Lila Fillion

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Bilan Carbone

Les ressources crées par Lila Fillion

Comprendre son périmètre, et savoir le mesurer est devenu incontournable, autant pour répondre aux obligations réglementaires que pour bâtir une stratégie climat qui a du sens. Dans cet article, découvrez tous nos conseils pour comprendre le scope 3 et faciliter le calcul de vos émissions !

📬 Ressource utile : Pour suivre les prochaines évolutions réglementaires, les bonnes pratiques terrain et nos retours d’expérience sur la comptabilité carbone, abonnez-vous à notre newsletter WeCount.

A retenir sur le Scope 3

  • Selon le Carbon Disclosure Project (CDP), les émissions de scope 3 représentent en moyenne 75 % des émissions totales d’une entreprise.

  • Depuis 2023, les entreprises soumises au bilan réglementaire BEGES doivent intégrer les émissions du scope 3, ainsi qu’un plan de réduction des émissions.

  • La collecte des données du scope 3 est la plus complexe, car dépendante des acteurs de la chaîne de valeur.

  • Il existe des solutions comme la plateforme de comptabilité carbone WeCount pour automatiser, faciliter la collecte de données et réinvestir ce temps gagné dans la conduite du changement et de votre stratégie.

De quoi parle-t-on quand on parle de scopes 1, 2 et 3 ?

Scopes et GHG Protocol : définition

Le terme “scope” nous vient du GHG Protocol, une méthode mise au point par le World Resources Institute (WRI) et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD), pour quantifier les émissions de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, hydrofluorocarbures…).

Cette méthode classifie les émissions de GES en 3 catégories, prenant ainsi en compte l'entièreté des émissions d’une structure, sur toute sa chaîne de valeur : 

  • Le scope 1 englobe toutes les émissions directes de la structure (combustion de carburant pour alimenter une chaudière ou un véhicule, ou globalement pour produire de la chaleur, du froid ou de la vapeur sur site) ;

  • Le scope 2 comprend les émissions indirectes liées à l'énergie (provenant de l’électricité consommée, ou bien de chaleur, de froid ou de vapeur produits ailleurs et achetés par l’entreprise) ;

  • Le scope 3 répertorie toutes les autres émissions indirectes résultant des activités de l'entreprise, mais provenant de sources qui ne sont pas détenues ni contrôlées par l'entreprise elle-même (extraction et acheminement des matières premières, déplacements domicile-travail des salariés, gestion des déchets générés par l’activité, cycle de vie des produits vendus…).

Répartition des émissions Scopes 1 2 3

Le GHG Protocol étant devenu un standard international, la classification en scopes 1, 2 et 3 s’est propagée aux autres méthodes de mesure des émissions de GES, comme par exemple la méthode Bilan Carbone® et le BEGES réglementaire, largement utilisés en France. Le concept de “scope” est donc couramment utilisé aujourd’hui pour expliquer les émissions de CO2.

En effet, à la fois le Bilan Carbone® et le BEGES (dans sa version 5 basée surensuite la norme ISO/TR 14069), prennent en compte les 3 scopes dans leur entièreté (cf. tableau ci-après).

A noter : en France, on opte plutôt pour une classification des émissions en 6 catégories, la première correspondant au scope 1, la deuxième au scope 2 et les quatre dernières au scope 3. C’est une manière de décomposer le scope 3, afin d'être sûr de n’oublier aucune émission.

Tableau comparatif entre les catégories et postes fixés entre le référentiel national, le bilan carbone® et le ghg protocol (Source : Méthode pour la réalisation des bilans d’émissions de gaz à effet de serre, ecologie.gouv.fr, 2022)

Chez WeCount, toutes les solutions que nous déployons ont pour objectifs de vous simplifier la vie. Ainsi, notre plateforme de comptabilité carbone sépare les émissions en 3 catégories, plus simples à appréhender : 

  • Le scope 1/2 cœur : il désigne les émissions directes et indirectes liées à l’énergie consommée par l’entreprise ;

  • Le scope 3, dans lequel nous distinguons : 
    • Les émissions "amonts" (ex : achats, transport fournisseurs) ;
    • Les émissions "avales" (ex : déplacement des clients, usage des produits, fin de vie…).

Catégorisation du bilan carbone sur la plateforme WeCount

💡Bon à savoir : Pour visualiser plus facilement vos émissions par scope, centraliser vos données et piloter votre trajectoire carbone dans le temps, découvrez la plateforme carbone et ESG de WeCount ou demandez une démo.

Pourquoi le scope 3 est-il si important ?

Il est responsable de la majorité des émissions d’une entreprise

Le scope 3 est responsable de la majorité des émissions d’une entreprise.

D’après le CDP, il contribue en moyenne à 75 % des émissions totales. Cette proportion varie fortement selon les secteurs : dans les services financiers, par exemple, le scope 3 peut représenter près de 100 % du total.

Autrement dit, réaliser un bilan carbone sans prendre en compte le scope 3 revient à laisser de côté l’essentiel des émissions. Étant donné qu’il constitue la plus grande part pour la plupart des organisations, le scope 3 est aussi considéré comme une source majeure de risque financier lié au climat. C’est pourquoi sa divulgation est jugée essentielle pour permettre aux investisseurs d’évaluer l’exposition globale d’une entreprise aux risques climatiques. C’est aussi un prérequis pour aborder avec rigueur des sujets comme la neutralité carbone, qui nécessitent avant tout une mesure complète et fiable de l’empreinte de l’entreprise.

L’obligation réglementaire avec le BEGES

Cette importance de prendre en compte le scope 3, la France l’a bien saisie, en l’imposant dans le cadre du bilan carbone obligatoire, appelé bilan GES ou BEGES.

En effet, depuis 2023 et la mise en application du décret du 1er juillet 2022, le bilan GES réglementaire doit maintenant quantifier toutes les émissions significatives du scope 3, là où avant il se limitait uniquement aux scopes 1 et 2.

Les structures concernées doivent publier un bilan de leurs émissions de gaz à effet de serre tous les 4 ans pour les entreprises et tous les 3 ans pour les structures publiques.

Pour rappel, sont concernées par cette obligation : 

  • Les entreprises privées de plus de 500 salariés (250 pour les départements d'outre-mer) ;
  • Les collectivités territoriales de plus de 50 000 habitants et les établissements publics de plus de 250 agents.
    A ce s
📝A noter : le décret du 1er juillet 2022 va encore plus loin. Il rend également obligatoire la mise en place d'un plan de transition (ou plan de réduction des émissions de GES). Ce dernier doit préciser les actions mises en place ainsi que les résultats obtenus depuis le bilan précédent. Doivent également être listés les objectifs pour les années à venir, ainsi que les actions prévues pour y parvenir. Cette logique s’inscrit aussi dans le cadre plus large de la Stratégie Nationale Bas-Carbone, qui fixe la trajectoire de réduction des émissions à l’échelle française.



Chez WeCount, notre
programme Bilan Carbone vous accompagne sur 4 mois pour réaliser votre bilan carbone, définir votre plan d’action et former votre équipe à porter la transition bas-carbone de votre entreprise. Ce programme collectif regroupe 12 entreprises de votre secteur (BTP, santé, textile, etc.) pour vous permettre de travailler en synergie, tout en prenant en compte les enjeux spécifiques à votre chaîne de valeur. L’objectif est de vous donner les clés pour structurer et engager votre transition bas-carbone sur le long terme.

Envie d’en savoir plus ? Contactez-nous

Comment sont calculées les émissions du scope 3 ?

Les 5 étapes du bilan carbone

Avant d’entrer dans le détail du calcul des émissions, il est important de comprendre les grandes étapes lors de la réalisation d’une empreinte carbone, et la logique qu’il y a oblia. Pour structurer cette démarche avec méthode, un accompagnement Bilan Carbone permet de cadrer le périmètre, fiabiliser la collecte et transformer les résultats en plan d’action concret.

Quelle que soit la méthode utilisée (GHG Protocol, Bilan Carbone® de l’ABC ou BEGES réglementaire), la réalisation d’un bilan carbone suit une logique commune. Les étapes peuvent légèrement varier selon les référentiels, mais reposent globalement sur le même enchaînement.

Ainsi, dans l’ordre :

On commence par cadrer la démarche :

 

  • Le contexte : s'agit-il d’un premier bilan ou y en a-t-il eu d’autres dans le passé ? Quelles sont les attentes et les ressources à notre disposition ? Ce bilan s’inscrit-il dans une volonté de décarboner l’activité de l’entreprise ?

  • La gouvernance : qui est chargé de piloter le projet en interne ? Qui réalisera le calcul de l’empreinte carbone ? Quel est le processus de validation ? Y a-t-il des compétences en interne sur ce sujet ? À ce stade, il est également essentiel de définir si l’entreprise se fait accompagner par un prestataire externe (cabinet spécialisé, fédération, consultant) et si elle s’appuie sur un logiciel de comptabilité carbone pour fiabiliser la collecte et l’analyse des données. Selon son profil et son éligibilité, l’entreprise peut aussi étudier le Diag Décarbon’Action pour financer une partie de sa démarche.

  • La méthode : choisir le cadre de référence (GHG Protocol, Bilan Carbone® de l’ABC, ou BEGES dans le cas d’une obligation réglementaire) garantit la comparabilité et la crédibilité du bilan.

Puis, on définit les périmètres de l’étude :

 

  • Le périmètre organisationnel : comment définir les frontières de l'étude pour une comptabilisation complète (établissements, équipements et installations à considérer) ?

  • Le périmètre temporel : sur quelle période comptabiliser les émissions ? La période classique est l'année civile (du 1er janvier au 31 décembre), mais certaines entreprises choisissent également de se baser sur leur année comptable (qui peut être différente selon leur cycle financier).

  • Le périmètre opérationnel : quelles sont les sources d'émissions à inclure dans le périmètre opérationnel (cartographie des émissions et répartition selon les différents scopes) ?

Ensuite, on mobilise les différentes parties prenantes, à savoir :

 

  • L’équipe projet ;

  • La direction ;

  • Les collaborateurs ;

  • Les acteurs en amont de la chaîne de valeur (fournisseurs, partenaires) ;

  • Les acteurs en aval de la chaîne de valeur (distributeurs, clients) ;

  • Toutes les autres parties prenantes (financeurs, partenaires stratégiques, fédérations professionnelles…).

📬 Ressource utile : Pour faciliter cette étape d’embarquement, nous avons rassemblé 56 ressources climat pour sensibiliser en interne et aider vos équipes à mieux comprendre les enjeux de la transition bas-carbone.

Puis, c’est le moment de comptabiliser les émissions de GES de l’entreprise : 


  • Collecte des données ;

  • Sélection des facteurs d’émission ;

  • Estimation des incertitudes ;

  • Profil d’émission de l’entreprise.

Enfin, certaines méthodes (BEGES, Bilan Carbone®) vont plus loin et intègrent un plan de transition comprenant des actions à mettre en place pour réduire ces émissions :
 

  • Définition des objectifs et de la trajectoire souhaitée ;

  • Construction du plan d’action ;

  • Définition du suivi des actions et du pilotage du plan sur le long terme.

📝 A noter : le calcul des émissions n’arrive qu’en quatrième étape, après une série d’actions qui consistent à bien cadrer la démarche et à faciliter la collecte des données. Respecter l’ordre de ces étapes est déterminant pour le bon déroulement du bilan. C’est ainsi que l’on peut obtenir des résultats cohérents et représentatifs des émissions de l’entreprise.

Zoom sur la méthode de calcul

Une fois les trois premières étapes réalisées, on obtient une cartographie des émissions de l'entreprise, pour chacun des scopes.

La règle de calcul consiste alors, pour chaque type d’émission, à multiplier la donnée d’activité par le facteur d’émission associé. Explications :

  • Une donnée d’activité correspond à un flux physique de l’entreprise. Par exemple, un nombre de kilomètres parcourus, un volume de matière achetée, la quantité d’électricité consommée dans l’année... ;

  • Le facteur d’émission représente la quantité de gaz à effet de serre (exprimé en équivalent CO2) émis pour une unité de cette donnée d’activité. Par exemple, 1 litre d’essence consommé correspond à 2,8 kg de CO2e émis dans l’atmosphère.

Lorsqu’il n’existe pas de donnée d’activité réelle, il y a toujours des solutions pour avancer dans le calcul. On peut alors recourir à des données alternatives

  • Extrapolées : extrapolation à partir d'autres données physiques, statistiques ou approchées (ex : kWh d’électricité consommés, basés sur les 6 premiers mois de l’année seulement) ;

  • Statistiques : hypothèses établies à partir de moyennes sectorielles, nationales, ou basées sur d’autres structures comparables (ex : moyenne française d'électricité consommée par les entreprises tertiaires) ;

  • Approchées : données non représentatives de la situation de la structure, mais qui peuvent être utilisées en ultime recours si aucun autre type de donnée n’est disponible (ex : consommations d’électricité d’une entreprise du même secteur, non corrigée).

L’essentiel est de ne pas bloquer la démarche : il vaut mieux disposer d’une estimation cohérente que de laisser un poste vide ! Lors de la phase de collecte, nous recommandons donc à nos clients de prioriser les données essentielles et de rassembler le maximum d’informations disponibles, tout en gardant en tête que des hypothèses viendront compléter les éventuelles données manquantes.

Pour mener à bien ce calcul, il est à la fois nécessaire de : 

  • Répertorier les différents flux physiques générés par l’entreprise (travail réalisé à l’étape 2) ;

  • Connaître les facteurs d’émission pour chaque donnée d’activité (disponibles sur la Base Empreinte® de l’ADEME et certaines bases spécifiques par secteurs) ;

  • Et collecter toutes les données nécessaires au calcul, comme par exemple les factures indiquant les quantités de matières premières achetées sur l’année, ou encore les notes de frais des salariés, précisant le nombre de kilomètres parcourus lors des déplacements professionnels, etc. (Pour le scope 3, c’est généralement au niveau de cette collecte de données que l’on rencontre la plus grande difficulté).

Exemple : Prenons l’exemple d’un hôtel qui souhaite évaluer ses émissions de GES associées au scope 3. Parmi les actions à réaliser, il y aura alors : 

  • Recenser tous les achats alimentaires de l’établissement (volumes, provenance, type de produits) ;

  • Comptabiliser l’empreinte carbone liée aux produits d’entretien et consommables (savon, shampooing, linge, papier) ;

  • Évaluer le transport des marchandises (fournitures, linge, produits alimentaires) jusqu’à l’hôtel ;

  • Mener une enquête pour quantifier les déplacements domicile-travail des employés ;

  • Estimer l’impact des voyages des clients pour se rendre dans l’établissement ;

  • Faire une enquête auprès des sous traitants (blanchisserie, maintenance, sécurité) pour évaluer leurs émissions ;

  • Évaluer la fin de vie des équipements remplacés (mobilier, literie, électroménager), etc.

Attention : il ne faut pas oublier ensuite de calculer l’incertitude associée aux résultats, c’est-à-dire la marge d’erreur avec laquelle on affirme tel ou tel chiffre. Les incertitudes peuvent être associées aux données d'entrée (d’autant plus lorsqu’il s’agit de données statistiques ou approchées), mais aussi aux facteurs d'émissions. L’objectif final de ce calcul est ensuite d’augmenter chaque année la fiabilité des données, afin de réduire ces fameuses incertitudes.

Une collecte de données pas toujours évidente

Ce n’est pas pour rien que le scope 3 a longtemps été le grand oublié du BEGES réglementaire : il est de loin le plus complexe à évaluer.

Quantifier les émissions du scope 3 nécessite de récolter des données auprès de tous les acteurs de la chaîne de valeur (investisseurs, fournisseurs, distributeurs, clients, partenaires divers et variés…). C’est un processus chronophage et fastidieux, qui dépend du bon vouloir des différentes parties prenantes. Cette difficulté concerne aussi certains services numériques externalisés : lorsqu’une entreprise utilise des solutions via le cloud, les émissions associées relèvent généralement du scope 3, notamment pour mesurer l’empreinte carbone de l’IA.

Et même lorsque ces dernières sont volontaires, il y a souvent des lacunes ou des incohérences dans les données collectées, ainsi que des erreurs (oublis, données comptées double), ou encore des informations obsolètes.

Bref, nous savons que c’est une étape particulièrement complexe qui peut s’avérer décourageante, en particulier pour les entreprises qui réalisent leur premier bilan carbone. Mais n’ayez crainte, car nous avons préparé une compilation de nos meilleurs conseils pour mener à bien cette collecte.

Nos conseils pour évaluer correctement le scope 3

Vous rencontrez des difficultés dans la prise en compte du scope 3 ? Ayant accompagné plus de 500 clients dans leur démarche d'empreinte carbone, nous pouvons vous dire que vous n’êtes pas les seuls ! En effet, c’est probablement la partie la plus complexe d’un bilan carbone…

Voici nos meilleurs conseils pour vous aider à gérer cette étape compliquée : 

  • Centralisez la collecte des données au sein d’une seule et même équipe, afin d'éviter les erreurs et les redondances ;

  • Commencez par les données prioritaires, à savoir les sources les plus importantes d'émissions, et augmentez le périmètre un peu plus chaque année ;

  • En fonction de la taille et de la complexité de votre entreprise, il peut être judicieux d'utiliser une matrice de collecte des données qui définit précisément les données à récolter. Appuyez-vous sur les sources d’émissions identifiées, ainsi que le périmètre opérationnel défini précédemment. Un bon début est de démarrer par les données déjà en votre possession et facilement exploitables ;

  • Travaillez main dans la main avec vos parties prenantes, dont vous dépendez pour fournir une grande partie des données ;

  • Enregistrez les données dans un même dossier et conservez toutes les informations utiles (source, documents associés, incertitude liée à la donnée…) ;

  • Utilisez un outil qui vous permette de suivre l’évolution de ces données d’une année sur l’autre pour gagner du temps.

C’est ce dernier point qui est, selon nous, le plus déterminant. S’équiper d’un logiciel de comptabilité carbone facilite la collecte, le suivi des données et le calcul des émissions. Mais au-delà de l’outil, le véritable enjeu est de monter en compétence et de s’approprier la démarche.

Comprendre où les données ont été collectées, comment elles ont été traitées et quelles incertitudes elles comportent rend le bilan carbone plus crédible et plus fiable. C’est aussi ce qui garantit la capacité de l’organisation à mettre à jour son empreinte année après année et à piloter durablement sa transition.

✨Notre conseil : lors d’un premier bilan carbone, l’un des grands principes à appliquer est la loi de Pareto. Dès la cartographie des flux, identifiez d'abord ce qui peut être facilement recensé à 100 %. Puis, pour le reste, identifiez les 20 % d’activités réputées les plus émissives dans votre secteur, qui produisent 80 % des volumes d’émissions et focalisez-vous sur celles-là. Même si vous ne connaissez pas encore les volumes exacts, cette approche vous aidera à prioriser et à fiabiliser rapidement vos données.

S’équiper d’un logiciel de comptabilité carbone

Explorez la plateforme WeCount dès aujourd'hui

Passer par un logiciel bilan carbone est selon nous le meilleur moyen de réaliser votre bilan le plus simplement possible, et avec le moins de prise de tête.

Car, même s’il est possible de passer par des fichiers Excel, cela reste fastidieux et peu optimisé pour le suivi des données d’une année sur l’autre.

Attention toutefois à ne pas choisir n'importe quel logiciel ! Un bon outil doit proposer tous les modules nécessaires à la comptabilité carbone : comme la cartographie des émissions, la vérification des données, l’analyse des résultats et la proposition de préconisations sous la forme d’un plan d’action. Mais ce n’est pas tout, il doit aussi proposer le suivi et la mise à jour des informations d’année en année. Sans oublier la fonction “reporting” qui permet d’éditer un rapport conforme aux obligations en vigueur.

Chez WeCount, nous sommes fiers de dire que notre plateforme est particulièrement adaptée au calcul des émissions des scope 1, 2 et 3. Elle :

  • Facilite la collecte des données (ex: intégration automatisée de données Excel, workflow de collecte et validation des données auprès des contributeurs et fournisseurs…) ;

  • Simplifie la traçabilité pour suivre la collecte des données, leur validation et les modifications sur le long-terme ;

  • S’appuie sur des méthodologies reconnues (Bilan Carbone®, GHG Protocol) et des facteurs d’émission fiables (115K facteurs d’émission parmi 15 bases de données : Base Empreinte, ecoinvent, Inies, Agribalyse, Defra, Ecobalyse, etc.) ;

  • Respecte les exigences réglementaires de reporting extra-financier (BEGES, CSRD, VSME, GHG Protocol, SBTi, CDP) ;

  • Apporte de la lisibilité avec des tableaux de bord structurés qui permettent de visualiser l’ensemble des émissions (1, 2, 3), et d’identifier les postes prioritaires pour agir ;

  • S’intègre dans une démarche plus large de construction d’une trajectoire climat pour induire une baisse des émissions (en lien avec la CSRD, la SBTi ou les plans d’action sectoriels).

En résumé, la plateforme WeCount est un outil fiable, pédagogique et robuste, qui facilite la complexité du scope 3, tout en assurant une base solide pour piloter votre stratégie climat.

Nous contacter pour une démo de la plateforme

3 exemples d’entreprises ayant quantifié leur scope 3

Pour vous aider à vous projeter et réaliser qu’avec un bon accompagnement, tout est possible, voici trois exemples concrets de clients WeCount qui se sont lancés dans une démarche de décarbonation !

Le grand groupe : J&J Innovative Medicine

Problématiques et enjeux :

  • Décliner la stratégie climat du groupe Johnson & Johnson au contexte de la filiale française Innovative Medicine.

  • Le scope 3 représentait 94 % des émissions, avec une forte incertitude sur les achats de services.

Exemples d'actions

  • Bilan carbone annuel sur les 3 scopes depuis 2019, avec la plateforme comptabilité carbone de WeCount.

  • De nombreuses actions entreprises depuis le premier bilan : au niveau des transports (diminution des déplacements, optimisation du fret, électrification de la flotte de véhicules), responsabilisation des achats, démarche de réduction des déchets, mise en place d’un plan de sobriété énergétique, etc.

  • Une stratégie climat pleinement intégrée à la stratégie RSE de l’entreprise, avec la formation des collaborateurs et de la direction.


Apports du bilan carbone :

  • Périmètre du scope 3 affiné, calculs fiabilisés.

  • Réalignement progressif sur la trajectoire fixée par l’Accord de Paris sur le climat.

  • Baisse de 58 % des émissions relatives entre 2019 et 2023.

💎 Leur action pépite : la sensibilisation et la formation des collaborateur.rices en interne. Fresque du climat, AXA Climate School, intervention du Shift Project… tous les moyens sont bons pour embarquer les salarié.es et développer des compétences en interne !

“La traçabilité et le meilleur suivi des données permettent un gain de temps inconsidérable dans la gestion de notre stratégie RSE.”

🖥️🎙️: Retrouvez le témoignage complet de Valentine Bourjot, Responsable RSE de J&J Innovative Medicine.

L’établissement d’enseignement supérieur : Paris School of Business

Problématiques et enjeux :

  • Un scope 3 très dominant (alimentation 32,5 %, déplacements des étudiants 23,2 %, et des visiteurs 14,1 %).

  • Des données peu fiables sur l’alimentation et le déplacement des visiteurs (faible taux de réponse au questionnaire).



Exemples d’actions :

  • Promouvoir une alimentation moins carnée et plus végétale : campagnes de sensibilisation, promotion des restaurants végétariens sur campus via une politique de prix attractifs, offre végétarienne lors des événements organisés par l’école

  • Encourager des solutions de mobilité douce pour les échanges internationaux des étudiants : création d’un challenge mobilité, compensations financières, formation des personnels accompagnants…



Apports du bilan carbone :

  • Identification des leviers de réduction majeurs : alimentation et avion (étudiants).

  • Objectif de - 20 % pour les émissions liées à l’alimentation des étudiants et des membres du personnel (soit - 277 tCO₂e par an).

💎 Leur action pépite : la règle des "cinq heures" pour les déplacements a permis de réduire l'usage de l'avion de 19 % depuis 2019. Si un trajet peut être effectué en train en moins de cinq heures, l’avion est interdit.

“Je m'approprie enfin les données de notre bilan carbone.”

🖥️🎙️: Replay du webinaire avec le témoignage d’Alix Auffray, Responsable développement durable et RSE de Paris School of Business.

L’association culturelle : Le Festival off d’Avignon

Problématiques et enjeux :

  • Fort impact des mobilités publiques et professionnels.

  • Enjeu de gestion des déchets.

  • Besoin d’intégrer la transition bas-carbone dans la filière spectacle vivant.



Exemples d’actions :

  • Favoriser le transport des décors de théâtre par frêt ferroviaire.

  • Politique de réduction des déchets : réduire les impressions, utiliser davantage des supports recyclés…
    ccompagner les théâtres dans la transition LED.
  • Acheter du matériel informatique reconditionné.


Apports du bilan carbone :

  • Quantification des postes d’émission les plus importants du festival.
  • Identification de pistes concrètes de réduction de ces émissions.
  • Mise en place d’une gouvernance climat structurée (groupe de travail et poste dédié RSE depuis 2023, actualisation du bilan carbone tous les 2 ans).

💎 Leur action pépite : le transport mutualisé de décors par fret ferroviaire. En 2024, AF&C expérimente ce dispositif inédit avec 20 compagnies d’Île-de-France, permettant de transporter les décors de 30 spectacles via 5 containers. Résultat : 50 000 km de route évités et 19 tCO2eq économisées !

“L’usage d'une plateforme nous a permis d’anticiper les données à collecter pour les prochaines mises à jour, un point souvent sous-estimé mais essentiel pour progresser.”

🖥️🎙️: Ecoutez le retour d’expérience de Chloé Suchel, Directrice communication et des relations aux publics d’Avignon Festival & Compagnies (AF&C).

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📚 Ressources

Article
Scope 3 : enjeux, exemples et actions pour réduire votre empreinte carbone

Apprenez à mesurer le scope 3 dans votre bilan carbone, à prioriser vos actions pour réduire efficacement l’empreinte environnementale de votre entreprise

Lila Fillion
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1/5/26

Et pour cause, un jean, un smartphone, une bouteille de shampoing : chaque produit génère des émissions de gaz à effet de serre et vient impacter le bilan carbone de chaque individu. Les entreprises qui prennent les devant et jouent la carte de la transparence ont aujourd’hui un avantage de taille. 

L'empreinte carbone produit est devenue un outil stratégique pour les entreprises qui souhaitent éco-concevoir leurs produits, répondre aux exigences réglementaires et se différencier sur leur marché.

Dans cet article, on vous explique ce qu'est l'empreinte carbone d'un produit, comment la calculer, comment la réduire concrètement, et comment l'intégrer dans votre stratégie climat globale.

L'empreinte carbone produit en résumé :

  • Une approche 360 : L'empreinte carbone produit mesure les émissions de GES sur l'ensemble du cycle de vie d’un produit (matières premières, fabrication, transport, utilisation, fin de vie). Le bilan carbone entreprise lui se concentre sur la mesure des émissions générées par une entreprise sur une année.

  • Focus climat vs vision multicritère : L'empreinte carbone produit se concentre uniquement sur les émissions de CO₂e, tandis qu'une ACV complète évalue également d’autres impacts environnementaux (eau, biodiversité, ressources, toxicité, acidification…).

  • Un levier stratégique pour les entreprises : Mesurer l'empreinte carbone de ses produits n’est pour le moment pas obligatoire en Europe. En revanche, les choses commencent à bouger. Les entreprises opérant dans le textile en France sont d'ores et déjà concernées par le décret n°2025-957 du 6 septembre 2025 encadrant l'affichage volontaire du coût environnemental. Par ailleurs, les entreprises qui communiquent sur leurs engagements environnementaux devront se conformer à la directive Empowering Consumers for the Green Transition (ECGT) dès septembre 2026.

  • Une méthodologie rigoureuse encadrée par des normes : Le calcul repose sur des normes internationales (ISO 14067, GHG Protocol Product Standard) et nécessite de définir une unité fonctionnelle, cartographier le cycle de vie, collecter des données précises et appliquer des facteurs d'émission adaptés.

  • Des actions concrètes pour réduire l'impact : Éco-conception, choix des matières premières, optimisation de la fabrication, réduction des transports, allongement de la durée de vie, amélioration de la recyclabilité... Les leviers sont nombreux et doivent être priorisés selon leur impact réel.

Qu'est-ce que l'empreinte carbone d'un produit ?

Définition simple

L'empreinte carbone d'un produit (aussi appelée Analyse de Cycle de Vie carbone ou Product Carbon Footprint en anglais) mesure la quantité totale de gaz à effet de serre émise sur l'ensemble du cycle de vie d'un produit ou d'un service, exprimée en kilogrammes de CO₂ équivalent (kgCO₂e ou tCO₂e).

Concrètement, cela signifie qu'on comptabilise toutes les émissions générées depuis l'extraction des matières premières jusqu'à la fin de vie du produit, en passant par sa fabrication, son transport, son utilisation et son recyclage ou sa destruction.

L'analyse du cycle de vie, de l'extraction des matières premières à la gestion de sa fin de vie, source wecount.io

☝️ Exemple : Pour une bouteille de shampoing, on ne regarde pas seulement le produit en lui-même, mais aussi son utilisation : un lavage de cheveux. Cela inclut donc les matières premières (ingrédients, plastique de la bouteille), la fabrication du shampoing, l'emballage et l'étiquetage, le transport jusqu'au point de vente, la distribution du point de vente jusqu’à chez la personne, l'utilisation (eau chaude pour se laver les cheveux), la fin de vie (recyclage de la bouteille, traitement de l'eau usée).

Différence entre empreinte carbone produit et empreinte carbone entreprise

Avant d’aller plus loin, il est essentiel de bien distinguer ces deux approches, car elles ne mesurent pas la même chose :

Critère Empreinte carbone entreprise (Bilan Carbone®) Empreinte carbone produit (ACV carbone)
Périmètre Une organisation (entreprise, collectivité) Un produit ou service spécifique
Temporalité Une année donnée (ex : 2024) Tout le cycle de vie du produit (sans limite temporelle)
Objectif Mesurer l'impact global de l'organisation Mesurer l'impact d'un produit spécifique
Scopes Scopes 1, 2, 3 de l'organisation Toutes les étapes du cycle de vie du produit

Différence entre empreinte carbone produit et ACV 

Quelques éléments pour vous permettre de distinguer les deux :

  • Une Analyse du Cycle de Vie (ACV) est une méthodologie normée (ISO 14040 et 14044) qui évalue les impacts environnementaux d'un produit ou service sur l'ensemble de son cycle de vie. Elle est multicritère et ne se limite pas au climat, mais mesure plusieurs impacts environnementaux (épuisement des ressources, consommation d'eau, acidification, eutrophisation, toxicité, occupation des sols, appauvrissement de la couche d'ozone, etc.). 

  • L'empreinte carbone produit (aussi appelée ACV carbone ou Product Carbon Footprint en anglais) est une ACV simplifiée qui se concentre sur un seul indicateur : les émissions de gaz à effet de serre (exprimées en CO₂e). Elle suit la même logique que l'ACV (approche cycle de vie complet), mais ne regarde que l'impact climatique.

Contexte Empreinte carbone produit ACV complète
Objectif principal Mesurer et réduire l'impact climat Évaluer l'ensemble des impacts environnementaux
Réglementation Affichage carbone, reporting climat (CSRD) Affichage environnemental complet, écolabels
Usage Éco-conception climat, communication carbone Éco-conception globale, certifications environnementales

✨Notre conseil : Si votre priorité est de mesurer et réduire votre impact climat, l'empreinte carbone produit suffit. Si vous souhaitez une vision globale de tous les impacts environnementaux, optez pour une ACV complète.

Les principales normes et méthodologies

Le calcul de l'empreinte carbone produit est encadré par plusieurs normes et référentiels internationaux :

  • ISO 14067 : Norme internationale spécifique à l'empreinte carbone des produits (quantification et communication) ;

  • ISO 14040 et 14044 : Normes de référence pour l'Analyse de Cycle de Vie (ACV), qui servent de base méthodologique ;

  • GHG Protocol Product Standard : Référentiel international développé par le World Resources Institute (WRI) et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD) ;

  • Bilan Carbone® Produit : Méthodologie française développée par l'ADEME et l'Association Bilan Carbone (ABC).

📝 À noter : L'ACV et l'empreinte carbone produit sont des méthodes très encadrées par des normes ISO et requièrent une grande rigueur, contrairement à des estimations rapides ou approximatives.

Pourquoi est-il intéressant de mesurer l'empreinte carbone de ses produits ?

Répondre aux exigences réglementaires

Plusieurs réglementations françaises et européennes imposent ou incitent à mesurer l'empreinte carbone des produits :

À l’échelle européenne

En mars 2023, la Commission Européenne présentait la directive Green Claims. Celle-ci était adoptée par le Parlement européen en mars 2024 et avait pour objectif d’encadrer les allégations environnementales en s'appuyant sur la méthodologie PEF. Entretemps, il y a eu un retour en arrière puisque cette initiative a été retirée en juin 2025.

Il reste à ce jour la directive ECGT (Empowering Consumers for the Green Transition), adoptée en mars 2024, et dont l’entrée en application dans les États membres est prévue pour septembre 2026. Cette dernière interdit entre autres les allégations génériques (« écologique », « vert ») et les labels « neutre en carbone » basés sur des compensations plutôt que sur des réductions réelles.

Zoom sur la France 

La loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire, 2020) et la loi Climat et Résilience (2021) imposent progressivement aux entreprises de certaines filières (textile, agroalimentaire, hôtellerie) d'afficher l'impact environnemental de leurs produits.

En pratique, cela se traduit par un score, une étiquette ou un pictogramme apposé sur le produit ou sa fiche en ligne, informant le consommateur de l'impact carbone et environnemental du produit tout au long de son cycle de vie.

En France, il existe également le décret n° 2025-957 du 6 septembre 2025 qui encadre les modalités de calcul et de communication du coût environnemental des produits textiles. Ce n’est pas une obligation mais les entreprises peuvent choisir d’afficher le score de leurs produits sur leurs sites internet et/ou en magasin. Decathlon a par exemple choisi d’aller en ce sens, comme on peut le voir par exemple sur la fiche produit de ces chaussures de basketball.

Identifier les vrais leviers de réduction

Mesurer l'empreinte carbone de vos produits permet d'identifier précisément les étapes du cycle de vie les plus émettrices et de prioriser les actions de réduction les plus efficaces.

Quelles émissions sont prises en compte pour une analyse d'empreinte carbone produit ?

Les gaz à effet de serre couverts

L'empreinte carbone produit mesure l'ensemble des gaz à effet de serre (GES) émis, pas seulement le CO₂. Ces gaz sont convertis en CO₂ équivalent (CO₂e) selon leur pouvoir de réchauffement global (PRG).

Les principaux GES pris en compte sont :

  • CO₂ (dioxyde de carbone) : combustion d'énergies fossiles, déforestation

  • CH₄ (méthane) : agriculture (élevage, rizières), déchets organiques

  • N₂O (protoxyde d'azote) : agriculture (engrais azotés), industrie chimique

  • Gaz fluorés (HFC, PFC, SF₆) : réfrigération, climatisation, industrie électronique

📝 A noter : Le méthane est émis principalement par l’agriculture et la production des hydrocarbures. Selon le 6e rapport du GIEC, son pouvoir de réchauffement par contre serait entre 26 et 34 fois supérieur à celui du CO2 sur 100 ans.

Quel est le lien entre empreinte carbone produit et stratégie climat d'entreprise ?

Les deux approches sont complémentaires et s'inscrivent dans une stratégie climat globale.

Lien entre empreinte carbone produit et trajectoire de décarbonation

L'empreinte carbone produit est un outil clé pour définir et piloter votre trajectoire de décarbonation :

  • Fixer des objectifs produit par produit : Réduire de X% l'empreinte carbone de chaque produit d'ici 2030 ;

  • Piloter les actions d'éco-conception : Suivre l'évolution de l'empreinte carbone au fil des itérations de design ;

  • Mesurer les progrès : Recalculer l'empreinte carbone après chaque amélioration pour vérifier l'impact réel.

Lien entre empreinte carbone produit et neutralité carbone et SBTi

Le Science Based Targets initiative (SBTi) est un référentiel international pour valider que votre trajectoire de réduction est alignée avec l'Accord de Paris. L'empreinte carbone produit peut nourrir votre démarche SBTi en vous permettant de :

  • Quantifier les émissions scope 3 aval (utilisation et fin de vie de vos produits vendus) ;

  • Identifier les leviers de réduction produit par produit ;

  • Fixer des objectifs de décarbonation par gamme de produits.

📝 À noter : La SBTi impose de réduire vos émissions, pas de les compenser. L'empreinte carbone produit permet d'identifier où et comment réduire efficacement. La première étape pour une entreprise qui vise l’objectif Net Zero et souhaite contribuer à la neutralité carbone est de réduire ses propres émissions avant de réduire les émissions de sa chaîne de valeur ou de financer des projets de séquestration. Pour creuser le sujet, consultez notre article Science Based Targets Initiative (SBTi) : 5 étapes pour fixer sa trajectoire.

Comment calculer l'empreinte carbone d'un produit ?

Le calcul de l'empreinte carbone d'un produit suit une méthodologie rigoureuse en 5 étapes clés.

Étape 1 : Définir le périmètre et l'unité fonctionnelle

Avant de commencer, il faut définir précisément ce que l’on mesure.

L'unité fonctionnelle

L'unité fonctionnelle définit la fonction et la performance que le produit remplit. On ne mesure pas l'empreinte d'un objet en soi, mais celle de l'usage qu'on en fait. Cette unité fonctionnelle, cela va être ce à quoi le résultat est rapporté. 

Exemples d'unités fonctionnelles :

  • Ampoule : "Fournir entre 500 et 900 lumens pendant 1000 heures" ;

  • Sac de courses : "Emballer 9000 litres de produits par an" ;

  • Voiture : "Transporter 5 personnes sur 200 000 km" ;

  • Shampoing : "Permettre 20 lavages de cheveux".

Le périmètre

Il faut également définir :

  • Quelles étapes du cycle de vie sont incluses (extraction, fabrication, transport, usage, fin de vie) ;

  • La zone géographique (produit vendu en France, en Europe, à l'international) ;

  • Les hypothèses d'utilisation (durée de vie, fréquence d'usage, conditions d'utilisation).

Étape 2 : Cartographier le cycle de vie

Une fois l'unité fonctionnelle définie, il faut cartographier toutes les étapes du cycle de vie du produit et identifier les flux entrants et sortants à chaque étape.

Exemple pour une bouteille de shampoing :

  1. Matières premières : Ingrédients (eau, tensioactifs, parfums), plastique (PET), étiquette (papier, encre) ;

  1. Fabrication : Mélange des ingrédients, mise en bouteille, étiquetage, énergie de l'usine ;

  1. Emballage : Carton, film plastique, palette ;

  1. Transport amont : Transport des matières premières vers l'usine ;

  1. Transport aval : Transport du produit fini vers les points de vente ;

  1. Distribution : transport du produit depuis les points de vente jusque chez les habitants ;

  1. Utilisation : Eau chaude pour se laver les cheveux ;

  1. Fin de vie : Recyclage de la bouteille, traitement de l'eau usée.

Étape 3 : Collecter les données d'inventaire

C'est l'étape la plus chronophage : il faut collecter chaque donnée d'activité vis-à-vis de l’unité fonctionnelle et pour chaque étape du cycle de vie.

Types de données à collecter :

  • Quantités de matières premières (kg, litres, unités) ;

  • Consommation d'énergie (kWh de gaz, électricité, fioul) ;

  • Distances et modes de transport (km en camion, train, bateau, avion) ;

  • Consommation d'eau (litres) ;

  • Déchets générés (kg de déchets, taux de recyclage).

Étape 4 : Appliquer les facteurs d'émission

Une fois les données collectées, il faut les convertir en émissions de CO₂e en appliquant des facteurs d'émission.

Principe : Donnée d'activité × Facteur d'émission = Émissions (kgCO₂e)

Où trouver les facteurs d'émission ?

Vous pouvez par exemple les trouver dans les bases de données suivantes : 

  • Agribalyse : Données alimentaires et agricoles ;

  • Ecoinvent : Base internationale multicritère ;

  • Données fournisseurs : EPD (Environmental Product Declarations) spécifiques.

💡Bon à savoir : Sur la plateforme de comptabilité carbone WeCount, nous avons rassemblé 115K facteurs d’émission parmi 15 bases de données de référence (Base Empreinte, ecoinvent, Inies, Agribalyse, Defra, Ecobalyse, etc). L’idée est de vous faciliter la vie en centralisant un maximum de données. Pour en savoir plus, demandez une démo !

Plateforme de comptabilité carbone WeCount

Étape 5 : Analyser les résultats et identifier les leviers

Une fois tous les calculs réalisés, il faut analyser les résultats pour identifier les étapes les plus émettrices (on parle de points chauds carbone) et prioriser les actions de réduction.

Questions à se poser :

  • Quelles étapes du cycle de vie pèsent le plus dans l'empreinte totale ?

  • Quels sont les postes sur lesquels j'ai le plus de marge de manœuvre ?

  • Quelles actions de réduction auront le plus d'impact ?

Emissions GES produits selon le cycle de vie

Peut-on communiquer sur l'empreinte carbone d'un produit ?

Oui, communiquer sur l'empreinte carbone d'un produit est possible, voire encouragé, à condition de respecter certaines règles de transparence et de sincérité pour éviter le greenwashing.

Bonnes pratiques de communication environnementale

  • Être précis et transparent : Indiquez clairement le périmètre de l'empreinte carbone (tout le cycle de vie ou seulement certaines étapes), l'unité fonctionnelle, et la méthodologie utilisée ;

  • Afficher les chiffres : Communiquez l'empreinte carbone en kgCO₂e de manière claire et compréhensible. Évitez les formulations vagues comme "produit vert" ou "éco-responsable" sans données chiffrées ;

  • Comparer de manière honnête : Si vous comparez votre produit à un concurrent ou à une version antérieure, assurez-vous que la comparaison est juste et méthodologiquement cohérente (même périmètre, même unité fonctionnelle) ;

  • Reconnaître les limites : Soyez honnête sur les incertitudes, les hypothèses et les limites de votre calcul. Aucune empreinte carbone n'est parfaite, et reconnaître cela renforce la crédibilité ;

  • Accompagner d'actions concrètes : Ne communiquez pas uniquement sur le chiffre, mais aussi sur les actions de réduction que vous avez mises en place et vos engagements futurs.

Éviter le greenwashing et le greenhushing

  • Le greenhushing, c'est le fait de ne pas communiquer sur ses efforts environnementaux par peur d'être accusé de greenwashing.

Quels outils utiliser pour réaliser une empreinte carbone produit ? 

Pour réaliser une empreinte carbone produit, plusieurs options s'offrent à vous :

  • Tableur Excel (manuel) : Gratuit et flexible, le tableur Excel convient aux produits simples et permet de se familiariser avec la méthodologie. Cependant, il est chronophage, peut comporter des risques d'erreurs de calcul et manque de traçabilité automatique. Il peut être adapté pour un premier calcul exploratoire sur un produit simple.

  • Logiciels d'ACV spécialisés : Ils permettent d’avoir des calculs automatisés rigoureux avec bases de données intégrées (Ecoinvent) et conformité aux normes ISO. Ces outils offrent des analyses multicritères complètes, mais sont parfois coûteux (licences annuelles) et nécessitent une expertise ACV avec une courbe d'apprentissage élevée. Cela peut être adapté pour des ACV complètes multicritères, certifications environnementales ou équipe dédiée.

  • Logiciel de comptabilité carbone : Cette option permet de collecter facilement les données, de garantir une robustesse méthodologique, d’avancer sereinement avec un outil facile à prendre en main mais aussi et surtout de piloter efficacement le passage à l’action (définir une trajectoire, quantifier les actions et simuler des scénarios, etc.).


    Chez WeCount, notre plateforme de comptabilité carbone a été spécialement conçue pour les PME : intuitive, guidée, et accessible sans expertise préalable. Vous êtes accompagné à chaque étape, de la collecte à la publication de votre bilan. Envie d'une démo ? Contactez notre équipe.

  • Plateformes simplifiées et accessibles : Bilan Produit® (ADEME) et Ecobalyse (textile) sont des outils gratuits ou accessibles avec interface simplifiée et bases de données intégrées. Moins personnalisables et limités à certains secteurs, ils peuvent convenir aux calculs simplifiés et estimations rapides. 

Comment WeCount accompagne les entreprises dans leur démarche d'analyse d'empreinte carbone produit ?

Analyser l’empreinte carbone d’un produit demande de mobiliser de nombreuses données (achats, transport, fabrication, usage…), souvent réparties entre plusieurs équipes. Sans outil structurant, la démarche peut vite devenir chronophage et difficile à piloter.

WeCount propose une approche combinant plateforme digitale et accompagnement méthodologique pour faciliter la réalisation d’une empreinte carbone produit.

  • Centraliser et réutiliser les données existantes : La plateforme de comptabilité carbone permet de s’appuyer sur les données déjà collectées dans le cadre du bilan carbone de l’entreprise. Les émissions peuvent être réorganisées à l’échelle d’un produit et réparties selon les étapes de son cycle de vie, ce qui évite de repartir de zéro.

  • Structurer l’analyse étape par étape : Un accompagnement est proposé pour définir le périmètre, l’unité fonctionnelle et les données prioritaires à collecter. L’objectif est d’identifier rapidement les principales sources d’émissions et de prioriser les actions de réduction.

  • Orienter les choix d’éco-conception : Les résultats obtenus permettent de comparer différents scénarios (choix de matières, modes de transport, emballage, durée de vie…) et d’éclairer les décisions de conception ou d’amélioration produit.

  • Gagner en autonomie dans le pilotage : Au fil des analyses, les équipes internes peuvent actualiser les calculs dans la plateforme, suivre l’évolution de l’empreinte carbone des produits et intégrer ces éléments dans leur stratégie climat.

Dans certains secteurs, comme la santé, un accompagnement spécifique peut être proposé pour appliquer des méthodologies dédiées, notamment pour l’évaluation de l’empreinte carbone des médicaments (méthode fournie par la DGE, Direction Générale des Entreprises).

FAQ : Empreinte carbone produit

Qu'est-ce qu'une bonne empreinte carbone pour un produit ?

Il n'existe pas de seuil universel, car cela dépend du type de produit, de sa fonction et de son secteur. Une "bonne" empreinte carbone est relative : elle doit être inférieure à la moyenne du marché et s'inscrire dans une trajectoire de réduction continue. L'essentiel est de mesurer, comparer avec des produits similaires, et progresser année après année.

L'empreinte carbone produit est-elle obligatoire ?

Non, l'empreinte carbone produit n'est pas obligatoire pour la plupart des entreprises. En revanche, l'affichage environnemental est en cours de déploiement progressif pour certains secteurs (textile, agroalimentaire, hôtellerie). De plus, certains clients, distributeurs ou donneurs d'ordre peuvent exiger cette information dans le cadre de leurs propres engagements climat ou de leur reporting CSRD.

Peut-on comparer deux produits entre eux ?

Oui, à condition de comparer des produits remplissant la même fonction (même unité fonctionnelle) et mesurés avec la même méthodologie. Par exemple, comparer l'empreinte carbone d'un sac réutilisable et d'un sac jetable nécessite de définir la même unité fonctionnelle (ex : "emballer 9000 litres de produits par an") et le même périmètre (cycle de vie complet).

À quelle fréquence faut-il recalculer l'empreinte carbone d'un produit ?

Il est recommandé de recalculer l'empreinte carbone d'un produit tous les 2 à 3 ans, ou dès qu'une modification majeure intervient (changement de fournisseur, de matière première, de procédé de fabrication, de transport). Cela permet de suivre l'évolution de l'impact et de mesurer l'efficacité des actions de réduction mises en place.

Quelle différence entre étiquette carbone et empreinte carbone produit ?

L'empreinte carbone produit est le calcul complet des émissions de GES sur tout le cycle de vie du produit. L'étiquette carbone (ou affichage environnemental) est la communication de cette empreinte au consommateur, souvent sous forme de score, pictogramme ou étiquette apposée sur le produit. L'étiquette est donc la version simplifiée et grand public de l'empreinte carbone produit.

📚 Ressources

Article
Réduire l'empreinte carbone de vos produits : Guide et conseils pratiques

Calculer l'empreinte carbone d'un produit : méthodologie, normes, outils et actions concrètes pour éco-concevoir dans votre entreprise.

Lila Fillion
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20/4/26

Contrairement à une approche centrée uniquement sur le carbone, l’ACV permet d’aller beaucoup plus loin en intégrant une vision multicritères : émissions de gaz à effet de serre, consommation d’eau, épuisement des ressources, impacts sur la biodiversité, toxicité ou encore acidification des milieux. Elle offre une lecture globale des impacts environnementaux, indispensable pour orienter les choix d’éco-conception et de stratégie produit.

Mais dans la pratique, l’ACV reste souvent perçue comme complexe pour les entreprises à mettre en œuvre (collecte de données très détaillées, choix méthodologiques exigeants...).

Dans cet article, notre objectif est de vous aider à démystifier l’ACV, à en comprendre les étapes clés et à vous guider concrètement dans sa mise en œuvre. Qu’est-ce qu’une ACV ? En quoi se distingue-t-elle d’un Bilan Carbone® ? Comment la réaliser concrètement ? Et surtout, comment l’intégrer efficacement dans votre stratégie climat et vos décisions opérationnelles.

A retenir

  • Une approche multicritère et normée : L'ACV évalue plus de 10 impacts environnementaux (épuisement des ressources, occupation des sols, changement climatique, acidification, eutrophisation, toxicité humaine…) selon les normes ISO 14040 et 14044, contrairement à l'empreinte carbone qui se limite aux émissions de gaz à effet de serre.

  • Du berceau à la tombe : L'ACV analyse tout le cycle de vie (matières premières, fabrication, transport, emballages, utilisation, fin de vie) pour identifier les vrais points chauds environnementaux et éviter les conclusions simplistes.

  • Un outil stratégique : Elle permet de répondre à un besoin tout en maîtrisant les impacts environnementaux associés, d’identifier les principales sources d’impacts tout au long du cycle de vie, de comparer des scénarios, d’optimiser le design produit, de répondre aux exigences réglementaires (affichage environnemental, écolabels) et de se différencier sur son marché.

  • Une méthodologie rigoureuse en 4 étapes qui comprend la définition des objectifs, l’inventaire du cycle de vie, l’évaluation de l’impact du cycle de vie, l’interprétation des résultats et la recherche d’amélioration.

Qu'est-ce que l'ACV (Analyse de Cycle de Vie) ?

Définition simple

L'Analyse de Cycle de Vie (ACV) est une méthode qui permet de comptabiliser tous les impacts environnementaux d’un produit ou d’un service pendant toute sa durée d'existence : 

  • L’extraction des matières premières nécessaires à sa production ;

  • La production ;

  • L’emballage (fabrication des emballages primaires et secondaires) ;

  • Le transport amont et aval, la distribution (acheminement vers la production, les points de vente, distribution) ;

  • L’utilisation (consommation d'énergie, d'eau ou de ressources pendant l'usage) ;

  • La fin de vie (déchets, recyclage, incinération, enfouissement…).

Elle se base sur une approche dite “multicritère” puisque c’est un système d’indicateurs qui prend en compte tous les impacts environnementaux :

  • Empreinte carbone ;

  • Empreinte eau ;

  • Qualité des écosystèmes ;

  • Ressources naturelles ;

  • Santé humaine.

L’ACV, une approche communément appelée du “berceau à la tombe”, source wecount.io

C’est une méthode scientifique encadrée par la norme ISO 14040 qui définit les principes méthodologiques de l’ACV et la norme 14044 qui détaille les exigences techniques, les procédures et les méthodes de calcul.

ACV multicritère vs ACV carbone, Product Carbon Footprint (PCF) 

Il existe plusieurs façons de réaliser une ACV selon le périmètre des impacts mesurés, mais également selon l'étendue du cycle de vie étudié et le niveau d'exigence méthodologique.

L'analyse peut tout d'abord varier dans son étendue physique : une ACV peut être "cradle-to-grave" (du berceau à la tombe) en couvrant l'ensemble du cycle de vie du produit, ou bien "cradle-to-gate" (du berceau à la porte de l'entreprise) en s'arrêtant à la fabrication sans inclure les étapes aval. 

Ensuite, il existe des nuances en termes de rigueur : à côté de l'ACV complète conforme aux normes ISO 14040 et 14044 (qui exige de longs rapports et un panel d'experts), il existe l'ACV dite "simplifiée". Cette approche plus libre et pragmatique se concentre sur les éléments clés et s'adapte idéalement aux besoins internes des entreprises pour s'évaluer sans chercher à publier des arguments commerciaux comparatifs.

En ce qui concerne le périmètre des impacts mesurés, on retrouve :

  • ACV multicritère (ou ACV "classique") : Comme son nom l’indique, elle évalue plusieurs impacts environnementaux (climat CO₂e, consommation d'eau, qualité des écosystèmes, épuisement des ressources, santé humaine, acidification, eutrophisation, écotoxicité, etc). 


C'est une méthode normée, exigeante, qui peut faire l'objet d'une revue critique ou d'un audit. C'est un travail long, minutieux et coûteux (généralement plus cher qu'un bilan carbone).

📝 À noter : bien que la méthode complète soit normée ISO, les entreprises peuvent aussi recourir à des ACV multicritères simplifiées (appellées notamment ACV screening) pour leurs diagnostics internes.

  • ACV carbone / empreinte carbone produit (ou Product Carbon Footprint) : Cette alternative suit la même logique de cycle de vie, mais se concentre uniquement sur le carbone (émissions de gaz à effet de serre). C'est beaucoup plus simple et moins coûteux qu'une ACV multicritère, tout en conservant l'approche cycle de vie complet. Cette démarche correspond d'ailleurs très souvent à un format d'ACV simplifiée. Pour en savoir plus sur l’empreinte carbone produit, retrouvez notre article dédié à ce sujet.

  • ACV carbone des médicaments : C’est un cas à part. L'ACV carbone des médicaments est basée sur une méthodologie française spécifique développée par la DGE (Direction Générale des Entreprises), adaptée aux particularités du secteur pharmaceutique. Envie de creuser le sujet ? Consultez notre article Comment évaluer l'empreinte carbone des médicaments ?.

💡 Bon à savoir : WeCount propose un accompagnement dédié, combinant expertise méthodologique et plateforme de comptabilité carbone. L’objectif : vous aider à structurer vos analyses, fiabiliser vos résultats et gagner du temps, tout en répondant aux exigences croissantes des clients et des donneurs d’ordre. Pour en savoir plus, contactez-nous ! 

ACV et bilan carbone : quelles différences ?

Le bilan carbone porte sur une organisation sur une année donnée, tandis que l'ACV (carbone ou multicritère) porte sur un produit spécifique sur tout son cycle de vie, sans limite temporelle annuelle.

Pourquoi réaliser une ACV (Analyse de Cycle de Vie) ?

Identifier les impacts environnementaux

L'ACV permet d'identifier précisément les étapes du cycle de vie les plus impactantes et de mieux comprendre son produit. 

Plus concrètement, elle sert à : 

  • Concilier la réponse à un besoin et la maîtrise des impacts environnementaux : L'ACV aide à trouver le bon équilibre entre performance du produit et réduction des impacts. L'objectif n'est pas de sacrifier la fonctionnalité, mais d'optimiser le design pour minimiser l'empreinte environnementale tout en répondant au besoin.

  • Quantifier pour éviter les idées reçues : L'ACV repose sur des données chiffrées ce qui permet une analyse pertinente et complète. Par exemple, un produit recyclable mais lourd et importé peut avoir un impact plus élevé qu’un produit non recyclable mais local, robuste et utilisé sur la durée.

  • Identifier les principales sources d'impacts environnementaux pour prioriser : L'ACV permet de hiérarchiser les postes d'impact et de concentrer les efforts là où ils auront le plus d'effet.

 

  • Éviter ou arbitrer les déplacements de pollutions liés aux alternatives envisagées : Lorsqu’une entreprise cherche à améliorer un produit, certaines solutions peuvent sembler pertinentes mais déplacer en réalité les impacts environnementaux. Par exemple, une alternative peut réduire l’impact lié aux matières premières, mais l’augmenter en fin de vie. 


On parle alors de transfert d’impact : on réduit un impact à un endroit, mais on en aggrave un autre. L’ACV permet de comparer la situation initiale et l’alternative envisagée, ce qui implique de réaliser deux études pour orienter les décisions.

Répondre aux exigences réglementaires

L’une des raisons majeures de se lancer dans une ACV aujourd'hui est l'évolution du cadre légal. Réaliser une analyse est une démarche pour s'inscrire dans les nouveaux dispositifs de transparence environnementale. 

Voici comment cela s’articule : 

L'impulsion politique : les lois AGEC et Climat & Résilience

Ce sont elles qui ont initié la dynamique de transparence en France. Elles posent le principe d'informer le consommateur sur l'impact de ses achats. 


Si ces lois visaient un déploiement rapide, la réalité technique impose un calendrier plus progressif. 

Par exemple, si le secteur du textile possède sa méthodologie depuis avril 2024, celle de l'alimentaire n'est pas encore définitivement validée et son calendrier précis reste à confirmer. Les secteurs de l'ameublement et des cosmétiques suivront ensuite.

Le dispositif visible : l'affichage environnemental

C'est la traduction concrète de ces lois pour le grand public. Ce dispositif prend la forme d'un indice de coût environnemental (ou "éco-score"), affiché en magasin ou en ligne. 

Le but est d'aider le consommateur à faire un choix d'achat éclairé en privilégiant les biens les moins impactants, tout en encourageant les marques à éco-concevoir leurs produits.

La méthode scientifique : l'ACV multicritère. 

Pour obtenir ce fameux score environnemental, il faut une méthode de calcul robuste : c'est l'ACV qui a été retenue. 


Cette ACV s'appuie sur des référentiels adaptés aux enjeux spécifiques de chaque secteur (par exemple, en intégrant l'indicateur des microplastiques pour un vêtement) et se nourrit des bases de données publiques de l'ADEME, comme Agribalyse.

L'harmonisation européenne : le PEF (Product Environmental Footprint).

Pendant que la France déploie son propre affichage, l'Europe avance également. La Commission européenne recommande la méthode PEF, une approche multicritère qui analyse 16 indicateurs d'impacts précis. 

L'objectif est de créer, à terme, un cadre méthodologique commun pour garantir la comparabilité des évaluations environnementales à l'échelle européenne.

L'exigence ultime : les normes ISO 14040 / 14044. 

Si votre entreprise souhaite aller plus loin que le cadre de l'affichage environnemental et communiquer publiquement sur le fait que son produit est meilleur que celui d'un concurrent, les règles changent. Il vous faudra alors réaliser une ACV complète, conforme aux normes ISO. 

Cet exercice exige un niveau de détail très fin, la rédaction d'un long rapport et une revue critique par un expert indépendant pour garantir une transparence et une rigueur scientifique totales. 


Si vous souhaitez utiliser une ACV comparative pour affirmer publiquement que votre produit est meilleur que celui d'un concurrent : la revue critique devra alors être réalisée par un panel composé d'au moins 3 experts.

Éco-concevoir et optimiser ses produits

L'ACV est un outil clé de l'éco-conception, car elle permet de :

  • Comparer des scénarios : Tester différentes options de conception (matières alternatives, changement de procédé, sourcing local vs importé…) ;

  • Optimiser le design dès la conception : Identifier les leviers les plus efficaces avant de lancer la production ;

  • Réaliser une analyse de sensibilités : Elle permet de comparer les impacts selon différents scénarios, par exemple l’impact d'une bouteille consignée selon son nombre de réutilisations (5, 10, 15 fois).

Se différencier sur son marché

Réaliser une ACV et communiquer de manière transparente sur l'impact environnemental de vos produits est un argument commercial différenciant :

  • Consommateurs : Les produits à faible impact environnemental sont privilégiés ;

  • Distributeurs : Les données ACV sont souvent demandées aux fournisseurs ;

  • Investisseurs : Les critères ESG sont intégrés dans les décisions de financement.

Quels sont les indicateurs environnementaux mesurés dans une ACV ?

Selon la méthodologie sélectionnée pour réaliser l’ACV, différents types d’indicateurs environnementaux peuvent être choisis. Voici un aperçu des indicateurs les plus courants : 

  • Changement climatique : Émissions de gaz à effet de serre (kgCO₂e) ;

  • Appauvrissement de la couche d'ozone : kg CFC-11 équivalent ;

  • Acidification : Pluies acides, impacts sur les sols et les eaux (kg SO₂ eq) ;

  • Enrichissement excessif d’un milieu aquatique en nutriments (kg PO₄ eq), on parle aussi d'eutrophisation ;

  • Formation d'ozone photochimique : Smog urbain (kg NMVOC eq) ;

  • Épuisement des ressources minérales et fossiles : kg Sb équivalent ;

  • Consommation d'eau : m³ d'eau prélevée ;

  • Utilisation des sols : m² occupés, dégradation des terres ;

  • Toxicité humaine : Impacts sur la santé (CTUh - Comparative Toxic Unit) ;

  • Écotoxicité : Impacts sur les écosystèmes aquatiques et terrestres (CTUe).

ACV et stratégie climat d'entreprise : comment les articuler ?

Complémentarité ACV et bilan carbone entreprise

Le bilan carbone mesure les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de l’organisation, sur une période donnée (une année), tous produits et services confondus. 

À l’inverse, l’ACV analyse de manière détaillée les impacts d’un produit ou d’un service sur l’ensemble de son cycle de vie.

Les deux approches peuvent être complémentaires et interviennent à des niveaux différents.

D’un côté, le bilan carbone s’appuie en partie sur des données issues d’ACV pour construire ses facteurs d’émission.

☝️ Exemple : Le facteur d'émission "plastique PET" dans la Base Empreinte® provient d'une ACV qui a mesuré les émissions de l'extraction du pétrole, de la transformation en PET, du transport, etc.

De l’autre, le bilan carbone peut servir de point de départ pour une ACV carbone : les données d’empreinte carbone déjà collectées (achats, énergie, transports…) peuvent être réutilisées et réallouées à l’échelle du produit ou du service étudié.

Lien avec la trajectoire de décarbonation

L'ACV est un outil clé pour définir et piloter votre trajectoire de décarbonation :

  • Fixer des objectifs produit par produit : Plutôt que de se limiter à un objectif global au niveau de l'organisation (par exemple : "réduire de 30% nos émissions d'ici 2030"), l'ACV permet de décliner des objectifs spécifiques pour chaque produit en fonction de son poids dans l'empreinte globale et de son potentiel de réduction.

  • Piloter les actions d'éco-conception : L'ACV carbone permet de suivre l'évolution de l'empreinte carbone au fil des itérations de design et de mesurer l'effet de chaque modification avant de la déployer à grande échelle. 

Éviter les transferts d'impacts

L’un des risques majeurs d’une approche uniquement centrée sur le carbone est de générer des transferts d’impacts : une action qui réduit les émissions de gaz à effet de serre peut, dans le même temps, dégrader d’autres indicateurs environnementaux (consommation d’eau, ressources, biodiversité…).

Dans une stratégie climat d’entreprise, cela peut conduire à des décisions qui donnent l’impression d’améliorer la situation, sans réduire réellement l’empreinte environnementale globale.

C’est précisément là que l’ACV joue un rôle clé : en apportant une vision multicritère et cycle de vie, elle permet de sécuriser les choix de décarbonation et de s’assurer que les actions mises en place réduisent réellement l’empreinte environnementale globale.

Quelles sont les 4 étapes pour réaliser une ACV ? 

La réalisation d'une ACV suit une méthodologie rigoureuse en 4 phases selon les normes ISO 14040 et ISO 14044 (Management Environnemental). Voici un aperçu de ces phases (nous allons rentrer dans le détail) : 

Légende : méthodologie de l'analyse du cycle de vie, source wecount.io

📝 A noter : l’ACV a pour particularité d’être itérative. Chaque phase peut vous amener à revoir les précédentes (ex: des difficultés dans l'obtention de données pour l'inventaire peuvent amener à revoir les objectifs et le champ d'étude).

L’ensemble des étapes présentées ci-dessous s’appuie sur des outils dédiés comme SimaPro (payant) ou OpenLCA (open source). Ils nécessitent également l’accès à des bases de données environnementales (Ecoinvent, Base Empreinte®, Agribalyse…) ainsi qu’un certain niveau de maîtrise méthodologique.

Étape 1 : Définition des objectifs et du système

Cette première phase est fondamentale pour cadrer l'Analyse de Cycle de Vie (ACV). 

Elle permet d'aligner la précision de l'étude avec son but final. 

Les objectifs

Avant de commencer, il faut définir l'application prévue (diagnostic, déclaration environnementale…), l'audience ciblée (équipes, direction, clients, distributeurs…), la communication envisagée (interne, externe) et l’ambition de comparaison (comparer des alternatives, des scénarios).

Ces choix dictent le niveau de précision requis, qui se décline en deux approches très distinctes :

  • L'ACV screening (ou estimation rapide) : C’est une ACV destinée exclusivement à vos équipes en interne pour avoir une première idée des principales sources d'impacts. 


Il est impératif de comprendre que les résultats sont réservés à un usage strictement interne et ne peuvent pas être communiqués à l'extérieur.

  • L’ACV complète : Si votre objectif est de communiquer vos résultats à une audience externe, vous devez réaliser une étude complète. Pour être rendue publique, cette étude doit par ailleurs être soumise à une revue critique par un panel d'experts externes et indépendants afin de valider sa conformité et sa crédibilité.

Le périmètre, les frontières du système 

Une fois l'objectif fixé, il faut définir les limites physiques de ce que l'on va étudier. 

Définir les frontières du système, c'est décider quelles étapes du cycle de vie et quels processus sont inclus ou exclus de l'analyse. Prend-on en compte l'extraction des matières premières, la fabrication, la distribution, la phase d'utilisation et la gestion de la fin de vie ? 

Toute exclusion d'une étape ou d'un flux (par exemple, ignorer le recyclage de l'emballage) doit être clairement justifiée pour prouver qu'elle ne fausse pas les résultats finaux.

L'unité fonctionnelle : le point central de l'ACV

L’ACV n’évalue pas un produit en soi, mais le service rendu par ce produit. Lors de la phase de cadrage, il est donc essentiel de définir ce que l’on appelle “l'unité fonctionnelle”. 

C’est l’unité de mesure de référence à laquelle on va se ramener pour étudier tous les flux d'énergie, de matière et de déchets. Cette unité doit être précise, mesurable et additive (si la quantité double, les impacts aussi). 

Unité fonctionnelle = Fonction du produit + Performance quantifiée

Une unité fonctionnelle pertinente doit répondre à plusieurs critères : 

  • Une action (un verbe pour préciser la fonction)

  • Un élément cible (sur quoi agit la fonction) ;

  • Une durée de vie ou quantité d’utilisation ;

  • Si nécessaire, une qualification complémentaire pour préciser un dimensionnement ou gamme de produit (taille, gabarit, marque…)

☝️Exemples d'unités fonctionnelles : “un lavage de cheveux en France en 2023” pour un shampoing, fournir entre 500 et 900 lumens pendant 1000h en Europe” pour une ampoule, Emballer 9000L de produit par an pour un sac de course.

L’unité fonctionnelle est indispensable puisqu’il est impossible de comparer deux alternatives qui ne rendent pas le même service. 

Étape 2 : Inventaire du cycle de vie (ICV)

Maintenant que votre unité fonctionnelle est fixée et que vous savez précisément à quoi vous faites référence, il est temps de passer à la deuxième étape : l’Inventaire du Cycle de Vie (ICV). 

Le but de l'inventaire est d'offrir une description quantitative exhaustive des flux qui “traversent” les frontières de votre système.

Plus concrètement, pour chaque étape du cycle de vie que vous avez choisi d'étudier (extraction des matières premières, fabrication, transport, utilisation, fin de vie), vous allez devoir effectuer un bilan précis des flux de matière et d’énergie qui entrent dans le système, mais également de tout ce qui en sort.

Inventaire du cycle de vie dans le cadre d'une ACV, source wecount.io

Réaliser un bilan matière-énergie

Il faut ainsi cartographier deux grandes catégories de flux :

  • Les flux entrants : Ce sont les éléments extérieurs puisés par le système pour fonctionner. On y retrouve l'ensemble des matières premières, des ressources naturelles et toutes les formes d'énergies nécessaires aux procédés (eau, électricité, gaz, etc.).
  • Les flux sortants : Ce sont les éléments rejetés par le système. Pour réaliser un bon inventaire, il ne suffit pas de lister les déchets, il faut impérativement identifier vers quel milieu naturel ces pollutions sont émises. On répertorie ainsi les rejets vers l'air (effluents atmosphériques) comme le CO2, les NOx ou le SO2, les rejets vers l'eau (effluents liquides), les rejets vers le sol (émissions terrestres, déchets solides) ou encore les coproduits.

Collecter les données

Savoir ce qui entre et ce qui sort est une chose, mais il faut maintenant réussir à quantifier chaque flux avec des chiffres précis (kg, kWh, km, litres…). 

Pour réaliser cet inventaire, il est possible de s’appuyer sur :

  • Des données primaires (les plus précises, à privilégier) : Ce sont les données réelles et spécifiques issues de votre activité (mesures directes, relevés de consommation de vos machines, factures, informations de vos fournisseurs). Plus elles sont nombreuses, plus votre ACV sera représentative ;

  • Des données secondaires (par défaut) : Lorsqu'il est impossible de connaître la donnée réelle, on utilise des données génériques. Celles-ci proviennent de grandes bases de données environnementales reconnues pour leur fiabilité, comme la Base Empreinte® de l'ADEME, Ecoinvent (mondiale) ou encore Agribalyse pour l'agriculture.

Cette étape de collecte permet de rassembler l’ensemble des données nécessaires pour décrire les flux du système. Concrètement, il s’agit de s’assurer que toutes les entrées et sorties ont bien été identifiées (matières, énergies, émissions, déchets, coproduits), puis de les quantifier.

Dans la pratique, ces données sont intégrées dans un logiciel d’ACV, qui permet de structurer automatiquement l’inventaire et de consolider les flux entrants et sortants du système.

En langage d’expert, cet ensemble de données constitue ce que l’on appelle l’inventaire des flux élémentaires. Il sert de base à l’évaluation des impacts environnementaux dans l’étape suivante.

Étape 3 : Évaluation de l'impact du cycle de vie (EICV)

Cette phase consiste à convertir les données collectées lors de l’inventaire en indicateurs d’impacts environnementaux.

De l’inventaire aux impacts : le rôle central de la caractérisation

Les flux sont ensuite traduits en impacts environnementaux via la phase de caractérisation.

Concrètement, chaque flux (émissions, consommations de ressources…) est associé à une catégorie d’impact (changement climatique, acidification, eutrophisation, etc.), puis converti grâce à des facteurs scientifiques en une unité commune (par exemple en kg équivalent CO₂ pour le climat ou encore le kg d’équivalent SO₂ pour l’acidification).

On passe ainsi des données brutes à des indicateurs d’impact directement exploitables.

En pratique, cette étape est réalisée automatiquement par les logiciels d’ACV. Le choix de la méthode de caractérisation, comme ReCiPe, EF 3.0 ou TRACI, dépend du contexte géographique, des exigences réglementaires et des objectifs de l’étude.

Le résultat direct de cette conversion constitue le premier niveau de lecture de l’analyse : les indicateurs midpoints.

Les indicateurs midpoints : une lecture par catégorie d’impact

Les indicateurs midpoints (points intermédiaires) constituent le premier niveau de résultat de l’ACV.

Ils correspondent à un niveau intermédiaire d’évaluation des impacts selon des catégories spécifiques, comme : 

  • Changement climatique (kg CO₂ eq)
  • Épuisement des ressources fossiles
  • Acidification (ex. pluies acides)
  • Eutrophisation (pollution de l’eau par nutriments)
  • Toxicité humaine
  • Pollution de l’air
  • Appauvrissement de la couche d’ozone…

Ce niveau d’analyse est le plus couramment utilisé pour une ACV

Les résultats midpoints sont donc généralement considérés comme robustes et scientifiquement fiables. Ils permettent d’identifier précisément les postes les plus contributeurs et de guider les actions d’amélioration.

Les indicateurs endpoints : une lecture globale des dommages

Ces indicateurs traduisent les résultats midpoints en dommages finaux sur de grandes catégories : la santé humaine, la qualité des écosystèmes et l’épuisement des ressources naturelles.

Ils permettent de répondre à une question plus globale : quelles sont les conséquences finales de ces impacts sur l’environnement et la société ?

Par exemple, les émissions de gaz à effet de serre, après avoir été caractérisées en impact climatique (midpoint), peuvent être traduites en effets sur la santé humaine, exprimés en années de vie perdues ou altérées (via l'indicateur de référence DALY, pour Disability-Adjusted Life Years). 

Les indicateurs endpoints présentent l’avantage d’être plus faciles à interpréter pour un public non expert, car ils synthétisent l’information. En revanche, ils introduisent davantage d’incertitudes que les indicateurs midpoints, en raison des étapes supplémentaires de modélisation.

Le score unique (ou single score)

Dans certains cas, il est possible d’aller encore plus loin en agrégeant l’ensemble des impacts en un score unique (single score). C’est une valeur globale agrégée qui résume tous les impacts environnementaux en un seul chiffre. C’est un peu comme la note finale d’un produit ou d’un scénario du point de vue de l’environnement.

Le score unique est obtenu en additionnant les différents impacts environnementaux, mais pas n’importe comment. Il y a deux étapes principales :

  1. Normalisation : On exprime tous les impacts sur une même base de comparaison (ex. l’impact d’un Européen moyen par an), pour les rendre comparables entre eux.

  1. Pondération : On attribue un poids relatif à chaque impact (climat, toxicité, ressources, etc.) en fonction de son importance perçue.

  1. Ensuite, tous les scores pondérés sont additionnés pour obtenir un seul chiffre.

Étape 4 : Interprétation des résultats

Après la rigueur des calculs, place à l’analyse. L’objectif de cette dernière étape est d'interpréter les résultats pour identifier précisément les faiblesses de votre produit ou service et prioriser vos actions de réduction et d'éco-conception.

Identifier les composants à améliorer

L’analyse visuelle des résultats permet d'identifier rapidement les postes les plus impactants par étape du cycle de vie (matières premières, fabrication, transport, utilisation, fin de vie) et par indicateur environnemental (changement climatique, santé humaine, consommation d'eau, etc.).

Cette double lecture permet ainsi de voir quelles étapes pèsent le plus sur quel indicateur, d'identifier rapidement les postes les plus impactants et d’éviter les transferts de pollution. 

☝️ Exemple : L’analyse peut révéler que la phase d’assemblage de votre produit a un impact très limité sur le réchauffement climatique, mais s'avère désastreuse pour la santé humaine (à cause de l'utilisation de solvants toxiques, par exemple). 



À l’inverse, la phase d'utilisation peut avoir un impact négligeable sur la santé, mais peser lourd sur le climat (forte consommation électrique). Piloter sa stratégie avec cette vision multicritère empêche de régler un problème environnemental en en créant accidentellement un nouveau ailleurs.

Analyses de sensibilité

Lors de cette phase d’interprétation des résultats, il est nécessaire de réaliser des analyses de sensibilité afin d’évaluer la fiabilité des résultats et des conclusions au regard des hypothèses et des choix pris tout au long de l'ACV. 

Elles consistent à faire varier une donnée et à étudier comment cela se répercute sur les résultats finaux.

☝️ Exemple : Vous modélisez les impacts d’une bouteille en verre consignée en formulant l'hypothèse qu'elle sera réutilisée 20 fois. L’analyse de sensibilité va consister à recalculer l'impact si elle n'est finalement réutilisée que 10 fois, ou 5 fois. Cela permet de vérifier à partir de quel seuil d'utilisation votre bouteille consignée cesse d'être plus écologique qu'une simple bouteille jetable.

Réaliser une ACV : par où commencer ?

Se lancer dans une Analyse de Cycle de Vie nécessite avant tout de clarifier son objectif et le niveau de précision attendu. Selon les cas, l’étude peut viser un diagnostic interne, une comparaison de scénarios, une démarche d’éco-conception ou encore une communication externe encadrée.

La réalisation d’une ACV repose ensuite sur l’utilisation d’outils spécialisés (comme SimaPro, GaBi ou OpenLCA), ainsi que sur l’accès à des bases de données environnementales (Ecoinvent, Base Empreinte®, Agribalyse…). Ces outils permettent de modéliser le cycle de vie, de structurer l’inventaire et d’appliquer les méthodes de caractérisation.

Au-delà des outils, la qualité de l’analyse dépend fortement des choix méthodologiques réalisés (périmètre, unité fonctionnelle, hypothèses, allocations…) ainsi que de la qualité des données collectées. C’est pourquoi il est souvent pertinent de se faire accompagner, en particulier pour une première étude ou pour des enjeux stratégiques.

WeCount accompagne les entreprises dans la réalisation d’ACV carbone (empreinte carbone produit), en combinant expertise méthodologique et plateforme de comptabilité carbone. L’objectif : structurer les analyses, fiabiliser les résultats et identifier des leviers d’action cohérents avec la stratégie de décarbonation.

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FAQ : ACV (Analyse de Cycle de Vie)

Quelle est la différence entre ACV et empreinte carbone produit ?

L'ACV multicritère évalue différents impacts environnementaux (climat, eau, biodiversité, ressources, toxicité…) selon les normes ISO 14040/14044. L'empreinte carbone produit (ou ACV carbone / Product Carbon Footprint) est une ACV simplifiée qui se concentre uniquement sur les émissions de GES (CO₂e) selon la norme ISO 14067. L'ACV est plus complète mais plus coûteuse et longue.

L'ACV est-elle obligatoire pour les entreprises ?

Non, l'ACV n'est pas obligatoire en tant que telle. En revanche, l'affichage environnemental (basé sur une ACV simplifiée ou complète) est en cours de déploiement progressif pour certains secteurs (textile, agroalimentaire, cosmétique, ameublement). Certains écolabels et certifications exigent également une ACV.

Combien de temps faut-il pour réaliser une ACV ?

Cela dépend de la complexité du produit et du niveau de détail. Comptez au minimum 1 à 2 mois pour une ACV carbone simplifiée, 6 à 9 mois pour une ACV multicritère complète, et 9 à 12 mois si elle inclut une vérification tierce partie pour certification.

Peut-on réaliser une ACV en interne ?

Oui, si vous avez les compétences et les outils (logiciel d'ACV, bases de données). Cela nécessite une formation préalable et du temps. Pour une première ACV, il est souvent recommandé de se faire accompagner par un bureau d'études ou un consultant spécialisé pour garantir la rigueur méthodologique.

Quels sont les logiciels d'ACV les plus utilisés ?

Les logiciels les plus courants sont SimaPro (le plus utilisé), GaBi (très complet, orienté industrie) et OpenLCA (open source). Ils nécessitent tous une formation et l'accès à des bases de données d'inventaire (Ecoinvent, Base Empreinte®, Agribalyse). Il existe également des outils spécialisés pour une ACV carbone comme celui de Wecount.

L'ACV peut-elle être utilisée pour comparer deux produits ?

Oui, à condition que les deux produits remplissent la même fonction (même unité fonctionnelle) et soient évalués avec la même méthodologie et les mêmes hypothèses. Les normes ISO imposent une rigueur stricte pour garantir la comparabilité.

Ressources 📚

Article
Tout comprendre sur l'Analyse de Cycle de Vie (ACV) en 2026

Analyse de Cycle de Vie (ACV) : méthodologie en 4 étapes, 10+ indicateurs environnementaux, outils et articulation avec votre stratégie climat.

Lila Fillion
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20/4/26
Constance Bassouls
Auguste BASSET
Clémence Goutel

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