1.4 milliard de tonnes de gaz à effet de serre chaque année. C’est le bilan carbone du numérique aujourd'hui. Cela représente 3 à 5 % des émissions mondiales. Que comprend l’empreinte carbone du numérique ? Comment limiter les émissions de GES du secteur ? Réponses dans cet article.
La consommation numérique connaît une croissance exponentielle. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre du secteur augmentent de 6 % chaque année. En France, le numérique représente 2.5 % de notre empreinte carbone et son impact pourrait tripler entre 2020 et 2050.
L’impact du numérique est large : fabrication, consommation et utilisation des équipements, la filière entraîne des conséquences matérielles, environnementales et sociales souvent sous-estimées.
La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons diminuer ensemble les émissions de GES du secteur, mais aussi ses externalités négatives. En route pour un tour d’horizon de l’empreinte carbone du numérique et des actions de réduction.
Le numérique génère 4,4 % des émissions de gaz à effet de serre du pays. Ce nombre vous paraît négligeable ? Cela représente pourtant 29,5 millions de tonnes CO2 équivalent (Mt CO2éq) émises sur l'année 2022, soit un peu moins que les émissions totales du secteur des poids lourds. Et ce nombre est en hausse constante. Comprendre cet impact fait partie des 5 raisons de réaliser le bilan carbone de son entreprise pour anticiper les défis de demain.
Si rien n'est fait, l'empreinte carbone du numérique pourrait augmenter de 45 % d’ici 2030 et même tripler d'ici 2050.
Le secteur numérique englobe trois composants : les équipements utilisateurs (ou terminaux), les centres de données (aussi appelé data center) et les infrastructures réseaux.
Les émissions de GES du secteur se répartissent ainsi :
50 % proviennent des terminaux des utilisateurs ;
46 % des centres de données (data centers) ;
4 % viennent des réseaux (ADEME-Arcep, 2025).
L’empreinte carbone du numérique ne se résume donc pas seulement à l'utilisation d’internet. Derrière nos usages virtuels se trouvent des terminaux et des infrastructures matériels, de plus en plus délocalisées hors de nos frontières, qui génèrent elles aussi massivement des émissions.
Les trois composants du numérique : terminaux, réseaux et infrastructures à distance
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, nos équipements et leur durée de vie sont les premiers responsables de l’impact du numérique. La raison ? Le nombre d’appareils dépasse largement le nombre de centres de données. Ils sont aussi renouvelés plus fréquemment.
Creusons plus en détail l’impact de chacun des composants.
Les terminaux, premier facteur d’impact carbone
Nous l’avons vu plus haut, les terminaux sont la première cause des émissions de gaz à effet de serre du numérique (50 % de l'empreinte totale).
Historiquement, on considérait que la très grande majorité des émissions (près de 80 %) provenait de la fabrication de ces équipements. Cependant, avec la mise à jour des données de l'ADEME en janvier 2025, le constat a évolué : à l'échelle globale, la phase de fabrication représente désormais 60 % de l'empreinte carbone, tandis que la phase d'utilisation pèse pour 40 %.
Parmi ces équipements, les ordinateurs, les télévisions et les smartphones ont l’impact carbone le plus élevé.
À eux trois, ils représentent la quasi-totalité des émissions liées aux terminaux. D'ailleurs, l'ADEME souligne une évolution récente préoccupante : l'impact des téléviseurs est en forte hausse en raison de l'engouement pour les écrans OLED de grande taille, beaucoup plus lourds et impactants à fabriquer.
📝A noter : les terminaux incluent tous les appareils numériques, notamment les téléphones, ordinateurs, téléviseurs, objets connectés, consoles de jeux vidéo, appareils électroménagers, la domotique, etc. Surtout, sur le critère particulièrement critique de l'épuisement des ressources abiotiques (les métaux et minéraux), les terminaux pèsent à eux seuls pour plus de 90 % de l'impact total du numérique !
Cet impact est en partie dû à une durée de vie moyenne trop courte :
2.5 ans pour les smartphones ;
3 ans pour les tablettes ;
5 ans pour les ordinateurs portables.
Cependant, le manque de données complique l’évaluation exacte de l’impact de leur durée de vie.
Les data centers, source croissante d’émissions de gaz à effet de serre
Les data centers représentent 46 % (ADEME-Arcep, Janvier 2025) de l'empreinte carbone globale du numérique en France, talonnant de très près les équipements utilisateurs (50 %).
Comment expliquer un tel bond ? Près de 53 % de nos usages français sont en réalité hébergés hors de nos frontières. Or, ces data centers étrangers tournent souvent avec une électricité beaucoup plus carbonée (notamment aux États-Unis et en Chine) que le mix électrique français.
Résultat : la consommation électrique en phase d'usage pèse désormais extrêmement lourd dans le bilan.
Ce parc de centres de données croît parallèlement à l’augmentation frénétique des usages numériques et à l'arrivée de l'intelligence artificielle (IA). L’Agence Internationale de l'Énergie a ainsi estimé que la consommation énergétique des data centers dans le monde devrait doubler pour atteindre 1 000 TWh d'ici la fin de l'année 2026, soit l'équivalent de la consommation globale du Japon.
L'intelligence artificielle exige en effet des ressources colossales. Selon une analyse de Carbone 4, plus de 85 % des émissions carbone d'une IA générative proviennent de la consommation électrique des data centers. Face à cette complexité technique, il est crucial de choisir un outil de calcul de bilan carbone capable d'intégrer ces facteurs d'émissions spécifiques.
Cette consommation se répartit entre deux phases :
L'entraînement des modèles : un impact ponctuel mais très élevé.
L'utilisation (inférence) : un impact continu qui s’accentue avec le nombre d'utilisateurs. L'usage cumulé dépasse très rapidement l'impact de la création du modèle. Pour mesurer ces flux complexes, les entreprises s'appuient souvent sur des méthodologies comme le GHG Protocol. Il est d'ailleurs essentiel de bien comprendre les différences entre le GHG Protocol, le BEGES et le Bilan Carbone avant de lancer ses calculs.
De plus, les centres de données sont concernés par un effet rebond important. Si le numérique peut apporter de réels bénéfices, ceux-ci restent modestes. L'effet rebond se produit lorsqu'une économie (de temps, d'argent ou d'efficacité) obtenue grâce au numérique incite à consommer davantage, risquant d'annuler le gain initial.
Le déploiement de solutions numériques ne modifie pas les tendances environnementales des secteurs concernés et ne saurait se substituer à des efforts de décarbonation plus profonds. Cette nécessité de piloter l'innovation par la sobriété s'inscrit au cœur des tendances RSE en 2026, où l’IA devient un véritable enjeu de gouvernance pour concilier usages numériques et objectifs climatiques.
Infrastructures et réseaux, dernier maillon de l’impact carbone du secteur
Les infrastructures réseaux comprennent les réseaux fixes (incluant les box internet), les réseaux mobiles et le réseau dorsal situés sur le territoire national.
Leur part dans les émissions de gaz à effet de serre est la plus faible des trois composantes, s'établissant à 4 % de l'empreinte carbone globale du numérique. Contrairement aux idées reçues, la mise à jour des données de l'ADEME-Arcep en 2025 a révélé une légère baisse de la consommation électrique des réseaux en France.
Cette diminution s'explique notamment par la transition vers la fibre optique, qui est une technologie moins consommatrice.
Toutefois, ces gains d'efficacité énergétique risquent d'être mis à rude épreuve par la hausse continue des usages. Avec le développement des nouvelles technologies mobiles comme la 5G et les générations au-delà (6G et plus), les projections estiment que le trafic de données pourrait être multiplié par 6 d'ici 2030.
Ainsi, l’impact environnemental des réseaux restera un point de vigilance majeur à mesure que les flux augmentent.
Mais l’impact du numérique va au-delà des seules émissions de gaz à effet de serre.
Quels sont les impacts environnementaux et sociaux du numérique ?
La fabrication des équipements numériques nécessite l'approvisionnement en métaux, en terres rares et l'utilisation de produits chimiques.
L’extraction des matières premières et l’usage de ces produits entraînent la destruction de la végétation naturelle et des terres agricoles, la dégradation des sols et le rejet de substances hautement toxiques pour l’humain et l’environnement comme le mercure, l'arsenic ou le plomb.
De plus, l’extraction des terres rares produit des déchets radioactifs que nous ne savons pas traiter à l’heure actuelle.
📝A noter : les terres rares sont des métaux omniprésents sur la croûte terrestre. Le terme rare caractérise leur faible concentration qui nécessite un processus d’extraction, de traitement et de séparation polluants et coûteux en énergie.
Sur le plan social, les conditions de travail dans les mines sont souvent précaires. On estime d’ailleurs que 40 000 enfants travaillent encore dans des mines. Aussi, des conflits militaires éclatent dans les pays où les matériaux sont extraits car ils ont souvent un quasi monopole de la matière première.
À cela s'ajoute une consommation intensive d’eau. Les centres de données fonctionnent jour et nuit pour satisfaire les requêtes des utilisateurs. Au-dessus d’un certain seuil de température, il faut les refroidir pour éviter la surchauffe.
En 2022, Microsoft a consommé à lui seul 6,4 milliards de litres d’eau avec le déploiement de l’intelligence artificielle et de nouveaux centres de données. C’est 34 % d’eau en plus par rapport à 2021. La même année, les data centers de Google ont consommé environ 15 milliards de litres d’eau. Cette surconsommation interroge lorsqu’on sait que certains des serveurs sont implantés dans des régions en stress hydrique comme l’Amérique du Sud. Cette dynamique s'accélère avec l'IA : l'entraînement du modèle GPT-3 a consommé environ 700 000 litres d'eau, et l'empreinte hydrique des systèmes d'IA pourrait représenter entre 312 et près de 765 milliards de litres d'eau en 2025.
Cette surconsommation interroge lorsqu’on sait que certains serveurs sont implantés dans des régions en stress hydrique comme l’Amérique du Sud. De plus, l'extraction et le raffinage des métaux, ainsi que les usines de composants électroniques, nécessitent également d'immenses volumes d'eau et rejettent des déchets toxiques dans les cours d'eau. Au Chili, la pénurie d'eau et la pollution causée par les mines ont vidé des villages entiers.
Après la fabrication, l'assemblage est principalement réalisé en Asie, où les employés travaillent jusqu’à 12h par jour sous une pression constante. Lors de la crise du coronavirus en 2020, certaines usines ont imposé à leurs travailleurs de dormir sur place pour maintenir la cadence de production.
Enfin, les déchets électroniques constituent un défi environnemental. Seulement 17 % des déchets électroniques sont recyclés, tandis que 60 % terminent dans des décharges à ciel ouvert dans des pays en incapacité de traiter ces déchets comme le Ghana ou l’Inde. L'accumulation des métaux lourds dans le sol menace directement la santé des travailleurs et des habitants. Par exemple, une exposition au mercure sur le long terme peut provoquer des lésions cérébrales sévères.
Les impacts sociaux et environnementaux du numérique restent souvent invisibles pour les consommateurs, car ils se produisent à l'autre bout du monde et ne sont pas visibles à court terme.
Pour terminer, on estime que la production d’un ordinateur moyen implique :
1.5 tonnes d’eau ;
800 kg de matières premières ;
22 kg de produits chimiques ;
Main d'œuvre aux conditions de travail dangereuses ;
Une tonne par personne chaque année rien que pour nos usages numériques
💡Bon à savoir : WeCount vous permet en 4 mois seulement de mesurer vos émissions de gaz à effet de serre et de construire un plan d'action de réduction concret. Découvrez notre accompagnement sur le bilan carbone ou contactez-nous ! Et si vous souhaitez d'abord comprendre la démarche théorique, nous vous expliquons comment réaliser un bilan carbone en 7 étapes dans notre article dédié.
Maintenant que ces ordres de grandeur sont posés, analysons l’impact carbone d’un ordinateur portable.
Quelle est l’empreinte carbone d’un ordinateur ?
L'empreinte carbone d'un ordinateur portable se divise en trois phases : la fabrication, l'usage et la fin de vie.
Fabrication : des matières premières à l’assemblage
Le cycle de vie d’un ordinateur commence par l'extraction minière des matières premières.
Les ordinateurs contiennent plusieurs types de métaux :
des métaux communs comme le fer, l'aluminium et le cuivre ;
des métaux précieux comme l'or et le platine ;
Des terres rares.
Ces matériaux sont essentiels, mais leur extraction a un impact carbone élevé.
D’abord, les terres rares sont des métaux disséminés en très faible proportion sur l’ensemble de la croûte terrestre. Il faut en extraire une grande quantité de minerais puis les traiter chimiquement pour séparer les terres rares et les récupérer. Ces procédés sont très énergivores et génèrent beaucoup d’émissions de gaz à effet de serre.
Ensuite, la raréfaction des ressources entraîne une augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
Plusieurs matières premières sont considérées comme critiques. C’est le cas du cuivre, du silicium, du lithium ou du cobalt.
Prenons l'exemple du cuivre. Il y a 100 ans, nous devions extraire 50 kg de roche pour obtenir 1 kg de cuivre. Aujourd’hui, nous avons besoin de 150 kg de roche pour 1 kg de cuivre dans les mines les plus rentables.
Le “rendement matière” de l’extraction se dégrade : il faut mobiliser davantage de ressources pour produire la même quantité de métal. Cette logique est comparable à celle du taux de retour énergétique dans le secteur de l’énergie : plus une ressource est difficile à exploiter, plus son extraction nécessite d’énergie.
En conséquence, nous devons fournir plus d’énergie; donc émettre plus de gaz à effet de serre qu’il y a 100 ans pour extraire la même quantité de cuivre.
📝A noter : le même phénomène se produit avec le pétrole et le charbon. Nous avons épuisé les gisements les plus faciles à atteindre.
Paradoxalement, plus la taille du matériel diminue, plus le ratio matières premières - produit final est élevé :
1 kilogramme d’ordi = 400 kg de matières
1 kilogramme de smartphone = 1 000 kg de matières
1 kg de puces électroniques = 16 000 kg de matières
📝A noter : on retrouve jusqu’à 50 métaux différents rien que dans un seul smartphone. On peut estimer qu’un ordinateur nécessite le même nombre de métaux puisque les processeurs, les écrans ou encore les circuits d’alimentations sont similaires. Imaginons la quantité de métaux nécessaire pour assurer la production mondiale !
Ainsi, la plupart des analyses de cycle de vie des ordinateurs (ACV) montrent que les étapes d’extraction des matières premières et de transformation des minerais en composants électroniques sont les plus émettrices de gaz à effet de serre.
La cause ? Un épuisement des ressources abiotiques qui induit une plus grande consommation énergétique, des procédés industriels chimiques et énergivores et donc des émissions de GES très élevées. Par exemple, la gravure des semi-conducteurs (parmi d'autres procédés) relâche du NF3, un puissant gaz à effet de serre inclus dans le protocole de Kyoto.
Enfin, la chaîne de valeur éclatée des appareils électroniques entraîne des émissions liées au transport :
L’extraction a souvent lieu en Afrique, en Amérique du Sud ou en Australie.
La fabrication se déroule en Asie, en Europe ou aux Etats-Unis.
Le téléphone est assemblé en Asie du Sud-Est.
Puis, la distribution s’effectue généralement par avion.
📝A noter : en comparaison avec l’ensemble des émissions de la chaîne de valeur, le transport par avion représente environ 1 % des émissions totales. Cela signifie que la phase de fabrication est particulièrement émettrice de GES.
Phase d’usage
la phase d’usage du numérique contribue désormais à 40 % des émissions de GES du secteur (contre 21 % dans les anciennes estimations).. Elle comporte trois enjeux majoritaires :
La consommation d’énergie liée à l'usage des appareils, des box internet et du cloud,
La production de froid pour refroidir les data centers,
L’utilisation d’eau.
Aujourd’hui en France, l'utilisation représente 11 % de la consommation électrique nationale (plus de 14 % si l'on prend en compte l'électricité consommée par les data centers situés à l'étranger qui font tourner nos usages quotidiens). Ce chiffre pourrait atteindre 30 % d’ici 10 ans.
Fin de vie de l’ordinateur
L'obsolescence des appareils numériques empêche de rentabiliser l'impact environnemental de la fabrication. Les équipements sont de plus en plus difficiles à réparer à cause de composants miniaturisés et soudés, les mises à jour logicielles deviennent rapidement incompatibles. L’obsolescence programmée et les avancées technologiques incitent au renouvellement fréquent de son ordinateur donc à la surconsommation.
D’après Ecologic, 2,1 millions de tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) sont produits en France chaque année, dont seulement 43 % sont collectés par la filière recyclage.
📝A noter : à titre d’exemple, seuls 20 % des matériaux (or, platine, aluminium, etc.) d’un smartphone sont récupérés lors du recyclage. Les autres métaux et terres rares sont aujourd’hui difficile à recycler.
Enfin, il est important de différencier fin d'usage et fin de vie d'un équipement. Lorsqu’on arrête d’utiliser un équipement, on parle de fin d’usage. Mais l’appareil peut souvent être réparé ou reconditionné, ce qui permet de retarder sa fin de vie et de réduire son impact carbone. Lorsque l’équipement devient inexploitable, alors on parle de fin de vie.
Selon l’ADEME, la fabrication d’un ordinateur portable émet environ 156 kg CO2e (source : ADEME, Base Empreinte, 2023).
Cette phase représente la majorité de l’impact sur l’ensemble du cycle de vie. En intégrant la phase d’usage, l’empreinte carbone totale d’un ordinateur portable se situe autour de 180 à 200 kg CO2e.
Rapporté à sa durée de vie :
conservé 5 ans, cela représente environ 35 à 40 kg CO2e par an ;
conservé 8 ans, cet impact descend à environ 20 à 25 kg CO2e par an.
Allonger la durée de vie d’un équipement permet donc de réduire significativement son impact carbone annualisé.
En définitive, l’empreinte carbone d’un ordinateur ne se résume pas seulement à l’usage, mais aussi - et surtout - à la fabrication. La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons mettre en place des actions pour minimiser l’impact carbone des équipements numériques. Pour une organisation, la première étape consiste souvent à quantifier son impact global en réalisant un BEGES (Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre).
Comment réduire l'empreinte carbone du numérique ?
Malgré ce constat, faut-il renoncer à l’usage numérique ? La réponse est non. Il s’agit de repenser notre utilisation et de rationaliser la conception des terminaux.
Selon qu’on soit utilisateur ou fabricant, nous pouvons instaurer des bonnes pratiques d’usage et de fabrication afin de minimiser les émissions de gaz à effet de serre du numérique. Voici comment.
Réduire les émissions de l’usage du numérique des utilisateurs
Côté utilisateur, nous pouvons réduire les émissions de gaz à effet de serre du numérique en allongeant la durée de vie de nos équipements et en sensibilisant à l’impact du numérique en entreprise. En entreprise, cette démarche de sensibilisation s'appuie sur une méthode Bilan Carbone rigoureuse pour identifier les postes numériques les plus émetteurs.
Mais avant même de penser durée de vie, interrogeons nous sur notre besoin et notre consommation.
Quel est mon besoin réel ? Ai-je besoin de filmer au quotidien des vidéos en très haute qualité ou d’une capacité de traitement de l’image avancée ? Ai-je besoin d’une tablette puissante parce que c’est mon outil de travail ? Pour les entreprises, quelle est l’utilisation numérique réelle de mes collaborateurs ?
Si je veux remplacer mon équipement pour un appareil plus high tech, est-ce que je vais me servir de ces nouvelles fonctionnalités ? Pour les professionnels, vais-je vraiment exploiter le potentiel technologique ?
En ce qui concerne l’usage de l’intelligence artificielle, est-ce pertinent de recourir à l'IA pour la moindre questions ?
Si mon appareil reste fonctionnel, est-ce que je peux trouver une solution alternative au remplacement (par exemple la réparation ou le reconditionnement) ?
Le biais de nouveauté est la tendance à toujours privilégier la nouveauté au détriment de l’ancien. Cette attirance pour le neuf peut nous pousser à remplacer nos appareils même lorsqu'ils sont toujours fonctionnels. Ainsi, questionner son besoin permet de rationaliser sa consommation et d’éviter ce biais cognitif.
Si la réponse à ces questions nécessitent un renouvellement d’équipement numérique, voici quelques bonnes pratiques à mettre en place :
Allonger la durée de vie des équipements en les renouvelant uniquement lorsqu'ils ne fonctionnent plus ;
Opter pour des terminaux reconditionnés ou recyclés plutôt que neufs ;
Réparer et protéger ses appareils grâce à des contrats de maintenance, des systèmes d'exploitation libres, des coques de protection, des mallettes de transport, des antivirus et des mesures de protection des données pour prolonger la durée de vie des équipements.
En fin d’usage, envoyer les appareils en filières de reconditionnement ou de recyclage pour assurer une fin de vie responsable.
En entreprise, vous pouvez aussi sensibiliser et former vos collaborateurs avec des ateliers comme la Fresque du Numérique ou des formations proposées par l'INR (Institut du Numérique Responsable) ou l’Inria pour comprendre et réduire votre impact numérique. Pour aller plus loin, internaliser les compétences grâce à une formation au bilan carbone permet de piloter sa stratégie climat en autonomie, tout en profitant souvent de subventions pour le bilan carbone dédiées.
Réduire les émissions de fabrication des équipements numériques
Côté fabricant, vous pouvez réduire l’impact carbone de la fabrication en instaurant des pratiques d'éco-conception et de réparabilité.
Éco-concevoir les produits numériques
L’éco-conception va de pair avec la rationalisation du besoin utilisateur et la sobriété. Cela signifie privilégier les fonctionnalités essentielles et une production raisonnée pour réduire la quantité de ressources nécessaires et diminuer l’impact carbone.
Ensuite, pour optimiser les performances environnementales de vos produits numériques, voici ce que vous pouvez faire :
Adapter les fonctionnalités aux besoins des utilisateurs ;
Optimiser la gestion des flux de données et des flux vidéos par une adaptation systématique aux terminaux ;
Améliorer l'efficacité énergétique de vos équipements numériques ;
Mettre en avant l'indice de réparabilité et assurer la traçabilité des matériaux ;
Proposer de passer automatiquement en réseau WiFi quand c'est possible pour optimiser l’énergie consommée ;
Encourager la filière recyclage en proposant la réparabilité ou le recyclage systématique des appareils numériques.
Selon l’étude de l’Arcep, instaurer un principe d’éco-conception généralisé permettrait déjà de diminuer la consommation de ressources de 15 % et de stabiliser l’empreinte carbone du numérique à +5 %.
Améliorer la traçabilité des équipements numériques
Enfin, la traçabilité des équipements permet d’encourager une consommation responsable en aidant les consommateurs à mieux comprendre les impacts environnementaux des produits qu'ils achètent.
En tant que fabricant, vous pouvez notamment :
Améliorer les informations disponibles pour les consommateurs, afficher les impacts environnementaux des produits, assurer une transparence totale de la chaîne de production... Pour piloter ces données complexes, notre plateforme carbone vous permet de centraliser vos indicateurs et de suivre vos trajectoires de réduction. Demandez une démo !
Adopter des labels environnementaux comme TCO Certified ou Blue Angel pour tendre vers une production respectueuse de l'environnement et des droits humains.
Ainsi, en agissant ensemble, fabricants et utilisateurs, nous pouvons diminuer durablement l'empreinte carbone du secteur ! Pour structurer votre stratégie climat, piloter votre trajectoire carbone et atteindre vos objectifs de réduction, découvrez notre programme d'accompagnement !
Vous êtes un acteur de la filière numérique ? Découvrez plus de solutions et de conseils pour vous décarboner dans Guide de décarbonation du numérique.
Co-construit par WeCount et 9 entreprises du numérique, ce guide est pensé comme une feuille de route qui répertorie les leviers de décarbonation spécifiques au secteur du numérique. Il vous donne les clés pour définir votre stratégie climat et passer de l'ambition à l'action dès maintenant.
Et quelles sont les bonnes pratiques pour réaliser son bilan quand on est une entreprise du numérique ?
Aujourd'hui, le numérique est responsable de 4% des émissions de gaz à effet de serre mondiales et avec une croissance de 6% par an, son impact va en grandissant (The Shift Project, mai 2023).Face à des enjeux environnementaux et sociaux certains, les entreprises du numérique doivent évoluer.
Vous trouverez les réponses à ces questions lors de ce webinaire où interviendront : Xavier Verne, Directeur Numérique Responsable de la SNCF et membre du Shift Project ; Magali Regnault, Directrice RSE de Devoteam ; Timothée Saumet, Chief Impact Officer d'Efalia et Lucas Saint-Jean, expert carbone et numérique chez WeCount.
Au programme de ce webinaire :
Enjeux de décarbonation du numérique avec Xavier Verne du Shift Project
Retour d'expérience de Devoteam sur la réalisation d'un bilan carbone à l'échelle internationale
Témoignage d'Efalia sur les bonnes pratiques pour mesurer et réduire son empreinte carbone liée au numérique
Présentation du Guide de décarbonation des entreprises du numérique réalisé par WeCount
En partenariat avec des pionniers du numérique, WeCount vous présente le guide ultime pour décarboner votre entreprise numérique. Conçu à partir de l'expérience de neuf entreprises françaises, ce manuel est votre feuille de route pour réduire votre empreinte carbone digitale.
Pourquoi ce guide ?
Face à l'impact significatif du numérique sur les émissions de GES, il est vital d'agir. Notre guide vous fournit des méthodologies spécifiques et des actions pratiques pour chaque secteur d'activité numérique, du cloud computing à l'utilisation des équipements informatiques.
Et pour cause, un jean, un smartphone, une bouteille de shampoing : chaque produit génère des émissions de gaz à effet de serre et vient impacter le bilan carbone de chaque individu. Les entreprises qui prennent les devant et jouent la carte de la transparence ont aujourd’hui un avantage de taille.
L'empreinte carbone produit est devenue un outil stratégique pour les entreprises qui souhaitent éco-concevoir leurs produits, répondre aux exigences réglementaires et se différencier sur leur marché.
Dans cet article, on vous explique ce qu'est l'empreinte carbone d'un produit, comment la calculer, comment la réduire concrètement, et comment l'intégrer dans votre stratégie climat globale.
L'empreinte carbone produit en résumé :
Une approche 360 : L'empreinte carbone produit mesure les émissions de GES sur l'ensemble du cycle de vie d’un produit (matières premières, fabrication, transport, utilisation, fin de vie). Le bilan carbone entreprise lui se concentre sur la mesure des émissions générées par une entreprise sur une année.
Focus climat vs vision multicritère : L'empreinte carbone produit se concentre uniquement sur les émissions de CO₂e, tandis qu'une ACV complète évalue également d’autres impacts environnementaux (eau, biodiversité, ressources, toxicité, acidification…).
Un levier stratégique pour les entreprises : Mesurer l'empreinte carbone de ses produits n’est pour le moment pas obligatoire en Europe. En revanche, les choses commencent à bouger. Les entreprises opérant dans le textile en France sont d'ores et déjà concernées par le décret n°2025-957 du 6 septembre 2025 encadrant l'affichage volontaire du coût environnemental. Par ailleurs, les entreprises qui communiquent sur leurs engagements environnementaux devront se conformer à la directive Empowering Consumers for the Green Transition (ECGT) dès septembre 2026.
Une méthodologie rigoureuse encadrée par des normes : Le calcul repose sur des normes internationales (ISO 14067, GHG Protocol Product Standard) et nécessite de définir une unité fonctionnelle, cartographier le cycle de vie, collecter des données précises et appliquer des facteurs d'émission adaptés.
Des actions concrètes pour réduire l'impact : Éco-conception, choix des matières premières, optimisation de la fabrication, réduction des transports, allongement de la durée de vie, amélioration de la recyclabilité... Les leviers sont nombreux et doivent être priorisés selon leur impact réel.
Qu'est-ce que l'empreinte carbone d'un produit ?
Définition simple
L'empreinte carbone d'un produit (aussi appelée Analyse de Cycle de Vie carbone ou Product Carbon Footprint en anglais) mesure la quantité totale de gaz à effet de serre émise sur l'ensemble du cycle de vie d'un produit ou d'un service, exprimée en kilogrammes de CO₂ équivalent (kgCO₂e ou tCO₂e).
Concrètement, cela signifie qu'on comptabilise toutes les émissions générées depuis l'extraction des matières premières jusqu'à la fin de vie du produit, en passant par sa fabrication, son transport, son utilisation et son recyclage ou sa destruction.
L'analyse du cycle de vie, de l'extraction des matières premières à la gestion de sa fin de vie, source wecount.io
☝️ Exemple : Pour une bouteille de shampoing, on ne regarde pas seulement le produit en lui-même, mais aussi son utilisation : un lavage de cheveux. Cela inclut donc les matières premières (ingrédients, plastique de la bouteille), la fabrication du shampoing, l'emballage et l'étiquetage, le transport jusqu'au point de vente, la distribution du point de vente jusqu’à chez la personne, l'utilisation (eau chaude pour se laver les cheveux), la fin de vie (recyclage de la bouteille, traitement de l'eau usée).
Différence entre empreinte carbone produit et empreinte carbone entreprise
Avant d’aller plus loin, il est essentiel de bien distinguer ces deux approches, car elles ne mesurent pas la même chose :
Critère
Empreinte carbone entreprise (Bilan Carbone®)
Empreinte carbone produit (ACV carbone)
Périmètre
Une organisation (entreprise, collectivité)
Un produit ou service spécifique
Temporalité
Une année donnée (ex : 2024)
Tout le cycle de vie du produit (sans limite temporelle)
Objectif
Mesurer l'impact global de l'organisation
Mesurer l'impact d'un produit spécifique
Scopes
Scopes 1, 2, 3 de l'organisation
Toutes les étapes du cycle de vie du produit
Différence entre empreinte carbone produit et ACV
Quelques éléments pour vous permettre de distinguer les deux :
Une Analyse du Cycle de Vie (ACV) est une méthodologie normée (ISO 14040 et 14044) qui évalue les impacts environnementaux d'un produit ou service sur l'ensemble de son cycle de vie. Elle est multicritère et ne se limite pas au climat, mais mesure plusieurs impacts environnementaux (épuisement des ressources, consommation d'eau, acidification, eutrophisation, toxicité, occupation des sols, appauvrissement de la couche d'ozone, etc.).
L'empreinte carbone produit (aussi appelée ACV carbone ou Product Carbon Footprint en anglais) est une ACV simplifiée qui se concentre sur un seul indicateur : les émissions de gaz à effet de serre (exprimées en CO₂e). Elle suit la même logique que l'ACV (approche cycle de vie complet), mais ne regarde que l'impact climatique.
✨Notre conseil : Si votre priorité est de mesurer et réduire votre impact climat, l'empreinte carbone produit suffit. Si vous souhaitez une vision globale de tous les impacts environnementaux, optez pour une ACV complète.
Les principales normes et méthodologies
Le calcul de l'empreinte carbone produit est encadré par plusieurs normes et référentiels internationaux :
ISO 14067 : Norme internationale spécifique à l'empreinte carbone des produits (quantification et communication) ;
ISO 14040 et 14044 : Normes de référence pour l'Analyse de Cycle de Vie (ACV), qui servent de base méthodologique ;
GHG Protocol Product Standard : Référentiel international développé par le World Resources Institute (WRI) et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD) ;
Bilan Carbone® Produit : Méthodologie française développée par l'ADEME et l'Association Bilan Carbone (ABC).
📝 À noter : L'ACV et l'empreinte carbone produit sont des méthodes très encadrées par des normes ISO et requièrent une grande rigueur, contrairement à des estimations rapides ou approximatives.
Pourquoi est-il intéressant de mesurer l'empreinte carbone de ses produits ?
Répondre aux exigences réglementaires
Plusieurs réglementations françaises et européennes imposent ou incitent à mesurer l'empreinte carbone des produits :
À l’échelle européenne
En mars 2023, la Commission Européenne présentait la directive Green Claims. Celle-ci était adoptée par le Parlement européen en mars 2024 et avait pour objectif d’encadrer les allégations environnementales en s'appuyant sur la méthodologie PEF. Entretemps, il y a eu un retour en arrière puisque cette initiative a été retirée en juin 2025.
Il reste à ce jour la directive ECGT (Empowering Consumers for the Green Transition), adoptée en mars 2024, et dont l’entrée en application dans les États membres est prévue pour septembre 2026. Cette dernière interdit entre autres les allégations génériques (« écologique », « vert ») et les labels « neutre en carbone » basés sur des compensations plutôt que sur des réductions réelles.
Zoom sur la France
La loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire, 2020) et la loi Climat et Résilience (2021) imposent progressivement aux entreprises de certaines filières (textile, agroalimentaire, hôtellerie) d'afficher l'impact environnemental de leurs produits.
En pratique, cela se traduit par un score, une étiquette ou un pictogramme apposé sur le produit ou sa fiche en ligne, informant le consommateur de l'impact carbone et environnemental du produit tout au long de son cycle de vie.
En France, il existe également le décret n° 2025-957 du 6 septembre 2025 qui encadre les modalités de calcul et de communication du coût environnemental des produits textiles. Ce n’est pas une obligation mais les entreprises peuvent choisir d’afficher le score de leurs produits sur leurs sites internet et/ou en magasin. Decathlon a par exemple choisi d’aller en ce sens, comme on peut le voir par exemple sur la fiche produit de ces chaussures de basketball.
Identifier les vrais leviers de réduction
Mesurer l'empreinte carbone de vos produits permet d'identifier précisément les étapes du cycle de vie les plus émettrices et de prioriser les actions de réduction les plus efficaces.
Quelles émissions sont prises en compte pour une analyse d'empreinte carbone produit ?
Les gaz à effet de serre couverts
L'empreinte carbone produit mesure l'ensemble des gaz à effet de serre (GES) émis, pas seulement le CO₂. Ces gaz sont convertis en CO₂ équivalent (CO₂e) selon leur pouvoir de réchauffement global (PRG).
Les principaux GES pris en compte sont :
CO₂ (dioxyde de carbone) : combustion d'énergies fossiles, déforestation
Gaz fluorés (HFC, PFC, SF₆) : réfrigération, climatisation, industrie électronique
📝 A noter : Le méthane est émis principalement par l’agriculture et la production des hydrocarbures. Selon le 6e rapport du GIEC, son pouvoir de réchauffement par contre serait entre 26 et 34 fois supérieur à celui du CO2 sur 100 ans.
Quel est le lien entre empreinte carbone produit et stratégie climat d'entreprise ?
Les deux approches sont complémentaires et s'inscrivent dans une stratégie climat globale.
Lien entre empreinte carbone produit et trajectoire de décarbonation
L'empreinte carbone produit est un outil clé pour définir et piloter votre trajectoire de décarbonation :
Fixer des objectifs produit par produit : Réduire de X% l'empreinte carbone de chaque produit d'ici 2030 ;
Piloter les actions d'éco-conception : Suivre l'évolution de l'empreinte carbone au fil des itérations de design ;
Mesurer les progrès : Recalculer l'empreinte carbone après chaque amélioration pour vérifier l'impact réel.
Lien entre empreinte carbone produit et neutralité carbone et SBTi
Le Science Based Targets initiative (SBTi) est un référentiel international pour valider que votre trajectoire de réduction est alignée avec l'Accord de Paris. L'empreinte carbone produit peut nourrir votre démarche SBTi en vous permettant de :
Quantifier les émissions scope 3 aval (utilisation et fin de vie de vos produits vendus) ;
Identifier les leviers de réduction produit par produit ;
Fixer des objectifs de décarbonation par gamme de produits.
📝 À noter : La SBTi impose de réduire vos émissions, pas de les compenser. L'empreinte carbone produit permet d'identifier où et comment réduire efficacement. La première étape pour une entreprise qui vise l’objectif Net Zero et souhaite contribuer à la neutralité carbone est de réduire ses propres émissions avant de réduire les émissions de sa chaîne de valeur ou de financer des projets de séquestration. Pour creuser le sujet, consultez notre article Science Based Targets Initiative (SBTi) : 5 étapes pour fixer sa trajectoire.
Comment calculer l'empreinte carbone d'un produit ?
Le calcul de l'empreinte carbone d'un produit suit une méthodologie rigoureuse en 5 étapes clés.
Étape 1 : Définir le périmètre et l'unité fonctionnelle
Avant de commencer, il faut définir précisément ce que l’on mesure.
L'unité fonctionnelle
L'unité fonctionnelle définit la fonction et la performance que le produit remplit. On ne mesure pas l'empreinte d'un objet en soi, mais celle de l'usage qu'on en fait. Cette unité fonctionnelle, cela va être ce à quoi le résultat est rapporté.
Exemples d'unités fonctionnelles :
Ampoule : "Fournir entre 500 et 900 lumens pendant 1000 heures" ;
Sac de courses : "Emballer 9000 litres de produits par an" ;
Voiture : "Transporter 5 personnes sur 200 000 km" ;
Shampoing : "Permettre 20 lavages de cheveux".
Le périmètre
Il faut également définir :
Quelles étapes du cycle de vie sont incluses (extraction, fabrication, transport, usage, fin de vie) ;
La zone géographique (produit vendu en France, en Europe, à l'international) ;
Les hypothèses d'utilisation (durée de vie, fréquence d'usage, conditions d'utilisation).
Étape 2 : Cartographier le cycle de vie
Une fois l'unité fonctionnelle définie, il faut cartographier toutes les étapes du cycle de vie du produit et identifier les flux entrants et sortants à chaque étape.
Fabrication : Mélange des ingrédients, mise en bouteille, étiquetage, énergie de l'usine ;
Emballage : Carton, film plastique, palette ;
Transport amont : Transport des matières premières vers l'usine ;
Transport aval : Transport du produit fini vers les points de vente ;
Distribution : transport du produit depuis les points de vente jusque chez les habitants ;
Utilisation : Eau chaude pour se laver les cheveux ;
Fin de vie : Recyclage de la bouteille, traitement de l'eau usée.
Étape 3 : Collecter les données d'inventaire
C'est l'étape la plus chronophage : il faut collecter chaque donnée d'activité vis-à-vis de l’unité fonctionnelle et pour chaque étape du cycle de vie.
Types de données à collecter :
Quantités de matières premières (kg, litres, unités) ;
Consommation d'énergie (kWh de gaz, électricité, fioul) ;
Distances et modes de transport (km en camion, train, bateau, avion) ;
Consommation d'eau (litres) ;
Déchets générés (kg de déchets, taux de recyclage).
Étape 4 : Appliquer les facteurs d'émission
Une fois les données collectées, il faut les convertir en émissions de CO₂e en appliquant des facteurs d'émission.
💡Bon à savoir : Sur la plateforme de comptabilité carbone WeCount, nous avons rassemblé 115K facteurs d’émission parmi 15 bases de données de référence (Base Empreinte, ecoinvent, Inies, Agribalyse, Defra, Ecobalyse, etc). L’idée est de vous faciliter la vie en centralisant un maximum de données. Pour en savoir plus, demandez une démo !
Plateforme de comptabilité carbone WeCount
Étape 5 : Analyser les résultats et identifier les leviers
Une fois tous les calculs réalisés, il faut analyser les résultats pour identifier les étapes les plus émettrices (on parle de points chauds carbone) et prioriser les actions de réduction.
Questions à se poser :
Quelles étapes du cycle de vie pèsent le plus dans l'empreinte totale ?
Quels sont les postes sur lesquels j'ai le plus de marge de manœuvre ?
Quelles actions de réduction auront le plus d'impact ?
Emissions GES produits selon le cycle de vie
Peut-on communiquer sur l'empreinte carbone d'un produit ?
Oui, communiquer sur l'empreinte carbone d'un produit est possible, voire encouragé, à condition de respecter certaines règles de transparence et de sincérité pour éviter le greenwashing.
Bonnes pratiques de communication environnementale
Être précis et transparent : Indiquez clairement le périmètre de l'empreinte carbone (tout le cycle de vie ou seulement certaines étapes), l'unité fonctionnelle, et la méthodologie utilisée ;
Afficher les chiffres : Communiquez l'empreinte carbone en kgCO₂e de manière claire et compréhensible. Évitez les formulations vagues comme "produit vert" ou "éco-responsable" sans données chiffrées ;
Comparer de manière honnête : Si vous comparez votre produit à un concurrent ou à une version antérieure, assurez-vous que la comparaison est juste et méthodologiquement cohérente (même périmètre, même unité fonctionnelle) ;
Reconnaître les limites : Soyez honnête sur les incertitudes, les hypothèses et les limites de votre calcul. Aucune empreinte carbone n'est parfaite, et reconnaître cela renforce la crédibilité ;
Accompagner d'actions concrètes : Ne communiquez pas uniquement sur le chiffre, mais aussi sur les actions de réduction que vous avez mises en place et vos engagements futurs.
Éviter le greenwashing et le greenhushing
Le greenwashing c'est le fait de communiquer de manière trompeuse ou exagérée sur les qualités environnementales d'un produit. Par exemple, n’affichez jamais "produit neutre en carbone". Pour mieux comprendre la raison, consultez notre article “Neutralité carbone : ce que cela signifie vraiment pour les entreprises.”
Le greenhushing, c'est le fait de ne pas communiquer sur ses efforts environnementaux par peur d'être accusé de greenwashing.
Quels outils utiliser pour réaliser une empreinte carbone produit ?
Pour réaliser une empreinte carbone produit, plusieurs options s'offrent à vous :
Tableur Excel (manuel) : Gratuit et flexible, le tableur Excel convient aux produits simples et permet de se familiariser avec la méthodologie. Cependant, il est chronophage, peut comporter des risques d'erreurs de calcul et manque de traçabilité automatique. Il peut être adapté pour un premier calcul exploratoire sur un produit simple.
Logiciels d'ACV spécialisés : Ils permettent d’avoir des calculs automatisés rigoureux avec bases de données intégrées (Ecoinvent) et conformité aux normes ISO. Ces outils offrent des analyses multicritères complètes, mais sont parfois coûteux (licences annuelles) et nécessitent une expertise ACV avec une courbe d'apprentissage élevée. Cela peut être adapté pour desACV complètes multicritères, certifications environnementales ou équipe dédiée.
Logiciel de comptabilité carbone : Cette option permet de collecter facilement les données, de garantir une robustesse méthodologique, d’avancer sereinement avec un outil facile à prendre en main mais aussi et surtout de piloter efficacement le passage à l’action (définir une trajectoire, quantifier les actions et simuler des scénarios, etc.).
Chez WeCount, notre plateforme de comptabilité carbone a été spécialement conçue pour les PME : intuitive, guidée, et accessible sans expertise préalable. Vous êtes accompagné à chaque étape, de la collecte à la publication de votre bilan. Envie d'une démo ? Contactez notre équipe.
Plateformes simplifiées et accessibles : Bilan Produit® (ADEME) et Ecobalyse (textile) sont des outils gratuits ou accessibles avec interface simplifiée et bases de données intégrées. Moins personnalisables et limités à certains secteurs, ils peuvent convenir aux calculs simplifiés et estimations rapides.
Comment WeCount accompagne les entreprises dans leur démarche d'analyse d'empreinte carbone produit ?
Analyser l’empreinte carbone d’un produit demande de mobiliser de nombreuses données (achats, transport, fabrication, usage…), souvent réparties entre plusieurs équipes. Sans outil structurant, la démarche peut vite devenir chronophage et difficile à piloter.
WeCount propose une approche combinant plateforme digitale et accompagnement méthodologique pour faciliter la réalisation d’une empreinte carbone produit.
Centraliser et réutiliser les données existantes : La plateforme de comptabilité carbone permet de s’appuyer sur les données déjà collectées dans le cadre du bilan carbone de l’entreprise. Les émissions peuvent être réorganisées à l’échelle d’un produit et réparties selon les étapes de son cycle de vie, ce qui évite de repartir de zéro.
Structurer l’analyse étape par étape : Un accompagnement est proposé pour définir le périmètre, l’unité fonctionnelle et les données prioritaires à collecter. L’objectif est d’identifier rapidement les principales sources d’émissions et de prioriser les actions de réduction.
Orienter les choix d’éco-conception : Les résultats obtenus permettent de comparer différents scénarios (choix de matières, modes de transport, emballage, durée de vie…) et d’éclairer les décisions de conception ou d’amélioration produit.
Gagner en autonomie dans le pilotage : Au fil des analyses, les équipes internes peuvent actualiser les calculs dans la plateforme, suivre l’évolution de l’empreinte carbone des produits et intégrer ces éléments dans leur stratégie climat.
Dans certains secteurs, comme la santé, un accompagnement spécifique peut être proposé pour appliquer des méthodologies dédiées, notamment pour l’évaluation de l’empreinte carbone des médicaments (méthode fournie par la DGE, Direction Générale des Entreprises).
FAQ : Empreinte carbone produit
Qu'est-ce qu'une bonne empreinte carbone pour un produit ?
Il n'existe pas de seuil universel, car cela dépend du type de produit, de sa fonction et de son secteur. Une "bonne" empreinte carbone est relative : elle doit être inférieure à la moyenne du marché et s'inscrire dans une trajectoire de réduction continue. L'essentiel est de mesurer, comparer avec des produits similaires, et progresser année après année.
L'empreinte carbone produit est-elle obligatoire ?
Non, l'empreinte carbone produit n'est pas obligatoire pour la plupart des entreprises. En revanche, l'affichage environnemental est en cours de déploiement progressif pour certains secteurs (textile, agroalimentaire, hôtellerie). De plus, certains clients, distributeurs ou donneurs d'ordre peuvent exiger cette information dans le cadre de leurs propres engagements climat ou de leur reporting CSRD.
Peut-on comparer deux produits entre eux ?
Oui, à condition de comparer des produits remplissant la même fonction (même unité fonctionnelle) et mesurés avec la même méthodologie. Par exemple, comparer l'empreinte carbone d'un sac réutilisable et d'un sac jetable nécessite de définir la même unité fonctionnelle (ex : "emballer 9000 litres de produits par an") et le même périmètre (cycle de vie complet).
À quelle fréquence faut-il recalculer l'empreinte carbone d'un produit ?
Il est recommandé de recalculer l'empreinte carbone d'un produit tous les 2 à 3 ans, ou dès qu'une modification majeure intervient (changement de fournisseur, de matière première, de procédé de fabrication, de transport). Cela permet de suivre l'évolution de l'impact et de mesurer l'efficacité des actions de réduction mises en place.
Quelle différence entre étiquette carbone et empreinte carbone produit ?
L'empreinte carbone produit est le calcul complet des émissions de GES sur tout le cycle de vie du produit. L'étiquette carbone (ou affichage environnemental) est la communication de cette empreinte au consommateur, souvent sous forme de score, pictogramme ou étiquette apposée sur le produit. L'étiquette est donc la version simplifiée et grand public de l'empreinte carbone produit.
Contrairement à une approche centrée uniquement sur le carbone, l’ACV permet d’aller beaucoup plus loin en intégrant une vision multicritères : émissions de gaz à effet de serre, consommation d’eau, épuisement des ressources, impacts sur la biodiversité, toxicité ou encore acidification des milieux. Elle offre une lecture globale des impacts environnementaux, indispensable pour orienter les choix d’éco-conception et de stratégie produit.
Mais dans la pratique, l’ACV reste souvent perçue comme complexe pour les entreprises à mettre en œuvre (collecte de données très détaillées, choix méthodologiques exigeants...).
Dans cet article, notre objectif est de vous aider à démystifier l’ACV, à en comprendre les étapes clés et à vous guider concrètement dans sa mise en œuvre. Qu’est-ce qu’une ACV ? En quoi se distingue-t-elle d’un Bilan Carbone® ? Comment la réaliser concrètement ? Et surtout, comment l’intégrer efficacement dans votre stratégie climat et vos décisions opérationnelles.
A retenir
Une approche multicritère et normée : L'ACV évalue plus de 10 impacts environnementaux (épuisement des ressources, occupation des sols, changement climatique, acidification, eutrophisation, toxicité humaine…) selon les normes ISO 14040 et 14044, contrairement à l'empreinte carbone qui se limite aux émissions de gaz à effet de serre.
Du berceau à la tombe : L'ACV analyse tout le cycle de vie (matières premières, fabrication, transport, emballages, utilisation, fin de vie) pour identifier les vrais points chauds environnementaux et éviter les conclusions simplistes.
Un outil stratégique : Elle permet de répondre à un besoin tout en maîtrisant les impacts environnementaux associés, d’identifier les principales sources d’impacts tout au long du cycle de vie, de comparer des scénarios, d’optimiser le design produit, de répondre aux exigences réglementaires (affichage environnemental, écolabels) et de se différencier sur son marché.
Une méthodologie rigoureuse en 4 étapes qui comprend la définition des objectifs, l’inventaire du cycle de vie, l’évaluation de l’impact du cycle de vie, l’interprétation des résultats et la recherche d’amélioration.
Qu'est-ce que l'ACV (Analyse de Cycle de Vie) ?
Définition simple
L'Analyse de Cycle de Vie (ACV) est une méthode qui permet de comptabiliser tous les impacts environnementaux d’un produit ou d’un service pendant toute sa durée d'existence :
L’extraction des matières premières nécessaires à sa production ;
La production ;
L’emballage (fabrication des emballages primaires et secondaires) ;
Le transport amont et aval, la distribution (acheminement vers la production, les points de vente, distribution) ;
L’utilisation (consommation d'énergie, d'eau ou de ressources pendant l'usage) ;
La fin de vie (déchets, recyclage, incinération, enfouissement…).
Elle se base sur une approche dite “multicritère” puisque c’est un système d’indicateurs qui prend en compte tous les impacts environnementaux :
Empreinte carbone ;
Empreinte eau ;
Qualité des écosystèmes ;
Ressources naturelles ;
Santé humaine.
L’ACV, une approche communément appelée du “berceau à la tombe”, source wecount.io
C’est une méthode scientifique encadrée par la norme ISO 14040 qui définit les principes méthodologiques de l’ACV et la norme 14044 qui détaille les exigences techniques, les procédures et les méthodes de calcul.
ACV multicritère vs ACV carbone, Product Carbon Footprint (PCF)
Il existe plusieurs façons de réaliser une ACV selon le périmètre des impacts mesurés, mais également selon l'étendue du cycle de vie étudié et le niveau d'exigence méthodologique.
L'analyse peut tout d'abord varier dans son étendue physique : une ACV peut être "cradle-to-grave" (du berceau à la tombe) en couvrant l'ensemble du cycle de vie du produit, ou bien "cradle-to-gate" (du berceau à la porte de l'entreprise) en s'arrêtant à la fabrication sans inclure les étapes aval.
Ensuite, il existe des nuances en termes de rigueur : à côté de l'ACV complète conforme aux normes ISO 14040 et 14044 (qui exige de longs rapports et un panel d'experts), il existe l'ACV dite "simplifiée". Cette approche plus libre et pragmatique se concentre sur les éléments clés et s'adapte idéalement aux besoins internes des entreprises pour s'évaluer sans chercher à publier des arguments commerciaux comparatifs.
En ce qui concerne le périmètre des impacts mesurés, on retrouve :
ACV multicritère (ou ACV "classique") : Comme son nom l’indique, elle évalue plusieurs impacts environnementaux (climat CO₂e, consommation d'eau, qualité des écosystèmes, épuisement des ressources, santé humaine, acidification, eutrophisation, écotoxicité, etc).
C'est une méthode normée, exigeante, qui peut faire l'objet d'une revue critique ou d'un audit. C'est un travail long, minutieux et coûteux (généralement plus cher qu'un bilan carbone).
📝 À noter : bien que la méthode complète soit normée ISO, les entreprises peuvent aussi recourir à des ACV multicritères simplifiées (appellées notamment ACV screening) pour leurs diagnostics internes.
ACV carbone / empreinte carbone produit (ou Product Carbon Footprint) : Cette alternative suit la même logique de cycle de vie, mais se concentre uniquement sur le carbone (émissions de gaz à effet de serre). C'est beaucoup plus simple et moins coûteux qu'une ACV multicritère, tout en conservant l'approche cycle de vie complet. Cette démarche correspond d'ailleurs très souvent à un format d'ACV simplifiée. Pour en savoir plus sur l’empreinte carbone produit, retrouvez notre article dédié à ce sujet.
ACV carbone des médicaments : C’est un cas à part. L'ACV carbone des médicaments est basée sur une méthodologie française spécifique développée par la DGE (Direction Générale des Entreprises), adaptée aux particularités du secteur pharmaceutique. Envie de creuser le sujet ? Consultez notre article Comment évaluer l'empreinte carbone des médicaments ?.
💡 Bon à savoir : WeCount propose un accompagnement dédié, combinant expertise méthodologique et plateforme de comptabilité carbone. L’objectif : vous aider à structurer vos analyses, fiabiliser vos résultats et gagner du temps, tout en répondant aux exigences croissantes des clients et des donneurs d’ordre. Pour en savoir plus, contactez-nous !
ACV et bilan carbone : quelles différences ?
Le bilan carbone porte sur une organisation sur une année donnée, tandis que l'ACV (carbone ou multicritère) porte sur un produit spécifique sur tout son cycle de vie, sans limite temporelle annuelle.
Pourquoi réaliser une ACV (Analyse de Cycle de Vie) ?
Identifier les impacts environnementaux
L'ACV permet d'identifier précisément les étapes du cycle de vie les plus impactantes et de mieux comprendre son produit.
Plus concrètement, elle sert à :
Concilier la réponse à un besoin et la maîtrise des impacts environnementaux : L'ACV aide à trouver le bon équilibre entre performance du produit et réduction des impacts. L'objectif n'est pas de sacrifier la fonctionnalité, mais d'optimiser le design pour minimiser l'empreinte environnementale tout en répondant au besoin.
Quantifier pour éviter les idées reçues : L'ACV repose sur des données chiffrées ce qui permet une analyse pertinente et complète. Par exemple, un produit recyclable mais lourd et importé peut avoir un impact plus élevé qu’un produit non recyclable mais local, robuste et utilisé sur la durée.
Identifier les principales sources d'impacts environnementaux pour prioriser : L'ACV permet de hiérarchiser les postes d'impact et de concentrer les efforts là où ils auront le plus d'effet.
Éviter ou arbitrer les déplacements de pollutions liés aux alternatives envisagées : Lorsqu’une entreprise cherche à améliorer un produit, certaines solutions peuvent sembler pertinentes mais déplacer en réalité les impacts environnementaux. Par exemple, une alternative peut réduire l’impact lié aux matières premières, mais l’augmenter en fin de vie.
On parle alors de transfert d’impact : on réduit un impact à un endroit, mais on en aggrave un autre. L’ACV permet de comparer la situation initiale et l’alternative envisagée, ce qui implique de réaliser deux études pour orienter les décisions.
Répondre aux exigences réglementaires
L’une des raisons majeures de se lancer dans une ACV aujourd'hui est l'évolution du cadre légal. Réaliser une analyse est une démarche pour s'inscrire dans les nouveaux dispositifs de transparence environnementale.
Voici comment cela s’articule :
L'impulsion politique : les lois AGEC et Climat & Résilience
Ce sont elles qui ont initié la dynamique de transparence en France. Elles posent le principe d'informer le consommateur sur l'impact de ses achats.
Si ces lois visaient un déploiement rapide, la réalité technique impose un calendrier plus progressif.
Par exemple, si le secteur du textile possède sa méthodologie depuis avril 2024, celle de l'alimentaire n'est pas encore définitivement validée et son calendrier précis reste à confirmer. Les secteurs de l'ameublement et des cosmétiques suivront ensuite.
Le dispositif visible : l'affichage environnemental
C'est la traduction concrète de ces lois pour le grand public. Ce dispositif prend la forme d'un indice de coût environnemental (ou "éco-score"), affiché en magasin ou en ligne.
Le but est d'aider le consommateur à faire un choix d'achat éclairé en privilégiant les biens les moins impactants, tout en encourageant les marques à éco-concevoir leurs produits.
La méthode scientifique : l'ACV multicritère.
Pour obtenir ce fameux score environnemental, il faut une méthode de calcul robuste : c'est l'ACV qui a été retenue.
Cette ACV s'appuie sur des référentiels adaptés aux enjeux spécifiques de chaque secteur (par exemple, en intégrant l'indicateur des microplastiques pour un vêtement) et se nourrit des bases de données publiques de l'ADEME, comme Agribalyse.
L'harmonisation européenne : le PEF (Product Environmental Footprint).
Pendant que la France déploie son propre affichage, l'Europe avance également. La Commission européenne recommande la méthode PEF, une approche multicritère qui analyse 16 indicateurs d'impacts précis.
L'objectif est de créer, à terme, un cadre méthodologique commun pour garantir la comparabilité des évaluations environnementales à l'échelle européenne.
L'exigence ultime : les normes ISO 14040 / 14044.
Si votre entreprise souhaite aller plus loin que le cadre de l'affichage environnemental et communiquer publiquement sur le fait que son produit est meilleur que celui d'un concurrent, les règles changent. Il vous faudra alors réaliser une ACV complète, conforme aux normes ISO.
Cet exercice exige un niveau de détail très fin, la rédaction d'un long rapport et une revue critique par un expert indépendant pour garantir une transparence et une rigueur scientifique totales.
Si vous souhaitez utiliser une ACV comparative pour affirmer publiquement que votre produit est meilleur que celui d'un concurrent : la revue critique devra alors être réalisée par un panel composé d'au moins 3 experts.
Éco-concevoir et optimiser ses produits
L'ACV est un outil clé de l'éco-conception, car elle permet de :
Comparer des scénarios : Tester différentes options de conception (matières alternatives, changement de procédé, sourcing local vs importé…) ;
Optimiser le design dès la conception : Identifier les leviers les plus efficaces avant de lancer la production ;
Réaliser une analyse de sensibilités : Elle permet de comparer les impacts selon différents scénarios, par exemple l’impact d'une bouteille consignée selon son nombre de réutilisations (5, 10, 15 fois).
Se différencier sur son marché
Réaliser une ACV et communiquer de manière transparente sur l'impact environnemental de vos produits est un argument commercial différenciant :
Consommateurs : Les produits à faible impact environnemental sont privilégiés ;
Distributeurs : Les données ACV sont souvent demandées aux fournisseurs ;
Investisseurs : Les critères ESG sont intégrés dans les décisions de financement.
Quels sont les indicateurs environnementaux mesurés dans une ACV ?
Selon la méthodologie sélectionnée pour réaliser l’ACV, différents types d’indicateurs environnementaux peuvent être choisis. Voici un aperçu des indicateurs les plus courants :
Changement climatique : Émissions de gaz à effet de serre (kgCO₂e) ;
Appauvrissement de la couche d'ozone : kg CFC-11 équivalent ;
Acidification : Pluies acides, impacts sur les sols et les eaux (kg SO₂ eq) ;
Enrichissement excessif d’un milieu aquatique en nutriments (kg PO₄ eq), on parle aussi d'eutrophisation ;
Épuisement des ressources minérales et fossiles : kg Sb équivalent ;
Consommation d'eau : m³ d'eau prélevée ;
Utilisation des sols : m² occupés, dégradation des terres ;
Toxicité humaine : Impacts sur la santé (CTUh - Comparative Toxic Unit) ;
Écotoxicité : Impacts sur les écosystèmes aquatiques et terrestres (CTUe).
ACV et stratégie climat d'entreprise : comment les articuler ?
Complémentarité ACV et bilan carbone entreprise
Le bilan carbone mesure les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de l’organisation, sur une période donnée (une année), tous produits et services confondus.
À l’inverse, l’ACV analyse de manière détaillée les impacts d’un produit ou d’un service sur l’ensemble de son cycle de vie.
Les deux approches peuvent être complémentaires et interviennent à des niveaux différents.
D’un côté, le bilan carbone s’appuie en partie sur des données issues d’ACV pour construire ses facteurs d’émission.
☝️ Exemple : Le facteur d'émission "plastique PET" dans la Base Empreinte® provient d'une ACV qui a mesuré les émissions de l'extraction du pétrole, de la transformation en PET, du transport, etc.
De l’autre, le bilan carbone peut servir de point de départ pour une ACV carbone : les données d’empreinte carbone déjà collectées (achats, énergie, transports…) peuvent être réutilisées et réallouées à l’échelle du produit ou du service étudié.
Lien avec la trajectoire de décarbonation
L'ACV est un outil clé pour définir et piloter votre trajectoire de décarbonation :
Fixer des objectifs produit par produit : Plutôt que de se limiter à un objectif global au niveau de l'organisation (par exemple : "réduire de 30% nos émissions d'ici 2030"), l'ACV permet de décliner des objectifs spécifiques pour chaque produit en fonction de son poids dans l'empreinte globale et de son potentiel de réduction.
Piloter les actions d'éco-conception : L'ACV carbone permet de suivre l'évolution de l'empreinte carbone au fil des itérations de design et de mesurer l'effet de chaque modification avant de la déployer à grande échelle.
Éviter les transferts d'impacts
L’un des risques majeurs d’une approche uniquement centrée sur le carbone est de générer des transferts d’impacts : une action qui réduit les émissions de gaz à effet de serre peut, dans le même temps, dégrader d’autres indicateurs environnementaux (consommation d’eau, ressources, biodiversité…).
Dans une stratégie climat d’entreprise, cela peut conduire à des décisions qui donnent l’impression d’améliorer la situation, sans réduire réellement l’empreinte environnementale globale.
C’est précisément là que l’ACV joue un rôle clé : en apportant une vision multicritère et cycle de vie, elle permet de sécuriser les choix de décarbonation et de s’assurer que les actions mises en place réduisent réellement l’empreinte environnementale globale.
Quelles sont les 4 étapes pour réaliser une ACV ?
La réalisation d'une ACV suit une méthodologie rigoureuse en 4 phases selon les normes ISO 14040 et ISO 14044 (Management Environnemental). Voici un aperçu de ces phases (nous allons rentrer dans le détail) :
Légende : méthodologie de l'analyse du cycle de vie, source wecount.io
📝 A noter : l’ACV a pour particularité d’être itérative. Chaque phase peut vous amener à revoir les précédentes (ex: des difficultés dans l'obtention de données pour l'inventaire peuvent amener à revoir les objectifs et le champ d'étude).
L’ensemble des étapes présentées ci-dessous s’appuie sur des outils dédiés comme SimaPro (payant) ou OpenLCA (open source). Ils nécessitent également l’accès à des bases de données environnementales (Ecoinvent, Base Empreinte®, Agribalyse…) ainsi qu’un certain niveau de maîtrise méthodologique.
Étape 1 : Définition des objectifs et du système
Cette première phase est fondamentale pour cadrer l'Analyse de Cycle de Vie (ACV).
Elle permet d'aligner la précision de l'étude avec son but final.
Les objectifs
Avant de commencer, il faut définir l'application prévue (diagnostic, déclaration environnementale…), l'audience ciblée (équipes, direction, clients, distributeurs…), la communication envisagée (interne, externe) et l’ambition de comparaison (comparer des alternatives, des scénarios).
Ces choix dictent le niveau de précision requis, qui se décline en deux approches très distinctes :
L'ACV screening (ou estimation rapide) : C’est une ACV destinée exclusivement à vos équipes en interne pour avoir une première idée des principales sources d'impacts.
Il est impératif de comprendre que les résultats sont réservés à un usage strictement interne et ne peuvent pas être communiqués à l'extérieur.
L’ACV complète : Si votre objectif est de communiquer vos résultats à une audience externe, vous devez réaliser une étude complète. Pour être rendue publique, cette étude doit par ailleurs être soumise à une revue critique par un panel d'experts externes et indépendants afin de valider sa conformité et sa crédibilité.
Le périmètre,les frontières du système
Une fois l'objectif fixé, il faut définir les limites physiques de ce que l'on va étudier.
Définir les frontières du système, c'est décider quelles étapes du cycle de vie et quels processus sont inclus ou exclus de l'analyse. Prend-on en compte l'extraction des matières premières, la fabrication, la distribution, la phase d'utilisation et la gestion de la fin de vie ?
Toute exclusion d'une étape ou d'un flux (par exemple, ignorer le recyclage de l'emballage) doit être clairement justifiée pour prouver qu'elle ne fausse pas les résultats finaux.
L'unité fonctionnelle : le point central de l'ACV
L’ACV n’évalue pas un produit en soi, mais le service rendu par ce produit. Lors de la phase de cadrage, il est donc essentiel de définir ce que l’on appelle “l'unité fonctionnelle”.
C’est l’unité de mesure de référence à laquelle on va se ramener pour étudier tous les flux d'énergie, de matière et de déchets. Cette unité doit être précise, mesurable et additive (si la quantité double, les impacts aussi).
Unité fonctionnelle = Fonction du produit + Performance quantifiée
Une unité fonctionnelle pertinente doit répondre à plusieurs critères :
Une action (un verbe pour préciser la fonction)
Un élément cible (sur quoi agit la fonction) ;
Une durée de vie ou quantité d’utilisation ;
Si nécessaire, une qualification complémentaire pour préciser un dimensionnement ou gamme de produit (taille, gabarit, marque…)
☝️Exemples d'unités fonctionnelles : “un lavage de cheveux en France en 2023” pour un shampoing, fournir entre 500 et 900 lumens pendant 1000h en Europe” pour une ampoule, Emballer 9000L de produit par an pour un sac de course.
L’unité fonctionnelle est indispensable puisqu’il est impossible de comparer deux alternatives qui ne rendent pas le même service.
Étape 2 : Inventaire du cycle de vie (ICV)
Maintenant que votre unité fonctionnelle est fixée et que vous savez précisément à quoi vous faites référence, il est temps de passer à la deuxième étape : l’Inventaire du Cycle de Vie (ICV).
Le but de l'inventaire est d'offrir une description quantitative exhaustive des flux qui “traversent” les frontières de votre système.
Plus concrètement, pour chaque étape du cycle de vie que vous avez choisi d'étudier (extraction des matières premières, fabrication, transport, utilisation, fin de vie), vous allez devoir effectuer un bilan précis des flux de matière et d’énergie qui entrent dans le système, mais également de tout ce qui en sort.
Inventaire du cycle de vie dans le cadre d'une ACV, source wecount.io
Réaliser un bilan matière-énergie
Il faut ainsi cartographier deux grandes catégories de flux :
Les flux entrants : Ce sont les éléments extérieurs puisés par le système pour fonctionner. On y retrouve l'ensemble des matières premières, des ressources naturelles et toutes les formes d'énergies nécessaires aux procédés (eau, électricité, gaz, etc.).
Les flux sortants : Ce sont les éléments rejetés par le système. Pour réaliser un bon inventaire, il ne suffit pas de lister les déchets, il faut impérativement identifier vers quel milieu naturel ces pollutions sont émises. On répertorie ainsi les rejets vers l'air (effluents atmosphériques) comme le CO2, les NOx ou le SO2, les rejets vers l'eau (effluents liquides), les rejets vers le sol (émissions terrestres, déchets solides) ou encore les coproduits.
Collecter les données
Savoir ce qui entre et ce qui sort est une chose, mais il faut maintenant réussir à quantifier chaque flux avec des chiffres précis (kg, kWh, km, litres…).
Pour réaliser cet inventaire, il est possible de s’appuyer sur :
Des données primaires (les plus précises, à privilégier) : Ce sont les données réelles et spécifiques issues de votre activité (mesures directes, relevés de consommation de vos machines, factures, informations de vos fournisseurs). Plus elles sont nombreuses, plus votre ACV sera représentative ;
Des données secondaires (par défaut) : Lorsqu'il est impossible de connaître la donnée réelle, on utilise des données génériques. Celles-ci proviennent de grandes bases de données environnementales reconnues pour leur fiabilité, comme la Base Empreinte® de l'ADEME, Ecoinvent (mondiale) ou encore Agribalyse pour l'agriculture.
Cette étape de collecte permet de rassembler l’ensemble des données nécessaires pour décrire les flux du système. Concrètement, il s’agit de s’assurer que toutes les entrées et sorties ont bien été identifiées (matières, énergies, émissions, déchets, coproduits), puis de les quantifier.
Dans la pratique, ces données sont intégrées dans un logiciel d’ACV, qui permet de structurer automatiquement l’inventaire et de consolider les flux entrants et sortants du système.
En langage d’expert, cet ensemble de données constitue ce que l’on appelle l’inventaire des flux élémentaires. Il sert de base à l’évaluation des impacts environnementaux dans l’étape suivante.
Étape 3 : Évaluation de l'impact du cycle de vie (EICV)
Cette phase consiste à convertir les données collectées lors de l’inventaire en indicateurs d’impacts environnementaux.
De l’inventaire aux impacts : le rôle central de la caractérisation
Les flux sont ensuite traduits en impacts environnementaux via la phase de caractérisation.
Concrètement, chaque flux (émissions, consommations de ressources…) est associé à une catégorie d’impact (changement climatique, acidification, eutrophisation, etc.), puis converti grâce à des facteurs scientifiques en une unité commune (par exemple en kg équivalent CO₂ pour le climat ou encore le kg d’équivalent SO₂ pour l’acidification).
On passe ainsi des données brutes à des indicateurs d’impact directement exploitables.
En pratique, cette étape est réalisée automatiquement par les logiciels d’ACV. Le choix de la méthode de caractérisation, comme ReCiPe, EF 3.0 ou TRACI, dépend du contexte géographique, des exigences réglementaires et des objectifs de l’étude.
Le résultat direct de cette conversion constitue le premier niveau de lecture de l’analyse : les indicateurs midpoints.
Les indicateurs midpoints : une lecture par catégorie d’impact
Les indicateurs midpoints (points intermédiaires) constituent le premier niveau de résultat de l’ACV.
Ils correspondent à un niveau intermédiaire d’évaluation des impacts selon des catégories spécifiques, comme :
Changement climatique (kg CO₂ eq)
Épuisement des ressources fossiles
Acidification (ex. pluies acides)
Eutrophisation (pollution de l’eau par nutriments)
Toxicité humaine
Pollution de l’air
Appauvrissement de la couche d’ozone…
Ce niveau d’analyse est le plus couramment utilisé pour une ACV.
Les résultats midpoints sont donc généralement considérés comme robustes et scientifiquement fiables. Ils permettent d’identifier précisément les postes les plus contributeurs et de guider les actions d’amélioration.
Les indicateurs endpoints : une lecture globale des dommages
Ces indicateurs traduisent les résultats midpoints en dommages finaux sur de grandes catégories : la santé humaine, la qualité des écosystèmes et l’épuisement des ressources naturelles.
Ils permettent de répondre à une question plus globale : quelles sont les conséquences finales de ces impacts sur l’environnement et la société ?
Par exemple, les émissions de gaz à effet de serre, après avoir été caractérisées en impact climatique (midpoint), peuvent être traduites en effets sur la santé humaine, exprimés en années de vie perdues ou altérées (via l'indicateur de référence DALY, pour Disability-Adjusted Life Years).
Les indicateurs endpoints présentent l’avantage d’être plus faciles à interpréter pour un public non expert, car ils synthétisent l’information. En revanche, ils introduisent davantage d’incertitudes que les indicateurs midpoints, en raison des étapes supplémentaires de modélisation.
Le score unique (ou single score)
Dans certains cas, il est possible d’aller encore plus loin en agrégeant l’ensemble des impacts en un score unique (single score). C’est une valeur globale agrégée qui résume tous les impacts environnementaux en un seul chiffre. C’est un peu comme la note finale d’un produit ou d’un scénario du point de vue de l’environnement.
Le score unique est obtenu en additionnant les différents impacts environnementaux, mais pas n’importe comment. Il y a deux étapes principales :
Normalisation : On exprime tous les impacts sur une même base de comparaison (ex. l’impact d’un Européen moyen par an), pour les rendre comparables entre eux.
Pondération : On attribue un poids relatif à chaque impact (climat, toxicité, ressources, etc.) en fonction de son importance perçue.
Ensuite, tous les scores pondérés sont additionnés pour obtenir un seul chiffre.
Étape 4 : Interprétation des résultats
Après la rigueur des calculs, place à l’analyse. L’objectif de cette dernière étape est d'interpréter les résultats pour identifier précisément les faiblesses de votre produit ou service et prioriser vos actions de réduction et d'éco-conception.
Identifier les composants à améliorer
L’analyse visuelle des résultats permet d'identifier rapidement les postes les plus impactants par étape du cycle de vie (matières premières, fabrication, transport, utilisation, fin de vie) et par indicateur environnemental (changement climatique, santé humaine, consommation d'eau, etc.).
Cette double lecture permet ainsi de voir quelles étapes pèsent le plus sur quel indicateur, d'identifier rapidement les postes les plus impactants et d’éviter les transferts de pollution.
☝️ Exemple : L’analyse peut révéler que la phase d’assemblage de votre produit a un impact très limité sur le réchauffement climatique, mais s'avère désastreuse pour la santé humaine (à cause de l'utilisation de solvants toxiques, par exemple).
À l’inverse, la phase d'utilisation peut avoir un impact négligeable sur la santé, mais peser lourd sur le climat (forte consommation électrique). Piloter sa stratégie avec cette vision multicritère empêche de régler un problème environnemental en en créant accidentellement un nouveau ailleurs.
Analyses de sensibilité
Lors de cette phase d’interprétation des résultats, il est nécessaire de réaliser des analyses de sensibilité afin d’évaluer la fiabilité des résultats et des conclusions au regard des hypothèses et des choix pris tout au long de l'ACV.
Elles consistent à faire varier une donnée et à étudier comment cela se répercute sur les résultats finaux.
☝️ Exemple : Vous modélisez les impacts d’une bouteille en verre consignée en formulant l'hypothèse qu'elle sera réutilisée 20 fois. L’analyse de sensibilité va consister à recalculer l'impact si elle n'est finalement réutilisée que 10 fois, ou 5 fois. Cela permet de vérifier à partir de quel seuil d'utilisation votre bouteille consignée cesse d'être plus écologique qu'une simple bouteille jetable.
Réaliser une ACV : par où commencer ?
Se lancer dans une Analyse de Cycle de Vie nécessite avant tout de clarifier son objectif et le niveau de précision attendu. Selon les cas, l’étude peut viser un diagnostic interne, une comparaison de scénarios, une démarche d’éco-conception ou encore une communication externe encadrée.
La réalisation d’une ACV repose ensuite sur l’utilisation d’outils spécialisés (comme SimaPro, GaBi ou OpenLCA), ainsi que sur l’accès à des bases de données environnementales (Ecoinvent, Base Empreinte®, Agribalyse…). Ces outils permettent de modéliser le cycle de vie, de structurer l’inventaire et d’appliquer les méthodes de caractérisation.
Au-delà des outils, la qualité de l’analyse dépend fortement des choix méthodologiques réalisés (périmètre, unité fonctionnelle, hypothèses, allocations…) ainsi que de la qualité des données collectées. C’est pourquoi il est souvent pertinent de se faire accompagner, en particulier pour une première étude ou pour des enjeux stratégiques.
WeCount accompagne les entreprises dans la réalisation d’ACV carbone (empreinte carbone produit), en combinant expertise méthodologique et plateforme de comptabilité carbone. L’objectif : structurer les analyses, fiabiliser les résultats et identifier des leviers d’action cohérents avec la stratégie de décarbonation.
Quelle est la différence entre ACV et empreinte carbone produit ?
L'ACV multicritère évalue différents impacts environnementaux (climat, eau, biodiversité, ressources, toxicité…) selon les normes ISO 14040/14044. L'empreinte carbone produit (ou ACV carbone / Product Carbon Footprint) est une ACV simplifiée qui se concentre uniquement sur les émissions de GES (CO₂e) selon la norme ISO 14067. L'ACV est plus complète mais plus coûteuse et longue.
L'ACV est-elle obligatoire pour les entreprises ?
Non, l'ACV n'est pas obligatoire en tant que telle. En revanche, l'affichage environnemental (basé sur une ACV simplifiée ou complète) est en cours de déploiement progressif pour certains secteurs (textile, agroalimentaire, cosmétique, ameublement). Certains écolabels et certifications exigent également une ACV.
Combien de temps faut-il pour réaliser une ACV ?
Cela dépend de la complexité du produit et du niveau de détail. Comptez au minimum 1 à 2 mois pour une ACV carbone simplifiée, 6 à 9 mois pour une ACV multicritère complète, et 9 à 12 mois si elle inclut une vérification tierce partie pour certification.
Peut-on réaliser une ACV en interne ?
Oui, si vous avez les compétences et les outils (logiciel d'ACV, bases de données). Cela nécessite une formation préalable et du temps. Pour une première ACV, il est souvent recommandé de se faire accompagner par un bureau d'études ou un consultant spécialisé pour garantir la rigueur méthodologique.
Quels sont les logiciels d'ACV les plus utilisés ?
Les logiciels les plus courants sont SimaPro (le plus utilisé), GaBi (très complet, orienté industrie) et OpenLCA (open source). Ils nécessitent tous une formation et l'accès à des bases de données d'inventaire (Ecoinvent, Base Empreinte®, Agribalyse). Il existe également des outils spécialisés pour une ACV carbone comme celui de Wecount.
L'ACV peut-elle être utilisée pour comparer deux produits ?
Oui, à condition que les deux produits remplissent la même fonction (même unité fonctionnelle) et soient évalués avec la même méthodologie et les mêmes hypothèses. Les normes ISO imposent une rigueur stricte pour garantir la comparabilité.
Comment garder l’élan autour de votre stratégie RSE dans un contexte plus incertain, plus exigeant… et parfois plus résistant avec une actualité géopolitique et climat qui challenge les professionnels de la RSE (instabilité géopolitique, réglementaire, crise énergétique, tensions économiques, backlash, etc.).
Côté terrain, les équipes RSE doivent continuer à convaincre dans un environnement moins réceptif, maintenir la mobilisation des équipes et de la direction, et piloter des stratégies de plus en plus complexes. Le tout, sans disposer de plus de moyens...
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