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6/11/2025

Comment réaliser un bilan carbone entreprise en 8 étapes ?

Lila Fillion

Consultante Stratégie Climat

Sommaire

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De plus en plus d’entreprises souhaitent se lancer dans le calcul du bilan carbone. Outre la comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre, le bilan carbone permet de définir un plan de décarbonation précis et détaillé.

Mais par où commencer et comment le réaliser ? Quelles données collecter et comment les analyser ? Quels types d’actions de réduction des émissions mettre en place ?

Nous vous proposons dans cet article de répondre à toutes vos questions et de vous présenter les 8 grandes étapes pour réaliser votre bilan carbone en entreprise.

Définir et cadrer ce qu'est un bilan carbone

Pour bien comprendre les étapes, commençons par définir ce qu’est un bilan carbone et les méthodologies existantes.

Qu’est-ce qu’un bilan carbone ?

Un bilan carbone entreprise est un diagnostic qui mesure toutes les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à vos activités. Ces émissions sont traduites en équivalent CO₂ pour pouvoir être comparées et suivies dans le temps.

Différentes méthodologies peuvent être utilisées :

  • Le BEGES réglementaire est défini par le Code de l’environnement, issu de la loi Grenelle II. Il encadre l’obligation pour certaines organisations de mesurer et publier leurs émissions de GES, en s’appuyant sur des référentiels reconnus comme la norme ISO 14064-1.

  • Le GHG Protocol est la méthode de référence à l’international. Il définit un cadre commun pour mesurer et publier les émissions de GES des entreprises. D’ailleurs, un engagement auprès de la SBTi nécessite obligatoirement de s’appuyer sur ce référentiel.

  • La méthode Bilan Carbone® est la référence française. Développée par l’ADEME et portée par l’ABC (l’Association Bilan Carbone), elle se distingue par une approche qui n’est pas seulement tournée vers le calcul mais aussi vers une démarche active, structurée et ambitieuse.

Pour mieux comprendre leurs différences et savoir laquelle choisir, nous avons consacré un article complet à ce sujet : GHG Protocol vs BEGES vs Bilan Carbone.

Quels gaz à effet de serre sont mesurés ?

Un bilan carbone ne se limite pas au dioxyde de carbone. Il prend en compte l’ensemble des gaz couverts par le protocole de Kyoto, notamment :

  • le dioxyde de carbone (CO₂),

  • le méthane (CH₄),

  • le protoxyde d’azote (N₂O),

  • les gaz fluorés (HFC, PFC, SF₆, NF₃).

Les émissions de GES sont répartis en différentes catégories selon les différentes méthodologies. Le GHG Protocol par exemple, parle de scopes :

  • Scope 1 : émissions directes de vos installations et véhicules.

  • Scope 2 : émissions indirectes liées à la production d’énergie achetée (électricité, chaleur, vapeur).

  • Scope 3 : autres émissions indirectes tout au long de la chaîne de valeur (achats, transport, déplacements, usage et fin de vie des produits…).

Cette vision élargie permet de cartographier avec précision l’empreinte carbone d’une organisation. Mais faut-il réaliser ce bilan de manière volontaire ou existe-t-il des obligations légales ?

Est-ce obligatoire ?

Certaines organisations doivent réaliser un bilan réglementaire des émissions de gaz à effet de serre (BEGES réglementaire), tel que défini par le Code de l’environnement.

Cette obligation concerne :

  • les entreprises de plus de 500 salarié·es en métropole,

  • celles de plus de 250 salarié·es en outre-mer,

  • les collectivités de plus de 50 000 habitant·es,

  • les établissements publics de plus de 250 agents

Pour répondre à cette obligation, une entreprise peut s’appuyer sur différentes méthodologies (Bilan Carbone®, GHG Protocol…). 

En revanche, le reporting doit toujours respecter le format réglementaire fixé par l’ADEME. Autrement dit, vous pouvez utiliser d’autres référentiels pour vos calculs internes, mais le rendu final doit être conforme au modèle BEGES officiel publié sur la plateforme de l’ADEME.

Le GHG Protocol est incontournable à l’international et constitue la référence pour la CSRD ou un engagement auprès de la SBTi. Il définit les principes à suivre pour calculer et publier ses émissions selon des standards reconnus mondialement. 

En résumé : 

  • Le BEGES est obligatoire pour certaines structures1, et le reporting doit impérativement respecter le format réglementaire de l’ADEME.

  • Le Bilan Carbone® est volontaire, mais reste la méthode française la plus complète pour construire une stratégie climat ambitieuse.

  • Le GHG Protocol est incontournable à l’international et pour la conformité CSRD, SBTi, mais il doit être adapté pour répondre aux obligations françaises.

Pourquoi réaliser un bilan carbone ?

Même lorsqu’il n’est pas obligatoire, un bilan carbone présente de nombreux bénéfices :

  • anticiper la réglementation et limiter les risques ;

  • identifier les postes les plus émetteurs pour agir efficacement ;

  • renforcer son image de marque et sa transparence ;

  • créer un avantage concurrentiel ;

  • réduire ses coûts en optimisant ses consommations et achats ;

  • mobiliser ses équipes et ses partenaires autour d’un objectif commun.

Quelles aides pour financer un bilan carbone ?

Réaliser un bilan carbone représente un investissement, mais plusieurs dispositifs publics peuvent en réduire le coût.

Le dispositif national Diag Décarbon’Action, porté par Bpifrance et l’ADEME, propose une subvention de 40 % sur un coût forfaitaire de 10 000 € HT, soit 6 000 € HT de reste à charge pour les PME et ETI éligibles (source Bpifrance).

À cela, peuvent s’ajouter des aides régionales, dont les conditions varient selon les territoires. Nous vous donnons 2 exemples ici et listons d’autres subventions pour le bilan carbone dans cet article, mais renseignez-vous auprès de votre région : 

  • En région PACA, l’aide peut atteindre 3 000 € via le dispositif CEDRE → voir le dispositif de financement

  • En région Bretagne, le programme AGRI Bas carbone soutient les exploitations agricoles dans la réduction de leurs émissions → voir le dispositif de financement

Chez WeCount, nous sommes référencés pour le Diag Décarbon’Action et nous vous accompagnons sur la vérification de votre éligibilité, le choix du bon dispositif, le dépôt du dossier et la réalisation du diagnostic.

👉 Nous facilitons vos démarches de financement, du choix du dispositif au suivi du plan d’action. Contactez notre équipe d’expert.

Une fois la question du financement éclaircie, passons maintenant au concret pour réaliser son bilan carbone en tant qu’entreprise.

Etapes pour réaliser le bilan carbone de votre entreprise

Étape 1: faire l’état des lieux et s’organiser

Détaillons maintenant l'ensemble des 7 étapes pour réaliser votre bilan carbone.

Avant de calculer un bilan carbone entreprise, il faut savoir d’où l’on part. Un diagnostic initial permet d’évaluer les actions déjà menées dans le cadre de la RSE et de repérer les marges de progression. Cette analyse donne une vision claire des forces, des faiblesses et des priorités.

L’étape suivante consiste à identifier et à cartographier vos parties prenantes

  • Fournisseurs ;

  • Salariés ;

  • Clients ;

  • Pouvoirs publics ;

  • etc. 

Chacun influence vos émissions et peut contribuer à leur réduction. Cette cartographie permet de hiérarchiser les acteurs selon leur niveau d’influence et de construire un dialogue adapté. 

Certaines organisations, comme la SNCF ci-dessous, mènent déjà ce type d’échanges structurés pour orienter leurs choix stratégiques.

exemple d'une cartographie des parties prenantes, source : ruptureengagee.com

La réussite du bilan repose aussi sur la constitution d’une équipe projet. Nommer un·e référent·e climat et attribuer des responsabilités précises favorise la coordination. Se former ou s’appuyer sur une expertise externe est souvent nécessaire pour maîtriser les aspects réglementaires et techniques.

Enfin, le choix des outils est déterminant. Vous pouvez travailler à l’aide d’un fichier Excel, y compris celui mis à disposition par l’ABC, mais cette approche reste vite limitée. De plus en plus d’organisations choisissent un logiciel de comptabilité carbone. Ces plateformes centralisent vos données, automatisent les calculs et facilitent le suivi dans la durée. Vous trouverez un guide complet sur ce sujet dans notre article dédié au choix d’un logiciel de bilan carbone.

Comment WeCount peut vous aider à ce stade ? Mettre en place un bilan carbone demande méthode et outils adaptés. 

Nous proposons d’un côté nos programmes collectifs qui offrent un cadre structuré pour réaliser votre bilan carbone en 4 mois, bénéficier de l’appui de nos consultant·es expert·es de votre secteur et l’émulation d’une dizaine d’autres organisations engagées dans la même démarche.

L’objectif est de vous donner les compétences nécessaires pour piloter votre trajectoire carbone sur le long terme et en toute autonomie. 

De l’autre, notre plateforme de comptabilité carbone centralise toutes vos données, automatise les calculs et vous aide à suivre vos émissions dans le temps en cohérence avec vos obligations réglementaires et vos objectifs climat.

👉 Envie d’échanger avec un·e expert·e WeCount pour définir la meilleure approche pour votre entreprise ? Contactez-nous.

Étape 2 : choisir la méthodologie adaptée à son contexte

Le choix de la méthodologie conditionne la fiabilité de votre bilan carbone entreprise et sa conformité réglementaire. Elle doit être cohérente avec votre organisation, vos obligations et vos marchés.

En France, le BEGES (bilan d’émissions de gaz à effet de serre) définit le cadre officiel. Mis en place par la loi Grenelle II en 2010, il fixe les règles à suivre pour produire un bilan conforme. S’appuyer sur la méthode Bilan Carbone® permet de répondre à ces exigences et d’être aligné sur la norme ISO 14064-1.

À l’international, le GHG Protocol est la référence. Il sert de base à de nombreuses réglementations et s’impose aux entreprises opérant sur plusieurs marchés. Il est aussi utilisé dans les démarches validées par la SBTi (Science Based Targets initiative) pour fixer des objectifs de réduction compatibles avec l’Accord de Paris.

💡Bon à savoir : le GHG Protocol est la méthodologie recommandée pour le marché international et il est obligatoire si vous voulez être conforme à la CSRD et s'engager dans la démarche SBTi. En France, la méthode Bilan Carbone® reste la plus utilisée et la plus adaptée aux pratiques locales.

Étape 3 : définir les périmètres du bilan carbone

L’objectif est de savoir exactement ce que l’on mesure et où placer le curseur.

La méthode officielle de calcul des émissions de gaz à effet de serre (GES) recommande de s’appuyer sur 3 périmètres essentiels.

Le périmètre organisationnel

Tout d’abord, définissez les différents sites et bâtiments qui constituent votre entreprise.

  • Quel est le SIREN de la société dont vous souhaitez faire le bilan carbone ?

  • Quels sont les différents SIRETs qui en dépendent ?

  • Quels sont les équipements et installations associés à chaque site ?

💡Bon à savoir : Appuyez-vous sur l’organigramme de votre entreprise pour vous y retrouver plus facilement.

Le périmètre opérationnel

Le périmètre opérationnel regroupe toutes les émissions générées par l’activité de votre organisation. Pour mieux comprendre, on distingue différents scopes : 

  • Les émissions directes (scope 1), celles issues de sources que vous possédez ou contrôlez, comme la combustion d’énergie sur vos sites ou votre flotte de véhicules.

  • Les émissions indirectes (scopes 2 et 3), qui concernent l’électricité achetée, les déplacements professionnels, les achats de biens et services, ou encore la fin de vie des produits

Ce découpage en scopes provient du GHG Protocol, la référence internationale en matière de comptabilité carbone. Pour en savoir plus, nous avons consacré un article sur les scopes 1, 2 et 3 du bilan carbone

En France, la réglementation BEGES reprend ce cadre mais le traduit en six postes obligatoires dans le reporting, tels que définis dans la nomenclature officielle des postes d’émission (émissions directes, émissions indirectes liées à l’énergie, émissions indirectes liées au transport, émissions liées aux produits achetés, émissions liés aux produits vendues, autres émissions).

Quelle que soit la méthode utilisée, l’enjeu reste de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, de vos fournisseurs et matières premières jusqu’à l’utilisation et la fin de vie de vos produits.

Chez WeCount, nous savons que cette complexité peut vite décourager. C’est pourquoi notre plateforme de comptabilité carbone simplifie la lecture de vos résultats. 

Catégorisation du bilan carbone sur la plateforme WeCount

Nous séparons vos émissions en deux grandes familles :

  • Le scope 1/2 cœur, qui regroupe toutes les émissions directes et indirectes liées à l’énergie consommée par votre entreprise (ex: énergies des bâtiments et machines, climatisation, véhicules opérés par l’entreprise…)

  • Le scope 3, divisé en deux sous-catégories : les émissions amont (ex: fret amont, achats matières premières et produits, déplacement domicile-travail…) et les émissions aval (ex: déplacement des clients, usage des produits, fin de vie…).

Cette approche rend vos résultats plus lisibles et vous aide à identifier rapidement vos leviers d’action prioritaires. 

Découvrez comment notre plateforme peut simplifier votre bilan carbone ou contactez-nous pour une demande de démo !

Le périmètre de déclaration

Une fois les postes d’émissions identifiés et classés selon les différents scopes, établissez le périmètre de déclaration.

Pour ça, posez-vous la question suivante : quelles sont les émissions du périmètre opérationnel qui doivent être comptabilisées ?

‍Pour les définir, identifiez les émissions directes et indirectes les plus significatives.

💡 Bon à savoir : Par significatif, on entend ce qui représenta une part non négligeable des émissions. C’est aussi ce sur quoi on agira en priorité pour réduire nos émissions lorsque c’est possible. On se concentre d’abord sur les émissions qui pèsent le plus sur le bilan carbone !

Étape 4 : collecter les données nécessaires au calcul de votre bilan carbone entreprise

Quelles données collecter ?

‍La réussite d’un bilan carbone dépend en partie de la qualité des informations. 

Vous ne pouvez pas avancer sans savoir précisément d’où viennent vos émissions. C’est pourquoi il est essentiel d’identifier dès le départ les données à recueillir, qu’elles soient directement issues de vos activités ou fournies par vos partenaires.

Tout d’abord, identifiez :

  • Les données primaires, directement liées à votre organisation (nombre de kilomètres parcourus, kWh, quantité de matières premières utilisées, etc.) ;

  • Et secondaires, à recueillir chez vos partenaires et clients, par exemple les consommations d’énergie de vos sous-traitants, les données de transport fournies par vos prestataires logistiques, ou encore l’empreinte carbone des matières premières communiquée par vos fournisseurs.

Chaque donnée est rattachée à un site d’activité et à un scope (ou catégorie). Cela vous rappelle quelque chose ? C’est normal, ces données doivent s’intégrer dans chacun des périmètres définis lors du cadrage du projet.

Exemples 

Vous vous demandez quelles données, concrètement, rassembler ?

Prenons l’exemple d’une entreprise fabriquant des produits informatiques. Ici, la production d’équipements informatiques a un fort impact sur les émissions de GES, notamment lors de leur fabrication.

Aussi, prenez en compte les émissions liées à chaque étape de leur cycle de vie :

  • Chaque composant qui constitue l’ordinateur ou le téléphone (carte mère, carte graphique, écran, etc.) ;

  • Leur transport jusqu’à votre entreprise lors de l’achat ;

  • L’assemblage des composants ;

  • Leur durée d’utilisation au sein de votre entreprise et la consommation d’électricité associée ;

  • Leur fin de vie, etc.

Vous êtes plutôt dans un établissement d’enseignement supérieur ?

‍Pour collecter toutes les données dont vous avez besoin, vous pouvez :

  • ‍Faire une enquête mobilité domicile-travail ;

  • Rassembler les factures associées au chauffage des locaux et à la consommation d’eau ;

  • Recenser les ingrédients utilisés pour les repas proposés aux enseignants et étudiants, etc.

💻 Besoin de retours d’expérience ? Après avoir accompagné plus de 700 entreprises dans la réalisation de leur bilan carbone, nous savons que la collecte de données est considérée comme une des tâches les plus chronophages. 

C’est pour partager de bonnes pratiques que WeCount organise mensuellement des webinaires avec des professionnels RSE de tous secteurs (santé, btp, agroalimentaire, tourisme, numérique, enseignement supérieur, textile…). Retrouvez le replay retour terrain de plus de 60 professionnels (Haulotte, Promod, la Sorbonne Université, Hardis Group, l’Union des Industries Textiles, Sumi Agro, Festival OFF Avignon, AstraZeneca, Parc Asterix…) ou  inscrivez-vous à notre newsletter pour ne pas manquer les prochains témoignages !

Étape 5 : calculer les émissions de GES

Une fois vos données collectées, il faut les convertir en équivalent d’émissions de CO₂ (CO₂e). 

Le principe est le suivant : Donnée d’activité × Facteur d’émission = Émissions de GES.

Chaque type de donnée (litres de carburant, kWh d’électricité, tonnes de déchets, etc.) est associé à un facteur d’émission spécifique. Cette dernière information est publiée par des bases de référence (Base Empreinte®, Agribalyse®, INIES, ecoinvent® etc. ). 

Exemple issu d’Agribalyse® : 1 kg de bœuf = 35 kg de CO², 1 kg de poulet = 9 kg de CO²…

En pratique, vos données ne se présentent pas toujours sous la même forme. Selon les cas, vous disposez soit de données physiques (litres, kWh, tonnes…), soit uniquement de données financières (montants dépensés en €). C’est ce qui détermine l’approche de calcul à retenir que nous développons ci-dessous.

Adapter l’approche de calcul selon les données disponibles

Deux façons d’estimer vos émissions existent. Ce choix est très important car il va déterminer la fiabilité de vos calculs, des résultats et in fine, l’efficacité de votre plan de réduction des émissions de GES.

L’approche par flux physique est la plus idéale. Elle s’appuie sur des données tangibles : kWh d’électricité consommée, mètres cubes de gaz, kilos de matières premières, tonnes de déchets… C’est la méthode la plus précise et celle recommandée par l’ADEME.

Si vous n’avez que les données de dépenses, vous choisirez l’approche monétaire.

L’approche monétaire repose sur le montant dépensé pour un bien ou un service. Elle est utile lorsque les données physiques sont indisponibles, mais reste moins précise et ne couvre pas toujours tous les postes d’émissions.

Déterminer les incertitudes liées à chaque donnée

Les résultats obtenus comportent majoritairement une marge d’incertitude, car il s’agit d’estimations. Ces incertitudes dépendent du type de données collectées :

  • Une incertitude de 0 % est associée à une donnée physique définie à l’aide d’instruments de mesure très précis (avec une incertitude de mesure de 0 %). Cette situation est extrêmement rare.

  • À 5 %, l’incertitude de mesure de vos instruments est supérieure à 0 %. C’est le cas lorsque vous vous appuyez sur une facture ou un compteur (d’électricité, par exemple).

  • Dans le cas de données extrapolées, l’incertitude est de 30 %. Cela concerne les données secondaires dont l’unité a été convertie.

  • Si l’extrapolation a été estimée de manière approximative, appliquez une incertitude de 50 %.

Etape 6 : Analyser et suivre l’impact des données sur les GES

Analyser les données

L’analyse est un moment décisif dans un bilan carbone en entreprise. C’est elle qui transforme vos données en leviers d’action concrets. Une analyse mal conduite peut fausser tout le plan de réduction à venir.

L’objectif est de répondre à deux questions simples, mais essentielles :

  1. Quels sont les principaux postes d’émissions ?

  2. Quelles sont les activités concrètes qui les génèrent ?

Par exemple, si vos émissions majeures proviennent des achats de matières premières, il faut savoir précisément quels produits et quels fournisseurs sont concernés. Si elles viennent des trajets domicile-travail, il faut comprendre quelles distances sont parcourues et par quels moyens de transport. 

Cette précision est clé : elle permet d’identifier les vrais leviers d’action, de proposer des solutions adaptées et de formuler des recommandations compréhensibles par tous, du comité de direction aux équipes opérationnelles.

Visualisation des postes d’émissions avec détail des activités associées

Sur la plateforme de comptabilité carbone WeCount, l’analyse va bien au-delà d’une simple répartition par poste. 

Plus de trente tableaux de bord vous permettent de : 

  • croiser vos données par site, produit, région ou activité ;

  • générer des ratios d’intensité

  • produire automatiquement des tableaux conformes aux cadres réglementaires (GHG Protocol, BEGES, CSRD, Bilan Carbone®) ;

  • faire des projections pour construire votre plan d’action ;

  • suivre vos baisses d’émissions dans le temps. 

Cette granularité rend la lecture des résultats plus claire pour toutes les parties prenantes et transforme vos données en un véritable outil de pilotage stratégique. Vous souhaitez avoir une démo de notre plateforme ? Contactez-nous dès maintenant ! 

Suivre l’impact de chaque donnée sur les émissions de GES

Un suivi régulier est essentiel pour savoir si votre bilan carbone évolue dans la bonne direction. S’il révèle une baisse insuffisante des émissions, il vous permettra d’ajuster votre plan d’action en conséquence.

Cette démarche est itérative et de long terme : la transition bas-carbone s’inscrit souvent sur 20 ans ou plus, et chaque campagne de collecte permet d’affiner la précision du bilan.

Un défi partagé par de nombreux responsables RSE, comme Valentine Bourjot, Responsable RSE et Environnement chez Johnson & Johnson Innovative Medicine, qui souligne : “Nous avons un gros défi de fiabiliser le calcul des achats de services, en passant de facteurs d’émissions monétaires à physiques.”

💻 Retrouvez son retour d’expérience en replay (à partir de 30:00).

Un suivi précis et régulier est aussi un levier fort pour valoriser vos progrès auprès de vos équipes, de vos clients et de vos partenaires financiers.

Suivi dans le temps des émissions par poste et par action

Étape 7 : réfléchir aux leviers d’action grâce aux résultats

Une fois vos émissions analysées, il est temps de transformer ce constat en véritable stratégie de décarbonation. 

Le bilan carbone en entreprise n’a de sens que s’il débouche sur un plan d’action solide, aligné sur l’Accord de Paris et validé par des cadres méthodologiques reconnus comme la SBTi. 

Pour avancer, il est essentiel de penser en termes de temporalité : 

  • À court terme, vous pouvez agir vite en réduisant vos consommations énergétiques ou en favorisant des solutions de mobilité durable. 

  • À moyen terme, l’enjeu est d’investir dans des changements plus structurants, comme le renouvellement de votre flotte de véhicules ou l’optimisation de vos process industriels. 

  • A long terme, certaines entreprises vont jusqu’à transformer leur modèle économique en intégrant l’éco-conception, l’économie circulaire ou l’innovation bas-carbone. C’est le cas de groupes comme Decathlon qui repensent la conception de leurs produits, ou de Maisons & Cités qui engagent des projets collectifs de rénovation énergétique.

Toutes les actions n’ont évidemment pas le même poids. 

Pour ne pas s’éparpiller, la méthode 80/20 est précieuse. Elle consiste à identifier les leviers qui, même minoritaires en nombre, produisent l’essentiel des réductions. Se concentrer sur les achats, la logistique ou l’efficacité énergétique permet ainsi de générer rapidement des gains mesurables.

Mais une trajectoire carbone ne peut pas reposer uniquement sur les efforts internes

Les fournisseurs, les clients, les pouvoirs publics et parfois même les concurrents ont un rôle décisif à jouer. Les exemples collaboratifs se multiplient, comme chez Kiloutou qui implique ses partenaires pour généraliser l’usage de matériels bas-carbone. La réussite passe par cette dynamique collective qui démultiplie l’impact des actions engagées.

C’est à cette étape que nos programmes collectifs facilitent la prise de décision. Ils offrent un cadre structuré pour vous former, avancer aux côtés d’autres organisations et bénéficier de l’expertise de nos consultant·es sur votre secteur. 

Notre plateforme carbone, elle, vous aide à simuler différents scénarios de réduction, à vérifier la compatibilité de vos objectifs avec la SBTi et la CSRD, et à piloter vos résultats dans la durée grâce à des tableaux de bord détaillés. Vous ne restez pas au stade du constat, vous disposez d’un outil concret pour transformer vos données en décisions stratégiques.

Si vous souhaitez échanger avec un de nos experts sur les enjeux de transition bas carbone de votre entreprise, en apprendre plus sur nos programmes ou notre plateforme, contactez-nous ici.

Étape 8 : embarquer les parties prenantes

Un bilan carbone entreprise prend toute sa valeur lorsqu’il implique l’ensemble de l’écosystème. 

Salariés, fournisseurs, clients, partenaires institutionnels… chacun peut contribuer à réduire les émissions et amplifier l’impact des actions engagées.

En interne, il s’agit de créer une dynamique collective : sensibiliser les équipes, organiser des ateliers comme la Fresque du Climat, identifier des ambassadeurs climat et communiquer régulièrement sur les avancées.

En externe, la communication valorise vos initiatives, renforce la transparence et peut inspirer d’autres acteurs à se lancer. 

L’exemple du Festival OFF Avignon illustre cette mobilisation collective : un projet de transport mutualisé de décors par fret ferroviaire a permis d’éviter 50 000 km de transport routier et de réduire les émissions de 19 tCO₂e. Documenté et partagé, ce type d’initiative peut être répliqué par d’autres organisations de la filière.

Cet exemple montre bien qu’impliquer ses parties prenantes, c’est transformer un exercice technique en véritable projet collectif. Bien menée, la démarche devient un mouvement capable d’entraîner tout un secteur, de renforcer votre image et de fédérer durablement vos partenaires autour de la transition bas-carbone.

Aller plus loin que son bilan carbone

Un bilan carbone n’est pas une fin en soi : c’est le point de départ d’une stratégie climat crédible et mesurable, alignée avec les objectifs de l’Accord de Paris.


Des cadres comme la SBTi permettent de fixer des objectifs de réduction validés scientifiquement, mais encore faut-il savoir comment les atteindre concrètement.

C’est là qu’intervient la méthode ACT Pas à Pas, développée par l’ADEME et le CDP (Carbon Disclosure Project). Elle offre une feuille de route complète pour transformer un diagnostic carbone en plan d’action :

  • Analyser vos risques et opportunités liés au changement climatique ;

  • définir une trajectoire de réduction compatible avec les Accords de Paris (SBTi) ;

  • identifier et prioriser les leviers à activer,

  • valider un plan d’action quantifié avec votre comité de direction et intégrer votre stratégie de décarbonation dans la stratégie globale de l’entreprise ;

  • si éligible, préparer votre reporting CSRD (ESRS E1).

En clair, ACT Pas à Pas vous permet de passer de la mesure à l’action, avec un pilotage structuré et reconnu par l’ADEME.

Chez WeCount, nous faisons de cette méthode un levier opérationnel. Nos programmes collectifs ACT Pas à Pas associent formation, accompagnement individuel et plateforme carbone, pour rendre la démarche tangible, partagée et durable. Vous repartez avec une stratégie climat claire, un plan d’action chiffré et un suivi dans le temps pour ancrer la décarbonation au cœur de votre organisation.

Passer à l’action dès maintenant

Chez WeCount, nous sommes des experts du bilan carbone et de la stratégie climat. Depuis 2020, nous avons accompagné plus de 700 entreprises de secteurs variés (agroalimentaire, cosmétique, numérique, textile, sociétés de conseils, etc.). 

Que vous en soyez à la réalisation de votre premier bilan carbone ou que vous souhaitez franchir une nouvelle étape dans votre stratégie climat, contactez nos experts dès aujourd’hui pour avancer avec méthode et sérénité.

Sources

Ministère de l’Écologie 
ruptureengagee.com

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