La consommation numérique connaît une croissance exponentielle. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre du secteur augmentent de 6 % chaque année. En France, le numérique représente 2.5 % de notre empreinte carbone et son impact pourrait tripler entre 2020 et 2050.
L’impact du numérique est large : fabrication, consommation et utilisation des équipements, la filière entraîne des conséquences matérielles, environnementales et sociales souvent sous-estimées.
La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons diminuer ensemble les émissions de GES du secteur, mais aussi ses externalités négatives. En route pour un tour d’horizon de l’empreinte carbone du numérique et des actions de réduction.
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Quelle est l'empreinte carbone du numérique ?
Le numérique génère 4,4 % des émissions de gaz à effet de serre du pays. Ce nombre vous paraît négligeable ? Cela représente pourtant 29,5 millions de tonnes CO2 équivalent (Mt CO2éq) émises sur l'année 2022, soit un peu moins que les émissions totales du secteur des poids lourds. Et ce nombre est en hausse constante. Comprendre cet impact fait partie des 5 raisons de réaliser le bilan carbone de son entreprise pour anticiper les défis de demain.
Si rien n'est fait, l'empreinte carbone du numérique pourrait augmenter de 45 % d’ici 2030 et même tripler d'ici 2050.
Le secteur numérique englobe trois composants : les équipements utilisateurs (ou terminaux), les centres de données (aussi appelé data center) et les infrastructures réseaux.
Les émissions de GES du secteur se répartissent ainsi :
- 50 % proviennent des terminaux des utilisateurs ;
- 46 % des centres de données (data centers) ;
- 4 % viennent des réseaux (ADEME-Arcep, 2025).
L’empreinte carbone du numérique ne se résume donc pas seulement à l'utilisation d’internet. Derrière nos usages virtuels se trouvent des terminaux et des infrastructures matériels, de plus en plus délocalisées hors de nos frontières, qui génèrent elles aussi massivement des émissions.
Les trois composants du numérique : terminaux, réseaux et infrastructures à distance
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, nos équipements et leur durée de vie sont les premiers responsables de l’impact du numérique. La raison ? Le nombre d’appareils dépasse largement le nombre de centres de données. Ils sont aussi renouvelés plus fréquemment.
Creusons plus en détail l’impact de chacun des composants.
Les terminaux, premier facteur d’impact carbone
Nous l’avons vu plus haut, les terminaux sont la première cause des émissions de gaz à effet de serre du numérique (50 % de l'empreinte totale).
Historiquement, on considérait que la très grande majorité des émissions (près de 80 %) provenait de la fabrication de ces équipements. Cependant, avec la mise à jour des données de l'ADEME en janvier 2025, le constat a évolué : à l'échelle globale, la phase de fabrication représente désormais 60 % de l'empreinte carbone, tandis que la phase d'utilisation pèse pour 40 %.
Parmi ces équipements, les ordinateurs, les télévisions et les smartphones ont l’impact carbone le plus élevé.
À eux trois, ils représentent la quasi-totalité des émissions liées aux terminaux. D'ailleurs, l'ADEME souligne une évolution récente préoccupante : l'impact des téléviseurs est en forte hausse en raison de l'engouement pour les écrans OLED de grande taille, beaucoup plus lourds et impactants à fabriquer.
📝A noter : les terminaux incluent tous les appareils numériques, notamment les téléphones, ordinateurs, téléviseurs, objets connectés, consoles de jeux vidéo, appareils électroménagers, la domotique, etc. Surtout, sur le critère particulièrement critique de l'épuisement des ressources abiotiques (les métaux et minéraux), les terminaux pèsent à eux seuls pour plus de 90 % de l'impact total du numérique !
Cet impact est en partie dû à une durée de vie moyenne trop courte :
- 2.5 ans pour les smartphones ;
- 3 ans pour les tablettes ;
- 5 ans pour les ordinateurs portables.
Cependant, le manque de données complique l’évaluation exacte de l’impact de leur durée de vie.
Les data centers, source croissante d’émissions de gaz à effet de serre
Les data centers représentent 46 % (ADEME-Arcep, Janvier 2025) de l'empreinte carbone globale du numérique en France, talonnant de très près les équipements utilisateurs (50 %).
Comment expliquer un tel bond ? Près de 53 % de nos usages français sont en réalité hébergés hors de nos frontières. Or, ces data centers étrangers tournent souvent avec une électricité beaucoup plus carbonée (notamment aux États-Unis et en Chine) que le mix électrique français.
Résultat : la consommation électrique en phase d'usage pèse désormais extrêmement lourd dans le bilan.
Ce parc de centres de données croît parallèlement à l’augmentation frénétique des usages numériques et à l'arrivée de l'intelligence artificielle (IA). L’Agence Internationale de l'Énergie a ainsi estimé que la consommation énergétique des data centers dans le monde devrait doubler pour atteindre 1 000 TWh d'ici la fin de l'année 2026, soit l'équivalent de la consommation globale du Japon.
L'intelligence artificielle exige en effet des ressources colossales. Selon une analyse de Carbone 4, plus de 85 % des émissions carbone d'une IA générative proviennent de la consommation électrique des data centers. Face à cette complexité technique, il est crucial de choisir un outil de calcul de bilan carbone capable d'intégrer ces facteurs d'émissions spécifiques.
Cette consommation se répartit entre deux phases :
- L'entraînement des modèles : un impact ponctuel mais très élevé.
- L'utilisation (inférence) : un impact continu qui s’accentue avec le nombre d'utilisateurs. L'usage cumulé dépasse très rapidement l'impact de la création du modèle. Pour mesurer ces flux complexes, les entreprises s'appuient souvent sur des méthodologies comme le GHG Protocol. Il est d'ailleurs essentiel de bien comprendre les différences entre le GHG Protocol, le BEGES et le Bilan Carbone avant de lancer ses calculs.
De plus, les centres de données sont concernés par un effet rebond important. Si le numérique peut apporter de réels bénéfices, ceux-ci restent modestes. L'effet rebond se produit lorsqu'une économie (de temps, d'argent ou d'efficacité) obtenue grâce au numérique incite à consommer davantage, risquant d'annuler le gain initial.
Le déploiement de solutions numériques ne modifie pas les tendances environnementales des secteurs concernés et ne saurait se substituer à des efforts de décarbonation plus profonds. Cette nécessité de piloter l'innovation par la sobriété s'inscrit au cœur des tendances RSE en 2026, où l’IA devient un véritable enjeu de gouvernance pour concilier usages numériques et objectifs climatiques.
Infrastructures et réseaux, dernier maillon de l’impact carbone du secteur
Les infrastructures réseaux comprennent les réseaux fixes (incluant les box internet), les réseaux mobiles et le réseau dorsal situés sur le territoire national.
Leur part dans les émissions de gaz à effet de serre est la plus faible des trois composantes, s'établissant à 4 % de l'empreinte carbone globale du numérique. Contrairement aux idées reçues, la mise à jour des données de l'ADEME-Arcep en 2025 a révélé une légère baisse de la consommation électrique des réseaux en France.
Cette diminution s'explique notamment par la transition vers la fibre optique, qui est une technologie moins consommatrice.
Toutefois, ces gains d'efficacité énergétique risquent d'être mis à rude épreuve par la hausse continue des usages. Avec le développement des nouvelles technologies mobiles comme la 5G et les générations au-delà (6G et plus), les projections estiment que le trafic de données pourrait être multiplié par 6 d'ici 2030.
Ainsi, l’impact environnemental des réseaux restera un point de vigilance majeur à mesure que les flux augmentent.
Mais l’impact du numérique va au-delà des seules émissions de gaz à effet de serre.
Quels sont les impacts environnementaux et sociaux du numérique ?
La fabrication des équipements numériques nécessite l'approvisionnement en métaux, en terres rares et l'utilisation de produits chimiques.
L’extraction des matières premières et l’usage de ces produits entraînent la destruction de la végétation naturelle et des terres agricoles, la dégradation des sols et le rejet de substances hautement toxiques pour l’humain et l’environnement comme le mercure, l'arsenic ou le plomb.
De plus, l’extraction des terres rares produit des déchets radioactifs que nous ne savons pas traiter à l’heure actuelle.
📝A noter : les terres rares sont des métaux omniprésents sur la croûte terrestre. Le terme rare caractérise leur faible concentration qui nécessite un processus d’extraction, de traitement et de séparation polluants et coûteux en énergie.
Sur le plan social, les conditions de travail dans les mines sont souvent précaires. On estime d’ailleurs que 40 000 enfants travaillent encore dans des mines. Aussi, des conflits militaires éclatent dans les pays où les matériaux sont extraits car ils ont souvent un quasi monopole de la matière première.
À cela s'ajoute une consommation intensive d’eau. Les centres de données fonctionnent jour et nuit pour satisfaire les requêtes des utilisateurs. Au-dessus d’un certain seuil de température, il faut les refroidir pour éviter la surchauffe.
En 2022, Microsoft a consommé à lui seul 6,4 milliards de litres d’eau avec le déploiement de l’intelligence artificielle et de nouveaux centres de données. C’est 34 % d’eau en plus par rapport à 2021. La même année, les data centers de Google ont consommé environ 15 milliards de litres d’eau. Cette surconsommation interroge lorsqu’on sait que certains des serveurs sont implantés dans des régions en stress hydrique comme l’Amérique du Sud. Cette dynamique s'accélère avec l'IA : l'entraînement du modèle GPT-3 a consommé environ 700 000 litres d'eau, et l'empreinte hydrique des systèmes d'IA pourrait représenter entre 312 et près de 765 milliards de litres d'eau en 2025.
Cette surconsommation interroge lorsqu’on sait que certains serveurs sont implantés dans des régions en stress hydrique comme l’Amérique du Sud. De plus, l'extraction et le raffinage des métaux, ainsi que les usines de composants électroniques, nécessitent également d'immenses volumes d'eau et rejettent des déchets toxiques dans les cours d'eau. Au Chili, la pénurie d'eau et la pollution causée par les mines ont vidé des villages entiers.
Après la fabrication, l'assemblage est principalement réalisé en Asie, où les employés travaillent jusqu’à 12h par jour sous une pression constante. Lors de la crise du coronavirus en 2020, certaines usines ont imposé à leurs travailleurs de dormir sur place pour maintenir la cadence de production.
Enfin, les déchets électroniques constituent un défi environnemental. Seulement 17 % des déchets électroniques sont recyclés, tandis que 60 % terminent dans des décharges à ciel ouvert dans des pays en incapacité de traiter ces déchets comme le Ghana ou l’Inde. L'accumulation des métaux lourds dans le sol menace directement la santé des travailleurs et des habitants. Par exemple, une exposition au mercure sur le long terme peut provoquer des lésions cérébrales sévères.
Les impacts sociaux et environnementaux du numérique restent souvent invisibles pour les consommateurs, car ils se produisent à l'autre bout du monde et ne sont pas visibles à court terme.
Pour terminer, on estime que la production d’un ordinateur moyen implique :
- 1.5 tonnes d’eau ;
- 800 kg de matières premières ;
- 22 kg de produits chimiques ;
- Main d'œuvre aux conditions de travail dangereuses ;
- Une tonne par personne chaque année rien que pour nos usages numériques
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Maintenant que ces ordres de grandeur sont posés, analysons l’impact carbone d’un ordinateur portable.
Quelle est l’empreinte carbone d’un ordinateur ?
L'empreinte carbone d'un ordinateur portable se divise en trois phases : la fabrication, l'usage et la fin de vie.
Fabrication : des matières premières à l’assemblage
Le cycle de vie d’un ordinateur commence par l'extraction minière des matières premières.
Les ordinateurs contiennent plusieurs types de métaux :
- des métaux communs comme le fer, l'aluminium et le cuivre ;
- des métaux précieux comme l'or et le platine ;
- Des terres rares.
Ces matériaux sont essentiels, mais leur extraction a un impact carbone élevé.
D’abord, les terres rares sont des métaux disséminés en très faible proportion sur l’ensemble de la croûte terrestre. Il faut en extraire une grande quantité de minerais puis les traiter chimiquement pour séparer les terres rares et les récupérer. Ces procédés sont très énergivores et génèrent beaucoup d’émissions de gaz à effet de serre.
Ensuite, la raréfaction des ressources entraîne une augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
Plusieurs matières premières sont considérées comme critiques. C’est le cas du cuivre, du silicium, du lithium ou du cobalt.
Prenons l'exemple du cuivre. Il y a 100 ans, nous devions extraire 50 kg de roche pour obtenir 1 kg de cuivre. Aujourd’hui, nous avons besoin de 150 kg de roche pour 1 kg de cuivre dans les mines les plus rentables.
Le “rendement matière” de l’extraction se dégrade : il faut mobiliser davantage de ressources pour produire la même quantité de métal. Cette logique est comparable à celle du taux de retour énergétique dans le secteur de l’énergie : plus une ressource est difficile à exploiter, plus son extraction nécessite d’énergie.
En conséquence, nous devons fournir plus d’énergie; donc émettre plus de gaz à effet de serre qu’il y a 100 ans pour extraire la même quantité de cuivre.
📝A noter : le même phénomène se produit avec le pétrole et le charbon. Nous avons épuisé les gisements les plus faciles à atteindre.
Paradoxalement, plus la taille du matériel diminue, plus le ratio matières premières - produit final est élevé :
- 1 kilogramme d’ordi = 400 kg de matières
- 1 kilogramme de smartphone = 1 000 kg de matières
- 1 kg de puces électroniques = 16 000 kg de matières
📝A noter : on retrouve jusqu’à 50 métaux différents rien que dans un seul smartphone. On peut estimer qu’un ordinateur nécessite le même nombre de métaux puisque les processeurs, les écrans ou encore les circuits d’alimentations sont similaires. Imaginons la quantité de métaux nécessaire pour assurer la production mondiale !
Ainsi, la plupart des analyses de cycle de vie des ordinateurs (ACV) montrent que les étapes d’extraction des matières premières et de transformation des minerais en composants électroniques sont les plus émettrices de gaz à effet de serre.
La cause ? Un épuisement des ressources abiotiques qui induit une plus grande consommation énergétique, des procédés industriels chimiques et énergivores et donc des émissions de GES très élevées. Par exemple, la gravure des semi-conducteurs (parmi d'autres procédés) relâche du NF3, un puissant gaz à effet de serre inclus dans le protocole de Kyoto.
Enfin, la chaîne de valeur éclatée des appareils électroniques entraîne des émissions liées au transport :
- L’extraction a souvent lieu en Afrique, en Amérique du Sud ou en Australie.
- La fabrication se déroule en Asie, en Europe ou aux Etats-Unis.
- Le téléphone est assemblé en Asie du Sud-Est.
- Puis, la distribution s’effectue généralement par avion.
📝A noter : en comparaison avec l’ensemble des émissions de la chaîne de valeur, le transport par avion représente environ 1 % des émissions totales. Cela signifie que la phase de fabrication est particulièrement émettrice de GES.
Phase d’usage
la phase d’usage du numérique contribue désormais à 40 % des émissions de GES du secteur (contre 21 % dans les anciennes estimations).. Elle comporte trois enjeux majoritaires :
- La consommation d’énergie liée à l'usage des appareils, des box internet et du cloud,
- La production de froid pour refroidir les data centers,
- L’utilisation d’eau.
Aujourd’hui en France, l'utilisation représente 11 % de la consommation électrique nationale (plus de 14 % si l'on prend en compte l'électricité consommée par les data centers situés à l'étranger qui font tourner nos usages quotidiens). Ce chiffre pourrait atteindre 30 % d’ici 10 ans.
Fin de vie de l’ordinateur
L'obsolescence des appareils numériques empêche de rentabiliser l'impact environnemental de la fabrication. Les équipements sont de plus en plus difficiles à réparer à cause de composants miniaturisés et soudés, les mises à jour logicielles deviennent rapidement incompatibles. L’obsolescence programmée et les avancées technologiques incitent au renouvellement fréquent de son ordinateur donc à la surconsommation.
D’après Ecologic, 2,1 millions de tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) sont produits en France chaque année, dont seulement 43 % sont collectés par la filière recyclage.
📝A noter : à titre d’exemple, seuls 20 % des matériaux (or, platine, aluminium, etc.) d’un smartphone sont récupérés lors du recyclage. Les autres métaux et terres rares sont aujourd’hui difficile à recycler.
Enfin, il est important de différencier fin d'usage et fin de vie d'un équipement. Lorsqu’on arrête d’utiliser un équipement, on parle de fin d’usage. Mais l’appareil peut souvent être réparé ou reconditionné, ce qui permet de retarder sa fin de vie et de réduire son impact carbone. Lorsque l’équipement devient inexploitable, alors on parle de fin de vie.
Selon l’ADEME, la fabrication d’un ordinateur portable émet environ 156 kg CO2e (source : ADEME, Base Empreinte, 2023).
Cette phase représente la majorité de l’impact sur l’ensemble du cycle de vie. En intégrant la phase d’usage, l’empreinte carbone totale d’un ordinateur portable se situe autour de 180 à 200 kg CO2e.
Rapporté à sa durée de vie :
- conservé 5 ans, cela représente environ 35 à 40 kg CO2e par an ;
- conservé 8 ans, cet impact descend à environ 20 à 25 kg CO2e par an.
Allonger la durée de vie d’un équipement permet donc de réduire significativement son impact carbone annualisé.
En définitive, l’empreinte carbone d’un ordinateur ne se résume pas seulement à l’usage, mais aussi - et surtout - à la fabrication. La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons mettre en place des actions pour minimiser l’impact carbone des équipements numériques. Pour une organisation, la première étape consiste souvent à quantifier son impact global en réalisant un BEGES (Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre).
Comment réduire l'empreinte carbone du numérique ?
Malgré ce constat, faut-il renoncer à l’usage numérique ? La réponse est non. Il s’agit de repenser notre utilisation et de rationaliser la conception des terminaux.
Selon qu’on soit utilisateur ou fabricant, nous pouvons instaurer des bonnes pratiques d’usage et de fabrication afin de minimiser les émissions de gaz à effet de serre du numérique. Voici comment.
Réduire les émissions de l’usage du numérique des utilisateurs
Côté utilisateur, nous pouvons réduire les émissions de gaz à effet de serre du numérique en allongeant la durée de vie de nos équipements et en sensibilisant à l’impact du numérique en entreprise. En entreprise, cette démarche de sensibilisation s'appuie sur une méthode Bilan Carbone rigoureuse pour identifier les postes numériques les plus émetteurs.
Mais avant même de penser durée de vie, interrogeons nous sur notre besoin et notre consommation.
Quel est mon besoin réel ? Ai-je besoin de filmer au quotidien des vidéos en très haute qualité ou d’une capacité de traitement de l’image avancée ? Ai-je besoin d’une tablette puissante parce que c’est mon outil de travail ? Pour les entreprises, quelle est l’utilisation numérique réelle de mes collaborateurs ?
Si je veux remplacer mon équipement pour un appareil plus high tech, est-ce que je vais me servir de ces nouvelles fonctionnalités ? Pour les professionnels, vais-je vraiment exploiter le potentiel technologique ?
En ce qui concerne l’usage de l’intelligence artificielle, est-ce pertinent de recourir à l'IA pour la moindre questions ?
Si mon appareil reste fonctionnel, est-ce que je peux trouver une solution alternative au remplacement (par exemple la réparation ou le reconditionnement) ?
Le biais de nouveauté est la tendance à toujours privilégier la nouveauté au détriment de l’ancien. Cette attirance pour le neuf peut nous pousser à remplacer nos appareils même lorsqu'ils sont toujours fonctionnels. Ainsi, questionner son besoin permet de rationaliser sa consommation et d’éviter ce biais cognitif.
Si la réponse à ces questions nécessitent un renouvellement d’équipement numérique, voici quelques bonnes pratiques à mettre en place :
- Allonger la durée de vie des équipements en les renouvelant uniquement lorsqu'ils ne fonctionnent plus ;
- Opter pour des terminaux reconditionnés ou recyclés plutôt que neufs ;
- Réparer et protéger ses appareils grâce à des contrats de maintenance, des systèmes d'exploitation libres, des coques de protection, des mallettes de transport, des antivirus et des mesures de protection des données pour prolonger la durée de vie des équipements.
- En fin d’usage, envoyer les appareils en filières de reconditionnement ou de recyclage pour assurer une fin de vie responsable.
En entreprise, vous pouvez aussi sensibiliser et former vos collaborateurs avec des ateliers comme la Fresque du Numérique ou des formations proposées par l'INR (Institut du Numérique Responsable) ou l’Inria pour comprendre et réduire votre impact numérique. Pour aller plus loin, internaliser les compétences grâce à une formation au bilan carbone permet de piloter sa stratégie climat en autonomie, tout en profitant souvent de subventions pour le bilan carbone dédiées.
Réduire les émissions de fabrication des équipements numériques
Côté fabricant, vous pouvez réduire l’impact carbone de la fabrication en instaurant des pratiques d'éco-conception et de réparabilité.
Éco-concevoir les produits numériques
L’éco-conception va de pair avec la rationalisation du besoin utilisateur et la sobriété. Cela signifie privilégier les fonctionnalités essentielles et une production raisonnée pour réduire la quantité de ressources nécessaires et diminuer l’impact carbone.
Ensuite, pour optimiser les performances environnementales de vos produits numériques, voici ce que vous pouvez faire :
- Adapter les fonctionnalités aux besoins des utilisateurs ;
- Optimiser la gestion des flux de données et des flux vidéos par une adaptation systématique aux terminaux ;
- Améliorer l'efficacité énergétique de vos équipements numériques ;
- Mettre en avant l'indice de réparabilité et assurer la traçabilité des matériaux ;
- Proposer de passer automatiquement en réseau WiFi quand c'est possible pour optimiser l’énergie consommée ;
- Encourager la filière recyclage en proposant la réparabilité ou le recyclage systématique des appareils numériques.
Selon l’étude de l’Arcep, instaurer un principe d’éco-conception généralisé permettrait déjà de diminuer la consommation de ressources de 15 % et de stabiliser l’empreinte carbone du numérique à +5 %.
Améliorer la traçabilité des équipements numériques
Enfin, la traçabilité des équipements permet d’encourager une consommation responsable en aidant les consommateurs à mieux comprendre les impacts environnementaux des produits qu'ils achètent.
En tant que fabricant, vous pouvez notamment :
- Améliorer les informations disponibles pour les consommateurs, afficher les impacts environnementaux des produits, assurer une transparence totale de la chaîne de production... Pour piloter ces données complexes, notre plateforme carbone vous permet de centraliser vos indicateurs et de suivre vos trajectoires de réduction. Demandez une démo !
- Adopter des labels environnementaux comme TCO Certified ou Blue Angel pour tendre vers une production respectueuse de l'environnement et des droits humains.
Ainsi, en agissant ensemble, fabricants et utilisateurs, nous pouvons diminuer durablement l'empreinte carbone du secteur ! Pour structurer votre stratégie climat, piloter votre trajectoire carbone et atteindre vos objectifs de réduction, découvrez notre programme d'accompagnement !
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Co-construit par WeCount et 9 entreprises du numérique, ce guide est pensé comme une feuille de route qui répertorie les leviers de décarbonation spécifiques au secteur du numérique. Il vous donne les clés pour définir votre stratégie climat et passer de l'ambition à l'action dès maintenant.
📚Ressources
- Rapport Evaluation de l’impact environnemental du numérique en France, Mise à jour de l’étude ADEME-Arcep, Janvier 2025
- Synthèse Evaluation environnementale des effets directs et indirects du numérique pour des cas d'usage, ADEME IT4Green, Novembre 2025
- Empreinte carbone du numérique : 1,1 million de tonnes de gaz à effet de serre en 2022
- Etude ADEME – Arcep sur l’empreinte environnementale du numérique en 2020, 2030 et 2050Electricity 2024 - Analysis and forecast to 2026
- Impacts environnementaux du numérique en France - GreenIT
- Enquête annuelle « Pour un numérique soutenable » - ARCEP


















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