Marine Fouquet

Directrice Accompagnement Climat, CSRD & CTO

BTP et Construction

Services & Conseil

Après des études d'ingénieure, une spécialisation en ACV au Danemark et un doctorat en comptabilité carbone, Marine Fouquet s'est spécialisée dans l'impact carbone des projets de construction. En 2021, elle a rejoint WeCount en tant qu'associée pour accompagner et former les entreprises. Elle est aussi responsable du déploiement de notre logiciel de bilan carbone et reporting CSR

CSRD

Stratégie Climat

Bilan Carbone

Les ressources crées par Marine Fouquet

Cette réforme, justifiée par des impératifs de compétitivité, vise à alléger la charge administrative pesant sur les entreprises en resserrant drastiquement l'étau réglementaire autour des très grandes entreprises. La directive entre officiellement en vigueur le 18 mars 2026.

👉 Dans cet article, nous vous proposons une synthèse claire et actualisée des mesures finales et nos conseils pour savoir comment avancer face à ces changements.

🆕 Les experts CSRD de WeCount mettront régulièrement à jour cet article pour vous tenir au courant des évolutions. 

En bref - les derniers éléments à jour

  • 26 février 2026 : La Directive Omnibus publiée au JOUE. La directive vient d’être publiée au Journal officiel de l’Union européenne. Son entrée en vigueur est officiellement fixée au 18 mars 2026, marquant le début du compte à rebours pour les États membres. Cette ultime étape confirme l'accord politique et clôture un processus législatif de plus de neuf mois, marqué par l'adoption définitive du texte par le Parlement européen le 16 décembre 2025 (428 voix pour, 218 contre et 17 abstentions).

  • Seuils CSRD (Rapport de durabilité) : Le champ d'application est resserré et les critères deviennent cumulatifs. Les obligations s'appliqueront désormais aux entreprises dépassant à la fois 1 000 salariés ET un chiffre d’affaires annuel net de 450 millions d’euros. Les PME cotées en sont définitivement exclues.

  • Entreprises non-européennes (CSRD) : Le seuil est fixé à 450 millions d'euros de chiffre d'affaires généré dans l'UE, à condition d'avoir une filiale ou succursale générant au moins 200 millions d'euros. Une clause de revue est prévue pour 2031.

  • Nouveau Calendrier CSRD : Pour les entreprises concernées par ces nouveaux seuils (souvent désignées comme la "vague 2"), la première publication est reportée. Les rapports sont attendus en 2028, portant sur l'exercice fiscal 2027.

  • Seuils CSDDD (Devoir de Vigilance) : Les obligations s’appliqueront uniquement aux très grandes entreprises de l'UE et hors UE si elles atteignent ces seuils : Plus de 5 000 employés, chiffre d'affaires annuel net supérieur à 1,5 milliard d'euros. Des seuils spécifiques ont été ajoutés pour les modèles de franchise ou de licence (75 millions d'euros de redevances et 275 millions de CA).

  • Exemptions CSDDD : Les entreprises ne seront plus tenues d’élaborer un plan de transition visant à rendre leur modèle économique compatible avec l’Accord de Paris. La responsabilité en cas d'infraction sera établie au niveau national, et non européen. Les entreprises devront adopter une approche fondée sur le risque pour identifier leurs incidences négatives. Le plafond des amendes est abaissé de 5 % à 3 % du chiffre d'affaires mondial

  • Simplification drastique des normes (ESRS) : L'EFRAG a proposé une refonte majeure des standards avec une réduction globale de près de 70 % des données à reporter (suppression de 60 % des points obligatoires et 100 % des facultatifs). L'analyse de double matérialité est également simplifiée grâce à une approche « top-down » centrée sur le modèle d'affaires. Par ailleurs, de nouvelles flexibilités font leur apparition : les entreprises auront le droit d'omettre des informations sensibles (secrets d'affaires, propriété intellectuelle) ou d'invoquer des « efforts démesurés ». Enfin, les normes sectorielles sont définitivement supprimées. La Commission européenne a adopté le 3 juillet 2026 l’acte délégué concernant les ESRS révisés, après consultation supplémentaire. 
  • Plafonnement Chaîne de Valeur (Value Chain Cap) : Protection majeure pour les PME : les donneurs d'ordres ne peuvent plus exiger de leurs fournisseurs de moins de 1 000 salariés des informations allant au-delà du standard volontaire VS. Ce standard devra être officiellement adopté au plus tard en juillet 2026.

  • Report des normes d'audit : Le standard de certification (assurance limitée) est reporté : la Commission a jusqu'au 1er juillet 2027 pour le publier.

  • Outils numériques : l'EFRAG a lancé le "ESRS Knowledge Hub" début décembre. Cette plateforme centralise les normes (y compris VSME), les guides d'implémentation et une FAQ pour faciliter l'accès à l'information.

Les prochaines étapes :

‍Le compte à rebours est lancé pour les États membres :

  • CSRD : Transposition nationale au plus tard à la mi-mars 2027. La France, qui avait déjà transposé le texte initial, va devoir "détricoter" son dispositif national dans les 12 prochains mois.

  • CSDDD : Transposition d'ici le 26 juillet 2028.

  • Validation des normes simplifiées (automne 2026) : La Commission européenne a adopté le 3 juillet 2026 l’acte délégué concernant les ESRS révisés, après consultation supplémentaire. Il a été transmis au Parlement européen et au Conseil de l'UE pour examen. Ces mesures s'appliqueront à l'issue de la période d'examen de deux mois, qui peut être prolongée de deux mois supplémentaires. Les entreprises peuvent commencer à publier selon les normes révisées, sans attendre la fin de ce processus. De son côté, l'EFRAG doit maintenant publier sur son centre de connaissance la liste définitive de ces points de données.

  • Clause de revoyure (2031) : Attention, les seuils d'application actuels (1 000 salariés / 450 M€) ne sont pas éternels. Une clause de revue a été intégrée aux textes, permettant à l'Union européenne de modifier à nouveau ces critères à l'horizon 2031.

CSRD : ce qui change concrètement

Relèvement des seuils d’éligibilité

L'objectif principal de cette réforme est de réduire la charge administrative en ciblant uniquement les très grandes entreprises.

Désormais, seules les sociétés dépassant les deux seuils suivants seront soumises aux obligations réglementaires de reporting : plus de 1 000 salariés (le seuil de 1 750 envisagé n'a pas été retenu) ET un chiffre d’affaires net supérieur à 450 millions d’euros. Les PME cotées sont définitivement exclues du dispositif.

Ce changement réduit drastiquement le nombre d’entreprises concernées (environ 80 % des sociétés sortent du périmètre légal, passant de 50 000 à seulement 5 000 entités), excluant de fait la majorité des ETI et grandes PME.

Si les entreprises passant sous les nouveaux seuils sortent du périmètre obligatoire légal, elles ne s'échappent pas pour autant de la pression économique.

‍Le VSME comme bouclier stratégique

Si les entreprises passant sous les nouveaux seuils sortent du périmètre obligatoire légal, elles ne s'échappent pas pour autant de la pression économique. 

Pour elles, l'engagement devient volontaire mais stratégique, s'appuyant désormais sur le cadre simplifié VS (Voluntary Standard).

Ce standard change de dimension : il devient crucial en raison du nouveau mécanisme de « Value Chain Cap » (plafonnement de la chaîne de valeur). 

Concrètement, les grands donneurs d'ordres soumis à la CSRD ont désormais l'interdiction formelle d'exiger de leurs fournisseurs (de moins de 1 000 salariés) des informations allant au-delà de ce référentiel VS. Toute clause contractuelle contraire est d'ailleurs susceptible d'être sanctionnée

Attention : cela ne concerne que les données demandées pour la réalisation de leur rapport de durabilité. Ils pourront toujours exiger de leurs fournisseurs une bonne gestion de ces enjeux. Cela peut prendre la forme de critères dans leurs appels d’offres par exemple.

Ce standard agit donc comme un double levier : il structure la transition des PME tout en servant de « bouclier » contre les demandes de reporting disproportionnées venant de leurs partenaires commerciaux. 

CSRD : calendrier d’application

Le 3 avril 2025, le Parlement européen a adopté la proposition “Stop-the-Clock” du paquet Omnibus, actant ainsi un report de deux ans des obligations de reporting pour les entreprises concernées.


Voici le calendrier d’application :

  • Vague 1 - Grandes entreprises cotées : maintenu, publication en 2025 (exercice 2024) ;
  • Vague 2 - Grandes entreprises non cotées, plus de 1 000 salariés avec un chiffre d'affaires supérieur à 450 M€ : report, publication en 2028 (exercice 2027). Normes volontaires basées sur la VSME proposées pour les entreprises en dessous de ce seuil ;
  • Vague 3 - Sociétés non-européennes avec CA supérieur à 450 M€ (et disposant d'une filiale ou succursale y générant au moins 200 M€), publication en 2028 (exercice 2027).

La simplification des normes ESRS

L’EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group), architecte des normes de reporting, a rempli son mandat. Suite aux demandes de la Commission et aux consultations, l'organisme a officiellement adopté sa proposition de normes révisées le 28 novembre 2025 et l'a transmise à la Commission européenne le 4 décembre.

Ce nouveau socle technique, qui doit entrer en vigueur pour l'exercice 2027, acte une réduction massive de la complexité :

  • Réduction des données : L'EFRAG a validé la suppression de 60 % des points de données obligatoires et de 100 % des points de données facultatifs (volontaires). Au total, cela représente une diminution d'environ 70 % du volume de données à reporter par rapport aux normes initiales.

  • Nouvelle approche de la matérialité : L'analyse de double matérialité est profondément remaniée. On passe d'une approche exhaustive ("bottom-up") à une approche plus souple basée sur le modèle d'affaires ("top-down").

  • Clause de l'effort disproportionné : Une notion "d'efforts démesurés" ("undue cost or effort") est introduite, permettant aux entreprises d'être exemptées de reporter certaines informations si leur collecte est jugée trop complexe ou coûteuse, notamment concernant la chaîne de valeur où l'usage d'estimations est désormais autorisé. De plus, un droit d'omission est créé pour protéger les informations sensibles (secrets d'affaires, propriété intellectuelle).

  • Fin des normes sectorielles : Contrairement aux annonces initiales qui prévoyaient un simple report, le reporting spécifique à chaque secteur est définitivement supprimé. La Commission se réserve uniquement la possibilité d'émettre des directives portant sur des orientations sectorielles simples.

Prochaine étape : L'entrée en vigueur réelle n'interviendra qu'à l'issue d'un délai d'objection du Parlement et du Conseil (2 à 4 mois), soit entre mi-novembre 2026 et mi-janvier 2027. Les entreprises qui le souhaitent peuvent déjà reporter en suivant ces nouvelles normes.

La restriction du périmètre de la chaîne de valeur

La directive Omnibus introduit un principe de limitation majeur baptisé « Value Chain Cap ».

Destiné à stopper l'inflation des questionnaires ESG, ce mécanisme interdit formellement aux grandes entreprises soumises à la CSRD d'exiger de leurs fournisseurs (de moins de 1 000 salariés) des informations allant au-delà du standard volontaire (VS).

Concrètement, cela instaure un « droit de refus » pour les PME face à des demandes disproportionnées. Le texte est d'ailleurs très clair : toute clause contractuelle contraire est désormais susceptible d'être sanctionnée. Pour les grands donneurs d'ordres, la règle du jeu change également : ils ne doivent solliciter des données supplémentaires qu'en dernier recours.

Pour combler les trous dans leur reporting (notamment le Scope 3), l'usage d'estimations et de données sectorielles est désormais officiellement autorisé et encouragé, remplaçant l'obligation de collecte de données primaires auprès de chaque fournisseur. 

💡 Bon à savoir : cela ne concerne que les données demandées pour la réalisation de leur rapport de durabilité. Ils pourront toujours exiger de leurs fournisseurs une bonne gestion de ces enjeux. Cela peut prendre la forme de critères dans leurs appels d’offres par exemple.

Assurance limitée : une vérification moins stricte des données

Si le principe de l'assurance limitée (audit externe) est maintenu pour crédibiliser la démarche, le cadre de cette vérification est considérablement bouleversé par la réforme :

  • Un référentiel d'audit reporté à 2027 : C'est l'un des points de vigilance majeurs. La Commission a jusqu'au 1er juillet 2027 pour publier le standard de certification définitif. Les entreprises vont donc devoir certifier leurs rapports avant que ce cadre méthodologique ne soit stabilisé. Un dialogue anticipé avec votre commissaire aux comptes (CAC) ou votre Organisme Tiers Indépendant (OTI) s'impose dès maintenant.

  • Moins de données à auditer : Avec la suppression d'environ 70 % des points de données (datapoints), le périmètre de vérification est mécaniquement réduit, ce qui devrait limiter les coûts et la complexité de l'audit pour les entreprises.

  • La clause de l'« effort démesuré » (Undue Cost or Effort) : C'est une protection juridique essentielle introduite par l'EFRAG. Les entreprises pourront officiellement justifier l'absence de certaines données si leur collecte exige des ressources disproportionnées. Les auditeurs devront accepter l'usage d'estimations pour combler ces lacunes, notamment pour les données complexes de la chaîne de valeur (Scope 3), dès lors que la collecte directe est jugée trop difficile.

  • Le droit d'omission : Les entreprises pourront désormais omettre certaines informations si leur divulgation risque de nuire gravement à leurs intérêts commerciaux (capital intellectuel, secrets d'affaires, etc.).

  • Le principe de « Présentation Fidèle » : S'inspirant des standards financiers internationaux (ISSB), les textes introduisent l'objectif de « présentation fidèle » (fair presentation). Pour l'auditeur, cela change la grille de lecture : l'objectif n'est plus de cocher chaque case technique, mais de valider que le rapport reflète honnêtement la réalité du modèle d'affaires, en réduisant le risque de surcharge informationnelle inutile.

L'audit ne disparaît pas, mais il change de nature. Il ne s'agira plus de sanctionner l'absence d'une facture fournisseur manquante à l'autre bout du monde, mais de valider la cohérence de vos estimations et la sincérité de votre démarche de transition.

Assouplissement de la taxonomie verte

Avec le projet Omnibus, la taxonomie verte européenne sera désormais réservée aux grandes entreprises, en cohérence avec le nouveau périmètre de la CSRD. 

Concrètement, seules les structures employant en moyenne plus de 1 000 salariés et réalisant un chiffre d’affaires annuel net supérieur à 450 millions d’euros resteront soumises à l’obligation de déclaration. 

Pour les autres, la contribution deviendrait volontaire. 

Le texte introduit également plus de souplesse dans la manière de déclarer :

  • Réduction estimée à 70% de la charge de reporting ;
  • Possibilité de rendre compte des activités partiellement alignées ;
  • Introduction d’un seuil de matérialité avec une exemption d’analyse pour les activités représentant moins de 10 % du CA, Capex ou Opex ;
  • Révision du DNSH (Do No Significant Harm) et clarifications attendues sur les critères liés à la pollution et aux substances chimiques.

Retrouvez ci-dessous les principaux ajustements :

SujetExigences précédentesModifications Omnibus
Seuil d'applicationRequis pour toutes entreprises soumises à la CSRD.Requis pour les entreprises de +1000 employés avec un CA hors taxe supérieur à 450 M€. Reporting volontaire pour les entreprises sous ce seuil.
Évaluation des activités éligiblesRequise pour toutes activités éligibles.Établissement d'un seuil de matérialité financière à 10% pour l'évaluation d'une activité.
Critères Do No Significant Harm (DNSH)Application complète des critères DNSH.Réduction et clarification des informations requises. Consultation concernant le critère DNSH pollution et produits chimiques.
Alignement des activitésLes entreprises doivent strictement respecter les critères pour être alignées.Possibilité de divulguer lorsqu'une activité est partiellement alignée.
Green Asset Ratio (GAR) pour les institutions financièresInclusion de toutes les entreprises dans le dénominateur du GAR.Exclusion du dénominateur du GAR des entreprises qui ne sont pas incluses dans le futur périmètre de la CSRD.

CS3D : ce qui change concrètement

‍CS3D : Un périmètre drastiquement réduit

Les obligations du devoir de vigilance (CS3D) ont été massivement simplifiées pour ne cibler que les géants économiques.

La directive ne s’appliquera désormais qu’aux très grandes entreprises :

  • Entreprises de l'UE : Plus de 5 000 employés et un chiffre d’affaires mondial net supérieur à 1,5 milliard d'euros.

  • Entreprises hors UE : Celles réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 1,5 milliard d'euros au sein de l'UE.

  • Franchises et licences : Des seuils spécifiques ont été ajoutés pour les sociétés ayant conclu des accords de franchise ou de licence, fixés à 75 millions d'euros de redevances et 275 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Une clause de revue est prévue pour 2031, laissant la porte ouverte à une modification future de ces seuils.

Le texte final adopté par le Parlement supprime deux piliers majeurs de la version initiale :

  • Fin du Plan de Transition Climatique : L’obligation pour les entreprises d’élaborer et de publier un plan de transition compatible avec l’Accord de Paris a été purement et simplement retirée du texte.

  • Retrait de la Responsabilité Civile : Le projet de régime européen harmonisé permettant aux victimes de demander réparation directement est abandonné, la question étant renvoyée aux droits nationaux. Attention, il ne s'agit pas d'un vide juridique : les voies de recours nationales demeurent et, pour la France, la loi de 2017 sur le devoir de vigilance maintient son propre régime. En cas d'infraction aux nouvelles règles européennes, le plafond des sanctions administratives a d'ailleurs été abaissé de 5 % à 3 % du chiffre d’affaires mondial.

Une vigilance recentrée et proportionnée

L'approche par le risque évolue considérablement pour limiter la charge de travail :

  • Exercice de cadrage ciblé : La méthodologie est recentrée sur les risques. Plutôt que d'exiger une cartographie exhaustive de toutes les activités de l'entreprise, le texte impose un exercice de cadrage (scoping exercise) pour identifier les zones à risque, suivi d'une analyse approfondie (in-depth assessment) pour les traiter. Le suivi de ce plan devient d'ailleurs quinquennal (tous les 5 ans) et non plus annuel.

  • Sobriété vis-à-vis des partenaires : Les grands groupes ne doivent demander des informations à leurs partenaires commerciaux que lorsque cela est strictement nécessaire. Cette exigence de sobriété est encore renforcée lorsque le partenaire emploie moins de 5 000 salariés, protégeant ainsi les plus petites structures des demandes systématiques et injustifiées.

  • Maintien des relations commerciales : Nouveauté importante, le fait de maintenir une relation commerciale avec un partenaire identifié comme étant "à risque" n'expose plus l'entreprise à des sanctions, dès lors qu'il existe des perspectives raisonnables d'amélioration.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Le temps des négociations politiques est révolu. 

Avec la publication de la directive Omnibus au Journal officiel de l'UE le 26 février 2026 et son entrée en vigueur le 18 mars 2026, le cadre législatif est définitivement fixé. Le calendrier réglementaire se stabilise enfin, ouvrant la phase de mise en œuvre technique : ‍

  • Transposition nationale : Les États membres disposent d'un calendrier précis pour transcrire ces nouvelles directives dans leur droit national. La date limite est fixée au 19 mars 2027 pour la CSRD et au 26 juillet 2028 pour la CS3D. À noter que l'exercice sera complexe pour la France : ayant déjà transposé le texte initial, le législateur va devoir « détricoter » son dispositif actuel dans les 12 prochains mois.
  • Validation des normes simplifiées (ESRS) : La Commission européenne a désormais jusqu'au 18 septembre 2026 pour transformer l'avis technique de l'EFRAG en acte délégué officiel. À l'issue d'un délai d'objection possible du Parlement et du Conseil (2 à 4 mois), ces nouvelles règles allégées entreront en vigueur entre mi-novembre 2026 et mi-janvier 2027, pour s'appliquer à l'exercice fiscal 2027.
  • Adoption du standard volontaire (VSME) : Ce référentiel allégé, destiné aux entreprises non soumises à la CSRD, devra être adopté par acte délégué au plus tard le 19 juillet 2026. En attendant son entrée en vigueur à l'automne 2026, les entreprises sont fortement encouragées à l'utiliser dès à présent.
  • Fixation des normes d'audit : Le standard d'assurance limitée (certification des rapports) devra être adopté par la Commission au plus tard le 1er juillet 2027.
  • Lancement du portail numérique : L'EFRAG a lancé le « ESRS Knowledge Hub ». Ce portail centralise les normes (ESRS, VSME), les guides d'implémentation et les FAQ, offrant aux entreprises un point d'entrée unique et digitalisé pour décrypter leurs obligations.

  • Clause de revoyure (2031) : Les seuils actuels (1 000 salariés / 450 M€) ne sont pas gravés dans le marbre. Une clause de révision a été intégrée aux textes, permettant à l'Union européenne de modifier à nouveau le champ d'application de la directive à l'horizon 2031.

CSRD, Omnibus : Nos conseils pour bien avancer 

Avec l'adoption définitive de la loi Omnibus le 16 décembre 2025, les seuils ont été relevés : seules les entreprises de plus de 1 000 salariés et 450 M€ de chiffre d'affaires restent dans le périmètre obligatoire légal.

Si cette décision exclut juridiquement près de 80 % des sociétés européennes, la réalité économique est tout autre. La CSRD n'est plus un simple exercice de conformité, c'est devenu un « passeport pour accéder au marché ».

Pour les entreprises non éligibles

Voici pourquoi et comment maintenir le cap, même sans obligation légale directe.

  • Sécuriser sa place dans la chaîne de valeur (L'effet « Value Chain Cap ») : Vos grands donneurs d'ordres soumis à la CSRD ont désormais une contrainte : le « Value Chain Cap ». Ce mécanisme leur interdit d'exiger de vous des données excessives, mais il standardise leurs attentes autour d'un socle précis : la norme volontaire VS. En maîtrisant ce standard, vous anticipez leurs demandes légitimes tout en vous protégeant contre les questionnaires « sauvages » et disproportionnés.

  • Garder son accès aux financements : Les banques et investisseurs ne reculeront pas. Pour eux, la donnée ESG est indispensable pour évaluer les risques. Une entreprise capable de fournir des données fiables et auditables accédera plus facilement à des financements verts et à des taux bonifiés. À l'inverse, l'inaction expose à une "prime de risque" et à une dévaluation implicite.

  • « Donner du sens » et piloter la performance : Le reporting ne doit pas être vu comme une charge administrative, mais comme un outil de pilotage. Il permet de canaliser la feuille de route ESG et de fédérer les équipes autour d'objectifs communs. 96 % des entreprises qui reportaient déjà comptent continuer malgré l'assouplissement des règles, preuve que l'exercice apporte une valeur stratégique interne.

  • Anticiper le risque de controverse : La pression ne vient pas seulement des clients B2B, mais aussi des collaborateurs, des consommateurs et de la société civile. L'absence de transparence expose aujourd'hui l'entreprise à des risques réels de réputation ou de sanction par le marché. Agir sur ses enjeux matériels, c'est minimiser ces risques tout en renforçant sa marque employeur.

Par où commencer ?

Si vous ne savez pas par quel bout prendre le sujet, voici la démarche pragmatique adaptée au nouveau contexte 2026 :

  • Adoptez le standard volontaire VS comme boussole : Ne réinventez pas la roue. Ce standard, conçu par l'EFRAG, devient la « colonne vertébrale » du reporting volontaire. Il est proportionné, lisible par vos banquiers et clients, et vous protège contre les demandes d'informations disproportionnées.

  • Lancez une double matérialité « allégée » : Profitez des nouvelles souplesses validées par l'EFRAG. L'approche est désormais plus flexible (dite « top-down »), vous permettant de partir de votre modèle d'affaires pour identifier vos enjeux matériels prioritaires sans vous noyer dans une analyse exhaustive complexe. C'est l'étape clé pour prioriser votre action là où elle a le plus d'impact.

  • Pilotez la durabilité à plusieurs : Impliquez la direction pour créer une dynamique collective autour des enjeux ESG.

  • Observez les pratiques des autres entreprises : Inspirez-vous de celles déjà soumises par la CSRD ou qui ont basculé sur la VS pour anticiper les données et les attentes susceptibles de vous être transférées.

Et plus concrètement ?

Si vous souhaitez avancer sans vous perdre dans la complexité réglementaire, WeCount propose un programme ESG complet, conçu pour aider les entreprises à structurer un reporting de durabilité crédible et une feuille de route alignée sur les normes ESRS et VS.

Ce programme s’adresse aux organisations qui veulent :

  • réaliser leur premier reporting ESG ou mettre à jour leur feuille de route ;

  • donner du sens à la réglementation et à la collecte ;

  • embarquer les équipes internes et leurs parties prenantes ;

  • anticiper leurs risques et transformer leurs enjeux matériels en décisions opérationnelles.

En 4 mois, avec un format collectif et un accompagnement individuel, vous êtes guidés :

  • Phase 1 : Analyse de double matérialité conforme au cadre européen ;

  • Phase 2 : Construction d’une feuille de route ESG, collecte des données clés et préparation de la gouvernance.

Le tout porté par notre plateforme ESG, nos consultants dédiés et une méthodologie pensée pour être opérationnelle, pragmatique et accessible.

👉 Vous vous interrogez sur la suite, le bon rythme ou les bons outils pour structurer votre stratégie ESG ? Que vous soyez directement concerné par la CSRD ou non, notre équipe peut vous accompagner pour transformer ces enjeux en leviers concrets de pilotage, de performance et de mobilisation. Contactez-nous pour en parler !

Sources

Directive Content Omnibus I - JOUE, 24 février 2026

CSRD et CS3D : l’Omnibus définitivement adopté au Parlement européen, 16 décembre 2025

L’UE fait progresser la simplification des rapports de durabilité alors que l’EFRAG soumet un ESRS révisé à la Commission, 4 décembre 2025

CSRD : l'Efrag adopte sa proposition de simplification des normes de reporting, 1 décembre 2025

Le Knowledge Hub de l'EFRAG

Press conference by Jörgen WARBORN (EPP, SE), rapporteur on simplified sustainability reporting and due diligence requirements, 13 novembre 2025

Commission simplifies rules on sustainability and EU investments, delivering over €6 billion in administrative relief, 26 février 2025

Portail RSE - Espace CSRD

Portail RSE - VSME : comprendre les normes volontaires

Article
Omnibus CSRD CS3D publiée : Derniers éléments à retenir et prochaines étapes

Directive Omnibus CSRD : entrée en vigueur le 18 mars 2026. Seuils relevés, ESRS simplifiés… WeCount décrypte les impacts concrets pour les entreprises.

Constance Bassouls
Temps de lecture
0
17/8/26

La directive CSRD, en vigueur depuis janvier 2024, impose aux entreprises européennes un nouveau cadre de reporting extra-financier, structuré autour de la durabilité (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, ESG).

Initialement présenté début 2025, la réglementation a été simplifée via une directive “Omnibus” au cours de l’année 2025. La directive a été officiellement publiée au Journal officiel de l'Union européenne (JOUE) le 26 février 2026, actant son entrée en vigueur pour le 18 mars 2026. 

Son objectif : simplifier le cadre CSRD en allégeant drastiquement la charge administrative pour les entreprises et en resserrant les seuils d'assujettissement. Même si la directive Omnibus est un véritable chamboule-tout qui fait sortir de nombreuses sociétés du périmètre légal, elle ne change pas la direction à suivre.

Derrière les ajustements techniques, les exigences contractuelles de vos donneurs d'ordre et de vos investisseurs en matière de durabilité ne disparaissent pas avec l'allègement réglementaire

Pour les entreprises qui ne sont plus soumises à la CSRD, l'engagement devient volontaire mais reste hautement stratégique. Il pourra notamment s'appuyer sur la norme volontaire VS (ex VSME - Voluntary Standard for SMEs), un standard de reporting allégé qui deviendra la référence officielle d'ici juillet 2026 pour encadrer les demandes au sein de la chaîne de valeur. 

Le bon moment pour avancer, c’est maintenant. Vous voulez comprendre la CSRD, savoir si vous êtes toujours concerné et, si vous ne l'êtes plus, comment continuer à avancer efficacement grâce à la VSME ? ‍

Découvrez l’essentiel du reporting de durabilité, les impacts définitifs de la loi Omnibus et nos conseils pour agir, que vous soyez soumis aux obligations de la directive ou engagé dans une démarche volontaire.

CSRD et loi Omnibus : où en est-on ?

Après l'adoption de la proposition “Stop-the-Clock” en avril 2025 actant de premiers reports, le cadre réglementaire est désormais définitivement fixé.

Suite au vote du Parlement européen du 16 décembre 2025, le texte final de la directive « Omnibus I » a été adopté par le Conseil européen le 24 février 2026 et publié au Journal officiel de l’Union européenne (JOUE) le 26 février 2026. Cette réforme majeure entre officiellement en vigueur le 18 mars 2026.

Tant que ces changements ne sont pas transposés en droit national, le cadre actuel reste applicable. Les derniers éléments à retenir :

  • Nouveaux calendriers validés : Le mécanisme "Stop the Clock" reporte les obligations de 2 ans. Pour la CSRD, la publication est donc attendue en 2028 (portant sur l'exercice 2027) pour les entreprises de la vague 2 (grandes entreprises non cotées atteignant les nouveaux seuils), et en 2029 (portant sur l'exercice 2028) pour la vague 4 (sociétés non-européennes). Pour la directive CS3D, les entreprises concernées ont jusqu'au 26 juillet 2029 pour mettre en œuvre le dispositif.

  • Simplification des normes ESRS : L'EFRAG a officiellement adopté son avis technique fin novembre 2025, proposant de réduire de 70 % les points de données à reporter. La Commission européenne a adopté le 3 juillet 2026 l’acte délégué concernant les ESRS révisés, après consultation supplémentaire. 

  • Transposition par la France : Le parcours législatif européen étant achevé, les États membres doivent maintenant transposer la directive. La France a d'ici mars 2027 pour transposer la CSRD (et jusqu'au 26 juillet 2028 pour la CS3D). Le législateur français va devoir « détricoter » son dispositif actuel. D’ici la publication de cette nouvelle loi nationale, c’est le cadre actuel qui continue de s’appliquer.

Tableau récapitulatif des principales modifications proposées dans le paquet Omnibus. Pour un état des lieux complet des mesures en débat et leurs impacts, consultez notre article dédié à la CSRD et la loi Omnibus.

SujetCadre avant omnibusModifications proposées (Omnibus)
Seuil d'applicationApplication aux grandes entreprises européennes (+250 salariés, 40M€ CA, 20M€ bilan) et aux entreprises non européennes (+150M€ CA UE) avec une succursale ou filiale importante.Seuils drastiquement relevés et cumulatifs : + de 1 000 salariés ET + de 450 M€ de CA. Le critère du bilan est supprimé. PME cotées définitivement exclues. Entreprises non-européennes : 450 M€ de CA dans l'UE (avec une filiale/succursale générant au moins 200 M€).
Normes ESRSApplication des normes européennes de reporting de durabilité (ESRS) telles que définies par l'EFRAG.Réduction de près de 70 % des données : suppression de 60 % des points obligatoires et 100 % des facultatifs. Suppression définitive des normes sectorielles. Droit d'omission : possibilité de ne pas divulguer certaines informations confidentielles (secrets d'affaires, propriété intellectuelle, etc.)
Double matérialitéObligation d'analyse de double matérialité : impact sur l'environnement et impact financier.Approche simplifiée : passage à une méthode "top-down" basée sur le modèle d'affaires.Exemption : introduction de la notion d'« efforts démesurés » permettant d'éviter des collectes de données trop complexes.
AuditObligation d'audit limité des informations extra-financières dès l'entrée en application de la CSRD.Report du référentiel : la Commission a jusqu'au 1er juillet 2027 pour publier le standard de certification.Présentation fidèle : l'audit visera un objectif de présentation fidèle réduisant le risque de surcharge lié à un simple exercice de conformité.
Implication dans la chaîne de valeurObligation de collecter et de publier des données issues de la chaîne de valeur.Mécanisme du "Value Chain Cap" : interdiction formelle d'exiger des fournisseurs de moins de 1 000 salariés des informations allant au-delà du standard volontaire VSME. Flexibilité : le recours aux estimations pour la chaîne de valeur est autorisé et facilité par la clause d'effort démesuré
Taxonomie vertePublication des informations sur les activités alignées à la taxonomie verte obligatoire pour toutes les entreprises concernées par la CSRD.Allègement des obligations de publication pour certaines entreprises non européennes en lien avec la taxonomie verte.

Directive CSRD, définition et grands principes

Qu'est-ce que la CSRD ?

La CSRD (ou Corporate Sustainability Reporting Directive) est une nouvelle directive européenne entrée en vigueur en janvier 2024. L’objectif est de rendre l’information sur la durabilité plus transparente et plus accessible pour les investisseurs.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Green Deal européen, le pacte vert pour l’Europe, qui ambitionne de faire de l’Union européenne le premier continent climatiquement neutre d’ici 2050.

📝A noter : La durabilité concerne les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Elle implique une utilisation responsable des ressources terrestres et la construction d’une société viable et juste.

Cette directive standardise les pratiques en matière de rapport ESG. Elle améliore aussi la fiabilité des informations publiées. La CSRD hisse le reporting de durabilité au même niveau d’importance que le reporting financier pour en faire un des piliers de performance de l’entreprise.

CSRD, qui est concerné et quand ?

Calendrier d’application (après adoption de la directive “Stop the Clock” du 3 avril 2025)

Types d'entreprisesCalendrier avant OmnibusCalendrier adopté
Vague 1 : EIP / Grandes entreprises cotées (>500 salarié·es)Publication en 2025 sur l'exercice 2024Dates maintenues (Publication en 2025 sur 2024)
Vague 2 : Grandes entreprises non cotéesPublication en 2026 sur l'exercice 2025Report de 2 ans : Publication en 2028 sur l'exercice 2027. Application des nouveaux seuils cumulatifs : plus de 1 000 salariés ET plus de 450 M€ de CA
Vague 3 : PME cotéesPublication en 2027 sur l'exercice 2026Définitivement exclues du périmètre de la CSRD
Vague 4 : Entreprises non européennes (>150 M€ CA UE)Publication en 2029 sur l'exercice 2028Publication en 2029 sur l'exercice 2028. Les seuils sont drastiquement relevés : > 450 M€ de CA généré dans l'UE (et disposer d'une filiale/succursale y générant au moins 200 M€)

Et pour les entreprises non assujetties ? Les entreprises en dehors du périmètre obligatoire peuvent s’appuyer sur la norme VSME, un référentiel simplifié de reporting ESG, conçu pour accompagner leur démarche volontaire.

📚 Ressource : WeCount met à disposition une feuille de route opérationnelle pour comprendre les 6 étapes clés d’un premier reporting volontaire et identifier rapidement les priorités d’action. Télécharger la feuille de route VSME.

CSRD : qu'est-ce que ça change ?

Le rapport extra-financier analyse l’impact de l’entreprise et la prise en compte des enjeux de durabilité dans sa stratégie. La CSRD structure les informations à analyser pour mieux mesurer l’impact de l’entreprise et de ses investissements.

Depuis janvier 2025, le rapport doit aussi analyser les conséquences des enjeux de durabilité sur la performance financière de l’entreprise. Il met en relation l’impact et les finances.

Le rapport est directement intégré dans une section du rapport de gestion. Les données doivent être numérisées et publiées en accès libre. Le contenu est structuré selon les normes ESRS (European Sustainability  Reporting Standards). Nous y reviendrons plus bas.

Enfin, les rapports doivent être audités par un organisme tiers agréé ou un commissaire aux comptes au même titre que les rapports financiers. Parmi ces organismes, on compte notamment les avocats ou les experts-comptables.

📝A noter : vous pouvez vous adresser aux organismes tiers indépendants dotés de l’accréditation COFRAC ou à tout commissaire aux comptes ayant suivi une formation de 90h homologué H2A.

Nouveauté : Double matérialité, de quoi parle-t-on ?

La directive CSRD introduit pour la première fois le concept de double matérialité.

La double matérialité correspond à la matérialité financière et la matérialité d’impact. La matérialité financière concerne l’incidence des enjeux ESG sur sa performance financière et son organisation (vision “Outside-In”). La matérialité d’impact se rapporte à la répercussion globale de l’entreprise sur l’environnement et la société  (vision “Inside-Out”).

La double matérialité dans la CSRD

En d'autres termes, la double matérialité s'intéresse à l'interaction entre l'entreprise et son environnement, c'est-à-dire comment l'environnement impacte l'entreprise et comment l'entreprise impacte l'environnement. L’entreprise doit prendre ces deux paramètres en compte lors de son analyse.

CSRD : tout comprendre sur les normes ESRS et la double matérialité

Vous savez maintenant que vous devez rédiger votre rapport. Comment faire pour assurer sa conformité ? Comment bien le rédiger ? Pour établir correctement votre rapport extra-financier, il faudra vous appuyer sur les normes ESRS. Ce sont les informations auxquelles le reporting doit obligatoirement répondre.

ESRS, ce qu’il faut savoir

Les normes ESRS déterminent le contenu et le format de l’information. Elles ont un but d’exhaustivité, de transparence et de comparabilité. ‍

Les normes sont classées en quatre catégories et en 12 thématiques qui recoupent les enjeux de durabilité :

  • ESRS 1 et ESRS 2 : Normes transversales (Cross-Cutting Standards)

    • ESRS 1 : Principes généraux pour la préparation et la présentation des rapports. - Il n’y a rien à reporter dans cette norme
    • ESRS 2 : Divulgations générales sur la gouvernance, la stratégie, l’impact, les risques et les opportunités
  • ESRS thématiques :

    • Environnement (E) :

      • ESRS E1 : Changement climatique.
      • ESRS E2 : Pollution.
      • ESRS E3 : Ressources en eau et marine.
      • ESRS E4 : Biodiversité et écosystèmes.
      • ESRS E5 : Utilisation des ressources et économie circulaire.
  • Social (S) :

    • ESRS S1 : Conditions de travail (internes).
    • ESRS S2 : Travail dans la chaîne de valeur.
    • ESRS S3 : Communautés affectées.
    • ESRS S4 : Consommateurs et utilisateurs finaux.
  • Gouvernance (G) :

    • ESRS G1 : Gouvernance d’entreprise.

Ce que propose la loi Omnibus

L’EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group), l’organisme en charge des normes, a rempli son mandat. Son avis technique proposant une refonte majeure du socle initial des ESRS a été officiellement adopté le 28 novembre 2025 et transmis à la Commission européenne le 4 décembre. Le 3 juillet, après consultations supplémentaires, la Commission européenne a adopté l’acte délégué concernant les ESRS révisés. Les mesures de simplification  incluent :

  • Une réduction massive des données : Suppression de 60 % des points de données obligatoires et de 100 % des points facultatifs, soit une diminution globale de près de 70 % des données à reporter, avec une priorisation donnée aux informations quantitatives.

  • La suppression des normes sectorielles : Les normes contraignantes spécifiques à chaque secteur sont définitivement abandonnées.

  • Une analyse de matérialité assouplie : Passage à une approche « top-down » (basée sur le modèle d'affaires) pour sélectionner les enjeux pertinents, lorsqu’une analyse exhaustive n’est pas nécessaire.

  • De nouvelles flexibilités : Introduction de la notion d'« efforts démesurés » pour exempter les entreprises de certaines collectes de données trop complexes, et d'un droit d'omission pour protéger les informations sensibles (secrets d'affaires, propriété intellectuelle).

  • L'objectif de « présentation fidèle » : S'inspirant des standards internationaux, ce principe vise à réduire la surcharge d'informations liée à un simple exercice de conformité.

La Commission européenne a adopté le 3 juillet 2026 l’acte délégué concernant les ESRS révisés, après consultation supplémentaire. Il a été transmis au Parlement européen et au Conseil de l'UE pour examen. Ces mesures s'appliqueront à l'issue de la période d'examen de deux mois, qui peut être prolongée de deux mois supplémentaires. Les entreprises peuvent commencer à publier selon les normes révisées, sans attendre la fin de ce processus. De son côté, l'EFRAG doit maintenant publier sur son centre de connaissance la liste définitive de ces points de données.  L’EFRAG a déjà mis à disposition plusieurs guides (en anglais) ainsi qu'un portail dédié pour mieux comprendre le périmètre d’application et faciliter la mise en œuvre du rapport.

Pour vous faciliter la compréhension des normes ESRS, consultez notre article rédigé par les consultants de WeCount !

📝A noter : pour être conforme, le rapport doit être publié au format xHTML. Il s’agit du format électronique européen. Les balises à insérer seront définies dans une taxonomie digitale à venir.

‍Comment faire son analyse de double matérialité ?

Comme vu précédemment, l’analyse de double matérialité est une étape centrale de la CSRD. Bien que le contexte réglementaire évolue avec l'Omnibus, les fondements et les principes de cette analyse sont conservés. 

Elle impose aux entreprises d’évaluer à la fois l’impact de leurs activités sur l’environnement et la société (matérialité d’impact) et l’impact des facteurs ESG sur la performance financière de votre entreprise, positivement (opportunité) ou négativement (risque). 

On peut identifier 5 grandes étapes pour mener cette analyse :

  • Identification des IRO : repérez les différents impacts, risques, et opportunités qui s’appliquent à vos activités ou à votre chaîne de valeur, qu’ils soient généraux, spécifiques à votre secteur ou à votre entreprise. Pour les identifier, le plus simple est de parcourir la liste des ESRS 1 (indicateurs de reporting CSRD) et de vous questionner sur la dépendance de l’entreprise face à cet indicateur.

  • Interrogation de vos parties prenantes (conseillé) : questionnez vos clients, fournisseurs, collaborateurs pour identifier leurs attentes sur chacun des IRO, leur niveau de maturité et les priorités à intégrer. Même si la directive CSRD ne l’impose pas explicitement, cette démarche est fortement recommandée.

  • Définition d’un score pour chaque IRO : définissez un système de notation des Impacts et des Risques et Opportunités, en fonction de différents critères (intensité de l’IRO, étendue, probabilité…). À partir d’un certain seuil, l’enjeu est considéré comme matériel du point de vue de son impact.

  • Formalisation d’une matrice visuelle (non obligatoire) : synthétisez les résultats en croisant matérialité d’impact et matérialité financière.

  • Mise à jour régulière de l’analyse : en cas de changement d’activité, d’environnement ou d’organisation, l’analyse doit évoluer.
💡 Bon à savoir : l’entreprise peut utiliser une approche “descendante” pour pour certaines thématiques de durabilité. Au regard de son modèle d’affaires, les thématiques de durabilités pour lesquelles la matérialité ou l’absence de matérialité est évidente peuvent être évaluées de cette manière. Cela contribue à alléger l’exercice approfondi.

Pour récupérer plus de conseils et obtenir l’exemple d’une matrice de double matérialité, veuillez consulter notre article dédié “Double matérialité et CSRD”.

Quel plan d’action mettre en place ?

Qui dit nouvelles obligations dit évolution de l’entreprise. Comment adapter son organisation à la réglementation ? Quelles actions mettre en place pour assurer une gestion efficace du reporting ?

Etape 1 : Comprendre les exigences de la CSRD

Prenez le temps d’analyser la directive pour comprendre en détail ce qui est attendu. Cela vous aidera à identifier les informations à chercher, l’articulation du rapport et les exigences de publication. L’Autorité des Marchés Financiers peut être un bon point de départ. Cela vous permettra aussi d’estimer la charge de travail et de la planifier.

Essayer de comprendre les enjeux derrière chacun des sujets définis par les normes ESRS. Par exemple, pour adresser le changement climatique, il est utile de connaître les enjeux climatiques, ses impacts et ses facteurs de risque

Etape 2 : Analyse de la double matérialité

L’analyse vous permet d’identifier les sujets ESG qui constituent les principaux impacts, risques et opportunités climatiques pour l’entreprise.

Nous vous conseillons de commencer par la matérialité d’impact avant la matérialité financière. En effet, les impacts de la chaîne de valeur ont souvent des incidences sur la performance financière. Pour faciliter cette étape, l’EFRAG a publié un guide dédiée à l’analyse de matérialité.

Etape 3 : Analyser les écarts

Une fois les sujets de reporting identifiés, il faut conduire une analyse des écarts (ou “gap analysis”). Le but est d’identifier les données manquantes et celles à disposition. Vous pourrez ensuite prioriser les actions pour collecter les informations nécessaires.

Etape 4 : Identifier les ressources à mobiliser

Pour définir votre plan d’actions, commencez par évaluer les ressources à mobiliser. Ensuite, faites un état des lieux des ressources mobilisables en interne et de celles qu’il vous manque.

Vous pouvez déjà identifier les outils et les rôles dont vous aurez besoin. Vous pouvez également déterminer qui sera contributeur du rapport. Veillez à informer vos collaborateurs et votre direction des actions à venir.

Etape 5 : Etablir sa feuille de route

Pour finir, il vous faudra définir votre feuille de route. Pour vous aider, voici les étapes recommandées : 

  1. Réalisation de l’analyse de double matérialité ;
  2. Analyse des écarts ;
  3. Construction des feuilles de route ESG et de reporting ;
  4. Renforcement des politiques, actions ; 
  5. Cadrage de l’audit externe, OTI.

Nous vous conseillons d’envisager le reporting extra-financier comme un projet avec en grandes étapes la construction de votre outil de reporting, vos indicateurs, votre méthode de calcul et votre équipe. N’oubliez pas que c’est un processus itératif et que la mise en place sera progressive !

Vous voilà fin prêt à lancer votre campagne de reporting CSRD !

Nos conseils bonus

Peut-être qu’à ce stade vous vous demandez comment vous allez accomplir tout ce travail. Ou bien peut-être que vous vous sentez perplexe face à la quantité d’informations à digérer. Nous avons une liste de conseils (non exhaustive) pour vous faciliter le travail.

1. La double matérialité

Pour l’analyse de la double matérialité, garder en tête l’objectif final. L’analyse de double matérialité est itérative et sera à revoir tous les ans alors ne mettez pas la barre trop haut la première année.

Faites d’une pierre de coup en l’utilisant pour établir votre feuille de route de durabilité et de stratégie d’entreprise, l’exercice n’en sera que plus facile les années suivantes.

2. Organisation générale

Commencez dès que possible pour anticiper les risques et les éventuelles difficultés. Cela évitera la surcharge de travail à votre équipe. Plus vous commencez tôt, plus vous pourrez repérer et anticiper les éventuels besoins en formation.

Pensez transversal. La CSRD mobilise l’ensemble de votre entreprise. Assurez-vous que votre équipe projet puisse solliciter toutes les fonctions de l’entreprise, même la direction !

3. Se faire accompagner

Comprendre les exigences de la CSRD, mobiliser les équipes internes, structurer la collecte de données ou encore fiabiliser le reporting dans un calendrier contraint… Ces étapes représentent souvent une charge importante pour les responsables RSE.

Dans ce contexte, un accompagnement méthodologique peut permettre de sécuriser la démarche.

Pour répondre à ces enjeux, WeCount propose un programme ESG de 4 mois dédié à la mise en œuvre du reporting CSRD ou VSME, qui combine formation, accompagnement méthodologique et utilisation d’une plateforme de pilotage ESG.

Concrètement, ce programme permet de :

  • cadrer le projet et mobiliser les parties prenantes internes ;

  • identifier les enjeux prioritaires grâce à une analyse de double matérialité adaptée ;

  • faire un état des lieux des données disponibles, identifier les écarts et collecter les données manquantes ;

  • produire et exporter un reporting ESG conforme aux exigences CSRD ou VSME.

Tout au long de la démarche, les équipes bénéficient d’un accès à la plateforme ESG WeCount qui permet de piloter de manière opérationnelle l’ensemble du projet. 

L’outil facilite notamment la réalisation de la matrice de double matérialité (identification des enjeux, analyse des impacts, risques et opportunités (IRO) et cotation), la consolidation des données ESG grâce à des fonctionnalités d’IA générative, ainsi que l’analyse et la production d’un reporting personnalisable. 

Les restitutions peuvent être exportées aux formats attendus, notamment Word ou XBRL pour le dépôt sur le site de l’EFRAG. La plateforme permet également de structurer et suivre un plan d’actions RSE dans la durée.

L’objectif est de permettre aux équipes internes de gagner en autonomie, tout en construisant un reporting utile pour le pilotage stratégique de l’entreprise.

🎙️ Envie d’un retour d’expérience concret ? Lors de notre webinar « À l’heure des incertitudes autour de la CSRD, comment piloter sa stratégie de décarbonation ? », les responsables RSE d’IKKS et d’Akeneo partagent leurs bonnes pratiques pour avancer dans ce contexte mouvant. Regarder le replay du webinaire.

Et pour les entreprises non assujetties ?

Sortir du périmètre réglementaire ne signifie pas que les enjeux ESG disparaissent. Dans la pratique, de nombreuses organisations continuent d’être sollicitées par leurs clients grands comptes, leurs partenaires financiers ou leurs donneurs d’ordre pour partager des informations sur leurs impacts environnementaux et sociaux.

Structurer une démarche volontaire permet alors d’anticiper ces attentes, de sécuriser son accès à certains marchés et de mieux piloter les risques et opportunités liés à la transition.

Dans ce contexte, la norme VSME constitue un cadre pertinent pour engager une première structuration du reporting ESG. Son module de base repose sur un socle d’indicateurs clés permettant de prioriser progressivement les enjeux et de poser les fondations d’un pilotage durable.

Comme expliqué ci-dessus, le programme ESG proposé par WeCount permet d’accompagner les organisations dans cette démarche, en combinant cadrage méthodologique, accès à une plateforme de pilotage et montée en compétence des équipes internes.

Vous avez des questions sur le reporting CSRD ou sur le standard VSME ? Contactez-nous !

Article
Directive CSRD, définition et plan d'actions

Vous avez sûrement entendu parler de la CSRD, cette directive qui agite le monde de l’entreprise. Qui est concerné ? Quelles sont les conséquences pour votre entreprise ? Voici ce qu'il faut retenir.

Constance Bassouls
Temps de lecture
0
17/8/26

La norme ESRS E1 fait partie de la directive CSRD. Elle standardise le reporting climatique des entreprises européennes en exigeant, entre autres, une stratégie de décarbonation (aussi appelée plan de transition climatique).

Au-delà de l’aspect réglementaire, vous pouvez transformer cette obligation en une opportunité stratégique pour votre entreprise. Dans cet article, nous vous expliquons comment réussir votre reporting ESRS E1 avec un plan d’action à la clé.

Ce que vous devez retenir

L’ESRS E1 s'inscrit dans le cadre de la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). Voici les 5 points à retenir :

  1. Réaliser un bilan des émissions de gaz à effet de serre (GES) de vos activités ;
  2. Fixer des objectifs de réduction de ces émissions alignés avec les accords de Paris ;
  3. Disposer d'un plan d'action avec une dimension stratégique pour atteindre ces objectifs ;
  4. Suivre l'efficacité de ce plan et des actions menées ;
  5. Évaluer les risques et opportunités liés au changement climatique sur la performance économique de l'entreprise ;

ESRS E1, est-ce obligatoire pour mon entreprise ?

Votre entreprise est soumise à la CSRD ? Alors vous êtes concerné par le reporting climatique.

Pourquoi ? A moins qu’une entreprise prouve qu’elle n’a pas d’impact sur le climat et que le changement climatique n’a pas d’impact sur ses performances financières, toutes les entreprises doivent reporter sur ce sujet.

Ainsi, la charge de la preuve est inversée et le reporting est obligatoire par défaut contrairement aux autres ESRS.

Pour vous y soustraire, vous devez prouver l’absence d’impact grâce à votre analyse de double-matérialité. Vous devez aussi effectuer une analyse prospective des conditions qui vous amèneront à considérer le changement climatique comme significatif pour votre entreprise.

💡 Bon à savoir : dans la pratique, toute entreprise génère des émissions de GES car toutes les activités humaines relâchent des gaz à effet de serre.

Quelles informations doivent figurer dans votre rapport ? Votre reporting porte sur onzeexigences de divulgation. C’est ce que nous allons voir.

Quelles sont les 11 exigences de divulgation (disclosure requirements) ?

La norme ESRS E1 introduit 11 types d’informations à fournir, ce sont les exigences de divulgation (ou disclosure requirements).

Pour répondre à ces exigences, vous devez :

  • Mentionner si elle a un plan de transition aligné avec les Accords de Paris ;
  • Effectuer un état des lieux de ses émissions de GES ;
  • Analyser l’impact de ses activités sur le climat ;
  • Évaluer l’impact du changement climatique sur ses activités ;
  • Spécifier les actions prises en interne pour réduire ou atténuer son impact négatif sur le climat ;
  • Fixer des objectifs de réduction alignés avec les objectifs de l’Accord de Paris ;
  • Définir un plan d’action pour atteindre ces objectifs.

Les disclosure requirements (DR) garantissent la transparence, la cohérence, et la comparabilité des données disponibles. Chaque exigence de divulgation détaille les informations à consigner dans votre rapport.

E1-1 : Plan de transition pour l'atténuation du changement climatique

Le socle de la norme ESRS E1 est le plan de transition climatique. Il s’agit d’une feuille de route stratégique dont le but est la décarbonation de l’entreprise. Ce plan d’action doit être compatible avec un scénario de limitation du réchauffement climatique à 1,5°C selon l’Accord de Paris. Si ça n’est pas le cas, l’entreprise doit le préciser.

Votre plan de transition contient votre plan d’action, mais aussi vos ambitions climatiques avec votre stratégie d’entreprise.

Pour définir ce plan de transition, il faut vous appuyer sur la méthode Science Based Targets Initiative (SBTi), c’est-à-dire adopter une approche de décarbonation sectorielle ou, à défaut, une réduction en valeur absolue.

💡 Bon à savoir : l’approche de décarbonation sectorielle consiste à suivre la trajectoire de décarbonation de votre secteur d'activité tandis qu’une réduction en valeur absolue est une réduction nette des émissions de GES de votre entreprise.

Votre plan de transition climatique comprend nécessairement les éléments suivants :

  • Le degré d'avancement de votre plan d'action ;
  • Les coûts associés à ce plan ;
  • L’intégration du plan de décarbonation à votre stratégie d'entreprise ;
  • La dépendance aux énergies fossiles et émissions potentiellement "verrouillées"

💡 Bon à savoir : les émissions verrouillées sont les estimations des émissions futures de gaz à effet de serre susceptibles d’être causées par les principaux actifs, ou produits de l’entreprise vendus au cours de leur durée de vie opérationnelle.

E1-2 Identification des risques liés au climat, et analyse de scénario

Cette norme est une nouveauté de la dernière version des ESRS. L’objectif est de tester et décrire les répercussions potentielles des changements climatiques sur les activités de l'entreprise, en suivant plusieurs scénarios de réchauffement. Ces risques doivent être répartis entre risques physiques et risques de transition.

💡 Bon à savoir : Les risques physiques sont les répercussions concrètes générées par le climat sur l’entreprise, qu'elles soient soudaines et extrêmes (inondations, tempêtes, feux de forêt) ou progressive à long terme (sécheresse, raréfaction de l'eau, hausse du niveau de la mer). Les risques de transition liés au climat sont les potentielles répercussions financières liées au passage vers une économie bas carbone. Il s'agit des coûts ou contraintes liés aux nouvelles lois, aux taxes, aux changements de technologies ou aux préférences des clients qui délaissent les activités de l’entreprises

E1-3 Résilience face au changement climatique

Cette norme est également un ajout par rapport à la première version des ESRS. Une fois les risques cartographiés, l’entreprise doit prouver qu'elle peut y faire face. Cette norme évalue sa résilience climatique.

L'entreprise doit expliquer si sa stratégie actuelle est assez solide pour surmonter les chocs et comment elle prévoit d'adapter son modèle économique à court, moyen et long terme. Elle doit par exemple détailler si elle dispose des ressources financières nécessaires pour pivoter, si elle peut facilement transformer ou moderniser ses équipements, et si ses investissements actuels l’aident à se protéger.

E1-4 : Politiques en matière de changement climatique

L’E1-4 comprend les politiques d’atténuation (réduction des émissions) et d’adaptation (risques et opportunités climatiques) au changement climatique.

L’objectif est de décrire les mesures climatiques mises en place pour atténuer les impacts du changement climatique et rendre votre entreprise résiliente.

E1-5 : Actions en matière de changement climatique

Ici, les entreprises décrivent les actions opérationnelles mises en œuvre dans le cadre de leur plan de transition et de leur politique climatique.

Pour cela, vous devez détailler toutes les actions mises en place avec :

  • Les ressources allouées en matière de CapEx et d’OpEx ;
  • Les résultats obtenus ou attendus.

💡 Bon à savoir : Le plan de transition climat mentionné dans l’E1-1 et l’E1-4 concerne la stratégie d’entreprise tandis que le plan d’action climat de l’E1-5 relève de l’opérationnel.

L’E1-5 illustre concrètement votre plan de transition climatique et démontre que votre stratégie est transformée en actions mesurables.

E1-6 : Objectif d’atténuation et d’adaptation au changement climatique

Vous devez définir des objectifs de réduction de vos émissions de gaz à effet de serre précis et quantifiables. Nous l’avons dit dans l'ESRS E1-1, vos cibles doivent être exprimées en valeur absolue et - au besoin - complétée par des objectifs en intensité (par unité de production ou de revenu par exemple).

Cette exigence justifie votre stratégie, vos actions et démontre la compatibilité avec les objectifs de l’Accord de Paris.

E1-7 : Consommation d’énergie et mix énergétique

Ici, il faut communiquer les informations relatives à votre consommation d'énergie totale ainsi qu’à votre mix énergétique.

💡 Bon à savoir : Le mix énergétique désigne l'ensemble des sources d'énergies primaires (gaz naturel, nucléaire, pétrole, hydraulique, solaire, etc.).

E1-8 : Émissions brutes de GES sur les scopes 1, 2 et 3 et total des émissions

Cette exigence de divulgation détaille l’ensemble des émissions brutes de gaz à effet de serre.

Pour y répondre, vous devez réaliser votre bilan carbone afin de calculer vos émissions de GES en tonnes de CO2 équivalent (tCO2e) par site et par activité.

Vous devez impérativement prendre en compte les trois scopes :

  • Scope 1 : Émissions directes provenant des sources détenues ou contrôlées par votre entreprise.
  • Scope 2 : Émissions indirectes résultant de la consommation d'énergie achetée.
  • Scope 3 : Autres émissions indirectes survenant tout au long de la chaîne de valeur, y compris celles des fournisseurs et des produits en fin de vie.

💡 Bon à savoir : dans le cadre de la CSRD, la méthode de calcul des émissions de GES est le GHG Protocol.

L’objectif est de fournir un état des lieux de vos principaux postes d’émissions et leurs sources.

(E1-9) Projets d’absorption de GES et d'atténuation des GES grâce aux crédits carbones

Si votre entreprise est concernée, il s’agit d’expliquer les initiatives mises en place pour absorber ou atténuer les gaz à effet de serre (GES). Vous devez différencier les projets au sein de votre chaîne de valeur et en dehors de celle-ci.

La norme ESRS E1 distingue les objectifs de réduction d’émissions et la déclaration de neutralité carbone.

💡 Bon à savoir : La neutralité carbone est le résultat d’un travail collectif dont l’objectif final est le zéro émission nette mondiale. Pour cela, les entreprises doivent agir sur trois leviers : la réduction des émissions de GES (E1-6), l’augmentation des puits de carbone pour compenser les émissions résiduelles (E1-9) et la décarbonation de la société grâce aux émissions évitées (non couvert par les ESRS).

Il faut impérativement prouver que votre entreprise n’utilise pas les crédits carbone comme moyen de réduire fictivement ses émissions de GES.

Absorption des gaz à effet de serre

L'absorption de GES se réfère aux processus naturels ou artificiels qui retirent les gaz à effet de serre de l'atmosphère.

Cela peut inclure des projets de reforestation, l'agroforesterie ou l’intégration de nouvelles technologies au sein de l’environnement pour la capture artificielle du carbone.

C’est le cas de ClimeWork dont l’usine en Islande aspire l'air, filtre le CO2 puis le dissout dans de l'eau et l'injecte sous terre pour le transformer en roche.

Projets d'Atténuation des GES

Ce sont les projets de diminution des gaz à effet de serre en dehors de la chaîne de valeur de l’entreprise et financés par l’achat de crédit carbone. Ils comprennent des projets variés : l'efficacité énergétique, le développement des énergies renouvelables.

Pour ces projets d’atténuation, vous devez communiquer sur la quantité totale de crédits carbone en dehors de la chaîne de valeur de l'entreprise.

E1-10 : Tarification interne du carbone

La tarification interne du carbone consiste à attribuer un prix aux émissions de CO2 de l'entreprise. Cela peut être une tarification fictive utilisée pour évaluer les projets internes ou une taxe carbone appliquée aux différentes unités de l'entreprise.

Si votre entreprise est concernée, il faut expliquer comment cette tarification est utilisée dans votre plan de transition.

E1-11 : Impact financier des risques physiques et opportunités potentielles climatiques

Pour finir, la dernière exigence concerne à la fois les risques physiques matériels dus aux impacts climatiques et les risques de transition associés aux évolutions de réglementation ou de marché.

Les risques physiques incluent les tempêtes, inondations, vagues de chaleur et la montée du niveau de la mer, tandis que les risques de transition concernent les risques financiers et opérationnels tels que les évolutions réglementaires, de marché ou technologiques.

Votre entreprise doit effectuer une analyse financière à court, moyen et long-terme de ces risques et opportunités.

Comment réussir son reporting ESRS-E1 ?

Vous êtes concerné par la norme changement climatique ? Pour garantir le bon déroulé de votre rapport, nous vous proposons un plan d’action en 4 étapes.

Etape 1 : Analyse de la double matérialité et gap analysis

La première étape consiste à réaliser une analyse de la double matérialité. Il s’agit d’évaluer les impacts de votre entreprise sur l’environnement (matérialité d’impact) mais aussi l’ impact du changement climatique sur vos activités (matérialité financière).

Grâce à cette analyse, vous identifierez les sujets matériels, c’est-à-dire les sujets de votre rapport.

Ensuite, complétez votre première analyse avec un gap analysis (ou analyse des écarts) pour comparer les données disponibles avec les exigences de l’ESRS E1. À partir de votre analyse, prenez le temps d'identifier les informations requises et les données à collecter. Cela peut inclure des données fournisseurs, des éléments comptables, un nombre de kilomètres parcourus, etc.

Vous pourrez ainsi repérer les écarts et planifier le processus à mettre en place.

Etape 2 : Mettre en place un processus de collecte des données

La deuxième étape est la mise en place votre processus de collecte des données pour faciliter votre reporting.

Pour cela, identifiez les outils et les rôles dont vous aurez besoin. Vous pouvez également déterminer qui sera contributeur du rapport.

Vous pouvez par exemple, vous dotez d’une plateforme de comptabilité carbone pour gérer les flux de données relatives aux émissions de GES.

Etape 3 : Faire son bilan carbone et définir sa trajectoire de décarbonation

Réalisez votre bilan carbone pour calculer vos émissions de gaz à effet de serre. Il vous servira d’année de référence pour déterminer votre stratégie de décarbonation et votre plan d’action.

Si vous avez déjà réalisé un bilan carbone, l’année de référence doit être l’une des trois dernières années à partir de laquelle votre entreprise a mis en place des actions de décarbonation.

💡 Le conseil WeCount : Nous vous conseillons de mettre à jour votre plan d’action tous les ans pour atteindre votre objectif final.

Etape 4 : Établir son plan d'action et les estimations financières

La quatrième étape est la définition d’un plan d'action détaillé pour atteindre vos objectifs de décarbonation. Ce plan sera votre feuille de route. Il doit inclure vos actions, vos KPIs, les résultats attendus et votre calendrier de mise en œuvre.

Quantifiez aussi les impacts financiers de chaque action pour évaluer leur rentabilité et prioriser les projets. Cela vous permettra de justifier vos décisions lors du reporting.

Etape 5 : Mesurer les performances de son plan de transition

Pour finir, suivre les évolutions de vos indicateurs de performance est primordial. Cela vous permettra d’ajuster votre plan d’action. Vous pourrez également vous appuyer sur ces données lors de la rédaction de votre rapport.

La mise en place du rapport ESRS E1 peut paraître complexe. Mais c’est en fait la norme avec les données les plus accessibles. Aujourd’hui, les méthodes de calcul des émissions de GES sont éprouvées ce qui facilite l’évaluation de votre impact carbone.

Vous pouvez aussi vous faire accompagner la première année. Cela vous aidera à comprendre les exigences réglementaires, à mettre en place une stratégie de décarbonation efficace et à améliorer vos performances ESG.

Et pour finir : l’ESRS E1 et la réglementation européenne

La norme ESRS E1 se trouve au carrefour des principales régulations européennes en matière de durabilité, à savoir la SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) et la Taxonomie de l'UE (Taxonomie “verte”).

La SFDR oblige les acteurs du marché financier à communiquer sur la manière dont les risques de durabilité sont intégrés aux processus d'investissement. Les données de votre reporting extra-financier servent aussi la SFDR. Cela garantit la cohérence et la comparabilité des informations fournies par les entreprises et par les acteurs financiers.

La Taxonomie verte, quant à elle, fournit des critères scientifiques pour identifier les activités économiques considérées comme durables. Le reporting ESRS E1 s’aligne à cette classification.

L’objectif de ces réglementations est d’orienter les entreprises vers l'adaptation au changement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet serre en intégrant les enjeux climatiques à la stratégie d’entreprise.

Vous voulez être accompagné dans votre rapport CSRD ?

Chez WeCount, nous sommes des expert-es du bilan carbone et du reporting ESG. Depuis 2020, nous avons accompagné plus de 750 entreprises de secteurs variés (agroalimentaire, cosmétique, numérique, textile, sociétés de conseils, etc.).

Pour plus d’informations, contactez-nous !

Sources :

Déployer les ESRS : Un outil de pilotage au service de la transition

Platform Response to the Call for feedback on draft ESRS delegated act

A Compendium of Market Practices (Commission Européenne)

RÈGLEMENT DÉLÉGUÉ (UE) 2023/2772 DE LA COMMISSION du 31 juillet 2023

Article
ESRS E1 (CSRD) : tout comprendre en 8 min

Découvrez comment réussir votre reporting ESRS E1 en suivant un plan d'action structuré.

Constance Bassouls
Temps de lecture
0
17/8/26
Marine Fouquet
Gauthier LAFFONT
Charlotte SZYLIT

Vous avez des questions sur la transition écologique et ESG ?

Échangez avec nos experts