Marine Fouquet

Directrice Accompagnement Climat, CSRD & CTO

BTP et Construction

Services & Conseil

Après des études d'ingénieure, une spécialisation en ACV au Danemark et un doctorat en comptabilité carbone, Marine Fouquet s'est spécialisée dans l'impact carbone des projets de construction. En 2021, elle a rejoint WeCount en tant qu'associée pour accompagner et former les entreprises. Elle est aussi responsable du déploiement de notre logiciel de bilan carbone et reporting CSR

CSRD

Stratégie Climat

Bilan Carbone

Les ressources crées par Marine Fouquet

En objectivant les risques, une stratégie d’adaptation permet d'analyser la vulnérabilité réelle de votre organisation et de quantifier le coût de l’inaction : des arguments forts pour mobiliser durablement vos instances dirigeantes.

Pour les responsables RSE et financiers, l'enjeu est clair : passer d'une vision théorique du changement climatique à une évaluation rigoureuse des risques physiques et financiers auxquels est exposée leur organisation. Mais comment transformer des projections complexes en un plan d'adaptation concret, chiffré et opérationnel ?

📅 Le jeudi 2 avril 2026 à 11h

Avec les interventions de

🎤 Antoine Poincaré, Directeur Climate School / Co-fondateur Trois degrés ;

🎤 Cécile Ricard, experte de la direction de la stabilité financière à la Banque de France ;

🎤 Christophe Le Dantec, Directeur adjoint du Programme adaptation au changement climatique à la SNCF ;

🎤 Marine Fouquet, Directrice Climat chez WeCount.

Comment participer ?

Rien de plus simple, inscrivez-vous en complétant le formulaire ci-dessous. 👇🏻

L’objectif ?

Découvrir des outils concrets pour prioriser vos actions, et bénéficier de retours d’expérience sur la mise en œuvre d’un plan d’adaptation, pour savoir comment mobiliser vos dirigeants avec des arguments chiffrés et des exemples inspirants.

Un webinaire pensé pour celles et ceux qui, au quotidien, cherchent à donner envie d’agir, clarifier les enjeux et créer un alignement stratégique durable !

💡 À noter : ce webinaire sera tout aussi utile pour consolider un soutien déjà existant, anticiper l’évolution de la gouvernance, renforcer sa posture, ou simplement apprendre de pairs pour enrichir sa pratique.

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👋 À propos des webinaires Pépites de WeCount

Les Pépites de WeCount mettent en lumière celles et ceux qui font avancer la décarbonation dans leurs organisations. Un rdv trimestriel, des formats courts, inspirants et concrets pour passer de la réflexion à l’action.

Webinaire
Les Pépites #6 - Adaptation au changement climatique

La sixième édition des Pépites by WeCount sur l'adaptation au changement climatique !

Marine Fouquet
Temps de lecture
0
2/4/26

Et pourtant, seuls 12% des chefs d'entreprise ont défini une stratégie et des plans d'actions en matière d'adaptation. Ce constat illustre une réalité de terrain : beaucoup d’organisations perçoivent désormais le risque, mais peinent encore à structurer une réponse adaptée.

En complément des démarches de décarbonation, l’adaptation consiste justement à préparer l’entreprise à continuer d’opérer dans un climat qui évolue, avec des impacts déjà visibles sur les sites, les équipes, les approvisionnements ou les coûts d’exploitation.

Dans cet article, nous vous expliquons pourquoi l’adaptation devient un sujet stratégique, comment construire votre démarche et sur quels outils vous appuyer pour passer à l’action. 

A retenir

  • Des risques déjà visibles et en accélération : 1 dirigeant sur 3 a déjà vu son entreprise affectée par un aléa climatique. Les événements extrêmes (canicules, sécheresses, inondations…) s'intensifient en fréquence et en gravité, menaçant la continuité d'activité et la chaîne de valeur.

  • Un cadre réglementaire qui se durcit : Le 3ème volet du PNACC (Plan National d'Adaptation au Changement Climatique), la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) et la CSDDD (Corporate Sustainability Due Diligence Directive) imposent aux entreprises (grandes et PME via leurs donneurs d'ordres) d'évaluer et de piloter leurs risques climatiques.

  • L'adaptation est un levier de compétitivité : Anticiper les risques climatiques, c'est sécuriser ses approvisionnements, réduire ses pertes économiques, maintenir sa performance opérationnelle et renforcer sa crédibilité auprès de ses parties prenantes (clients, investisseurs, assureurs).

  • Adaptation et atténuation sont complémentaires : Réduire ses émissions (atténuation) ne suffit pas : même en visant la neutralité carbone, les impacts climatiques sont déjà engagés pour les décennies à venir. Une stratégie climat complète articule décarbonation ET adaptation.

Pourquoi élaborer une stratégie d'adaptation dès maintenant ?

L’adaptation au changement climatique consiste à préparer une entreprise à continuer d’opérer dans un climat qui évolue, afin de sécuriser son activité face à des impacts déjà visibles et appelés à s’intensifier. 

À court terme, l'objectif est de limiter les pertes économiques ; à long terme, c'est la pérennité même de votre modèle qui est en jeu.

Concrètement, cela implique d’identifier les aléas climatiques susceptibles d’affecter votre activité (montée des eaux, vagues de chaleur, sécheresses) et d’évaluer le coût de l'inaction face aux risques qu'ils font peser sur votre organisation.

L’enjeu est de comprendre comment ces risques peuvent affecter l'ensemble de votre chaîne de valeur, afin de :

  • Identifier vos principales vulnérabilités : par exemple, une chaîne du froid particulièrement sensible aux fortes chaleurs ou une production fortement dépendante d’une ressource en eau sous tension ;
  • Cartographier vos sensibilités face aux aléas et vos niveaux d'exposition : que ce soit en amont chez vos fournisseurs stratégiques (ex: pénurie de matières premières), sur vos propres sites (ex: entrepôt en zone inondable), ou en aval (ex: ruptures logistiques) ;
  • Prioriser les actions à mettre en place : pour renforcer la résilience de votre modèle économique, adapter les infrastructures et revoir les plans de continuité d’activité.

Pour comprendre pourquoi l’adaptation devient aujourd’hui un prérequis stratégique, il faut d’abord s’intéresser à la nature si spécifique des risques climatiques auxquels les entreprises sont confrontées.

Les risques climatiques liés au changement climatique

Les risques climatiques présentent certaines spécificités qui les distinguent des autres risques auxquels les entreprises sont habituées.

La difficulté à prévoir leur évolution

L'étude des valeurs historiques est importante car elle permet aux entreprises de voir comment elles ont été déjà affectées par le changement climatique, mais pas suffisante pour anticiper l'évolution future des aléas climatiques. 

Les modèles du passé ne permettent pas de prédire la fréquence et l'intensité des événements à venir. Dans l’idéal, il faut croiser d’une part les retours d’expérience, d’autre part les différentes projections, et accepter une logique de tolérance à l’incertitude.

L'irréversibilité et l'ampleur de leurs conséquences

Certains impacts du changement climatique sont irréversibles à l'échelle humaine : disparition d'îles et de territoires, perte de biodiversité, dégradation des sols, fonte des glaciers, acidification des océans.

Pour les entreprises, cela signifie que certaines transformations du climat peuvent modifier durablement les conditions d’exploitation d’un territoire ou d’une activité.

Deux grandes catégories de risques climatiques

L'adaptation vise à renforcer la résilience du modèle économique face à deux types de risques :

  • Les risques physiques : événements extrêmes (inondations, cyclones) ou évolutions chroniques (crues, vagues de chaleur) ;

  • Les risques de transition : changements réglementaires (renforcement des taxes carbone, interdiction des emballages à usage unique, zones de faibles émissions…), évolutions des marchés ou risques de réputation. 

Ces risques peuvent se matérialiser à différents niveaux de l’activité d’une entreprise. Ils ne se limitent pas aux infrastructures ou aux sites de production et peuvent impacter l’ensemble de la chaîne de valeur.

Impacts du changement climatique sur la chaîne de valeur

Vous l’aurez compris, les impacts ne concernent pas uniquement vos sites et opérations internes. Selon le Référentiel d’analyse de la résilience climatique des entreprises de Carbone 4, cela va potentiellement toucher l’ensemble de la chaîne de valeur : 

  • La chaîne de valeur en amont : pénurie de matériaux, hausse des coûts d’approvisionnement, problèmes de transport et hausse du coût des transports… ;

  • Les opérations : hausse du coût des assurances, dommages sur sites et plateformes, hausse du coût de l’énergie et de l’eau, dégradation des conditions de travail, etc ;

  • La chaîne de valeur en aval : hausse du coût du transport, incapacité à produire ou à se fournir, réduction des marchés ciblés, etc.

Exemples concrets de ruptures de chaînes d’approvisionnements, source carbone4.com

Exemple : Les principaux risques pour le secteur agroalimentaire

Pour mieux vous projeter, voilà un exemple très concret avec un aperçu de quelques risques liés au changement climatique pour le secteur agroalimentaire : 

  • Chute des rendements et volatilité : Les sécheresses, gels tardifs et vagues de chaleur impactent directement la quantité et la qualité des récoltes (céréales, fruits, légumes) ;

  • Santé du bétail : Le stress thermique réduit la production laitière et augmente la mortalité dans les élevages ;

  • Prix des intrants : Hausse du coût des matières premières agricoles, déstabilisant les marges des transformateurs ;

  • Tensions sur la ressource en eau (quantité et qualité) et conflits d'usage avec d'autres secteurs ;

  • Dépendance à l'eau : Les industries agro-alimentaires sont de très grosses consommatrices d'eau (nettoyage, process). Les restrictions préfectorales peuvent entraîner des arrêts de production ;

  • Besoins énergétiques (Froid) : L'augmentation des températures extérieures oblige les usines à surconsommer de l'énergie pour maintenir les zones de stockage et de transformation à la bonne température ;

  • Vulnérabilité des infrastructures et des systèmes de production : Risques d'inondations ou de tempêtes endommageant les sites de production ou les silos de stockage, investissements non prévus, arrêts d’activité ;

  • Changement de la demande vers des produits moins carbonés ou plus résistants à la chaleur (ex: baisse de consommation de certains produits gras/lourds en été, baisse de consommation des produits carnés, etc.) ;

  • Rupture de la chaîne du froid : Les épisodes de chaleur extrême mettent sous tension les camions frigorifiques et les linéaires en magasin, augmentant le risque de gaspillage alimentaire.

Face à ces risques croissants pour les activités économiques, les pouvoirs publics et les régulateurs encouragent progressivement les entreprises à mieux intégrer l’adaptation dans leur stratégie.

Un cadre réglementaire qui s’aligne peu à peu sur ces enjeux

L'adaptation au changement climatique n'est plus une démarche volontaire : elle devient progressivement obligatoire via plusieurs textes réglementaires.

  • Le PNACC (Plan National d'Adaptation au Changement Climatique) : Le 3ème PNACC, adopté en 2024, fixe la trajectoire de référence pour l'adaptation de la France au changement climatique. Il impose à certains secteurs d’activité et territoires de prendre en compte les risques climatiques dans leur stratégie. L’objectif est de préparer la France à un réchauffement de +2°C à +4°C d'ici 2100 et réduire la vulnérabilité des activités économiques. Pour creuser le sujet, découvrez notre article “PNACC : les mesures clés du nouveau plan national d’adaptation”. 

  • La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) : La CSRD impose aux entreprises concernées de publier des informations détaillées sur leurs risques climatiques (physiques et de transition), leurs impacts financiers et les mesures d’adaptation mises en œuvre. Elle incite donc fortement à structurer une véritable stratégie d’adaptation.

L'adaptation comme levier de compétitivité et de résilience

Au-delà du cadre réglementaire, l'adaptation au changement climatique est aussi et surtout un levier stratégique pour renforcer la résilience et la compétitivité de votre entreprise.

À court terme : 

  • Réduire les impacts des aléas climatiques ;

  • Sécuriser la production et les approvisionnements : Anticiper les ruptures, diversifier les sources, sécuriser les stocks critiques ;

  • Limiter les pertes économiques : Éviter les arrêts d'activité prolongés, réduire les coûts de réparation et de remplacement ;

  • Maintenir les conditions de travail : Protéger la santé et la sécurité des salariés (climatisation, aménagement des horaires, EPI adaptés)

À long terme : 

  • Renforcer la résilience du modèle économique ;

  • Sécuriser les investissements : Éviter les actifs échoués (exemple : bâtiments en zone inondable, équipements inadaptés) ;

  • Maintenir la performance et la compétitivité : S'adapter plus vite que ses concurrents, capter de nouveaux marchés ;

  • Renforcer la crédibilité : Rassurer clients, investisseurs, assureurs, salariés sur la pérennité de l'entreprise ;

  • Accéder aux financements : De plus en plus de banques et fonds conditionnent leurs financements à la prise en compte des risques climatiques.

Les coûts de l'inaction sont supérieurs aux coûts de l'adaptation

Ne rien faire coûte beaucoup plus cher que d'agir.

Selon l'ADEME (novembre 2023), si les émissions de GES ne baissent pas suffisamment, les impacts du changement climatique pourraient conduire en France à une perte de richesse potentielle de 10 points de PIB.

À l’inverse, le rapport “Returns on Resilience” estime que pour 1 dollar investi dans l’adaptation climatique, cela génère plus de 10 dollars de bénéfices économiques.

Pour une entreprise, l'inaction se traduit par :

  • Pertes d'exploitation (arrêts de production, ruptures d'approvisionnement) ;

  • Destruction d'actifs (bâtiments, équipements, stocks) ;

  • Hausse des coûts (assurance, énergie, eau, matières premières) ;

  • Perte de marchés (clients qui se tournent vers des concurrents plus résilients) ;

  • Risque de faillite (dans les cas extrêmes). Aux États-Unis, il y a par exemple eu en 2019 la faillite de Pacific Gas Electric (PGE), un géant de l’énergie. Le Wall Street Journal titrait d’ailleurs "C’est la première faillite liée au changement climatique, probablement pas la dernière".

Qu'est-ce qu'une stratégie d'adaptation au changement climatique ?

Une stratégie d'adaptation complète ne se limite pas à faire un état des lieux à l'instant T. Elle vise à projeter l'entreprise dans le futur pour anticiper ses vulnérabilités et planifier sa résilience.

Pour être efficace, cette démarche se divise généralement en deux grandes phases : l’analyse des risques puis le plan d'action.

Phase 1 : analyser les risques climatiques

Avant d’entrer dans le détail des différentes étapes, il est utile de comprendre la logique globale de l’analyse des risques climatiques.

La démarche consiste à partir des aléas climatiques, à identifier les processus essentiels au fonctionnement de l’entreprise, puis à évaluer leur niveau d’exposition, de sensibilité et de capacité d’adaptation.

Le schéma ci-dessous donne une vision d’ensemble de cette approche.

Étape 1 : identifier les processus vitaux pour le fonctionnement de l’entreprise

L’objectif n’est pas d’analyser chaque activité dans le détail, mais de concentrer l’attention sur les éléments indispensables à la continuité de l’activité.

La démarche consiste d’abord à identifier les sites ou activités à forts enjeux, puis à déterminer les processus vitaux, c’est-à-dire ceux dont dépend directement le fonctionnement de l’entreprise.

Un processus vital correspond à une activité, une ressource ou une relation dont l’interruption pourrait mettre en difficulté la production, la livraison ou la viabilité économique de l’organisation.

Pour structurer cette analyse, il est utile d’observer l’ensemble de la chaîne de valeur selon trois grands périmètres :

  • Scope A (périmètre direct) : bâtiments, équipements industriels, flottes de véhicules, infrastructures critiques ;

  • Scope B (relations directes) : fournisseurs de rang 1, accès à l’eau ou à l’électricité, réseaux télécoms, prestataires logistiques ;

  • Scope C (relations indirectes) : fournisseurs des fournisseurs, infrastructures globales de transport ou d’énergie, dépendances systémiques.

Pour chaque processus identifié, plusieurs questions clés permettent d’évaluer son caractère vital :

  • Impact financier : quelle part du chiffre d’affaires ou de la marge dépend de ce processus ou de ce fournisseur ?

  • Tolérance à l’interruption : combien de temps l’entreprise peut-elle fonctionner si ce processus s’arrête (quelques heures, plusieurs jours, plusieurs semaines) ?

  • Niveau minimal de fonctionnement : l’activité peut-elle se maintenir si ce processus fonctionne à capacité réduite ?

☝️Exemple concret : une usine dépend d’un fournisseur unique livrant une matière première chaque semaine. Si une route est coupée pendant un mois à la suite d’un événement climatique, la production et la distribution du produit final peuvent être totalement interrompues. Ce fournisseur constitue donc un processus vital.

Cette étape nécessite une approche transversale. Elle implique généralement :

  • le ou la responsable RSE ou risques, pour coordonner l’analyse ;

  • la direction financière, pour évaluer les enjeux économiques ;

  • les achats et la logistique, pour comprendre les dépendances d’approvisionnement ;

  • les opérations ou directions de site, pour apprécier les contraintes concrètes de continuité d’activité.

Cette mise en perspective constitue la base de l’étape suivante : l’évaluation et la quantification du niveau de risque climatique

Étape 2 : quantifier le niveau de risque climatique

L’objectif est désormais d’obtenir une vision des risques réels auxquels l’entreprise pourrait être confrontée, aujourd’hui et demain.

Pour cela, il est possible de s’appuyer sur la méthode OCARA, développée par l’ADEME et Carbone 4, qui propose un cadre structuré pour analyser les risques climatiques.

La logique repose sur l’analyse de quatre composantes :

  • l’aléa climatique : phénomène susceptible de provoquer des dommages (sécheresse, inondation, incendie, tempête…) ;

  • l’exposition : présence d’activités ou d’infrastructures dans une zone soumise à cet aléa ;

  • la sensibilité opérationnelle : degré de fragilité naturelle de l’activité face à cet aléa ;

  • la capacité d’adaptation : aptitude de l’organisation à anticiper l’événement, à absorber ses effets et à reprendre rapidement son fonctionnement.

Comment quantifier un risque, source : wecount.io

L’association de l’aléa et de l’exposition permet d’identifier un risque brut, théorique. L’analyse de la sensibilité et de la capacité d’adaptation permet ensuite d’évaluer la vulnérabilité, et donc le risque résiduel pour l’entreprise.

Prenons un exemple.

Une entreprise située dans le sud de la France possède un entrepôt logistique représentant 80 % de son chiffre d’affaires.

  • Aléa : la zone est fortement exposée aux incendies de forêt ;
  • Exposition : l’entrepôt est implanté à proximité immédiate d’une zone boisée ;
  • Sensibilité : le bâtiment est construit en matériaux inflammables ;
  • Capacité d’adaptation : l’entreprise a-t-elle mis en place des dispositifs de protection (mur coupe-feu, plan de continuité, systèmes d’alerte) ?

L’analyse montre ici que la combinaison d’une forte exposition, d’une sensibilité élevée et de capacités d’adaptation limitées conduit à un niveau de risque important pour l’entreprise.

Une fois ce niveau de risque évalué, l’étape suivante consiste à analyser comment il pourrait évoluer dans le temps, en s’appuyant sur différents scénarios climatiques correspondant à des niveaux de réchauffement plus ou moins élevés.

Etape 3 : Projeter les risques selon les scénarios RCP

Comme évoqué juste au-dessus, il s’agit ici de voir comment votre entreprise pourra s’adapter aux différents scénarios appelés Representative Concentration Pathways (RCP).

Ces derniers qui ont vocation à permettre de mieux appréhender les futurs possibles en termes de dérive climatique ont été mis en lumière dans le 6ème rapport d’évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). 

Voici un aperçu des 4 scénarios clés envisagés :

  • RCP 8.5 : On ne change rien. Les émissions de GES continuent d’augmenter au rythme actuel. C’est le scénario le plus pessimiste ;

  • RCP 6.0 : On stabilise les émissions avant la fin du XXIe siècle à un niveau moyen ;

  • RCP 4.5 : On stabilise les émissions avant la fin du XXIe siècle à un niveau faible ;

  • RCP 2.6 : Dans ce cas, les émissions de GES sont très faibles avec un point culminant avant 2050. C’est le scénario le plus optimiste.

Le résultat de cette étape prend la forme d’une matrice à date pour l’entreprise ainsi que de trois matrices selon les différents scénarios de projection. 

📝 À noter : Dans les derniers rapports du GIEC, les scénarios RCP ont laissé place aux scénarios Shared Socio-economic Pathways (SSP). Ces derniers sont des narratifs, traduits en ensembles d'hypothèses socio-économiques (Population, Éducation, Urbanisation, PIB). Ils ont vocation à décrire des évolutions alternatives de la société future en l'absence de changement climatique ou de politique climatique. Ils peuvent également être utilisés pour évaluer les risques de transition.

Phase 2 : Construire le plan d’action 

Une fois la cartographie des risques établie, il faut passer à l'action. C'est ici que l'analyse se transforme en véritable stratégie.

Etape 1 : Définir une trajectoire et des seuils de déclenchement 

Les conséquences du changement climatique étant graduelles et incertaines, votre plan ne doit pas être figé. L'objectif est de construire une trajectoire d'adaptation incluant des seuils de déclenchement.

Par exemple, pour une perturbation faible (ex: une canicule de 3 jours tous les 5 ans), de simples ajustements techniques suffisent. 

Mais si un seuil d'alerte est franchi (ex: une canicule d'un mois chaque année qui met en péril la santé des salariés ou les rendements d'une matière première), l'entreprise doit avoir prévu un plan d'action de rupture (ex: relocalisation des approvisionnements, changement de modèle d'affaires)

Etape 2 : Élaborer le plan d'action et la gouvernance 

Le dernier pilier consiste à lister et prioriser les actions concrètes à déployer. Chaque action doit être évaluée selon : les bénéfices attendus, les investissements nécessaires (ROI) calculés par rapport aux coûts de l’inaction, le calendrier, et le collaborateur responsable.

✨Notre conseil : Il est indispensable d'instaurer une gouvernance interne : définir des indicateurs de suivi, un plan de financement, et prévoir une mise à jour régulière de l'étude des risques (tous les 2 à 3 ans) pour ajuster la stratégie aux nouvelles modélisations scientifiques.

Quelles sont les 4 principales erreurs à éviter dans votre stratégie d'adaptation ?

Voici quelques points de vigilance repérés par nos consultants : 

  • Négliger le scope C (parties prenantes, relation indirecte à l’amont ou à l’aval) et la chaîne de valeur : Se concentrer uniquement sur ses sites en ignorant les risques en amont (fournisseurs) et en aval (clients, distribution) est une erreur majeure. Les ruptures d'approvisionnement et les évolutions de marché sont souvent plus critiques que les impacts directs sur le site.


    Analysez toute la chaîne de valeur pour identifier les dépendances critiques et les vulnérabilités des fournisseurs clés.

  • Sous-estimer les délais et la complexité : L'adaptation ne se fait pas en quelques semaines, elle nécessite du temps pour collecter les données, analyser les risques, co-construire les solutions et mettre en œuvre les investissements.



    Prévoyez un horizon réaliste : 3 à 6 mois pour le diagnostic, puis 1 à 3 ans pour déployer les premières actions structurantes.

  • Ne pas impliquer les parties prenantes internes et externes : Mener la démarche en silo (RSE ou Direction seule) sans embarquer les équipes opérationnelles conduit à l'échec : les actions ne seront ni comprises, ni acceptées, ni mises en œuvre efficacement.


    Impliquez dès le départ la Direction, les Opérations, les Achats, les RH et les fournisseurs clés pour garantir l'adhésion et la co-construction.

  • Tomber dans la mal-adaptation : Certaines solutions aggravent le problème ou créent de nouveaux risques : climatisation massive (surconsommation énergétique, effet rebond), neige de culture (tensions sur l'eau), ou digues trop hautes (faux sentiment de sécurité). Privilégiez les solutions basées sur la nature (végétalisation, gestion naturelle de l'eau, diversification) plutôt que les solutions technologiques énergivores.

Stratégie d'adaptation et d'atténuation : deux piliers indissociables 

Si l’adaptation permet de préparer l’entreprise aux impacts du changement climatique, elle ne peut pas être pensée isolément. Elle doit s’articuler avec une démarche d’atténuation visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Pourquoi adaptation et atténuation doivent être pensées ensemble

Atténuation et adaptation sont complémentaires, pas concurrentes :

  • L'atténuation seule ne suffit pas : Même si nous tendons vers la neutralité carbone demain, certains des impacts climatiques sont déjà là et certaines limites planétaires ont également été franchies. Il faut donc s'adapter.

  • L'adaptation seule ne suffit pas : Sans réduction massive des émissions de GES, le réchauffement continuera et les impacts deviendront ingérables et certaines activités ne pourront plus s'adapter.


    Notons par ailleurs qu’une augmentation par exemple de +3°C à l’échelle mondiale induit des réchauffements plus importants à l’échelle régionale.

Une stratégie climat robuste doit donc réduire les émissions tout en renforçant la résilience des activités.

Les solutions basées sur la nature : un exemple de synergie

Les solutions basées sur la nature (SbN) sont des actions qui s'appuient sur les écosystèmes pour répondre aux enjeux climatiques. 

Elles offrent un double bénéfice avec à la fois une adaptation (protection contre les aléas) mais aussi une atténuation (stockage de carbone, réduction des émissions, etc).

Exemples de SbN

Reforestation et haies :

  • Adaptation : Protection contre les vents, limitation de l'érosion, régulation thermique.

  • Atténuation : Stockage de carbone dans la biomasse et les sols.

Désimperméabilisation des sols :

  • Adaptation : Absorption des eaux de pluie, limitation des inondations, réduction des îlots de chaleur.

  • Atténuation : Stockage de carbone dans les sols, réduction des besoins en climatisation.

Restauration de zones humides :

  • Adaptation : Régulation des crues, filtration de l'eau, rafraîchissement.

  • Atténuation : Stockage de carbone dans les tourbières et les sols.

📝A noter : Les SbN génèrent également des co-bénéfices : biodiversité, bien-être des salariés, qualité de l'air, attractivité des sites.

Quels outils et méthodologies pour structurer votre démarche ?

Plusieurs méthodologies reconnues existent pour structurer une stratégie d'adaptation. Voici les principales, recommandées par l'ADEME.

La méthode OCARA : cartographier les risques climatiques

OCARA est l’abréviation d’Outil de Cartographie et d'Analyse des Risques Climatiques. 

C’est une méthodologie développée par le cabinet Carbone 4 et l'ADEME pour diagnostiquer la vulnérabilité des entreprises aux risques climatiques. Elle consiste à identifier, évaluer et hiérarchiser les risques climatiques sur l'ensemble de la chaîne de valeur.

Démarche en 3 étapes :

  1. Identifier les processus à fort enjeu : Cartographier les processus vitaux pour la continuité d'activité de l'entreprise  (production, approvisionnement, logistique, RH, etc.).

  1. Analyser et quantifier les risques bruts

  1. Intégrer les scénarios Representative Concentration Pathways (RCP) : Projeter ces risques dans le futur (généralement à moyen terme vers 2030-2035 et à long terme vers 2050) en s'appuyant sur 3 scénarios climatiques contrastés issus des RCP du GIEC.


    L'objectif est d'évaluer concrètement la part du chiffre d'affaires et des investissements (CAPEX) impactés selon l'évolution du climat. 

La méthode ACT Adaptation : évaluer une trajectoire progressive

Si OCARA permet de poser le diagnostic, le framework ACT (Accelerate Climate Transition) Adaptation permet de passer à l'action. 

Développé par l'ADEME et le Carbon Disclosure Project (CDP), il s'agit à l'origine d'un référentiel d'évaluation qui pousse les entreprises à structurer une véritable stratégie d'adaptation dotée de seuils de déclenchement, d'indicateurs de suivi et d'un plan d'actions opérationnel.

La Démarche se décline sur 3 aspects :

  1. Gouvernance et stratégie : Le changement climatique est un enjeu complexe qui exige une prise de décision structurée.


    Pour y répondre, l'entreprise doit instaurer une gouvernance claire : définir les processus et l'expertise interne, impliquer les parties prenantes, établir un plan de financement, et surtout définir une fréquence de mise à jour de l'étude de risques (le climat et la science évoluant en permanence)

  1. Risques physiques et climatiques : Les aléas climatiques peuvent avoir un impact sur toute la chaîne de valeur d’une entreprise.


    Il est essentiel d'analyser ces vulnérabilités à chaque étape (fournisseurs, opérations, clients) en s'appuyant sur l'analyse de scénarios pour évaluer la part du chiffre d'affaires et des investissements (CAPEX) réellement impactés.

  1. Capacités et actions d’adaptation : Ces actions permettent à l’entreprise de gagner en résilience et d’en tirer un avantage compétitif.


    Le framework aide à identifier et classer les actions selon des critères stricts : les bénéfices attendus, les investissements nécessaires (macro-chiffrage sur la base de ratios), le calendrier de déploiement et l'identification des personnes en charge.

Le DRIAS : les projections climatiques pour l'adaptation de nos sociétés

C’est un portail déployé par Météo-France en lien avec la communauté scientifique nationale du climat (IPSL, CERFACS, CNRM) qui a pour objectif de mettre à disposition les projections climatiques régionalisées de référence, pour l'adaptation en France

Les informations climatiques sont délivrées sous différentes formes graphiques ou numériques et intègrent notamment la représentation selon la Trajectoire de Réchauffement de Référence pour l'Adaptation au Changement Climatique (TRACC).

Exemple de simulations climatiques pour la France métropolitaine.

Quels financements pour accompagner votre stratégie d'adaptation ?

Bonne nouvelle : plusieurs dispositifs de financement et de subventions existent pour accompagner les entreprises dans leur stratégie d'adaptation.

  • Le Diag Adaptation : c’est un dispositif lancé en juillet 2025 par Bpifrance et l'ADEME pour accompagner les PME et ETI dans leur stratégie d'adaptation.



    Il a pour objectif de fournir aux entreprises un diagnostic de vulnérabilité et un plan d'actions concret, réalisé par un expert agréé. Il s’adresse aux entreprises de moins de 500 salariés (y compris les micro-entreprises) avec au moins un an d’activité (et quel que soit le secteur), pour un diagnostic sur un site physique (avec la possibilité d'en réaliser plusieurs).


    Sont exclues en revanche les entreprises considérées comme « en difficulté » au sens de la réglementation européenne. Cette aide permet de financer 7 jours de prestation réparties sur 3 à 6 mois pour un coût de 6 000 € HT (avec 50% pris en charge).


    Plus concrètement, le diagnostic a pour but de sensibiliser les équipes
    (avec une formation aux enjeux de l'adaptation et aux risques physiques climatiques), de réaliser un diagnostic de vulnérabilité (avec une analyse pour évaluer les impacts potentiels du changement climatique sur la chaîne de valeur, à court, moyen et long terme donc horizons 2035 et 2055), et de créer un plan d'actions priorisé et chiffré.

  • Le Fonds Vert : C’est une aide au Financement de projets d'adaptation portés par les collectivités et les entreprises déployé par le Ministère de la Transition Écologique.


    Le montant est variable selon les projets et peut être appliqué dans des cas variés (désimperméabilisation des sols, végétalisation urbaine, gestion des eaux pluviales, rafraîchissement des bâtiments, protection contre les inondations). Le dossier est à déposer auprès de la Préfecture ou de la Région.

  • Le Fonds Barnier : C’est un Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs (FPRNM) pensé pour les collectivités et les entreprises en zone à risque avéré, déployé par le Ministère de la Transition Écologique.


    Ce dernier a pour vocation de financer des études de risques, des travaux de protection (digues, renforcements), des délocalisations d'activités en zone à risque. Les dossiers sont à déposer auprès de la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement.

  • Les aides sectorielles et régionales : De nombreuses régions proposent des aides spécifiques pour accompagner les entreprises dans leur adaptation climatique.


    C’est le cas par exemple de l’Île-de-France, de l’Auvergne-Rhône-Alpes, de la Nouvelle-Aquitaine ou de l’Occitanie. Rapprochez-vous de votre Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) ou de votre conseiller régional pour connaître les dispositifs disponibles dans votre territoire.

Comment WeCount accompagne les entreprises dans leur stratégie d'adaptation ?

Le programme Adaptation : 4 mois pour structurer votre démarche

Chez WeCount, nous avons développé le programme Adaptation, un accompagnement collectif de 4 mois spécialement conçu pour les entreprises qui souhaitent structurer leur stratégie d'adaptation de manière opérationnelle et pérenne.

Ce programme combine temps collectifs entre entreprises, accompagnement individuel par un expert et outils méthodologiques, afin de vous permettre d’analyser vos risques climatiques et de construire une stratégie et un plan d’actions d’adaptation solides.

Concrètement, le programme vous permet de :

  • Identifier et analyser vos risques climatiques sur l’ensemble de votre chaîne de valeur grâce à la méthode OCARA ;

  • Évaluer leurs impacts, y compris financiers, selon différents scénarios de réchauffement ;

  • Prioriser vos actions d’adaptation et construire une trajectoire progressive avec le cadre ACT Adaptation ;

  • Structurer une gouvernance et des outils de pilotage pour inscrire la démarche dans la durée ;

  • Bénéficier de la dynamique collective, aux côtés d’autres entreprises confrontées aux mêmes enjeux.

Tout au long de ces 4 mois nos équipes vous accompagnent pour renforcer vos compétences internes, avec cet objectif : vous rendre autonomes et pérenniser la démarche.

👉 Vous souhaitez évaluer vos risques climatiques et structurer votre stratégie d’adaptation ? Échangez avec un expert WeCount pour en savoir plus.

FAQ : Stratégie d'adaptation au changement climatique

Quelle est la différence entre adaptation et atténuation ?

L'atténuation vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique futur (bilan carbone, décarbonation). 

L'adaptation vise à renforcer la résilience face aux impacts climatiques déjà engagés ou inévitables (diagnostic de vulnérabilité, plan d'adaptation). Les deux sont complémentaires et doivent être menées en parallèle.

Est-ce obligatoire pour les entreprises ?

La stratégie d'adaptation n'est pas encore obligatoire pour la plupart des PME, mais le cadre réglementaire se durcit : la CSRD et la CS3D imposent aux grandes entreprises (et indirectement à leurs fournisseurs) d'évaluer et de piloter leurs risques climatiques. De plus, 1 dirigeant sur 3 a déjà vu son entreprise affectée par un aléa climatique, cela devient donc une nécessité opérationnelle.

Quels sont les outils recommandés ?

Les principaux outils reconnus par l'ADEME sont : la méthode OCARA (diagnostic de vulnérabilité), la méthode d’évaluation ACT Adaptation (stratégie et trajectoire), et le Diag Adaptation (dispositif subventionné Bpifrance/ADEME pour les PME). Des scénarios climatiques RCP permettent de projeter les risques à horizons 2035 et 2055.

L'adaptation est-elle rentable pour mon entreprise ?

Oui. Le coût de l'inaction (pertes d'exploitation, destruction d'actifs, hausse des coûts) est presque toujours supérieur au coût de l'adaptation

Selon l'ADEME, sans action, les impacts climatiques pourraient entraîner une perte de richesse potentielle de 10 points de PIB en France. Anticiper permet de sécuriser son activité, réduire ses coûts (assurance, énergie, eau), et renforcer sa compétitivité.

Quels liens avec la CSRD et le PNACC ?

La CSRD impose aux grandes entreprises de reporter leurs risques climatiques (physiques et de transition) et leurs mesures d'adaptation. Même si vous n'êtes pas directement soumis, vos clients vous demanderont bientôt ces informations. 

Le PNACC (3ème Plan National d'Adaptation au Changement Climatique) fixe la trajectoire de référence pour l'adaptation de la France et encourage toutes les entreprises à s'engager.

📚 Ressources

Article
Stratégie d'adaptation au changement climatique : pourquoi et comment s'y préparer dès maintenant ?

Stratégie d’adaptation : méthodes, exemples et financements pour analyser vos risques climatiques et renforcer la résilience de votre entreprise.

Marine Fouquet
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16/3/26

Cette réforme, justifiée par des impératifs de compétitivité, vise à alléger la charge administrative pesant sur les entreprises en resserrant drastiquement l'étau réglementaire autour des très grandes entreprises. La directive entre officiellement en vigueur le 18 mars 2026.

👉 Dans cet article, nous vous proposons une synthèse claire et actualisée des mesures finales et nos conseils pour savoir comment avancer face à ces changements.

🆕 Les experts CSRD de WeCount mettrons régulièrement à jour cet article pour vous tenir au courant des évolutions. 

En bref - les derniers éléments à jour

  • 26 février 2026 : La Directive Omnibus publiée au JOUE. La directive vient d’être publiée au Journal officiel de l’Union européenne. Son entrée en vigueur est officiellement fixée au 18 mars 2026, marquant le début du compte à rebours pour les États membres. Cette ultime étape confirme l'accord politique et clôture un processus législatif de plus de neuf mois, marqué par l'adoption définitive du texte par le Parlement européen le 16 décembre 2025 (428 voix pour, 218 contre et 17 abstentions).

  • Seuils CSRD (Rapport de durabilité) : Le champ d'application est resserré et les critères deviennent cumulatifs. Les obligations s'appliqueront désormais aux entreprises dépassant à la fois 1 000 salariés ET un chiffre d’affaires annuel net de 450 millions d’euros. Les PME cotées en sont définitivement exclues.

  • Entreprises non-européennes (CSRD) : Le seuil est fixé à 450 millions d'euros de chiffre d'affaires généré dans l'UE, à condition d'avoir une filiale ou succursale générant au moins 200 millions d'euros. Une clause de revue est prévue pour 2031.

  • Nouveau Calendrier CSRD : Pour les entreprises concernées par ces nouveaux seuils (souvent désignées comme la "vague 2"), la première publication est reportée. Les rapports sont attendus en 2028, portant sur l'exercice fiscal 2027.

  • Seuils CSDDD (Devoir de Vigilance) : Les obligations s’appliqueront uniquement aux très grandes entreprises de l'UE et hors UE si elles atteignent ces seuils : Plus de 5 000 employés, chiffre d'affaires annuel net supérieur à 1,5 milliard d'euros. Des seuils spécifiques ont été ajoutés pour les modèles de franchise ou de licence (75 millions d'euros de redevances et 275 millions de CA).

  • Exemptions CSDDD : Les entreprises ne seront plus tenues d’élaborer un plan de transition visant à rendre leur modèle économique compatible avec l’Accord de Paris. La responsabilité en cas d'infraction sera établie au niveau national, et non européen. Les entreprises devront adopter une approche fondée sur le risque pour identifier leurs incidences négatives. Le plafond des amendes est abaissé de 5 % à 3 % du chiffre d'affaires mondial

  • Simplification drastique des normes (ESRS) : L'EFRAG a proposé une refonte majeure des standards avec une réduction globale de près de 70 % des données à reporter (suppression de 60 % des points obligatoires et 100 % des facultatifs). L'analyse de double matérialité est également simplifiée grâce à une approche « top-down » centrée sur le modèle d'affaires. Par ailleurs, de nouvelles flexibilités font leur apparition : les entreprises auront le droit d'omettre des informations sensibles (secrets d'affaires, propriété intellectuelle) ou d'invoquer des « efforts démesurés ». Enfin, les normes sectorielles contraignantes sont définitivement supprimées. La Commission européenne a désormais jusqu'au 18 septembre 2026 pour transformer cet avis en acte délégué officiel.

  • Plafonnement Chaîne de Valeur (Value Chain Cap) : Protection majeure pour les PME : les donneurs d'ordres ne peuvent plus exiger de leurs fournisseurs de moins de 1 000 salariés des informations allant au-delà du standard volontaire VSME. Ce standard VSME devra être officiellement adopté au plus tard en juillet 2026.

  • Report des normes d'audit : Le standard de certification (assurance limitée) est reporté : la Commission a jusqu'au 1er juillet 2027 pour le publier.

  • Outils numériques : l'EFRAG a lancé le "ESRS Knowledge Hub" début décembre. Cette plateforme centralise les normes (y compris VSME), les guides d'implémentation et une FAQ pour faciliter l'accès à l'information.

Les prochaines étapes :

‍Le compte à rebours est lancé pour les États membres :

  • CSRD : Transposition nationale au plus tard à la mi-mars 2027. La France, qui avait déjà transposé le texte initial, va devoir "détricoter" son dispositif national dans les 12 prochains mois.

  • CSDDD : Transposition d'ici le 26 juillet 2028.

  • Validation des normes simplifiées (Mi-2026) : La Commission européenne doit maintenant transformer l'avis technique de l'EFRAG (reçu début décembre 2025) en acte délégué officiel. L'objectif est de finaliser ce système ESRS révisé d'ici la moitié de l'année 2026, pour qu'il soit effectif sur l'exercice fiscal 2027.

  • Clause de revoyure (2031) : Attention, les seuils d'application actuels (1 000 salariés / 450 M€) ne sont pas éternels. Une clause de revue a été intégrée aux textes, permettant à l'Union européenne de modifier à nouveau ces critères à l'horizon 2031.

CSRD : ce qui change concrètement

Relèvement des seuils d’éligibilité

L'objectif principal de cette réforme est de réduire la charge administrative en ciblant uniquement les très grandes entreprises.

Désormais, seules les sociétés dépassant les deux seuils suivants seront soumises aux obligations réglementaires de reporting : plus de 1 000 salariés (le seuil de 1 750 envisagé n'a pas été retenu) ET un chiffre d’affaires net supérieur à 450 millions d’euros. Les PME cotées sont définitivement exclues du dispositif.

Ce changement réduit drastiquement le nombre d’entreprises concernées (environ 80 % des sociétés sortent du périmètre légal, passant de 50 000 à seulement 5 000 entités), excluant de fait la majorité des ETI et grandes PME.

Si les entreprises passant sous les nouveaux seuils sortent du périmètre obligatoire légal, elles ne s'échappent pas pour autant de la pression économique.

Le VSME comme bouclier stratégique

Si les entreprises passant sous les nouveaux seuils sortent du périmètre obligatoire légal, elles ne s'échappent pas pour autant de la pression économique. 

Pour elles, l'engagement devient volontaire mais stratégique, s'appuyant désormais sur le cadre simplifié VSME (Voluntary Standard for SMEs).

Ce standard change de dimension : il devient crucial en raison du nouveau mécanisme de « Value Chain Cap » (plafonnement de la chaîne de valeur). 

Concrètement, les grands donneurs d'ordres soumis à la CSRD ont désormais l'interdiction formelle d'exiger de leurs fournisseurs (de moins de 1 000 salariés) des informations allant au-delà de ce référentiel VSME. Toute clause contractuelle contraire est d'ailleurs susceptible d'être sanctionnée.

Ce standard agit donc comme un double levier : il structure la transition des PME tout en servant de « bouclier » contre les demandes de reporting disproportionnées venant de leurs partenaires commerciaux. 

📝A noter : ce standard volontaire devra être officiellement adopté par la Commission européenne au plus tard le 19 juillet 2026 (pour une entrée en vigueur potentielle à l'automne), mais les entreprises sont fortement encouragées à l'utiliser dès aujourd'hui comme référentiel de travail.

CSRD : calendrier d’application

Le 3 avril 2025, le Parlement européen a adopté la proposition “Stop-the-Clock” du paquet Omnibus, actant ainsi un report de deux ans des obligations de reporting pour les entreprises concernées.


Voici le calendrier d’application :

  • Vague 1 - Grandes entreprises cotées : maintenu, publication en 2025 (exercice 2024) ;
  • Vague 2 - Grandes entreprises non cotées, plus de 1 000 salariés avec un chiffre d'affaires supérieur à 450 M€ : report, publication en 2028 (exercice 2027). Normes volontaires basées sur la VSME proposées pour les entreprises en dessous de ce seuil ;
  • Vague 3 - Sociétés non-européennes avec CA supérieur à 450 M€ (et disposant d'une filiale ou succursale y générant au moins 200 M€), publication en 2028 (exercice 2027).

La simplification des normes ESRS

L’EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group), architecte des normes de reporting, a rempli son mandat. Suite aux demandes de la Commission et aux consultations, l'organisme a officiellement adopté sa proposition de normes révisées le 28 novembre 2025 et l'a transmise à la Commission européenne le 4 décembre.

Ce nouveau socle technique, qui doit entrer en vigueur pour l'exercice 2027, acte une réduction massive de la complexité :

  • Réduction des données : L'EFRAG a validé la suppression de 60 % des points de données obligatoires et de 100 % des points de données facultatifs (volontaires). Au total, cela représente une diminution d'environ 70 % du volume de données à reporter par rapport aux normes initiales.

  • Nouvelle approche de la matérialité : L'analyse de double matérialité est profondément remaniée. On passe d'une approche exhaustive ("bottom-up") à une approche plus souple basée sur le modèle d'affaires ("top-down").

  • Clause de l'effort disproportionné : Une notion "d'efforts démesurés" ("undue cost or effort") est introduite, permettant aux entreprises d'être exemptées de reporter certaines informations si leur collecte est jugée trop complexe ou coûteuse, notamment concernant la chaîne de valeur où l'usage d'estimations est désormais autorisé. De plus, un droit d'omission est créé pour protéger les informations sensibles (secrets d'affaires, propriété intellectuelle).

  • Fin des normes sectorielles : Contrairement aux annonces initiales qui prévoyaient un simple report, le reporting spécifique à chaque secteur est définitivement supprimé. La Commission se réserve uniquement la possibilité d'émettre des directives portant sur des orientations sectorielles simples.

Prochaine étape : La Commission européenne a désormais jusqu'au 18 septembre 2026 (soit 6 mois après l'entrée en vigueur de la directive) pour adopter l'acte délégué officiel révisant les ESRS. L'entrée en vigueur réelle n'interviendra qu'à l'issue d'un délai d'objection du Parlement et du Conseil (2 à 4 mois), soit entre mi-novembre 2026 et mi-janvier 2027.

La restriction du périmètre de la chaîne de valeur

La directive Omnibus introduit un principe de limitation majeur baptisé « Value Chain Cap ».

Destiné à stopper l'inflation des questionnaires ESG, ce mécanisme interdit formellement aux grandes entreprises soumises à la CSRD d'exiger de leurs fournisseurs (de moins de 1 000 salariés) des informations allant au-delà du standard VSME.

Concrètement, cela instaure un « droit de refus » pour les PME face à des demandes disproportionnées. Le texte est d'ailleurs très clair : toute clause contractuelle contraire est désormais susceptible d'être sanctionnée. Pour les grands donneurs d'ordres, la règle du jeu change également : ils ne doivent solliciter des données supplémentaires qu'en dernier recours.

Pour combler les trous dans leur reporting (notamment le Scope 3), l'usage d'estimations et de données sectorielles est désormais officiellement autorisé et encouragé, remplaçant l'obligation de collecte de données primaires auprès de chaque fournisseur. Ce standard volontaire de référence devra être officiellement adopté par la Commission au plus tard le 19 juillet 2026.

Assurance limitée : une vérification moins stricte des données

Si le principe de l'assurance limitée (audit externe) est maintenu pour crédibiliser la démarche, le cadre de cette vérification est considérablement bouleversé par la réforme :

  • Un référentiel d'audit reporté à 2027 : C'est l'un des points de vigilance majeurs. La Commission a jusqu'au 1er juillet 2027 pour publier le standard de certification définitif. Les entreprises vont donc devoir certifier leurs rapports avant que ce cadre méthodologique ne soit stabilisé. Un dialogue anticipé avec votre commissaire aux comptes (CAC) ou votre Organisme Tiers Indépendant (OTI) s'impose dès maintenant.

  • Moins de données à auditer : Avec la suppression d'environ 70 % des points de données (datapoints), le périmètre de vérification est mécaniquement réduit, ce qui devrait limiter les coûts et la complexité de l'audit pour les entreprises.

  • La clause de l'« effort démesuré » (Undue Cost or Effort) : C'est une protection juridique essentielle introduite par l'EFRAG. Les entreprises pourront officiellement justifier l'absence de certaines données si leur collecte exige des ressources disproportionnées. Les auditeurs devront accepter l'usage d'estimations pour combler ces lacunes, notamment pour les données complexes de la chaîne de valeur (Scope 3), dès lors que la collecte directe est jugée trop difficile.

  • Le droit d'omission : Les entreprises pourront désormais omettre certaines informations si leur divulgation risque de nuire gravement à leurs intérêts commerciaux (capital intellectuel, secrets d'affaires, etc.).

  • Le principe de « Présentation Fidèle » : S'inspirant des standards financiers internationaux (ISSB), les textes introduisent l'objectif de « présentation fidèle » (fair presentation). Pour l'auditeur, cela change la grille de lecture : l'objectif n'est plus de cocher chaque case technique, mais de valider que le rapport reflète honnêtement la réalité du modèle d'affaires, en réduisant le risque de surcharge informationnelle inutile.

L'audit ne disparaît pas, mais il change de nature. Il ne s'agira plus de sanctionner l'absence d'une facture fournisseur manquante à l'autre bout du monde, mais de valider la cohérence de vos estimations et la sincérité de votre démarche de transition.

Assouplissement de la taxonomie verte

Avec le projet Omnibus, la taxonomie verte européenne sera désormais réservée aux grandes entreprises, en cohérence avec le nouveau périmètre de la CSRD. 

Concrètement, seules les structures employant en moyenne plus de 1 000 salariés et réalisant un chiffre d’affaires annuel net supérieur à 450 millions d’euros resteront soumises à l’obligation de déclaration. 

Pour les autres, la contribution deviendrait volontaire. 

Le texte introduit également plus de souplesse dans la manière de déclarer :

  • Réduction estimée à 70% de la charge de reporting ;
  • Possibilité de rendre compte des activités partiellement alignées ;
  • Introduction d’un seuil de matérialité avec une exemption d’analyse pour les activités représentant moins de 10 % du CA, Capex ou Opex ;
  • Révision du DNSH (Do No Significant Harm) et clarifications attendues sur les critères liés à la pollution et aux substances chimiques.

Retrouvez ci-dessous les principaux ajustements : 

SujetExigences précédentesModifications Omnibus
Seuil d'applicationRequis pour toutes entreprises soumises à la CSRD.Requis pour les entreprises de +1000 employés avec un CA hors taxe supérieur à 450 M€. Reporting volontaire pour les entreprises sous ce seuil.
Évaluation des activités éligiblesRequise pour toutes activités éligibles.Établissement d'un seuil de matérialité financière à 10% pour l'évaluation d'une activité.
Critères Do No Significant Harm (DNSH)Application complète des critères DNSH.Réduction et clarification des informations requises. Consultation concernant le critère DNSH pollution et produits chimiques.
Alignement des activitésLes entreprises doivent strictement respecter les critères pour être alignées.Possibilité de divulguer lorsqu'une activité est partiellement alignée.
Green Asset Ratio (GAR) pour les institutions financièresInclusion de toutes les entreprises dans le dénominateur du GAR.Exclusion du dénominateur du GAR des entreprises qui ne sont pas incluses dans le futur périmètre de la CSRD.

CS3D : ce qui change concrètement

CS3D : Un périmètre drastiquement réduit

Les obligations du devoir de vigilance (CS3D) ont été massivement simplifiées pour ne cibler que les géants économiques.

La directive ne s’appliquera désormais qu’aux très grandes entreprises :

  • Entreprises de l'UE : Plus de 5 000 employés et un chiffre d’affaires mondial net supérieur à 1,5 milliard d'euros.

  • Entreprises hors UE : Celles réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 1,5 milliard d'euros au sein de l'UE.

  • Franchises et licences : Des seuils spécifiques ont été ajoutés pour les sociétés ayant conclu des accords de franchise ou de licence, fixés à 75 millions d'euros de redevances et 275 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Une clause de revue est prévue pour 2031, laissant la porte ouverte à une modification future de ces seuils.

Le texte final adopté par le Parlement supprime deux piliers majeurs de la version initiale :

  • Fin du Plan de Transition Climatique : L’obligation pour les entreprises d’élaborer et de publier un plan de transition compatible avec l’Accord de Paris a été purement et simplement retirée du texte.

  • Retrait de la Responsabilité Civile : Le projet de régime européen harmonisé permettant aux victimes de demander réparation directement est abandonné, la question étant renvoyée aux droits nationaux. Attention, il ne s'agit pas d'un vide juridique : les voies de recours nationales demeurent et, pour la France, la loi de 2017 sur le devoir de vigilance maintient son propre régime. En cas d'infraction aux nouvelles règles européennes, le plafond des sanctions administratives a d'ailleurs été abaissé de 5 % à 3 % du chiffre d’affaires mondial.

Une vigilance recentrée et proportionnée

L'approche par le risque évolue considérablement pour limiter la charge de travail :

  • Exercice de cadrage ciblé : La méthodologie est recentrée sur les risques. Plutôt que d'exiger une cartographie exhaustive de toutes les activités de l'entreprise, le texte impose un exercice de cadrage (scoping exercise) pour identifier les zones à risque, suivi d'une analyse approfondie (in-depth assessment) pour les traiter. Le suivi de ce plan devient d'ailleurs quinquennal (tous les 5 ans) et non plus annuel.

  • Sobriété vis-à-vis des partenaires : Les grands groupes ne doivent demander des informations à leurs partenaires commerciaux que lorsque cela est strictement nécessaire. Cette exigence de sobriété est encore renforcée lorsque le partenaire emploie moins de 5 000 salariés, protégeant ainsi les plus petites structures des demandes systématiques et injustifiées.

  • Maintien des relations commerciales : Nouveauté importante, le fait de maintenir une relation commerciale avec un partenaire identifié comme étant "à risque" n'expose plus l'entreprise à des sanctions, dès lors qu'il existe des perspectives raisonnables d'amélioration.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Le temps des négociations politiques est révolu. 

Avec la publication de la directive Omnibus au Journal officiel de l'UE le 26 février 2026 et son entrée en vigueur le 18 mars 2026, le cadre législatif est définitivement fixé. Le calendrier réglementaire se stabilise enfin, ouvrant la phase de mise en œuvre technique : ‍

  • Transposition nationale : Les États membres disposent d'un calendrier précis pour transcrire ces nouvelles directives dans leur droit national. La date limite est fixée au 19 mars 2027 pour la CSRD et au 26 juillet 2028 pour la CS3D. À noter que l'exercice sera complexe pour la France : ayant déjà transposé le texte initial, le législateur va devoir « détricoter » son dispositif actuel dans les 12 prochains mois.
  • Validation des normes simplifiées (ESRS) : La Commission européenne a désormais jusqu'au 18 septembre 2026 pour transformer l'avis technique de l'EFRAG en acte délégué officiel. À l'issue d'un délai d'objection possible du Parlement et du Conseil (2 à 4 mois), ces nouvelles règles allégées entreront en vigueur entre mi-novembre 2026 et mi-janvier 2027, pour s'appliquer à l'exercice fiscal 2027.
  • Adoption du standard volontaire (VSME) : Ce référentiel allégé, destiné aux entreprises non soumises à la CSRD, devra être adopté par acte délégué au plus tard le 19 juillet 2026. En attendant son entrée en vigueur à l'automne 2026, les entreprises sont fortement encouragées à l'utiliser dès à présent.
  • Fixation des normes d'audit : Le standard d'assurance limitée (certification des rapports) devra être adopté par la Commission au plus tard le 1er juillet 2027.
  • Lancement du portail numérique : L'EFRAG a lancé le « ESRS Knowledge Hub ». Ce portail centralise les normes (ESRS, VSME), les guides d'implémentation et les FAQ, offrant aux entreprises un point d'entrée unique et digitalisé pour décrypter leurs obligations.

  • Clause de revoyure (2031) : Les seuils actuels (1 000 salariés / 450 M€) ne sont pas gravés dans le marbre. Une clause de révision a été intégrée aux textes, permettant à l'Union européenne de modifier à nouveau le champ d'application de la directive à l'horizon 2031.

CSRD, Omnibus : Nos conseils pour bien avancer 

Avec l'adoption définitive de la loi Omnibus le 16 décembre 2025, les seuils ont été relevés : seules les entreprises de plus de 1 000 salariés et 450 M€ de chiffre d'affaires restent dans le périmètre obligatoire légal.

Si cette décision exclut juridiquement près de 80 % des sociétés européennes, la réalité économique est tout autre. La CSRD n'est plus un simple exercice de conformité, c'est devenu un « passeport pour accéder au marché ».

Pour les entreprises non éligibles

Voici pourquoi et comment maintenir le cap, même sans obligation légale directe.

  • Sécuriser sa place dans la chaîne de valeur (L'effet « Value Chain Cap ») : Vos grands donneurs d'ordres soumis à la CSRD ont désormais une contrainte : le « Value Chain Cap ». Ce mécanisme leur interdit d'exiger de vous des données excessives, mais il standardise leurs attentes autour d'un socle précis : la VSME. En maîtrisant ce standard, vous anticipez leurs demandes légitimes tout en vous protégeant contre les questionnaires « sauvages » et disproportionnés.

  • Garder son accès aux financements : Les banques et investisseurs ne reculeront pas. Pour eux, la donnée ESG est indispensable pour évaluer les risques. Une entreprise capable de fournir des données fiables et auditables accèdera plus facilement à des financements verts et à des taux bonifiés. À l'inverse, l'inaction expose à une "prime de risque" et à une dévaluation implicite.

  • « Donner du sens » et piloter la performance : Le reporting ne doit pas être vu comme une charge administrative, mais comme un outil de pilotage. Il permet de canaliser la feuille de route ESG et de fédérer les équipes autour d'objectifs communs. 96 % des entreprises qui reportaient déjà comptent continuer malgré l'assouplissement des règles, preuve que l'exercice apporte une valeur stratégique interne.

  • Anticiper le risque de controverse : La pression ne vient pas seulement des clients B2B, mais aussi des collaborateurs, des consommateurs et de la société civile. L'absence de transparence expose aujourd'hui l'entreprise à des risques réels de réputation ou de sanction par le marché. Agir sur ses enjeux matériels, c'est minimiser ces risques tout en renforçant sa marque employeur.

Par où commencer ?

Si vous ne savez pas par quel bout prendre le sujet, voici la démarche pragmatique adaptée au nouveau contexte 2026 :

  • Adoptez le standard VSME comme boussole : Ne réinventez pas la roue. Ce standard, conçu par l'EFRAG, devient la « colonne vertébrale » du reporting volontaire. Il est proportionné, lisible par vos banquiers et clients, et vous protège contre les demandes d'informations disproportionnées.

  • Lancez une double matérialité « allégée » : Profitez des nouvelles souplesses validées par l'EFRAG. L'approche est désormais plus flexible (dite « top-down »), vous permettant de partir de votre modèle d'affaires pour identifier vos enjeux matériels prioritaires sans vous noyer dans une analyse exhaustive complexe. C'est l'étape clé pour prioriser votre action là où elle a le plus d'impact.

  • Pilotez la durabilité à plusieurs : Impliquez la direction pour créer une dynamique collective autour des enjeux ESG.
  • Observez les pratiques des autres entreprises : Inspirez-vous de celles déjà soumises par la CSRD ou qui ont basculé sur la VSME pour anticiper les données et les attentes susceptibles de vous être transférées.

Et plus concrètement ?

Si vous souhaitez avancer sans vous perdre dans la complexité réglementaire, WeCount propose un programme ESG complet, conçu pour aider les entreprises à structurer un reporting de durabilité crédible et une feuille de route alignée sur les normes ESRS et VSME.

Ce programme s’adresse aux organisations qui veulent :

  • réaliser leur premier reporting ESG ou mettre à jour leur feuille de route ;

  • donner du sens à la réglementation et à la collecte ;

  • embarquer les équipes internes et leurs parties prenantes ;

  • anticiper leurs risques et transformer leurs enjeux matériels en décisions opérationnelles.

En 4 mois, avec un format collectif et un accompagnement individuel, vous êtes guidés :

  • Phase 1 : Analyse de double matérialité conforme au cadre européen ;

  • Phase 2 : Construction d’une feuille de route ESG, collecte des données clés et préparation de la gouvernance.

Le tout porté par notre plateforme CSRD/VSME, nos consultants dédiés et une méthodologie pensée pour être opérationnelle, pragmatique et accessible.

👉 Vous vous interrogez sur la suite, le bon rythme ou les bons outils pour structurer votre stratégie ESG ? Que vous soyez directement concerné par la CSRD ou non, notre équipe peut vous accompagner pour transformer ces enjeux en leviers concrets de pilotage, de performance et de mobilisation. Contactez-nous pour en parler !

Sources

Directive Content Omnibus I - JOUE, 24 février 2026

CSRD et CS3D : l’Omnibus définitivement adopté au Parlement européen, 16 décembre 2025

L’UE fait progresser la simplification des rapports de durabilité alors que l’EFRAG soumet un ESRS révisé à la Commission, 4 décembre 2025

CSRD : l'Efrag adopte sa proposition de simplification des normes de reporting, 1 décembre 2025

Le Knowledge Hub de l'EFRAG

Press conference by Jörgen WARBORN (EPP, SE), rapporteur on simplified sustainability reporting and due diligence requirements, 13 novembre 2025

Commission simplifies rules on sustainability and EU investments, delivering over €6 billion in administrative relief, 26 février 2025

Portail RSE - Espace CSRD

Portail RSE - VSME : comprendre les normes volontaires

Article
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Directive Omnibus CSRD : entrée en vigueur le 18 mars 2026. Seuils relevés, ESRS simplifiés… WeCount décrypte les impacts concrets pour les entreprises.

Marine Fouquet
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