • CSDDD : Transposition d'ici le 26 juillet 2028.

  • Validation des normes simplifiées (Mi-2026) : La Commission européenne doit maintenant transformer l'avis technique de l'EFRAG (reçu début décembre 2025) en acte délégué officiel. L'objectif est de finaliser ce système ESRS révisé d'ici la moitié de l'année 2026, pour qu'il soit effectif sur l'exercice fiscal 2027.

  • Clause de revoyure (2031) : Attention, les seuils d'application actuels (1 000 salariés / 450 M€) ne sont pas éternels. Une clause de revue a été intégrée aux textes, permettant à l'Union européenne de modifier à nouveau ces critères à l'horizon 2031.

CSRD : ce qui change concrètement

Relèvement des seuils d’éligibilité

L'objectif principal de cette réforme est de réduire la charge administrative en ciblant uniquement les très grandes entreprises.

Désormais, seules les sociétés dépassant les deux seuils suivants seront soumises aux obligations réglementaires de reporting : plus de 1 000 salariés (le seuil de 1 750 envisagé n'a pas été retenu) ET un chiffre d’affaires net supérieur à 450 millions d’euros. Les PME cotées sont définitivement exclues du dispositif.

Ce changement réduit drastiquement le nombre d’entreprises concernées (environ 80 % des sociétés sortent du périmètre légal, passant de 50 000 à seulement 5 000 entités), excluant de fait la majorité des ETI et grandes PME.

Si les entreprises passant sous les nouveaux seuils sortent du périmètre obligatoire légal, elles ne s'échappent pas pour autant de la pression économique.

Le VSME comme bouclier stratégique

Si les entreprises passant sous les nouveaux seuils sortent du périmètre obligatoire légal, elles ne s'échappent pas pour autant de la pression économique. 

Pour elles, l'engagement devient volontaire mais stratégique, s'appuyant désormais sur le cadre simplifié VSME (Voluntary Standard for SMEs).

Ce standard change de dimension : il devient crucial en raison du nouveau mécanisme de « Value Chain Cap » (plafonnement de la chaîne de valeur). 

Concrètement, les grands donneurs d'ordres soumis à la CSRD ont désormais l'interdiction formelle d'exiger de leurs fournisseurs (de moins de 1 000 salariés) des informations allant au-delà de ce référentiel VSME. Toute clause contractuelle contraire est d'ailleurs susceptible d'être sanctionnée.

Ce standard agit donc comme un double levier : il structure la transition des PME tout en servant de « bouclier » contre les demandes de reporting disproportionnées venant de leurs partenaires commerciaux. 

📝A noter : ce standard volontaire devra être officiellement adopté par la Commission européenne au plus tard le 19 juillet 2026 (pour une entrée en vigueur potentielle à l'automne), mais les entreprises sont fortement encouragées à l'utiliser dès aujourd'hui comme référentiel de travail.

CSRD : calendrier d’application

Le 3 avril 2025, le Parlement européen a adopté la proposition “Stop-the-Clock” du paquet Omnibus, actant ainsi un report de deux ans des obligations de reporting pour les entreprises concernées.


Voici le calendrier d’application :

  • Vague 1 - Grandes entreprises cotées : maintenu, publication en 2025 (exercice 2024) ;
  • Vague 2 - Grandes entreprises non cotées, plus de 1 000 salariés avec un chiffre d'affaires supérieur à 450 M€ : report, publication en 2028 (exercice 2027). Normes volontaires basées sur la VSME proposées pour les entreprises en dessous de ce seuil ;
  • Vague 3 - Sociétés non-européennes avec CA supérieur à 450 M€ (et disposant d'une filiale ou succursale y générant au moins 200 M€), publication en 2028 (exercice 2027).

La simplification des normes ESRS

L’EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group), architecte des normes de reporting, a rempli son mandat. Suite aux demandes de la Commission et aux consultations, l'organisme a officiellement adopté sa proposition de normes révisées le 28 novembre 2025 et l'a transmise à la Commission européenne le 4 décembre.

Ce nouveau socle technique, qui doit entrer en vigueur pour l'exercice 2027, acte une réduction massive de la complexité :

  • Réduction des données : L'EFRAG a validé la suppression de 60 % des points de données obligatoires et de 100 % des points de données facultatifs (volontaires). Au total, cela représente une diminution d'environ 70 % du volume de données à reporter par rapport aux normes initiales.

  • Nouvelle approche de la matérialité : L'analyse de double matérialité est profondément remaniée. On passe d'une approche exhaustive ("bottom-up") à une approche plus souple basée sur le modèle d'affaires ("top-down").

  • Clause de l'effort disproportionné : Une notion "d'efforts démesurés" ("undue cost or effort") est introduite, permettant aux entreprises d'être exemptées de reporter certaines informations si leur collecte est jugée trop complexe ou coûteuse, notamment concernant la chaîne de valeur où l'usage d'estimations est désormais autorisé. De plus, un droit d'omission est créé pour protéger les informations sensibles (secrets d'affaires, propriété intellectuelle).

  • Fin des normes sectorielles : Contrairement aux annonces initiales qui prévoyaient un simple report, le reporting spécifique à chaque secteur est définitivement supprimé. La Commission se réserve uniquement la possibilité d'émettre des directives portant sur des orientations sectorielles simples.

Prochaine étape : La Commission européenne a désormais jusqu'au 18 septembre 2026 (soit 6 mois après l'entrée en vigueur de la directive) pour adopter l'acte délégué officiel révisant les ESRS. L'entrée en vigueur réelle n'interviendra qu'à l'issue d'un délai d'objection du Parlement et du Conseil (2 à 4 mois), soit entre mi-novembre 2026 et mi-janvier 2027.

La restriction du périmètre de la chaîne de valeur

La directive Omnibus introduit un principe de limitation majeur baptisé « Value Chain Cap ».

Destiné à stopper l'inflation des questionnaires ESG, ce mécanisme interdit formellement aux grandes entreprises soumises à la CSRD d'exiger de leurs fournisseurs (de moins de 1 000 salariés) des informations allant au-delà du standard VSME.

Concrètement, cela instaure un « droit de refus » pour les PME face à des demandes disproportionnées. Le texte est d'ailleurs très clair : toute clause contractuelle contraire est désormais susceptible d'être sanctionnée. Pour les grands donneurs d'ordres, la règle du jeu change également : ils ne doivent solliciter des données supplémentaires qu'en dernier recours.

Pour combler les trous dans leur reporting (notamment le Scope 3), l'usage d'estimations et de données sectorielles est désormais officiellement autorisé et encouragé, remplaçant l'obligation de collecte de données primaires auprès de chaque fournisseur. Ce standard volontaire de référence devra être officiellement adopté par la Commission au plus tard le 19 juillet 2026.

Assurance limitée : une vérification moins stricte des données

Si le principe de l'assurance limitée (audit externe) est maintenu pour crédibiliser la démarche, le cadre de cette vérification est considérablement bouleversé par la réforme :

  • Un référentiel d'audit reporté à 2027 : C'est l'un des points de vigilance majeurs. La Commission a jusqu'au 1er juillet 2027 pour publier le standard de certification définitif. Les entreprises vont donc devoir certifier leurs rapports avant que ce cadre méthodologique ne soit stabilisé. Un dialogue anticipé avec votre commissaire aux comptes (CAC) ou votre Organisme Tiers Indépendant (OTI) s'impose dès maintenant.

  • Moins de données à auditer : Avec la suppression d'environ 70 % des points de données (datapoints), le périmètre de vérification est mécaniquement réduit, ce qui devrait limiter les coûts et la complexité de l'audit pour les entreprises.

  • La clause de l'« effort démesuré » (Undue Cost or Effort) : C'est une protection juridique essentielle introduite par l'EFRAG. Les entreprises pourront officiellement justifier l'absence de certaines données si leur collecte exige des ressources disproportionnées. Les auditeurs devront accepter l'usage d'estimations pour combler ces lacunes, notamment pour les données complexes de la chaîne de valeur (Scope 3), dès lors que la collecte directe est jugée trop difficile.

  • Le droit d'omission : Les entreprises pourront désormais omettre certaines informations si leur divulgation risque de nuire gravement à leurs intérêts commerciaux (capital intellectuel, secrets d'affaires, etc.).

  • Le principe de « Présentation Fidèle » : S'inspirant des standards financiers internationaux (ISSB), les textes introduisent l'objectif de « présentation fidèle » (fair presentation). Pour l'auditeur, cela change la grille de lecture : l'objectif n'est plus de cocher chaque case technique, mais de valider que le rapport reflète honnêtement la réalité du modèle d'affaires, en réduisant le risque de surcharge informationnelle inutile.

L'audit ne disparaît pas, mais il change de nature. Il ne s'agira plus de sanctionner l'absence d'une facture fournisseur manquante à l'autre bout du monde, mais de valider la cohérence de vos estimations et la sincérité de votre démarche de transition.

Assouplissement de la taxonomie verte

Avec le projet Omnibus, la taxonomie verte européenne sera désormais réservée aux grandes entreprises, en cohérence avec le nouveau périmètre de la CSRD. 

Concrètement, seules les structures employant en moyenne plus de 1 000 salariés et réalisant un chiffre d’affaires annuel net supérieur à 450 millions d’euros resteront soumises à l’obligation de déclaration. 

Pour les autres, la contribution deviendrait volontaire. 

Le texte introduit également plus de souplesse dans la manière de déclarer :

  • Réduction estimée à 70% de la charge de reporting ;
  • Possibilité de rendre compte des activités partiellement alignées ;
  • Introduction d’un seuil de matérialité avec une exemption d’analyse pour les activités représentant moins de 10 % du CA, Capex ou Opex ;
  • Révision du DNSH (Do No Significant Harm) et clarifications attendues sur les critères liés à la pollution et aux substances chimiques.

Retrouvez ci-dessous les principaux ajustements : 

SujetExigences précédentesModifications Omnibus
Seuil d'applicationRequis pour toutes entreprises soumises à la CSRD.Requis pour les entreprises de +1000 employés avec un CA hors taxe supérieur à 450 M€. Reporting volontaire pour les entreprises sous ce seuil.
Évaluation des activités éligiblesRequise pour toutes activités éligibles.Établissement d'un seuil de matérialité financière à 10% pour l'évaluation d'une activité.
Critères Do No Significant Harm (DNSH)Application complète des critères DNSH.Réduction et clarification des informations requises. Consultation concernant le critère DNSH pollution et produits chimiques.
Alignement des activitésLes entreprises doivent strictement respecter les critères pour être alignées.Possibilité de divulguer lorsqu'une activité est partiellement alignée.
Green Asset Ratio (GAR) pour les institutions financièresInclusion de toutes les entreprises dans le dénominateur du GAR.Exclusion du dénominateur du GAR des entreprises qui ne sont pas incluses dans le futur périmètre de la CSRD.

CS3D : ce qui change concrètement

CS3D : Un périmètre drastiquement réduit

Les obligations du devoir de vigilance (CS3D) ont été massivement simplifiées pour ne cibler que les géants économiques.

La directive ne s’appliquera désormais qu’aux très grandes entreprises :

  • Entreprises de l'UE : Plus de 5 000 employés et un chiffre d’affaires mondial net supérieur à 1,5 milliard d'euros.

  • Entreprises hors UE : Celles réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 1,5 milliard d'euros au sein de l'UE.

  • Franchises et licences : Des seuils spécifiques ont été ajoutés pour les sociétés ayant conclu des accords de franchise ou de licence, fixés à 75 millions d'euros de redevances et 275 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Une clause de revue est prévue pour 2031, laissant la porte ouverte à une modification future de ces seuils.

Le texte final adopté par le Parlement supprime deux piliers majeurs de la version initiale :

  • Fin du Plan de Transition Climatique : L’obligation pour les entreprises d’élaborer et de publier un plan de transition compatible avec l’Accord de Paris a été purement et simplement retirée du texte.

  • Retrait de la Responsabilité Civile : Le projet de régime européen harmonisé permettant aux victimes de demander réparation directement est abandonné, la question étant renvoyée aux droits nationaux. Attention, il ne s'agit pas d'un vide juridique : les voies de recours nationales demeurent et, pour la France, la loi de 2017 sur le devoir de vigilance maintient son propre régime. En cas d'infraction aux nouvelles règles européennes, le plafond des sanctions administratives a d'ailleurs été abaissé de 5 % à 3 % du chiffre d’affaires mondial.

Une vigilance recentrée et proportionnée

L'approche par le risque évolue considérablement pour limiter la charge de travail :

  • Exercice de cadrage ciblé : La méthodologie est recentrée sur les risques. Plutôt que d'exiger une cartographie exhaustive de toutes les activités de l'entreprise, le texte impose un exercice de cadrage (scoping exercise) pour identifier les zones à risque, suivi d'une analyse approfondie (in-depth assessment) pour les traiter. Le suivi de ce plan devient d'ailleurs quinquennal (tous les 5 ans) et non plus annuel.

  • Sobriété vis-à-vis des partenaires : Les grands groupes ne doivent demander des informations à leurs partenaires commerciaux que lorsque cela est strictement nécessaire. Cette exigence de sobriété est encore renforcée lorsque le partenaire emploie moins de 5 000 salariés, protégeant ainsi les plus petites structures des demandes systématiques et injustifiées.

  • Maintien des relations commerciales : Nouveauté importante, le fait de maintenir une relation commerciale avec un partenaire identifié comme étant "à risque" n'expose plus l'entreprise à des sanctions, dès lors qu'il existe des perspectives raisonnables d'amélioration.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Le temps des négociations politiques est révolu. 

Avec la publication de la directive Omnibus au Journal officiel de l'UE le 26 février 2026 et son entrée en vigueur le 18 mars 2026, le cadre législatif est définitivement fixé. Le calendrier réglementaire se stabilise enfin, ouvrant la phase de mise en œuvre technique : ‍

  • Transposition nationale : Les États membres disposent d'un calendrier précis pour transcrire ces nouvelles directives dans leur droit national. La date limite est fixée au 19 mars 2027 pour la CSRD et au 26 juillet 2028 pour la CS3D. À noter que l'exercice sera complexe pour la France : ayant déjà transposé le texte initial, le législateur va devoir « détricoter » son dispositif actuel dans les 12 prochains mois.
  • Validation des normes simplifiées (ESRS) : La Commission européenne a désormais jusqu'au 18 septembre 2026 pour transformer l'avis technique de l'EFRAG en acte délégué officiel. À l'issue d'un délai d'objection possible du Parlement et du Conseil (2 à 4 mois), ces nouvelles règles allégées entreront en vigueur entre mi-novembre 2026 et mi-janvier 2027, pour s'appliquer à l'exercice fiscal 2027.
  • Adoption du standard volontaire (VSME) : Ce référentiel allégé, destiné aux entreprises non soumises à la CSRD, devra être adopté par acte délégué au plus tard le 19 juillet 2026. En attendant son entrée en vigueur à l'automne 2026, les entreprises sont fortement encouragées à l'utiliser dès à présent.
  • Fixation des normes d'audit : Le standard d'assurance limitée (certification des rapports) devra être adopté par la Commission au plus tard le 1er juillet 2027.
  • Lancement du portail numérique : L'EFRAG a lancé le « ESRS Knowledge Hub ». Ce portail centralise les normes (ESRS, VSME), les guides d'implémentation et les FAQ, offrant aux entreprises un point d'entrée unique et digitalisé pour décrypter leurs obligations.

  • Clause de revoyure (2031) : Les seuils actuels (1 000 salariés / 450 M€) ne sont pas gravés dans le marbre. Une clause de révision a été intégrée aux textes, permettant à l'Union européenne de modifier à nouveau le champ d'application de la directive à l'horizon 2031.

CSRD, Omnibus : Nos conseils pour bien avancer 

Avec l'adoption définitive de la loi Omnibus le 16 décembre 2025, les seuils ont été relevés : seules les entreprises de plus de 1 000 salariés et 450 M€ de chiffre d'affaires restent dans le périmètre obligatoire légal.

Si cette décision exclut juridiquement près de 80 % des sociétés européennes, la réalité économique est tout autre. La CSRD n'est plus un simple exercice de conformité, c'est devenu un « passeport pour accéder au marché ».

Pour les entreprises non éligibles

Voici pourquoi et comment maintenir le cap, même sans obligation légale directe.

  • Sécuriser sa place dans la chaîne de valeur (L'effet « Value Chain Cap ») : Vos grands donneurs d'ordres soumis à la CSRD ont désormais une contrainte : le « Value Chain Cap ». Ce mécanisme leur interdit d'exiger de vous des données excessives, mais il standardise leurs attentes autour d'un socle précis : la VSME. En maîtrisant ce standard, vous anticipez leurs demandes légitimes tout en vous protégeant contre les questionnaires « sauvages » et disproportionnés.

  • Garder son accès aux financements : Les banques et investisseurs ne reculeront pas. Pour eux, la donnée ESG est indispensable pour évaluer les risques. Une entreprise capable de fournir des données fiables et auditables accèdera plus facilement à des financements verts et à des taux bonifiés. À l'inverse, l'inaction expose à une "prime de risque" et à une dévaluation implicite.

  • « Donner du sens » et piloter la performance : Le reporting ne doit pas être vu comme une charge administrative, mais comme un outil de pilotage. Il permet de canaliser la feuille de route ESG et de fédérer les équipes autour d'objectifs communs. 96 % des entreprises qui reportaient déjà comptent continuer malgré l'assouplissement des règles, preuve que l'exercice apporte une valeur stratégique interne.

  • Anticiper le risque de controverse : La pression ne vient pas seulement des clients B2B, mais aussi des collaborateurs, des consommateurs et de la société civile. L'absence de transparence expose aujourd'hui l'entreprise à des risques réels de réputation ou de sanction par le marché. Agir sur ses enjeux matériels, c'est minimiser ces risques tout en renforçant sa marque employeur.

Par où commencer ?

Si vous ne savez pas par quel bout prendre le sujet, voici la démarche pragmatique adaptée au nouveau contexte 2026 :

  • Adoptez le standard VSME comme boussole : Ne réinventez pas la roue. Ce standard, conçu par l'EFRAG, devient la « colonne vertébrale » du reporting volontaire. Il est proportionné, lisible par vos banquiers et clients, et vous protège contre les demandes d'informations disproportionnées.

  • Lancez une double matérialité « allégée » : Profitez des nouvelles souplesses validées par l'EFRAG. L'approche est désormais plus flexible (dite « top-down »), vous permettant de partir de votre modèle d'affaires pour identifier vos enjeux matériels prioritaires sans vous noyer dans une analyse exhaustive complexe. C'est l'étape clé pour prioriser votre action là où elle a le plus d'impact.

  • Pilotez la durabilité à plusieurs : Impliquez la direction pour créer une dynamique collective autour des enjeux ESG.
  • Observez les pratiques des autres entreprises : Inspirez-vous de celles déjà soumises par la CSRD ou qui ont basculé sur la VSME pour anticiper les données et les attentes susceptibles de vous être transférées.

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Sources

Directive Content Omnibus I - JOUE, 24 février 2026

CSRD et CS3D : l’Omnibus définitivement adopté au Parlement européen, 16 décembre 2025

L’UE fait progresser la simplification des rapports de durabilité alors que l’EFRAG soumet un ESRS révisé à la Commission, 4 décembre 2025

CSRD : l'Efrag adopte sa proposition de simplification des normes de reporting, 1 décembre 2025

Le Knowledge Hub de l'EFRAG

Press conference by Jörgen WARBORN (EPP, SE), rapporteur on simplified sustainability reporting and due diligence requirements, 13 novembre 2025

Commission simplifies rules on sustainability and EU investments, delivering over €6 billion in administrative relief, 26 février 2025

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