De plus en plus d’entreprises souhaitent se lancer dans le calcul du bilan carbone. Outre la comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre, le bilan carbone permet de définir un plan de décarbonation précis et détaillé.
Mais par où commencer et comment le réaliser ? Quelles données collecter et comment les analyser ? Quels types d’actions de réduction des émissions mettre en place ?
Nous vous proposons dans cet article de répondre à toutes vos questions et de vous présenter les 8 grandes étapes pour réaliser votre bilan carbone en entreprise.
Définir et cadrer ce qu'est un bilan carbone
Pour bien comprendre les étapes, commençons par définir ce qu’est un bilan carbone et les méthodologies existantes.
Qu’est-ce qu’un bilan carbone ?
Un bilan carbone entreprise est un diagnostic qui mesure toutes les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à vos activités. Ces émissions sont traduites en équivalent CO₂ pour pouvoir être comparées et suivies dans le temps.
Différentes méthodologies peuvent être utilisées :
Le BEGES réglementaire est défini par le Code de l’environnement, issu de la loi Grenelle II. Il encadre l’obligation pour certaines organisations de mesurer et publier leurs émissions de GES, en s’appuyant sur des référentiels reconnus comme la norme ISO 14064-1.
Le GHG Protocol est la méthode de référence à l’international. Il définit un cadre commun pour mesurer et publier les émissions de GES des entreprises. D’ailleurs, un engagement auprès de la SBTi nécessite obligatoirement de s’appuyer sur ce référentiel.
La méthode Bilan Carbone® est la référence française. Développée par l’ADEME et portée par l’ABC (l’Association Bilan Carbone), elle se distingue par une approche qui n’est pas seulement tournée vers le calcul mais aussi vers une démarche active, structurée et ambitieuse.
Pour mieux comprendre leurs différences et savoir laquelle choisir, nous avons consacré un article complet à ce sujet : GHG Protocol vs BEGES vs Bilan Carbone.
Quels gaz à effet de serre sont mesurés ?
Un bilan carbone ne se limite pas au dioxyde de carbone. Il prend en compte l’ensemble des gaz couverts par le protocole de Kyoto, notamment :
le dioxyde de carbone (CO₂),
le méthane (CH₄),
le protoxyde d’azote (N₂O),
les gaz fluorés (HFC, PFC, SF₆, NF₃).
Les émissions de GES sont répartis en différentes catégories selon les différentes méthodologies. Le GHG Protocol par exemple, parle de scopes :
Scope 1 : émissions directes de vos installations et véhicules.
Scope 2 : émissions indirectes liées à la production d’énergie achetée (électricité, chaleur, vapeur).
Scope 3 : autres émissions indirectes tout au long de la chaîne de valeur (achats, transport, déplacements, usage et fin de vie des produits…).
Cette vision élargie permet de cartographier avec précision l’empreinte carbone d’une organisation. Mais faut-il réaliser ce bilan de manière volontaire ou existe-t-il des obligations légales ?
Est-ce obligatoire ?
Certaines organisations doivent réaliser un bilan réglementaire des émissions de gaz à effet de serre (BEGES réglementaire), tel que défini par le Code de l’environnement.
Cette obligation concerne :
les entreprises de plus de 500 salarié·es en métropole,
celles de plus de 250 salarié·es en outre-mer,
les collectivités de plus de 50 000 habitant·es,
les établissements publics de plus de 250 agents
Pour répondre à cette obligation, une entreprise peut s’appuyer sur différentes méthodologies (Bilan Carbone®, GHG Protocol…).
En revanche, le reporting doit toujours respecter le format réglementaire fixé par l’ADEME. Autrement dit, vous pouvez utiliser d’autres référentiels pour vos calculs internes, mais le rendu final doit être conforme au modèle BEGES officiel publié sur la plateforme de l’ADEME.
Le GHG Protocol est incontournable à l’international et constitue la référence pour la CSRD ou un engagement auprès de la SBTi. Il définit les principes à suivre pour calculer et publier ses émissions selon des standards reconnus mondialement.
En résumé :
Le BEGES est obligatoire pour certaines structures1, et le reporting doit impérativement respecter le format réglementaire de l’ADEME.
Le Bilan Carbone® est volontaire, mais reste la méthode française la plus complète pour construire une stratégie climat ambitieuse.
Le GHG Protocol est incontournable à l’international et pour la conformité CSRD, SBTi, mais il doit être adapté pour répondre aux obligations françaises.
Pourquoi réaliser un bilan carbone ?
Même lorsqu’il n’est pas obligatoire, un bilan carbone présente de nombreux bénéfices :
anticiper la réglementation et limiter les risques ;
identifier les postes les plus émetteurs pour agir efficacement ;
renforcer son image de marque et sa transparence ;
créer un avantage concurrentiel ;
réduire ses coûts en optimisant ses consommations et achats ;
mobiliser ses équipes et ses partenaires autour d’un objectif commun.
Quelles aides pour financer un bilan carbone ?
Réaliser un bilan carbone représente un investissement, mais plusieurs dispositifs publics peuvent en réduire le coût.
Le dispositif national Diag Décarbon’Action, porté par Bpifrance et l’ADEME, propose une subvention de 40 % sur un coût forfaitaire de 10 000 € HT, soit 6 000 € HT de reste à charge pour les PME et ETI éligibles (source Bpifrance).
À cela, peuvent s’ajouter des aides régionales, dont les conditions varient selon les territoires. Nous vous donnons 2 exemples ici et listons d’autres subventions pour le bilan carbone dans cet article, mais renseignez-vous auprès de votre région :
En région PACA, l’aide peut atteindre 3 000 € via le dispositif CEDRE → voir le dispositif de financement
En région Bretagne, le programme AGRI Bas carbone soutient les exploitations agricoles dans la réduction de leurs émissions → voir le dispositif de financement
Chez WeCount, nous sommes référencés pour le Diag Décarbon’Action et nous vous accompagnons sur la vérification de votre éligibilité, le choix du bon dispositif, le dépôt du dossier et la réalisation du diagnostic.
👉 Nous facilitons vos démarches de financement, du choix du dispositif au suivi du plan d’action. Contactez notre équipe d’expert.
Une fois la question du financement éclaircie, passons maintenant au concret pour réaliser son bilan carbone en tant qu’entreprise.
Etapes pour réaliser le bilan carbone de votre entreprise
Étape 1: faire l’état des lieux et s’organiser
Détaillons maintenant l'ensemble des 7 étapes pour réaliser votre bilan carbone.
Avant de calculer un bilan carbone entreprise, il faut savoir d’où l’on part. Un diagnostic initial permet d’évaluer les actions déjà menées dans le cadre de la RSE et de repérer les marges de progression. Cette analyse donne une vision claire des forces, des faiblesses et des priorités.
L’étape suivante consiste à identifier et à cartographier vos parties prenantes :
Fournisseurs ;
Salariés ;
Clients ;
Pouvoirs publics ;
etc.
Chacun influence vos émissions et peut contribuer à leur réduction. Cette cartographie permet de hiérarchiser les acteurs selon leur niveau d’influence et de construire un dialogue adapté.
Certaines organisations, comme la SNCF ci-dessous, mènent déjà ce type d’échanges structurés pour orienter leurs choix stratégiques.
exemple d'une cartographie des parties prenantes, source : ruptureengagee.com
La réussite du bilan repose aussi sur la constitution d’une équipe projet. Nommer un·e référent·e climat et attribuer des responsabilités précises favorise la coordination. Se former ou s’appuyer sur une expertise externe est souvent nécessaire pour maîtriser les aspects réglementaires et techniques.
Enfin, le choix des outils est déterminant. Vous pouvez travailler à l’aide d’un fichier Excel, y compris celui mis à disposition par l’ABC, mais cette approche reste vite limitée. De plus en plus d’organisations choisissent un logiciel de comptabilité carbone. Ces plateformes centralisent vos données, automatisent les calculs et facilitent le suivi dans la durée. Vous trouverez un guide complet sur ce sujet dans notre article dédié au choix d’un logiciel de bilan carbone.
Comment WeCount peut vous aider à ce stade ? Mettre en place un bilan carbone demande méthode et outils adaptés.
Nous proposons d’un côté nos programmes collectifs qui offrent un cadre structuré pour réaliser votre bilan carbone en 4 mois, bénéficier de l’appui de nos consultant·es expert·es de votre secteur et l’émulation d’une dizaine d’autres organisations engagées dans la même démarche.
L’objectif est de vous donner les compétences nécessaires pour piloter votre trajectoire carbone sur le long terme et en toute autonomie.
De l’autre, notre plateforme de comptabilité carbone centralise toutes vos données, automatise les calculs et vous aide à suivre vos émissions dans le temps en cohérence avec vos obligations réglementaires et vos objectifs climat.
👉 Envie d’échanger avec un·e expert·e WeCount pour définir la meilleure approche pour votre entreprise ?Contactez-nous.
Étape 2 : choisir la méthodologie adaptée à son contexte
Le choix de la méthodologie conditionne la fiabilité de votre bilan carbone entreprise et sa conformité réglementaire. Elle doit être cohérente avec votre organisation, vos obligations et vos marchés.
En France, le BEGES (bilan d’émissions de gaz à effet de serre) définit le cadre officiel. Mis en place par la loi Grenelle II en 2010, il fixe les règles à suivre pour produire un bilan conforme. S’appuyer sur la méthode Bilan Carbone® permet de répondre à ces exigences et d’être aligné sur la norme ISO 14064-1.
À l’international, le GHG Protocol est la référence. Il sert de base à de nombreuses réglementations et s’impose aux entreprises opérant sur plusieurs marchés. Il est aussi utilisé dans les démarches validées par la SBTi (Science Based Targets initiative) pour fixer des objectifs de réduction compatibles avec l’Accord de Paris.
💡Bon à savoir : le GHG Protocol est la méthodologie recommandée pour le marché international et il est obligatoire si vous voulez être conforme à la CSRD et s'engager dans la démarche SBTi. En France, la méthode Bilan Carbone® reste la plus utilisée et la plus adaptée aux pratiques locales.
Étape 3 : définir les périmètres du bilan carbone
L’objectif est de savoir exactement ce que l’on mesure et où placer le curseur.
La méthode officielle de calcul des émissions de gaz à effet de serre (GES) recommande de s’appuyer sur 3 périmètres essentiels.
Le périmètre organisationnel
Tout d’abord, définissez les différents sites et bâtiments qui constituent votre entreprise.
Quel est le SIREN de la société dont vous souhaitez faire le bilan carbone ?
Quels sont les différents SIRETs qui en dépendent ?
Quels sont les équipements et installations associés à chaque site ?
💡Bon à savoir : Appuyez-vous sur l’organigramme de votre entreprise pour vous y retrouver plus facilement.
Le périmètre opérationnel
Le périmètre opérationnel regroupe toutes les émissions générées par l’activité de votre organisation. Pour mieux comprendre, on distingue différents scopes :
Les émissions directes (scope 1), celles issues de sources que vous possédez ou contrôlez, comme la combustion d’énergie sur vos sites ou votre flotte de véhicules.
Les émissions indirectes (scopes 2 et 3), qui concernent l’électricité achetée, les déplacements professionnels, les achats de biens et services, ou encore la fin de vie des produits
Ce découpage en scopes provient du GHG Protocol, la référence internationale en matière de comptabilité carbone. Pour en savoir plus, nous avons consacré un article sur les scopes 1, 2 et 3 du bilan carbone.
En France, la réglementation BEGES reprend ce cadre mais le traduit en six postes obligatoires dans le reporting, tels que définis dans la nomenclature officielle des postes d’émission (émissions directes, émissions indirectes liées à l’énergie, émissions indirectes liées au transport, émissions liées aux produits achetés, émissions liés aux produits vendues, autres émissions).
Quelle que soit la méthode utilisée, l’enjeu reste de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, de vos fournisseurs et matières premières jusqu’à l’utilisation et la fin de vie de vos produits.
Chez WeCount, nous savons que cette complexité peut vite décourager. C’est pourquoi notre plateforme de comptabilité carbone simplifie la lecture de vos résultats.
Catégorisation du bilan carbone sur la plateforme WeCount
Nous séparons vos émissions en deux grandes familles :
Le scope 1/2 cœur, qui regroupe toutes les émissions directes et indirectes liées à l’énergie consommée par votre entreprise (ex: énergies des bâtiments et machines, climatisation, véhicules opérés par l’entreprise…)
Le scope 3, divisé en deux sous-catégories : les émissions amont (ex: fret amont, achats matières premières et produits, déplacement domicile-travail…) et les émissions aval (ex: déplacement des clients, usage des produits, fin de vie…).
Cette approche rend vos résultats plus lisibles et vous aide à identifier rapidement vos leviers d’action prioritaires.
Une fois les postes d’émissions identifiés et classés selon les différents scopes, établissez le périmètre de déclaration.
Pour ça, posez-vous la question suivante : quelles sont les émissions du périmètre opérationnel qui doivent être comptabilisées ?
Pour les définir, identifiez les émissions directes et indirectes les plus significatives.
💡 Bon à savoir : Par significatif, on entend ce qui représenta une part non négligeable des émissions. C’est aussi ce sur quoi on agira en priorité pour réduire nos émissions lorsque c’est possible. On se concentre d’abord sur les émissions qui pèsent le plus sur le bilan carbone !
Étape 4 : collecter les données nécessaires au calcul de votre bilan carbone entreprise
Quelles données collecter ?
La réussite d’un bilan carbone dépend en partie de la qualité des informations.
Vous ne pouvez pas avancer sans savoir précisément d’où viennent vos émissions. C’est pourquoi il est essentiel d’identifier dès le départ les données à recueillir, qu’elles soient directement issues de vos activités ou fournies par vos partenaires.
Tout d’abord, identifiez :
Les données primaires, directement liées à votre organisation (nombre de kilomètres parcourus, kWh, quantité de matières premières utilisées, etc.) ;
Et secondaires, à recueillir chez vos partenaires et clients, par exemple les consommations d’énergie de vos sous-traitants, les données de transport fournies par vos prestataires logistiques, ou encore l’empreinte carbone des matières premières communiquée par vos fournisseurs.
Chaque donnée est rattachée à un site d’activité et à un scope (ou catégorie). Cela vous rappelle quelque chose ? C’est normal, ces données doivent s’intégrer dans chacun des périmètres définis lors du cadrage du projet.
Prenons l’exemple d’une entreprise fabriquant des produits informatiques. Ici, la production d’équipements informatiques a un fort impact sur les émissions de GES, notamment lors de leur fabrication.
Aussi, prenez en compte les émissions liées à chaque étape de leur cycle de vie :
Chaque composant qui constitue l’ordinateur ou le téléphone (carte mère, carte graphique, écran, etc.) ;
Leur transport jusqu’à votre entreprise lors de l’achat ;
L’assemblage des composants ;
Leur durée d’utilisation au sein de votre entreprise et la consommation d’électricité associée ;
Leur fin de vie, etc.
Vous êtes plutôt dans un établissement d’enseignement supérieur ?
Pour collecter toutes les données dont vous avez besoin, vous pouvez :
Faire une enquête mobilité domicile-travail ;
Rassembler les factures associées au chauffage des locaux et à la consommation d’eau ;
Recenser les ingrédients utilisés pour les repas proposés aux enseignants et étudiants, etc.
💻 Besoin de retours d’expérience ? Après avoir accompagné plus de 700 entreprises dans la réalisation de leur bilan carbone, nous savons que la collecte de données est considérée comme une des tâches les plus chronophages.
C’est pour partager de bonnes pratiques que WeCount organise mensuellement des webinaires avec des professionnels RSE de tous secteurs (santé, btp, agroalimentaire, tourisme, numérique, enseignement supérieur, textile…). Retrouvez le replay retour terrain de plus de 60 professionnels (Haulotte, Promod, la Sorbonne Université, Hardis Group, l’Union des Industries Textiles, Sumi Agro, Festival OFF Avignon, AstraZeneca, Parc Asterix…) ou inscrivez-vous à notre newsletter pour ne pas manquer les prochains témoignages !
Étape 5 : calculer les émissions de GES
Une fois vos données collectées, il faut les convertir en équivalent d’émissions de CO₂ (CO₂e).
Le principe est le suivant : Donnée d’activité × Facteur d’émission = Émissions de GES.
Chaque type de donnée (litres de carburant, kWh d’électricité, tonnes de déchets, etc.) est associé à un facteur d’émission spécifique. Cette dernière information est publiée par des bases de référence (Base Empreinte®, Agribalyse®, INIES, ecoinvent® etc. ).
Exemple issu d’Agribalyse® : 1 kg de bœuf = 35 kg de CO², 1 kg de poulet = 9 kg de CO²…
En pratique, vos données ne se présentent pas toujours sous la même forme. Selon les cas, vous disposez soit de données physiques (litres, kWh, tonnes…), soit uniquement de données financières (montants dépensés en €). C’est ce qui détermine l’approche de calcul à retenir que nous développons ci-dessous.
Adapter l’approche de calcul selon les données disponibles
Deux façons d’estimer vos émissions existent. Ce choix est très important car il va déterminer la fiabilité de vos calculs, des résultats et in fine, l’efficacité de votre plan de réduction des émissions de GES.
L’approche par flux physique est la plus idéale. Elle s’appuie sur des données tangibles : kWh d’électricité consommée, mètres cubes de gaz, kilos de matières premières, tonnes de déchets… C’est la méthode la plus précise et celle recommandée par l’ADEME.
Si vous n’avez que les données de dépenses, vous choisirez l’approche monétaire.
L’approche monétaire repose sur le montant dépensé pour un bien ou un service. Elle est utile lorsque les données physiques sont indisponibles, mais reste moins précise et ne couvre pas toujours tous les postes d’émissions.
Déterminer les incertitudes liées à chaque donnée
Les résultats obtenus comportent majoritairement une marge d’incertitude, car il s’agit d’estimations. Ces incertitudes dépendent du type de données collectées :
Une incertitude de 0 % est associée à une donnée physique définie à l’aide d’instruments de mesure très précis (avec une incertitude de mesure de 0 %). Cette situation est extrêmement rare.
À 5 %, l’incertitude de mesure de vos instruments est supérieure à 0 %. C’est le cas lorsque vous vous appuyez sur une facture ou un compteur (d’électricité, par exemple).
Dans le cas de données extrapolées, l’incertitude est de 30 %. Cela concerne les données secondaires dont l’unité a été convertie.
Si l’extrapolation a été estimée de manière approximative, appliquez une incertitude de 50 %.
Etape 6 : Analyser et suivre l’impact des données sur les GES
Analyser les données
L’analyse est un moment décisif dans un bilan carbone en entreprise. C’est elle qui transforme vos données en leviers d’action concrets. Une analyse mal conduite peut fausser tout le plan de réduction à venir.
L’objectif est de répondre à deux questions simples, mais essentielles :
Quels sont les principaux postes d’émissions ?
Quelles sont les activités concrètes qui les génèrent ?
Par exemple, si vos émissions majeures proviennent des achats de matières premières, il faut savoir précisément quels produits et quels fournisseurs sont concernés. Si elles viennent des trajets domicile-travail, il faut comprendre quelles distances sont parcourues et par quels moyens de transport.
Cette précision est clé : elle permet d’identifier les vrais leviers d’action, de proposer des solutions adaptées et de formuler des recommandations compréhensibles par tous, du comité de direction aux équipes opérationnelles.
Visualisation des postes d’émissions avec détail des activités associées
Suivre l’impact de chaque donnée sur les émissions de GES
Un suivi régulier est essentiel pour savoir si votre bilan carbone évolue dans la bonne direction. S’il révèle une baisse insuffisante des émissions, il vous permettra d’ajuster votre plan d’action en conséquence.
Cette démarche est itérative et de long terme : la transition bas-carbone s’inscrit souvent sur 20 ans ou plus, et chaque campagne de collecte permet d’affiner la précision du bilan.
Un défi partagé par de nombreux responsables RSE, comme Valentine Bourjot, Responsable RSE et Environnement chez Johnson & Johnson Innovative Medicine, qui souligne : “Nous avons un gros défi de fiabiliser le calcul des achats de services, en passant de facteurs d’émissions monétaires à physiques.”
Un suivi précis et régulier est aussi un levier fort pour valoriser vos progrès auprès de vos équipes, de vos clients et de vos partenaires financiers.
Suivi dans le temps des émissions par poste et par action
Étape 7 : réfléchir aux leviers d’action grâce aux résultats
Une fois vos émissions analysées, il est temps de transformer ce constat en véritable stratégie de décarbonation.
Le bilan carbone en entreprise n’a de sens que s’il débouche sur un plan d’action solide, aligné sur l’Accord de Paris et validé par des cadres méthodologiques reconnus comme la SBTi.
Pour avancer, il est essentiel de penser en termes de temporalité :
À court terme, vous pouvez agir vite en réduisant vos consommations énergétiques ou en favorisant des solutions de mobilité durable.
À moyen terme, l’enjeu est d’investir dans des changements plus structurants, comme le renouvellement de votre flotte de véhicules ou l’optimisation de vos process industriels.
A long terme, certaines entreprises vont jusqu’à transformer leur modèle économique en intégrant l’éco-conception, l’économie circulaire ou l’innovation bas-carbone. C’est le cas de groupes comme Decathlon qui repensent la conception de leurs produits, ou de Maisons & Cités qui engagent des projets collectifs de rénovation énergétique.
Toutes les actions n’ont évidemment pas le même poids.
Pour ne pas s’éparpiller, la méthode 80/20 est précieuse. Elle consiste à identifier les leviers qui, même minoritaires en nombre, produisent l’essentiel des réductions. Se concentrer sur les achats, la logistique ou l’efficacité énergétique permet ainsi de générer rapidement des gains mesurables.
Mais une trajectoire carbone ne peut pas reposer uniquement sur les efforts internes.
Les fournisseurs, les clients, les pouvoirs publics et parfois même les concurrents ont un rôle décisif à jouer. Les exemples collaboratifs se multiplient, comme chez Kiloutou qui implique ses partenaires pour généraliser l’usage de matériels bas-carbone. La réussite passe par cette dynamique collective qui démultiplie l’impact des actions engagées.
C’est à cette étape que nos programmes collectifs facilitent la prise de décision. Ils offrent un cadre structuré pour vous former, avancer aux côtés d’autres organisations et bénéficier de l’expertise de nos consultant·es sur votre secteur.
Notre plateforme carbone, elle, vous aide à simuler différents scénarios de réduction, à vérifier la compatibilité de vos objectifs avec la SBTi et la CSRD, et à piloter vos résultats dans la durée grâce à des tableaux de bord détaillés. Vous ne restez pas au stade du constat, vous disposez d’un outil concret pour transformer vos données en décisions stratégiques.
Si vous souhaitez échanger avec un de nos experts sur les enjeux de transition bas carbone de votre entreprise, en apprendre plus sur nos programmes ou notre plateforme, contactez-nous ici.
Étape 8 : embarquer les parties prenantes
Un bilan carbone entreprise prend toute sa valeur lorsqu’il implique l’ensemble de l’écosystème.
Salariés, fournisseurs, clients, partenaires institutionnels… chacun peut contribuer à réduire les émissions et amplifier l’impact des actions engagées.
En interne, il s’agit de créer une dynamique collective : sensibiliser les équipes, organiser des ateliers comme la Fresque du Climat, identifier des ambassadeurs climat et communiquer régulièrement sur les avancées.
En externe, la communication valorise vos initiatives, renforce la transparence et peut inspirer d’autres acteurs à se lancer.
L’exemple du Festival OFF Avignon illustre cette mobilisation collective : un projet de transport mutualisé de décors par fret ferroviaire a permis d’éviter 50 000 km de transport routier et de réduire les émissions de 19 tCO₂e. Documenté et partagé, ce type d’initiative peut être répliqué par d’autres organisations de la filière.
Cet exemple montre bien qu’impliquer ses parties prenantes, c’est transformer un exercice technique en véritable projet collectif. Bien menée, la démarche devient un mouvement capable d’entraîner tout un secteur, de renforcer votre image et de fédérer durablement vos partenaires autour de la transition bas-carbone.
Aller plus loin que son bilan carbone
Un bilan carbone n’est pas une fin en soi : c’est le point de départ d’une stratégie climat crédible et mesurable, alignée avec les objectifs de l’Accord de Paris.
Des cadres comme la SBTi permettent de fixer des objectifs de réduction validés scientifiquement, mais encore faut-il savoir comment les atteindre concrètement.
C’est là qu’intervient la méthode ACT Pas à Pas, développée par l’ADEME et le CDP (Carbon Disclosure Project). Elle offre une feuille de route complète pour transformer un diagnostic carbone en plan d’action :
Analyser vos risques et opportunités liés au changement climatique ;
définir une trajectoire de réduction compatible avec les Accords de Paris (SBTi) ;
identifier et prioriser les leviers à activer,
valider un plan d’action quantifié avec votre comité de direction et intégrer votre stratégie de décarbonation dans la stratégie globale de l’entreprise ;
si éligible, préparer votre reporting CSRD (ESRS E1).
En clair, ACT Pas à Pas vous permet de passer de la mesure à l’action, avec un pilotage structuré et reconnu par l’ADEME.
Chez WeCount, nous faisons de cette méthode un levier opérationnel. Nos programmes collectifs ACT Pas à Pas associent formation, accompagnement individuel et plateforme carbone, pour rendre la démarche tangible, partagée et durable. Vous repartez avec une stratégie climat claire, un plan d’action chiffré et un suivi dans le temps pour ancrer la décarbonation au cœur de votre organisation.
Passer à l’action dès maintenant
Chez WeCount, nous sommes des experts du bilan carbone et de la stratégie climat. Depuis 2020, nous avons accompagné plus de 700 entreprises de secteurs variés (agroalimentaire, cosmétique, numérique, textile, sociétés de conseils, etc.).
Que vous en soyez à la réalisation de votre premier bilan carbone ou que vous souhaitez franchir une nouvelle étape dans votre stratégie climat, contactez nos experts dès aujourd’hui pour avancer avec méthode et sérénité.
Comment préparer votre entreprise au climat de 2050 et faire de cette transformation un projet mobilisateur dès aujourd'hui ?
Vagues de chaleur, sécheresses, ruptures d'approvisionnement… Les impacts de la crise climatique ne sont plus une perspective lointaine. Pourtant, face aux contraintes économiques et à l'instabilité globale, de nombreuses entreprises peinent à se projeter et à arbitrer en faveur d'engagements de long terme.
Quel discours inspirant tenir pour embarquer l'ensemble des équipes sur une vision à horizon 2050 ? Comment traduire ces trajectoires lointaines en plans d'action concrets pour les prochaines années, sans céder à la paralysie ou à la résignation ?
Dans ce webinaire, nos intervenants partagent leurs convictions et leurs retours d'expérience pour faire de 2050 non pas une menace subi, mais un cap stratégique qui donne envie d'agir au quotidien.
Pour vous inscrire au webinaire
Rien de plus simple, inscrivez-vous en complétant le formulaire ci-dessous. 👇🏻
Intervenants
🎙️ Thomas Breuzard, Directeur permaentreprise chez Norsys & Co-président de B Corp France
🎙️ Arthur Auboeuf, Cofondateur de Team for the Planet
Pourquoi regarder ce webinaire
Ce webinaire a été conçu comme un moment pour :
Dépasser le sentiment de fatalité face aux projections climatiques et en faire un levier de transformation positive,
Structurer un discours engageant et inspirant pour mobiliser vos équipes autour d'une vision long terme,
Décliner une stratégie d'adaptation ambitieuse en étapes concrètes et opérationnelles dès les prochaines années.
Un moment pensé pour celles et ceux qui, au quotidien, cherchent à donner envie d’agir, clarifier les enjeux et créer un alignement stratégique durable !
Ce webinaire peut vous être utile, mais vous n'avez pas d'email professionnel ? Ecrivez-nous à l'adresse contact-us@wecount.io.
👋 À propos des webinaires Pépites de WeCount
Les Pépites de WeCount mettent en lumière celles et ceux qui font avancer la transition dans leurs organisations comme dans la société. Un rdv trimestriel, des formats courts, inspirants et concrets pour passer de la réflexion à l’action.
Certaines s’appliquent dès maintenant, d’autres dessinent le cadre des prochains mois ou des prochaines années. Dates, chiffres, changements de méthode, échéances : nous avons retenu les éléments qui peuvent concrètement modifier le travail des équipes RSE, ou qui méritent d’être anticipés.
En résumé :
Depuis le 22 août 2026, les marchés publics doivent obligatoirement intégrer un critère environnemental dans l’analyse des offres et une condition d’exécution environnementale dans le contrat. Les entreprises candidates doivent donc être capables de proposer des engagements précis et vérifiables.
La SNBC 3 adoptée par décret le 16 juillet 2026, relève l’ambition des objectifs climatiques français : le budget carbone 2024-2028 passe de 362 Mt éqCO2/an à 342 Mt éqCO2/an et l’objectif 2030 de -40 % à -50 % par rapport à 1990. Avec la SNBC 3, la France devient le premier pays à fixer des objectifs chiffrés sur son empreinte carbone, émissions importées comprises : -71 % à -79 % en 2050 par rapport à 2010.
Le 3 juillet 2026, la Commission européenne a adopté les ESRS révisés et le standard VS (ex VSME - Voluntary Standard for SMEs). Avec cette révision, le nombre de points de données obligatoires de la CSRD diminue de plus de 60 %, et le nombre total de points de données de plus de 70 %, sans remettre en cause le principe de double matérialité. Les textes sont encore en cours d’examen par le Parlement européen et le Conseil de l’UE.
Le 11 juin 2026, SBTi apublié la V2 de son Corporate Net-Zero Standard. Elle renforce le passage de l’objectif à l’action : cycles de cinq ans, plan de transition, suivi annuel et nouvelle approche du Scope 3. Les objectifs déjà validés restent actifs et la transition vers la V2 se fera progressivement en 2027-2028.
Le 29 juillet 2026, le GHG Protocol a annoncé la fusionde son standard de reporting avec celui de l'ISO. Ce rapprochement s'accompagne d'une refonte majeure du Scope 3 : obligation de couvrir au moins 95 % des émissions (max. 5 % d'exclusions justifiées), transparence accrue sur l'origine des données (réelles ou estimées) et création d'une catégorie pour les intermédiaires (Catégorie 16). Les règles sur les achats d’énergie renouvelable (Scope 2) restent en discussion.
Marchés publics : les exigences environnementales deviennent obligatoires dans les offres et les contrats
Depuis le 22 août 2026, l’article 35 de la loi Climat et Résilience impose de nouvelles obligations environnementales dans les marchés publics.
La Direction des Affaires juridiques (DAJ) de Bercy a précisé leur application dans des fiches publiées le 23 juillet 2026. Ces règles concernent tous les marchés publics et les contrats de concession (y compris les prestations de conseil ou de services informatiques), à la seule exception des contrats de défense et de sécurité.
Concrètement :
L’obligation d’au moins un critère environnemental dans les appels d’offres publics : Pour noter et départager les candidats, l’acheteur public doit systématiquement intégrer un critère d’attribution prenant en compte les caractéristiques environnementales de l’offre (comme la part de matériaux recyclés ou réemployés, la part des produits titulaires de l’écolabel européen ou tout autre écolabel équivalent).
Une clause verte d'exécution obligatoire : les contrats doivent désormais prévoir au moins une condition d’exécution environnementale précise, mesurable et vérifiable pendant le chantier ou la prestation. Une formulation passive comme « Le titulaire doit respecter la réglementation environnementale en vigueur » est désormais insuffisante. À titre d’exemple, la DAJ propose des rédactions concrètes telles que l’obligation de mettre en œuvre un plan de gestion des déchets incluant le tri à la source et la valorisation d’au moins 70 % des déchets générés par le contrat.
Interdiction du recours au critère unique du prix : Si l’acheteur ne retient qu’un seul critère, il doit utiliser le coût selon une approche globale qui prend en compte les caractéristiques environnementales, par exemple à travers le coût du cycle de vie.
Le critère environnemental doit compter pour au moins 10 % de la note finale : Pour garantir la portée réelle de ce critère environnemental, la DAJ recommande de lui attribuer une pondération représentant a minima 10 % de la note totale. C'est un conseil d'achat et non un minimum fixé par la loi.
Une clause sociale obligatoire au-delà des seuils européens (140 000 € pour l’État, 216 000 € pour les collectivités et 5 404 000 € pour les marchés de travaux et concessions) : l’acheteur doit intégrer une clause liée à l’emploi ou au domaine social. Sauf dérogation exceptionnelle prévue par la loi, cette obligation peut se traduire concrètement par des engagements sur l'insertion professionnelle, l'amélioration des conditions de travail, l'accessibilité ou encore l'égalité professionnelle.
🗒️Notes : Qu’en est-il pour le cas des petits achats (< 25 000 € HT) ? Pour une commande sans écrit, l’acheteur doit chercher à intégrer des objectifs environnementaux. Une méthode serait par exemple d’évaluer les offres en coût global (en cumulant le prix d'acquisition, l'entretien, la durée d’usage et la valorisation des déchets). Si l’achat fait l'objet d'un simple devis, ce sont les conditions générales applicables qui doivent incorporer une clause verte. En revanche, dès qu'un marché écrit formel est exigé, cette clause environnementale doit figurer directement au cœur même du contrat.
Ce que vous devez en retenir
La réglementation interdit à l'acheteur public de noter la politique RSE globale d’une entreprise. Les critères et les clauses d'exécution doivent présenter un lien direct avec l’objet du marché.
Pour se démarquer, les candidats devront impérativement structurer un mémoire technique environnemental sur mesure, détaillant des engagements chiffrés, des indicateurs de performance et des preuves de suivi directement applicables aux prestations du contrat. Un mémoire technique environnemental trop généraliste ou standardisé risque d’obtenir une note insuffisante pour remporter le marché.
Adoption de la SNBC 3 : ambition d'une accélération nette de la baisse des émissions en France d'ici 2030.
Adoptée par décret le 16 juillet 2026, la troisième Stratégie nationale bas-carbone actualise la feuille de route de la France pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et atteindre la neutralité carbone en 2050.
Parmi les principales évolutions :
Un objectif 2030 rehaussé et un budget carbone resserré : Par rapport à la SNBC 2, la SNBC 3 rehausse nettement l'ambition nationale. La cible de baisse des émissions territoriales brutes hors puits de carbone d'ici 2030 est portée de -40 % à -50 % (ramenant la cible d'émissions de 315 Mt à 276 Mt éqCO2). Pour concrétiser cette accélération, le 3e budget carbone (2024-2028) a été fortement resserré : le plafond d'émissions annuel autorisé est ramené de 362 Mt éqCO2/an sous la SNBC 2 à 342 Mt éqCO2/an sous la SNBC 3.
source : Stratégie nationale bas-carbone n°3 Partie 1 Juillet 2026
Des objectifs sur l’empreinte carbone : jusqu’ici suivie mais sans objectif chiffré dans la SNBC, l’empreinte carbone de la France intègre désormais une cible indicative de réduction. Elle doit baisser de 38 % à 43 % d’ici 2030 et de 71 % à 79 % d’ici 2050 par rapport à son niveau de 2010.
source : Stratégie nationale bas-carbone n°3 Partie 1 Juillet 2026
🗒️Notes : Inventaire et empreinte, quelle différence ? L’inventaire national, fondé sur une approche territoriale, comptabilise les émissions de GES générées par les ménages et les activités économiques présents sur le territoire français. L’empreinte carbone adopte une approche par la consommation : elle ajoute aux émissions territoriales celles liées aux importations et exclut celles associées aux exportations.
Des puits naturels revus à la baisse : la dégradation de la capacité d’absorption biologique des forêts françaises liée au changement climatique (sécheresses, scolytes, incendies) oblige l'État à revoir ses hypothèses. La stratégie donne parallèlement davantage de place aux puits technologiques de captage et stockage du CO₂ (BECCS et DACCS).
Des transformations sectorielles importantes : électrification des usages, baisse des énergies fossiles, rénovations des bâtiments, décarbonation de l’industrie et évolution des pratiques agricoles structurent la trajectoire.
Dans son rapport annuel publié en juillet 2026, le Haut Conseil pour le Climat alerte sur le ralentissement de la décarbonation nationale, marquée par des baisses d'émissions brutes de seulement -3,0 % en 2024 et -2,1 % en 2025 (pré-estimée). Pour respecter le 3e budget carbone, ce rythme de réduction annuel doit au moins doubler pour dépasser 4 % par an d’ici 2028.
Le HCC recommande également d’associer à la SNBC 3 une feuille de route opérationnelle annuelle, étroitement coordonnée avec la planification budgétaire nationale, afin de renforcer les investissements nécessaires à la décarbonation et garantir la stabilité des dispositifs.
Parmi les 82 recommandations de son rapport annuel, le Conseil met particulièrement en avant la nécessité d'activer des leviers collectifs de sobriété, aujourd'hui sous-exploités, pour soulager la demande d’énergie et les ressources en biomasse.
À titre d’illustration, le HCC préconise notamment d'instaurer un moratoire sur l'augmentation des capacités des aéroports français pour contenir la hausse du trafic aérien, et d'encadrer les professionnels de l'agroalimentaire afin d'orienter la demande de consommation vers un régime plus végétal.
Ce que vous devez en retenir
Pour les responsables RSE, la SNBC 3 est plus que jamais un outil de projection stratégique. Elle permet de vérifier si les investissements et les choix stratégiques de votre entreprise sont cohérents avec les transformations probables dans votre secteur d'activité. L’introduction d'objectifs sur l'empreinte carbone replace également les achats, les importations et la décarbonation de votre chaîne de valeur au cœur de la stratégie.
ESRS et VSME : le reporting est fortement allégé, sans abandonner ses fondamentaux
Le 3 juillet 2026, la Commission européenne a adopté les ESRS révisés ainsi que le standard volontaire VSME, désormais rebaptisée « Voluntary Standard » ou VS.
Les principaux changement du standard volontaire (VS) :
Un allègement des indicateurs (points de données) : Pour s'aligner sur les normes ESRS révisées, le standard a été allégé par rapport à sa version initiale. Par exemple, l'intensité carbone (B3) et la surface au sol artificialisée (B5) ont été supprimées. De plus, le taux de rotation du personnel (turnover) a été basculé du module de base (initialement intégré dans la norme B8) vers le module complémentaire (C5).
Une protection renforcée pour les très petites entreprises : La Commission a introduit un seuil spécifique fixé à 10 salariés. Pour les entreprises comptant 10 employés ou moins, certaines informations (notamment les données environnementales complexes) sont désormais totalement facultatives.
En parallèle, la Commission européenne a publié une nouvelle version des normes reporting en matière de durabilité (ESRS).Cette révision poursuit l’objectif du paquet Omnibus : réduire la charge et le coût du reporting de durabilité tout en conservant les principes structurants de la CSRD.
Les textes sont actuellement soumis à l'examen de non-objection du Parlement européen et du Conseil de l'UE jusqu’en septembre voire novembre 2026.
Parmi les principaux changements :
Le nombre total de points de données diminue fortement (+ de 70%) : les points de données obligatoires diminuent de plus de 60 % et le nombre total de points de données de plus de 70 %. Selon l’EFRAG, les économies de coûts de reporting pourraient atteindre en moyenne environ 34 % sur cinq ans pour les entreprises concernées, tandis que la Commission européenne estime que la réduction des charges dépassera 30 % par entreprise.
La double matérialité est pérennisée : l’entreprise doit toujours identifier ses impacts, risques et opportunités matériels. L’analyse est toutefois simplifiée avec une approche « top-down » : l’entreprise commence par évaluer les grands sujets de durabilité au regard de ses activités et de son modèle d’affaires, puis approfondit uniquement ceux pour lesquels la matérialité (ou non matérialité) n’est pas évidente.
Davantage de souplesse sur les données : recours facilité aux estimations, possibilités d’omission sous conditions, et délais supplémentaires pour certaines informations complexes comme l'impact financier futur du changement climatique sur l'entreprise.
Introduction du "Value Chaine Cap" pour protéger les sous-traitants : Lors de la collecte de données, ce principe interdit formellement aux donneurs d'ordres soumis à la CSRD d'exiger de leurs fournisseurs de moins de 1 000 salariés des données ESG dépassant le cadre simplifié du standard volontaire VS.
Pour l’exercice 2026, les entreprises de la première vague disposent de plusieurs options : Elles peuvent choisir de conserver temporairement les ESRS actuels, d'adopter par anticipation les ESRS révisés, ou d’opter pour une approche intermédiaire leur permettant de bénéficier de plusieurs mesures de simplification ciblée. L’application des ESRS révisés est prévue à partir de l’exercice 2027, sous réserve de la fin du processus institutionnel.
Ce que vous devez en retenir
Réduire la charge d'un reporting parfois très lourd va permettre aux équipes RSE de libérer du temps pour piloter des plans d'actions concrets. Toutefois, la simplification ne doit pas rimer avec perte d'informations stratégiques : une double matérialité solide reste indispensable pour guider les investissements et sécuriser la résilience du modèle d'affaires face aux risques physiques et de transition. Enfin, pour les entreprises exclues du périmètre réglementaire suite au relèvement des seuils cumulatifs (plus de 1 000 salariés et plus de 450 M€ de CA), le standard volontaire VS s'impose comme l'outil idéal pour répondre plus simplement aux demandes ESG.
SBTi V2 : le standard passe davantage de l’objectif à la mise en œuvre
Le 11 juin 2026, SBTi a publié la version 2.0 de son Corporate Net-Zero Standard. L’évolution répond à une difficulté remontée depuis plusieurs années : fixer une trajectoire scientifique ne suffit pas toujours à provoquer les réductions attendues, notamment sur le Scope 3 lorsque l’entreprise dépend de ses fournisseurs, de technologies encore peu disponibles ou de transformations de filière.
SBTi présente donc désormais son standard comme un cadre davantage tourné vers la mise en œuvre.
Parmi les principaux changements :
La distinction Catégories A et B : Les obligations sont désormais proportionnées. La Catégorie A (grandes entreprises et ETI des pays riches de ≥ 250 salariés ou ≥ 50 M€ de CA) doit obligatoirement soumettre un objectif Scope 3 à court terme et soumettre son bilan carbone de référence à un audit indépendant par un tiers. Pour la Catégorie B (plus petites structures), le Scope 3 court terme devient optionnel.
La gouvernance au cœur : Les objectifs de court terme sont fixés sur des cycles de cinq ans et toutes les entreprises doivent disposer d’un plan de transition, validé au plus haut niveau de gouvernance, avec un suivi régulier des progrès.
Le recentrage du Scope 3 : SBTi abandonne l'ancienne règle rigide qui exigeait de couvrir 67 % du Scope 3 global. Désormais, pour les grandes entreprises (Catégorie A), il devient obligatoire de cibler individuellement chaque catégorie pesant au moins 5 % du Scope 3. Toutefois l’entreprise peut exclure une catégorie de plus de 5 % si elle n'a aucun moyen d'action réel dessus (comme des actifs loués non contrôlés), à condition de le justifier et de le quantifier en toute transparence.
Crédits carbone et OER : SBTi clarifie les règles à ce sujet, la compensation reste interdite pour réduire ses émissions directes. Elle crée cependant l’OER (Ongoing Emissions Responsibility), un programme volontaire (jusqu’en 2035) permettant de valoriser financièrement le soutien à des projets climatiques hors chaîne de valeur pour assumer ses émissions résiduelles durant la transition. Pour le secteur, cela acte le passage de la neutralité individuelle revendiquée à la notion de contribution collective.
Le principe du « Best effort » : Si une entreprise n’atteint pas son objectif après un cycle de 5 ans, elle ne perd plus sa labellisation ; elle doit prouver avec transparence qu’elle a mobilisé tous les leviers possibles et expliquer scientifiquement ses obstacles.
Cette permissivité fait débat. L’ONGCarbon Gap reconnaît la difficulté pour SBTi de trouver l’équilibre entre maintenir un maximum d’entreprises engagées et réserver la validation aux trajectoires réellement compatibles avec la neutralité carbone.
Mais l’organisation estime que le nouveau référentiel « flexibilise » et « temporise » beaucoup, et juge l’approche « best possible efforts » « un peu légère pour une certification » face à l’accélération du changement climatique.
SBTi a également renoncé à imposer la comptabilisation obligatoire au « pas horaire » des garanties d’origine (pour faire coïncider heure de consommation et heure de production d'énergies renouvelables intermittentes). Cette pratique reste volontaire, ce qu’EnergyTag et plusieurs ONG ont publiquement critiqué.
Ce que vous devez en retenir
Pour les équipes RSE, cette V2 déplace une partie du travail vers la mise en œuvre : qualité du plan de transition, actions réellement engagées et capacité à documenter les blocages rencontrés. Sur le Scope 3 en particulier, SBTi reconnaît davantage qu’une entreprise ne maîtrise pas seule toute sa chaîne de valeur, tout en lui demandant de démontrer précisément les actions qu’elle peut engager.
🗒️Notes : Cette évolution conforte aussi l’intérêt que nous portons à ACT Pas-à-Pas pour construire une stratégie de transition. La méthode relie la trajectoire aux décisions qui doivent permettre de l’atteindre, en travaillant notamment sur la gouvernance, les investissements, le modèle économique et le plan d’action. SBTi reste utile pour cadrer un objectif de réduction aligné avec la science, ACT Pas-à-Pas apporte un cadre plus concret pour organiser les transformations à engager et suivre leur mise en œuvre.
GHG Protocol : alignement avec l’ISO et de nouvelles règles méthodologiques
Le 29 juillet, le GHG Protocol a officiellement annoncé une série d'évolutions majeures pour ses standards de comptabilité d'entreprise. Face à une demande internationale de standards de comptabilité carbone interopérables et plus précis, l'organisation renforce sa gouvernance et s'associant à l'ISO et pose les bases des évolutions méthodologiques à venir.
Les nouveautés et chantiers clés à retenir :
La fusion historique avec l'ISO : Le GHG Protocol et l'ISO (Organisation internationale de normalisation) vont unir leurs standards respectifs de comptabilité carbone d'entreprise en une seule et unique norme internationale harmonisée d'ici fin 2028. C'est une étape importante vers l'unification des règles du reporting GES à l'échelle internationale.
La refonte structurante du Scope 3 : Véritable pilier de cette révision, la refonte du Scope 3 (les émissions indirectes de la chaîne de valeur, représentant souvent plus de 70 % de l'empreinte totale) durcit considérablement les règles. Les nouvelles exigences prévoient l’obligation de couvrir au moins 95 % des émissions obligatoires, limitant les exclusions à un plafond strict de 5 % qui devront être rigoureusement quantifiées et justifiées.
Les entreprises devront également faire preuve d’une transparence totale sur la qualité de leurs données en distinguant les données réelles (fournies par les partenaires) des simples estimations d'activité ou monétaires. Enfin, une nouvelle catégorie dédiée aux « émissions facilitées » (la Catégorie 16) est créée pour comptabiliser l'impact indirect des intermédiaires, comme les plateformes numériques de mise en relation, le courtage ou les services financiers.
La consultation Scope 2 (électricité renouvelable) : Les résultats de la consultation publique sur la révision du Scope 2 (qui a recueilli près de 1 100 réponses de 56 pays) ont été publiés. Ils confirment une grande diversité d'opinions sur la manière dont les entreprises doivent comptabiliser l'achat d'énergies renouvelables, un sujet qui reste très débattu.
Ce que vous devez en retenir :
Pour les directions RSE, l'annonce d'une future fusion entre l'ISO et le GHG Protocol est un signal fort qui devrait, à terme, simplifier les démarches de conformité en éliminant la concurrence entre ces deux référentiels historiques. Les futures règles de comptabilisation de l'électricité renouvelable (Scope 2) et des actions de réduction font encore l'objet d'intenses discussions techniques.
De plus, la rigueur accrue sur le Scope 3 impose d'anticiper dès maintenant la structuration, la traçabilité des données pour se préparer à des audits carbone de plus en plus stricts, exigés par les réglementations et les investisseurs.
Responsable d'une part majeure des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France (deuxième secteur le plus émetteur du pays) le bâtiment doit accélérer sa transition. Si les grandes entreprises ont déjà engagé des actions de décarbonation, la démarche reste encore à généraliser auprès des entreprises artisanales du bâtiment, qui représentent pourtant la majorité du tissu économique du secteur.
Réalisé par la CAPEB, l’ADEME et WeCount à partir de l’accompagnement de 11 entreprises artisanales dans la réalisation de leur bilan carbone et la construction de leur stratégie climat, ce guide regroupe les meilleures pratiques et retours d'expérience du terrain. Il a pour objectif d'accompagner chaque artisan dans la compréhension de ses enjeux carbone et la mise en œuvre de sa transition bas-carbone.
Contenu du guide
Ce document recense les enjeux carbone spécifiques au secteur, présente des leviers d’action génériques applicables à tous les corps de métier et met en avant des initiatives de réduction concrètes. Afin de répondre aux réalités de chaque activité, le guide intègre 9 fiches d’actions détaillées adaptées à différentes typologies d’artisans : métallier, menuisier, charpentier, plâtrier-plaquiste, peintre, électricien, chapiste, maçon et installateur de systèmes de sûreté.
Transformez votre entreprise artisanale du bâtiment en un acteur clé de la transition bas-carbone !