De plus en plus d’entreprises souhaitent se lancer dans le calcul du bilan carbone. Outre la comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre, le bilan carbone permet de définir un plan de décarbonation précis et détaillé.
Mais par où commencer et comment le réaliser ? Quelles données collecter et comment les analyser ? Quels types d’actions de réduction des émissions mettre en place ?
Nous vous proposons dans cet article de répondre à toutes vos questions et de vous présenter les 8 grandes étapes pour réaliser votre bilan carbone en entreprise.
Définir et cadrer ce qu'est un bilan carbone
Pour bien comprendre les étapes, commençons par définir ce qu’est un bilan carbone et les méthodologies existantes.
Qu’est-ce qu’un bilan carbone ?
Un bilan carbone entreprise est un diagnostic qui mesure toutes les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à vos activités. Ces émissions sont traduites en équivalent CO₂ pour pouvoir être comparées et suivies dans le temps.
Différentes méthodologies peuvent être utilisées :
Le BEGES réglementaire est défini par le Code de l’environnement, issu de la loi Grenelle II. Il encadre l’obligation pour certaines organisations de mesurer et publier leurs émissions de GES, en s’appuyant sur des référentiels reconnus comme la norme ISO 14064-1.
Le GHG Protocol est la méthode de référence à l’international. Il définit un cadre commun pour mesurer et publier les émissions de GES des entreprises. D’ailleurs, un engagement auprès de la SBTi nécessite obligatoirement de s’appuyer sur ce référentiel.
La méthode Bilan Carbone® est la référence française. Développée par l’ADEME et portée par l’ABC (l’Association Bilan Carbone), elle se distingue par une approche qui n’est pas seulement tournée vers le calcul mais aussi vers une démarche active, structurée et ambitieuse.
Pour mieux comprendre leurs différences et savoir laquelle choisir, nous avons consacré un article complet à ce sujet : GHG Protocol vs BEGES vs Bilan Carbone.
Quels gaz à effet de serre sont mesurés ?
Un bilan carbone ne se limite pas au dioxyde de carbone. Il prend en compte l’ensemble des gaz couverts par le protocole de Kyoto, notamment :
le dioxyde de carbone (CO₂),
le méthane (CH₄),
le protoxyde d’azote (N₂O),
les gaz fluorés (HFC, PFC, SF₆, NF₃).
Les émissions de GES sont répartis en différentes catégories selon les différentes méthodologies. Le GHG Protocol par exemple, parle de scopes :
Scope 1 : émissions directes de vos installations et véhicules.
Scope 2 : émissions indirectes liées à la production d’énergie achetée (électricité, chaleur, vapeur).
Scope 3 : autres émissions indirectes tout au long de la chaîne de valeur (achats, transport, déplacements, usage et fin de vie des produits…).
Cette vision élargie permet de cartographier avec précision l’empreinte carbone d’une organisation. Mais faut-il réaliser ce bilan de manière volontaire ou existe-t-il des obligations légales ?
Est-ce obligatoire ?
Certaines organisations doivent réaliser un bilan réglementaire des émissions de gaz à effet de serre (BEGES réglementaire), tel que défini par le Code de l’environnement.
Cette obligation concerne :
les entreprises de plus de 500 salarié·es en métropole,
celles de plus de 250 salarié·es en outre-mer,
les collectivités de plus de 50 000 habitant·es,
les établissements publics de plus de 250 agents
Pour répondre à cette obligation, une entreprise peut s’appuyer sur différentes méthodologies (Bilan Carbone®, GHG Protocol…).
En revanche, le reporting doit toujours respecter le format réglementaire fixé par l’ADEME. Autrement dit, vous pouvez utiliser d’autres référentiels pour vos calculs internes, mais le rendu final doit être conforme au modèle BEGES officiel publié sur la plateforme de l’ADEME.
Le GHG Protocol est incontournable à l’international et constitue la référence pour la CSRD ou un engagement auprès de la SBTi. Il définit les principes à suivre pour calculer et publier ses émissions selon des standards reconnus mondialement.
En résumé :
Le BEGES est obligatoire pour certaines structures1, et le reporting doit impérativement respecter le format réglementaire de l’ADEME.
Le Bilan Carbone® est volontaire, mais reste la méthode française la plus complète pour construire une stratégie climat ambitieuse.
Le GHG Protocol est incontournable à l’international et pour la conformité CSRD, SBTi, mais il doit être adapté pour répondre aux obligations françaises.
Pourquoi réaliser un bilan carbone ?
Même lorsqu’il n’est pas obligatoire, un bilan carbone présente de nombreux bénéfices :
anticiper la réglementation et limiter les risques ;
identifier les postes les plus émetteurs pour agir efficacement ;
renforcer son image de marque et sa transparence ;
créer un avantage concurrentiel ;
réduire ses coûts en optimisant ses consommations et achats ;
mobiliser ses équipes et ses partenaires autour d’un objectif commun.
Quelles aides pour financer un bilan carbone ?
Réaliser un bilan carbone représente un investissement, mais plusieurs dispositifs publics peuvent en réduire le coût.
Le dispositif national Diag Décarbon’Action, porté par Bpifrance et l’ADEME, propose une subvention de 40 % sur un coût forfaitaire de 10 000 € HT, soit 6 000 € HT de reste à charge pour les PME et ETI éligibles (source Bpifrance).
À cela, peuvent s’ajouter des aides régionales, dont les conditions varient selon les territoires. Nous vous donnons 2 exemples ici et listons d’autres subventions pour le bilan carbone dans cet article, mais renseignez-vous auprès de votre région :
En région PACA, l’aide peut atteindre 3 000 € via le dispositif CEDRE → voir le dispositif de financement
En région Bretagne, le programme AGRI Bas carbone soutient les exploitations agricoles dans la réduction de leurs émissions → voir le dispositif de financement
Chez WeCount, nous sommes référencés pour le Diag Décarbon’Action et nous vous accompagnons sur la vérification de votre éligibilité, le choix du bon dispositif, le dépôt du dossier et la réalisation du diagnostic.
👉 Nous facilitons vos démarches de financement, du choix du dispositif au suivi du plan d’action. Contactez notre équipe d’expert.
Une fois la question du financement éclaircie, passons maintenant au concret pour réaliser son bilan carbone en tant qu’entreprise.
Etapes pour réaliser le bilan carbone de votre entreprise
Étape 1: faire l’état des lieux et s’organiser
Détaillons maintenant l'ensemble des 7 étapes pour réaliser votre bilan carbone.
Avant de calculer un bilan carbone entreprise, il faut savoir d’où l’on part. Un diagnostic initial permet d’évaluer les actions déjà menées dans le cadre de la RSE et de repérer les marges de progression. Cette analyse donne une vision claire des forces, des faiblesses et des priorités.
L’étape suivante consiste à identifier et à cartographier vos parties prenantes :
Fournisseurs ;
Salariés ;
Clients ;
Pouvoirs publics ;
etc.
Chacun influence vos émissions et peut contribuer à leur réduction. Cette cartographie permet de hiérarchiser les acteurs selon leur niveau d’influence et de construire un dialogue adapté.
Certaines organisations, comme la SNCF ci-dessous, mènent déjà ce type d’échanges structurés pour orienter leurs choix stratégiques.
exemple d'une cartographie des parties prenantes, source : ruptureengagee.com
La réussite du bilan repose aussi sur la constitution d’une équipe projet. Nommer un·e référent·e climat et attribuer des responsabilités précises favorise la coordination. Se former ou s’appuyer sur une expertise externe est souvent nécessaire pour maîtriser les aspects réglementaires et techniques.
Enfin, le choix des outils est déterminant. Vous pouvez travailler à l’aide d’un fichier Excel, y compris celui mis à disposition par l’ABC, mais cette approche reste vite limitée. De plus en plus d’organisations choisissent un logiciel de comptabilité carbone. Ces plateformes centralisent vos données, automatisent les calculs et facilitent le suivi dans la durée. Vous trouverez un guide complet sur ce sujet dans notre article dédié au choix d’un logiciel de bilan carbone.
Comment WeCount peut vous aider à ce stade ? Mettre en place un bilan carbone demande méthode et outils adaptés.
Nous proposons d’un côté nos programmes collectifs qui offrent un cadre structuré pour réaliser votre bilan carbone en 4 mois, bénéficier de l’appui de nos consultant·es expert·es de votre secteur et l’émulation d’une dizaine d’autres organisations engagées dans la même démarche.
L’objectif est de vous donner les compétences nécessaires pour piloter votre trajectoire carbone sur le long terme et en toute autonomie.
De l’autre, notre plateforme de comptabilité carbone centralise toutes vos données, automatise les calculs et vous aide à suivre vos émissions dans le temps en cohérence avec vos obligations réglementaires et vos objectifs climat.
👉 Envie d’échanger avec un·e expert·e WeCount pour définir la meilleure approche pour votre entreprise ?Contactez-nous.
Étape 2 : choisir la méthodologie adaptée à son contexte
Le choix de la méthodologie conditionne la fiabilité de votre bilan carbone entreprise et sa conformité réglementaire. Elle doit être cohérente avec votre organisation, vos obligations et vos marchés.
En France, le BEGES (bilan d’émissions de gaz à effet de serre) définit le cadre officiel. Mis en place par la loi Grenelle II en 2010, il fixe les règles à suivre pour produire un bilan conforme. S’appuyer sur la méthode Bilan Carbone® permet de répondre à ces exigences et d’être aligné sur la norme ISO 14064-1.
À l’international, le GHG Protocol est la référence. Il sert de base à de nombreuses réglementations et s’impose aux entreprises opérant sur plusieurs marchés. Il est aussi utilisé dans les démarches validées par la SBTi (Science Based Targets initiative) pour fixer des objectifs de réduction compatibles avec l’Accord de Paris.
💡Bon à savoir : le GHG Protocol est la méthodologie recommandée pour le marché international et il est obligatoire si vous voulez être conforme à la CSRD et s'engager dans la démarche SBTi. En France, la méthode Bilan Carbone® reste la plus utilisée et la plus adaptée aux pratiques locales.
Étape 3 : définir les périmètres du bilan carbone
L’objectif est de savoir exactement ce que l’on mesure et où placer le curseur.
La méthode officielle de calcul des émissions de gaz à effet de serre (GES) recommande de s’appuyer sur 3 périmètres essentiels.
Le périmètre organisationnel
Tout d’abord, définissez les différents sites et bâtiments qui constituent votre entreprise.
Quel est le SIREN de la société dont vous souhaitez faire le bilan carbone ?
Quels sont les différents SIRETs qui en dépendent ?
Quels sont les équipements et installations associés à chaque site ?
💡Bon à savoir : Appuyez-vous sur l’organigramme de votre entreprise pour vous y retrouver plus facilement.
Le périmètre opérationnel
Le périmètre opérationnel regroupe toutes les émissions générées par l’activité de votre organisation. Pour mieux comprendre, on distingue différents scopes :
Les émissions directes (scope 1), celles issues de sources que vous possédez ou contrôlez, comme la combustion d’énergie sur vos sites ou votre flotte de véhicules.
Les émissions indirectes (scopes 2 et 3), qui concernent l’électricité achetée, les déplacements professionnels, les achats de biens et services, ou encore la fin de vie des produits
Ce découpage en scopes provient du GHG Protocol, la référence internationale en matière de comptabilité carbone. Pour en savoir plus, nous avons consacré un article sur les scopes 1, 2 et 3 du bilan carbone.
En France, la réglementation BEGES reprend ce cadre mais le traduit en six postes obligatoires dans le reporting, tels que définis dans la nomenclature officielle des postes d’émission (émissions directes, émissions indirectes liées à l’énergie, émissions indirectes liées au transport, émissions liées aux produits achetés, émissions liés aux produits vendues, autres émissions).
Quelle que soit la méthode utilisée, l’enjeu reste de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, de vos fournisseurs et matières premières jusqu’à l’utilisation et la fin de vie de vos produits.
Chez WeCount, nous savons que cette complexité peut vite décourager. C’est pourquoi notre plateforme de comptabilité carbone simplifie la lecture de vos résultats.
Catégorisation du bilan carbone sur la plateforme WeCount
Nous séparons vos émissions en deux grandes familles :
Le scope 1/2 cœur, qui regroupe toutes les émissions directes et indirectes liées à l’énergie consommée par votre entreprise (ex: énergies des bâtiments et machines, climatisation, véhicules opérés par l’entreprise…)
Le scope 3, divisé en deux sous-catégories : les émissions amont (ex: fret amont, achats matières premières et produits, déplacement domicile-travail…) et les émissions aval (ex: déplacement des clients, usage des produits, fin de vie…).
Cette approche rend vos résultats plus lisibles et vous aide à identifier rapidement vos leviers d’action prioritaires.
Une fois les postes d’émissions identifiés et classés selon les différents scopes, établissez le périmètre de déclaration.
Pour ça, posez-vous la question suivante : quelles sont les émissions du périmètre opérationnel qui doivent être comptabilisées ?
Pour les définir, identifiez les émissions directes et indirectes les plus significatives.
💡 Bon à savoir : Par significatif, on entend ce qui représenta une part non négligeable des émissions. C’est aussi ce sur quoi on agira en priorité pour réduire nos émissions lorsque c’est possible. On se concentre d’abord sur les émissions qui pèsent le plus sur le bilan carbone !
Étape 4 : collecter les données nécessaires au calcul de votre bilan carbone entreprise
Quelles données collecter ?
La réussite d’un bilan carbone dépend en partie de la qualité des informations.
Vous ne pouvez pas avancer sans savoir précisément d’où viennent vos émissions. C’est pourquoi il est essentiel d’identifier dès le départ les données à recueillir, qu’elles soient directement issues de vos activités ou fournies par vos partenaires.
Tout d’abord, identifiez :
Les données primaires, directement liées à votre organisation (nombre de kilomètres parcourus, kWh, quantité de matières premières utilisées, etc.) ;
Et secondaires, à recueillir chez vos partenaires et clients, par exemple les consommations d’énergie de vos sous-traitants, les données de transport fournies par vos prestataires logistiques, ou encore l’empreinte carbone des matières premières communiquée par vos fournisseurs.
Chaque donnée est rattachée à un site d’activité et à un scope (ou catégorie). Cela vous rappelle quelque chose ? C’est normal, ces données doivent s’intégrer dans chacun des périmètres définis lors du cadrage du projet.
Prenons l’exemple d’une entreprise fabriquant des produits informatiques. Ici, la production d’équipements informatiques a un fort impact sur les émissions de GES, notamment lors de leur fabrication.
Aussi, prenez en compte les émissions liées à chaque étape de leur cycle de vie :
Chaque composant qui constitue l’ordinateur ou le téléphone (carte mère, carte graphique, écran, etc.) ;
Leur transport jusqu’à votre entreprise lors de l’achat ;
L’assemblage des composants ;
Leur durée d’utilisation au sein de votre entreprise et la consommation d’électricité associée ;
Leur fin de vie, etc.
Vous êtes plutôt dans un établissement d’enseignement supérieur ?
Pour collecter toutes les données dont vous avez besoin, vous pouvez :
Faire une enquête mobilité domicile-travail ;
Rassembler les factures associées au chauffage des locaux et à la consommation d’eau ;
Recenser les ingrédients utilisés pour les repas proposés aux enseignants et étudiants, etc.
💻 Besoin de retours d’expérience ? Après avoir accompagné plus de 700 entreprises dans la réalisation de leur bilan carbone, nous savons que la collecte de données est considérée comme une des tâches les plus chronophages.
C’est pour partager de bonnes pratiques que WeCount organise mensuellement des webinaires avec des professionnels RSE de tous secteurs (santé, btp, agroalimentaire, tourisme, numérique, enseignement supérieur, textile…). Retrouvez le replay retour terrain de plus de 60 professionnels (Haulotte, Promod, la Sorbonne Université, Hardis Group, l’Union des Industries Textiles, Sumi Agro, Festival OFF Avignon, AstraZeneca, Parc Asterix…) ou inscrivez-vous à notre newsletter pour ne pas manquer les prochains témoignages !
Étape 5 : calculer les émissions de GES
Une fois vos données collectées, il faut les convertir en équivalent d’émissions de CO₂ (CO₂e).
Le principe est le suivant : Donnée d’activité × Facteur d’émission = Émissions de GES.
Chaque type de donnée (litres de carburant, kWh d’électricité, tonnes de déchets, etc.) est associé à un facteur d’émission spécifique. Cette dernière information est publiée par des bases de référence (Base Empreinte®, Agribalyse®, INIES, ecoinvent® etc. ).
Exemple issu d’Agribalyse® : 1 kg de bœuf = 35 kg de CO², 1 kg de poulet = 9 kg de CO²…
En pratique, vos données ne se présentent pas toujours sous la même forme. Selon les cas, vous disposez soit de données physiques (litres, kWh, tonnes…), soit uniquement de données financières (montants dépensés en €). C’est ce qui détermine l’approche de calcul à retenir que nous développons ci-dessous.
Adapter l’approche de calcul selon les données disponibles
Deux façons d’estimer vos émissions existent. Ce choix est très important car il va déterminer la fiabilité de vos calculs, des résultats et in fine, l’efficacité de votre plan de réduction des émissions de GES.
L’approche par flux physique est la plus idéale. Elle s’appuie sur des données tangibles : kWh d’électricité consommée, mètres cubes de gaz, kilos de matières premières, tonnes de déchets… C’est la méthode la plus précise et celle recommandée par l’ADEME.
Si vous n’avez que les données de dépenses, vous choisirez l’approche monétaire.
L’approche monétaire repose sur le montant dépensé pour un bien ou un service. Elle est utile lorsque les données physiques sont indisponibles, mais reste moins précise et ne couvre pas toujours tous les postes d’émissions.
Déterminer les incertitudes liées à chaque donnée
Les résultats obtenus comportent majoritairement une marge d’incertitude, car il s’agit d’estimations. Ces incertitudes dépendent du type de données collectées :
Une incertitude de 0 % est associée à une donnée physique définie à l’aide d’instruments de mesure très précis (avec une incertitude de mesure de 0 %). Cette situation est extrêmement rare.
À 5 %, l’incertitude de mesure de vos instruments est supérieure à 0 %. C’est le cas lorsque vous vous appuyez sur une facture ou un compteur (d’électricité, par exemple).
Dans le cas de données extrapolées, l’incertitude est de 30 %. Cela concerne les données secondaires dont l’unité a été convertie.
Si l’extrapolation a été estimée de manière approximative, appliquez une incertitude de 50 %.
Etape 6 : Analyser et suivre l’impact des données sur les GES
Analyser les données
L’analyse est un moment décisif dans un bilan carbone en entreprise. C’est elle qui transforme vos données en leviers d’action concrets. Une analyse mal conduite peut fausser tout le plan de réduction à venir.
L’objectif est de répondre à deux questions simples, mais essentielles :
Quels sont les principaux postes d’émissions ?
Quelles sont les activités concrètes qui les génèrent ?
Par exemple, si vos émissions majeures proviennent des achats de matières premières, il faut savoir précisément quels produits et quels fournisseurs sont concernés. Si elles viennent des trajets domicile-travail, il faut comprendre quelles distances sont parcourues et par quels moyens de transport.
Cette précision est clé : elle permet d’identifier les vrais leviers d’action, de proposer des solutions adaptées et de formuler des recommandations compréhensibles par tous, du comité de direction aux équipes opérationnelles.
Visualisation des postes d’émissions avec détail des activités associées
Suivre l’impact de chaque donnée sur les émissions de GES
Un suivi régulier est essentiel pour savoir si votre bilan carbone évolue dans la bonne direction. S’il révèle une baisse insuffisante des émissions, il vous permettra d’ajuster votre plan d’action en conséquence.
Cette démarche est itérative et de long terme : la transition bas-carbone s’inscrit souvent sur 20 ans ou plus, et chaque campagne de collecte permet d’affiner la précision du bilan.
Un défi partagé par de nombreux responsables RSE, comme Valentine Bourjot, Responsable RSE et Environnement chez Johnson & Johnson Innovative Medicine, qui souligne : “Nous avons un gros défi de fiabiliser le calcul des achats de services, en passant de facteurs d’émissions monétaires à physiques.”
Un suivi précis et régulier est aussi un levier fort pour valoriser vos progrès auprès de vos équipes, de vos clients et de vos partenaires financiers.
Suivi dans le temps des émissions par poste et par action
Étape 7 : réfléchir aux leviers d’action grâce aux résultats
Une fois vos émissions analysées, il est temps de transformer ce constat en véritable stratégie de décarbonation.
Le bilan carbone en entreprise n’a de sens que s’il débouche sur un plan d’action solide, aligné sur l’Accord de Paris et validé par des cadres méthodologiques reconnus comme la SBTi.
Pour avancer, il est essentiel de penser en termes de temporalité :
À court terme, vous pouvez agir vite en réduisant vos consommations énergétiques ou en favorisant des solutions de mobilité durable.
À moyen terme, l’enjeu est d’investir dans des changements plus structurants, comme le renouvellement de votre flotte de véhicules ou l’optimisation de vos process industriels.
A long terme, certaines entreprises vont jusqu’à transformer leur modèle économique en intégrant l’éco-conception, l’économie circulaire ou l’innovation bas-carbone. C’est le cas de groupes comme Decathlon qui repensent la conception de leurs produits, ou de Maisons & Cités qui engagent des projets collectifs de rénovation énergétique.
Toutes les actions n’ont évidemment pas le même poids.
Pour ne pas s’éparpiller, la méthode 80/20 est précieuse. Elle consiste à identifier les leviers qui, même minoritaires en nombre, produisent l’essentiel des réductions. Se concentrer sur les achats, la logistique ou l’efficacité énergétique permet ainsi de générer rapidement des gains mesurables.
Mais une trajectoire carbone ne peut pas reposer uniquement sur les efforts internes.
Les fournisseurs, les clients, les pouvoirs publics et parfois même les concurrents ont un rôle décisif à jouer. Les exemples collaboratifs se multiplient, comme chez Kiloutou qui implique ses partenaires pour généraliser l’usage de matériels bas-carbone. La réussite passe par cette dynamique collective qui démultiplie l’impact des actions engagées.
C’est à cette étape que nos programmes collectifs facilitent la prise de décision. Ils offrent un cadre structuré pour vous former, avancer aux côtés d’autres organisations et bénéficier de l’expertise de nos consultant·es sur votre secteur.
Notre plateforme carbone, elle, vous aide à simuler différents scénarios de réduction, à vérifier la compatibilité de vos objectifs avec la SBTi et la CSRD, et à piloter vos résultats dans la durée grâce à des tableaux de bord détaillés. Vous ne restez pas au stade du constat, vous disposez d’un outil concret pour transformer vos données en décisions stratégiques.
Si vous souhaitez échanger avec un de nos experts sur les enjeux de transition bas carbone de votre entreprise, en apprendre plus sur nos programmes ou notre plateforme, contactez-nous ici.
Étape 8 : embarquer les parties prenantes
Un bilan carbone entreprise prend toute sa valeur lorsqu’il implique l’ensemble de l’écosystème.
Salariés, fournisseurs, clients, partenaires institutionnels… chacun peut contribuer à réduire les émissions et amplifier l’impact des actions engagées.
En interne, il s’agit de créer une dynamique collective : sensibiliser les équipes, organiser des ateliers comme la Fresque du Climat, identifier des ambassadeurs climat et communiquer régulièrement sur les avancées.
En externe, la communication valorise vos initiatives, renforce la transparence et peut inspirer d’autres acteurs à se lancer.
L’exemple du Festival OFF Avignon illustre cette mobilisation collective : un projet de transport mutualisé de décors par fret ferroviaire a permis d’éviter 50 000 km de transport routier et de réduire les émissions de 19 tCO₂e. Documenté et partagé, ce type d’initiative peut être répliqué par d’autres organisations de la filière.
Cet exemple montre bien qu’impliquer ses parties prenantes, c’est transformer un exercice technique en véritable projet collectif. Bien menée, la démarche devient un mouvement capable d’entraîner tout un secteur, de renforcer votre image et de fédérer durablement vos partenaires autour de la transition bas-carbone.
Aller plus loin que son bilan carbone
Un bilan carbone n’est pas une fin en soi : c’est le point de départ d’une stratégie climat crédible et mesurable, alignée avec les objectifs de l’Accord de Paris.
Des cadres comme la SBTi permettent de fixer des objectifs de réduction validés scientifiquement, mais encore faut-il savoir comment les atteindre concrètement.
C’est là qu’intervient la méthode ACT Pas à Pas, développée par l’ADEME et le CDP (Carbon Disclosure Project). Elle offre une feuille de route complète pour transformer un diagnostic carbone en plan d’action :
Analyser vos risques et opportunités liés au changement climatique ;
définir une trajectoire de réduction compatible avec les Accords de Paris (SBTi) ;
identifier et prioriser les leviers à activer,
valider un plan d’action quantifié avec votre comité de direction et intégrer votre stratégie de décarbonation dans la stratégie globale de l’entreprise ;
si éligible, préparer votre reporting CSRD (ESRS E1).
En clair, ACT Pas à Pas vous permet de passer de la mesure à l’action, avec un pilotage structuré et reconnu par l’ADEME.
Chez WeCount, nous faisons de cette méthode un levier opérationnel. Nos programmes collectifs ACT Pas à Pas associent formation, accompagnement individuel et plateforme carbone, pour rendre la démarche tangible, partagée et durable. Vous repartez avec une stratégie climat claire, un plan d’action chiffré et un suivi dans le temps pour ancrer la décarbonation au cœur de votre organisation.
Passer à l’action dès maintenant
Chez WeCount, nous sommes des experts du bilan carbone et de la stratégie climat. Depuis 2020, nous avons accompagné plus de 700 entreprises de secteurs variés (agroalimentaire, cosmétique, numérique, textile, sociétés de conseils, etc.).
Que vous en soyez à la réalisation de votre premier bilan carbone ou que vous souhaitez franchir une nouvelle étape dans votre stratégie climat, contactez nos experts dès aujourd’hui pour avancer avec méthode et sérénité.
Pendant plusieurs mois, ces structures ont réalisé leur bilan d'émissions de gaz à effet de serre (GES), partagé leurs données terrain et élaboré leurs premières pistes d'action de décarbonation grâce à l'accompagnement individuel, aux ateliers collectifs et à la plateforme carbone de WeCount.
Les retours d'expérience opérationnels des Offices de Tourisme participants, associés à l'expertise méthode de WeCount, ont permis la co-construction d'une note méthodologique au plus proche des réalités et des spécificités du secteur touristique territorial.
Contenu du guide
Dans le guide, vous pouvez trouver :
✅ +20 idées d'actions concrètes et leviers opérationnels pour engager votre plan de décarbonation et inciter aux mobilités bas-carbone.
💡 Des repères méthodologiques sur-mesure pour structurer votre démarche et réussir à définir vos périmètres d'étude (Périmètre Office de Tourisme vs Périmètre Destination)
🔎 Une analyse décryptée des 6 principaux postes d'émissions du secteur : mobilités visiteurs (réceptif/local), produits de boutique, prestations traiteurs & alimentation, numérique, gestion des bâtiments et achats de services.
📊 Des recommandations et cas pratiques pour fixer votre trajectoire de réduction des émissions (alignée sur la SNBC, les objectifs de votre collectivité ou la méthodologie SBTi) et mobiliser votre écosystème territorial.
Comment prouver l’impact concret de vos actions et valoriser la contribution de la RSE à la performance globale de l’entreprise ?
Business, RH, finance... Les responsables RSE doivent aujourd'hui naviguer entre pilotage d'impact et exigences de rentabilité. Pour pérenniser les engagements et obtenir les arbitrages stratégiques nécessaires, il devient essentiel de positionner la RSE non plus comme une contrainte, mais comme un véritable moteur de performance économique et d'attractivité.
Comment dépasser la simple mesure d'impact pour parler le langage de la direction et des chiffres ? Quels indicateurs et arguments mobiliser pour démontrer la valeur créée par vos démarches ?
Dans ce webinaire, trois experts et acteurs engagés vous apportent des clés méthodologiques et des retours d'expérience concrets pour mesurer, valoriser et faire du ROI de la RSE un levier de conviction puissant en interne.
Pour participer au webinaire
Rien de plus simple, inscrivez-vous en complétant le formulaire ci-dessous. 👇🏻
Intervenants
🎙️ Sylvain Wasserman, président de l'ADEME
🎙️ Claire Bottineau, Head of Sustainability chez Elis Group et vice-présidente du C3D
🎙️ Emery Jacquillat, PDG de CAMIF et cofondateur de la Communauté des Entreprises à Mission
Pourquoi participer
Ce webinaire a été conçu comme un moment pour :
Dépasser les idées reçues sur le coût de la RSE et en faire un levier de création de valeur globale,
Mobiliser les bons indicateurs pour crédibiliser vos démarches auprès de votre direction, de la finance et des RH,
S'inspirer de retours d'expérience stratégiques et de conseils d'experts pour affirmer le positionnement de votre équipe RSE en interne !
Un moment pensé pour celles et ceux qui, au quotidien, cherchent à donner envie d’agir, clarifier les enjeux et créer un alignement stratégique durable !
Ce live peut vous être utile, mais vous n'avez pas d'email professionnel ? Ecrivez-nous à l'adresse contact-us@wecount.io.
👋 À propos des webinaires Pépites de WeCount
Les Pépites de WeCount mettent en lumière celles et ceux qui font avancer la décarbonation dans leurs organisations. Un rdv trimestriel, des formats courts, inspirants et concrets pour passer de la réflexion à l’action.
Et pour cause, un jean, un smartphone, une bouteille de shampoing : chaque produit génère des émissions de gaz à effet de serre et vient impacter le bilan carbone de chaque individu. Les entreprises qui prennent les devant et jouent la carte de la transparence ont aujourd’hui un avantage de taille.
L'empreinte carbone produit est devenue un outil stratégique pour les entreprises qui souhaitent éco-concevoir leurs produits, répondre aux exigences réglementaires et se différencier sur leur marché.
Dans cet article, on vous explique ce qu'est l'empreinte carbone d'un produit, comment la calculer, comment la réduire concrètement, et comment l'intégrer dans votre stratégie climat globale.
L'empreinte carbone produit en résumé :
Une approche 360 : L'empreinte carbone produit mesure les émissions de GES sur l'ensemble du cycle de vie d’un produit (matières premières, fabrication, transport, utilisation, fin de vie). Le bilan carbone entreprise lui se concentre sur la mesure des émissions générées par une entreprise sur une année.
Focus climat vs vision multicritère : L'empreinte carbone produit se concentre uniquement sur les émissions de CO₂e, tandis qu'une ACV complète évalue également d’autres impacts environnementaux (eau, biodiversité, ressources, toxicité, acidification…).
Un levier stratégique pour les entreprises : Mesurer l'empreinte carbone de ses produits n’est pour le moment pas obligatoire en Europe. En revanche, les choses commencent à bouger. Les entreprises opérant dans le textile en France sont d'ores et déjà concernées par le décret n°2025-957 du 6 septembre 2025 encadrant l'affichage volontaire du coût environnemental. Par ailleurs, les entreprises qui communiquent sur leurs engagements environnementaux devront se conformer à la directive Empowering Consumers for the Green Transition (ECGT) dès septembre 2026.
Une méthodologie rigoureuse encadrée par des normes : Le calcul repose sur des normes internationales (ISO 14067, GHG Protocol Product Standard) et nécessite de définir une unité fonctionnelle, cartographier le cycle de vie, collecter des données précises et appliquer des facteurs d'émission adaptés.
Des actions concrètes pour réduire l'impact : Éco-conception, choix des matières premières, optimisation de la fabrication, réduction des transports, allongement de la durée de vie, amélioration de la recyclabilité... Les leviers sont nombreux et doivent être priorisés selon leur impact réel.
Qu'est-ce que l'empreinte carbone d'un produit ?
Définition simple
L'empreinte carbone d'un produit (aussi appelée Analyse de Cycle de Vie carbone ou Product Carbon Footprint en anglais) mesure la quantité totale de gaz à effet de serre émise sur l'ensemble du cycle de vie d'un produit ou d'un service, exprimée en kilogrammes de CO₂ équivalent (kgCO₂e ou tCO₂e).
Concrètement, cela signifie qu'on comptabilise toutes les émissions générées depuis l'extraction des matières premières jusqu'à la fin de vie du produit, en passant par sa fabrication, son transport, son utilisation et son recyclage ou sa destruction.
L'analyse du cycle de vie, de l'extraction des matières premières à la gestion de sa fin de vie, source wecount.io
☝️ Exemple : Pour une bouteille de shampoing, on ne regarde pas seulement le produit en lui-même, mais aussi son utilisation : un lavage de cheveux. Cela inclut donc les matières premières (ingrédients, plastique de la bouteille), la fabrication du shampoing, l'emballage et l'étiquetage, le transport jusqu'au point de vente, la distribution du point de vente jusqu’à chez la personne, l'utilisation (eau chaude pour se laver les cheveux), la fin de vie (recyclage de la bouteille, traitement de l'eau usée).
Différence entre empreinte carbone produit et empreinte carbone entreprise
Avant d’aller plus loin, il est essentiel de bien distinguer ces deux approches, car elles ne mesurent pas la même chose :
Critère
Empreinte carbone entreprise (Bilan Carbone®)
Empreinte carbone produit (ACV carbone)
Périmètre
Une organisation (entreprise, collectivité)
Un produit ou service spécifique
Temporalité
Une année donnée (ex : 2024)
Tout le cycle de vie du produit (sans limite temporelle)
Objectif
Mesurer l'impact global de l'organisation
Mesurer l'impact d'un produit spécifique
Scopes
Scopes 1, 2, 3 de l'organisation
Toutes les étapes du cycle de vie du produit
Différence entre empreinte carbone produit et ACV
Quelques éléments pour vous permettre de distinguer les deux :
Une Analyse du Cycle de Vie (ACV) est une méthodologie normée (ISO 14040 et 14044) qui évalue les impacts environnementaux d'un produit ou service sur l'ensemble de son cycle de vie. Elle est multicritère et ne se limite pas au climat, mais mesure plusieurs impacts environnementaux (épuisement des ressources, consommation d'eau, acidification, eutrophisation, toxicité, occupation des sols, appauvrissement de la couche d'ozone, etc.).
L'empreinte carbone produit (aussi appelée ACV carbone ou Product Carbon Footprint en anglais) est une ACV simplifiée qui se concentre sur un seul indicateur : les émissions de gaz à effet de serre (exprimées en CO₂e). Elle suit la même logique que l'ACV (approche cycle de vie complet), mais ne regarde que l'impact climatique.
✨Notre conseil : Si votre priorité est de mesurer et réduire votre impact climat, l'empreinte carbone produit suffit. Si vous souhaitez une vision globale de tous les impacts environnementaux, optez pour une ACV complète.
Les principales normes et méthodologies
Le calcul de l'empreinte carbone produit est encadré par plusieurs normes et référentiels internationaux :
ISO 14067 : Norme internationale spécifique à l'empreinte carbone des produits (quantification et communication) ;
ISO 14040 et 14044 : Normes de référence pour l'Analyse de Cycle de Vie (ACV), qui servent de base méthodologique ;
GHG Protocol Product Standard : Référentiel international développé par le World Resources Institute (WRI) et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD) ;
Bilan Carbone® Produit : Méthodologie française développée par l'ADEME et l'Association Bilan Carbone (ABC).
📝 À noter : L'ACV et l'empreinte carbone produit sont des méthodes très encadrées par des normes ISO et requièrent une grande rigueur, contrairement à des estimations rapides ou approximatives.
Pourquoi est-il intéressant de mesurer l'empreinte carbone de ses produits ?
Répondre aux exigences réglementaires
Plusieurs réglementations françaises et européennes imposent ou incitent à mesurer l'empreinte carbone des produits :
À l’échelle européenne
En mars 2023, la Commission Européenne présentait la directive Green Claims. Celle-ci était adoptée par le Parlement européen en mars 2024 et avait pour objectif d’encadrer les allégations environnementales en s'appuyant sur la méthodologie PEF. Entretemps, il y a eu un retour en arrière puisque cette initiative a été retirée en juin 2025.
Il reste à ce jour la directive ECGT (Empowering Consumers for the Green Transition), adoptée en mars 2024, et dont l’entrée en application dans les États membres est prévue pour septembre 2026. Cette dernière interdit entre autres les allégations génériques (« écologique », « vert ») et les labels « neutre en carbone » basés sur des compensations plutôt que sur des réductions réelles.
Zoom sur la France
La loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire, 2020) et la loi Climat et Résilience (2021) imposent progressivement aux entreprises de certaines filières (textile, agroalimentaire, hôtellerie) d'afficher l'impact environnemental de leurs produits.
En pratique, cela se traduit par un score, une étiquette ou un pictogramme apposé sur le produit ou sa fiche en ligne, informant le consommateur de l'impact carbone et environnemental du produit tout au long de son cycle de vie.
En France, il existe également le décret n° 2025-957 du 6 septembre 2025 qui encadre les modalités de calcul et de communication du coût environnemental des produits textiles. Ce n’est pas une obligation mais les entreprises peuvent choisir d’afficher le score de leurs produits sur leurs sites internet et/ou en magasin. Decathlon a par exemple choisi d’aller en ce sens, comme on peut le voir par exemple sur la fiche produit de ces chaussures de basketball.
Identifier les vrais leviers de réduction
Mesurer l'empreinte carbone de vos produits permet d'identifier précisément les étapes du cycle de vie les plus émettrices et de prioriser les actions de réduction les plus efficaces.
Quelles émissions sont prises en compte pour une analyse d'empreinte carbone produit ?
Les gaz à effet de serre couverts
L'empreinte carbone produit mesure l'ensemble des gaz à effet de serre (GES) émis, pas seulement le CO₂. Ces gaz sont convertis en CO₂ équivalent (CO₂e) selon leur pouvoir de réchauffement global (PRG).
Les principaux GES pris en compte sont :
CO₂ (dioxyde de carbone) : combustion d'énergies fossiles, déforestation
Gaz fluorés (HFC, PFC, SF₆) : réfrigération, climatisation, industrie électronique
📝 A noter : Le méthane est émis principalement par l’agriculture et la production des hydrocarbures. Selon le 6e rapport du GIEC, son pouvoir de réchauffement par contre serait entre 26 et 34 fois supérieur à celui du CO2 sur 100 ans.
Quel est le lien entre empreinte carbone produit et stratégie climat d'entreprise ?
Les deux approches sont complémentaires et s'inscrivent dans une stratégie climat globale.
Lien entre empreinte carbone produit et trajectoire de décarbonation
L'empreinte carbone produit est un outil clé pour définir et piloter votre trajectoire de décarbonation :
Fixer des objectifs produit par produit : Réduire de X% l'empreinte carbone de chaque produit d'ici 2030 ;
Piloter les actions d'éco-conception : Suivre l'évolution de l'empreinte carbone au fil des itérations de design ;
Mesurer les progrès : Recalculer l'empreinte carbone après chaque amélioration pour vérifier l'impact réel.
Lien entre empreinte carbone produit et neutralité carbone et SBTi
Le Science Based Targets initiative (SBTi) est un référentiel international pour valider que votre trajectoire de réduction est alignée avec l'Accord de Paris. L'empreinte carbone produit peut nourrir votre démarche SBTi en vous permettant de :
Quantifier les émissions scope 3 aval (utilisation et fin de vie de vos produits vendus) ;
Identifier les leviers de réduction produit par produit ;
Fixer des objectifs de décarbonation par gamme de produits.
📝 À noter : La SBTi impose de réduire vos émissions, pas de les compenser. L'empreinte carbone produit permet d'identifier où et comment réduire efficacement. La première étape pour une entreprise qui vise l’objectif Net Zero et souhaite contribuer à la neutralité carbone est de réduire ses propres émissions avant de réduire les émissions de sa chaîne de valeur ou de financer des projets de séquestration. Pour creuser le sujet, consultez notre article Science Based Targets Initiative (SBTi) : 5 étapes pour fixer sa trajectoire.
Comment calculer l'empreinte carbone d'un produit ?
Le calcul de l'empreinte carbone d'un produit suit une méthodologie rigoureuse en 5 étapes clés.
Étape 1 : Définir le périmètre et l'unité fonctionnelle
Avant de commencer, il faut définir précisément ce que l’on mesure.
L'unité fonctionnelle
L'unité fonctionnelle définit la fonction et la performance que le produit remplit. On ne mesure pas l'empreinte d'un objet en soi, mais celle de l'usage qu'on en fait. Cette unité fonctionnelle, cela va être ce à quoi le résultat est rapporté.
Exemples d'unités fonctionnelles :
Ampoule : "Fournir entre 500 et 900 lumens pendant 1000 heures" ;
Sac de courses : "Emballer 9000 litres de produits par an" ;
Voiture : "Transporter 5 personnes sur 200 000 km" ;
Shampoing : "Permettre 20 lavages de cheveux".
Le périmètre
Il faut également définir :
Quelles étapes du cycle de vie sont incluses (extraction, fabrication, transport, usage, fin de vie) ;
La zone géographique (produit vendu en France, en Europe, à l'international) ;
Les hypothèses d'utilisation (durée de vie, fréquence d'usage, conditions d'utilisation).
Étape 2 : Cartographier le cycle de vie
Une fois l'unité fonctionnelle définie, il faut cartographier toutes les étapes du cycle de vie du produit et identifier les flux entrants et sortants à chaque étape.
Fabrication : Mélange des ingrédients, mise en bouteille, étiquetage, énergie de l'usine ;
Emballage : Carton, film plastique, palette ;
Transport amont : Transport des matières premières vers l'usine ;
Transport aval : Transport du produit fini vers les points de vente ;
Distribution : transport du produit depuis les points de vente jusque chez les habitants ;
Utilisation : Eau chaude pour se laver les cheveux ;
Fin de vie : Recyclage de la bouteille, traitement de l'eau usée.
Étape 3 : Collecter les données d'inventaire
C'est l'étape la plus chronophage : il faut collecter chaque donnée d'activité vis-à-vis de l’unité fonctionnelle et pour chaque étape du cycle de vie.
Types de données à collecter :
Quantités de matières premières (kg, litres, unités) ;
Consommation d'énergie (kWh de gaz, électricité, fioul) ;
Distances et modes de transport (km en camion, train, bateau, avion) ;
Consommation d'eau (litres) ;
Déchets générés (kg de déchets, taux de recyclage).
Étape 4 : Appliquer les facteurs d'émission
Une fois les données collectées, il faut les convertir en émissions de CO₂e en appliquant des facteurs d'émission.
💡Bon à savoir : Sur la plateforme de comptabilité carbone WeCount, nous avons rassemblé 115K facteurs d’émission parmi 15 bases de données de référence (Base Empreinte, ecoinvent, Inies, Agribalyse, Defra, Ecobalyse, etc). L’idée est de vous faciliter la vie en centralisant un maximum de données. Pour en savoir plus, demandez une démo !
Plateforme de comptabilité carbone WeCount
Étape 5 : Analyser les résultats et identifier les leviers
Une fois tous les calculs réalisés, il faut analyser les résultats pour identifier les étapes les plus émettrices (on parle de points chauds carbone) et prioriser les actions de réduction.
Questions à se poser :
Quelles étapes du cycle de vie pèsent le plus dans l'empreinte totale ?
Quels sont les postes sur lesquels j'ai le plus de marge de manœuvre ?
Quelles actions de réduction auront le plus d'impact ?
Emissions GES produits selon le cycle de vie
Peut-on communiquer sur l'empreinte carbone d'un produit ?
Oui, communiquer sur l'empreinte carbone d'un produit est possible, voire encouragé, à condition de respecter certaines règles de transparence et de sincérité pour éviter le greenwashing.
Bonnes pratiques de communication environnementale
Être précis et transparent : Indiquez clairement le périmètre de l'empreinte carbone (tout le cycle de vie ou seulement certaines étapes), l'unité fonctionnelle, et la méthodologie utilisée ;
Afficher les chiffres : Communiquez l'empreinte carbone en kgCO₂e de manière claire et compréhensible. Évitez les formulations vagues comme "produit vert" ou "éco-responsable" sans données chiffrées ;
Comparer de manière honnête : Si vous comparez votre produit à un concurrent ou à une version antérieure, assurez-vous que la comparaison est juste et méthodologiquement cohérente (même périmètre, même unité fonctionnelle) ;
Reconnaître les limites : Soyez honnête sur les incertitudes, les hypothèses et les limites de votre calcul. Aucune empreinte carbone n'est parfaite, et reconnaître cela renforce la crédibilité ;
Accompagner d'actions concrètes : Ne communiquez pas uniquement sur le chiffre, mais aussi sur les actions de réduction que vous avez mises en place et vos engagements futurs.
Éviter le greenwashing et le greenhushing
Le greenwashing c'est le fait de communiquer de manière trompeuse ou exagérée sur les qualités environnementales d'un produit. Par exemple, n’affichez jamais "produit neutre en carbone". Pour mieux comprendre la raison, consultez notre article “Neutralité carbone : ce que cela signifie vraiment pour les entreprises.”
Le greenhushing, c'est le fait de ne pas communiquer sur ses efforts environnementaux par peur d'être accusé de greenwashing.
Quels outils utiliser pour réaliser une empreinte carbone produit ?
Pour réaliser une empreinte carbone produit, plusieurs options s'offrent à vous :
Tableur Excel (manuel) : Gratuit et flexible, le tableur Excel convient aux produits simples et permet de se familiariser avec la méthodologie. Cependant, il est chronophage, peut comporter des risques d'erreurs de calcul et manque de traçabilité automatique. Il peut être adapté pour un premier calcul exploratoire sur un produit simple.
Logiciels d'ACV spécialisés : Ils permettent d’avoir des calculs automatisés rigoureux avec bases de données intégrées (Ecoinvent) et conformité aux normes ISO. Ces outils offrent des analyses multicritères complètes, mais sont parfois coûteux (licences annuelles) et nécessitent une expertise ACV avec une courbe d'apprentissage élevée. Cela peut être adapté pour desACV complètes multicritères, certifications environnementales ou équipe dédiée.
Logiciel de comptabilité carbone : Cette option permet de collecter facilement les données, de garantir une robustesse méthodologique, d’avancer sereinement avec un outil facile à prendre en main mais aussi et surtout de piloter efficacement le passage à l’action (définir une trajectoire, quantifier les actions et simuler des scénarios, etc.).
Chez WeCount, notre plateforme de comptabilité carbone a été spécialement conçue pour les PME : intuitive, guidée, et accessible sans expertise préalable. Vous êtes accompagné à chaque étape, de la collecte à la publication de votre bilan. Envie d'une démo ? Contactez notre équipe.
Plateformes simplifiées et accessibles : Bilan Produit® (ADEME) et Ecobalyse (textile) sont des outils gratuits ou accessibles avec interface simplifiée et bases de données intégrées. Moins personnalisables et limités à certains secteurs, ils peuvent convenir aux calculs simplifiés et estimations rapides.
Comment WeCount accompagne les entreprises dans leur démarche d'analyse d'empreinte carbone produit ?
Analyser l’empreinte carbone d’un produit demande de mobiliser de nombreuses données (achats, transport, fabrication, usage…), souvent réparties entre plusieurs équipes. Sans outil structurant, la démarche peut vite devenir chronophage et difficile à piloter.
WeCount propose une approche combinant plateforme digitale et accompagnement méthodologique pour faciliter la réalisation d’une empreinte carbone produit.
Centraliser et réutiliser les données existantes : La plateforme de comptabilité carbone permet de s’appuyer sur les données déjà collectées dans le cadre du bilan carbone de l’entreprise. Les émissions peuvent être réorganisées à l’échelle d’un produit et réparties selon les étapes de son cycle de vie, ce qui évite de repartir de zéro.
Structurer l’analyse étape par étape : Un accompagnement est proposé pour définir le périmètre, l’unité fonctionnelle et les données prioritaires à collecter. L’objectif est d’identifier rapidement les principales sources d’émissions et de prioriser les actions de réduction.
Orienter les choix d’éco-conception : Les résultats obtenus permettent de comparer différents scénarios (choix de matières, modes de transport, emballage, durée de vie…) et d’éclairer les décisions de conception ou d’amélioration produit.
Gagner en autonomie dans le pilotage : Au fil des analyses, les équipes internes peuvent actualiser les calculs dans la plateforme, suivre l’évolution de l’empreinte carbone des produits et intégrer ces éléments dans leur stratégie climat.
Dans certains secteurs, comme la santé, un accompagnement spécifique peut être proposé pour appliquer des méthodologies dédiées, notamment pour l’évaluation de l’empreinte carbone des médicaments (méthode fournie par la DGE, Direction Générale des Entreprises).
FAQ : Empreinte carbone produit
Qu'est-ce qu'une bonne empreinte carbone pour un produit ?
Il n'existe pas de seuil universel, car cela dépend du type de produit, de sa fonction et de son secteur. Une "bonne" empreinte carbone est relative : elle doit être inférieure à la moyenne du marché et s'inscrire dans une trajectoire de réduction continue. L'essentiel est de mesurer, comparer avec des produits similaires, et progresser année après année.
L'empreinte carbone produit est-elle obligatoire ?
Non, l'empreinte carbone produit n'est pas obligatoire pour la plupart des entreprises. En revanche, l'affichage environnemental est en cours de déploiement progressif pour certains secteurs (textile, agroalimentaire, hôtellerie). De plus, certains clients, distributeurs ou donneurs d'ordre peuvent exiger cette information dans le cadre de leurs propres engagements climat ou de leur reporting CSRD.
Peut-on comparer deux produits entre eux ?
Oui, à condition de comparer des produits remplissant la même fonction (même unité fonctionnelle) et mesurés avec la même méthodologie. Par exemple, comparer l'empreinte carbone d'un sac réutilisable et d'un sac jetable nécessite de définir la même unité fonctionnelle (ex : "emballer 9000 litres de produits par an") et le même périmètre (cycle de vie complet).
À quelle fréquence faut-il recalculer l'empreinte carbone d'un produit ?
Il est recommandé de recalculer l'empreinte carbone d'un produit tous les 2 à 3 ans, ou dès qu'une modification majeure intervient (changement de fournisseur, de matière première, de procédé de fabrication, de transport). Cela permet de suivre l'évolution de l'impact et de mesurer l'efficacité des actions de réduction mises en place.
Quelle différence entre étiquette carbone et empreinte carbone produit ?
L'empreinte carbone produit est le calcul complet des émissions de GES sur tout le cycle de vie du produit. L'étiquette carbone (ou affichage environnemental) est la communication de cette empreinte au consommateur, souvent sous forme de score, pictogramme ou étiquette apposée sur le produit. L'étiquette est donc la version simplifiée et grand public de l'empreinte carbone produit.