L'industrie du textile produit 2 à 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre chaque année. C'est l'équivalent d'environ 4 milliards de tonnes équivalent CO2. Heureusement, des leviers d’actions sont possibles !
Aujourd’hui, 100 milliards de vêtements sont vendus chaque année dans le monde. La production de vêtements a doublé entre 2000 et 2014 (1). Dans la même période, les Européens ont augmenté leurs achats de vêtements de 40%, mais la durée de vie de ces habits est moitié plus courte qu’avant. Les émissions de gaz à effet de serre du secteur textile pourraient constituer 26% du total mondial si la tendance persiste.
L’industrie textile est un secteur-clé dans la réduction des émissions de carbone mondiales. Quel est l’impact carbone du secteur textile en France ? Quels sont les principaux postes d’émissions ? Quels défis pour le secteur face au changement climatique ? Tour d’horizon de l’empreinte carbone de l’industrie du Textile et de l’Habillement ! Cet article fait suite au guide sectoriel réalisé conjointement avec l’Union des Industries Textiles.
L’industrie du textile, qu’est-ce que c’est ?
Le secteur textile en bref
L'industrie textile désigne l'ensemble des activités de production et de transformation de fibres en étoffes, feutres, non-tissés et autres matériaux textiles utilisés dans divers produits finis.
Cela englobe entre autres :
La production des matières premières textiles ;
La transformation des fibres ;
La filature ;
Les procédés de fabrication (tissage, tricotage, non-tissé, tressage, etc.) ;
L'ennoblissement (teinture) ;
La confection ;
etc.
Le textile ne concerne pas seulement l'habillement et l'ameublement. Son usage s'étend aux applications industrielles, médicales, de protection individuelle, et même dans les domaines de l'agriculture, du transport et du bâtiment. Ainsi, c’est une industrie importante pour la société.
La filière textile européenne
En Europe, selon Euratex la filière textile est répartie ainsi :
Mode et habillement 42 % (exemple : vêtements)
Ameublement et maison 14 % (exemple : rideaux, nappes)
Industriel et technique (19 %) (exemple : textile médicaux, parachutes
On dénombre 197 000 entreprises européennes pour 64 milliards d’euros de chiffre d’affaires (8). La France représente à elle seule presque 20% du total !
Et en France ?
On compte 2150 entreprises françaises (63% de PME) pour 62 500 salariés. En 2022, l’industrie textile a généré 15,5 milliards de chiffres d'affaires, dont 12,9 milliards à l’exportation (2).
Le secteur du textile français est réputé hors frontières pour sa qualité et son innovation. En 2022, la France a exporté près de 13 milliards d’euros de produits textiles, notamment des vêtements maille, lingerie et textiles techniques.
Cependant, la France a également importé environ 25 milliards d’euros de produits textiles, majoritairement en provenance de la Chine et du Bangladesh.
Source : Guide de Décarbonation du textile WeCount
Enfin, les conséquences de l’industrie textile sur l’environnement et la société sont nombreuses : pollution de l’eau par microplastique et substances toxiques ou atteinte à la biodiversité, pour n'en citer que quelques-unes.
Dans cet article, nous nous concentrons uniquement sur l’impact carbone de la filière, notre cœur d’expertise.
Quelle est l'empreinte carbone de l'industrie du textile ?
Le secteur du textile est responsable de 2 à 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, etc.) selon l'Ademe.
Pourquoi un tel écart ? Les méthodologies utilisées et les informations d’une base de facteurs d’émission textile à l’autre peuvent varier d'où l'écart !
L’ADEME estime aussi que l’empreinte carbone textile d’une personne française est 442 kg de Co2e par an, soit l’équivalent des émissions de 68 t-shirts en coton ou 17 jeans !
Cela est dû aux matières premières utilisées et aux procédés industriels qui émettent de grandes quantités de CO2.
Mais l’importation joue aussi un rôle car un kilogramme de textile importé génère plus d'émissions de gaz à effet de serre qu'un kilogramme de textile produit en France :
Source : Union des Industries Textile (UIT)
💡 Bon à savoir : Sans intervention, les émissions de GES du secteur pourraient atteindre 2,7 milliards de tonnes par an d'ici à 2030, représentant une croissance annuelle de 2,7% !
Quel est l’impact d’un produit textile ?
Pour comprendre l’empreinte carbone de la filière, il faut se pencher sur l’ensemble du cycle de vie du produit. Quels sont les impacts à chaque étape de production ? Quelles émissions de GES sont émises par la production ?
L’intérêt d’une analyse carbone par produit est l’obtention d’un bilan carbone beaucoup plus précis et plus fiable.
Le cycle de vie du produit textile comporte 7 étapes :
Source : WeCount
Chaque étape contribue, à son échelle, à l’empreinte carbone du secteur.
La production des matières premières
Les matières premières représentent 20 à 30% des émissions de gaz à effet de serre du secteur.
Il existe trois types de matières premières : les matières naturelles (animales et végétales), les matières artificielles et les matières synthétiques.
Les matières végétales et animales utilisent une grande quantité d’eau, de surface agricole et de pesticides.
La production émet des gaz à effet de serre à plusieurs étapes :
Agriculture (élevage, culture, etc.) ;
Usage des produits chimiques ;
Déchets ;
Etc.
Par exemple, un t-shirt en coton consomme 2 700 litres d’eau, soit la quantité d’eau que devrait boire un individu en deux ans et demi ! Outre l’impact carbone, la surproduction interroge lorsqu’on sait qu’11% des Européens et 25% de la population mondiale souffre de pénurie d’eau.
Mais ce n’est pas tout !
La majeure partie des produits textiles vendus aujourd’hui sont issus des matières synthétiques. Environ 70% des fibres synthétiques sont issues du pétrole (2).
Or, les matières synthétiques relarguent des microplastiques dans les cours d’eau et les océans lors de leur production, mais aussi à chaque lavage. Les conséquences sont nombreuses comme la pollution des eaux marines ou l’atteinte à la biodiversité.
Enfin, les matières premières artificielles utilisent des intrants naturels, comme la pulpe de bois, et sont transformées avec des solvants pouvant être toxiques. Leur impact provient principalement de l’utilisation de produits chimiques ainsi que des procédés énergivores nécessaires à leur fabrication.
Une fois la fibre produite, elle est transformée en tissu par des procédés industriels plus ou moins énergivores.
Les procédés de transformation et de fabrication
Les procédés de transformation et de fabrication du textile englobent toutes les étapes permettant de convertir les matières premières en tissus puis en produits finis, à savoir :
La filature ;
Le tissage et tricotage ;
L’ennoblissement (la phase ayant l’impact carbone le plus élevé) ;
La confection ;
La phase de transformation des fibres et tissus représente près de 50 à 80% de l’empreinte carbone de l’industrie textile selon les études.(3)
💡 Bon à savoir : Par transformation des fibres et tissus, on entend la filature, le tissage et le tricotage ainsi que d’autres traitements tels que l'ennoblissement et la confection.
Certains traitements sont particulièrement toxiques pour l’environnement. C’est par exemple le cas du tannage du cuir dont les substances toxiques comme le chrome sont rejetées directement dans la rivière. C’est le cas de la rivière du Buriganda au Bangladesh qui est devenue l’une des plus toxiques au monde.
C’est aussi le cas de certaines teintures de jean fabriquées à base de plomb et de mercure dont les particules sont rejetées dans l’eau au lavage. En Chine, la rivière Li est devenue tellement toxique qu’il est interdit de boire l’eau ou de pêcher.
Le transport
La chaîne de valeur du textile est éclatée mondialement. Cette spécificité implique beaucoup d'étapes de transport. Par exemple, la confection est souvent délocalisée en Asie ou au Proche-Orient car son coût est très élevé. Aujourd’hui, la majorité des produits textiles sont fabriqués dans des pays comme la Chine, le Bangladesh, le Maroc ou l’Inde.
De plus, le commerce en ligne peut accroître poste d’émission du transport. On estime qu’environ un vêtement sur cinq acheté en ligne est renvoyé au siège de l’entreprise, ce qui participe à la consommation de masse. Le e-commerce augmente les livraisons multiples et donc les émissions de GES liées au transport, notamment celles du dernier km.
💡 Bon à savoir : Le dernier km désigne la dernière étape de la chaîne de distribution. En général, la fin de la livraison est l’étape la plus impactante du transport, car c’est l’étape la moins optimisée de la chaîne.
L'usage et fin de vie
80% des vêtements finissent enfouis ou incinérés (1). Au niveau mondial, seulement 1% des vêtements usagés sont recyclés en vêtements neufs. Une majeure partie des vêtements finissent dans des décharges à ciel ouvert.
C’est le cas du Ghana qui reçoit des vêtements usés en masse (214 millions de dollars USD de textile chaque mois) sans pouvoir les traiter, faute de moyens. Heureusement, la réglementation en matière de déchets textile évolue en Europe.
Selon l’EEA (Agence Européenne pour l’Environnement), en Europe 4 à 9% des produits textiles sont détruits sans avoir été usagés, cela représente entre 264 000 et 594 000 tonnes de textile détruites chaque année !
Dans le cadre de notre partenariat avec l’UIT, nous avons calculé le bilan carbone type pour une entreprise textile en France (obtenu par pondération des émissions de gaz à effet de serre des entreprises participantes). L’usage et la fin de vie des produits pèsent pour 10% du bilan carbone (3).
Dans un contexte de surproduction et de consommation croissante, la gestion des déchets et de la fin de vie des produits est un pilier de la décarbonation du secteur.
💡 Bon à savoir : La loi AGEC du 10 février 2020 interdit la destruction des invendus tandis que la stratégie européenne pour des textiles durables et circulaires prévoit une interdiction d’exporter ses déchets hors de l’OCDE sous certaines conditions.
Et concrètement, quel impact sur les émissions de gaz à effet de serre ?
Comparons l’impact carbone de trois pulls en laine, coton recycle et acrylique (matière synthétique) :
Pull en laine
Pull en coton recyclé
Pull en acrylique
Fabrication
52.90 kg CO2e
8.10 kg CO2e
25.50 kg CO2e
Matières premières
39.30 kg CO2e
0.90 kg CO2e
13.90 kg CO2e
Approvisionnement
0.90 kg CO2e
0.50 kg CO2e
0.70 kg CO2e
Mise en forme
8.60 kg CO2e
5.50 kg CO2e
7.30 kg CO2e
Assemblage et distribution
4.10 kg CO2e
1.20 kg CO2e
3.60 kg CO2e
Usage
2.52 kg CO2e
3.58 kg CO2e
2.46 kg CO2e
Fin de vie
1.28 kg CO2e
1.52 kg CO2e
1.01 kg CO2e
Total
56.70 kg CO2e
13.19 kg CO2e
28.97 kg CO2e
Source : Impact C02
L’impact d’un pull en laine, c’est l’équivalent de deux enceintes connectées, 145 repas végétariens et quatre pulls en coton !
Le pull en acrylique quant à lui, correspond à plus de deux pulls en coton recyclé, 75 repas végétariens, et une enceinte connectée.
Dans tous les trois cas de figure, la fabrication du produit génère la majorité des émissions de gaz à effet de serre. Le choix des matières premières et des procédés industriels est un levier de décarbonation primordial.
Zoom sur les principaux postes d’émissions
La majorité des gaz à effet de serre de l’industrie textile proviennent de la production de la fibre textile et de sa transformation en produit. Mais les émissions de CO2 équivalent ne sont pas le seul impact environnemental.
Les matières premières, première étape de la chaîne de valeur
Selon une étude Quantis (5), 15% de l’empreinte carbone de l’industrie textile provient de l’extraction et de la transformation des matières premières en fibre.
Ces chiffres varient d’une étude à l’autre selon l’échantillonnage et les critères pris en compte, par exemple l’utilisation du produit. Ainsi, les matières premières et leur transformation représentent 38% des émissions GES selon l’étude McKinsey (6) et 44% selon notre étude (3).
On retrouve des matières principales dans la plupart de nos vêtements : le polyester, le nylon, le coton, la viscose et le lyocell.
Le polyester
Le polyester est la matière première la plus utilisée dans la fabrication des vêtements (1). Sa fabrication implique l’extraction du pétrole et des procédés de transformation chimique lourds (appelé polymérisation). De plus, il est souvent produit en Chine, à Taïwan ou aux Etats-Unis.
Selon la base de données Ecoinvent, la production d’1 kg de polyester rejette 3.96 kg d’émissions de CO2 équivalent, soit 405 km en RER ou presque un aller-retour Paris-Marseille en TGV !
💡 Bon à savoir : Au-delà de l’impact carbone, ce sont 240 000 tonnes de microparticules de plastique qui sont relâchées chaque année dans les océans par le lavage des vêtements en fibre synthétique, soit l’équivalent de plus de 24 milliards de bouteilles plastiques !
Le nylon
La polyamide (ou nylon) est une matière première issue, elle aussi, du pétrole. Sa transformation nécessite beaucoup d'énergie et d'eau pour son refroidissement.
Tout comme le polyester, elle est responsable de pollution microplastique.
Le coton
Le coton représente un quart de la production mondiale. Pour sa production, non seulement des ressources en eau sont nécessaires, mais surtout l’industrie textile utilise une grande quantité de pesticides et d'insecticides.
Quel rapport avec le bilan carbone ? La culture du coton nécessite machines agricoles, utilisation de produits phytosanitaires et chimiques, processus de transformation du coton qui alourdissent le bilan carbone du secteur et des entreprises.
Le coton conventionnel est produit majoritairement en Chine, en Inde, au Pakistan, au Brésil et aux Etats-Unis.
1 kg de coton émet environ 2.17 kg de CO2 équivalent, soit presque deux fois moins que le polyester !
💡 Bon à savoir : Un t-shirt en coton, c’est aussi l’équivalent de 70 douches, d’où la nécessité de repenser notre consommation de vêtements !
La viscose et le lyocell
La viscose et le lyocell sont des matières artificielles fabriquées à partir de cellulose (bambou, maïs, eucalyptus, hêtre ou soja) et sont biodégradables. Bien qu’elles ne soient pas issues du pétrole, le procédé de transformation de cellulose est lourd. Il nécessite l’utilisation de produits chimiques hautement toxiques qui sont relâchés dans l’atmosphère.
💡 Bon à savoir : En plus du faible impact carbone, le lyocell est à privilégier car les solvants associés sont moins toxiques et peuvent être réutilisés.
1 kg de viscose émet 3.35 kg de CO2 équivalent. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, l'impact carbone du viscose est presque identique à celui du polyester ! Mais la matière la moins carbonée est le lyocell car 1 kg de lyocell génère 0.05 kg de CO2 équivalent (selon les bases de données).Ses émissions sont largement inférieure à toutes les autres matières premières ! Malgré des risques de déforestation d'eucalyptus, elle est considéré comme fibre écologique à produire.
L'alternative écologique : le lin
Le lin est considérée comme l'une des fibres les plus écologiques à produire. Elle ne nécessite que peu d'irrigation et peu de pesticides.
C'est aussi une matière relativement local car 80 à 85% de la production vient de France, de Belgique ou des Pays-Bas. Pourtant elle ne représente aujourd'hui qu'1% des produits textiles.
La phase de transformation : des procédés industriels lourds
La phase de transformation consiste à transformer la fibre en fil puis en tissu. Dans cette phase, on inclut :
La filature ;
Le tissage et le tressage ;
L’ennoblissement ;
La confection.
Ce sont des processus avec une consommation d’énergie excessive car ils ont souvent lieu dans des pays au mix électrique carboné.
Une étude menée par Cycleco démontre que cet impact varie selon le pays :
France : 10.63 kgCO2eq / kg de textile
Euromed : 24.96 kgCO2eq / kg de textile
Turquie : 25.14 kgCO2eq / kg de textile
Chine : 32.08 kgCO2eq / kg de textile
Reste du monde : 25.14 kgCO2eq / kg de textile
Plus le mix énergétique est faible, plus le rejet d’émissions de GES est élevé. Mais la transformation des fibres en tissu est un procédé très énergivore quel que soit le pays.
Selon Quantis, la transformation des fibres génère 76% des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie textile, dont 36% rien que pour l’ennoblissement !
L’ennoblissement (teintures, impressions, blanchiment, etc.) est une des phases de transformation du textile la plus émettrice de la filière. Ennoblir les tissus requiert une très grande quantité de vapeur d’eau, obtenue à partir de gaz.
💡 Bon à savoir : Lors de l'ennoblissement, pour obtenir de la vapeur d’eau, l’eau est chauffée à plus de 130° avec du gaz. Or, le gaz est une énergie très carbonée, ces procédés sont donc très impactant en termes d’émissions de gaz à effet de serre.
Pendant la phase d’ennoblissement, la teinture et le séchage ont aussi un impact significatif sur le bilan carbone du produit textile.
La raison : une consommation d’énergie excessive et des résidus de produits chimiques qui nécessite des traitements énergivores en gaz.
Comment diminuer l’empreinte carbone de l’industrie textile ?
Mettre en place des actions au niveau de la filière
Maintenant que nous avons fait ensemble un état des lieux, comment réduire l’empreinte carbone à l'échelle du secteur ? Quels leviers peut-on actionner ?
Pour décarboner la filière du textile et de l’habillement, plusieurs pistes s’offrent à vous. En voici quelques-unes.
Soutenir la R&D
L’innovation peut contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur, notamment par :
Le développement de nouvelles matières premières écologiques telles que les fibres artificielles issues de sources biosourcées comme la banane ou le bambou ;
L'utilisation de fibres naturelles recyclées et l’extension de la filière de recyclage des fibres avec des exigences environnementales et de qualité;
L'amélioration de l’impact environnemental des matières premières existantes, par exemple les conditions de culture et les pratiques agricoles ;
La conception et l’industrialisation de procédés de ruptures, autrement dit de technologies de production moins énergivores et plus respectueuses de l'environnement, pour l’ennoblissement par exemple.
Étendre la filière du recyclage des produits textile
En améliorant les possibilités de recyclage, on améliore le taux de réemploi et la réparabilité des produits ce qui diminue l’impact environnemental. Plusieurs leviers d’actions sont possibles :
Améliorer les systèmes de collecte ;
Financer et développer des projets de R&D sur le recyclage ;
Développer une filière de recyclage industrialisée à grande échelle.
Former les professionnels du textile à la transition bas-carbone
Chez WeCount, nous sommes convaincus que la formation est un des moyens les plus efficaces pour gagner en connaissances et en compétences.
Intégrer les enjeux climat et éco-conception au cœur des formations initiales textiles ;
Sensibiliser et former les professionnels en entreprise aux enjeux, mais aussi aux leviers de décarbonation qu’ils peuvent mettre en place.
Sensibiliser les consommateurs
En tant qu’entreprise ou pouvoir public, on peut avertir sur les enjeux des modes de consommation de plusieurs manières :
Accélérer le développement de l’affichage environnemental et présenter un score carbone pour permettre au client de faire un choix éclairé ;
Communiquer et sensibiliser à l’impact des matières premières, par exemple en expliquant les différences d’impacts entre matières naturelles, artificielles, synthétiques et recyclées ;
Communiquer et sensibiliser à l’impact de l’utilisation des produits textiles.
Enfin, on peut aussi améliorer la fiabilité des facteurs d’émission en réalisant collectivement des analyses de cycle de vie (ACV) ou en travaillant sur des bases de données communes de facteurs d’émission.
En agissant collectivement on peut créer un effet de levier et diminuer durablement les émissions de GES du secteur !
Vous êtes un acteur de la filière ? Pour découvrir comment réduire vos émissions de CO2e, consultez notre Guide de décarbonation de l'industrie textile. Co-construit par WeCount, l'Union des Industries Textiles et 16 industriels du textile, ce guide regroupe + de 100 idées d'actions de décarbonation accompagnées de 70 d'exemples d'actions réalisées par des industriels du textile.
De quoi vous inspirer dans la construction de votre plan d'action !
Réinventer les modes de consommation
Nos modes de production et de consommation font partie des enjeux décisifs dans la décarbonation de l’industrie textile. Les entreprises peuvent créer ou renforcer la valorisation de pratiques d’achats responsables auprès de leurs clients.
Depuis quelques années, de nouveaux modes de consommation plus respectueux de l’environnement émergent :
La location de produits textile ;
La réparation (soutenue par des lois ou des aides de l’État)
La seconde main ;
Etc.
Adopter ces nouveaux modèles de production et de consommation, c’est faire de votre entreprise un moteur et un leader de la décarbonation au niveau de la filière textile, et plus largement au niveau de la société.
C’est le cas de Décathlonqui s’est donné pour objectif de réduire de 20% ses émissions de CO2 équivalent d'ici à 2026 (par rapport à 2021). (11)
Pour atteindre son objectif, Décathlon fait de l’économie circulaire un pilier de son plan de transition. L’équipementier développe un nouveau modèle économique qui mise sur l’éco-conception, le recyclage, l’allongement de la durée d’usage de ses produits et sur des nouveaux services de réparation, d’occasion et de location. (12)
C’est aussi le cas de la marque 1083. L’entreprise a lancé son modèle économique sur une conviction simple : ses jeans ne doivent pas voyager plus de 1083 km (contre 65 000 km pour la fast-fashion). Un défi réussi puisque l'entreprise a aujourd’hui 100 revendeurs et a été lauréate du plan de relance 2021 pour la création d'un nouvel atelier de confection dans les Vosges. (13)
En réfléchissant dès maintenant à de nouvelles manières de produire, consommer et commercer, vous évoluez en même temps que la réglementation. Et c’est un atout pour votre entreprise car la législation tend de plus en plus vers la durabilité.
Qu’en est-il de la réglementation ?
Depuis quelques années, les pouvoirs publiques visent un objectif global de réduction de l'empreinte carbone du produit textile, depuis la production des fibres jusqu'au mode de consommation.
Loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC)
Loi AGEC et industrie textile
La loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire du 10 février 2020 vise à rendre nos modes de consommation plus durables. Elles touchent l’industrie textile de plusieurs manières, notamment par :
La fin du plastique à usage unique d'ici à 2040 (exemple : emballage e-commerce) ;
La transparence sur les impacts environnementaux des produits ;
L'interdiction de détruire les invendus ;
La création de filières pollueur-payeur (8)
Affichage environnemental des produits textiles
Le but est d’améliorer l'information fournie aux consommateurs concernant les impacts environnementaux des produits pour :
Permettre au consommateur d'identifier rapidement les produits les plus écoresponsables ;
Encourager les entreprises à se tourner vers l’écoconception et une production responsable ;
Le décret n° 2022-748 du 29 avril 2022
Publié en application de l'article 13 I de la loi AGEC, ce décret encadre les informations environnementales fournies aux consommateurs pour les produits susceptibles de générer des déchets (4).
Pour les produits textiles, les entreprises doivent désormais fournir une fiche-produit dématérialisée détaillant les caractéristiques environnementales, notamment :
La directive CSRD renforce la réglementation en matière de reporting de durabilité. Toutes les grandes entreprises et les PMEs sont concernées dès 2025.
La CSRD impose notamment des obligations en termes de transparence et fiabilité de l’information durable, pour les consommateurs, mais surtout pour les investisseurs.
Ainsi, la législation tend de plus en plus vers une diminution de l’empreinte carbone du textile via des modes de production et de consommation raisonnés.
En synthèse
Pour décarboner la filière textile, il est nécessaire d’agir sur la surconsommation et la surproduction en réduisant les volumes à l’échelle mondiale.
Comment agir à l'échelle de l’entreprise ?
L'industrie dispose de six leviers d'actions principaux pour réduire l'empreinte carbone du secteur :
Agir sur les matières premières ;
Améliorer l'efficacité énergétique ;
Accroître la durabilité des produits pour réduire le volume de consommation ;
Encourager une consommation écoresponsable ;
Renforcer les régulations et les mesures incitatives par les autorités ;
Renforcer la collaboration sectorielle (référentiel commun, mutualisation des achats, R&D, etc.)
Les initiatives de l'UIT et de WeCount visent à soutenir la décarbonation de l’industrie du textile & de l’habillement. Le guide de décarbonation du textile est la première étape d'un effort collaboratif et continu pour aider le secteur à réduire durablement son impact carbone.
Vous préférez le format vidéo ?
Regardez notre webinaire sur la décarbonation de l'industrie textile. Nous y avons réuni 6 experts et professionnels pour parler des leviers pour décarboner les entreprises du secteur.
Vous souhaitez accélérer la transition climat et esg de votre entreprise ?
Inspirez-vous de trois acteurs textiles engagés : Thuasne, Balas Textile et Promod ! 👕
La transition écologique est un enjeu majeur pour les entreprises textiles. Mais par où commencer ? Comment aller plus loin dans la réduction de vos émissions carbone ? A l’heure de la CSRD, comment anticiper et répondre aux exigences réglementaires et à celles de vos clients ? 🌍
Pour vous éclairer et vous inspirer, l'UIT, UNITEX, l'ADEME et Wecount vous invitent à découvrir :
-> Les témoignages de Promod, Thuasne et Balas Textile qui vous partageront leurs retours d'expérience :
Pourquoi se sont-ils lancés dans une démarche de décarbonation de leurs activités ?
Quelles sont leurs bonnes pratiques et conseils pour piloter une stratégie climat ?
-> Les outils et les dispositifs d’accompagnements dédiés au secteur textile, déjà utilisés par 50 entreprises du secteur :
Programme Bilan Carbone
Programme ACT Pas-à-Pas de l’ADEME dédié au secteur du textile, et comment il permet d’initier la CSRD
4 milliards de tonnes de CO2e par an, ce sont les émissions de CO2e générées par l’industrie du textile dans le monde. En 2050, le secteur textile émettrait même 26 % des émissions globales de GES si les tendances actuelles de consommation se poursuivent *
Les industries textiles françaises doivent respecter des standards environnementaux et sociaux parmi les plus exigeants de la planète. L'Union des Industries Textiles s'engage pour les accompagner et les aider à relever les défis du changement climatique.
L'objectif de ce webinaire : partager un état des lieux des enjeux climat pour le secteur textile en France et fournir des recommandations sur les leviers d’actions.
Les thématiques abordées lors de ce webinaire :
Pourquoi les entreprises du textile et de l’habillement doivent accélérer leurs travaux en matière de décarbonation ? (réglementation, pression parties prenantes, etc.)
Comment réaliser un bilan carbone robuste et fiable dans le secteur du textile et de l’habillement ? (témoignage d’une entreprise textile)
Quelles initiatives sont déployées par l’UIT pour aider les entreprises du secteur à se décarboner ? (présentation du dispositif des Promotions Climat WeCount et subventions associées)
Décarbonez ensemble l'industrie du textile et de l'habillement !
L’UIT (Union des Industries Textile) et WeCount ont travaillé main dans la main pour créer un guide de décarbonation complet et actionnable. 16 entreprises françaises du textile se sont portées volontaires pour se former et réaliser ensemble leur bilan de gaz à effet de serre et leur stratégie climat. Nous avons consigné leur expérience dans un guide pour allier les connaissances théoriques et la pratique.
Un objectif : accompagner les entreprises du textile qui souhaitent s’engager dans la transition bas-carbone à réaliser leur bilan de gaz à effet de serre, définir leur stratégie climat et déployer leur plan d’action.
Le bilan carbone d’une entreprise type de l’industrie textile ;
Les leviers d’actions pour réduire vos émissions.
Avec en bonus des retours d’expériences et une liste d’actions concrètes à mettre en place !
Le webinaire de lancement du guide
Vous souhaitez écoutez le témoignage d'expertes et d'entreprises du textile qui ont contribué à ce guide ?
Visionnez notre webinaire sur comment décarbonner les entreprises du textile et de l'habillement avec l'UIT, Boldoduc, Eric Bompard et Mathilde Ronze, notre experte textile !
Autre constat tiré de cette même étude, 75% des responsables RSE sont peu ou non impliqués dans les choix liés au déploiement de ces outils. Résultat : des décisions sont prises pour accélérer l'innovation sans toujours considérer leur impact environnemental. Pourtant, l'IA n'est pas immatérielle, elle repose sur des infrastructures énergivores, des data centers et des chaînes d'approvisionnement complexes.
À mesure que ses usages se multiplient, cela peut peser lourd sur votre Bilan carbone® entreprise. Alors, quelle est réellement l'empreinte carbone de l'intelligence artificielle ? Comment la mesurer ? Quels leviers pour la réduire ? Et surtout, comment intégrer cet enjeu dans votre stratégie RSE ?
Dans cet article, nous décortiquons l'empreinte carbone de l'IA.rdres de grandeur, bonnes pratiques, réglementations, et outils pour agir dès maintenant au sein de votre entreprise !
Un enjeu stratégique croissant pour les entreprises : Selon un rapport de l’UNEP, le nombre de data centers est passé de 500 000 en 2012 à 8 millions en 2025, consommant 415 TWh d'électricité en 2024 (ADEME). Pourtant, 97% des entreprises n'ont pas encore pris en compte l'impact environnemental de leur IA (Fondation Thomson Reuters), s'exposant à des risques de non-conformité réglementaire et de contradiction avec leurs objectifs ESG.
Des leviers d'action concrets existent : Optimiser les modèles, choisir des infrastructures sobres, limiter les usages non essentiels (génération d'image/vidéo), privilégier les modèles "frugaux". La sobriété numérique s'applique aussi à l'IA ;
Une obligation de transparence qui se renforce : La CSRD impose désormais de mesurer et déclarer l'impact carbone du numérique, dont l'IA.
Quelle est l'empreinte carbone de l'IA ?
L’impact environnemental des systèmes d'IA
L'empreinte carbone de l'intelligence artificielle regroupe l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre générées tout au long du cycle de vie d'un système d'IA.
Elle se décompose en quatre grands éléments :
L'entraînement des modèles
C'est la phase où le modèle "apprend" à partir de millions (voire milliards) de données.
Cette étape est très énergivore car elle mobilise des milliers de GPU (processeurs graphiques) pendant des jours, voire des semaines.
Plus le modèle est complexe (comme GPT-4, Claude, ou les modèles d'IA générative d'images), plus cette phase consomme d'énergie.
L'inférence et l'usage quotidien
C'est la phase d'utilisation.
Chaque fois qu'un utilisateur pose une question à ChatGPT, génère une image avec Midjourney ou analyse un document avec une IA, le modèle “infère” une réponse.
L’usage quotidien dépasse rapidement l’empreinte initiale de l’entraînement.
Selon une étude publiée en 2024 par l’Association for Computing Machinery (ACM), il faudrait 200 à 600M de requêtes pour que l'énergie dépensée par l’usage soit supérieure à celle utilisée pour l'entraînement, pour des modèles allant de 560M à 7 milliards de paramètres.
Avec plusieurs millions d’utilisateurs par jour, ce seuil peut être franchi en quelques semaines seulement. À titre d’exemple, lors de la conférence OpenAI DevDay en octobre 2025, Sam Altman (fondateur de l’entreprise), revendiquait environ 800M d'utilisateurs quotidiens.
Plus largement, une analyse du modèle BLOOM (176 milliards de paramètres) montre que, sur l’ensemble de son cycle de vie, la phase d’inférence peut représenter entre 70 et 80 % des émissions totales lorsque le modèle est massivement utilisé.
environ 50 % correspond à l’infrastructure nécessaire au fonctionnement des data centers (refroidissement, réseau, serveurs en veille, stockage).
Ces ordres de grandeur rappellent un point essentiel : l’enjeu ne se situe pas seulement dans la conception des modèles, mais aussi dans les arbitrages d’usage au quotidien.
C’est justement ce que rappelait Mujahed Darwaza, Consultant climat et expert numérique chez Carbone 4 lors de notre webinaire IA : mode d’emploi pour les responsables RSE avec Marine Fouquet, CTO et Responsable Climat de WeCount et Guilhem Isaac Georges, VP Sustainability de Contentsquare,
"L'IA est un outil. C'est nous qui décidons ce dont on a envie d'en faire. Il y a des questions critiques à se poser comme “est-ce que le temps que je gagne est significatif ?”; “suis-je conscient des biais et des erreurs potentielles du modèle que j’utilise ?”, “L’impact de l’usage de l’IA est-il inférieur au problème que je cherche à résoudre ?”.”
Le matériel et son cycle de vie
La fabrication des serveurs, GPU, et autres équipements nécessaires à l'IA génère également des émissions. À cela s'ajoute leur fin de vie (recyclage, destruction).
Sources : Analyses Carbone 4, Estimating the Carbon Footprint of BLOOM, S. Lucionin et al., 2023
📝A noter : Notons ici que l’impact de l’IA va bien au-delà du carbone. En effet, pour fonctionner, l’IA nécessite également l’usage de ressources abiotiques (minerais) et de l'eau. Il faut par exemple environ 200 kg de minerais pour fabriquer un simple ordinateur. L’entraînement de GPT-3 (la version en usage jusqu’à mars 2023 du robot conversationnel d’OpenAI) aurait consommé 700 000 litres d’eau dans les centres de données de Microsoft basés aux États-Unis.
Lien entre IA et l'empreinte carbone numérique
L'IA s'inscrit dans un enjeu plus large : l'empreinte carbone du numérique.
En 2024, selon les données partagées par L’ADEME et l’Autorité de Régulation des Communications (ARCEP), le numérique représente déjà environ 4,4% des émissions de GES de la France.
L'IA vient amplifier cet impact :
Elle nécessite plus de puissance de calcul que les usages numériques traditionnels ;
Elle accélère la construction de nouveaux data centers ultra-énergivores (certains peuvent consommer l'équivalent de 2 millions de foyers, selon l'International Energy Agency) ;
Elle pousse à renouveler plus fréquemment le matériel pour suivre les exigences de performance.
Ordres de grandeur : combien émet vraiment l'IA ?
La consommation énergétique de l’IA et sa répartition
Selon une analyse de Carbone 4, plus de 85% des émissions carbone d'une IA générative proviennent de la consommation électrique des data centers, répartie entre :
L'entraînement des modèles : impact ponctuel mais très élevé ;
L'utilisation (inférence) : comme nous l’avons vu précédemment, cela correspond ici à l’impact continu qui s’accentue avec le nombre d'utilisateurs.
☝️ Exemple : L'entraînement initial de GPT-3 aurait généré environ 500 tonnes de CO₂e. Mais une fois le modèle déployé et utilisé par des millions de personnes quotidiennement, l'usage cumulé dépasse très largement l'impact de l'entraînement.
📝A noter : Plus un modèle est adopté, plus son impact bascule vers l'usage quotidien. C'est là que réside l'effet rebond. Chaque nouvelle fonctionnalité IA adoptée par une entreprise multiplie l'impact.
Empreinte carbone de l’IA : comparaison des principaux usages
Pour mieux comprendre l'impact de l'IA, voici quelques ordres de grandeur :
Requête texte (ChatGPT, Claude, etc.) : environ 2 à 15gCO2e ;
Génération d'image (Midjourney, DALL-E, etc.) : environ 100 à 500gCO2e, soit 60 fois plus qu'une requête texte ;
Pour découvrir d’autres données, n’hésitez pas à faire un tour sur le site impactco2.fr
Variabilité selon modèles, localisation, infrastructure
L'empreinte carbone d'une requête IA varie énormément selon :
Le modèle utilisé : On distingue les modèles "légers" (comme GPT-3.5) et les modèles “lourds” (comme GPT-4 ou Claude Opus). Le modèle léger compte quelques millions à quelques centaines de millions de paramètres, avec une architecture simplifiée. La taille du fichier est souvent réduite (quelques Mo à quelques centaines de Mo).
À l’inverse, un modèle lourd comprend plusieurs milliards à plusieurs centaines de milliards de paramètres, avec une architecture complexe et profonde. La taille du fichier est généralement conséquente (plusieurs Go à plusieurs centaines de Go).
Critère
Modèle léger
Modèle lourd
Paramètres
Millions
Milliards
Taille du fichier permettant d’utiliser le modèle
Mo
Go
Performance
Tâches simples/spécifiques
Tâches complexes/variées
Matériel requis
Standard (CPU/GPU modeste)
Puissant (GPU/TPU multiples)
Consommation
Faible
Très élevée
Empreinte carbone
g à kg CO₂e
Tonnes CO₂e
Déploiement
Local (edge, mobile)
Cloud (data centers)
Coût
Faible
Élevé
La localisation des data centers : Un data center alimenté par une électricité bas-carbone (nucléaire, renouvelable) émet beaucoup moins qu'un data center alimenté au charbon ou au gaz.
L'architecture technique : Les modèles hébergés sur des infrastructures optimisées (processeur (CPU) vs carte graphique (GPU), refroidissement efficace, virtualisation) consomment moins que des architectures anciennes ou mal dimensionnées.
✨Notre conseil : Si vous choisissez un fournisseur d'IA, interrogez-le sur la localisation de ses data centers et le mix énergétique utilisé.
Le problème de la transparence : peu de données fiables sur l'impact de l'IA
L'industrie de l'IA reste en 2025 encore très opaque, rendant difficile toute évaluation précise de son impact environnemental.
À part Mistral IA, qui a réalisé la 1ère ACV d’un modèle IA (nous y reviendrons plus bas), aucun autre acteur du marché n’a encore enclenché le pas. Cela pose la question d’une éventuelle réglementation qui viserait à obliger ces dernières à réaliser une ACV. Voici cependant une donnée que l’on voit souvent.
"Une requête ChatGPT = 10 recherches Google".
Voilà un chiffre qui circule partout depuis 2023 et apparaît dans la grande majorité des articles sur l'empreinte carbone de l'IA. Le problème est que, comme le souligne le média Bonpote, il repose sur des bases fragiles.
Une publication scientifique récente a retracé l'origine de cette statistique : elle provient d'une remarque faite à la volée par John Hennessy (président d'Alphabet) lors d'une interview Reuters en 2023, où il estimait qu'une interaction avec une IA "coûtait probablement 10 fois plus" qu'une recherche Google classique.
Trois faiblesses majeures :
John Hennessy n'a aucun lien avec OpenAI ou Microsoft (qui fournit l'infrastructure de ChatGPT) : son commentaire repose sur des informations de seconde main.
Le chiffre de référence de Google date de 2009 (0,3 Wh par recherche)
Aucune donnée vérifiable : les géants de l'IA (OpenAI, Microsoft, Google) ne communiquent quasiment aucune donnée fiable sur la consommation réelle de leurs modèles.
Pourquoi l'empreinte carbone de l'IA devient un enjeu stratégique pour les entreprises ?
Explosion des usages IA dans les organisations
Maintenant, parlons des répercussions concrètes pour les entreprises.
Selon notre dernière étude WeCount menée auprès de plus de 500 professionnels RSE, 63% des entreprises ont déjà déployé des outils d'IA, et seulement 8% affirment ne pas vouloir s'y engager.
Cette adoption massive s'accompagne d'une multiplication des usages :
Génération d'images et de vidéos (marketing, communication) ;
Analyse de données (reporting, aide à la décision) ;
Automatisation de processus (RH, finance, logistique).
Si l’usage de l’IA devient la norme, le cadrage du sujet laisse quant à lui souvent à désirer.
Selon l’étude “IA & RSE : où en sont les organisations en 2026”, 75 % des responsables RSE ne sont pas ou peu impliqués dans les choix liés au déploiement de ces outils. Pire, 64% souhaitent mesurer l'impact carbone de l'IA… Mais ne savent pas comment procéder. Cette difficulté s'explique par le manque de standards méthodologiques et l'opacité des fournisseurs de modèles sur leurs données d'entraînement et d'infrastructure.
Et cela crée un risque majeur : le déploiement d'outils énergivores sans garde-fous environnementaux ou éthiques. Cette mise à l'écart empêche d'intégrer les critères de sobriété dès la conception, reléguant la RSE à un rôle de "pompier" qui doit gérer les impacts a posteriori.
✨Notre conseil : Lors de notre webinaire “IA : mode d’emploi pour les responsables RSE”, nous vous parlions d’ailleurs du cas inspirant de l’entreprise Content Square. Cette dernière a ainsi choisi d’intégrer un disclaimer dans chacune de leur présentation autour de l’IA. Une bonne pratique simple et efficace pour sensibiliser les équipes aux enjeux de l’IA.
Risque réputationnel : greenwashing vs greenhushing
L'IA crée un dilemme de communication pour les entreprises engagées :
Scénario 1 (le greenwashing involontaire) : Une entreprise communique sur ses engagements climat, mais déploie massivement l'IA sans mesurer son impact. Elle peut alors se faire attaquer sur l'incohérence entre son discours RSE et ses pratiques numériques.
Scénario 2 (le greenhushing par peur) : Une entreprise utilise l'IA de manière sobre (par exemple, pour automatiser de la traduction ou du sous-titrage, avec un impact carbone très faible), mais choisit de ne pas en parler par peur d'être critiquée. Dans ce cas, elle se prive d'un levier de transparence et de pédagogie.
✨Notre conseil : Mesurer, documenter, communiquer. Expliquez pourquoi vous utilisez l'IA, pour quels usages, avec quel impact, et quelles mesures de sobriété vous avez mises en place.
La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose aux entreprises de mesurer et déclarer l'impact carbone de leur numérique, dont l'IA.
Concrètement, cela signifie :
Intégrer l'IA dans votre bilan carbone ;
Documenter vos usages et leur impact ;
Expliquer votre stratégie de réduction.
Les entreprises qui ne mesurent pas l'empreinte carbone de leur IA s'exposent à :
Des audits défavorables ;
Une perte de crédibilité auprès des investisseurs ESG ;
Un désavantage concurrentiel face aux entreprises transparentes.
Coûts énergétiques et performance opérationnelle
Au-delà de l'impact climatique, l'IA a un coût énergétique qui pèse directement sur la rentabilité :
Factures en hausse : Plus vous utilisez l'IA, plus vos coûts d'infrastructure augmentent. Par ailleurs, les grandes plateformes d'IA (OpenAI, Google, Microsoft) facturent à l'usage. Une utilisation non maîtrisée peut faire exploser les budgets ;
Effet rebond : Le gain de productivité promis par l'IA peut être annulé par une surconsommation d'usages non essentiels.
✨Notre conseil : Avant de déployer une IA, challengez le besoin réel. Est-ce vraiment nécessaire ? Une automatisation classique ne suffirait-elle pas ? Ensuite, posez des questions à votre DSI ou aux personnes qui travaillent sur les sujets de déploiement. Ils vous aideront à choisir un modèle et une architecture optimisée.
Comment réduire l’empreinte carbone de l’IA ?
Sobriété numérique et IA : 8 bonnes pratiques à retenir
Pour réduire l'empreinte carbone liée à l’usage de l’IA au sein de votre entreprise, notre équipe a compilé 8 pistes alliant sobriété à la source et sobriété d’usage, mesure et gouvernance technique, réallocation du temps humain :
Questionner l'utilité réelle : Avant tout déploiement, demandez-vous si l'IA est strictement nécessaire ou si le besoin peut être résolu par une automatisation classique ou une interaction humaine.
Être radical sur les usages non essentiels : Découragez fortement la génération d'images et de vidéos pour les équipes dont ce n'est pas le cœur de métier, car leur coût énergétique est 100 à 10 000 fois supérieur à celui d'une requête de texte. Mettez leur par exemple une banque d'images et de vidéos à disposition.
Mettre en place des garde-fous : Intégrez des "disclaimers" dans les outils pour sensibiliser les collaborateurs au coût carbone de chaque requête au moment où ils l'utilisent.
C’est par exemple ce que fait Contentsquare (comme nous l’évoquions plus haut) avec son AI Disclaimer intégré à chaque présentation interne pour donner des ordres de grandeur concrets sur les impacts de l’IA, par exemple en comparant la consommation électrique de certains data centers à celle de millions de foyers. Cette action a suscité une prise de conscience collective et des collaborateurs ont ainsi pris l’initiative de développer un agent interne Dust “Small AI Tasks”, basé sur Gemini Flash Lite, conçu pour répondre aux petites requêtes du quotidien avec une consommation énergétique minimale. Il fait aujourd’hui partie des outils les plus utilisés en interne.
Utiliser des calculateurs tiers : Recourez à des outils comme EcoLogits ou Vittascience pour estimer l'impact carbone et privilégier les modèles dits "frugaux". Vous pouvez également utiliser le site comparia.beta.gouv qui permet de découvrir en direct l’impact environnemental de vos discussions selon le modèle d’IA utilisé.
Évaluer le ROI environnemental : Ne mesurez pas seulement le gain de temps, comparez-le systématiquement à l'impact carbone généré, en restant vigilant à l’effet rebond.
Optimiser l'architecture : Dialoguez avec les équipes techniques pour choisir des modèles paramétrables et des centres de données situés dans des pays avec un mix électrique bas-carbone (comme la France par exemple).
Préserver l'autonomie intellectuelle : Assurez-vous que l'entreprise ne devienne pas dépendante d'une "boîte noire". Il est impératif de garder la main sur la méthodologie et de pouvoir effectuer les tâches sans IA si nécessaire pour éviter toute perte de compétence.
Automatiser pour libérer : Utilisez l'IA pour les tâches chronophages à faible valeur ajoutée (collecte de données, pré-rédaction de rapports, notes de réunions, etc) afin de réinvestir le temps gagné dans la conduite du changement et la stratégie, là où l'intelligence humaine est irremplaçable.
L’objectif à terme, c’est d’inverser cette pyramide et d’avoir ainsi plus de temps pour le déploiement de votre plan d’actions.
Côté collecte et reporting, vous garderez une expertise et vos travaux seront également plus fiables et solides pour construire votre plan de transition. Il s’agit donc de vous permettre d’avoir plus de temps sur le terrain avec les équipes, et moins dans les bureaux en train de faire du reporting.
C’est d’ailleurs également vrai pour vos parties prenantes : vous pourrez moins les solliciter pour de la collecte de données ou du reporting mais la mise en oeuvre d’actions concrètes et de collaboration
4 étapes pour cadrer un projet IA de manière responsable
Voici la méthode en 4 étapes recommandée par WeCount pour auditer tout nouveau projet IA avant son déploiement :
Étape 1 : Challenger le besoin (Sobriété à la source)
Avant de parler technologie, questionnez l'utilité réelle du projet.
Questions clés à poser :
A-t-on vraiment besoin d'IA générative pour répondre à ce besoin ?
Une automatisation classique ne suffirait-elle pas ?
Le gain attendu justifie-t-il l'impact carbone ?
L'IA ne doit être déployée que si elle est strictement nécessaire. Beaucoup de besoins peuvent être résolus par des solutions plus sobres (automatisation simple, FAQ documentée, processus optimisé).
Étape 2 : Viser la juste mesure (Sobriété d'usage)
Si l'IA est justifiée, construisez des architectures hybrides où l'IA n'est sollicitée que pour les tâches complexes, et non par défaut pour l'intégralité du processus.
Exemples d'architectures hybrides :
Utiliser une recherche classique pour les requêtes simples, et l'IA uniquement pour les cas complexes ;
Limiter l'IA générative aux étapes où elle apporte une vraie valeur ajoutée ;
Combiner automatisation classique + IA ponctuelle.
Étape 3 : Évaluer le ROI environnemental
Ne regardez pas uniquement le gain de temps ou de productivité. Comparez-le à l'impact carbone, sans oublier les risques d'effets rebonds.
Comment évaluer le ROI environnemental ?
Utilisez des calculateurs tiers comme EcoLogits ou Vittascience pour estimer l'impact ;
Comparez le coût carbone à l'alternative (faire la tâche manuellement, utiliser un outil classique) ;
Évaluez le risque d'effet rebond : le temps gagné sera-t-il réinvesti utilement ou générera-t-il de nouveaux usages énergivores ?
Sortez du flou. Mesurez avant de déployer, même avec des ordres de grandeur.
Étape 4 : Optimiser l'architecture (Dialogue avec la DSI)
Si le projet est validé, il doit être éco-conçu. Interrogez vos équipes techniques sur les choix d'architecture et de modèles.
Questions à poser à votre DSI ou aux personnes en charge du déploiement :
À quel point a-t-on la main sur les modèles ?
Où les capacités sont-elles allouées (pays et mix électrique) ?
Les modèles sont-ils paramétrables ?
De quelle performance avons-nous réellement besoin ?
Quelle est l'évaluation du coût de l'entraînement ?
Peut-on utiliser des modèles plus légers (quantization, pruning) ?
Challenger les choix techniques pour s'assurer que l'architecture est la plus sobre possible tout en répondant au besoin.
Cette méthode en 4 étapes permet aux responsables RSE de reprendre la main sur les projets IA et de s'assurer qu'ils sont alignés avec la stratégie climat de l'entreprise. Ne subissez plus l'IA, pilotez-la !
Où intégrer l’IA dans un bilan carbone ?
La majorité des entreprises utilisent des solutions IA via des services cloud (OpenAI, Microsoft, Google, etc.). Dans ce cas, c’est le scope 3 qui entre en jeu puisque les émissions associées relèvent des “achats de services” ou des “services numériques externalisés”.
Si l’entreprise exploite ses propres infrastructures, cela rentre alors plutôt dans le scope 2, dans la partie “consommation électrique des serveurs internes” ou dans des cas plus rares au scope 1 en lien avec les “émissions directes liées à l’énergie si des installations spécifiques sont opérées”.
Le véritable enjeu n’est pas le classement technique dans un scope, mais la capacité à :
Identifier ces émissions ;
Documenter les hypothèses de calcul ;
Les intégrer dans une trajectoire de réduction des émissions.
Qu’entend-on par IA responsable et quels enjeux ?
Nous l’avons vu, l'IA n'est pas écologique pour une raison simple : chaque requête, chaque entraînement de modèle, chaque génération d'image mobilise des infrastructures énergivores qui consomment électricité, eau et métaux rares à grande échelle.
Heureusement, il est possible de tendre vers un modèle plus sobre. Explications.
Zoom sur la notion d'IA responsable
L'IA responsable ne se limite pas à l'éthique ou à la transparence algorithmique. Elle intègre aussi la sobriété environnementale.
Une IA responsable, c'est :
Une IA utile : elle répond à un besoin réel, pas à un effet de mode ;
Une IA sobre : elle utilise le modèle le plus léger possible pour le besoin ;
Une IA transparente : l'entreprise mesure et communique son impact ;
Une IA durable : elle s'inscrit dans une stratégie climat à long terme.
Rôle des éditeurs, hyperscalers et entreprises
La responsabilité est partagée.
Les éditeurs d'IA (OpenAI, Google, Anthropic, etc.) doivent :
Optimiser leurs infrastructures ;
Proposer des modèles sobres en option ;
Publier l'empreinte carbone de leurs modèles (Mistral AI l’a fait comme vous pouvez le voir sur le visuel ainsi que l’étude réalisée avec Carbone 4).
Les hyperscalers (Microsoft, AWS, Google Cloud), donc les datacenters à grande échelle spécialisés dans la fourniture de grandes quantités de puissance de calcul et de capacité de stockage aux organisations et aux individus du monde entier, doivent :
Utiliser des énergies renouvelables ;
Optimiser le refroidissement et la consommation ;
Offrir de la transparence sur le mix énergétique.
Nous l’avons évoqué dans une partie précédente, pour tendre vers une IA plus durable, les entreprises utilisatrices doivent :
Adopter une stratégie de "Sobriété à la source" ;
Intégrer une gouvernance RSE dès la conception :
Pratiquer la "Sobriété d'usage" au quotidien ;
Responsabiliser et Mesurer l'impact ;
Inverser la pyramide du temps humain.
Vers des standards et référentiels
Plusieurs initiatives émergent pour standardiser la mesure de l'empreinte carbone de l'IA :
ISO 14001 : Intégration progressive de l'IA dans les normes environnementales
Calculateurs tiers : EcoLogits, Vittascience, Carbon Tracker, etc.
AI Act européen : Impose des obligations de transparence sur l'impact environnemental des IA à haut risque
Ce que dit la réglementation au sujet de l’empreinte carbone IA
La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) n’impose pas explicitement de publier “l’empreinte carbone de l’IA” en tant que telle. En revanche, elle oblige les entreprises soumises à déclarer l’ensemble de leurs émissions significatives de gaz à effet de serre, dans le cadre des normes ESRS, notamment ESRS E1 (liée changement climatique).
Or, les usages numériques, y compris l’IA, entrent pleinement dans ce périmètre lorsqu’ils représentent un poste d’émission matériel. Concrètement, cela signifie que :
Les émissions liées aux services cloud et aux outils IA utilisés par l’entreprise doivent être intégrées dans le bilan carbone (généralement en scope 3) ;
Si l’entreprise développe ou héberge ses propres modèles, les consommations électriques associées relèvent des scopes 1 et 2 ;
Dans une logique de double matérialité, l’entreprise doit évaluer si ses usages numériques constituent un enjeu matériel du point de vue climat.
L’IA ne fait donc pas l’objet d’une obligation spécifique. L’analyse de son impact doit en revanche être intégrée dans le reporting lié à la CSRD.
Comment WeCount peut vous aider dans la mesure de votre empreinte carbone IA ?
Chez WeCount, nous accompagnons les entreprises dans la mesure et la réduction de leur empreinte carbone, y compris celle liée à l'IA.
Notre approche combine :
Le programme Promotion Climat : cet accompagnement se déroule sur 4 mois et combine accompagnement individuel par un expert, formation des équipes et ateliers collectifs réunissant plusieurs entreprises. Ce format permet de structurer la démarche en interne en définissant une trajectoire de réduction crédible et ambitieuse, tout en bénéficiant des retours d’expérience et de la dynamique d’un groupe confronté aux mêmes enjeux.
Une plateforme de reporting carbone intuitive : cette dernière vous permet de faire gagner du temps à vos équipes RSE dans la collecte de données et le reporting, le passage à l’action et le pilotage de votre stratégie climat. La plateforme dispose par exemple de modules de recommandation automatique des facteurs d’émission selon les données importées, de complétion automatique des données CSRD/VSME via vos documents (ex : DPEF) mais aussi et surtout de suggestions d’actions de réduction adaptées à vos enjeux.
Quelle est l'empreinte carbone de l'intelligence artificielle ?
L'empreinte carbone de l'IA regroupe les émissions générées tout au long de son cycle de vie : entraînement des modèles, usage quotidien (inférence), consommation des data centers et fabrication du matériel. Selon une étude Carbone 4, plus de 85% des émissions proviennent de la consommation électrique des data centers.
Quelle est l'empreinte carbone de ChatGPT ?
Selon le site de la Délégation Régionale Académique au Numérique Éducatif, une requête d’environ 400 tokens sur ChatGPT / GPT-4o mini (modèle à 35 milliards de paramètres) consomme environ 2 Wh d’électricité (ou 2 g de CO2 rejeté), soit plus de 6 fois la consommation d’une recherche Google classique estimée à 0,3 Wh. Pour ce qui est de l’impact global de l’outil ChatGPT, aucun rapport n’a été publié à ce jour par l’entreprise.
Comment intégrer l'IA dans un bilan carbone entreprise ?
Plusieurs pistes. Il est possible de cartographier et quantifier les usages de l'IA par typologie et par équipe. Ensuite, pour chaque usage, l’enjeu est d’indiquer le type de modèle utilisé et la localisation des serveurs où le modèle tourne. Enfin, il s’agit d’associer à chaque usage identifié un facteur d'émission.
Quels leviers pour réduire l'impact carbone de l'IA ?
Quelques exemples de bonnes pratiques pour réduire l'empreinte carbone de vos projets IA : questionnez l'utilité de l'IA avant tout déploiement, limitez les usages non essentiels (images/vidéos), mesurez le ROI environnemental, utilisez un doc disclaimer en interne, optimisez l'architecture technique (modèles frugaux, data centers bas-carbone).
L'IA est-elle compatible avec une stratégie climat ambitieuse ?
Si l'IA s'impose massivement, la fonction RSE reste encore trop souvent spectatrice : 75 % des responsables ne sont pas impliqués ou peu consultés dans les choix (étude WeCount). Pourtant, sans leur expertise, l'entreprise risque la « boîte noire » environnementale et l'effet rebond. Votre rôle est de transformer cette contrainte technologique en levier de transition.
Consommation d’eau de l’IA, un impact méconnu ?
Selon une étude de Cell Press, l'empreinte hydrique des systèmes d'intelligence artificielle pourrait représenter entre 312,5 et 764,6 milliards de litres d'eau pour l'année 2025. C’est plus que la consommation mondiale annuelle d’eau en bouteille. Un poids considérable qui souligne l’importance de la prise en compte de l’ensemble des impacts de l’IA sur la planète.
Quelle est l’empreinte carbone d’une image générée par IA ?
Selon une récente étude, elle serait d’environ 100 à 500gCO2e, soit 60 fois plus qu'une requête texte.
Ce chiffre reste un minimum : la publication n’étant pas systématique, le nombre réel d’organisations engagées est probablement plus élevé.
La fiabilité d’un bilan carbone repose toutefois sur un élément déterminant : la qualité des facteurs d’émission utilisés. Ce sont eux qui permettent de convertir des données d’activité (kWh, kilomètres, euros, tonnes…) en émissions de gaz à effet de serre. Des facteurs imprécis, obsolètes ou mal adaptés peuvent conduire à des résultats biaisés et à des décisions mal orientées.
C’est précisément pour répondre à ce besoin que la Base Empreinte® s’est imposée comme la base de données de référence en France pour le calcul des émissions de gaz à effet de serre. Alors que contient-elle réellement ? À quoi sert-elle concrètement ? Comment l’utiliser dans un bilan carbone ou un reporting climat ? Et quelles sont ses limites ? On vous partage tous nos conseils.
A retenir
Une base de données officielle de référence : La Base Empreinte® (fusion Base Carbone® + Base Impacts®) regroupe plus de 3 000 facteurs d'émission gratuits, fournis par l'ADEME. Elle repose sur 6 principes : multi-réglementaire, vision élargie, consistance, transparence, ouverture et gouvernance partagée.
Un levier stratégique pour les entreprises : Elle constitue un référentiel sur lequel s’appuyer pour sécuriser ses démarches climat (réalisation d’un BEGES, reporting CSRD), fiabiliser son Bilan Carbone, piloter sa décarbonation, renforcer sa crédibilité et accéder à certains dispositifs de financements.
Un fonctionnement simple et pratique : Les facteurs d'émission convertissent des données d'activité (kWh, km, kg) en émissions CO₂ équivalent. Deux types : facteurs basés sur des données physiques (précis) et monétaires (dernier recours). Organisation par catégories d’émissions (énergie, transport, achats…) avec fiches techniques détaillées (méthodologie, sources, niveau d’incertitude).
Des limites à compenser : Facteurs génériques (moyennes nationales), incertitudes variables, données parfois datées ou manquantes. À compléter avec d'autres bases sectorielles (INIES, Agribalyse, Ecoinvent) pour plus de précision.
Des bonnes pratiques indispensables : Choisir les facteurs les plus spécifiques, mettre à jour régulièrement, analyser les incertitudes, comprendre la méthodologie et utiliser des plateformes intégrées pour automatiser l'accès et garantir la traçabilité.
Qu’est-ce que la Base Empreinte® ?
Une fusion entre la Base Carbone® et la Base Impact®
La Base Empreinte® est une base de données publique française qui regroupe des facteurs d'émissions et des jeux de données d'inventaire nécessaires à l'évaluation de l'empreinte carbone de produits, services et activités. Cette base regroupe les données de deux bases existantes : la Base Carbone® et la Base Impact®.
Voilà un aperçu de la page d'accueil de la base Empreinte®
L’objectif de la Base Empreinte®
L'objectif de cette base gérée et mise à disposition par l’ADEME est simple : démocratiser l'accès à des données environnementales fiables et officielles pour permettre à tous les acteurs, entreprises, collectivités, associations, bureaux d'études de mesurer leur impact environnemental de manière rigoureuse et harmonisée.
La plateforme qui référence les facteurs d’émission
Les facteurs d’émission permettent de convertir directement des données d’activité (kWh consommés, kilomètres parcourus, tonnes de matériaux, euros dépensés…) en émissions de CO₂ équivalent (CO₂e).
Mise à disposition par l’ADEME, cette base est un référentiel national pour les entreprises, collectivités, bureaux d’études et consultants, garantissant cohérence méthodologique et socle commun de données dans les démarches de comptabilité carbone.
Un référentiel ouvert et accessible
Concrètement, la Base Empreinte® fonctionne comme un référentiel ouvert et accessible où chaque facteur d'émission est documenté avec précision. Pour chaque élément, plusieurs données sont partagées :
La méthodologie de calcul utilisée ;
Les sources et la documentation technique ;
La valeur du facteur d'émission (exprimée en kg CO2 équivalent).
Le niveau d'incertitude associé (chaque mesure scientifique est accompagnée d’une part d’incertitude. Il s’agit d’en tenir compte et d’essayer de cerner à quel point on est potentiellement éloigné de la réalité ou non);
☝️Exemple : si vous recherchez "raquette de tennis", la base fournit un facteur d'émission moyen de 20,22 kg CO2e/unité. Au-delà de cette info, vous trouverez également une panoplie d’éléments concernant la méthodologie utilisée pour parvenir à ce résultat. Cela vous permet ainsi de comprendre cette donnée et de l'utiliser correctement dans vos calculs.
L'interface permet de télécharger l'ensemble des données en format Excel ou de consulter directement en ligne les fiches détaillées de chaque facteur d'émission, avec accès à la documentation complète expliquant les périmètres et hypothèses de calcul.
📝A noter : vous pouvez également télécharger directement toutes les données référencées sur la Base Empreinte®. Cela peut être pratique notamment si vous voulez intégrer les informations directement dans vos outils ou fichiers.
Les 6 grands principes de la Base Empreinte®
La Base Empreinte® repose sur 6 grands principes qui garantissent sa fiabilité, sa transparence et son accessibilité :
Multi-réglementaire : La Base Empreinte® s’inscrit dans le cadre des réglementations françaises liées à la comptabilité carbone, notamment le BEGES (article L229-25 du Code de l’environnement) et l’information CO₂ dans le secteur du transport (article L1431-3). Sans être obligatoire, elle constitue le référentiel de données recommandé par l’ADEME pour réaliser des calculs d’émissions cohérents et transparents
Vision élargie : La Base Empreinte® met à disposition deux types de données. Elle propose des facteurs d’émission GES, correspondant à un jeu de données monocritère dédié au calcul de l’empreinte carbone, ainsi que des jeux de données multicritères couvrant d’autres impacts environnementaux (épuisement des ressources, acidification, eutrophisation, pollution de l’air ou de l’eau, etc.). Ces données permettent d’élargir l’analyse au-delà du seul climat. Elles peuvent être utilisées comme données d’entrée dans des démarches d’Analyse de Cycle de Vie (ACV), mais la Base Empreinte® ne constitue pas en elle-même un outil permettant de réaliser une ACV complète conforme aux normes ISO 14040 et 14044.
Consistance : Tous les facteurs d'émission sont calculés selon une méthodologie uniforme et cohérente. Cela permet ainsi de garantir la comparabilité des données entre secteurs et produits. Cette harmonisation évite les biais méthodologiques et assure la fiabilité des bilans carbone.
Transparence : Chaque donnée de la Base Empreinte® est sourcée (études, bases de données internationales, déclarations sectorielles), documentée (méthodologie de calcul, périmètre, hypothèses et incertitudes clairement explicités) et surtout mise à jour aussi régulièrement que possible. Cette exigence de transparence permet aux utilisateurs (par exemple les consultants WeCount) de comprendre et justifier les données utilisées dans leurs calculs.
Ouverture : La Base Empreinte® est conçue dans une logique d'accessibilité. Autrement dit ? La consultation de la base est 100% gratuite. Tout est accessible via la plateforme en ligne de l'ADEME. La contribution est par ailleurs ouverte. Cela veut dire que les acteurs économiques et institutionnels peuvent proposer de nouveaux facteurs d'émission. La base est ainsi co-construite et enrichie grâce à l’aide de tous. Une façon simple de démocratiser le bilan carbone et l'appropriation collective des enjeux climatiques. Et forcément, chez WeCount on valide !
Gouvernance partagée : La Base Empreinte® est gérée de manière collaborative entre L'ADEME (qui pilote et administre la base), les comités techniques sectoriels (composés d'experts métiers qui valident et affinent les données par filière) et le comité "Utilisateurs et Contributeurs”. Ce dernier rassemble les utilisateurs de la base pour recueillir leurs retours, besoins et suggestions d'amélioration. Cette gouvernance garantit que la base reste pertinente, à jour et adaptée aux réalités terrain des entreprises et organisations.
Quels sont les modes d’accès à la Base Empreinte® ?
La Base Empreinte® est accessible via deux supports :
Accès public en ligne (gratuit) : La plateforme web officielle de l'ADEME permet de consulter gratuitement l'ensemble des facteurs d'émission après création d'un compte. C'est l'accès le plus simple et direct pour rechercher des données ponctuellement.
API pour un accès automatisé (gratuit) : L'API de la Base Empreinte® est disponible sur le portail open data de l'ADEME. Elle permet d'interroger automatiquement les données et de les intégrer dans des outils tiers (logiciels de calcul carbone, plateformes de reporting). Cela évite la duplication manuelle des données et garantit une mise à jour en temps réel.
Quelles ressources pour exploiter au mieux la Base Empreinte® ?
Documentation technique (gratuite) : Accessible en ligne avec un compte, la documentation détaille la méthodologie de construction de chaque facteur d'émission. Indispensable pour comprendre les hypothèses, les sources, les périmètres couverts et les limites de chaque donnée. Chaque facteur et chaque famille de facteurs dispose de sa propre fiche explicative.
Modèle Excel (gratuit) : Disponible via l'achat d'une licence lors d'une formation Bilan Carbone, ce tableur Excel intègre directement la Base Empreinte® dans ses onglets de calcul. Longtemps utilisé comme outil principal pour réaliser les bilans carbone, il reste apprécié pour sa flexibilité et son fonctionnement hors ligne.
💡Bon à savoir : Pour un usage ponctuel, la consultation en ligne peut suffire. En revanche, pour des calculs récurrents ou un pilotage dans la durée, l’intégration via API ou l’utilisation d’une plateforme carbone permet d’automatiser les mises à jour et de fiabiliser les données. C’est notamment le cas de la plateforme WeCount, qui s’appuie sur l’API de la Base Empreinte® pour garantir l’accès à des facteurs d’émission à jour et assurer leur traçabilité dans le temps.
Quels cas d’usage pour la Base Empreinte® ?
La Base Empreinte® étant très généraliste, elle est utilisée dans de nombreux cas d’usage liés à la mesure et au pilotage des émissions :
Analyses préliminaires d’ACV simplifiées via le Bilan Produit® ;
Réalisation de bilans carbone d’entreprise ;
Production d’indicateurs d’émissions pour vos reportings règlementaires (CSRD, GHG Protocol, BEGES, Bilan Carbone®, SBTi, CDP...) ;
Aide à la décision pour les stratégies de réduction.
C’est un socle transversal pour l’ensemble des démarches climat en France. Elle est donc particulièrement utile aux entreprises, aux organisations et aux collectivités territoriales.
📝A noter : Dans la pratique, l’utilisation de la Base Empreinte® nécessite de comprendre les hypothèses méthodologiques et de sélectionner les facteurs d’émission les plus pertinents.
Chez WeCount, nous accompagnons les entreprises pour structurer leur bilan carbone entreprise, maîtriser l’utilisation de la Base Empreinte® et monter en compétences en interne. Notre approche repose sur un programme collectif de 4 mois, combinant plateforme carbone, accompagnement expert et formation, afin de vous rendre autonome et capable de piloter votre stratégie climat dans la durée.
Peut-on réaliser une ACV complète avec la Base Empreinte® ?
Pour rappel, une Analyse de Cycle de Vie (ACV) évalue les impacts environnementaux d’un produit ou service sur l’ensemble de son cycle de vie (matières premières, fabrication, transport, usage et fin de vie) et selon plusieurs indicateurs.
La Base Empreinte® permet de réaliser des évaluations environnementales simplifiées, mais elle ne constitue pas un outil pour mener une Analyse de Cycle de Vie (ACV) complète conforme aux normes ISO 14040 et 14044 ou destinée à un affichage environnemental réglementaire.
Les outils associés de l’ADEME, comme Bilan Produit®, ont avant tout un objectif pédagogique : ils permettent d’estimer des ordres de grandeur, d’identifier les principaux postes d’impact et d’initier une démarche d’éco-conception.
Les résultats reposent sur les principes de l’ACV (approche cycle de vie et multicritère), mais les données restent génériques et limitées à certains secteurs. La réalisation d’une ACV complète nécessite l’utilisation d’un logiciel spécialisé et une expertise dédiée.
Quels sont les avantages de la Base Empreinte® ?
La Base Empreinte® présente cinq atouts majeurs :
Référence officielle : Elle est reconnue par les institutions françaises ;
Cohérence nationale : Elle permet de comparer les résultats entre acteurs ;
Large couverture sectorielle : De nombreux secteurs et activités sont couverts ;
Accessibilité : Elle est facilement accessible pour les entreprises et consultants ;
Crédibilité : Elle renforce la robustesse méthodologique des démarches climat.
Quelles sont les limites de la Base Empreinte® ?
Malgré ses qualités, la Base Empreinte® a aussi certaines limites :
Facteurs génériques : De nombreux facteurs sont des moyennes nationales ou sectorielles. Pour une analyse internationale ou des données spécifiques, il faudra ainsi compléter avec d’autres bases et ressources (par exemple : Ecoinvent, Agribalyse, INIES…)
Incertitudes : Nous l’avons vu plus haut, tous les facteurs ne présentent pas le même niveau de précision. Privilégiez ceux étant classés les plus fiables.
Données parfois datées : Certains facteurs ne reflètent pas les évolutions récentes.
Données parfois manquantes : Chaque facteur d'émission provient d'une Analyse de Cycle de Vie (uniquement carbone dans certains cas), un processus long et coûteux. C'est la raison pour laquelle la base propose souvent des moyennes plutôt que des valeurs ultra-précises pour chaque produit de chaque marque. Par exemple, vous trouverez un facteur pour "raquette de tennis moyenne", mais pas pour "raquette de tennis Marque Y modèle X".
Risque de sur-simplification : Utiliser uniquement des facteurs génériques peut masquer des écarts importants. Il peut être nécessaire d’analyser les choses plus en détail.
Pourquoi la Base Empreinte® est-elle utile aux entreprises ?
La Base Empreinte® n'est pas qu'un simple référentiel de données. C'est un outil stratégique indispensable pour toute entreprise engagée dans une démarche environnementale. Elle est devenue incontournable pour plusieurs raisons :
Répondre aux obligations réglementaires
De nombreuses réglementations françaises et européennes imposent aux entreprises de mesurer et déclarer leur impact carbone. Voici un petit rappel :
Le Bilan BEGES Règlementaire (article L229-25 du Code de l'Environnement) : réaliser un bilan carbone est obligatoire pour certaines organisations (notamment les entreprises de plus de 500 salariés,250 en Outre-mer, aux collectivités de plus de 50 000 habitants ou aux établissements publics de grandes tailles ).
La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) : c’est un reporting extra-financier obligatoire pour les entreprises dépassant 1000 salariés et 450 M€ de CA (suite à l’adoption de la loi Omnibus en décembre 2025)
L'affichage environnemental : ce dispositif impulsé par la loi Agec de 2020 et la loi Climat et Résilience de 2021 impose peu à peu aux entreprises de certaines filières (textile, l’agroalimentaire et l’hôtellerie) d’informer les consommateurs sur l'impact des produits et services tout au long de son cycle de vie, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie. En pratique, cela se traduit par un score, une étiquette ou un pictogramme apposé sur le produit ou sur sa fiche en ligne.
La loi Climat et Résilience : qui encadre les communications sur les engagements environnementaux.
La Base Empreinte® fournit les données officielles reconnues par les autorités françaises pour réaliser ces déclarations en toute conformité.
Fiabiliser son Bilan Carbone
Réaliser un Bilan Carbone précis nécessite d’avoir accès à des facteurs d'émission fiables et à jour. La Base Empreinte® permet d’accéder à plus de 3 000 facteurs d'émission couvrant l'énergie, les transports, les matériaux, l'alimentation, les services, etc.
Ces derniers sont calculés à partir de données validées scientifiquement par l'ADEME et des comités d'experts sectoriels. En s'appuyant sur cette base, les entreprises évitent les approximations et disposent d'un référentiel commun pour comparer leurs performances dans le temps et face à leurs pairs.
💡Bon à savoir : Chez WeCount, notre plateforme carbone intègre la Base Empreinte® et permet d’accéder directement à des facteurs d’émission à jour, avec leur traçabilité méthodologique. Elle vous aide à centraliser vos données, fiabiliser vos calculs, piloter votre bilan carbone dans la durée et structurer votre stratégie climat et votre reporting CSRD.
C'est un véritable tableau de bord stratégique pour piloter sa transition bas-carbone de manière éclairée.
Gagner en crédibilité et éviter le greenwashing
À l'heure où les consommateurs, investisseurs et régulateurs scrutent les engagements environnementaux des entreprises, la transparence est essentielle.
Utiliser la Base Empreinte®, c'est s'appuyer sur des données officielles, sourcées et auditables. Cela renforce la crédibilité de la démarche vis-à-vis des parties prenantes de l’entreprise (clients, investisseurs, salariés, etc).
Anticiper les exigences de la chaîne de valeur
Les grandes entreprises demandent de plus en plus à leurs fournisseurs de mesurer et réduire leur empreinte carbone. Cette pression se diffuse progressivement dans l’ensemble de la chaîne de valeur.
Dans ce contexte, de nombreuses PME sont amenées à produire des données environnementales structurées, notamment dans le cadre du standard volontaire VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for SMEs), conçu pour répondre aux demandes de leurs clients et partenaires.
S’appuyer sur la Base Empreinte® permet de produire des calculs cohérents et transparents, facilitant la réponse à ces sollicitations et sécurisant l’accès aux marchés.
Accéder à des financements et aides publiques
De nombreux dispositifs de financement publics ou privés soutiennent les entreprises engagées dans la transition bas-carbone (Diag Décarbon’Action, aides de l’ADEME, financements de Bpifrance, prêts ou crédits à impact, etc.).
Dans ce contexte, disposer d’un bilan carbone structuré et documenté constitue souvent un prérequis ou un élément clé d’instruction des dossiers. S’appuyer sur la Base Empreinte® permet de produire des calculs transparents et cohérents, renforçant la crédibilité de votre démarche auprès des financeurs.
La Base Empreinte® est bien plus qu'une base de données. C'est un levier stratégique qui permet aux entreprises de se conformer à la réglementation, de piloter leur décarbonation, de renforcer leur crédibilité et d'accéder à de nouvelles opportunités commerciales et financières. Ne pas l'utiliser, c'est prendre le risque de se retrouver en décalage avec les attentes du marché et de la réglementation.
Quelles alternatives et compléments à la Base Empreinte® ?
Selon les besoins, sachez qu’il existe une quinzaine d’autres bases de données spécialisées qui complètent l'écosystème français et international. Aperçu de quelque unes d’entre elles :
Base INIES : données environnementales et sanitaires dans le bâtiment
Agribalyse : données environnementale sur des produits agricoles et alimentaires
Ces bases sectorielles offrent généralement une granularité plus fine que la Base Empreinte sur leur domaine de spécialité. Par exemple, Agribalyse propose des facteurs d'émission très détaillés pour différents types de yaourts, selon les modes de production agricole, etc.
💡Bon à savoir :La plupart des plateformes professionnelles de comptabilité carbone, comme WeCount, intègrent automatiquement ces différentes bases, permettant aux utilisateurs d'accéder à l'ensemble de ces ressources depuis une interface unique
Comment fonctionne la Base Empreinte® ?
La Base Empreinte® met à disposition des jeux de données permettant de convertir des données d’activité (kWh, kilomètres, tonnes, euros…) en émissions de gaz à effet de serre ou en indicateurs environnementaux.
Son utilisation repose sur deux étapes clés : rechercher la donnée adaptée, puis en comprendre les caractéristiques et les limites.
Rechercher une donnée
La recherche dans la Base Empreinte® peut se faire de plusieurs manières :
Par mots-clés : pour trouver rapidement un facteur d’émission (ex. : "raquette de tennis", "transport frigorifique de marchandises", "réseau de chaleur"...).
Par catégorie : cette navigation s'appuie sur une structure alignée avec la méthodologie réglementaire BEGES (version 5). Les jeux de données sont ainsi regroupés en six grandes catégories d’émissions (émissions directes de GES, liées à l'énergie, au transport, aux produits achetés, aux produits vendus et autres émissions indirectes.)
Par filtre réglementaire : pour certains usages spécifiques (par exemple l’information GES transport).
Cette organisation permet d’identifier progressivement la donnée la plus proche de votre activité ou de votre produit.
Comprendre le contenu d’une fiche
Chaque résultat correspond à un jeu de données documenté.
Une fiche fournit plusieurs informations essentielles :
L’unité (kg CO₂e par kWh, par km, par unité, etc.) ;
La zone géographique de représentativité ;
La source et le fournisseur de la donnée ;
La version et la date de validité ;
Le niveau d’incertitude ;
Le statut de validation.
Depuis 2025, trois statuts principaux existent :
Valide générique : validé par l'ADEME, applicable à un large périmètre ;
Valide spécifique : validé par l'ADEME pour un cas ou secteur particulier ;
En discussion : proposé par un contributeur, en cours de révision par l'ADEME ;
Refusé : facteur non validé par l'ADEME ;
Archivé : ancien facteur obsolète.
💡Bon à savoir : Le niveau d’incertitude indiqué sur chaque fiche permet d’évaluer la robustesse du facteur. Il est recommandé de privilégier les données validées et les plus représentatives de votre contexte.
Flux GES : décomposition des émissions par étape du cycle de vie (lorsqu’elle existe) ;
Conseils d’usage : recommandations pour les applications (BEGES, affichage, ACV…).
Cette documentation permet de comprendre ce que couvre réellement la donnée et d’éviter les erreurs d’interprétation.
Utiliser la donnée dans un calcul
Une fois le facteur d’émission identifié, son utilisation repose sur un principe simple : convertir une donnée d’activité en émissions de gaz à effet de serre. Cela se passe donc en trois étapes :
Collecter la donnée d’activité la plus précise possible, par exemple une consommation d’électricité en kWh, une distance parcourue en kilomètres ou un volume d’achats.
Sélectionner, dans la Base Empreinte®, le jeu de données le plus représentatif du contexte étudié (zone géographique, technologie, usage).
Effectuer le calcul en multipliant la donnée d’activité par le facteur d’émission correspondant : Donnée d’activité × facteur d’émission = émissions (kg CO₂e)
Ce principe s’applique à l’ensemble des postes d’un bilan carbone, qu’il s’agisse des consommations d’énergie, des déplacements, des achats, des immobilisations ou plus largement des émissions indirectes liées à la chaîne de valeur.
La Base Empreinte® est-elle alignée avec la réglementation en France ?
La Base Empreinte® est pleinement intégrée dans le cadre réglementaire français et européen. Comme évoqué un peu plus haut, elle est encadrée par deux lois (L229-25 et L1431-3). Ce qu’il faut retenir :
BEGES (Bilan d’Émissions de Gaz à Effet de Serre) : Pour les entreprises soumises à l’obligation BEGES, l’utilisation de la Base Empreinte® permet de répondre aux attentes méthodologiques, de sécuriser les hypothèses et enfin de faciliter les contrôles
CSRD : Dans le cadre de la CSRD, les entreprises doivent produire des indicateurs climat fiables, auditables et traçables. La Base Empreinte® constitue un référentiel reconnu, un socle crédible pour les auditeurs, un élément de standardisation
ADEME et autorités : l’utilisation de la Base Empreinte® est souvent perçue comme une bonne pratique, voire une référence implicite.
5 bonnes pratiques pour utiliser la Base Empreinte®
Quelques conseils pour tirer le meilleur parti de la Base Empreinte® :
Choisir les facteurs les plus spécifiques possibles : Privilégiez toujours le facteur le plus précis et contextualisé disponible (ex : "électricité - mix français" s’il s’agit d’un site en France plutôt que "mix européen"). Plus le facteur est spécifique, plus votre Bilan Carbone reflète fidèlement la réalité de vos activités et moins l'incertitude est élevée.
Mettre à jour régulièrement vos calculs : Vérifiez les mises à jour des facteurs d'émission dans l’idéal une fois par an et recalculez votre bilan avec les données les plus récentes.
Analyser les incertitudes : Identifiez les postes à forte incertitude dans votre bilan (indiquée dans chaque fiche technique) et priorisez vos efforts de collecte de données sur ces zones. Communiquez de manière transparente sur les limites de vos résultats.
Investissez du temps dans la compréhension méthodologique : N’allez pas trop vite. Consultez la documentation technique, formez-vous pour comprendre les hypothèses de calcul et les périmètres couverts, comprendre pourquoi tous les facteurs d’émissions très spécifiques n’existent pas encore. Cela permet d’éviter l'effet "boîte noire" et vous permet de communiquer en toute transparence sur votre méthodologie.
Utilisez les plateformes intégrées comme WeCount : privilégiez les outils qui automatisent l'accès aux bases de données tout en maintenant la traçabilité méthodologique.
Comment WeCount vous accompagne dans la réalisation de votre bilan carbone ?
Chez WeCount, nous vous accompagnons dans la réalisation de votre bilan carbone, en combinant plateforme dédiée, accompagnement expert et formation des équipes.
Notre plateforme intègre la Base Empreinte® afin de centraliser vos données, sélectionner les facteurs d’émission les plus pertinents et garantir la traçabilité de vos calculs dans la durée.
À travers notre programme collectif Promotion Climat, vous avancez pendant 4 mois aux côtés d’une dizaine d’entreprises confrontées aux mêmes enjeux. Ce format vous permet de bénéficier de l’énergie du groupe, de partager vos retours d’expérience et d’échanger avec des homologues de votre secteur, tout en profitant d’un accompagnement individualisé par un consultant à chaque étape : cadrage du périmètre, collecte des données, calcul des émissions et analyse des résultats.
Notre approche : vous rendre autonome dans le pilotage de votre stratégie climat, pour disposer en interne des compétences et des outils nécessaires sur le long terme.
👉 Vous souhaitez structurer votre démarche ou fiabiliser votre bilan carbone ? Échangez avec un expert WeCount pour faire le point sur votre situation.
FAQ : la Base Empreinte®
Qu’est-ce qu’un facteur d’émission dans la Base Empreinte® ?
Un facteur d’émission est un coefficient permettant de convertir une donnée d’activité (kWh, km, €, tonnes, etc.) en émissions de gaz à effet de serre exprimées en kgCO₂e.
L’utilisation de la Base Empreinte® est-elle obligatoire ?
Elle n’est pas légalement obligatoire, mais elle constitue une référence fortement recommandée en France, notamment dans le cadre des BEGES, des bilans carbone et du reporting CSRD.
Peut-on utiliser la Base Empreinte® pour une ACV produit complète ?
La Base Empreinte® permet de réaliser des évaluations environnementales simplifiées, notamment via l’outil Bilan Produit®, mais elle ne permet pas de mener une ACV complète conforme aux normes ISO 14040/44. Une ACV normée nécessite l’utilisation d’un logiciel spécialisé.
À quelle fréquence la Base Empreinte® est-elle mise à jour ?
La base est régulièrement enrichie et mise à jour, mais certains facteurs peuvent rester inchangés plusieurs années. Il est donc important de vérifier la date et la source de chaque facteur.
Peut-on utiliser ses propres facteurs d’émission à la place ?
Oui, et c’est même recommandé lorsque vous disposez de données primaires fiables (fournisseurs, mesures internes, ACV spécifiques). La Base Empreinte® sert alors de référence ou de solution par défaut.
Peut-on vraiment être "neutre en carbone" quand on est une entreprise ? Comment s'engager sérieusement pour la neutralité carbone sans tomber dans les pièges de la communication trompeuse ? Et surtout, que signifie réellement ce concept à l'échelle mondiale ?
Dans cet article, on décrypte la neutralité carbone : définition scientifique, application concrète, pièges à éviter, et stratégie climat pour les entreprises qui veulent agir avec sincérité et construire une feuille de route solide.
📋 Les 5 points clés à retenir sur la neutralité carbone
Un objectif planétaire, pas individuel : La neutralité carbone n'a de sens qu'à l'échelle du globe ou des États coordonnés via l'Accord de Paris. Une entreprise, un produit ou un territoire ne peut pas "être neutre en carbone" : c'est un abus de langage qui relève du greenwashing.
Un équilibre entre émissions et séquestration : Atteindre la neutralité carbone signifie séquestrer autant de carbone que nous en émettons à l’échelle planétaire, de manière à stabiliser sa concentration dans l'atmosphère et limiter le réchauffement climatique à +1,5°C.
La réduction avant tout : L'ambition de neutralité carbone impose de réduire drastiquement les émissions de GES. La séquestration seule ne suffira pas : il faut d’abord décarboner massivement notre système.
Une démarche de contribution, pas un statut : Les entreprises doivent s'engager dans une "démarche de neutralité carbone" : réduire leurs émissions sur les scopes 1, 2 et 3, proposer des produits/services bas-carbone, et financer des projets de séquestration robustes chez des tiers. Elles contribuent ainsi à l'objectif mondial.
Attention au greenwashing et aux sanctions : Se déclarer "neutre en carbone" sans réduire massivement ses émissions est trompeur et illégal. La Loi Climat et Résilience encadre strictement ces allégations (amendes jusqu'à 100 000€), et le Jury de Déontologie Publicitaire surveille de près les communications environnementales.
Qu'est-ce que la neutralité carbone ?
Définition officielle : GIEC & Accord de Paris
Selon le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'évolution du Climat (GIEC) et l’Accord de Paris (2015), la neutralité carbone se définit comme un “équilibre entre les émissions de GES issue de l’activité humaine et la séquestration de quantités équivalentes de CO2”.
Par abus de langage, on parle souvent de "neutralité carbone", mais il s'agit bien de CO₂ équivalent, c'est-à-dire l'ensemble des gaz à effet de serre (CO₂, méthane, protoxyde d'azote, gaz fluorés, etc.).
Comprendre l'enjeu en un coup d'œil
Pour bien visualiser ce qu'est la neutralité carbone, imaginons une baignoire :
Le robinet naturel = les émissions naturelles de CO₂ (respiration, décomposition, océans…).
L’évacuation = les puits naturels de carbone (océans, forêts, zones humides, prairies, sols végétalisés...).
Depuis la révolution industrielle, un second robinet s’est ajouté : les émissions humaines (transports, industrie, agriculture, énergies fossiles…).
Pendant des milliers d’années, le robinet naturel et l’évacuation s’équilibraient. Le problème climatique vient du flux supplémentaire d’origine humaine, qui n’est pas entièrement compensé par les puits naturels.
L'objectif de neutralité carbone, c'est de stabiliser le niveau de l'eau en :
Fermant progressivement le second robinet (réduire le flux anthropique) ;
Agrandissant l'évacuation (augmenter les puits de carbone : reforestation, restauration des sols, capture technologique).
“L’atmosphère terrestre est comme une baignoire qui se remplit de CO2”, source : GIEC
📝A noter : Même en "fermant" complètement le second robinet (zéro émission), il faudra du temps pour que le niveau baisse. En effet, le carbone reste longtemps dans l'atmosphère et a donc un effet sur le long terme. D'où le fait qu’il soit important d'agir dès maintenant.
Décarboner la France : la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC)
En cohérence avec l'Accord de Paris, la France a décliné cet objectif mondial à l'échelle nationale via la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC).
L'objectif ultime : Atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 sur le territoire français.
Le Ministère de la Transition Écologique a proposé une révision de cette SNBC en 2025, la SNBC 3, qui sera adoptée par décret en 2026 après les étapes de consultation. Cette dernière vise une baisse de 50 % des émissions brutes d'ici 2030 (contre 42 % précédemment).
Le Haut Conseil pour le Climat (HCC) a alerté dans son rapport 2025 et souligné qu'après une bonne année 2023, la baisse des émissions a fortement ralenti en 2024 (seulement -1,8 %). Pour atteindre les nouveaux objectifs de 2030, le rythme de réduction actuel devra doubler.
Quelles sont les trajectoires sectorielles pour les entreprises ? La SNBC fixe des budgets carbone précis, exigeant des transformations structurelles de la part des acteurs économiques :
Les transports : Électrification accélérée (avec une attention accrue de l'État sur le respect des quotas de verdissement des flottes d'entreprises, encore largement ignorés), report modal et sobriété.
Le bâtiment : Rénovation énergétique d'ampleur et construction bas-carbone.
L'industrie : Au-delà de l'efficacité énergétique classique, le secteur doit pivoter vers l'électrification profonde des procédés, la sobriété matière (écoconception) et le captage/stockage du carbone (CCS) pour les émissions incompressibles.
L'agriculture et les forêts : Réduction des émissions de méthane, et surtout restauration de nos puits de carbone naturels (forêts et sols) dont la capacité d'absorption se dégrade fortement sous l'effet du dérèglement climatique.
Le graphique ci-dessous illustre le scénario de référence vers la neutralité carbone d'ici 2050. Il montre deux dynamiques complémentaires : une réduction progressive et importante des émissions de gaz à effet de serre (zone supérieure), et le maintien de la capacité d'absorption des puits de carbone (zone inférieure).
La neutralité carbone est atteinte lorsque les émissions résiduelles sont entièrement compensées par ces puits, soit un équilibre entre ce qu'on émet et ce qu'on absorbe.
Atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 : Réduction des émissions et rôle des puits, source : ecologie.gouv.fr
La SNBC fixe des budgets carbone sectoriels à respecter pour rester sur la trajectoire +2°C.
📝A noter : Il existe une distinction importante entre l'inventaire national (approche territoriale) et l’empreinte carbone (approche consommation). L’inventaire national comptabilise les émissions produites par les ménages et les activités économiques présents sur le territoire français. C'est ce qui est utilisé dans la SNBC. L’empreinte carbone quant à elle comptabilise les émissions liées à ce que les Français consomment, que les biens soient produits en France ou importés. L'empreinte carbone de la France est beaucoup plus élevée que son inventaire national, car elle importe massivement des biens fabriqués à l'étranger.
Proposition d'illustration utile (CITEPA 2019)
Contexte européen : le Pacte vert (Green Deal)
L'Union européenne a également adopté son propre objectif de neutralité carbone via le Pacte vert pour l'Europe (Green Deal).
Objectif : Atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 sur le territoire européen.
Moyens :
Fit for 55 : paquet législatif visant à réduire les émissions de 55% d'ici 2030 (par rapport à 1990)
Taxonomie européenne : classification des activités économiques durables
Hiérarchie des actions pour atteindre la neutralité carbone
Pour s'engager vers la neutralité carbone, il existe une hiérarchie d'actions claire :
Mesurer ses émissions de GES ;
Réduire ses émissions en priorité ;
Compenser les émissions résiduelles (en dernier recours) : Uniquement après avoir réduit au maximum. La compensation ne doit jamais remplacer la réduction.
Principe clé: Réduction d'abord, compensation ensuite. Inverser cet ordre, c'est pencher du côté du greenwashing (et clairement, c’est toujours à éviter).
Pourquoi une entreprise ne peut pas se dire “neutre en carbone” ?
Un objectif qui n'a de sens qu'à l'échelle planétaire
La neutralité carbone est un objectif climat collectif qui ne peut se concevoir qu'à l'échelle de la planète ou des États coordonnés via l'Accord de Paris. La raison est simple : l'atmosphère terrestre est un bien commun.
Les émissions de GES se mélangent dans l'atmosphère sans distinction de frontières. Que vous émettiez 1 tonne de CO₂ à Paris, New York ou Tokyo, l'impact climatique est le même.
Par conséquent :
Un produit ne peut pas être neutre en carbone ;
Un service ne peut pas être neutre en carbone ;
Une entreprise ne peut pas être neutre en carbone ;
Un territoire infranational ne peut pas être neutre en carbone.
En revanche, chacune de ces entités peut s'engager dans une "démarche de neutralité carbone", c'est-à-dire contribuer activement à l'objectif mondial en réduisant drastiquement ses émissions et en finançant des projets de séquestration chez des tiers.
Les biais méthodologiques et éthiques
Comme évoqué précédemment, chercher à appliquer une neutralité carbone arithmétique à l'échelle d'une entreprise engendre trois biais majeurs :
1. La non-additionnalité des démarches
Si chaque entreprise ne comptabilise que ses émissions directes (scopes 1 et 2) en excluant le scope 3 (émissions indirectes : achats, transport, utilisation des produits vendus, fin de vie), le cumul des bilans carbone ne reflète pas la réalité globale.
👆 Exemple concret : Une entreprise de textile qui externalise sa production en Asie peut afficher un bilan carbone faible en France (scopes 1 et 2), tout en étant responsable d'émissions massives liées à la fabrication de ses vêtements (scope 3). Si elle se déclare "neutre" en compensant uniquement les scopes 1 et 2, elle masque l'essentiel de son impact.
2. L'absence d'équité entre acteurs
Tous les acteurs ne sont pas égaux face à la séquestration de carbone.
Exemple : Un territoire rural doté d'un patrimoine forestier important peut revendiquer une neutralité carbone arithmétique en s'appuyant sur la séquestration naturelle de ses forêts, sans faire d'efforts de réduction. À l'inverse, un territoire urbain sans forêt devra fournir des efforts bien supérieurs pour réduire ses émissions.
Ce déséquilibre crée une inégalité et peut inciter certains à se reposer sur leurs lauriers, quand d’autres engagent de véritables mesures ambitieuses.
3. L'immobilisme engendré
Focaliser son action sur l'atteinte d'un "zéro arithmétique" n’a pas de sens.
Pire, la recherche de la neutralité carbone pousse souvent les acteurs à privilégier des projets de compensation bon marché (plantation d'arbres à l'étranger, par exemple) plutôt que d'investir dans la décarbonation réelle de leur activité (rénovation énergétique, changement de process, éco-conception).
L'écueil de la compensation carbone : perte de focus sur la réduction réelle
La compensation carbone est devenue l'alliée privilégiée des entreprises qui souhaitent afficher une neutralité carbone sans remettre en cause leur business model.
Le principe est simple. Il s’agit de financer des projets de réduction ou de séquestration de CO₂ chez des tiers (reforestation, énergies renouvelables, capture de carbone) pour "compenser" ses propres émissions.
Cela pose un problème de taille. La compensation ne doit jamais remplacer la réduction. C'est un complément, pas une solution miracle.
Pourquoi la compensation seule ne suffit jamais ?
Les capacités de séquestration sont limitées : Même en maximisant les puits de carbone (forêts, sols, océans, technologies de capture), il est impossible d'absorber le niveau actuel de nos émissions. Il faut donc réduire drastiquement en priorité.
La permanence de la séquestration n'est pas garantie : Une forêt plantée pour compenser peut brûler (comme en Californie ou en Australie), libérant tout le CO₂ stocké. À l'inverse, les émissions de CO₂ issues de la combustion d'énergies fossiles sont définitives.
Les projets de compensation sont souvent de faible qualité : Tous les projets de compensation ne se valent pas. Certains manquent d'additionnalité (le projet aurait eu lieu de toute façon, même sans financement), de permanence (le carbone n'est pas stocké durablement) ou de vérification (absence d'audit indépendant).
3 exemples concrets de greenwashing ou quand la neutralité carbone devient mensongère
Depuis 2020, les annonces de "neutralité carbone" se sont multipliées. On le voit sur des campagnes d’affichage, sur des sites internets, sur les réseaux sociaux. Malheureusement, la quasi-totalité de ces communications sont fallacieuses, voire mensongères.
Le géant de la fast fashion Shein réalisait récemment une campagne d’affichage sur le thème “La mode est un droit, pas un privilège”. En petit, on pouvait lire sur les affiches le message suivant : “Chez Shein, nous œuvrons chaque jour pour rendre la mode accessible à toutes et tous, et travaillons chaque jour à l’amélioration continue de notre modèle”. En août 2025, l’Autorité italienne de la concurrence a infligé une amende d’un million d’euros à la société opérant les sites européens de Shein pour publicité environnementale trompeuse. Le régulateur a estimé que certaines communications environnementales du groupe notamment sur la recyclabilité des produits étaient fausses ou, au minimum, de nature à induire les consommateurs en erreur.
TotalEnergies (anciennement Total) a annoncé viser la neutralité carbone pour 2050... mais uniquement en Europe. Sauf que Total continue d'extraire et de vendre des énergies fossiles dans le monde entier… Se déclarer neutre uniquement en Europe, c'est donc exclure l'essentiel de son activité. Et ce n’est pas passé inaperçu. En octobre 2025, le tribunal judiciaire de Paris a condamné TotalEnergies pour pratiques commerciales trompeuses, en raison d’allégations sur ‘son ambition d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050’ et ‘d’être un acteur majeur de la transition énergétique’”. C’est une décision historique (et une première mondiale). Le tribunal a estimé que ces messages étaient de nature à induire le consommateur en erreur sur la portée réelle de ses engagements environnementaux. La justice a ordonné de cesser leurs allégations mensongères dans le délai d’un mois, sous peine d’astreinte provisoire de 10 000 euros par jour de retard, et la publication de la décision sur la page d’accueil du site du groupe pendant 180 jours.
Les aéroports "neutres en carbone". Plusieurs aéroports européens se sont déclarés "neutres en carbone" en ne comptabilisant que les émissions liées à leurs bâtiments et véhicules au sol (scopes 1 et 2). Sauf qu’avec cette approche, ils excluent de cette analyse les émissions des avions… Soit 95% de l'impact carbone d'un aéroport. Pas très transparent. Ni pertinent. Il n’y a pas encore eu de condamnation mais on est typiquement dans un cas de communication trompeuse qui induit les consommateurs en erreur.
📝A noter : Quand une entreprise annonce sa neutralité carbone, posez-vous toujours les questions suivantes :Quel périmètre géographique ? (Europe, monde entier ?), Quel périmètre opérationnel ? (Scopes 1, 2, 3 ?), Quelle part de réduction vs compensation ?
Le risque juridique et réputationnel
Vous l’avez compris avec les exemples ci-dessus, les annonces de neutralité carbone ne sont plus sans conséquence. Le cadre juridique se durcit, et les entreprises qui communiquent de manière trompeuse s'exposent à des sanctions et à une perte de crédibilité majeure.
Notons l'existence de deux instances incontournables :
La loi Climat et Résilience (2021) : Elle encadre les allégations environnementales, dont la neutralité carbone. L’article 12 stipule par exemple que “Toute publicité faisant référence à la neutralité carbone doit être accompagnée d'un bilan carbone complet (scopes 1, 2, 3) et d'une trajectoire de réduction claire et vérifiable”. En cas de non respect de cette obligation, les entreprises s'exposent à des amendes pouvant aller jusqu'à 100 000 € (voire plus en cas de récidive).
Surveillance du Jury de Déontologie Publicitaire (JDP) : Il surveille de près les allégations environnementales des entreprises. Toute communication jugée trompeuse peut faire l'objet d'une plainte et d'une condamnation publique.
Que faut-il savoir sur les référentiels climat ?
Alors comment repérer des allégations mensongères ? Pas toujours facile.
Heureusement, face à la multiplication des annonces de neutralité carbone, souvent floues ou trompeuses, des référentiels ont émergé pour structurer et crédibiliser les démarches climat des entreprises.
Ces cadres méthodologiques ne sont pas parfaits, mais ils permettent de distinguer les engagements sérieux du greenwashing. Voici comment s'y retrouver.
Pourquoi des cadres de référence existent
Les référentiels climat répondent à deux besoins essentiels :
Structurer les trajectoires carbone : Ils fournissent une méthodologie claire pour mesurer, réduire et compenser les émissions de GES, en évitant les approximations et les biais méthodologiques.
Garantir l'alignement avec la science : Ils s'assurent que les trajectoires de réduction des entreprises sont compatibles avec les objectifs de l'Accord de Paris (+1,5°C à +2°C maximum).
Sans ces cadres, chaque entreprise pourrait définir sa propre "neutralité carbone" sans cohérence ni comparabilité. Le risque ? Un chaos méthodologique et une perte de crédibilité généralisée.
Science Based Targets initiative (SBTi)
La Science Based Targets initiative (SBTi) est le référentiel international le plus reconnu pour valider les trajectoires de réduction des entreprises. Les entreprises soumettent leurs objectifs de réduction à la SBTi, qui les évalue et les valide s'ils sont alignés avec une trajectoire de limitation du réchauffement à +1,5°C.
Ce que couvre la SBTi :
Scopes 1, 2 et 3 (obligatoires si le scope 3 représente plus de 40% des émissions totales) ;
Objectifs court terme (5 à 10 ans) et long terme (neutralité carbone en 2050) ;
Validation scientifique : les objectifs sont évalués par un comité d'experts indépendants.
📝A noter : Le référentiel SBTi parle de "contribution à la neutralité mondiale", pas de neutralité d'entreprise. Elle reconnaît que seule la planète peut atteindre la neutralité carbone, et que les entreprises doivent y contribuer.
Net Zero Initiative (NZI)
La Net Zero Initiative (NZI) est un référentiel français développé par Carbone 4, soutenu par l'ADEME et une vingtaine d'entreprises pionnières. Il propose une approche structurante pour répartir les efforts des entreprises autour de trois piliers complémentaires :
Pilier A : Réduire ses émissions directes et indirectes. C'est le pilier prioritaire. L'entreprise doit réduire drastiquement ses émissions sur l'ensemble de sa chaîne de valeur (scopes 1, 2, 3).
Pilier B : Éviter les émissions chez les autres. Au-delà de réduire ses propres émissions, l'entreprise doit contribuer à la décarbonation de son écosystème : fournisseurs, clients, partenaires.
Pilier C : Séquestrer du carbone dans des puits durables : Une fois les efforts de réduction maximisés, l'entreprise peut financer des projets de séquestration chez des tiers : reforestation, restauration des sols, capture technologique du CO₂.
Le tableau de bord Net Zero Initiative, source carbone4.com
La compensation (pilier C) ne doit jamais remplacer la réduction (pilier A). Elle est un complément.
Les limites des référentiels pour les PME/ETI
Bien que très utiles, les référentiels SBTi et NZI présentent aussi quelqueslimites qu’il convient de prendre en compte
Complexité opérationnelle : Les méthodologies sont techniques et nécessitent une expertise pointue en comptabilité carbone, souvent absente dans les petites structures.
Démarches lourdes et coûteuses : Le processus de validation SBTi peut prendre plusieurs mois et coûter plusieurs milliers d'euros (frais de soumission + accompagnement externe).
Peu adaptées aux réalités du terrain : Les référentiels sont souvent pensés pour les grandes entreprises internationales, pas pour les PME avec des ressources limitées.
Les référentiels sont utiles pour structurer et crédibiliser une démarche climat, mais ils ne remplacent pas une stratégie climat opérationnelle et sincère. Une PME peut s'engager sérieusement pour la neutralité carbone sans passer par SBTi, à condition de suivre les principes de base : mesurer, réduire massivement, compenser en dernier recours.
Comment votre entreprise peut s'engager pour la neutralité carbone ?
Vous l'avez compris : une entreprise ne peut pas "être neutre en carbone". Mais elle peut (et doit !) s'engager dans une démarche de neutralité carbone en contribuant activement à l'objectif mondial.
Voici quelques étapes concrètes pour une stratégie climat crédible et ambitieuse, en s'appuyant sur les recommandations de l'ADEME.
1. Mettre en place une stratégie climat compatible avec l'Accord de Paris
Objectif : Réduire drastiquement vos émissions directes et indirectes (scopes 1, 2, 3) et augmenter les puits de carbone liés à votre patrimoine.
L'importance du diagnostic : réaliser un Bilan Carbone complet
Avant de réduire, il faut mesurer. La première étape incontournable consiste donc à réaliser un Bilan Carbone® complet couvrant les trois scopes :
Scope 1 : Émissions directes ;
Scope 2 : Émissions indirectes liées à l'énergie achetée ;
Scope 3 : Autres émissions indirectes.
Résultat attendu : Identifier vos "points chauds" carbone, c'est-à-dire les postes d'émissions les plus importants sur lesquels concentrer vos efforts de réduction.
💡Bon à savoir : Chez WeCount, nous accompagnons les entreprises pour structurer leur bilan carbone entreprise et monter en compétences en interne. Notre approche repose sur un programme collectif de 4 mois, combinant plateforme carbone, accompagnement expert et formation, afin de vous rendre autonome et capable de piloter votre stratégie climat dans la durée.
Définir une trajectoire de réduction compatible avec ACT Pas-à-pas
Une fois votre bilan carbone réalisé, définissez une trajectoire de réduction alignée avec les objectifs de l'Accord de Paris. ACT Pas-à-pas est un référentiel développé par l'ADEME qui permet d'évaluer et de construire une trajectoire climat ambitieuse et réaliste.
Principes :
Construire une stratégie climat robuste ;
Embarquer votre direction autour d’une vision partagée à 2035 et 2050 pour sécuriser votre modèle économique dans un monde bas-carbone ;
Bâtir un plan d’action chiffré (impact CO2e, coûts, planning, KPIs) ;
Valoriser votre engagement pour le climat ;
Préparer les exigences réglementaires (CSRD, ESRS E1, etc.) ;
Vous former et assurer un déploiement opérationnel des actions de décarbonation.
💡Bon à savoir : nous proposons un accompagnement ACT Pas à Pas sur 12 mois pour structurer votre stratégie climat. Cette démarche vous permet d’identifier vos risques et opportunités climatiques, définir une trajectoire de réduction alignée avec l’Accord de Paris et construire un plan d’actions chiffré et pilotable. En savoir plus sur notre accompagnement ACT Pas à Pas ou échangez avec un expert WeCount.
2. Participer à la décarbonation
Au-delà de réduire vos propres émissions, vous pouvez contribuer à la décarbonation du système en proposant des produits et services bas-carbone à vos clients. Aperçu de quelques actions concrètes à entreprendre :
Éco-concevoir vos produits pour réduire leur impact sur l'ensemble de leur cycle de vie ;
Proposer des alternatives sobres (réparation, location, reconditionné, sobriété d'usage) ;
Accompagner vos clients dans l'adoption de modes de consommation bas-carbone.
3. Contribuer à la transition globale en finançant des projets durables
Une fois vos efforts de réduction maximisés, vous pouvez financer des projets de séquestration ou de réduction chez des tiers (hors de votre propre périmètre).
Critères pour choisir des projets robustes :
Additionnalité : le projet n'aurait pas existé sans votre financement ;
Permanence : le carbone est stocké durablement (au moins 100 ans pour la séquestration) ;
Vérification : audit par un tiers indépendant (label Gold Standard, Verified Carbon Standard, Label Bas-Carbone français) ;
Co-bénéfices : impact positif sur la biodiversité, les sols, les populations locales.
💡 Important : Le financement de projets chez des tiers ne doit jamais remplacer la réduction de vos propres émissions.
4. Communiquer avec transparence
La transparence est la clé de la crédibilité. Lorsque vous communiquez sur votre démarche climat, soyez honnête et précis :
✅ Communiquez sur :
Vos % de réduction réalisés (par rapport à une année de référence) ;
Vos actions concrètes (rénovation énergétique, flotte électrique, éco-conception, changement de fournisseurs) ;
Votre trajectoire de réduction à moyen et long terme ;
Vos investissements dans la décarbonation (budget, ressources).
❌ Évitez :
Les formulations vagues ("engagé pour le climat", "entreprise verte") ;
Les termes trompeurs ("neutre en carbone", "zéro émission") sans préciser le périmètre ;
La sur-valorisation de la compensation au détriment de la réduction.
Comment WeCount peut-il vous accompagner dans votre stratégie climat ?
WeCount accompagne les entreprises dans la mesure, la réduction et le pilotage de leur empreinte carbone. Notre approche repose sur trois piliers complémentaires :
Des programmes d’accompagnement collectifs pour réaliser le bilan carbone® de votre entreprise, structurer une stratégie climat robuste, quantifier votre plan d'actions via l'accompagnement act pas-à-pas, monter en compétence et bénéficier de l’intelligence collective entre pairs.
Un accompagnement expert de votre secteur, pour adresser les enjeux propres à votre entreprise : périmètres multi-sites ou multi-pays, exigences réglementaires (CSRD, VSME), enjeux sectoriels spécifiques : nous vous aidons à traduire les cadres méthodologiques en décisions opérationnelles.
Notre objectif : Vous rendre autonome dans le pilotage de votre stratégie climat, pérenniser votre démarche, tout en sécurisant la qualité et la crédibilité de vos engagements.
Envie de structurer votre stratégie climat ? Échangez avec un expert WeCount.
FAQ : Neutralité carbone
Qu'est-ce que la neutralité carbone ?
La neutralité carbone est un équilibre global entre les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine et leur retrait de l'atmosphère par des puits de carbone (forêts, sols, technologies). Cela signifie séquestrer autant de carbone que nous en émettons pour stabiliser sa concentration dans l'atmosphère et limiter le réchauffement climatique. Cet objectif n'a de sens qu'à l'échelle planétaire ou des États coordonnés via l'Accord de Paris.
Comment atteindre la neutralité carbone ?
Pour tendre vers la neutralité carbone, la priorité est de réduire drastiquement ses émissions de GES sur l'ensemble de sa chaîne de valeur (scopes 1, 2 et 3), en commençant par mesurer son bilan carbone. En parallèle, il s'agit de contribuer à la décarbonation de son écosystème (produits et services bas-carbone, fournisseurs, clients). La compensation ne vient qu'en dernier recours, pour les émissions résiduelles incompressibles.
Une entreprise peut-elle vraiment être neutre en carbone ?
Non. Une entreprise ne peut pas "être neutre en carbone" car ce concept ne s'applique qu'à l'échelle planétaire. En revanche, elle peut s'engager dans une démarche de neutralité carbone en réduisant drastiquement ses émissions (scopes 1, 2, 3), en proposant des produits/services bas-carbone, et en finançant des projets de séquestration chez des tiers. Elle contribue ainsi à l'objectif mondial sans pouvoir revendiquer une neutralité individuelle.
La neutralité carbone est-elle obligatoire pour les entreprises ?
Non, la neutralité carbone n'est pas une obligation légale. En revanche, certaines réglementations imposent de mesurer et réduire ses émissions. Le BEGES est obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés (250 dans les DOM), les collectivités de plus de 50 000 habitants et les établissements publics de plus de 250 agents. La CSRD (reporting climat pour grandes entreprises) oblige les grandes entreprises à publier des informations détaillées sur leur stratégie climat, leurs objectifs de réduction et leur plan de transition (ESRS E1). Elle n’impose pas la neutralité carbone, mais exige de justifier la cohérence des trajectoires annoncées. LaLoi Climat et Résilience encadre strictement les allégations environnementales. Toute communication faisant référence à la neutralité carbone doit être accompagnée d’éléments précis, vérifiables et proportionnés.
Quelle est la différence entre neutralité carbone et net zéro ?
Le Net Zéro est une trajectoire scientifique encadrée par la SBTi qui impose de réduire d'au moins 90 à 95% ses émissions avant de neutraliser les émissions résiduelles incompressibles. La neutralité carbone désigne un équilibre entre émissions et absorption, mais a longtemps reposé sur la compensation sans réduction réelle. Depuis la loi Climat et Résilience (2021), les entreprises ne peuvent plus se déclarer "neutres" sans prouver qu'elles ont d'abord réduit leurs émissions et doivent parler de contribution à la neutralité mondiale.
La compensation carbone est-elle fiable ?
Cela dépend. Une compensation est fiable si elle respecte des critères stricts : additionnalité (le projet n'aurait pas eu lieu sans financement), permanence (stockage durable du carbone), vérification (audit indépendant) et co-bénéfices (impact positif sur biodiversité, sols, populations). Attention aux projets de faible qualité ou menacés par les incendies. La compensation ne doit jamais remplacer la réduction, elle est un complément pour les émissions résiduelles.