La France s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Pour y parvenir, l'État s'appuie sur la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC). Ce document constitue le cadre d’action officiel de la France en matière d’atténuation du changement climatique.
Initiée en 2015 puis actualisée en 2020 (SNBC 2), ce cadre stratégique définit la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et liste les orientations pour développer les puits de carbone. Le dispositif fixe ainsi des budgets carbone à respecter pour assurer la transition vers une économie durable dans tous les secteurs d’activité.
La troisième édition de ce texte (SNBC 3) est d'ailleurs dans sa dernière ligne droite : après une phase de consultation publique, son adoption définitive par décret est attendue pour le printemps 2026.
Quels sont les objectifs fixés par la SNBC ? Quelles mesures concrètes constituent ce plan d'action ? Quelles sont les grandes nouveautés apportées par la SNBC 3 ? Et surtout, quel est l’impact sur votre secteur d’activité et votre entreprise ? Nous répondons à toutes vos questions !
📩 Ressource utile : Pour suivre les évolutions de la SNBC 3, les nouvelles obligations climat et les bonnes pratiques de décarbonation en entreprise, vous pouvez vous abonner à notre newsletter WeCount.
Dernières actualités sur la SNBC 3
Le calendrier : L'adoption définitive de la SNBC 3 par décret est actée pour le printemps 2026, venant clôturer une ultime phase de consultation publique dématérialisée ;
L'empreinte carbone : La France devient le premier pays à fixer un objectif spécifique pour réduire ses émissions importées, avec une baisse visée allant jusqu'à -79 % (2,3 t eqCO 2/hab) d'ici 2050 ;
Les puits de carbone : Face à la dégradation de la capacité d'absorption de nos forêts (incendies, crise des scolytes), le texte intègre désormais de façon réaliste le développement de puits de carbone technologiques ;
La souveraineté économique : Tenir la trajectoire de la SNBC 3 permettrait à la France d'économiser entre 22 et 39 milliards d'euros d'ici 2030 sur ses importations d'énergies fossiles ;
La justice sociale : Le texte évalue plus finement la rentabilité des investissements demandés et les capacités financières des ménages afin de mieux cibler les dispositifs d'accompagnement et assurer une transition juste.
La SNBC, qu’est-ce que c’est ?
La Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) a été instaurée par la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte. Elle s'inscrit dans les engagements pris par la France dans le cadre de l'Accord de Paris.
Les 7 objectifs de la SNBC
La nouvelle édition de la stratégie (SNBC 3) s'articule désormais autour de 7 grands objectifs stratégiques :
Les grands objectifs stratégiques de la nouvelle SNBC, ecologie.gouv.fr
Réduire de moitié les émissions territoriales hors puits de carbone (secteur UTCATF et puits technologiques) d’ici 2030 par rapport à 1990.
Atteindre la neutralité carbone en 2050, un défi majeur compte-tenu de la dégradation du puits forestier et de la nécessité de développer les puits technologiques.
Garantir la souveraineté énergétique et sortir des énergies fossiles.
Réduire notre consommation d’énergie finale.
Consolider le puits de carbone naturel.
Garantir une transition juste, soutenable et compétitive sur les plans socio-économiques.
Réduire l'empreinte carbone de la France.
Comme l'illustre le deuxième objectif, la neutralité carbone signifie que les émissions de GES sont équilibrées par les absorptions de carbone. Historiquement, la France misait exclusivement sur les écosystèmes naturels (forêts, sols agricoles) pour ce rôle de "puits de carbone".
Mais la SNBC 3 marque un tournant sur ce point. Face à la dégradation avérée de la capacité d'absorption de nos forêts (fragilisées par les incendies et les maladies liées au réchauffement climatique), l'État a dû revoir ses calculs.
La nouvelle stratégie intègre désormais le développement des "puits technologiques" (les procédés de capture et de stockage du carbone de type CCS/CCUS). Ils sont jugés nécessaires pour neutraliser les émissions industrielles résiduelles, sans pour autant devenir un prétexte à l'inaction.
En bref, la SNBC établit le cadre pour orienter l'action publique, les investissements et la transformation de chaque secteur. Pour les entreprises, ce cadre sert de point d’appui pour construire une stratégie climat structurée, alignée avec les objectifs nationaux et sectoriels.
Pour s'assurer que la France reste sur les bons rails, le dispositif définit des "budgets carbone" répartis sur des périodes de cinq ans (actuellement : 2024-2028, 2029-2033 et 2034-2038). Ce sont des plafonds d’émissions de gaz à effet de serre à ne pas dépasser au niveau national.
Les budgets carbone de la SNBC 3, ecologie.gouv.fr
De la SNBC 2 à la SNBC 3 : quelles nouveautés ?
La SNBC 3 succède à la version adoptée en 2020. Elle s'appuie sur une évaluation de la période précédente pour ajuster la trajectoire climatique de la France.
Il est à noter que le deuxième budget carbone (portant sur la période 2019-2023) a été respecté.
Pour rappel, un budget carbone est un plafond d’émissions de gaz à effet de serre défini au niveau national pour une période de cinq ans.
Avec cette nouvelle édition, le gouvernement révise ces budgets pour fixer des objectifs de réduction plus ambitieux et restrictifs, en cohérence avec les engagements européens. Ils s'établissent ainsi pour les prochaines périodes :
2024-2028 : 347 Mt CO2eq/an ;
2029-2033 : 265 Mt CO2eq/an ;
2034-2038 : 192 Mt CO2eq/an
Ces budgets impliquent une baisse des émissions de l'ordre de 5 % en moyenne chaque année d’ici 2030. L'atteinte de ces cibles nécessite une mise en mouvement collective et des transformations sectorielles.
Par exemple, pour décarboner le secteur des transports, une des solutions proposées est d'atteindre 50 % à 66 % de voitures électriques dans les ventes de véhicules neufs en 2030.
Comment est révisée la SNBC ?
La loi prévoit une révision de la Stratégie Nationale Bas-Carbone tous les cinq ans. Pour cette troisième édition, le processus de mise à jour s'appuie sur une analyse rétrospective du chemin parcouru.
Le bilan du deuxième budget carbone (2019-2023) a ainsi permis d'identifier les mesures efficaces et d'ajuster les nouvelles trajectoires aux dynamiques actuelles.
Concrètement, la révision de la stratégie comprend :
Un travail de modélisation prospective pour mettre à jour le scénario de référence, définir les nouveaux budgets carbone et intégrer des tests de sensibilité (comme l'évolution du trafic aérien ou les besoins énergétiques liés à l'intelligence artificielle).
La révision des orientations stratégiques, avec l'élaboration de feuilles de route spécifiques pour les secteurs les plus émetteurs.
Des phases de concertation régulières impliquant les citoyens, les entreprises, les collectivités et des instances obligatoires (comme le Haut Conseil pour le Climat).
L'adoption définitive de la stratégie par décret, qui intervient après une ultime consultation publique dématérialisée.
L’enjeu de ce processus régulier est de donner une visibilité à long terme aux acteurs économiques et aux territoires. L'objectif est de structurer les investissements nécessaires tout en limitant les conséquences du changement climatique et de la transition sur les citoyens et les entreprises.
Cette approche s’articule aussi avec les enjeux d’adaptation portés par le PNACC (Plan National d’Adaptation au Changement Climatique), qui vise à préparer les acteurs publics et privés aux conséquences déjà visibles du dérèglement climatique.
Quel plan d’action pour la France ?
Pour atteindre ses objectifs, la SNBC 3 ne se contente pas de fixer un cap chiffré. Elle détaille les moyens à mettre en œuvre à travers trois grands types d'orientations :
Des orientations sectorielles : Elles visent à réduire les émissions territoriales dans les domaines les plus émetteurs (transports, agriculture, industrie, bâtiments, BTP, énergie, déchets et l'utilisation des terres) ;
Des orientations transversales : Elles ont pour but de mobiliser l'ensemble des acteurs de la société dans la transition (services publics, entreprises, collectivités territoriales, citoyens) en intégrant les enjeux de formation, de financement ou encore d'aménagement du territoire ;
Des orientations en empreinte carbone : en plus des émissions territoriales pour réduire notre impact global et les émissions importées. En 2024, l’empreinte carbone de la France atteint 563 Mt CO₂e. Elle devra être réduite à -79% en 2050 (entre 160 et 215 Mt) par rapport à 2010 (749 Mt).
📝 À noter : La différence entre inventaire national et empreinte carbone. Il existe une distinction importante entre les émissions territoriales (l'inventaire national) et l’empreinte carbone (approche consommation). L’inventaire national comptabilise les émissions produites par les ménages et les activités économiques présents sur le territoire français. L’empreinte carbone, quant à elle, comptabilise les émissions liées à ce que les Français consomment, que les biens soient produits en France ou importés. L'empreinte carbone de la France est beaucoup plus élevée que son inventaire national. Le calcul des seules émissions territoriales ne suffisant plus, la SNBC 3 marque un tournant en intégrant pour la première fois un objectif spécifique pour réduire l'empreinte carbone. La France vise ainsi une baisse allant jusqu'à -79 % d'ici 2050 de son impact global.
Les orientations transversales de la SNBC
La stratégie nationale bas-carbone ne se limite pas à des mesures techniques par secteur. Elle définit 9 orientations transversales pour intégrer les enjeux climatiques dans le fonctionnement global de la société :
Piloter la décarbonation au cœur de l’action publique : L'État vise l'exemplarité pour ses services. Avec 2,5 millions d'agents, la fonction publique représente environ 12 % de l'empreinte carbone nationale.
Accompagner les entreprises pour une économie décarbonée et compétitive : L'enjeu est de structurer les aides à la décarbonation, d'assurer le respect des obligations de transparence climatique et de proposer un accompagnement adapté, notamment pour les TPE-PME.
Pour ces structures, réaliser un bilan carbone constitue souvent la première étape pour objectiver les émissions et prioriser les actions. Selon leur profil, certaines entreprises peuvent aussi mobiliser des subventions pour soutenir leur démarche climat.
Accompagner la transition climatique des territoires : L'État soutient les collectivités locales pour qu'elles mettent en œuvre des plans climat ambitieux et opérationnels.
Faire de chaque citoyen un acteur de la transition écologique : La stratégie associe transition et justice sociale, notamment en ciblant les dispositifs de soutien financier vers les ménages les plus modestes.
Mobiliser pour un aménagement durable des territoires : Les acteurs publics et privés doivent intégrer les enjeux climatiques dans l'urbanisme, avec pour boussole l'objectif de "Zéro Artificialisation Nette" (ZAN) en 2050.
Soutenir la contribution de la recherche scientifique : L'innovation est encouragée pour faire émerger les ruptures technologiques et les solutions d'atténuation de demain.
Former professionnellement plus de 200 000 personnes par an : Le marché de l'emploi et les filières de formation doivent s'adapter pour fournir les compétences techniques requises par les nouveaux métiers de la transition. À l’échelle des organisations, suivre une formation au bilan carbone permet aussi de monter en compétence en interne et de mieux piloter sa démarche climat.
Financer une transition juste : La décarbonation nécessite environ 80 milliards d'euros d'investissements bruts additionnels par an. Cela implique de mobiliser tous les leviers de financements, publics comme privés.
Réduire l'empreinte carbone du numérique : C'est l'un des rares secteurs dont les émissions augmentent. L'objectif est de stabiliser cette empreinte en maîtrisant la consommation des centres de données et en allongeant la durée de vie des équipements.
L’empreinte carbone numérique devient un sujet stratégique pour les organisations qui s’appuient fortement sur le cloud, les équipements informatiques et les services digitaux. L’essor des usages liés à l’intelligence artificielle soulève également de nouveaux enjeux autour de l’empreinte carbone de l’IA et des besoins énergétiques associés.
📝 À noter : Si ces orientations posent le cadre global, le succès de la SNBC 3 repose sur sa déclinaison opérationnelle par les entreprises et les pouvoirs publics.
La SNCB par secteur
Secteur
Objectif de réduction d'ici 2030 (par rapport à 1990)
Aperçu des mesures clés
Exemple
Transports
-26 % (et quasi-neutralité en 2050)
Électrification des voitures particulières, Favoriser le report modal des marchandises, réduire l'intensité carbone...
Atteindre 66 % de voitures électriques dans les ventes neuves en 2030.
Bâtiments
-60 % (et -97 % en 2050)
Rénovation performante, développement des pompes à chaleur, maîtriser la hausse des usages de la clim...
Rénover 700 000 logements par an.
Agriculture
-28 % (et -54 % en 2050)
Faire évoluer les systèmes de production en grandes cultures, baisse des engrais minéraux azotés, réduire l'intensité carbone des élevages...
Développer les systèmes agroécologiques sur 36 % des surfaces en 2030 et 50 % en 2050.
Forêt-Bois et Sols (UTCATF)
Maintenir le puits de carbone autour de -25 Mt CO2e en 2030 et -24 Mt CO2e en 2050
Adaptation des forêts au climat, Atteindre l'objectif de zéro dans les produits bois artificialisation nette en 2050, développer les puits produits bois...
Boiser 200 000 hectares entre 2030 et 2039.
Industrie
-68 % (et -97 % en 2050, hors puits technologiques)
Réindustrialisation verte, augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique de l'industrie, mobiliser plus de biomasse solide pour les usages difficiles à électrifier...
Atteindre 4 à 8 MtCO₂ de carbone capté en 2030.
Énergie
-67 % (et -96 % en 2050)
Développement de l'électricité bas-carbone, sortie progressive des énergies fossiles...
Fin de la production électrique au charbon dès 2027.
Déchets
-28 % (et -55 % en 2050)
Économie circulaire, améliorer la valorisation énergétique des déchets, raccorder la population à des systèmes de traitement des eaux usés....
Diminuer de 40 % le volume de déchets stockés d'ici 2030.
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Transports
La décarbonation du secteur des transports, premier poste d'émissions en France, repose sur la mobilité propre et le report modal. Les orientations incluent :
Le passage aux véhicules électriques pour les particuliers et l'électrification des flottes de poids lourds et d'autobus.
Le développement du fret ferroviaire et fluvial (avec un objectif de doublement de la part modale du ferroviaire d'ici 2030).
La maîtrise de la demande à travers le covoiturage et la réduction des trajets domicile-travail.
Bâtiments
Pour les secteurs résidentiel et tertiaire, la stratégie accélère la rénovation énergétique et l'adoption d'énergies décarbonées. Le plan s'articule autour de :
L'éradication des "passoires thermiques" à l'horizon 2035-2040.
Le remplacement progressif des chaudières fossiles (avec une sortie du fioul actée pour 2035) par des pompes à chaleur ou des raccordements aux réseaux de chaleur.
La stricte application du dispositif Éco-Énergie Tertiaire pour réduire les consommations des bâtiments d'entreprise.
Agriculture
Pour réduire l'impact de l'agriculture, la stratégie promeut une évolution des pratiques de production et des habitudes de consommation. Cela passe par :
L'augmentation des surfaces en agriculture biologique (visant 21 % en 2030) et le développement de l'agroécologie.
La réduction de l'usage des engrais azotés et l'amélioration de la gestion des effluents d'élevage.
L'accompagnement vers des régimes alimentaires plus durables et la lutte contre le gaspillage.
Forêt-Bois et Sols (UTCATF)
Face à la baisse alarmante de la capacité d'absorption de nos forêts, l'objectif n'est plus d'augmenter irréalistement ce puits, mais d'enrayer sa dégradation. Les actions visent :
L'adaptation des peuplements forestiers au changement climatique et la défense contre les incendies.
La préservation des sols agricoles et la mise en œuvre de l'objectif "Zéro Artificialisation Nette" (ZAN).
La valorisation du bois-matériau dans la construction pour stocker le carbone à long terme.
Industrie
La transition de l'industrie française repose sur la décarbonation des procédés de fabrication et la réindustrialisation verte. Les leviers identifiés sont :
L'électrification des procédés et le recours accru à la chaleur renouvelable (biomasse, combustibles solides de récupération).
L'intégration de l'hydrogène bas-carbone pour les usages difficiles à électrifier.
Le déploiement maîtrisé des technologies de captage et de stockage du carbone (CCS) pour les émissions résiduelles.
Énergie et Déchets
Pour soutenir l'ensemble de ces secteurs, la SNBC 3 planifie la décarbonation de notre production d'énergie, actant la fin de la production électrique de charbon en 2027 et la sortie du pétrole d'ici 2045.
En parallèle, la stratégie renforce l'économie circulaire pour le secteur des déchets, avec l'objectif de réduire le volume stocké et d'améliorer le tri à la source des biodéchets.
La SNBC fixe un cap national. Sa déclinaison opérationnelle repose désormais sur l'appropriation de ces objectifs par les collectivités, les entreprises et les citoyens, afin de mettre en place des actions concrètes pour se diriger ensemble vers une économie décarbonée
Les indicateurs de suivi
Le Ministère de la Transition Écologique met en place plusieurs indicateurs pour mesurer la réduction des émissions de gaz à effet de serre :
Les émissions de GES et les budgets carbone : Mesure de l'évolution des émissions territoriales et importées, secteur par secteur, et suivi des absorptions par les puits de carbone naturels et technologiques ;
La consommation énergétique et les ressources : Mesure de l'efficacité énergétique globale et vérification continue de la disponibilité des ressources (comme la biomasse ou l'électricité décarbonée) pour éviter les conflits d'usage ;
La déclinaison territoriale et organisationnelle : Suivi de la mise en œuvre des plans locaux (COP régionales, Plans climat-air-énergie territoriaux) et renforcement du suivi des bilans d'émissions de gaz à effet de serre (BEGES) des structures publiques et privées.
Les entreprises peuvent s'appuyer sur ces trajectoires nationales et sectorielles pour structurer leur propre plan de transition, anticiper les futures obligations de transparence climatique et identifier les aides disponibles.
La méthode ACT Pas-à-Pas permet justement de passer d’un diagnostic carbone à une stratégie de transition robuste, pilotable et compatible avec les exigences de long terme. Pour aller plus loin, découvrez également notre programme ACT Pas-à-Pas dédié aux entreprises souhaitant structurer leur feuille de route climat.
Où en sommes-nous aujourd'hui ?
Les émissions de GES en France (2023-2025)
L'évaluation rétrospective de la précédente stratégie montre une évolution globale positive sur le long terme : le deuxième budget carbone de la France (2019-2023) a été respecté et les émissions nationales ont baissé d'environ 30 % depuis 1990.
Cependant, dévoilée en décembre 2025 lors du dixième anniversaire de l'Accord de Paris, la SNBC 3 s'inscrit dans un climat de ralentissement inquiétant des efforts environnementaux. Les données récentes illustrent une perte de vitesse marquante : la diminution des émissions de gaz à effet de serre nationales s'opère désormais à un rythme trois fois plus lent que la nouvelle trajectoire exigée.
Le baromètre du CITEPA évalue en effet cette baisse à seulement -1,8 % pour 2024 et prévoit un modeste -1,6 % pour 2025. Ces résultats restent bien en deçà de la cible de -4,6 % de réduction annuelle, pourtant indispensable d'ici 2030 pour tenir l'objectif de neutralité carbone en 2050.
Ce constat est d'ailleurs partagé par le Haut Conseil pour le Climat (HCC) dans son 7e rapport annuel (juillet 2025), qui pointe un retard significatif dans la décarbonation de secteurs clés comme les transports, l'agriculture et les déchets.
Les défis pour tenir la trajectoire
Plusieurs défis majeurs doivent être relevés pour corriger cette dynamique et s'aligner sur la nouvelle stratégie :
Le besoin de stabilité et de visibilité : Le Haut Conseil pour le Climat alerte sur les effets néfastes des politiques de "Stop & Go" du gouvernement. Cette instabilité budgétaire et réglementaire freine la visibilité à long terme, ce qui est pénalisant pour les décisions d'investissement des entreprises et des élus locaux.
L'adoption définitive de la SNBC 3 a pour mission de redonner un signal clair et pérenne aux acteurs économiques.
Le choc d'investissement : La décarbonation de l'économie nécessite une mobilisation financière massive. L'atteinte des objectifs de la transition écologique demandera environ 80 milliards d'euros d'investissements bruts additionnels par an.
L'argent public et privé doit s'orienter en priorité vers les infrastructures bas-carbone (ferroviaire, énergies renouvelables, bornes de recharge) tout en réduisant de manière drastique les subventions aux énergies fossiles.
La cohérence des politiques publiques : La réussite de la trajectoire dépendra d'un pilotage décentralisé plus fin, à l'échelle régionale et communale. Elle nécessitera d'apporter une cohérence entre la sobriété énergétique et l'innovation technologique, avec une attention stricte portée à la justice sociale pour garantir l'adhésion des citoyens.
Quel rapport avec mon entreprise ?
La Stratégie Nationale Bas-Carbone détermine la politique climatique de la France en accord avec les engagements de l'Accord de Paris et les objectifs européens.
Bien que ces orientations soient fixées à l'échelle nationale, elles se déclinent en réglementations, en obligations sectorielles et en dispositifs d'aides qui impactent directement les modèles d'affaires des entreprises.
Comment votre entreprise s’intègre à cette feuille de route ?
Pour tenir la trajectoire ambitieuse de la SNBC 3, la mobilisation du secteur privé est indispensable.
La première étape de cet engagement repose sur la réalisation d'un Bilan Carbone complet. Cet outil permet de mesurer précisément les émissions de gaz à effet de serre (GES) de votre organisation et d'identifier les postes les plus émetteurs.
Choisir un outil de calcul de bilan carbone adapté permet ici de fiabiliser la collecte des données, le suivi des indicateurs et le pilotage du plan d’action dans la durée.
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Cependant, le calcul n’est que le point de départ. Une fois ce diagnostic établi, il sert de socle pour structurer une trajectoire carbone et un plan de transition alignés sur les objectifs nationaux. Cela se traduit par des actions opérationnelles telles que :
Le déploiement d'une politique d'achats responsables (un levier indispensable pour réduire les émissions importées, l'un des nouveaux piliers de la SNBC 3).
L'électrification de la flotte automobile et la priorisation du ferroviaire pour les déplacements professionnels.
L'intégration de l'éco-conception pour réduire l'empreinte matière de vos produits et services.
L'optimisation énergétique de vos bâtiments tertiaires ou de vos procédés industriels.
Par ailleurs, la SNBC n'est pas qu'un cadre théorique : elle influence directement le droit et l'économie en se traduisant par des réglementations très concrètes pour les entreprises. Parmi les textes et dispositifs directement alignés sur la SNBC, on peut citer :
Pour l'immobilier et l'aménagement : L'application stricte du Dispositif Éco-Énergie Tertiaire (Décret Tertiaire) pour réduire les consommations des bâtiments d'entreprise, la norme RE2020 pour les constructions neuves, ou encore l'objectif Zéro Artificialisation Nette (ZAN) qui impacte directement l'urbanisme et l'expansion foncière.
Pour l'industrie et le commerce : Le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) pour limiter les fuites de carbone et taxer les importations hors UE, ainsi que le rehaussement continu des objectifs des Certificats d'Économies d'Énergie (CEE), dont la 6e période vient d'être revue à la hausse de 27 %.
Pour les produits et la consommation : Le développement progressif de l'affichage environnemental sur les produits et les nouvelles lois ciblant des secteurs très émetteurs, comme le textile et la lutte contre la fast fashion.
Pour la mobilité : Le futur plan d'électrification et le projet de loi cadre pour le développement des transports, qui viendront accélérer la conversion des flottes de véhicules d'entreprise vers l'électrique et structurer les infrastructures de recharge.
Pour la gouvernance financière : Le renforcement de l'éco-conditionnalité des aides publiques et la montée en puissance des obligations de transparence extra-financière.
En définitive, la SNBC trace une trajectoire claire pour décarboner l'économie française d'ici 2050. Pour transformer ce cap politique en résultats mesurables, les entreprises ont un rôle moteur à jouer. Structurer une stratégie de décarbonation permet non seulement de répondre aux exigences réglementaires toujours plus nombreuses, mais aussi de pérenniser son activité.
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Pendant plusieurs mois, ces structures ont réalisé leur bilan d'émissions de gaz à effet de serre (GES), partagé leurs données terrain et élaboré leurs premières pistes d'action de décarbonation grâce à l'accompagnement individuel, aux ateliers collectifs et à la plateforme carbone de WeCount.
Les retours d'expérience opérationnels des Offices de Tourisme participants, associés à l'expertise méthode de WeCount, ont permis la co-construction d'une note méthodologique au plus proche des réalités et des spécificités du secteur touristique territorial.
Contenu du guide
Dans le guide, vous pouvez trouver :
✅ +20 idées d'actions concrètes et leviers opérationnels pour engager votre plan de décarbonation et inciter aux mobilités bas-carbone.
💡 Des repères méthodologiques sur-mesure pour structurer votre démarche et réussir à définir vos périmètres d'étude (Périmètre Office de Tourisme vs Périmètre Destination)
🔎 Une analyse décryptée des 6 principaux postes d'émissions du secteur : mobilités visiteurs (réceptif/local), produits de boutique, prestations traiteurs & alimentation, numérique, gestion des bâtiments et achats de services.
📊 Des recommandations et cas pratiques pour fixer votre trajectoire de réduction des émissions (alignée sur la SNBC, les objectifs de votre collectivité ou la méthodologie SBTi) et mobiliser votre écosystème territorial.
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Intervenants
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🎙️ Claire Bottineau, Head of Sustainability chez Elis Group et vice-présidente du C3D
🎙️ Emery Jacquillat, PDG de CAMIF et cofondateur de la Communauté des Entreprises à Mission
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Ce webinaire a été conçu comme un moment pour :
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👋 À propos des webinaires Pépites de WeCount
Les Pépites de WeCount mettent en lumière celles et ceux qui font avancer la décarbonation dans leurs organisations. Un rdv trimestriel, des formats courts, inspirants et concrets pour passer de la réflexion à l’action.
Pour les responsables RSE et les directions générales, la question n’est plus seulement de réduire les émissions : il devient essentiel d’anticiper les risques physiques et de sécuriser les processus vitaux.
Le Diag Adaptation, proposé par Bpifrance en partenariat avec l’ADEME, constitue aujourd’hui une première étape structurante pour comprendre l’exposition de votre entreprise et construire un plan d’action face aux enjeux d’adaptation climatique.
Dans cet article, nous vous expliquons comment fonctionne ce dispositif et comment aller plus loin pour structurer votre stratégie de résilience
À retenir
Environ 6 jours d’accompagnement sur 3 à 6 mois
Une prestation d’un montant de 6 000 € HT, financée à 50 % par Bpifrance
Un diagnostic de vulnérabilité pour analyser les impacts du changement climatique
Un plan d’action priorisé pour réduire l’exposition aux aléas
Une montée en compétences sur les enjeux d’adaptation climatique
Diag Adaptation : qu’est-ce que c’est ?
Le Diag Adaptation est un dispositif public visant à aider les entreprises à anticiper les conséquences du changement climatique sur leurs activités.
L’objectif est d’identifier les risques physiques susceptibles d’affecter :
les sites et infrastructures (chaleur, inondations, sécheresses…) ;
les conditions de travail des équipes ;
les flux critiques de la chaîne de valeur (approvisionnement, transport, distribution).
Cette démarche permet de mieux comprendre la vulnérabilité de l’organisation et de sécuriser ses processus vitaux dans un contexte climatique de plus en plus incertain.
Qui peut bénéficier du Diag Adaptation ?
Le dispositif s’adresse aux entreprises françaises :
disposant d’un site de moins de 500 salariés ;
justifiant d’au moins un an d’activité ;
respectant les critères financiers définis par Bpifrance.
Chaque diagnostic concerne un site spécifique, mais peut être reproduit sur plusieurs implantations.
Le coût total de la prestation est d’environ 6 000 € HT, dont 50 % sont pris en charge par Bpifrance, soit un reste à charge d’environ 3 000 € HT par site.
Quelle est la procédure pour candidater ?
La demande se réalise directement sur la plateforme de Bpifrance.
L’entreprise doit notamment fournir :
un extrait K-bis récent ;
la liasse fiscale ;
un justificatif d’identité du dirigeant.
Une fois le dossier validé, un expert climat référencé est missionné pour conduire le diagnostic.
Les étapes du Diag Adaptation
Phase 1 – Sensibilisation et cadrage
Un atelier permet de sensibiliser les équipes aux enjeux d’adaptation climatique et d’identifier les principaux processus vitaux du site.
Phase 2 – Diagnostic de vulnérabilité
L’analyse porte sur l’exposition des activités aux risques physiques liés au changement climatique, avec une projection à moyen et long terme.
Phase 3 – Élaboration du plan d’adaptation
Une matrice de risques permet de hiérarchiser les actions selon leur urgence, leur faisabilité et leur impact.
L’entreprise repart avec un plan d’action concret pour renforcer sa résilience.
Qui peut vous accompagner ?
Le Diag Adaptation est réalisé par des consultants climat référencés et formés par Bpifrance et l’ADEME.
Ces experts accompagnent les organisations dans la réalisation du diagnostic de vulnérabilité et la définition des premières actions.
Certaines entreprises choisissent ensuite d’approfondir la démarche pour structurer une véritable stratégie d’adaptation climatique.
Diag Adaptation : l’accompagnement proposé par WeCount
Le programme Adaptation proposé par WeCount peut être mobilisé en complément du Diag Adaptation afin de transformer ce diagnostic en feuille de route opérationnelle.
Cet accompagnement structuré de 4 mois combine :
un suivi individuel par un expert climat
des sessions de formation pour monter en compétences
des ateliers collectifs inter-entreprises favorisant le partage de retours d’expérience
Il repose sur des méthodologies reconnues par l’ADEME, notamment la méthode OCARA pour objectiver les vulnérabilités et le référentiel ACT Adaptation pour construire une stratégie robuste.
Concrètement, le programme permet :
de cartographier les risques physiques sur toute la chaîne de valeur
d’en évaluer les impacts économiques potentiels (chiffre d’affaires, investissements exposés, coût de l’inaction)
de définir une trajectoire d’adaptation climatique priorisée
de mettre en place une gouvernance interne pour piloter les actions dans la durée
L’objectif est de passer d’un diagnostic ponctuel à une démarche stratégique intégrée, tout en assurant la montée en compétence des équipes. Contactez-nous pour en savoir plus.
Quelles prochaines étapes après un Diag Adaptation ?
Le diagnostic constitue une première base pour anticiper les effets du changement climatique.
Mais la résilience se construit dans le temps.
Les entreprises peuvent ensuite :
approfondir leur stratégie climat globale
intégrer l’adaptation dans leurs décisions d’investissement
renforcer le pilotage des risques en intégrant une réflexion sur la chaîne de valeur
mobiliser leurs équipes autour d’une trajectoire claire
Anticiper les impacts climatiques devient ainsi un levier clé pour sécuriser la performance et la continuité d’activité.