La neutralité carbone est devenue l'objectif climatique à la mode des années 2020. États, entreprises, collectivités : tous affichent désormais leur ambition d'atteindre la "neutralité" ou le "net zéro". Mais derrière ces annonces se cachent souvent des incompréhensions, des raccourcis trompeurs, voire du greenwashing assumé.
Peut-on vraiment être "neutre en carbone" quand on est une entreprise ? Comment s'engager sérieusement pour la neutralité carbone sans tomber dans les pièges de la communication trompeuse ? Et surtout, que signifie réellement ce concept à l'échelle mondiale ?
Dans cet article, on décrypte la neutralité carbone : définition scientifique, application concrète, pièges à éviter, et stratégie climat pour les entreprises qui veulent agir avec sincérité et construire une feuille de route solide.
📋 Les 5 points clés à retenir sur la neutralité carbone
Un objectif planétaire, pas individuel : La neutralité carbone n'a de sens qu'à l'échelle du globe ou des États coordonnés via l'Accord de Paris. Une entreprise, un produit ou un territoire ne peut pas "être neutre en carbone" : c'est un abus de langage qui relève du greenwashing.
Un équilibre entre émissions et séquestration : Atteindre la neutralité carbone signifie séquestrer autant de carbone que nous en émettons à l’échelle planétaire, de manière à stabiliser sa concentration dans l'atmosphère et limiter le réchauffement climatique à +1,5°C.
La réduction avant tout : L'ambition de neutralité carbone impose de réduire drastiquement les émissions de GES. La séquestration seule ne suffira pas : il faut d’abord décarboner massivement notre système.
Une démarche de contribution, pas un statut : Les entreprises doivent s'engager dans une "démarche de neutralité carbone" : réduire leurs émissions sur les scopes 1, 2 et 3, proposer des produits/services bas-carbone, et financer des projets de séquestration robustes chez des tiers. Elles contribuent ainsi à l'objectif mondial.
Attention au greenwashing et aux sanctions : Se déclarer "neutre en carbone" sans réduire massivement ses émissions est trompeur et illégal. La Loi Climat et Résilience encadre strictement ces allégations (amendes jusqu'à 100 000€), et le Jury de Déontologie Publicitaire surveille de près les communications environnementales.
Qu'est-ce que la neutralité carbone ?
Définition officielle : GIEC & Accord de Paris
Selon le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'évolution du Climat (GIEC) et l’Accord de Paris (2015), la neutralité carbone se définit comme un “équilibre entre les émissions de GES issue de l’activité humaine et la séquestration de quantités équivalentes de CO2”.
Par abus de langage, on parle souvent de "neutralité carbone", mais il s'agit bien de CO₂ équivalent, c'est-à-dire l'ensemble des gaz à effet de serre (CO₂, méthane, protoxyde d'azote, gaz fluorés, etc.).
Comprendre l'enjeu en un coup d'œil
Pour bien visualiser ce qu'est la neutralité carbone, imaginons une baignoire :
Le robinet naturel = les émissions naturelles de CO₂ (respiration, décomposition, océans…).
L’évacuation = les puits naturels de carbone (océans, forêts, zones humides, prairies, sols végétalisés...).
Depuis la révolution industrielle, un second robinet s’est ajouté : les émissions humaines (transports, industrie, agriculture, énergies fossiles…).
Pendant des milliers d’années, le robinet naturel et l’évacuation s’équilibraient. Le problème climatique vient du flux supplémentaire d’origine humaine, qui n’est pas entièrement compensé par les puits naturels.
L'objectif de neutralité carbone, c'est de stabiliser le niveau de l'eau en :
Fermant progressivement le second robinet (réduire le flux anthropique) ;
Agrandissant l'évacuation (augmenter les puits de carbone : reforestation, restauration des sols, capture technologique).
“L’atmosphère terrestre est comme une baignoire qui se remplit de CO2”, source : GIEC
📝A noter : Même en "fermant" complètement le second robinet (zéro émission), il faudra du temps pour que le niveau baisse. En effet, le carbone reste longtemps dans l'atmosphère et a donc un effet sur le long terme. D'où le fait qu’il soit important d'agir dès maintenant.
Décarboner la France : la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC)
En cohérence avec l'Accord de Paris, la France a décliné cet objectif mondial à l'échelle nationale via la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC).
L'objectif ultime : Atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 sur le territoire français.
Le Ministère de la Transition Écologique a proposé une révision de cette SNBC en 2025, la SNBC 3, qui sera adoptée par décret en 2026 après les étapes de consultation. Cette dernière vise une baisse de 50 % des émissions brutes d'ici 2030 (contre 42 % précédemment).
Le Haut Conseil pour le Climat (HCC) a alerté dans son rapport 2025 et souligné qu'après une bonne année 2023, la baisse des émissions a fortement ralenti en 2024 (seulement -1,8 %). Pour atteindre les nouveaux objectifs de 2030, le rythme de réduction actuel devra doubler.
Quelles sont les trajectoires sectorielles pour les entreprises ? La SNBC fixe des budgets carbone précis, exigeant des transformations structurelles de la part des acteurs économiques :
Les transports : Électrification accélérée (avec une attention accrue de l'État sur le respect des quotas de verdissement des flottes d'entreprises, encore largement ignorés), report modal et sobriété.
Le bâtiment : Rénovation énergétique d'ampleur et construction bas-carbone.
L'industrie : Au-delà de l'efficacité énergétique classique, le secteur doit pivoter vers l'électrification profonde des procédés, la sobriété matière (écoconception) et le captage/stockage du carbone (CCS) pour les émissions incompressibles.
L'agriculture et les forêts : Réduction des émissions de méthane, et surtout restauration de nos puits de carbone naturels (forêts et sols) dont la capacité d'absorption se dégrade fortement sous l'effet du dérèglement climatique.
Le graphique ci-dessous illustre le scénario de référence vers la neutralité carbone d'ici 2050. Il montre deux dynamiques complémentaires : une réduction progressive et importante des émissions de gaz à effet de serre (zone supérieure), et le maintien de la capacité d'absorption des puits de carbone (zone inférieure).
La neutralité carbone est atteinte lorsque les émissions résiduelles sont entièrement compensées par ces puits, soit un équilibre entre ce qu'on émet et ce qu'on absorbe.
Atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 : Réduction des émissions et rôle des puits, source : ecologie.gouv.fr
La SNBC fixe des budgets carbone sectoriels à respecter pour rester sur la trajectoire +2°C.
📝A noter : Il existe une distinction importante entre l'inventaire national (approche territoriale) et l’empreinte carbone (approche consommation). L’inventaire national comptabilise les émissions produites par les ménages et les activités économiques présents sur le territoire français. C'est ce qui est utilisé dans la SNBC. L’empreinte carbone quant à elle comptabilise les émissions liées à ce que les Français consomment, que les biens soient produits en France ou importés. L'empreinte carbone de la France est beaucoup plus élevée que son inventaire national, car elle importe massivement des biens fabriqués à l'étranger.
Proposition d'illustration utile (CITEPA 2019)
Contexte européen : le Pacte vert (Green Deal)
L'Union européenne a également adopté son propre objectif de neutralité carbone via le Pacte vert pour l'Europe (Green Deal).
Objectif : Atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 sur le territoire européen.
Moyens :
Fit for 55 : paquet législatif visant à réduire les émissions de 55% d'ici 2030 (par rapport à 1990)
Taxonomie européenne : classification des activités économiques durables
Hiérarchie des actions pour atteindre la neutralité carbone
Pour s'engager vers la neutralité carbone, il existe une hiérarchie d'actions claire :
Mesurer ses émissions de GES ;
Réduire ses émissions en priorité ;
Compenser les émissions résiduelles (en dernier recours) : Uniquement après avoir réduit au maximum. La compensation ne doit jamais remplacer la réduction.
Principe clé: Réduction d'abord, compensation ensuite. Inverser cet ordre, c'est pencher du côté du greenwashing (et clairement, c’est toujours à éviter).
Pourquoi une entreprise ne peut pas se dire “neutre en carbone” ?
Un objectif qui n'a de sens qu'à l'échelle planétaire
La neutralité carbone est un objectif climat collectif qui ne peut se concevoir qu'à l'échelle de la planète ou des États coordonnés via l'Accord de Paris. La raison est simple : l'atmosphère terrestre est un bien commun.
Les émissions de GES se mélangent dans l'atmosphère sans distinction de frontières. Que vous émettiez 1 tonne de CO₂ à Paris, New York ou Tokyo, l'impact climatique est le même.
Par conséquent :
Un produit ne peut pas être neutre en carbone ;
Un service ne peut pas être neutre en carbone ;
Une entreprise ne peut pas être neutre en carbone ;
Un territoire infranational ne peut pas être neutre en carbone.
En revanche, chacune de ces entités peut s'engager dans une "démarche de neutralité carbone", c'est-à-dire contribuer activement à l'objectif mondial en réduisant drastiquement ses émissions et en finançant des projets de séquestration chez des tiers.
Les biais méthodologiques et éthiques
Comme évoqué précédemment, chercher à appliquer une neutralité carbone arithmétique à l'échelle d'une entreprise engendre trois biais majeurs :
1. La non-additionnalité des démarches
Si chaque entreprise ne comptabilise que ses émissions directes (scopes 1 et 2) en excluant le scope 3 (émissions indirectes : achats, transport, utilisation des produits vendus, fin de vie), le cumul des bilans carbone ne reflète pas la réalité globale.
👆 Exemple concret : Une entreprise de textile qui externalise sa production en Asie peut afficher un bilan carbone faible en France (scopes 1 et 2), tout en étant responsable d'émissions massives liées à la fabrication de ses vêtements (scope 3). Si elle se déclare "neutre" en compensant uniquement les scopes 1 et 2, elle masque l'essentiel de son impact.
2. L'absence d'équité entre acteurs
Tous les acteurs ne sont pas égaux face à la séquestration de carbone.
Exemple : Un territoire rural doté d'un patrimoine forestier important peut revendiquer une neutralité carbone arithmétique en s'appuyant sur la séquestration naturelle de ses forêts, sans faire d'efforts de réduction. À l'inverse, un territoire urbain sans forêt devra fournir des efforts bien supérieurs pour réduire ses émissions.
Ce déséquilibre crée une inégalité et peut inciter certains à se reposer sur leurs lauriers, quand d’autres engagent de véritables mesures ambitieuses.
3. L'immobilisme engendré
Focaliser son action sur l'atteinte d'un "zéro arithmétique" n’a pas de sens.
Pire, la recherche de la neutralité carbone pousse souvent les acteurs à privilégier des projets de compensation bon marché (plantation d'arbres à l'étranger, par exemple) plutôt que d'investir dans la décarbonation réelle de leur activité (rénovation énergétique, changement de process, éco-conception).
L'écueil de la compensation carbone : perte de focus sur la réduction réelle
La compensation carbone est devenue l'alliée privilégiée des entreprises qui souhaitent afficher une neutralité carbone sans remettre en cause leur business model.
Le principe est simple. Il s’agit de financer des projets de réduction ou de séquestration de CO₂ chez des tiers (reforestation, énergies renouvelables, capture de carbone) pour "compenser" ses propres émissions.
Cela pose un problème de taille. La compensation ne doit jamais remplacer la réduction. C'est un complément, pas une solution miracle.
Pourquoi la compensation seule ne suffit jamais ?
Les capacités de séquestration sont limitées : Même en maximisant les puits de carbone (forêts, sols, océans, technologies de capture), il est impossible d'absorber le niveau actuel de nos émissions. Il faut donc réduire drastiquement en priorité.
La permanence de la séquestration n'est pas garantie : Une forêt plantée pour compenser peut brûler (comme en Californie ou en Australie), libérant tout le CO₂ stocké. À l'inverse, les émissions de CO₂ issues de la combustion d'énergies fossiles sont définitives.
Les projets de compensation sont souvent de faible qualité : Tous les projets de compensation ne se valent pas. Certains manquent d'additionnalité (le projet aurait eu lieu de toute façon, même sans financement), de permanence (le carbone n'est pas stocké durablement) ou de vérification (absence d'audit indépendant).
3 exemples concrets de greenwashing ou quand la neutralité carbone devient mensongère
Depuis 2020, les annonces de "neutralité carbone" se sont multipliées. On le voit sur des campagnes d’affichage, sur des sites internets, sur les réseaux sociaux. Malheureusement, la quasi-totalité de ces communications sont fallacieuses, voire mensongères.
Le géant de la fast fashion Shein réalisait récemment une campagne d’affichage sur le thème “La mode est un droit, pas un privilège”. En petit, on pouvait lire sur les affiches le message suivant : “Chez Shein, nous œuvrons chaque jour pour rendre la mode accessible à toutes et tous, et travaillons chaque jour à l’amélioration continue de notre modèle”. En août 2025, l’Autorité italienne de la concurrence a infligé une amende d’un million d’euros à la société opérant les sites européens de Shein pour publicité environnementale trompeuse. Le régulateur a estimé que certaines communications environnementales du groupe notamment sur la recyclabilité des produits étaient fausses ou, au minimum, de nature à induire les consommateurs en erreur.
TotalEnergies (anciennement Total) a annoncé viser la neutralité carbone pour 2050... mais uniquement en Europe. Sauf que Total continue d'extraire et de vendre des énergies fossiles dans le monde entier… Se déclarer neutre uniquement en Europe, c'est donc exclure l'essentiel de son activité. Et ce n’est pas passé inaperçu. En octobre 2025, le tribunal judiciaire de Paris a condamné TotalEnergies pour pratiques commerciales trompeuses, en raison d’allégations sur ‘son ambition d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050’ et ‘d’être un acteur majeur de la transition énergétique’”. C’est une décision historique (et une première mondiale). Le tribunal a estimé que ces messages étaient de nature à induire le consommateur en erreur sur la portée réelle de ses engagements environnementaux. La justice a ordonné de cesser leurs allégations mensongères dans le délai d’un mois, sous peine d’astreinte provisoire de 10 000 euros par jour de retard, et la publication de la décision sur la page d’accueil du site du groupe pendant 180 jours.
Les aéroports "neutres en carbone". Plusieurs aéroports européens se sont déclarés "neutres en carbone" en ne comptabilisant que les émissions liées à leurs bâtiments et véhicules au sol (scopes 1 et 2). Sauf qu’avec cette approche, ils excluent de cette analyse les émissions des avions… Soit 95% de l'impact carbone d'un aéroport. Pas très transparent. Ni pertinent. Il n’y a pas encore eu de condamnation mais on est typiquement dans un cas de communication trompeuse qui induit les consommateurs en erreur.
📝A noter : Quand une entreprise annonce sa neutralité carbone, posez-vous toujours les questions suivantes :Quel périmètre géographique ? (Europe, monde entier ?), Quel périmètre opérationnel ? (Scopes 1, 2, 3 ?), Quelle part de réduction vs compensation ?
Le risque juridique et réputationnel
Vous l’avez compris avec les exemples ci-dessus, les annonces de neutralité carbone ne sont plus sans conséquence. Le cadre juridique se durcit, et les entreprises qui communiquent de manière trompeuse s'exposent à des sanctions et à une perte de crédibilité majeure.
Notons l'existence de deux instances incontournables :
La loi Climat et Résilience (2021) : Elle encadre les allégations environnementales, dont la neutralité carbone. L’article 12 stipule par exemple que “Toute publicité faisant référence à la neutralité carbone doit être accompagnée d'un bilan carbone complet (scopes 1, 2, 3) et d'une trajectoire de réduction claire et vérifiable”. En cas de non respect de cette obligation, les entreprises s'exposent à des amendes pouvant aller jusqu'à 100 000 € (voire plus en cas de récidive).
Surveillance du Jury de Déontologie Publicitaire (JDP) : Il surveille de près les allégations environnementales des entreprises. Toute communication jugée trompeuse peut faire l'objet d'une plainte et d'une condamnation publique.
Que faut-il savoir sur les référentiels climat ?
Alors comment repérer des allégations mensongères ? Pas toujours facile.
Heureusement, face à la multiplication des annonces de neutralité carbone, souvent floues ou trompeuses, des référentiels ont émergé pour structurer et crédibiliser les démarches climat des entreprises.
Ces cadres méthodologiques ne sont pas parfaits, mais ils permettent de distinguer les engagements sérieux du greenwashing. Voici comment s'y retrouver.
Pourquoi des cadres de référence existent
Les référentiels climat répondent à deux besoins essentiels :
Structurer les trajectoires carbone : Ils fournissent une méthodologie claire pour mesurer, réduire et compenser les émissions de GES, en évitant les approximations et les biais méthodologiques.
Garantir l'alignement avec la science : Ils s'assurent que les trajectoires de réduction des entreprises sont compatibles avec les objectifs de l'Accord de Paris (+1,5°C à +2°C maximum).
Sans ces cadres, chaque entreprise pourrait définir sa propre "neutralité carbone" sans cohérence ni comparabilité. Le risque ? Un chaos méthodologique et une perte de crédibilité généralisée.
Science Based Targets initiative (SBTi)
La Science Based Targets initiative (SBTi) est le référentiel international le plus reconnu pour valider les trajectoires de réduction des entreprises. Les entreprises soumettent leurs objectifs de réduction à la SBTi, qui les évalue et les valide s'ils sont alignés avec une trajectoire de limitation du réchauffement à +1,5°C.
Ce que couvre la SBTi :
Scopes 1, 2 et 3 (obligatoires si le scope 3 représente plus de 40% des émissions totales) ;
Objectifs court terme (5 à 10 ans) et long terme (neutralité carbone en 2050) ;
Validation scientifique : les objectifs sont évalués par un comité d'experts indépendants.
📝A noter : Le référentiel SBTi parle de "contribution à la neutralité mondiale", pas de neutralité d'entreprise. Elle reconnaît que seule la planète peut atteindre la neutralité carbone, et que les entreprises doivent y contribuer.
Net Zero Initiative (NZI)
La Net Zero Initiative (NZI) est un référentiel français développé par Carbone 4, soutenu par l'ADEME et une vingtaine d'entreprises pionnières. Il propose une approche structurante pour répartir les efforts des entreprises autour de trois piliers complémentaires :
Pilier A : Réduire ses émissions directes et indirectes. C'est le pilier prioritaire. L'entreprise doit réduire drastiquement ses émissions sur l'ensemble de sa chaîne de valeur (scopes 1, 2, 3).
Pilier B : Éviter les émissions chez les autres. Au-delà de réduire ses propres émissions, l'entreprise doit contribuer à la décarbonation de son écosystème : fournisseurs, clients, partenaires.
Pilier C : Séquestrer du carbone dans des puits durables : Une fois les efforts de réduction maximisés, l'entreprise peut financer des projets de séquestration chez des tiers : reforestation, restauration des sols, capture technologique du CO₂.
Le tableau de bord Net Zero Initiative, source carbone4.com
La compensation (pilier C) ne doit jamais remplacer la réduction (pilier A). Elle est un complément.
Les limites des référentiels pour les PME/ETI
Bien que très utiles, les référentiels SBTi et NZI présentent aussi quelqueslimites qu’il convient de prendre en compte
Complexité opérationnelle : Les méthodologies sont techniques et nécessitent une expertise pointue en comptabilité carbone, souvent absente dans les petites structures.
Démarches lourdes et coûteuses : Le processus de validation SBTi peut prendre plusieurs mois et coûter plusieurs milliers d'euros (frais de soumission + accompagnement externe).
Peu adaptées aux réalités du terrain : Les référentiels sont souvent pensés pour les grandes entreprises internationales, pas pour les PME avec des ressources limitées.
Les référentiels sont utiles pour structurer et crédibiliser une démarche climat, mais ils ne remplacent pas une stratégie climat opérationnelle et sincère. Une PME peut s'engager sérieusement pour la neutralité carbone sans passer par SBTi, à condition de suivre les principes de base : mesurer, réduire massivement, compenser en dernier recours.
Comment votre entreprise peut s'engager pour la neutralité carbone ?
Vous l'avez compris : une entreprise ne peut pas "être neutre en carbone". Mais elle peut (et doit !) s'engager dans une démarche de neutralité carbone en contribuant activement à l'objectif mondial.
Voici quelques étapes concrètes pour une stratégie climat crédible et ambitieuse, en s'appuyant sur les recommandations de l'ADEME.
1. Mettre en place une stratégie climat compatible avec l'Accord de Paris
Objectif : Réduire drastiquement vos émissions directes et indirectes (scopes 1, 2, 3) et augmenter les puits de carbone liés à votre patrimoine.
L'importance du diagnostic : réaliser un Bilan Carbone complet
Avant de réduire, il faut mesurer. La première étape incontournable consiste donc à réaliser un Bilan Carbone® complet couvrant les trois scopes :
Scope 1 : Émissions directes ;
Scope 2 : Émissions indirectes liées à l'énergie achetée ;
Scope 3 : Autres émissions indirectes.
Résultat attendu : Identifier vos "points chauds" carbone, c'est-à-dire les postes d'émissions les plus importants sur lesquels concentrer vos efforts de réduction.
💡Bon à savoir : Chez WeCount, nous accompagnons les entreprises pour structurer leur bilan carbone entreprise et monter en compétences en interne. Notre approche repose sur un programme collectif de 4 mois, combinant plateforme carbone, accompagnement expert et formation, afin de vous rendre autonome et capable de piloter votre stratégie climat dans la durée.
Définir une trajectoire de réduction compatible avec ACT Pas-à-pas
Une fois votre bilan carbone réalisé, définissez une trajectoire de réduction alignée avec les objectifs de l'Accord de Paris. ACT Pas-à-pas est un référentiel développé par l'ADEME qui permet d'évaluer et de construire une trajectoire climat ambitieuse et réaliste.
Principes :
Construire une stratégie climat robuste ;
Embarquer votre direction autour d’une vision partagée à 2035 et 2050 pour sécuriser votre modèle économique dans un monde bas-carbone ;
Bâtir un plan d’action chiffré (impact CO2e, coûts, planning, KPIs) ;
Valoriser votre engagement pour le climat ;
Préparer les exigences réglementaires (CSRD, ESRS E1, etc.) ;
Vous former et assurer un déploiement opérationnel des actions de décarbonation.
💡Bon à savoir : nous proposons un accompagnement ACT Pas à Pas sur 12 mois pour structurer votre stratégie climat. Cette démarche vous permet d’identifier vos risques et opportunités climatiques, définir une trajectoire de réduction alignée avec l’Accord de Paris et construire un plan d’actions chiffré et pilotable. En savoir plus sur notre accompagnement ACT Pas à Pas ou échangez avec un expert WeCount.
2. Participer à la décarbonation
Au-delà de réduire vos propres émissions, vous pouvez contribuer à la décarbonation du système en proposant des produits et services bas-carbone à vos clients. Aperçu de quelques actions concrètes à entreprendre :
Éco-concevoir vos produits pour réduire leur impact sur l'ensemble de leur cycle de vie ;
Proposer des alternatives sobres (réparation, location, reconditionné, sobriété d'usage) ;
Accompagner vos clients dans l'adoption de modes de consommation bas-carbone.
3. Contribuer à la transition globale en finançant des projets durables
Une fois vos efforts de réduction maximisés, vous pouvez financer des projets de séquestration ou de réduction chez des tiers (hors de votre propre périmètre).
Critères pour choisir des projets robustes :
Additionnalité : le projet n'aurait pas existé sans votre financement ;
Permanence : le carbone est stocké durablement (au moins 100 ans pour la séquestration) ;
Vérification : audit par un tiers indépendant (label Gold Standard, Verified Carbon Standard, Label Bas-Carbone français) ;
Co-bénéfices : impact positif sur la biodiversité, les sols, les populations locales.
💡 Important : Le financement de projets chez des tiers ne doit jamais remplacer la réduction de vos propres émissions.
4. Communiquer avec transparence
La transparence est la clé de la crédibilité. Lorsque vous communiquez sur votre démarche climat, soyez honnête et précis :
✅ Communiquez sur :
Vos % de réduction réalisés (par rapport à une année de référence) ;
Vos actions concrètes (rénovation énergétique, flotte électrique, éco-conception, changement de fournisseurs) ;
Votre trajectoire de réduction à moyen et long terme ;
Vos investissements dans la décarbonation (budget, ressources).
❌ Évitez :
Les formulations vagues ("engagé pour le climat", "entreprise verte") ;
Les termes trompeurs ("neutre en carbone", "zéro émission") sans préciser le périmètre ;
La sur-valorisation de la compensation au détriment de la réduction.
Comment WeCount peut-il vous accompagner dans votre stratégie climat ?
WeCount accompagne les entreprises dans la mesure, la réduction et le pilotage de leur empreinte carbone. Notre approche repose sur trois piliers complémentaires :
Des programmes d’accompagnement collectifs pour réaliser le bilan carbone® de votre entreprise, structurer une stratégie climat robuste, quantifier votre plan d'actions via l'accompagnement act pas-à-pas, monter en compétence et bénéficier de l’intelligence collective entre pairs.
Un accompagnement expert de votre secteur, pour adresser les enjeux propres à votre entreprise : périmètres multi-sites ou multi-pays, exigences réglementaires (CSRD, VSME), enjeux sectoriels spécifiques : nous vous aidons à traduire les cadres méthodologiques en décisions opérationnelles.
Notre objectif : Vous rendre autonome dans le pilotage de votre stratégie climat, pérenniser votre démarche, tout en sécurisant la qualité et la crédibilité de vos engagements.
Envie de structurer votre stratégie climat ? Échangez avec un expert WeCount.
FAQ : Neutralité carbone
Qu'est-ce que la neutralité carbone ?
La neutralité carbone est un équilibre global entre les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine et leur retrait de l'atmosphère par des puits de carbone (forêts, sols, technologies). Cela signifie séquestrer autant de carbone que nous en émettons pour stabiliser sa concentration dans l'atmosphère et limiter le réchauffement climatique. Cet objectif n'a de sens qu'à l'échelle planétaire ou des États coordonnés via l'Accord de Paris.
Comment atteindre la neutralité carbone ?
Pour tendre vers la neutralité carbone, la priorité est de réduire drastiquement ses émissions de GES sur l'ensemble de sa chaîne de valeur (scopes 1, 2 et 3), en commençant par mesurer son bilan carbone. En parallèle, il s'agit de contribuer à la décarbonation de son écosystème (produits et services bas-carbone, fournisseurs, clients). La compensation ne vient qu'en dernier recours, pour les émissions résiduelles incompressibles.
Une entreprise peut-elle vraiment être neutre en carbone ?
Non. Une entreprise ne peut pas "être neutre en carbone" car ce concept ne s'applique qu'à l'échelle planétaire. En revanche, elle peut s'engager dans une démarche de neutralité carbone en réduisant drastiquement ses émissions (scopes 1, 2, 3), en proposant des produits/services bas-carbone, et en finançant des projets de séquestration chez des tiers. Elle contribue ainsi à l'objectif mondial sans pouvoir revendiquer une neutralité individuelle.
La neutralité carbone est-elle obligatoire pour les entreprises ?
Non, la neutralité carbone n'est pas une obligation légale. En revanche, certaines réglementations imposent de mesurer et réduire ses émissions. Le BEGES est obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés (250 dans les DOM), les collectivités de plus de 50 000 habitants et les établissements publics de plus de 250 agents. La CSRD (reporting climat pour grandes entreprises) oblige les grandes entreprises à publier des informations détaillées sur leur stratégie climat, leurs objectifs de réduction et leur plan de transition (ESRS E1). Elle n’impose pas la neutralité carbone, mais exige de justifier la cohérence des trajectoires annoncées. LaLoi Climat et Résilience encadre strictement les allégations environnementales. Toute communication faisant référence à la neutralité carbone doit être accompagnée d’éléments précis, vérifiables et proportionnés.
Quelle est la différence entre neutralité carbone et net zéro ?
Le Net Zéro est une trajectoire scientifique encadrée par la SBTi qui impose de réduire d'au moins 90 à 95% ses émissions avant de neutraliser les émissions résiduelles incompressibles. La neutralité carbone désigne un équilibre entre émissions et absorption, mais a longtemps reposé sur la compensation sans réduction réelle. Depuis la loi Climat et Résilience (2021), les entreprises ne peuvent plus se déclarer "neutres" sans prouver qu'elles ont d'abord réduit leurs émissions et doivent parler de contribution à la neutralité mondiale.
La compensation carbone est-elle fiable ?
Cela dépend. Une compensation est fiable si elle respecte des critères stricts : additionnalité (le projet n'aurait pas eu lieu sans financement), permanence (stockage durable du carbone), vérification (audit indépendant) et co-bénéfices (impact positif sur biodiversité, sols, populations). Attention aux projets de faible qualité ou menacés par les incendies. La compensation ne doit jamais remplacer la réduction, elle est un complément pour les émissions résiduelles.
Pendant plusieurs mois, ces structures ont réalisé leur bilan d'émissions de gaz à effet de serre (GES), partagé leurs données terrain et élaboré leurs premières pistes d'action de décarbonation grâce à l'accompagnement individuel, aux ateliers collectifs et à la plateforme carbone de WeCount.
Les retours d'expérience opérationnels des Offices de Tourisme participants, associés à l'expertise méthode de WeCount, ont permis la co-construction d'une note méthodologique au plus proche des réalités et des spécificités du secteur touristique territorial.
Contenu du guide
Dans le guide, vous pouvez trouver :
✅ +20 idées d'actions concrètes et leviers opérationnels pour engager votre plan de décarbonation et inciter aux mobilités bas-carbone.
💡 Des repères méthodologiques sur-mesure pour structurer votre démarche et réussir à définir vos périmètres d'étude (Périmètre Office de Tourisme vs Périmètre Destination)
🔎 Une analyse décryptée des 6 principaux postes d'émissions du secteur : mobilités visiteurs (réceptif/local), produits de boutique, prestations traiteurs & alimentation, numérique, gestion des bâtiments et achats de services.
📊 Des recommandations et cas pratiques pour fixer votre trajectoire de réduction des émissions (alignée sur la SNBC, les objectifs de votre collectivité ou la méthodologie SBTi) et mobiliser votre écosystème territorial.
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Intervenants
🎙️ Sylvain Wasserman, président de l'ADEME
🎙️ Claire Bottineau, Head of Sustainability chez Elis Group et vice-présidente du C3D
🎙️ Emery Jacquillat, PDG de CAMIF et cofondateur de la Communauté des Entreprises à Mission
Pourquoi participer
Ce webinaire a été conçu comme un moment pour :
Dépasser les idées reçues sur le coût de la RSE et en faire un levier de création de valeur globale,
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👋 À propos des webinaires Pépites de WeCount
Les Pépites de WeCount mettent en lumière celles et ceux qui font avancer la décarbonation dans leurs organisations. Un rdv trimestriel, des formats courts, inspirants et concrets pour passer de la réflexion à l’action.
Pour les responsables RSE et les directions générales, la question n’est plus seulement de réduire les émissions : il devient essentiel d’anticiper les risques physiques et de sécuriser les processus vitaux.
Le Diag Adaptation, proposé par Bpifrance en partenariat avec l’ADEME, constitue aujourd’hui une première étape structurante pour comprendre l’exposition de votre entreprise et construire un plan d’action face aux enjeux d’adaptation climatique.
Dans cet article, nous vous expliquons comment fonctionne ce dispositif et comment aller plus loin pour structurer votre stratégie de résilience
À retenir
Environ 6 jours d’accompagnement sur 3 à 6 mois
Une prestation d’un montant de 6 000 € HT, financée à 50 % par Bpifrance
Un diagnostic de vulnérabilité pour analyser les impacts du changement climatique
Un plan d’action priorisé pour réduire l’exposition aux aléas
Une montée en compétences sur les enjeux d’adaptation climatique
Diag Adaptation : qu’est-ce que c’est ?
Le Diag Adaptation est un dispositif public visant à aider les entreprises à anticiper les conséquences du changement climatique sur leurs activités.
L’objectif est d’identifier les risques physiques susceptibles d’affecter :
les sites et infrastructures (chaleur, inondations, sécheresses…) ;
les conditions de travail des équipes ;
les flux critiques de la chaîne de valeur (approvisionnement, transport, distribution).
Cette démarche permet de mieux comprendre la vulnérabilité de l’organisation et de sécuriser ses processus vitaux dans un contexte climatique de plus en plus incertain.
Qui peut bénéficier du Diag Adaptation ?
Le dispositif s’adresse aux entreprises françaises :
disposant d’un site de moins de 500 salariés ;
justifiant d’au moins un an d’activité ;
respectant les critères financiers définis par Bpifrance.
Chaque diagnostic concerne un site spécifique, mais peut être reproduit sur plusieurs implantations.
Le coût total de la prestation est d’environ 6 000 € HT, dont 50 % sont pris en charge par Bpifrance, soit un reste à charge d’environ 3 000 € HT par site.
Quelle est la procédure pour candidater ?
La demande se réalise directement sur la plateforme de Bpifrance.
L’entreprise doit notamment fournir :
un extrait K-bis récent ;
la liasse fiscale ;
un justificatif d’identité du dirigeant.
Une fois le dossier validé, un expert climat référencé est missionné pour conduire le diagnostic.
Les étapes du Diag Adaptation
Phase 1 – Sensibilisation et cadrage
Un atelier permet de sensibiliser les équipes aux enjeux d’adaptation climatique et d’identifier les principaux processus vitaux du site.
Phase 2 – Diagnostic de vulnérabilité
L’analyse porte sur l’exposition des activités aux risques physiques liés au changement climatique, avec une projection à moyen et long terme.
Phase 3 – Élaboration du plan d’adaptation
Une matrice de risques permet de hiérarchiser les actions selon leur urgence, leur faisabilité et leur impact.
L’entreprise repart avec un plan d’action concret pour renforcer sa résilience.
Qui peut vous accompagner ?
Le Diag Adaptation est réalisé par des consultants climat référencés et formés par Bpifrance et l’ADEME.
Ces experts accompagnent les organisations dans la réalisation du diagnostic de vulnérabilité et la définition des premières actions.
Certaines entreprises choisissent ensuite d’approfondir la démarche pour structurer une véritable stratégie d’adaptation climatique.
Diag Adaptation : l’accompagnement proposé par WeCount
Le programme Adaptation proposé par WeCount peut être mobilisé en complément du Diag Adaptation afin de transformer ce diagnostic en feuille de route opérationnelle.
Cet accompagnement structuré de 4 mois combine :
un suivi individuel par un expert climat
des sessions de formation pour monter en compétences
des ateliers collectifs inter-entreprises favorisant le partage de retours d’expérience
Il repose sur des méthodologies reconnues par l’ADEME, notamment la méthode OCARA pour objectiver les vulnérabilités et le référentiel ACT Adaptation pour construire une stratégie robuste.
Concrètement, le programme permet :
de cartographier les risques physiques sur toute la chaîne de valeur
d’en évaluer les impacts économiques potentiels (chiffre d’affaires, investissements exposés, coût de l’inaction)
de définir une trajectoire d’adaptation climatique priorisée
de mettre en place une gouvernance interne pour piloter les actions dans la durée
L’objectif est de passer d’un diagnostic ponctuel à une démarche stratégique intégrée, tout en assurant la montée en compétence des équipes. Contactez-nous pour en savoir plus.
Quelles prochaines étapes après un Diag Adaptation ?
Le diagnostic constitue une première base pour anticiper les effets du changement climatique.
Mais la résilience se construit dans le temps.
Les entreprises peuvent ensuite :
approfondir leur stratégie climat globale
intégrer l’adaptation dans leurs décisions d’investissement
renforcer le pilotage des risques en intégrant une réflexion sur la chaîne de valeur
mobiliser leurs équipes autour d’une trajectoire claire
Anticiper les impacts climatiques devient ainsi un levier clé pour sécuriser la performance et la continuité d’activité.