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Les Pépites #7 - Continuer à (se) mobiliser face aux vents contraires

La septième édition des Pépites by WeCount pour continuer à (se) mobiliser face aux vents contraires !

Antonin Guy
11/6/26

Comment garder l’élan autour de votre stratégie RSE dans un contexte plus incertain, plus exigeant… et parfois plus résistant avec une actualité géopolitique et climat qui challenge les professionnels de la RSE (instabilité géopolitique, réglementaire, crise énergétique, tensions économiques, backlash, etc.). 

Côté terrain, les équipes RSE doivent continuer à convaincre dans un environnement moins réceptif, maintenir la mobilisation des équipes et de la direction, et piloter des stratégies de plus en plus complexes. Le tout, sans disposer de plus de moyens...

Pour transformer cette résistance en une dynamique durable, il est essentiel de repenser nos méthodes d'engagement tout en préservant l'énergie des équipes terrain. Comment continuer à embarquer sans s’essouffler ?

Le 11 juin, Cyril Dion, trois intervenants engagés vous apportertons des clés pour mobiliser durablement vos parties prenantes.

Inscrivez-vous en complétant le formulaire ci-dessous. 👇🏻

Intervenants

🎙️Cyril Dion, auteur et réalisateur reconnu apporte un regard lucide et mobilisateur sur les enjeux de transition. Il partagera sa vision sur comment continuer à agir et embarquer même lorsque le contexte semble se durcir.

🎙️Pierre-Alix Lloret-Bavai, co-fondateur de 2tonnes (Hability), acteur clé de la sensibilisation climat en France partagera ses convictions et des retours d'expérience sur ce qui fonctionne sur le terrain pour mobiliser durablement.

📊 Katia Ronzeau, Responsable Conseil DIAG' à Bpifrance et Antonin Guy, CEO de WeCount partageront les résultats du baromètre WeCount x Bpifrance sur l'état d'esprit et la mobilisation des équipes RSE en 2026.

pourquoi participer

Ce webinaire a été conçu comme un moment pour :

  • mettre des mots et des chiffres sur les difficultés rencontrées par les équipes RSE dans ce contexte exigeant,
  • Identifier les leviers pour embarquer durablement,
  • partager des retours d’expérience concrets pour nourrir vos plans d'action !

Un webinaire pensé pour celles et ceux qui, au quotidien, cherchent à donner envie d’agir, clarifier les enjeux et créer un alignement stratégique durable !

Vous n'êtes pas disponible ? Inscrivez-vous pour recevoir le replay même si "le live" est toujours mieux pour profiter de la force du collectif.

Ce webinar peut vous être utile, mais vous n'avez pas d'email professionnel ? Ecrivez-nous à l'adresse contact-us@wecount.io.

👋 À propos des webinaires Pépites de WeCount

Les Pépites de WeCount mettent en lumière celles et ceux qui font avancer la décarbonation dans leurs organisations. Un rdv trimestriel, des formats courts, inspirants et concrets pour passer de la réflexion à l’action.

VSME / VS : tout savoir sur la norme volontaire pour les PME et ETI en 2026

VSME / VS en 2026 : découvrez ce qu’implique la norme volontaire pour les PME et grandes entreprises, nos conseils concrets et une feuille de route pour comprendre chaque étape à franchir.

Constance Bassouls
12/5/26

Avec la stabilisation de ce calendrier réglementaire, la norme VSME s’impose plus que jamais comme la réponse la plus claire et structurante pour ces organisations. Le 6 mai 2026, la Commission européenne a publié son projet d'acte délégué instaurant officiellement cette norme de reporting de durabilité, désormais rebaptisée « Voluntary Standard » (ou VS). Actuellement soumis à consultation publique jusqu'au 3 juin, ce texte doit être adopté au deuxième trimestre pour une application prévue à partir de l'exercice financier 2027, bien que les entreprises aient la possibilité de l'appliquer de manière anticipée dès 2026.

📝 Note de lecture : Bien que la Commission européenne ait officiellement renommé ce référentiel « VS », nous continuerons d'utiliser l'acronyme initial « VSME » tout au long de cet article, ce terme restant à ce jour le plus familier et le plus recherché par les professionnels.

Si elle a été initialement pensée pour offrir aux PME non cotées et aux micro-entreprises un cadre de reporting sans charge excessive, la VSME s'adresse aujourd'hui à un public bien plus large. Suite aux nouveaux textes, elle s'applique désormais formellement à toutes les entreprises de moins de 1 000 salariés qui souhaitent publier volontairement des informations de durabilité.

De nombreuses ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) s'en emparent d'ailleurs volontairement pour faire de la RSE un outil de compétitivité et cartographier leurs risques, même si ce standard constitue pour elles une première marche parfois jugée très allégée

Du côté des utilisateurs de données, 67 % des banques et des grandes entreprises ont déjà commencé à utiliser la VSME (source, EFRAG, 2025) comme cadre de référence formel pour collecter des informations auprès de leurs fournisseurs et partenaires.

Que contient alors la VSME ? Quelles implications pour les PME comme pour les grandes entreprises ? Quels bénéfices concrets peut-elle apporter ? Et comment s’y préparer dès aujourd’hui ? Cet article fait le point sur la norme la plus en vue du moment.

👉 Et si vous vous questionnez sur les différentes étapes de mise en place d’un reporting VSME, nous mettons à disposition une feuille de route pour comprendre les grands jalons et anticiper le chemin à parcourir.

La VSME en résumé

  • La norme VSME, rebaptisée officiellement "Voluntary standard" ou "VS", est une norme volontaire de reporting ESG s’adressant aux entreprises non soumises à la directive CSRD (notamment celles ne dépassant pas 1 000 salariés).
  • Elle propose un cadre commun de reporting allégé et modulaire (avec un module de base et un module complémentaire) pour structurer sa démarche de durabilité. À la suite de l'acte délégué de mai 2026, le nombre de points de données a été réduit par rapport à la version initiale, et certaines informations complexes sont désormais facultatives pour les entreprises de 10 salariés ou moins.

  • Elle facilite la transmission de données ESG, généralement demandées par les investisseurs et partenaires commerciaux.

  • Elle a pour objectif d’améliorer la résilience des entreprises européennes face aux enjeux RSE.

Dernières actualités sur la VSME

Le paysage réglementaire s'est récemment précisé avec la publication par la Commission européenne, le 6 mai 2026, de son projet d'acte délégué concernant la norme volontaire. Voici les principales nouveautés à retenir :

  • Un nouveau calendrier d'application : Le texte est soumis à une consultation publique jusqu'au 3 juin 2026, pour une adoption prévue au deuxième trimestre. La norme s'appliquera officiellement à partir de l'exercice financier 2027, bien que les entreprises puissent choisir de l'appliquer de manière anticipée dès 2026.
  • La VSME change de nom : Suite aux récents ajustements, la norme a été officiellement rebaptisée "Voluntary standard" ou "VS".
  • Un allègement des indicateurs (points de données) : Pour s'aligner sur les normes ESRS révisées, le standard a été allégé par rapport à sa version initiale. Par exemple, l'intensité carbone (B3) et la surface au sol artificialisée (B5) ont été supprimées. De plus, le taux de rotation du personnel (turnover) a été basculé du module de base (initialement intégré dans la norme  B8) vers le module complémentaire (C5).
  • Une protection renforcée pour les très petites entreprises : La Commission a introduit un seuil spécifique fixé à 10 salariés. Pour les entreprises comptant 10 employés ou moins, certaines informations (notamment les données environnementales complexes) sont désormais totalement facultatives.

  • Une clarification du plafonnement de la chaîne de valeur ("value chain cap") : Le projet d'acte délégué vient préciser exactement quels points de données sont couverts par ce plafond, sécurisant ainsi les PME face aux demandes de leurs grands donneurs d'ordres.
🆕 Les experts de WeCount mettront régulièrement à jour cette section pour vous tenir au courant des évolutions.

Pourquoi la VSME est-elle au centre des attentions ?

Comprendre les évolutions apportées par la directive Omnibus (février 2026)

Pour comprendre la VSME, il est d’abord nécessaire d’aborder les évolutions récentes sur la CSRD (corporate sustainability reporting directive), cette directive européenne qui impose à certaines entreprises de mesurer leur impact environnemental et sociétal, et de le rendre public sous la forme d’un rapport de durabilité extra-financier à publier tous les ans. 

Le 26 février 2026, la publication de la directive Omnibus au Journal officiel de l'Union européenne a profondément remanié le cadre réglementaire de la CSRD.

Elle instaure notamment des délais supplémentaires, relève drastiquement les seuils d'assujettissement et exclut définitivement environ 80 % des entreprises initialement visées. ‍ 

Le tableau suivant récapitule les principaux changements désormais actés :

ThématiqueModifications définitivement entérinées par la loi Omnibus
Calendrier d'applicationReport de 2 ans acté par l'action « stop-the-clock » pour les entreprises de la vague 2. Les PME cotées, initialement prévues dans la vague 3, sont désormais définitivement exclues du dispositif.
Périmètre d'assujettissementRéduction d'environ 80 % du nombre d'organisations soumises aux obligations de reporting (passage de 50 000 à 5 000 entités) grâce aux nouveaux seuils cumulatifs (1 000 salariés et 450 M€ de CA).
Allègement des normes (ESRS)Suppression définitive des normes sectorielles. Réduction de près de 70 % des points de données (suppression de 60 % des points obligatoires et de 100 % des points facultatifs), avec une priorisation des indicateurs quantitatifs.
Exigences sur la chaîne de valeurMise en place du "Value Chain Cap" : les donneurs d'ordres soumis à la CSRD ont formellement l'interdiction d'exiger de leurs fournisseurs de moins de 1 000 salarié·es des données allant au-delà du standard volontaire VSME.

⚠️ Attention : Bien que le processus législatif européen soit achevé avec une entrée en vigueur de la directive fixée au 18 mars 2026, ces dispositions ne s'appliqueront aux entreprises qu'après leur transposition par les États membres. La France a d'ici mars 2027 pour transposer ce nouveau texte dans son droit national. 

Dans l’attente de cette transposition, c’est techniquement le cadre réglementaire actuel qui continue de s’appliquer.

Concernant les normes de reporting (ESRS révisées et la norme volontaire VS), une nouvelle étape cruciale vient d'être franchie : la Commission européenne a publié ses projets d'actes délégués le 6 mai 2026. Ils sont tous deux mis en consultation publique jusqu'au 3 juin 2026, pour une adoption officielle prévue au cours du deuxième trimestre.


En quoi la VSME prend alors une place centrale dans le contexte Omnibus / CSRD ?

Les évolutions apportées par la loi Omnibus chamboulent les règles du jeu : avec la publication du texte au Journal officiel de l'Union européenne le 26 février 2026, environ 80 % des entreprises jusqu’alors soumises à la CSRD en sont officiellement exclues

Et ce, alors même que certaines avaient déjà commencé à se préparer à l’obligation.

Dans ce nouveau paysage, la VSME prend une importance particulière.

Conçue initialement par l’EFRAG pour les entreprises non soumises à la CSRD mais régulièrement sollicitées par leurs partenaires commerciaux, investisseurs ou financeurs sur leurs données ESG, elle leur offrait dès l’origine un cadre simplifié pour répondre à ces demandes.  


Avec la révision massive des seuils actée par l’Omnibus (cf. tableau révision des seuils d’éligibilité), son rôle s’élargit considérablement : la VSME devient aujourd'hui le cadre de référence pour toutes les PME et ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) qui sortent du dispositif légal. ‍ 

La différence clé entre les premières recommandations officielles par la Commission Européenne de 2024-2025 et aujourd’hui, c’est que la VSME a acquis une véritable force juridique reconnue par le marché : ‍

  • Pour les micro-entreprises, PME non cotées et ETI : Elle offre un standard volontaire concret et opérationnel. Près de 43 % des préparateurs interrogés appliquent déjà pleinement la norme pour satisfaire les demandes de leurs clients et sécuriser leurs accès aux financements (source, EFRAG, First Insights into the VSME Market Acceptance: Report Now Available, décembre 2025).

  • Pour les grands établissements financiers et les entreprises assujetties à la CSRD : C'est ici que se trouve la véritable révolution. Le principe de “value chain cap” (plafonnement de la chaîne de valeur) n'est plus une simple recommandation, c'est devenu une règle stricte.


    Il est désormais formellement interdit aux grands donneurs d'ordres d'exiger de leurs fournisseurs (de moins de 1 000 salariés) des informations allant au-delà de ce référentiel VSME.


    Toute clause contractuelle contraire est susceptible d'être sanctionnée. Le message envoyé par Bruxelles est sans appel : la VSME s'impose comme le "bouclier" officiel pour éviter la surcharge administrative des petites structures. 

Le calendrier institutionnel de cette norme est désormais clarifié : suite à la publication de son projet d'acte délégué par la Commission européenne le 6 mai 2026, le texte est soumis à une consultation publique jusqu'au 3 juin. Son adoption officielle par la Commission européenne est prévue dans la foulée, au cours du deuxième trimestre 2026. Durant l'été, le Parlement européen procédera à son tour à l'intégration des retours et au vote final du texte. Une fois ce processus achevé, la norme s'appliquera officiellement à partir de l'exercice financier 2027, bien que les entreprises soient encouragées à l'appliquer de manière anticipée sur une base volontaire dès 2026.

Qu'est-ce que la norme VSME et à quoi sert-elle ?

La norme VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for non-listed SMEs), désormais officiellement rebaptisée "Voluntary standard" ou "VS", est une norme européenne de durabilité conçue par le Groupe consultatif européen sur l'information financière (EFRAG).

Elle offre aux entreprises non soumises à la CSRD un cadre commun et simplifié de reporting ESG (environnement, social, gouvernance).

Son objectif est de rendre les données comparables et de réduire la multiplication de questionnaires hétérogènes imposés par les partenaires commerciaux, investisseurs ou financeurs.

A quoi sert cette norme volontaire de durabilité ?

Elle a pour objectifs de :

  • Fournir un cadre commun de reporting simplifié et adapté aux petites, moyennes et entreprises de tailles intermédiaires ;

  • Faciliter la transmission de données ESG entre différents acteurs de la chaîne de valeur (clients, banques, fournisseurs) ;

  • Améliorer la résilience des entreprises européennes face aux risques climatiques et sociaux ;

  • Intégrer les enjeux ESG au sein de la stratégie d'entreprise

  • Contribuer à une économie plus durable et plus juste.

📝A noter : le bouclier anti-ruissellement. La VSME vise également à protéger les petites entreprises des exigences disproportionnées émanant des grands groupes de leur chaîne de valeur. Avec le principe du « value chain cap » acté par la directive Omnibus, il est désormais formellement interdit aux entreprises soumises à la CSRD d'exiger de leurs fournisseurs (de moins de 1 000 salariés) des informations allant au-delà de la norme VSME

Les 5 principes de la VSME

Pour remplir son rôle, la VSME s’est dotée de 5 principes phares, qui sont les suivants :

  1. Les données fournies doivent être claires, vérifiables et comparables d’une année sur l’autre.
  1. L'approche est modulaire et ne requiert pas d'analyse de double matérialité. Contrairement à la CSRD, la norme VSME structure le reporting à l'aide d'un module de base et d’un module complémentaire. De plus, la Commission européenne a clairement tranché et clarifié les règles pour les très petites structures : alors que les précédents textes mettaient en avant que sous le seuil des 50 salariés certains points pouvaient être omis, le nouveau projet d'acte délégué est désormais explicite. Pour les entreprises comptant 10 salariés ou moins, le reporting de certaines informations (en particulier les données environnementales les plus complexes) devient purement facultatif. Un partenaire commercial ne pourra pas non plus exiger cette information de la part de l’entreprise.

✨Notre conseil : Même si la norme VSME rend la double matérialité facultative, nous vous recommandons fortement de réaliser une analyse de double matérialité "simplifiée". Pourquoi ? Parce qu’elle permet de cartographier vos risques (financiers et extra-financiers) et de faire le lien direct entre RSE et enjeux opérationnels. Elle permet également d'identifier les thématiques qui ne seraient pas couvertes par le standard, mais que votre entreprise pourrait tout de même avoir besoin de suivre. Cela donne du sens à votre collecte de données et vous prépare aux questions de vos donneurs d'ordres.


  1. Si l’entreprise a des filiales, il est conseillé d’intégrer dans le rapport les données liées à ces filiales (ces dernières étant elles-mêmes dispensées de reporting individuel).
  1. La fréquence de publication est d’un rapport par an (pouvant être rendu public ou non).
  1. De manière générale, les informations communiquées doivent être cohérentes avec les données financières de l’entreprise.

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VSME et CSRD : quelles sont les différences ?

D’un côté, la VSME est une norme volontaire, destinée aux entreprises sollicitées par leurs partenaires commerciaux, investisseurs ou financeurs pour fournir des informations ESG.

Elle n’est pas obligatoire et s’adresse aux entreprises non soumises à la réglementation CSRD. Son projet d'acte délégué a été publié par la Commission européenne le 6 mai 2026, et elle sera officiellement sanctuarisée lors de son adoption prévue au deuxième trimestre 2026.

La directive CSRD, quant à elle, est un cadre législatif obligatoire, imposant un reporting ESG à une certaine typologie d’entreprises.

Suite aux nouveaux seuils cumulatifs adoptés par la loi Omnibus, elle impose désormais un reporting ESG uniquement aux très grandes entreprises (plus de 1 000 salariés et 450 millions d'euros de chiffre d'affaires).

Ce reporting légal est encadré par des normes d'application appelées normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards). Également créées par l’EFRAG, ces normes fixent les attendus stricts du rapport annuel à fournir pour les entités soumises à la CSRD.

VSME et ESRS : quelles sont les différences ?

Puisque la norme VSME et les normes ESRS ont toutes été créées par l'EFRAG pour structurer le reporting ESG, il est naturel de les comparer. On peut d'ailleurs considérer la norme volontaire (VS) comme une version dérivée des normes obligatoires (ESRS) : elles partagent le même ADN afin que les PME et les grands groupes parlent le même langage. ‍

Cependant, ces deux référentiels s'adressent à des publics différents et diffèrent donc sur plusieurs points fondamentaux, notamment :

  • La quantité d’informations à fournir : la VSME propose un cadre bien plus allégé. En face, même si l'EFRAG a validé fin 2025 une réduction massive de près de 70 % des points de données des normes ESRS (avec la suppression définitive des normes sectorielles), ces dernières restent beaucoup plus denses et complexes ;

  • Une plus grande flexibilité : la VSME offre une véritable modularité en proposant un "module de base" et un "module complet", au choix, en fonction des besoins et de la maturité de l’entreprise (les deux modules étant d'ailleurs souvent combinés en pratique).

  • L'absence de double matérialité imposée : c'est la différence méthodologique majeure. La VSME permet de structurer son reporting et de retenir les indicateurs pertinents sans avoir à réaliser l'exercice complexe de l'analyse de double matérialité (bien que WeCount conseille de le faire de manière simplifiée pour identifier vos véritables risques stratégiques).


    À l'inverse, pour les ESRS, la double matérialité reste le point de départ obligatoire. Toutefois, la récente révision des normes ESRS vient d'assouplir cet exercice en valorisant officiellement une approche plus globale (dite "top-down"). Concrètement, les grandes entreprises n'ont plus besoin d'évaluer de façon individuelle et exhaustive chaque impact, risque ou opportunité (les fameux "IRO"). Elles sont désormais autorisées à partir d'une vision macroscopique basée sur leur modèle d'affaires pour en déduire directement leurs grands enjeux majeurs.

Quelles entreprises sont concernées par la VSME ?

Comme expliqué plus haut, la norme VSME a été initialement conçue pour les entreprises non soumises à la CSRD, afin de leur offrir un cadre simplifié de reporting ESG.

Depuis le 30 juillet 2025, la Commission européenne en recommande officiellement l’usage pour les PME non cotées et les micro-entreprises. Depuis la recommandation officielle de la Commission européenne en juillet 2025, le statut de la norme a radicalement changé.

Avec la publication de la directive Omnibus au Journal officiel de l'Union européenne le 26 février 2026, la révision massive des seuils est désormais actée.

La VSME n'est plus une simple option : elle devient le standard volontaire de référence pour les quelque 80 % d'organisations (dont les nombreuses ETI et les PME cotées) qui sortent définitivement du champ d'application légal de la CSRD.

Plus précisément, elle s'adresse aujourd'hui officiellement aux entreprises qui ne dépassent pas une moyenne de 1 000 salariés au cours de l'exercice précédent et 450M € de chiffre d’affaires HT, et qui souhaitent ou doivent publier volontairement des informations de durabilité

Pour savoir si votre organisation sort du champ de la CSRD à la faveur des évolutions introduites par la directive Omnibus, vous pouvez vous référer au tableau ci-dessous. Il détaille les types d’entreprises concernés, ainsi que le calendrier et les seuils d'assujettissement définitifs après la réforme.

VagueExigences initiales (Avant Omnibus)Calendrier validé (Stop the Clock)Périmètre et seuils définitifs (Loi Omnibus)
Vague 1EIP +500 salarié·es en moyenne (entreprises déjà concernées par la NFRD).Publication maintenue en 2025 (exercice 2024).Option d'exonération : Les entreprises de la vague 1 qui tombent sous les nouveaux seuils Omnibus pourront bénéficier d'une exonération anticipée. La VSME s'impose pour la suite.
Vague 2Entreprises remplissant 2 critères sur 3 : +250 salarié·es, 40 M€ de CA HT ou 20 M€ de total de bilan.Report de 2 ans : Publication en 2028 (exercice 2027).Seuils cumulatifs : +1000 salarié·es en moyenne ET +450 M€ de CA HT. Le critère du bilan est supprimé. La VSME s'impose pour les entreprises en dessous de ce seuil.
Vague 3PME cotées sur un marché réglementé de l'UE (10 à 250 salarié·es).Sans objetExclusion définitive : Suppression totale de l'obligation de reporting CSRD pour les PME cotées. La VSME devient leur standard de référence.
Vague 4Entreprises non-UE avec CA > 150 M€ dans l'UE et une succursale/filiale générant > 40 M€.Publication en 2029 (exercice 2028).Seuils relevés : Entreprises non-UE avec un CA supérieur à 450 M€ dans l'UE ET une filiale ou succursale générant au moins 200 M€.

La norme VSME créée par l’EFRAG va-t-elle devenir obligatoire ?

A ce jour, il n’est pas prévu de rendre cette norme obligatoire. En revanche, elle s'impose de fait comme la norme de référence incontournable du marché.

La VSME devient le langage commun européen. Surtout, grâce au principe de plafonnement de la chaîne de valeur (Value chain cap), elle fixe une limite juridique stricte : les grands donneurs d'ordres ont désormais l'interdiction d'exiger de leurs fournisseurs (de moins de 1 000 salariés) des informations allant au-delà de cette norme.

Si elle n'est pas obligatoire par la loi pour les PME et ETI, son application devient donc une exigence contractuelle incontournable pour continuer à travailler avec les grands groupes ou accéder à des financements.

Concernant son statut officiel, le calendrier n'est plus du tout flou. Le projet d'acte délégué actant cette norme a été publié par la Commission européenne le 6 mai 2026. Il est soumis à consultation publique jusqu'au 3 juin, pour une adoption prévue au deuxième trimestre 2026. 

Durant l'été suivront l'iB5ntégration des retours et le vote au Parlement européen. Une fois adoptée, la norme s'appliquera officiellement à partir de l'exercice financier 2027. En attendant, les entreprises sont d'ores et déjà fortement encouragées à l'appliquer sur une base volontaire de manière anticipée dès 2026.

Que contient la norme VSME ?

Concrètement, la norme VSME est composée de deux modules : 

  • Un module de base composé de 11 normes de divulgation ;

  • Un module complet composé de 9 normes supplémentaires.

Chaque module s’adresse à une typologie d’entreprise particulière. Explications.

Le module de base : cible pour les micro-entreprises, exigence minimale pour les PME lors d’un premier reporting

Le module de base est principalement destiné aux très petites et micro-entreprises souhaitant se lancer dans une stratégie RSE. Mais on peut le voir plus largement comme un socle commun pour toute entreprise cherchant à suivre la norme VSME.

Module de base VSME

Il est composé des 11 normes suivantes :

  • Normes transverses :

    • B1 - Informations d’ordre général : module(s) choisi(s) pour le reporting, niveau de confidentialité, périmètre (entreprise seule, filiales), informations sur l’entreprise (forme juridique, chiffres d'affaires, bilan, effectif, localisation géographique…).
    • B2 - Pratiques, politiques et initiatives futures pour une transition durable : politiques et actions mises en œuvre par l’entreprise en matière d’ESG, objectifs futurs.
  • Normes environnementales :

    • B3 - Énergie et émissions de gaz à effet de serre : consommation d'énergie, émissions de GES directes et indirectes (scopes 1 et 2).
    • B4 - Pollution de l'air, de l'eau et du sol : types et quantités de polluants rejetés dans l’environnement (si déjà encadrés par la loi).
    • B5 - Biodiversité : nombre des sites situés à proximité de zones sensibles pour la biodiversité.
    • B6 - Eau  : consommation d'eau de l’entreprise, avec un focus dans les zones à fort stress hydrique.
    • B7 - Utilisation des ressources, économie circulaire et gestion des déchets : quantité et nature des déchets produits par l’entreprise (dangereux / non-dangereux), engagement dans une démarche de recyclage, application des principes d’économie circulaire.
  • Normes sociales :

    • B8 - Caractéristiques générales : nombre de salariés en équivalent temps plein, types de contrats, égalité femme-homme, diversité, taux de turnover.
    • B9 - Santé et sécurité : nombre d'accidents du travail, de maladies professionnelles et de décès liés à l’exercice de l’activité.
    • B10 - Rémunération, négociations collectives et formation : respect du salaire minimum et de la convention collective, écarts de rémunération entre hommes et femmes, plan de formation professionnelle.
  • Normes de gouvernance :

    • B11 - Condamnations et amendes pour corruption et pots-de-vin : nombre de condamnations et montant des amendes pour corruption ou pots-de-vin.
📝 A noter : la VSME est régie par une approche “si applicable”, qui permet d’exclure certains indicateurs s’ils ne sont pas pertinents par rapport à l’activité de l’entreprise. La société doit toutefois être en mesure de justifier pourquoi tel indicateur a été exclu.


Prenons l'exemple d'un cabinet de consulting en comptabilité, situé dans le nord de la France. Ne faisant pas partie des industries fortement consommatrices d’eau, l’entreprise pourrait très bien choisir de laisser de côté l’indicateur de la norme B6 sur la consommation d’eau. Elle devra cependant tout de même reporter son prélèvement en eau (dans les limites de son périmètre) une donnée exigée pour toutes les organisations, quel que soit leur secteur.

Le module complet : conseillé aux PME et ETI pour renforcer leur transparence ESG

Le module complet vient en complément du module de base. Il est particulièrement adapté aux PME qui souhaitent répondre à des attentes plus détaillées de leurs investisseurs, clients grands comptes ou établissements financiers, souvent eux-mêmes soumis à la CSRD.

Il est constitué de 9 normes, contenant des informations souvent demandées par les partenaires commerciaux et investisseurs.

Module complet VSME

Voici la liste des 9 indicateurs du module complet :

  • Indicateurs transverses :

    • C1 - Stratégie, business model et initiatives de développement durable : éléments clés du modèle économique, nature des produits et services vendus, points clés de la stratégie qui sont liés aux questions de durabilité ou qui les affectent.
    • C2 - Description des pratiques, politiques et initiatives futures pour la transition durable : description détaillée des pratiques déclarées en B2, niveaux de responsabilité en interne.
  • Données environnementales :

    • Optionnel : Scope 3 des émissions de GES.
    • C3 - Objectifs de réduction des émissions et plan de transition : objectifs quantifiés de réduction des GES, année de référence, scopes couverts, actions prévues dans le plan de transition.
    • C4 - Risques climatiques : analyse des risques climatiques pouvant impacter l’activité de l’entreprise, ainsi que les risques de transition (ex: évolutions réglementaires), conséquences possibles sur l’activité et les finances de l’entreprise.
  • Indicateurs sociaux :

    • C5 - Informations additionnelles sur la main d'œuvre : éléments supplémentaires par rapport à l’indicateur B8 (ratio femmes / hommes à la direction, nombre de travailleurs temporaires, informations différenciées pour chaque région, taux de turnover…).
    • C6 - Politiques et procédures en matière de droits de l'Homme : politique de l’entreprise en matière de droits de l'Homme (travail des enfants, discriminations, prévention des accidents), mécanisme de traitement des plaintes.
    • C7 - Incidents négatifs graves en matière de droits de l'Homme : incidents avérés de violation des droits de l’Homme au sein de l'entreprise ou dans la chaîne de valeur, mesures correctives appliquées.
  • Données sur la gouvernance :

    • C8 - Revenus provenant de certains secteurs et exclusion des référentiels de l'UE : revenus provenant de certaines industries comme le tabac, les énergies fossiles, les armes, les produits chimiques… Exclusions éventuelles des benchmarks de l’Union Européenne en matière de durabilité.
    • C9 - Ratio de diversité dans les instances de direction : ratio de diversité au sein des organes de gouvernance (équipe de direction, conseil d’administration…).

📝 A noter : contrairement à la CSRD, la VSME ne prévoit pas d’analyse de double matérialité (prise en compte des impacts à la fois d’un point de vue financier et matériel). Or, cette approche est capitale pour bien comprendre les enjeux étudiés dans cette norme et donner du sens aux données collectées. C’est pourquoi, nous recommandons d’utiliser l’analyse de double matérialité en complément de la VSME

Votre entreprise se trouve dans cette situation ? Prenez rendez-vous avec l’un de nos experts

Pourquoi l’adopter dès maintenant ?

Aujourd’hui, les entreprises qui se tournent vers cette norme volontaire le font pour une multitude de raisons.

Pour les entreprises encore concernées par la CSRD mais bénéficiant d’un report, c’est l’occasion de se structurer en douceur et de mettre en place des processus de reporting solides, pour éviter l’effet de panique à l’approche des échéances prochaines.

Pour celles qui ne seront plus visées par la CSRD, elles seront tout de même confrontées à des attentes fortes en matière de durabilité.

La pression des donneurs d’ordres (clients grands comptes), des investisseurs et parfois même des distributeurs est bien présente, et le sera de plus en plus dans les années à venir.

La VSME représente donc l’outil parfait pour répondre aux exigences de ces parties prenantes. Sans oublier que cela représente un gain de temps phénoménal par rapport à la démarche actuelle, qui est de remplir des questionnaires ou sollicitations ESG qui peuvent varier selon le financeur, les partenaires commerciaux, la banque…

Par ailleurs, la VSME étant en passe de devenir un standard européen du reporting ESG, s’engager dans cette démarche est aussi le moyen de se protéger contre les demandes abusives des investisseurs et des grands donneurs d'ordres. Le récent projet d'acte délégué vient d'ailleurs consolider ce rôle de "bouclier" en précisant exactement quels points de données sont plafonnés juridiquement pour les PME.

Enfin, la démarche VSME en tant que telle apporte des informations précieuses sur les stratégies à adopter, notamment de manière à mieux anticiper les risques environnementaux pouvant perturber l’activité de l’entreprise dans un futur proche.

Bref, la VSME n’est pas seulement une réponse réglementaire, c’est un outil stratégique pour les entreprises qui veulent s’engager dès aujourd’hui dans une transition durable ! D'ailleurs, si son application officielle est prévue pour 2027, la Commission européenne encourage vivement les entreprises à l'appliquer de manière anticipée dès l'exercice 2026.

Comment WeCount peut vous aider

À travers notre programme ESG de 4 mois, WeCount vous accompagne de A à Z dans la réalisation de votre premier rapport VSME. Forts de l'accompagnement de plus de 700 entreprises, nous avons conçu une approche unique qui allie le conseil de nos experts dédiés et la robustesse de notre propre plateforme ESG.

Étape par étape, nous vous aidons à vous structurer :

  • Phase 1 : Cadrage et mobilisation. Sensibilisation de vos équipes dirigeantes, définition du périmètre (entités, activités, chaîne de valeur) et élaboration de la feuille de route.

  • Phase 2 : Analyse de double matérialité simplifiée. Via notre plateforme, nous identifions et priorisons avec vous les enjeux véritablement stratégiques (impacts, risques et opportunités) pour combler les limites de la VSME et maximiser votre compétitivité.

  • Phase 3 : Revue de l'existant et processus de collecte. Décryptage des indicateurs attendus et paramétrage de notre plateforme pour orchestrer votre collecte : assignation des tâches, analyse des écarts (gap analysis), intégration des preuves d'audit et suivi de la complétion en temps réel.

  • Phase 4 : Production et export du rapport. Consolidation de vos données facilitée par l'Intelligence Artificielle de notre outil, et génération automatique de votre rapport de durabilité aux formats exigés (Word, et même XBRL pour le dépôt officiel de l'EFRAG).

Si vous souhaitez gagner du temps et sécuriser votre démarche de reporting VSME, parlez-en avec un de nos experts en nous contactant ici.

📚 Ressources

Empreinte carbone de l'IA : état des lieux et perspectives pour votre entreprise

Empreinte carbone IA : états des lieux, perspectives et bonnes pratiques pour votre entreprise et votre pôle RSE.

Louis Brémaud
20/3/26

Autre constat tiré de cette même étude, 75% des responsables RSE sont peu ou non impliqués dans les choix liés au déploiement de ces outils. Résultat : des décisions sont prises pour accélérer l'innovation sans toujours considérer leur impact environnemental. Pourtant, l'IA n'est pas immatérielle, elle repose sur des infrastructures énergivores, des data centers et des chaînes d'approvisionnement complexes. 

À mesure que ses usages se multiplient, cela peut peser lourd sur votre Bilan carbone® entreprise. Alors, quelle est réellement l'empreinte carbone de l'intelligence artificielle ? Comment la mesurer ? Quels leviers pour la réduire ? Et surtout, comment intégrer cet enjeu dans votre stratégie RSE ?

Dans cet article, nous décortiquons l'empreinte carbone de l'IA.rdres de grandeur, bonnes pratiques, réglementations, et outils pour agir dès maintenant au sein de votre entreprise !

📝À noter : la plupart des données partagées dans cet article sont extraites de l’Etude IA & RSE : où en sont les organisations en 2026

A retenir

  • Un enjeu stratégique croissant pour les entreprises : Selon un rapport de l’UNEP, le nombre de data centers est passé de 500 000 en 2012 à 8 millions en 2025, consommant 415 TWh d'électricité en 2024 (ADEME). Pourtant, 97% des entreprises n'ont pas encore pris en compte l'impact environnemental de leur IA (Fondation Thomson Reuters), s'exposant à des risques de non-conformité réglementaire et de contradiction avec leurs objectifs ESG.

  • Des leviers d'action concrets existent : Optimiser les modèles, choisir des infrastructures sobres, limiter les usages non essentiels (génération d'image/vidéo), privilégier les modèles "frugaux". La sobriété numérique s'applique aussi à l'IA ;

  • Une obligation de transparence qui se renforce : La CSRD impose désormais de mesurer et déclarer l'impact carbone du numérique, dont l'IA. 

Quelle est l'empreinte carbone de l'IA ?

L’impact environnemental des systèmes d'IA

L'empreinte carbone de l'intelligence artificielle regroupe l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre générées tout au long du cycle de vie d'un système d'IA

Elle se décompose en quatre grands éléments :

L'entraînement des modèles

C'est la phase où le modèle "apprend" à partir de millions (voire milliards) de données. 

Cette étape est très énergivore car elle mobilise des milliers de GPU (processeurs graphiques) pendant des jours, voire des semaines. 

Plus le modèle est complexe (comme GPT-4, Claude, ou les modèles d'IA générative d'images), plus cette phase consomme d'énergie

L'inférence et l'usage quotidien

C'est la phase d'utilisation. 

Chaque fois qu'un utilisateur pose une question à ChatGPT, génère une image avec Midjourney ou analyse un document avec une IA, le modèle “infère” une réponse.

L’usage quotidien dépasse rapidement l’empreinte initiale de l’entraînement.

Selon une étude publiée en 2024 par l’Association for Computing Machinery (ACM), il faudrait 200 à 600M de requêtes pour que l'énergie dépensée par l’usage soit supérieure à celle utilisée pour l'entraînement, pour des modèles allant de 560M à 7 milliards de paramètres.

Avec plusieurs millions d’utilisateurs par jour, ce seuil peut être franchi en quelques semaines seulement. À titre d’exemple, lors de la conférence OpenAI DevDay en octobre 2025, Sam Altman (fondateur de l’entreprise), revendiquait environ 800M d'utilisateurs quotidiens

Plus largement, une analyse du modèle BLOOM (176 milliards de paramètres) montre que, sur l’ensemble de son cycle de vie, la phase d’inférence peut représenter entre 70 et 80 % des émissions totales lorsque le modèle est massivement utilisé.

À l’intérieur même de cette phase d’usage :

  • environ 50 % correspond à l’infrastructure nécessaire au fonctionnement des data centers (refroidissement, réseau, serveurs en veille, stockage).

Ces ordres de grandeur rappellent un point essentiel : l’enjeu ne se situe pas seulement dans la conception des modèles, mais aussi dans les arbitrages d’usage au quotidien.

C’est justement ce que rappelait Mujahed Darwaza, Consultant climat et expert numérique chez Carbone 4 lors de notre webinaire IA : mode d’emploi pour les responsables RSE avec Marine Fouquet, CTO et Responsable Climat de WeCount et Guilhem Isaac Georges, VP Sustainability de Contentsquare

"L'IA est un outil. C'est nous qui décidons ce dont on a envie d'en faire. Il y a des questions critiques à se poser comme “est-ce que le temps que je gagne est significatif ?”; “suis-je conscient des biais et des erreurs potentielles du modèle que j’utilise ?”, “L’impact de l’usage de l’IA est-il inférieur au problème que je cherche à résoudre ?”.”

Le matériel et son cycle de vie

La fabrication des serveurs, GPU, et autres équipements nécessaires à l'IA génère également des émissions. À cela s'ajoute leur fin de vie (recyclage, destruction).

Sources : Analyses Carbone 4, Estimating the Carbon Footprint of BLOOM, S. Lucionin et al., 2023

📝A noter : Notons ici que l’impact de l’IA va bien au-delà du carbone. En effet, pour fonctionner, l’IA nécessite également l’usage de ressources abiotiques (minerais) et de l'eau. Il faut par exemple environ 200 kg de minerais pour fabriquer un simple ordinateur. L’entraînement de GPT-3 (la version en usage jusqu’à mars 2023 du robot conversationnel d’OpenAI) aurait consommé 700 000 litres d’eau dans les centres de données de Microsoft basés aux États-Unis

Lien entre IA et l'empreinte carbone numérique

L'IA s'inscrit dans un enjeu plus large : l'empreinte carbone du numérique

En 2024, selon les données partagées par L’ADEME et l’Autorité de Régulation des Communications (ARCEP), le numérique représente déjà environ 4,4% des émissions de GES de la France.

L'IA vient amplifier cet impact :

  • Elle nécessite plus de puissance de calcul que les usages numériques traditionnels ;

  • Elle accélère la construction de nouveaux data centers ultra-énergivores (certains peuvent consommer l'équivalent de 2 millions de foyers, selon l'International Energy Agency) ;

Elle pousse à renouveler plus fréquemment le matériel pour suivre les exigences de performance.

Ordres de grandeur : combien émet vraiment l'IA ?

La consommation énergétique de l’IA et sa répartition

Selon une analyse de Carbone 4, plus de 85% des émissions carbone d'une IA générative proviennent de la consommation électrique des data centers, répartie entre :

  • L'entraînement des modèles : impact ponctuel mais très élevé ;

  • L'utilisation (inférence) : comme nous l’avons vu précédemment, cela correspond ici à l’impact continu qui s’accentue avec le nombre d'utilisateurs.

☝️ Exemple : L'entraînement initial de GPT-3 aurait généré environ 500 tonnes de CO₂e. Mais une fois le modèle déployé et utilisé par des millions de personnes quotidiennement, l'usage cumulé dépasse très largement l'impact de l'entraînement.

📝A noter : Plus un modèle est adopté, plus son impact bascule vers l'usage quotidien. C'est là que réside l'effet rebond. Chaque nouvelle fonctionnalité IA adoptée par une entreprise multiplie l'impact.

Empreinte carbone de l’IA : comparaison des principaux usages

Pour mieux comprendre l'impact de l'IA, voici quelques ordres de grandeur :

  • Requête texte (ChatGPT, Claude, etc.) : environ 2 à 15gCO2e ;  

  • Génération d'image (Midjourney, DALL-E, etc.) : environ 100 à 500gCO2e, soit 60 fois plus qu'une requête texte ;

Pour découvrir d’autres données, n’hésitez pas à faire un tour sur le site impactco2.fr

Variabilité selon modèles, localisation, infrastructure

L'empreinte carbone d'une requête IA varie énormément selon :

  • Le modèle utilisé : On distingue les modèles "légers" (comme GPT-3.5) et les modèles “lourds” (comme GPT-4 ou Claude Opus). Le modèle léger compte quelques millions à quelques centaines de millions de paramètres, avec une architecture simplifiée. La taille du fichier est souvent réduite (quelques Mo à quelques centaines de Mo). 



À l’inverse, un modèle lourd comprend plusieurs milliards à plusieurs centaines de milliards de paramètres, avec une architecture complexe et profonde. La taille du fichier est généralement conséquente (plusieurs Go à plusieurs centaines de Go).

Critère Modèle léger Modèle lourd
Paramètres Millions Milliards
Taille du fichier permettant d’utiliser le modèle Mo Go
Performance Tâches simples/spécifiques Tâches complexes/variées
Matériel requis Standard (CPU/GPU modeste) Puissant (GPU/TPU multiples)
Consommation Faible Très élevée
Empreinte carbone g à kg CO₂e Tonnes CO₂e
Déploiement Local (edge, mobile) Cloud (data centers)
Coût Faible Élevé

  • La localisation des data centers : Un data center alimenté par une électricité bas-carbone (nucléaire, renouvelable) émet beaucoup moins qu'un data center alimenté au charbon ou au gaz.

  • L'architecture technique : Les modèles hébergés sur des infrastructures optimisées (processeur (CPU) vs carte graphique (GPU), refroidissement efficace, virtualisation) consomment moins que des architectures anciennes ou mal dimensionnées.

Notre conseil :  Si vous choisissez un fournisseur d'IA, interrogez-le sur la localisation de ses data centers et le mix énergétique utilisé.

Le problème de la transparence : peu de données fiables sur l'impact de l'IA

L'industrie de l'IA reste en 2025 encore très opaque, rendant difficile toute évaluation précise de son impact environnemental. 

À part Mistral IA, qui a réalisé la 1ère ACV d’un modèle IA (nous y reviendrons plus bas), aucun autre acteur du marché n’a encore enclenché le pas. Cela pose la question d’une éventuelle réglementation qui viserait à obliger ces dernières à réaliser une ACV. Voici cependant une donnée que l’on voit souvent.

"Une requête ChatGPT = 10 recherches Google". 

Voilà un chiffre qui circule partout depuis 2023 et apparaît dans la grande majorité des articles sur l'empreinte carbone de l'IA. Le problème est que, comme le souligne le média Bonpote, il repose sur des bases fragiles.

Une publication scientifique récente a retracé l'origine de cette statistique : elle provient d'une remarque faite à la volée par John Hennessy (président d'Alphabet) lors d'une interview Reuters en 2023, où il estimait qu'une interaction avec une IA "coûtait probablement 10 fois plus" qu'une recherche Google classique.

Trois faiblesses majeures :

  1. John Hennessy n'a aucun lien avec OpenAI ou Microsoft (qui fournit l'infrastructure de ChatGPT) : son commentaire repose sur des informations de seconde main.

  1. Le chiffre de référence de Google date de 2009 (0,3 Wh par recherche)

  1. Aucune donnée vérifiable : les géants de l'IA (OpenAI, Microsoft, Google) ne communiquent quasiment aucune donnée fiable sur la consommation réelle de leurs modèles.

Pourquoi l'empreinte carbone de l'IA devient un enjeu stratégique pour les entreprises ?

Explosion des usages IA dans les organisations

Maintenant, parlons des répercussions concrètes pour les entreprises. 

Selon notre dernière étude WeCount menée auprès de plus de 500 professionnels RSE, 63% des entreprises ont déjà déployé des outils d'IA, et seulement 8% affirment ne pas vouloir s'y engager. 

Cette adoption massive s'accompagne d'une multiplication des usages :

  • Assistants virtuels (rédaction, traduction, synthèse) ;

  • Génération d'images et de vidéos (marketing, communication) ;

  • Analyse de données (reporting, aide à la décision) ;

  • Automatisation de processus (RH, finance, logistique).

Si l’usage de l’IA devient la norme, le cadrage du sujet laisse quant à lui souvent à désirer. 

Selon l’étude “IA & RSE : où en sont les organisations en 2026”, 75 % des responsables RSE ne sont pas ou peu impliqués dans les choix liés au déploiement de ces outils. Pire, 64% souhaitent mesurer l'impact carbone de l'IA… Mais ne savent pas comment procéder. Cette difficulté s'explique par le manque de standards méthodologiques et l'opacité des fournisseurs de modèles sur leurs données d'entraînement et d'infrastructure.

Et cela crée un risque majeur : le déploiement d'outils énergivores sans garde-fous environnementaux ou éthiques. Cette mise à l'écart empêche d'intégrer les critères de sobriété dès la conception, reléguant la RSE à un rôle de "pompier" qui doit gérer les impacts a posteriori.

Notre conseil : Lors de notre webinaire “IA : mode d’emploi pour les responsables RSE”, nous vous parlions d’ailleurs du cas inspirant de l’entreprise Content Square. Cette dernière a ainsi choisi d’intégrer un disclaimer dans chacune de leur présentation autour de l’IA. Une bonne pratique simple et efficace pour sensibiliser les équipes aux enjeux de l’IA.

Risque réputationnel : greenwashing vs greenhushing

L'IA crée un dilemme de communication pour les entreprises engagées :

  • Scénario 1 (le greenwashing involontaire) : Une entreprise communique sur ses engagements climat, mais déploie massivement l'IA sans mesurer son impact. Elle peut alors se faire attaquer sur l'incohérence entre son discours RSE et ses pratiques numériques.

  • Scénario 2 (le greenhushing par peur) : Une entreprise utilise l'IA de manière sobre (par exemple, pour automatiser de la traduction ou du sous-titrage, avec un impact carbone très faible), mais choisit de ne pas en parler par peur d'être critiquée. Dans ce cas, elle se prive d'un levier de transparence et de pédagogie.

Notre conseil : Mesurer, documenter, communiquer. Expliquez pourquoi vous utilisez l'IA, pour quels usages, avec quel impact, et quelles mesures de sobriété vous avez mises en place.

Pression réglementaire : CSRD, reporting ESG, numérique responsable

La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose aux entreprises de mesurer et déclarer l'impact carbone de leur numérique, dont l'IA.

Concrètement, cela signifie :

  • Intégrer l'IA dans votre bilan carbone ;

  • Documenter vos usages et leur impact ;

  • Expliquer votre stratégie de réduction.

Les entreprises qui ne mesurent pas l'empreinte carbone de leur IA s'exposent à :

  • Des audits défavorables ;

  • Une perte de crédibilité auprès des investisseurs ESG ;

  • Un désavantage concurrentiel face aux entreprises transparentes.

Coûts énergétiques et performance opérationnelle

Au-delà de l'impact climatique, l'IA a un coût énergétique qui pèse directement sur la rentabilité :

  • Factures en hausse : Plus vous utilisez l'IA, plus vos coûts d'infrastructure augmentent. Par ailleurs, les grandes plateformes d'IA (OpenAI, Google, Microsoft) facturent à l'usage. Une utilisation non maîtrisée peut faire exploser les budgets ;

  • Effet rebond : Le gain de productivité promis par l'IA peut être annulé par une surconsommation d'usages non essentiels.

Notre conseil : Avant de déployer une IA, challengez le besoin réel. Est-ce vraiment nécessaire ? Une automatisation classique ne suffirait-elle pas ? Ensuite, posez des questions à votre DSI ou aux personnes qui travaillent sur les sujets de déploiement. Ils vous aideront à choisir un modèle et une architecture optimisée.

Comment réduire l’empreinte carbone de l’IA ?

Sobriété numérique et IA : 8 bonnes pratiques à retenir

Pour réduire l'empreinte carbone liée à l’usage de l’IA au sein de votre entreprise, notre équipe a compilé 8 pistes alliant sobriété à la source et sobriété d’usage, mesure et gouvernance technique, réallocation du temps humain : 

  1. Questionner l'utilité réelle : Avant tout déploiement, demandez-vous si l'IA est strictement nécessaire ou si le besoin peut être résolu par une automatisation classique ou une interaction humaine.

  1. Être radical sur les usages non essentiels : Découragez fortement la génération d'images et de vidéos pour les équipes dont ce n'est pas le cœur de métier, car leur coût énergétique est 100 à 10 000 fois supérieur à celui d'une requête de texte. Mettez leur par exemple une banque d'images et de vidéos à disposition. 

  1. Mettre en place des garde-fous : Intégrez des "disclaimers" dans les outils pour sensibiliser les collaborateurs au coût carbone de chaque requête au moment où ils l'utilisent.


    C’est par exemple ce que fait Contentsquare (comme nous l’évoquions plus haut) avec son AI Disclaimer intégré à chaque présentation interne pour donner des ordres de grandeur concrets sur les impacts de l’IA, par exemple en comparant la consommation électrique de certains data centers à celle de millions de foyers. Cette action a suscité une prise de conscience collective et des collaborateurs ont ainsi pris l’initiative de développer un agent interne Dust “Small AI Tasks”, basé sur Gemini Flash Lite, conçu pour répondre aux petites requêtes du quotidien avec une consommation énergétique minimale. Il fait aujourd’hui partie des outils les plus utilisés en interne.

  1. Utiliser des calculateurs tiers : Recourez à des outils comme EcoLogits ou Vittascience pour estimer l'impact carbone et privilégier les modèles dits "frugaux". Vous pouvez également utiliser le site comparia.beta.gouv qui permet de découvrir en direct l’impact environnemental de vos discussions selon le modèle d’IA utilisé.

  1. Évaluer le ROI environnemental : Ne mesurez pas seulement le gain de temps, comparez-le systématiquement à l'impact carbone généré, en restant vigilant à l’effet rebond.

  1. Optimiser l'architecture : Dialoguez avec les équipes techniques pour choisir des modèles paramétrables et des centres de données situés dans des pays avec un mix électrique bas-carbone (comme la France par exemple).

  1. Préserver l'autonomie intellectuelle : Assurez-vous que l'entreprise ne devienne pas dépendante d'une "boîte noire". Il est impératif de garder la main sur la méthodologie et de pouvoir effectuer les tâches sans IA si nécessaire pour éviter toute perte de compétence.

  1. Automatiser pour libérer : Utilisez l'IA pour les tâches chronophages à faible valeur ajoutée (collecte de données, pré-rédaction de rapports, notes de réunions, etc) afin de réinvestir le temps gagné dans la conduite du changement et la stratégie, là où l'intelligence humaine est irremplaçable.

L’objectif à terme, c’est d’inverser cette pyramide et d’avoir ainsi plus de temps pour le déploiement de votre plan d’actions. 

Côté collecte et reporting, vous garderez une expertise et vos travaux seront également plus fiables et solides pour construire votre plan de transition. Il s’agit donc de vous permettre d’avoir plus de temps sur le terrain avec les équipes, et moins dans les bureaux en train de faire du reporting

C’est d’ailleurs également vrai pour vos parties prenantes : vous pourrez moins les solliciter pour de la collecte de données ou du reporting mais la mise en oeuvre d’actions concrètes et de collaboration

4 étapes pour cadrer un projet IA de manière responsable

Voici la méthode en 4 étapes recommandée par WeCount pour auditer tout nouveau projet IA avant son déploiement :

Étape 1 : Challenger le besoin (Sobriété à la source)

Avant de parler technologie, questionnez l'utilité réelle du projet.

Questions clés à poser :

  • A-t-on vraiment besoin d'IA générative pour répondre à ce besoin ?

  • Une automatisation classique ne suffirait-elle pas ?

  • Le gain attendu justifie-t-il l'impact carbone ?

L'IA ne doit être déployée que si elle est strictement nécessaire. Beaucoup de besoins peuvent être résolus par des solutions plus sobres (automatisation simple, FAQ documentée, processus optimisé).

Étape 2 : Viser la juste mesure (Sobriété d'usage)

Si l'IA est justifiée, construisez des architectures hybrides où l'IA n'est sollicitée que pour les tâches complexes, et non par défaut pour l'intégralité du processus.

Exemples d'architectures hybrides :

  • Utiliser une recherche classique pour les requêtes simples, et l'IA uniquement pour les cas complexes ;

  • Limiter l'IA générative aux étapes où elle apporte une vraie valeur ajoutée ;

  • Combiner automatisation classique + IA ponctuelle.

Étape 3 : Évaluer le ROI environnemental

Ne regardez pas uniquement le gain de temps ou de productivité. Comparez-le à l'impact carbone, sans oublier les risques d'effets rebonds.

Comment évaluer le ROI environnemental ?

  • Utilisez des calculateurs tiers comme EcoLogits ou Vittascience pour estimer l'impact ;

  • Comparez le coût carbone à l'alternative (faire la tâche manuellement, utiliser un outil classique) ;

  • Évaluez le risque d'effet rebond : le temps gagné sera-t-il réinvesti utilement ou générera-t-il de nouveaux usages énergivores ?

 Sortez du flou. Mesurez avant de déployer, même avec des ordres de grandeur.

Étape 4 : Optimiser l'architecture (Dialogue avec la DSI)

Si le projet est validé, il doit être éco-conçu. Interrogez vos équipes techniques sur les choix d'architecture et de modèles.

Questions à poser à votre DSI ou aux personnes en charge du déploiement :

  • À quel point a-t-on la main sur les modèles ?

  • Où les capacités sont-elles allouées (pays et mix électrique) ?

  • Les modèles sont-ils paramétrables ?

  • De quelle performance avons-nous réellement besoin ?

  • Quelle est l'évaluation du coût de l'entraînement ?

  • Peut-on utiliser des modèles plus légers (quantization, pruning) ?

Challenger les choix techniques pour s'assurer que l'architecture est la plus sobre possible tout en répondant au besoin.

Cette méthode en 4 étapes permet aux responsables RSE de reprendre la main sur les projets IA et de s'assurer qu'ils sont alignés avec la stratégie climat de l'entreprise. Ne subissez plus l'IA, pilotez-la ! 

Où intégrer l’IA dans un bilan carbone ?

La majorité des entreprises utilisent des solutions IA via des services cloud (OpenAI, Microsoft, Google, etc.). Dans ce cas, c’est le scope 3 qui entre en jeu puisque les émissions associées relèvent des “achats de services” ou des “services numériques externalisés”.

Si l’entreprise exploite ses propres infrastructures, cela rentre alors plutôt dans le scope 2, dans la partie “consommation électrique des serveurs internes” ou dans des cas plus rares au scope 1 en lien avec les “émissions directes liées à l’énergie si des installations spécifiques sont opérées”.

Le véritable enjeu n’est pas le classement technique dans un scope, mais la capacité à :

  • Identifier ces émissions ;

  • Documenter les hypothèses de calcul ;

  • Les intégrer dans une trajectoire de réduction des émissions.

Qu’entend-on par IA responsable et quels enjeux ?

Nous l’avons vu, l'IA n'est pas écologique pour une raison simple : chaque requête, chaque entraînement de modèle, chaque génération d'image mobilise des infrastructures énergivores qui consomment électricité, eau et métaux rares à grande échelle. 

Heureusement, il est possible de tendre vers un modèle plus sobre. Explications.

Zoom sur la notion d'IA responsable

L'IA responsable ne se limite pas à l'éthique ou à la transparence algorithmique. Elle intègre aussi la sobriété environnementale

Une IA responsable, c'est :

  • Une IA utile : elle répond à un besoin réel, pas à un effet de mode ;

  • Une IA sobre : elle utilise le modèle le plus léger possible pour le besoin ;

  • Une IA transparente : l'entreprise mesure et communique son impact ;

  • Une IA durable : elle s'inscrit dans une stratégie climat à long terme.

Rôle des éditeurs, hyperscalers et entreprises

La responsabilité est partagée. 

Les éditeurs d'IA (OpenAI, Google, Anthropic, etc.) doivent :

  • Optimiser leurs infrastructures ;

  • Proposer des modèles sobres en option ;

Les hyperscalers (Microsoft, AWS, Google Cloud), donc les datacenters à grande échelle spécialisés dans la fourniture de grandes quantités de puissance de calcul et de capacité de stockage aux organisations et aux individus du monde entier, doivent :

  • Utiliser des énergies renouvelables ;

  • Optimiser le refroidissement et la consommation ;

  • Offrir de la transparence sur le mix énergétique.

Nous l’avons évoqué dans une partie précédente, pour tendre vers une IA plus durable, les entreprises utilisatrices doivent :

  1. Adopter une stratégie de "Sobriété à la source" ;

  1. Intégrer une gouvernance RSE dès la conception :

  1. Pratiquer la "Sobriété d'usage" au quotidien ;

  1. Responsabiliser et Mesurer l'impact ;

  1. Inverser la pyramide du temps humain.

Vers des standards et référentiels

Plusieurs initiatives émergent pour standardiser la mesure de l'empreinte carbone de l'IA :

  • ISO 14001 : Intégration progressive de l'IA dans les normes environnementales

  • Calculateurs tiers : EcoLogits, Vittascience, Carbon Tracker, etc.

  • AI Act européen : Impose des obligations de transparence sur l'impact environnemental des IA à haut risque

Ce que dit la réglementation au sujet de l’empreinte carbone IA

La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) n’impose pas explicitement de publier “l’empreinte carbone de l’IA” en tant que telle. En revanche, elle oblige les entreprises soumises à déclarer l’ensemble de leurs émissions significatives de gaz à effet de serre, dans le cadre des normes ESRS, notamment ESRS E1 (liée changement climatique).

Or, les usages numériques, y compris l’IA, entrent pleinement dans ce périmètre lorsqu’ils représentent un poste d’émission matériel. Concrètement, cela signifie que :

  • Les émissions liées aux services cloud et aux outils IA utilisés par l’entreprise doivent être intégrées dans le bilan carbone (généralement en scope 3) ;

  • Si l’entreprise développe ou héberge ses propres modèles, les consommations électriques associées relèvent des scopes 1 et 2 ;

  • Dans une logique de double matérialité, l’entreprise doit évaluer si ses usages numériques constituent un enjeu matériel du point de vue climat.

L’IA ne fait donc pas l’objet d’une obligation spécifique. L’analyse de son impact doit en revanche être intégrée dans le reporting lié à la CSRD. 

Comment WeCount peut vous aider dans la mesure de votre empreinte carbone IA ?

Chez WeCount, nous accompagnons les entreprises dans la mesure et la réduction de leur empreinte carbone, y compris celle liée à l'IA. 

Notre approche combine : 

  1. Le programme Promotion Climat : cet accompagnement se déroule sur 4 mois et combine accompagnement individuel par un expert, formation des équipes et ateliers collectifs réunissant plusieurs entreprises. Ce format permet de structurer la démarche en interne en définissant une trajectoire de réduction crédible et ambitieuse, tout en bénéficiant des retours d’expérience et de la dynamique d’un groupe confronté aux mêmes enjeux.

  1. Une plateforme de reporting carbone intuitive : cette dernière vous permet de faire gagner du temps à vos équipes RSE dans la collecte de données et le reporting, le passage à l’action et le pilotage de votre stratégie climat. La plateforme dispose par exemple de modules de recommandation automatique des facteurs d’émission selon les données importées, de complétion automatique des données CSRD/VSME via vos documents (ex : DPEF) mais aussi et surtout de suggestions d’actions de réduction adaptées à vos enjeux.

👉 Envie d’en savoir plus ? Échangez avec un expert WeCount.

FAQ : Empreinte carbone IA

Quelle est l'empreinte carbone de l'intelligence artificielle ?

L'empreinte carbone de l'IA regroupe les émissions générées tout au long de son cycle de vie : entraînement des modèles, usage quotidien (inférence), consommation des data centers et fabrication du matériel. Selon une étude Carbone 4, plus de 85% des émissions proviennent de la consommation électrique des data centers

Quelle est l'empreinte carbone de ChatGPT ?

Selon le site de la Délégation Régionale Académique au Numérique Éducatif, une requête d’environ 400 tokens sur ChatGPT / GPT-4o mini (modèle à 35 milliards de paramètres) consomme environ 2 Wh d’électricité (ou 2 g de CO2 rejeté), soit plus de 6 fois la consommation d’une recherche Google classique estimée à 0,3 Wh. Pour ce qui est de l’impact global de l’outil ChatGPT, aucun rapport n’a été publié à ce jour par l’entreprise.

Comment intégrer l'IA dans un bilan carbone entreprise ?

Plusieurs pistes. Il est possible de cartographier et quantifier les usages de l'IA par typologie et par équipe. Ensuite, pour chaque usage, l’enjeu est d’indiquer le type de modèle utilisé et la localisation des serveurs où le modèle tourne. Enfin, il s’agit d’associer à chaque usage identifié un facteur d'émission.

Quels leviers pour réduire l'impact carbone de l'IA ?

Quelques exemples de bonnes pratiques pour réduire l'empreinte carbone de vos projets IA : questionnez l'utilité de l'IA avant tout déploiement, limitez les usages non essentiels (images/vidéos), mesurez le ROI environnemental, utilisez un doc disclaimer en interne, optimisez l'architecture technique (modèles frugaux, data centers bas-carbone). 

L'IA est-elle compatible avec une stratégie climat ambitieuse ?

Si l'IA s'impose massivement, la fonction RSE reste encore trop souvent spectatrice : 75 % des responsables ne sont pas impliqués ou peu consultés dans les choix (étude WeCount). Pourtant, sans leur expertise, l'entreprise risque la « boîte noire » environnementale et l'effet rebond. Votre rôle est de transformer cette contrainte technologique en levier de transition.

Consommation d’eau de l’IA, un impact méconnu ? 

Selon une étude de Cell Press, l'empreinte hydrique des systèmes d'intelligence artificielle pourrait représenter entre 312,5 et 764,6 milliards de litres d'eau pour l'année 2025. C’est plus que la consommation mondiale annuelle d’eau en bouteille. Un poids considérable qui souligne l’importance de la prise en compte de l’ensemble des impacts de l’IA sur la planète.

Quelle est l’empreinte carbone d’une image générée par IA ? 

Selon une récente étude, elle serait d’environ 100 à 500gCO2e, soit 60 fois plus qu'une requête texte.

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Margot PIAU MOREAU

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