Structurer sa démarche de décarbonation n’est pas toujours évident : par où commencer ? Quelles étapes suivre ? Quels outils mobiliser ? Dans ce webinaire, nous vous partageons une méthode claire, des retours d’expérience concrets, et des conseils pratiques pour passer à l’action avec méthode.
Webinaire Textile
Inspirez-vous de trois acteurs textiles engagés : Thuasne, Balas Textile et Promod ! 👕
La transition écologique est un enjeu majeur pour les entreprises textiles. Mais par où commencer ? Comment aller plus loin dans la réduction de vos émissions carbone ? A l’heure de la CSRD, comment anticiper et répondre aux exigences réglementaires et à celles de vos clients ? 🌍
Pour vous éclairer et vous inspirer, l'UIT, UNITEX, l'ADEME et Wecount vous invitent à découvrir :
-> Les témoignages de Promod, Thuasne et Balas Textile qui vous partageront leurs retours d'expérience :
Pourquoi se sont-ils lancés dans une démarche de décarbonation de leurs activités ?
Quelles sont leurs bonnes pratiques et conseils pour piloter une stratégie climat ?
-> Les outils et les dispositifs d’accompagnements dédiés au secteur textile, déjà utilisés par 50 entreprises du secteur :
Programme Bilan Carbone
Programme ACT Pas-à-Pas de l’ADEME dédié au secteur du textile, et comment il permet d’initier la CSRD
Vous souhaitez accélérer la transition climat et esg de votre entreprise ?
4 milliards de tonnes de CO2e par an, ce sont les émissions de CO2e générées par l’industrie du textile dans le monde. En 2050, le secteur textile émettrait même 26 % des émissions globales de GES si les tendances actuelles de consommation se poursuivent *
Les industries textiles françaises doivent respecter des standards environnementaux et sociaux parmi les plus exigeants de la planète. L'Union des Industries Textiles s'engage pour les accompagner et les aider à relever les défis du changement climatique.
L'objectif de ce webinaire : partager un état des lieux des enjeux climat pour le secteur textile en France et fournir des recommandations sur les leviers d’actions.
Les thématiques abordées lors de ce webinaire :
Pourquoi les entreprises du textile et de l’habillement doivent accélérer leurs travaux en matière de décarbonation ? (réglementation, pression parties prenantes, etc.)
Comment réaliser un bilan carbone robuste et fiable dans le secteur du textile et de l’habillement ? (témoignage d’une entreprise textile)
Quelles initiatives sont déployées par l’UIT pour aider les entreprises du secteur à se décarboner ? (présentation du dispositif des Promotions Climat WeCount et subventions associées)
Décarbonez ensemble l'industrie du textile et de l'habillement !
L’UIT (Union des Industries Textile) et WeCount ont travaillé main dans la main pour créer un guide de décarbonation complet et actionnable. 16 entreprises françaises du textile se sont portées volontaires pour se former et réaliser ensemble leur bilan de gaz à effet de serre et leur stratégie climat. Nous avons consigné leur expérience dans un guide pour allier les connaissances théoriques et la pratique.
Un objectif : accompagner les entreprises du textile qui souhaitent s’engager dans la transition bas-carbone à réaliser leur bilan de gaz à effet de serre, définir leur stratégie climat et déployer leur plan d’action.
Le bilan carbone d’une entreprise type de l’industrie textile ;
Les leviers d’actions pour réduire vos émissions.
Avec en bonus des retours d’expériences et une liste d’actions concrètes à mettre en place !
Le webinaire de lancement du guide
Vous souhaitez écoutez le témoignage d'expertes et d'entreprises du textile qui ont contribué à ce guide ?
Visionnez notre webinaire sur comment décarbonner les entreprises du textile et de l'habillement avec l'UIT, Boldoduc, Eric Bompard et Mathilde Ronze, notre experte textile !
L'industrie du textile produit 2 à 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre chaque année. C'est l'équivalent d'environ 4 milliards de tonnes équivalent CO2. Heureusement, des leviers d’actions sont possibles !
Aujourd’hui, 100 milliards de vêtements sont vendus chaque année dans le monde. La production de vêtements a doublé entre 2000 et 2014 (1). Dans la même période, les Européens ont augmenté leurs achats de vêtements de 40%, mais la durée de vie de ces habits est moitié plus courte qu’avant. Les émissions de gaz à effet de serre du secteur textile pourraient constituer 26% du total mondial si la tendance persiste.
L’industrie textile est un secteur-clé dans la réduction des émissions de carbone mondiales. Quel est l’impact carbone du secteur textile en France ? Quels sont les principaux postes d’émissions ? Quels défis pour le secteur face au changement climatique ? Tour d’horizon de l’empreinte carbone de l’industrie du Textile et de l’Habillement ! Cet article fait suite au guide sectoriel réalisé conjointement avec l’Union des Industries Textiles.
L’industrie du textile, qu’est-ce que c’est ?
Le secteur textile en bref
L'industrie textile désigne l'ensemble des activités de production et de transformation de fibres en étoffes, feutres, non-tissés et autres matériaux textiles utilisés dans divers produits finis.
Cela englobe entre autres :
La production des matières premières textiles ;
La transformation des fibres ;
La filature ;
Les procédés de fabrication (tissage, tricotage, non-tissé, tressage, etc.) ;
L'ennoblissement (teinture) ;
La confection ;
etc.
Le textile ne concerne pas seulement l'habillement et l'ameublement. Son usage s'étend aux applications industrielles, médicales, de protection individuelle, et même dans les domaines de l'agriculture, du transport et du bâtiment. Ainsi, c’est une industrie importante pour la société.
La filière textile européenne
En Europe, selon Euratex la filière textile est répartie ainsi :
Mode et habillement 42 % (exemple : vêtements)
Ameublement et maison 14 % (exemple : rideaux, nappes)
Industriel et technique (19 %) (exemple : textile médicaux, parachutes
On dénombre 197 000 entreprises européennes pour 64 milliards d’euros de chiffre d’affaires (8). La France représente à elle seule presque 20% du total !
Et en France ?
On compte 2150 entreprises françaises (63% de PME) pour 62 500 salariés. En 2022, l’industrie textile a généré 15,5 milliards de chiffres d'affaires, dont 12,9 milliards à l’exportation (2).
Le secteur du textile français est réputé hors frontières pour sa qualité et son innovation. En 2022, la France a exporté près de 13 milliards d’euros de produits textiles, notamment des vêtements maille, lingerie et textiles techniques.
Cependant, la France a également importé environ 25 milliards d’euros de produits textiles, majoritairement en provenance de la Chine et du Bangladesh.
Source : Guide de Décarbonation du textile WeCount
Enfin, les conséquences de l’industrie textile sur l’environnement et la société sont nombreuses : pollution de l’eau par microplastique et substances toxiques ou atteinte à la biodiversité, pour n'en citer que quelques-unes.
Dans cet article, nous nous concentrons uniquement sur l’impact carbone de la filière, notre cœur d’expertise.
Quelle est l'empreinte carbone de l'industrie du textile ?
Le secteur du textile est responsable de 2 à 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, etc.) selon l'Ademe.
Pourquoi un tel écart ? Les méthodologies utilisées et les informations d’une base de facteurs d’émission textile à l’autre peuvent varier d'où l'écart !
L’ADEME estime aussi que l’empreinte carbone textile d’une personne française est 442 kg de Co2e par an, soit l’équivalent des émissions de 68 t-shirts en coton ou 17 jeans !
Cela est dû aux matières premières utilisées et aux procédés industriels qui émettent de grandes quantités de CO2.
Mais l’importation joue aussi un rôle car un kilogramme de textile importé génère plus d'émissions de gaz à effet de serre qu'un kilogramme de textile produit en France :
Source : Union des Industries Textile (UIT)
💡 Bon à savoir : Sans intervention, les émissions de GES du secteur pourraient atteindre 2,7 milliards de tonnes par an d'ici à 2030, représentant une croissance annuelle de 2,7% !
Quel est l’impact d’un produit textile ?
Pour comprendre l’empreinte carbone de la filière, il faut se pencher sur l’ensemble du cycle de vie du produit. Quels sont les impacts à chaque étape de production ? Quelles émissions de GES sont émises par la production ?
L’intérêt d’une analyse carbone par produit est l’obtention d’un bilan carbone beaucoup plus précis et plus fiable.
Le cycle de vie du produit textile comporte 7 étapes :
Source : WeCount
Chaque étape contribue, à son échelle, à l’empreinte carbone du secteur.
La production des matières premières
Les matières premières représentent 20 à 30% des émissions de gaz à effet de serre du secteur.
Il existe trois types de matières premières : les matières naturelles (animales et végétales), les matières artificielles et les matières synthétiques.
Les matières végétales et animales utilisent une grande quantité d’eau, de surface agricole et de pesticides.
La production émet des gaz à effet de serre à plusieurs étapes :
Agriculture (élevage, culture, etc.) ;
Usage des produits chimiques ;
Déchets ;
Etc.
Par exemple, un t-shirt en coton consomme 2 700 litres d’eau, soit la quantité d’eau que devrait boire un individu en deux ans et demi ! Outre l’impact carbone, la surproduction interroge lorsqu’on sait qu’11% des Européens et 25% de la population mondiale souffre de pénurie d’eau.
Mais ce n’est pas tout !
La majeure partie des produits textiles vendus aujourd’hui sont issus des matières synthétiques. Environ 70% des fibres synthétiques sont issues du pétrole (2).
Or, les matières synthétiques relarguent des microplastiques dans les cours d’eau et les océans lors de leur production, mais aussi à chaque lavage. Les conséquences sont nombreuses comme la pollution des eaux marines ou l’atteinte à la biodiversité.
Enfin, les matières premières artificielles utilisent des intrants naturels, comme la pulpe de bois, et sont transformées avec des solvants pouvant être toxiques. Leur impact provient principalement de l’utilisation de produits chimiques ainsi que des procédés énergivores nécessaires à leur fabrication.
Une fois la fibre produite, elle est transformée en tissu par des procédés industriels plus ou moins énergivores.
Les procédés de transformation et de fabrication
Les procédés de transformation et de fabrication du textile englobent toutes les étapes permettant de convertir les matières premières en tissus puis en produits finis, à savoir :
La filature ;
Le tissage et tricotage ;
L’ennoblissement (la phase ayant l’impact carbone le plus élevé) ;
La confection ;
La phase de transformation des fibres et tissus représente près de 50 à 80% de l’empreinte carbone de l’industrie textile selon les études.(3)
💡 Bon à savoir : Par transformation des fibres et tissus, on entend la filature, le tissage et le tricotage ainsi que d’autres traitements tels que l'ennoblissement et la confection.
Certains traitements sont particulièrement toxiques pour l’environnement. C’est par exemple le cas du tannage du cuir dont les substances toxiques comme le chrome sont rejetées directement dans la rivière. C’est le cas de la rivière du Buriganda au Bangladesh qui est devenue l’une des plus toxiques au monde.
C’est aussi le cas de certaines teintures de jean fabriquées à base de plomb et de mercure dont les particules sont rejetées dans l’eau au lavage. En Chine, la rivière Li est devenue tellement toxique qu’il est interdit de boire l’eau ou de pêcher.
Le transport
La chaîne de valeur du textile est éclatée mondialement. Cette spécificité implique beaucoup d'étapes de transport. Par exemple, la confection est souvent délocalisée en Asie ou au Proche-Orient car son coût est très élevé. Aujourd’hui, la majorité des produits textiles sont fabriqués dans des pays comme la Chine, le Bangladesh, le Maroc ou l’Inde.
De plus, le commerce en ligne peut accroître poste d’émission du transport. On estime qu’environ un vêtement sur cinq acheté en ligne est renvoyé au siège de l’entreprise, ce qui participe à la consommation de masse. Le e-commerce augmente les livraisons multiples et donc les émissions de GES liées au transport, notamment celles du dernier km.
💡 Bon à savoir : Le dernier km désigne la dernière étape de la chaîne de distribution. En général, la fin de la livraison est l’étape la plus impactante du transport, car c’est l’étape la moins optimisée de la chaîne.
L'usage et fin de vie
80% des vêtements finissent enfouis ou incinérés (1). Au niveau mondial, seulement 1% des vêtements usagés sont recyclés en vêtements neufs. Une majeure partie des vêtements finissent dans des décharges à ciel ouvert.
C’est le cas du Ghana qui reçoit des vêtements usés en masse (214 millions de dollars USD de textile chaque mois) sans pouvoir les traiter, faute de moyens. Heureusement, la réglementation en matière de déchets textile évolue en Europe.
Selon l’EEA (Agence Européenne pour l’Environnement), en Europe 4 à 9% des produits textiles sont détruits sans avoir été usagés, cela représente entre 264 000 et 594 000 tonnes de textile détruites chaque année !
Dans le cadre de notre partenariat avec l’UIT, nous avons calculé le bilan carbone type pour une entreprise textile en France (obtenu par pondération des émissions de gaz à effet de serre des entreprises participantes). L’usage et la fin de vie des produits pèsent pour 10% du bilan carbone (3).
Dans un contexte de surproduction et de consommation croissante, la gestion des déchets et de la fin de vie des produits est un pilier de la décarbonation du secteur.
💡 Bon à savoir : La loi AGEC du 10 février 2020 interdit la destruction des invendus tandis que la stratégie européenne pour des textiles durables et circulaires prévoit une interdiction d’exporter ses déchets hors de l’OCDE sous certaines conditions.
Et concrètement, quel impact sur les émissions de gaz à effet de serre ?
Comparons l’impact carbone de trois pulls en laine, coton recycle et acrylique (matière synthétique) :
Pull en laine
Pull en coton recyclé
Pull en acrylique
Fabrication
52.90 kg CO2e
8.10 kg CO2e
25.50 kg CO2e
Matières premières
39.30 kg CO2e
0.90 kg CO2e
13.90 kg CO2e
Approvisionnement
0.90 kg CO2e
0.50 kg CO2e
0.70 kg CO2e
Mise en forme
8.60 kg CO2e
5.50 kg CO2e
7.30 kg CO2e
Assemblage et distribution
4.10 kg CO2e
1.20 kg CO2e
3.60 kg CO2e
Usage
2.52 kg CO2e
3.58 kg CO2e
2.46 kg CO2e
Fin de vie
1.28 kg CO2e
1.52 kg CO2e
1.01 kg CO2e
Total
56.70 kg CO2e
13.19 kg CO2e
28.97 kg CO2e
Source : Impact C02
L’impact d’un pull en laine, c’est l’équivalent de deux enceintes connectées, 145 repas végétariens et quatre pulls en coton !
Le pull en acrylique quant à lui, correspond à plus de deux pulls en coton recyclé, 75 repas végétariens, et une enceinte connectée.
Dans tous les trois cas de figure, la fabrication du produit génère la majorité des émissions de gaz à effet de serre. Le choix des matières premières et des procédés industriels est un levier de décarbonation primordial.
Zoom sur les principaux postes d’émissions
La majorité des gaz à effet de serre de l’industrie textile proviennent de la production de la fibre textile et de sa transformation en produit. Mais les émissions de CO2 équivalent ne sont pas le seul impact environnemental.
Les matières premières, première étape de la chaîne de valeur
Selon une étude Quantis (5), 15% de l’empreinte carbone de l’industrie textile provient de l’extraction et de la transformation des matières premières en fibre.
Ces chiffres varient d’une étude à l’autre selon l’échantillonnage et les critères pris en compte, par exemple l’utilisation du produit. Ainsi, les matières premières et leur transformation représentent 38% des émissions GES selon l’étude McKinsey (6) et 44% selon notre étude (3).
On retrouve des matières principales dans la plupart de nos vêtements : le polyester, le nylon, le coton, la viscose et le lyocell.
Le polyester
Le polyester est la matière première la plus utilisée dans la fabrication des vêtements (1). Sa fabrication implique l’extraction du pétrole et des procédés de transformation chimique lourds (appelé polymérisation). De plus, il est souvent produit en Chine, à Taïwan ou aux Etats-Unis.
Selon la base de données Ecoinvent, la production d’1 kg de polyester rejette 3.96 kg d’émissions de CO2 équivalent, soit 405 km en RER ou presque un aller-retour Paris-Marseille en TGV !
💡 Bon à savoir : Au-delà de l’impact carbone, ce sont 240 000 tonnes de microparticules de plastique qui sont relâchées chaque année dans les océans par le lavage des vêtements en fibre synthétique, soit l’équivalent de plus de 24 milliards de bouteilles plastiques !
Le nylon
La polyamide (ou nylon) est une matière première issue, elle aussi, du pétrole. Sa transformation nécessite beaucoup d'énergie et d'eau pour son refroidissement.
Tout comme le polyester, elle est responsable de pollution microplastique.
Le coton
Le coton représente un quart de la production mondiale. Pour sa production, non seulement des ressources en eau sont nécessaires, mais surtout l’industrie textile utilise une grande quantité de pesticides et d'insecticides.
Quel rapport avec le bilan carbone ? La culture du coton nécessite machines agricoles, utilisation de produits phytosanitaires et chimiques, processus de transformation du coton qui alourdissent le bilan carbone du secteur et des entreprises.
Le coton conventionnel est produit majoritairement en Chine, en Inde, au Pakistan, au Brésil et aux Etats-Unis.
1 kg de coton émet environ 2.17 kg de CO2 équivalent, soit presque deux fois moins que le polyester !
💡 Bon à savoir : Un t-shirt en coton, c’est aussi l’équivalent de 70 douches, d’où la nécessité de repenser notre consommation de vêtements !
La viscose et le lyocell
La viscose et le lyocell sont des matières artificielles fabriquées à partir de cellulose (bambou, maïs, eucalyptus, hêtre ou soja) et sont biodégradables. Bien qu’elles ne soient pas issues du pétrole, le procédé de transformation de cellulose est lourd. Il nécessite l’utilisation de produits chimiques hautement toxiques qui sont relâchés dans l’atmosphère.
💡 Bon à savoir : En plus du faible impact carbone, le lyocell est à privilégier car les solvants associés sont moins toxiques et peuvent être réutilisés.
1 kg de viscose émet 3.35 kg de CO2 équivalent. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, l'impact carbone du viscose est presque identique à celui du polyester ! Mais la matière la moins carbonée est le lyocell car 1 kg de lyocell génère 0.05 kg de CO2 équivalent (selon les bases de données).Ses émissions sont largement inférieure à toutes les autres matières premières ! Malgré des risques de déforestation d'eucalyptus, elle est considéré comme fibre écologique à produire.
L'alternative écologique : le lin
Le lin est considérée comme l'une des fibres les plus écologiques à produire. Elle ne nécessite que peu d'irrigation et peu de pesticides.
C'est aussi une matière relativement local car 80 à 85% de la production vient de France, de Belgique ou des Pays-Bas. Pourtant elle ne représente aujourd'hui qu'1% des produits textiles.
La phase de transformation : des procédés industriels lourds
La phase de transformation consiste à transformer la fibre en fil puis en tissu. Dans cette phase, on inclut :
La filature ;
Le tissage et le tressage ;
L’ennoblissement ;
La confection.
Ce sont des processus avec une consommation d’énergie excessive car ils ont souvent lieu dans des pays au mix électrique carboné.
Une étude menée par Cycleco démontre que cet impact varie selon le pays :
France : 10.63 kgCO2eq / kg de textile
Euromed : 24.96 kgCO2eq / kg de textile
Turquie : 25.14 kgCO2eq / kg de textile
Chine : 32.08 kgCO2eq / kg de textile
Reste du monde : 25.14 kgCO2eq / kg de textile
Plus le mix énergétique est faible, plus le rejet d’émissions de GES est élevé. Mais la transformation des fibres en tissu est un procédé très énergivore quel que soit le pays.
Selon Quantis, la transformation des fibres génère 76% des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie textile, dont 36% rien que pour l’ennoblissement !
L’ennoblissement (teintures, impressions, blanchiment, etc.) est une des phases de transformation du textile la plus émettrice de la filière. Ennoblir les tissus requiert une très grande quantité de vapeur d’eau, obtenue à partir de gaz.
💡 Bon à savoir : Lors de l'ennoblissement, pour obtenir de la vapeur d’eau, l’eau est chauffée à plus de 130° avec du gaz. Or, le gaz est une énergie très carbonée, ces procédés sont donc très impactant en termes d’émissions de gaz à effet de serre.
Pendant la phase d’ennoblissement, la teinture et le séchage ont aussi un impact significatif sur le bilan carbone du produit textile.
La raison : une consommation d’énergie excessive et des résidus de produits chimiques qui nécessite des traitements énergivores en gaz.
Comment diminuer l’empreinte carbone de l’industrie textile ?
Mettre en place des actions au niveau de la filière
Maintenant que nous avons fait ensemble un état des lieux, comment réduire l’empreinte carbone à l'échelle du secteur ? Quels leviers peut-on actionner ?
Pour décarboner la filière du textile et de l’habillement, plusieurs pistes s’offrent à vous. En voici quelques-unes.
Soutenir la R&D
L’innovation peut contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur, notamment par :
Le développement de nouvelles matières premières écologiques telles que les fibres artificielles issues de sources biosourcées comme la banane ou le bambou ;
L'utilisation de fibres naturelles recyclées et l’extension de la filière de recyclage des fibres avec des exigences environnementales et de qualité;
L'amélioration de l’impact environnemental des matières premières existantes, par exemple les conditions de culture et les pratiques agricoles ;
La conception et l’industrialisation de procédés de ruptures, autrement dit de technologies de production moins énergivores et plus respectueuses de l'environnement, pour l’ennoblissement par exemple.
Étendre la filière du recyclage des produits textile
En améliorant les possibilités de recyclage, on améliore le taux de réemploi et la réparabilité des produits ce qui diminue l’impact environnemental. Plusieurs leviers d’actions sont possibles :
Améliorer les systèmes de collecte ;
Financer et développer des projets de R&D sur le recyclage ;
Développer une filière de recyclage industrialisée à grande échelle.
Former les professionnels du textile à la transition bas-carbone
Chez WeCount, nous sommes convaincus que la formation est un des moyens les plus efficaces pour gagner en connaissances et en compétences.
Intégrer les enjeux climat et éco-conception au cœur des formations initiales textiles ;
Sensibiliser et former les professionnels en entreprise aux enjeux, mais aussi aux leviers de décarbonation qu’ils peuvent mettre en place.
Sensibiliser les consommateurs
En tant qu’entreprise ou pouvoir public, on peut avertir sur les enjeux des modes de consommation de plusieurs manières :
Accélérer le développement de l’affichage environnemental et présenter un score carbone pour permettre au client de faire un choix éclairé ;
Communiquer et sensibiliser à l’impact des matières premières, par exemple en expliquant les différences d’impacts entre matières naturelles, artificielles, synthétiques et recyclées ;
Communiquer et sensibiliser à l’impact de l’utilisation des produits textiles.
Enfin, on peut aussi améliorer la fiabilité des facteurs d’émission en réalisant collectivement des analyses de cycle de vie (ACV) ou en travaillant sur des bases de données communes de facteurs d’émission.
En agissant collectivement on peut créer un effet de levier et diminuer durablement les émissions de GES du secteur !
Vous êtes un acteur de la filière ? Pour découvrir comment réduire vos émissions de CO2e, consultez notre Guide de décarbonation de l'industrie textile. Co-construit par WeCount, l'Union des Industries Textiles et 16 industriels du textile, ce guide regroupe + de 100 idées d'actions de décarbonation accompagnées de 70 d'exemples d'actions réalisées par des industriels du textile.
De quoi vous inspirer dans la construction de votre plan d'action !
Réinventer les modes de consommation
Nos modes de production et de consommation font partie des enjeux décisifs dans la décarbonation de l’industrie textile. Les entreprises peuvent créer ou renforcer la valorisation de pratiques d’achats responsables auprès de leurs clients.
Depuis quelques années, de nouveaux modes de consommation plus respectueux de l’environnement émergent :
La location de produits textile ;
La réparation (soutenue par des lois ou des aides de l’État)
La seconde main ;
Etc.
Adopter ces nouveaux modèles de production et de consommation, c’est faire de votre entreprise un moteur et un leader de la décarbonation au niveau de la filière textile, et plus largement au niveau de la société.
C’est le cas de Décathlonqui s’est donné pour objectif de réduire de 20% ses émissions de CO2 équivalent d'ici à 2026 (par rapport à 2021). (11)
Pour atteindre son objectif, Décathlon fait de l’économie circulaire un pilier de son plan de transition. L’équipementier développe un nouveau modèle économique qui mise sur l’éco-conception, le recyclage, l’allongement de la durée d’usage de ses produits et sur des nouveaux services de réparation, d’occasion et de location. (12)
C’est aussi le cas de la marque 1083. L’entreprise a lancé son modèle économique sur une conviction simple : ses jeans ne doivent pas voyager plus de 1083 km (contre 65 000 km pour la fast-fashion). Un défi réussi puisque l'entreprise a aujourd’hui 100 revendeurs et a été lauréate du plan de relance 2021 pour la création d'un nouvel atelier de confection dans les Vosges. (13)
En réfléchissant dès maintenant à de nouvelles manières de produire, consommer et commercer, vous évoluez en même temps que la réglementation. Et c’est un atout pour votre entreprise car la législation tend de plus en plus vers la durabilité.
Qu’en est-il de la réglementation ?
Depuis quelques années, les pouvoirs publiques visent un objectif global de réduction de l'empreinte carbone du produit textile, depuis la production des fibres jusqu'au mode de consommation.
Loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC)
Loi AGEC et industrie textile
La loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire du 10 février 2020 vise à rendre nos modes de consommation plus durables. Elles touchent l’industrie textile de plusieurs manières, notamment par :
La fin du plastique à usage unique d'ici à 2040 (exemple : emballage e-commerce) ;
La transparence sur les impacts environnementaux des produits ;
L'interdiction de détruire les invendus ;
La création de filières pollueur-payeur (8)
Affichage environnemental des produits textiles
Le but est d’améliorer l'information fournie aux consommateurs concernant les impacts environnementaux des produits pour :
Permettre au consommateur d'identifier rapidement les produits les plus écoresponsables ;
Encourager les entreprises à se tourner vers l’écoconception et une production responsable ;
Le décret n° 2022-748 du 29 avril 2022
Publié en application de l'article 13 I de la loi AGEC, ce décret encadre les informations environnementales fournies aux consommateurs pour les produits susceptibles de générer des déchets (4).
Pour les produits textiles, les entreprises doivent désormais fournir une fiche-produit dématérialisée détaillant les caractéristiques environnementales, notamment :
La directive CSRD renforce la réglementation en matière de reporting de durabilité. Toutes les grandes entreprises et les PMEs sont concernées dès 2025.
La CSRD impose notamment des obligations en termes de transparence et fiabilité de l’information durable, pour les consommateurs, mais surtout pour les investisseurs.
Ainsi, la législation tend de plus en plus vers une diminution de l’empreinte carbone du textile via des modes de production et de consommation raisonnés.
En synthèse
Pour décarboner la filière textile, il est nécessaire d’agir sur la surconsommation et la surproduction en réduisant les volumes à l’échelle mondiale.
Comment agir à l'échelle de l’entreprise ?
L'industrie dispose de six leviers d'actions principaux pour réduire l'empreinte carbone du secteur :
Agir sur les matières premières ;
Améliorer l'efficacité énergétique ;
Accroître la durabilité des produits pour réduire le volume de consommation ;
Encourager une consommation écoresponsable ;
Renforcer les régulations et les mesures incitatives par les autorités ;
Renforcer la collaboration sectorielle (référentiel commun, mutualisation des achats, R&D, etc.)
Les initiatives de l'UIT et de WeCount visent à soutenir la décarbonation de l’industrie du textile & de l’habillement. Le guide de décarbonation du textile est la première étape d'un effort collaboratif et continu pour aider le secteur à réduire durablement son impact carbone.
Vous préférez le format vidéo ?
Regardez notre webinaire sur la décarbonation de l'industrie textile. Nous y avons réuni 6 experts et professionnels pour parler des leviers pour décarboner les entreprises du secteur.
Et pourtant, seuls 12% des chefs d'entreprise ont défini une stratégie et des plans d'actions en matière d'adaptation. Ce constat illustre une réalité de terrain : beaucoup d’organisations perçoivent désormais le risque, mais peinent encore à structurer une réponse adaptée.
En complément des démarches de décarbonation, l’adaptation consiste justement à préparer l’entreprise à continuer d’opérer dans un climat qui évolue, avec des impacts déjà visibles sur les sites, les équipes, les approvisionnements ou les coûts d’exploitation.
Dans cet article, nous vous expliquons pourquoi l’adaptation devient un sujet stratégique, comment construire votre démarche et sur quels outils vous appuyer pour passer à l’action.
A retenir
Des risques déjà visibles et en accélération : 1 dirigeant sur 3 a déjà vu son entreprise affectée par un aléa climatique. Les événements extrêmes (canicules, sécheresses, inondations…) s'intensifient en fréquence et en gravité, menaçant la continuité d'activité et la chaîne de valeur.
Un cadre réglementaire qui se durcit : Le 3ème volet du PNACC (Plan National d'Adaptation au Changement Climatique), la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) et la CSDDD (Corporate Sustainability Due Diligence Directive) imposent aux entreprises (grandes et PME via leurs donneurs d'ordres) d'évaluer et de piloter leurs risques climatiques.
L'adaptation est un levier de compétitivité : Anticiper les risques climatiques, c'est sécuriser ses approvisionnements, réduire ses pertes économiques, maintenir sa performance opérationnelle et renforcer sa crédibilité auprès de ses parties prenantes (clients, investisseurs, assureurs).
Adaptation et atténuation sont complémentaires : Réduire ses émissions (atténuation) ne suffit pas : même en visant la neutralité carbone, les impacts climatiques sont déjà engagés pour les décennies à venir. Une stratégie climat complète articule décarbonation ET adaptation.
Pourquoi élaborer une stratégie d'adaptation dès maintenant ?
L’adaptation au changement climatique consiste à préparer une entreprise à continuer d’opérer dans un climat qui évolue, afin de sécuriser son activité face à des impacts déjà visibles et appelés à s’intensifier.
À court terme, l'objectif est de limiter les pertes économiques ; à long terme, c'est la pérennité même de votre modèle qui est en jeu.
Concrètement, cela implique d’identifier les aléas climatiques susceptibles d’affecter votre activité (montée des eaux, vagues de chaleur, sécheresses) et d’évaluer le coût de l'inaction face aux risques qu'ils font peser sur votre organisation.
L’enjeu est de comprendre comment ces risques peuvent affecter l'ensemble de votre chaîne de valeur, afin de :
Identifier vos principales vulnérabilités : par exemple, une chaîne du froid particulièrement sensible aux fortes chaleurs ou une production fortement dépendante d’une ressource en eau sous tension ;
Cartographier vos sensibilités face aux aléas et vos niveaux d'exposition : que ce soit en amont chez vos fournisseurs stratégiques (ex: pénurie de matières premières), sur vos propres sites (ex: entrepôt en zone inondable), ou en aval (ex: ruptures logistiques) ;
Prioriser les actions à mettre en place : pour renforcer la résilience de votre modèle économique, adapter les infrastructures et revoir les plans de continuité d’activité.
Pour comprendre pourquoi l’adaptation devient aujourd’hui un prérequis stratégique, il faut d’abord s’intéresser à la nature si spécifique des risques climatiques auxquels les entreprises sont confrontées.
Les risques climatiques liés au changement climatique
Les risques climatiques présentent certaines spécificités qui les distinguent des autres risques auxquels les entreprises sont habituées.
La difficulté à prévoir leur évolution
L'étude des valeurs historiques est importante car elle permet auxentreprises de voir comment elles ont été déjà affectées par le changement climatique, mais pas suffisante pour anticiper l'évolution future des aléas climatiques.
Les modèles du passé ne permettent pas de prédire la fréquence et l'intensité des événements à venir. Dans l’idéal, il faut croiser d’une part les retours d’expérience, d’autre part les différentes projections, et accepter une logique de tolérance à l’incertitude.
L'irréversibilité et l'ampleur de leurs conséquences
Certains impacts du changement climatique sont irréversibles à l'échelle humaine : disparition d'îles et de territoires, perte de biodiversité, dégradation des sols, fonte des glaciers, acidification des océans.
Pour les entreprises, cela signifie que certaines transformations du climat peuvent modifier durablement les conditions d’exploitation d’un territoire ou d’une activité.
Deux grandes catégories de risques climatiques
L'adaptation vise à renforcer la résilience du modèle économique face à deux types de risques :
Les risques physiques : événements extrêmes (inondations, cyclones) ou évolutions chroniques (crues, vagues de chaleur) ;
Les risques de transition : changements réglementaires (renforcement des taxes carbone, interdiction des emballages à usage unique, zones de faibles émissions…), évolutions des marchés ou risques de réputation.
Ces risques peuvent se matérialiser à différents niveaux de l’activité d’une entreprise. Ils ne se limitent pas aux infrastructures ou aux sites de production et peuvent impacter l’ensemble de la chaîne de valeur.
Impacts du changement climatique sur la chaîne de valeur
La chaîne de valeur en amont : pénurie de matériaux, hausse des coûts d’approvisionnement, problèmes de transport et hausse du coût des transports… ;
Les opérations : hausse du coût des assurances, dommages sur sites et plateformes, hausse du coût de l’énergie et de l’eau, dégradation des conditions de travail, etc ;
La chaîne de valeur en aval : hausse du coût du transport, incapacité à produire ou à se fournir, réduction des marchés ciblés, etc.
Exemples concrets de ruptures de chaînes d’approvisionnements, source carbone4.com
Exemple : Les principaux risques pour le secteur agroalimentaire
Pour mieux vous projeter, voilà un exemple très concret avec un aperçu de quelques risques liés au changement climatique pour le secteur agroalimentaire :
Chute des rendements et volatilité : Les sécheresses, gels tardifs et vagues de chaleur impactent directement la quantité et la qualité des récoltes (céréales, fruits, légumes) ;
Santé du bétail : Le stress thermique réduit la production laitière et augmente la mortalité dans les élevages ;
Prix des intrants : Hausse du coût des matières premières agricoles, déstabilisant les marges des transformateurs ;
Tensions sur la ressource en eau (quantité et qualité) et conflits d'usage avec d'autres secteurs ;
Dépendance à l'eau : Les industries agro-alimentaires sont de très grosses consommatrices d'eau (nettoyage, process). Les restrictions préfectorales peuvent entraîner des arrêts de production ;
Besoins énergétiques (Froid) : L'augmentation des températures extérieures oblige les usines à surconsommer de l'énergie pour maintenir les zones de stockage et de transformation à la bonne température ;
Vulnérabilité des infrastructureset des systèmes de production : Risques d'inondations ou de tempêtes endommageant les sites de production ou les silos de stockage, investissements non prévus, arrêts d’activité ;
Changement de la demande vers des produits moins carbonés ou plus résistants à la chaleur (ex: baisse de consommation de certains produits gras/lourds en été, baisse de consommation des produits carnés, etc.) ;
Rupture de la chaîne du froid : Les épisodes de chaleur extrême mettent sous tension les camions frigorifiques et les linéaires en magasin, augmentant le risque de gaspillage alimentaire.
Face à ces risques croissants pour les activités économiques, les pouvoirs publics et les régulateurs encouragent progressivement les entreprises à mieux intégrer l’adaptation dans leur stratégie.
Un cadre réglementaire qui s’aligne peu à peu sur ces enjeux
L'adaptation au changement climatique n'est plus une démarche volontaire : elle devient progressivement obligatoire via plusieurs textes réglementaires.
Le PNACC (Plan National d'Adaptation au Changement Climatique) : Le 3ème PNACC, adopté en 2024, fixe la trajectoire de référence pour l'adaptation de la France au changement climatique. Il impose à certains secteurs d’activité et territoires de prendre en compte les risques climatiques dans leur stratégie. L’objectif est de préparer la France à un réchauffement de +2°C à +4°C d'ici 2100 et réduire la vulnérabilité des activités économiques. Pour creuser le sujet, découvrez notre article “PNACC : les mesures clés du nouveau plan national d’adaptation”.
La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) : La CSRD impose aux entreprises concernées de publier des informations détaillées sur leurs risques climatiques (physiques et de transition), leurs impacts financiers et les mesures d’adaptation mises en œuvre. Elle incite donc fortement à structurer une véritable stratégie d’adaptation.
L'adaptation comme levier de compétitivité et de résilience
Au-delà du cadre réglementaire, l'adaptation au changement climatique est aussi et surtout un levier stratégique pour renforcer la résilience et la compétitivité de votre entreprise.
À court terme :
Réduire les impacts des aléas climatiques ;
Sécuriser la production et les approvisionnements : Anticiper les ruptures, diversifier les sources, sécuriser les stocks critiques ;
Limiter les pertes économiques : Éviter les arrêts d'activité prolongés, réduire les coûts de réparation et de remplacement ;
Maintenir les conditions de travail : Protéger la santé et la sécurité des salariés (climatisation, aménagement des horaires, EPI adaptés)
À long terme :
Renforcer la résilience du modèle économique ;
Sécuriser les investissements : Éviter les actifs échoués (exemple : bâtiments en zone inondable, équipements inadaptés) ;
Maintenir la performance et la compétitivité : S'adapter plus vite que ses concurrents, capter de nouveaux marchés ;
Renforcer la crédibilité : Rassurer clients, investisseurs, assureurs, salariés sur la pérennité de l'entreprise ;
Accéder aux financements : De plus en plus de banques et fonds conditionnent leurs financements à la prise en compte des risques climatiques.
Les coûts de l'inaction sont supérieurs aux coûts de l'adaptation
Ne rien faire coûte beaucoup plus cher que d'agir.
Selon l'ADEME (novembre 2023), si les émissions de GES ne baissent pas suffisamment, les impacts du changement climatique pourraient conduire en France à une perte de richesse potentielle de 10 points de PIB.
À l’inverse, le rapport “Returns on Resilience” estime que pour 1 dollar investi dans l’adaptation climatique, cela génère plus de 10 dollars de bénéfices économiques.
Pour une entreprise, l'inaction se traduit par :
Pertes d'exploitation (arrêts de production, ruptures d'approvisionnement) ;
Hausse des coûts (assurance, énergie, eau, matières premières) ;
Perte de marchés (clients qui se tournent vers des concurrents plus résilients) ;
Risque de faillite (dans les cas extrêmes). Aux États-Unis, il y a par exemple eu en 2019 la faillite de Pacific Gas Electric (PGE), un géant de l’énergie. Le Wall Street Journal titrait d’ailleurs "C’est la première faillite liée au changement climatique, probablement pas la dernière".
Qu'est-ce qu'une stratégie d'adaptation au changement climatique ?
Une stratégie d'adaptation complète ne se limite pas à faire un état des lieux à l'instant T. Elle vise à projeter l'entreprise dans le futur pour anticiper ses vulnérabilités et planifier sa résilience.
Pour être efficace, cette démarche se divise généralement en deux grandes phases : l’analyse des risques puis le plan d'action.
Phase 1 : analyser les risques climatiques
Avant d’entrer dans le détail des différentes étapes, il est utile de comprendre la logique globale de l’analyse des risques climatiques.
La démarche consiste à partir des aléas climatiques, à identifier les processus essentiels au fonctionnement de l’entreprise, puis à évaluer leur niveau d’exposition, de sensibilité et de capacité d’adaptation.
Le schéma ci-dessous donne une vision d’ensemble de cette approche.
Étape 1 : identifier les processus vitaux pour le fonctionnement de l’entreprise
L’objectif n’est pas d’analyser chaque activité dans le détail, mais de concentrer l’attention sur les éléments indispensables à la continuité de l’activité.
La démarche consiste d’abord à identifier les sites ou activités à forts enjeux, puis à déterminer les processus vitaux, c’est-à-dire ceux dont dépend directement le fonctionnement de l’entreprise.
Un processus vital correspond à une activité, une ressource ou une relation dont l’interruption pourrait mettre en difficulté la production, la livraison ou la viabilité économique de l’organisation.
Pour structurer cette analyse, il est utile d’observer l’ensemble de la chaîne de valeur selon trois grands périmètres :
Scope A (périmètre direct) : bâtiments, équipements industriels, flottes de véhicules, infrastructures critiques ;
Scope B (relations directes) : fournisseurs de rang 1, accès à l’eau ou à l’électricité, réseaux télécoms, prestataires logistiques ;
Scope C (relations indirectes) : fournisseurs des fournisseurs, infrastructures globales de transport ou d’énergie, dépendances systémiques.
Pour chaque processus identifié, plusieurs questions clés permettent d’évaluer son caractère vital :
Impact financier : quelle part du chiffre d’affaires ou de la marge dépend de ce processus ou de ce fournisseur ?
Tolérance à l’interruption : combien de temps l’entreprise peut-elle fonctionner si ce processus s’arrête (quelques heures, plusieurs jours, plusieurs semaines) ?
Niveau minimal de fonctionnement : l’activité peut-elle se maintenir si ce processus fonctionne à capacité réduite ?
☝️Exemple concret : une usine dépend d’un fournisseur unique livrant une matière première chaque semaine. Si une route est coupée pendant un mois à la suite d’un événement climatique, la production et la distribution du produit final peuvent être totalement interrompues. Ce fournisseur constitue donc un processus vital.
Cette étape nécessite une approche transversale. Elle implique généralement :
le ou la responsable RSE ou risques, pour coordonner l’analyse ;
la direction financière, pour évaluer les enjeux économiques ;
les achats et la logistique, pour comprendre les dépendances d’approvisionnement ;
les opérations ou directions de site, pour apprécier les contraintes concrètes de continuité d’activité.
Cette mise en perspective constitue la base de l’étape suivante : l’évaluation et la quantification du niveau de risque climatique
Étape 2 : quantifier le niveau de risque climatique
L’objectif est désormais d’obtenir une vision des risques réels auxquels l’entreprise pourrait être confrontée, aujourd’hui et demain.
Pour cela, il est possible de s’appuyer sur la méthode OCARA, développée par l’ADEME et Carbone 4, qui propose un cadre structuré pour analyser les risques climatiques.
La logique repose sur l’analyse de quatre composantes :
l’aléa climatique : phénomène susceptible de provoquer des dommages (sécheresse, inondation, incendie, tempête…) ;
l’exposition : présence d’activités ou d’infrastructures dans une zone soumise à cet aléa ;
la sensibilité opérationnelle : degré de fragilité naturelle de l’activité face à cet aléa ;
la capacité d’adaptation : aptitude de l’organisation à anticiper l’événement, à absorber ses effets et à reprendre rapidement son fonctionnement.
Comment quantifier un risque, source : wecount.io
L’association de l’aléa et de l’exposition permet d’identifier un risque brut, théorique. L’analyse de la sensibilité et de la capacité d’adaptation permet ensuite d’évaluer la vulnérabilité, et donc le risque résiduel pour l’entreprise.
Prenons un exemple.
Une entreprise située dans le sud de la France possède un entrepôt logistique représentant 80 % de son chiffre d’affaires.
Aléa : la zone est fortement exposée aux incendies de forêt ;
Exposition : l’entrepôt est implanté à proximité immédiate d’une zone boisée ;
Sensibilité : le bâtiment est construit en matériaux inflammables ;
Capacité d’adaptation : l’entreprise a-t-elle mis en place des dispositifs de protection (mur coupe-feu, plan de continuité, systèmes d’alerte) ?
L’analyse montre ici que la combinaison d’une forte exposition, d’une sensibilité élevée et de capacités d’adaptation limitées conduit à un niveau de risque important pour l’entreprise.
Une fois ce niveau de risque évalué, l’étape suivante consiste à analyser comment il pourrait évoluer dans le temps, en s’appuyant sur différents scénarios climatiques correspondant à des niveaux de réchauffement plus ou moins élevés.
Etape 3 : Projeter les risques selon les scénarios RCP
Comme évoqué juste au-dessus, il s’agit ici de voir comment votre entreprise pourra s’adapter aux différents scénarios appelés Representative Concentration Pathways (RCP).
Ces derniers qui ont vocation à permettre de mieux appréhender les futurs possibles en termes de dérive climatique ont été mis en lumière dans le 6ème rapport d’évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).
Voici un aperçu des 4 scénarios clés envisagés :
RCP 8.5 : On ne change rien. Les émissions de GES continuent d’augmenter au rythme actuel. C’est le scénario le plus pessimiste ;
RCP 6.0 : On stabilise les émissions avant la fin du XXIe siècle à un niveau moyen ;
RCP 4.5 : On stabilise les émissions avant la fin du XXIe siècle à un niveau faible ;
RCP 2.6 : Dans ce cas, les émissions de GES sont très faibles avec un point culminant avant 2050. C’est le scénario le plus optimiste.
Le résultat de cette étape prend la forme d’une matrice à date pour l’entreprise ainsi que de trois matrices selon les différents scénarios de projection.
📝 À noter : Dans les derniers rapports du GIEC, les scénarios RCP ont laissé place aux scénarios Shared Socio-economic Pathways (SSP). Ces derniers sont des narratifs, traduits en ensembles d'hypothèses socio-économiques (Population, Éducation, Urbanisation, PIB). Ils ont vocation à décrire des évolutions alternatives de la société future en l'absence de changement climatique ou de politique climatique. Ils peuvent également être utilisés pour évaluer les risques de transition.
Phase 2 : Construire le plan d’action
Une fois la cartographie des risques établie, il faut passer à l'action. C'est ici que l'analyse se transforme en véritable stratégie.
Etape 1 : Définir une trajectoire et des seuils de déclenchement
Les conséquences du changement climatique étant graduelles et incertaines, votre plan ne doit pas être figé. L'objectif est de construire une trajectoire d'adaptation incluant des seuils de déclenchement.
Par exemple, pour une perturbation faible (ex: une canicule de 3 jours tous les 5 ans), de simples ajustements techniques suffisent.
Mais si un seuil d'alerte est franchi (ex: une canicule d'un mois chaque année qui met en péril la santé des salariés ou les rendements d'une matière première), l'entreprise doit avoir prévu un plan d'action de rupture (ex: relocalisation des approvisionnements, changement de modèle d'affaires)
Etape 2 : Élaborer le plan d'action et la gouvernance
Le dernier pilier consiste à lister et prioriser les actions concrètes à déployer. Chaque action doit être évaluée selon : les bénéfices attendus, les investissements nécessaires (ROI) calculés par rapport aux coûts de l’inaction, le calendrier, et le collaborateur responsable.
✨Notre conseil : Il est indispensable d'instaurer une gouvernance interne : définir des indicateurs de suivi, un plan de financement, et prévoir une mise à jour régulière de l'étude des risques (tous les 2 à 3 ans) pour ajuster la stratégie aux nouvelles modélisations scientifiques.
Quelles sont les 4 principales erreurs à éviter dans votre stratégie d'adaptation ?
Voici quelques points de vigilance repérés par nos consultants :
Négliger le scope C (parties prenantes, relation indirecte à l’amont ou à l’aval) et la chaîne de valeur : Se concentrer uniquement sur ses sites en ignorant les risques en amont (fournisseurs) et en aval (clients, distribution) est une erreur majeure. Les ruptures d'approvisionnement et les évolutions de marché sont souvent plus critiques que les impacts directs sur le site.
Analysez toute la chaîne de valeur pour identifier les dépendances critiques et les vulnérabilités des fournisseurs clés.
Sous-estimer les délais et la complexité : L'adaptation ne se fait pas en quelques semaines, elle nécessite du temps pour collecter les données, analyser les risques, co-construire les solutions et mettre en œuvre les investissements.
Prévoyez un horizon réaliste : 3 à 6 mois pour le diagnostic, puis 1 à 3 ans pour déployer les premières actions structurantes.
Ne pas impliquer les parties prenantes internes et externes : Mener la démarche en silo (RSE ou Direction seule) sans embarquer les équipes opérationnelles conduit à l'échec : les actions ne seront ni comprises, ni acceptées, ni mises en œuvre efficacement.
Impliquez dès le départ la Direction, les Opérations, les Achats, les RH et les fournisseurs clés pour garantir l'adhésion et la co-construction.
Tomber dans la mal-adaptation : Certaines solutions aggravent le problème ou créent de nouveaux risques : climatisation massive (surconsommation énergétique, effet rebond), neige de culture (tensions sur l'eau), ou digues trop hautes (faux sentiment de sécurité). Privilégiez les solutions basées sur la nature (végétalisation, gestion naturelle de l'eau, diversification) plutôt que les solutions technologiques énergivores.
Stratégie d'adaptation et d'atténuation : deux piliers indissociables
Si l’adaptation permet de préparer l’entreprise aux impacts du changement climatique, elle ne peut pas être pensée isolément. Elle doit s’articuler avec une démarche d’atténuation visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Pourquoi adaptation et atténuation doivent être pensées ensemble
Atténuation et adaptation sont complémentaires, pas concurrentes :
L'atténuation seule ne suffit pas : Même si nous tendons vers la neutralité carbone demain, certains des impacts climatiques sont déjà là et certaines limites planétaires ont également été franchies. Il faut donc s'adapter.
L'adaptation seule ne suffit pas : Sans réduction massive des émissions de GES, le réchauffement continuera et les impacts deviendront ingérables et certaines activités ne pourront plus s'adapter.
Notons par ailleurs qu’une augmentation par exemple de +3°C à l’échelle mondiale induit des réchauffements plus importants à l’échelle régionale.
Une stratégie climat robuste doit donc réduire les émissions tout en renforçant la résilience des activités.
Les solutions basées sur la nature : un exemple de synergie
Les solutions basées sur la nature (SbN) sont des actions qui s'appuient sur les écosystèmes pour répondre aux enjeux climatiques.
Elles offrent un double bénéfice avec à la fois une adaptation (protection contre les aléas) mais aussi une atténuation (stockage de carbone, réduction des émissions, etc).
Exemples de SbN
Reforestation et haies :
Adaptation : Protection contre les vents, limitation de l'érosion, régulation thermique.
Atténuation : Stockage de carbone dans la biomasse et les sols.
Désimperméabilisation des sols :
Adaptation : Absorption des eaux de pluie, limitation des inondations, réduction des îlots de chaleur.
Atténuation : Stockage de carbone dans les sols, réduction des besoins en climatisation.
Restauration de zones humides :
Adaptation : Régulation des crues, filtration de l'eau, rafraîchissement.
Atténuation : Stockage de carbone dans les tourbières et les sols.
📝A noter : Les SbN génèrent également des co-bénéfices : biodiversité, bien-être des salariés, qualité de l'air, attractivité des sites.
Quels outils et méthodologies pour structurer votre démarche ?
Plusieurs méthodologies reconnues existent pour structurer une stratégie d'adaptation. Voici les principales, recommandées par l'ADEME.
La méthode OCARA : cartographier les risques climatiques
OCARA est l’abréviation d’Outil de Cartographie et d'Analyse des Risques Climatiques.
C’est une méthodologie développée par le cabinet Carbone 4 et l'ADEME pour diagnostiquer la vulnérabilité des entreprises aux risques climatiques. Elle consiste à identifier, évaluer et hiérarchiser les risques climatiques sur l'ensemble de la chaîne de valeur.
Démarche en 3 étapes :
Identifier les processus à fort enjeu : Cartographier les processus vitaux pour la continuité d'activité de l'entreprise (production, approvisionnement, logistique, RH, etc.).
Analyser et quantifier les risques bruts
Intégrer les scénarios Representative Concentration Pathways (RCP) : Projeter ces risques dans le futur (généralement à moyen terme vers 2030-2035 et à long terme vers 2050) en s'appuyant sur 3 scénarios climatiques contrastés issus des RCP du GIEC.
L'objectif est d'évaluer concrètement la part du chiffre d'affaires et des investissements (CAPEX) impactés selon l'évolution du climat.
La méthode ACT Adaptation : évaluer une trajectoire progressive
Si OCARA permet de poser le diagnostic, le framework ACT (Accelerate Climate Transition) Adaptation permet de passer à l'action.
Développé par l'ADEME et le Carbon Disclosure Project (CDP), il s'agit à l'origine d'un référentiel d'évaluation qui pousse les entreprises à structurer une véritable stratégie d'adaptation dotée de seuils de déclenchement, d'indicateurs de suivi et d'un plan d'actions opérationnel.
La Démarche se décline sur 3 aspects :
Gouvernance et stratégie : Le changement climatique est un enjeu complexe qui exige une prise de décision structurée.
Pour y répondre, l'entreprise doit instaurer une gouvernance claire : définir les processus et l'expertise interne, impliquer les parties prenantes, établir un plan de financement, et surtout définir une fréquence de mise à jour de l'étude de risques (le climat et la science évoluant en permanence)
Risques physiques et climatiques : Les aléas climatiques peuvent avoir un impact sur toute la chaîne de valeur d’une entreprise.
Il est essentiel d'analyser ces vulnérabilités à chaque étape (fournisseurs, opérations, clients) en s'appuyant sur l'analyse de scénarios pour évaluer la part du chiffre d'affaires et des investissements (CAPEX) réellement impactés.
Capacités et actions d’adaptation : Ces actions permettent à l’entreprise de gagner en résilience et d’en tirer un avantage compétitif.
Le framework aide à identifier et classer les actions selon des critères stricts : les bénéfices attendus, les investissements nécessaires (macro-chiffrage sur la base de ratios), le calendrier de déploiement et l'identification des personnes en charge.
Le DRIAS : les projections climatiques pour l'adaptation de nos sociétés
C’est un portail déployé par Météo-France en lien avec la communauté scientifique nationale du climat (IPSL, CERFACS, CNRM) qui a pour objectif de mettre à disposition les projections climatiques régionalisées de référence, pour l'adaptation en France.
Les informations climatiques sont délivrées sous différentes formes graphiques ou numériques et intègrent notamment la représentation selon la Trajectoire de Réchauffement de Référence pour l'Adaptation au Changement Climatique (TRACC).
Exemple de simulations climatiques pour la France métropolitaine.
Quels financements pour accompagner votre stratégie d'adaptation ?
Bonne nouvelle : plusieurs dispositifs de financement et de subventions existent pour accompagner les entreprises dans leur stratégie d'adaptation.
Le Diag Adaptation : c’est un dispositif lancé en juillet 2025 par Bpifrance et l'ADEME pour accompagner les PME et ETI dans leur stratégie d'adaptation.
Il a pour objectif de fournir aux entreprises un diagnostic de vulnérabilité et un plan d'actions concret, réalisé par un expert agréé. Il s’adresse aux entreprises de moins de 500 salariés (y compris les micro-entreprises) avec au moins un an d’activité (et quel que soit le secteur), pour un diagnostic sur un site physique (avec la possibilité d'en réaliser plusieurs).
Sont exclues en revanche les entreprises considérées comme « en difficulté » au sens de la réglementation européenne. Cette aide permet de financer 7 jours de prestation réparties sur 3 à 6 mois pour un coût de 6 000 € HT (avec 50% pris en charge).
Plus concrètement, le diagnostic a pour but de sensibiliser les équipes (avec uneformation aux enjeux de l'adaptation et aux risques physiques climatiques), de réaliser un diagnostic de vulnérabilité (avec une analyse pour évaluer les impacts potentiels du changement climatique sur la chaîne de valeur, à court, moyen et long terme donc horizons 2035 et 2055), et de créer un plan d'actions priorisé et chiffré.
Le Fonds Vert : C’est une aide au Financement de projets d'adaptation portés par les collectivités et les entreprises déployé par le Ministère de la Transition Écologique.
Le montant est variable selon les projets et peut être appliqué dans des cas variés (désimperméabilisation des sols, végétalisation urbaine, gestion des eaux pluviales, rafraîchissement des bâtiments, protection contre les inondations). Le dossier est à déposer auprès de la Préfecture ou de la Région.
Le Fonds Barnier : C’est un Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs (FPRNM) pensé pour les collectivités et les entreprises en zone à risque avéré, déployé par le Ministère de la Transition Écologique.
Ce dernier a pour vocation de financer des études de risques, des travaux de protection (digues, renforcements), des délocalisations d'activités en zone à risque. Les dossiers sont à déposer auprès de la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement.
Les aides sectorielles et régionales : De nombreuses régions proposent des aides spécifiques pour accompagner les entreprises dans leur adaptation climatique.
C’est le cas par exemple de l’Île-de-France, de l’Auvergne-Rhône-Alpes, de la Nouvelle-Aquitaine ou de l’Occitanie. Rapprochez-vous de votre Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) ou de votre conseiller régional pour connaître les dispositifs disponibles dans votre territoire.
Comment WeCount accompagne les entreprises dans leur stratégie d'adaptation ?
Le programme Adaptation : 4 mois pour structurer votre démarche
Chez WeCount, nous avons développé le programme Adaptation, un accompagnement collectif de 4 mois spécialement conçu pour les entreprises qui souhaitent structurer leur stratégie d'adaptation de manière opérationnelle et pérenne.
Ce programme combine temps collectifs entre entreprises, accompagnement individuel par un expert et outils méthodologiques, afin de vous permettre d’analyser vos risques climatiques et de construire une stratégie et un plan d’actions d’adaptation solides.
Concrètement, le programme vous permet de :
Identifier et analyser vos risques climatiques sur l’ensemble de votre chaîne de valeur grâce à la méthode OCARA ;
Évaluer leurs impacts, y compris financiers, selon différents scénarios de réchauffement ;
Prioriser vos actions d’adaptation et construire une trajectoire progressive avec le cadre ACT Adaptation ;
Structurer une gouvernance et des outils de pilotage pour inscrire la démarche dans la durée ;
Bénéficier de la dynamique collective, aux côtés d’autres entreprises confrontées aux mêmes enjeux.
Tout au long de ces 4 mois nos équipes vous accompagnent pour renforcer vos compétences internes, avec cet objectif : vous rendre autonomes et pérenniser la démarche.
👉 Vous souhaitez évaluer vos risques climatiques et structurer votre stratégie d’adaptation ? Échangez avec un expert WeCount pour en savoir plus.
FAQ : Stratégie d'adaptation au changement climatique
Quelle est la différence entre adaptation et atténuation ?
L'atténuation vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique futur (bilan carbone, décarbonation).
L'adaptation vise à renforcer la résilience face aux impacts climatiques déjà engagés ou inévitables (diagnostic de vulnérabilité, plan d'adaptation). Les deux sont complémentaires et doivent être menées en parallèle.
Est-ce obligatoire pour les entreprises ?
La stratégie d'adaptation n'est pas encore obligatoire pour la plupart des PME, mais le cadre réglementaire se durcit : la CSRD et la CS3D imposent aux grandes entreprises (et indirectement à leurs fournisseurs) d'évaluer et de piloter leurs risques climatiques. De plus, 1 dirigeant sur 3 a déjà vu son entreprise affectée par un aléa climatique, cela devient donc une nécessité opérationnelle.
Quels sont les outils recommandés ?
Les principaux outils reconnus par l'ADEME sont : la méthode OCARA (diagnostic de vulnérabilité), la méthode d’évaluation ACT Adaptation (stratégie et trajectoire), et le Diag Adaptation (dispositif subventionné Bpifrance/ADEME pour les PME). Des scénarios climatiques RCP permettent de projeter les risques à horizons 2035 et 2055.
L'adaptation est-elle rentable pour mon entreprise ?
Oui. Le coût de l'inaction (pertes d'exploitation, destruction d'actifs, hausse des coûts) est presque toujours supérieur au coût de l'adaptation.
Selon l'ADEME, sans action, les impacts climatiques pourraient entraîner une perte de richesse potentielle de 10 points de PIB en France. Anticiper permet de sécuriser son activité, réduire ses coûts (assurance, énergie, eau), et renforcer sa compétitivité.
Quels liens avec la CSRD et le PNACC ?
La CSRD impose aux grandes entreprises de reporter leurs risques climatiques (physiques et de transition) et leurs mesures d'adaptation. Même si vous n'êtes pas directement soumis, vos clients vous demanderont bientôt ces informations.
Le PNACC (3ème Plan National d'Adaptation au Changement Climatique) fixe la trajectoire de référence pour l'adaptation de la France et encourage toutes les entreprises à s'engager.
S’il est essentiel de poursuivre les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre, il est tout aussi nécessaire de préparer les territoires, les organisations et les activités à ses impacts.
Pour y faire face, l’État a publié une nouvelle version du Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC 3), qui fixe le cap et les priorités pour renforcer la résilience de la France dans les années à venir.
Concrètement, que contient ce plan ? Quelles sont les conséquences pour votre entreprise ? Comment intégrer ces évolutions dans votre stratégie climat ? Des aides vont-elles être déployées ? Dans cet article, nous faisons le point sur les mesures du nouveau PNACC et les implications pour les entreprises et organisations.
A retenir
Un plan d'adaptation face à un réchauffement climatique inévitable : Le PNACC 3 prépare la France à un réchauffement de +2,7°C en 2050 et +4°C en 2100. Contrairement à l'atténuation qui réduit les émissions, l'adaptation vise à vivre dans un climat plus chaud et instable.
Des obligations réglementaires progressives : La mesure 33 impose des études de vulnérabilité climatique dès 2025 pour les grandes entreprises (transport, énergie). L'accès aux financements publics sera ainsi conditionné à la preuve d'une analyse de vulnérabilité.
Des mesures concrètes pour accompagner les entreprises : Le plan propose 52 mesures et plus de 200 actions, dont deux mesures phares pour les entreprises : évaluer les actions d'adaptation existantes (mesure 40) et développer des outils sectoriels d'adaptation (mesure 41).
Un impératif stratégique au-delà de la RSE : L'adaptation devient un standard de marché influençant l'assurabilité, l'accès aux marchés publics et l'attractivité RH. Ne pas s'adapter expose à une vulnérabilité économique et juridique croissante, tandis qu'anticiper offre un avantage concurrentiel durable.
Qu’est-ce que le PNACC ?
Le plan d’adaptation de la France au changement climatique
Le Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC ou NAP en anglais) est la feuille de route de la France, mise en place par le Ministère de l’environnement, pour faire face aux impacts du changement climatique.
Le PNACC est un plan qui vise à anticiper et gérer au mieux les risques climatiques sur les populations, les territoires, les infrastructures et l’économie.
Contrairement aux politiques d’atténuation (qui cherchent à réduire les émissions de CO₂), le PNACC relève de l’adaptation. Il s’agit de préparer la société à vivre dans un climat plus chaud, plus instable et plus extrême.
Il constitue ainsi le complément de la stratégie climatique française : tandis que la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) fixe la trajectoire de réduction des émissions, le PNACC structure l’action en matière d’adaptation.
Pour les entreprises, cela signifie concrètement articuler leurs démarches d’atténuation et d’adaptation au sein d’une stratégie climat structurée et pilotée dans la durée.
Historique du PNACC en France
La France a déjà déployé plusieurs versions du PNACC :
2018-2022 : PNACC 2 (renforcement de l’intégration territoriale et sectorielle)
mars 2025 : PNACC 3 (accent sur les risques physiques, la résilience et la cohérence avec les stratégies européennes)
3e plan national pour l’adaptation au changement climatique, ecologie.gouv.fr
📝 À noter : Chaque version élargit le périmètre, renforce les exigences et affine les priorités face à l’accélération des impacts climatiques.
Zoom sur le PNACC 3
Le PNACC 3, dévoilé en mars 2025, représente la troisième version de ce plan stratégique. Il prévoit plus de 200 actions concrètes (articulées autour de 52 mesures) pour adapter le territoire français aux impacts inévitables du changement climatique, en préparant la France à un réchauffement de +4 °C d’ici 2100.
Ce plan s'inscrit dans un cadre plus large : la Stratégie Française Énergie-Climat (SFEC), qui repose sur trois documents complémentaires :
La Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE) ;
Et le fameux Plan National d'Adaptation au Changement Climatique (PNACC).
La TRACC : une trajectoire de référence pour le PNACC
Pour la première fois, le PNACC s’appuie sur une trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) qui fixe des repères clairs :
+2 °C en 2030
+2,7 °C en 2050
+4 °C en 2100
En clair, nous devons concevoir dès aujourd’hui nos politiques et nos infrastructures en anticipant ces niveaux de température, même si les efforts de réduction des émissions se poursuivent. Cette trajectoire sert de fil conducteur au plan et a vocation à guider l’ensemble des politiques publiques afin d’adapter durablement le pays à une France plus chaude.
Pour les entreprises, cette logique de projection dans le temps fait écho à la nécessité de définir une trajectoire carbone claire et pilotable, afin d’aligner leurs décisions d’investissement et leur transformation opérationnelle.
Le PNACC se distingue par son approche transversale, intégrant l'adaptation dans toutes les politiques publiques via cinq axes majeurs :
Protéger la population : l’enjeu est ici de protéger les citoyens, et notamment les personnes vulnérables (personnes âgées, personnes habitant dans des zones à risque, etc). Il s’agira par exemple de concevoir des “refuges climatiques” (végétation en ville, lieux publics climatisés, accès à des sources d’eau, etc).
Assurer la résilience des territoires, des infrastructures et des services essentiels : on parle ici principalement des infrastructures publiques (routes, hôpitaux, écoles, transports en commun, etc).
Transformation des activités économiques : nous l’avons évoqué plus haut, les entreprises seront en première ligne. Certains secteurs risquent d’être directement impactés par les conséquences du réchauffement climatiques (fortes chaleur, baisses de productivité, bâtiment qui se fissurent, etc.). Il s’agit d’anticiper ces sujets et d’aider les organisations à se préparer au mieux.
Protéger notre patrimoine naturel et culturel : Des solutions fondées sur la nature, telles que la désimperméabilisation des sols et la préservation des zones humides, visent à atténuer les effets du changement climatique.
Mobiliser les forces vives de la Nation pour réussir l’adaptation au changement climatique : Ce plan inclut un accompagnement des collectivités territoriales et un programme de formation des acteurs locaux et des élus.
📝 À noter : Chaque mesure du plan intègre des mécanismes de suivi, notamment une batterie d’indicateurs d’impacts et une évaluation annuelle, garantissant une mise en œuvre coordonnée et mesurable.
Quelles sont les principales mesures du PNACC ?
Le nouveau PNACC prévoit 52 mesures déclinées en plus de 200 actions à court, moyen et long terme. Le but est simple. Il s’agit de couvrir l’ensemble des impacts du changement climatique. Ce plan concerne tous les territoires avec une attention particulière pour les zones à enjeux spécifiques (littoral, montagne, forêts, zones agricoles) ainsi que l’ensemble des secteurs d’activité.
Aperçu de 5 mesures phares du PNACC 3 :
Mesure 11 : Adapter les conditions de travail au changement climatique en renforçant les obligations de prévention des employeurs ;
Mesure 33 : Mobiliser tous les secteurs économiques : intégrer l’adaptation au changement climatique dans les stratégies des entreprises ;
Mesure 40 : Mieux évaluer les actions d’adaptation mises en œuvre par les entreprises ;
Mesure 21 : Préserver la ressource en eau face au changement climatique : renforcer le Plan Eau ;
Mesure 24 : Intégrer les enjeux de l’adaptation au changement climatique dans toutes les normes techniques.
Pourquoi le PNACC est devenu un levier stratégique majeur pour la France ?
Les impacts du changement climatique s’observent à travers une exposition croissante aux aléas physiques et une hausse rapide des coûts économiques et assurantiels. C’est cette double pression qui explique le rôle stratégique du PNACC.
Voyons comment cela se traduit concrètement. La France, comme tous les pays du monde, est de plus en plus confrontée aux aléas liés au réchauffement climatique. Voici un aperçu de quelques implications.
Augmentation des risques climatiques physiques
La France est (et sera) amenée à être de plus en plus exposée à des phénomènes variés :
Sécheresses structurelles : pour rappel, on entend par sécheresse un épisode de manque d’eau plus ou moins long, mais suffisant pour que les sols et la flore soient affectés. Cela peut-être ponctuel ou cyclique. Les conséquences sont variées (assèchement des cours d’eau, déstabilisation des milieux naturels, impact sur l’approvisionnement en eau potable, augmentation du risque d’incendies, etc.). Le site Info Sécheresse propose un suivi en direct des sécheresses en France.
Canicules plus longues et plus intenses : Selon les projections des scientifiques, il pourrait y avoir 5 fois plus de jours de vagues de chaleur en 2050 et 4 fois plus de jours de canicules (en comparant cette décennie à celle de 1980).
Retrait-gonflement des argiles (RGA) affectant le bâti : ce sont des variations lentes mais qui peuvent être à l’origine de mouvements de terrain et de dommages potentiellement structurels dans les constructions. Et sans surprise, ça s’accélère avec le réchauffement climatique. Le RGA représente déjà 42% des dommages assurés au titre du dispositif Cat Nat en 2025 (catastrophes naturelles).
Submersion marine sur les littoraux : c’est une inondation temporaire du littoral sous l'effet de conditions météorologiques et marégraphiques défavorables. C’est donc différent de l’élévation du niveau de la mer et de l’érosion des côtes. Sur ce dernier point, sachez que l'ONG américaine Climate Central a d’ailleurs créé une carte pour projeter votre ville en 2050 et voir l’impact de la montée des eaux.
Outil d'évaluation des risques côtiers, terrains qui devraient se trouver sous le niveau des crues annuelles en 2050, climate, coastal.climatecentral.org
Pour résumer, ces aléas affectent directement le logement, les infrastructures de transport, la santé, l’agriculture, l’industrie et le tourisme.
Augmentation des coûts économiques et assurantiels
Le coût des catastrophes naturelles en France ne se contente pas d'augmenter, il s'accélère brutalement.
Les indemnisations liées aux sinistres climatiques (inondations, sécheresse, tempêtes) ont atteint une moyenne annuelle de 7,16 milliards d’euros sur la période 2022-2024. C'est plus du double de la moyenne observée juste avant, entre 2019 et 2021, qui s'élevait à 3,2 milliards d’euros par an.
Cette sinistralité record a des conséquences directes sur le système assurantiel : la Caisse centrale de réassurance (CCR) a dû relever ses cotisations de 12 % à 20 %. Face à l'exposition croissante des populations (un Français sur quatre est désormais exposé au risque d'inondation et près de la moitié du territoire au retrait-gonflement des argiles) les assureurs (comme la Maif, Generali et Société Générale Assurances via l'alliance Geoya) pivotent désormais vers l'adaptation.
Au lieu de se limiter à leur rôle financier classique (payer les dégâts après coup), les assureurs cherchent désormais à intervenir avantle sinistre pour réduire la vulnérabilité des biens.
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Les collectivités : un rôle central pour ce plan
Les collectivités vont être en première ligne du réchauffement climatique.
Grâce au PNACC 3, les collectivités territoriales vont pouvoir accéder à des données locales sur les impacts que subiront leur territoire. Elles devront par ailleurs décliner le PNACC à l’échelle locale (PCAET, documents d’urbanisme, schémas régionaux, plans locaux de prévention des risques, etc.).
Pour mener à bien ces projets, les élus pourront choisir de mobiliser le Fonds Barnier et le Fonds vert augmentés en 2026 afin de financer des projets en lien avec ce plan.
Bon à savoir : Le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) a créé un document avec 8 conseils à destination des élus pour faire face au défi climatique et les aider à mettre en pratique le PNACC et à adapter leurs territoires.
Quelles sont les conséquences du PNACC pour les entreprises ?
Le constat
Le Haut-Conseil pour le Climat (HCC) estime que la France « n’est pas encore prête » à faire face aux impacts du changement climatique. Les entreprises seront particulièrement concernées. Le rapport de la Direction Générale des Entreprises (DGE) publié en novembre 2025, détaille quelques conséquences :
Deux millions d’établissements (soit près d’un tiers du total) seraient fortement exposés à des risques de tempête. Ces entreprises, souvent situées dans des départements du nord de la France, seront soumises à plus de deux jours supplémentaires par an de vents violents d’ici 2050.
Les vagues de chaleur, par leurs effets sur la productivité du travail, affectent en premier lieu les secteurs de l’industrie et de la construction.
Les inondations menacent 1,5 million d’établissements, localisés dans des zones sujettes à des débordements de cours d’eau ou à la submersion marine. C’est notamment le cas en Île-de-France, dans la vallée du Rhône et dans le Nord.
Les feux de forêt, sécheresses et vagues de chaleur sont également des dangers majeurs. Dans certaines régions du Sud‑Est, le nombre de jours à “risque élevé feu” pourrait augmenter de six par an d’ici 2050.
Alors maintenant que le constat est là : que peuvent faire les entreprises ? C’est justement l’intérêt du PNACC, d’apporter un cadre et des solutions pour renforcer la résilience des activités.
Le PNACC, des mesures pour réduire la vulnérabilité future des entreprises
Ce plan n’est pas une réglementation ou une contrainte de plus qui pèse sur les entreprises… au contraire. L'objectif est de fournir une feuille de route afin d’agir dès aujourd’hui. Parlons d’ailleurs de deux mesures incontournables du PNACC pensées pour les entreprises.
Ces deux mesures s’inscrivent dans la catégorie 3 du PNACC qui a pour vocation de cadrer le sujet “Adapter les activités humaines : assurer la résilience économique et la souveraineté alimentaire, économique et énergétique”.
Zoomons maintenant sur ces deux fameuses mesures :
La mesure 40 : “Mieux évaluer les actions d’adaptation mises en œuvre par les entreprises”.
Cela se traduit par deux aspects :
Une partie amont : Il s’agit pour les nouveaux projets d’aligner dès le début les critères de l’évaluation environnementale avec la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC). L’enjeu est de partir sur de bonnes bases pour assurer un développement compatible avec le climat futur (et éviter la mal-adaptation).
Une partie aval : Pour les entreprises déjà existantes, l’enjeu est d’évaluer les leviers enclenchés pour s’adapter aux risques climatiques, en vue de les accompagner et de renforcer leurs actions. Au-delà des obligations que certaines entreprises doivent respecter dès aujourd’hui, la mesure vise également à encourager la mobilisation des entreprises qui ne seront pas concernées par ces obligations avant plusieurs années (PME, secteurs spécifiques). L’idée est ainsi de ne laisser personne de côté.
📝 À noter : cette mesure vise à permettre aux entreprises de faire un audit clair et s’assurer que les actions engagées soient alignées sur les enjeux futurs. Elle sera pilotée par le Commissariat général au développement durable (CGDD) et le calendrier prévoit une publication au Bilan de l’Autorité Environnementale courant 2026. Ça devrait donc s’enclencher très rapidement !
La mesure 41 :“Développer les outils et informations nécessaires aux entreprises pour s’adapter au changement climatique”.
C’est là que les choses vont dans le bon sens. Après l’état des lieux, place à l’action !
Le rapport souligne un point essentiel : les entreprises ont besoin d’outils génériques pour initier leur démarche d’adaptation, complétés ensuite par des approches plus spécifiques selon les enjeux propres à chaque secteur.
Aujourd’hui, certaines filières disposent déjà de méthodologies et de référentiels pour mesurer leurs émissions de gaz à effet de serre. L’enjeu est désormais d’encourager la diffusion de ces approches afin que l’ensemble des entreprises puisse progressivement s’appuyer sur des données sectorielles fiables pour structurer sa démarche.
Dans la pratique, cette montée en maturité passe souvent par une première analyse de son empreinte environnementale, par exemple en réalisant un bilan carbone structuré permettant d’identifier les principaux postes d’impact et de prioriser les actions à engager.
Guide ADEME, « En entreprise, comment s’engager dans un parcours d’adaptation au changement climatique ? », librairie.arademe.fr
4 raisons d'intégrer un plan d'adaptation dans la stratégie climat d'une entreprise
Au-delà de la responsabilité sociétale, s'intéresser au PNACC-3 est devenu un impératif de survie économique et juridique pour les entreprises. Cette évolution s’inscrit plus largement dans la nécessité de structurer une stratégie climat globale, permettant d’anticiper les risques physiques, d’orienter les décisions d’investissement et de sécuriser la transformation du modèle économique dans la durée.
D'après les documents officiels et l'analyse du cabinet Sia Partners, voici les raisons concrètes pour lesquelles une entreprise doit impérativement intégrer ce plan :
C’est une obligation réglementaire imminente : L'adaptation n'est plus une option volontaire. Le PNACC-3 instaure un cadre contraignant via la mesure 33, qui rend progressivement obligatoires les études de vulnérabilité climatique. Cela concerne dès 2025 les grandes entreprises des secteurs transport et énergie, et s'étendra en 2026 à tous les Opérateurs d’Importance Vitale (OIV). De plus, les obligations de sécurité des employeurs sont renforcées par la mesure 11 concernant la protection des travailleurs face aux vagues de chaleur.
L'accès aux financements publics en dépend : C'est un levier financier majeur activé par la mesure 34. L'accès aux aides publiques (ADEME, France 2030, Bpifrance) est désormais conditionné : les entreprises devront prouver qu'elles ont analysé leurs vulnérabilités et que leurs projets ne nuisent pas à l'adaptation. Pour le dire autrement, l'État ne financera plus de projets inadaptés au climat futur.
La résilience opérationnelle et la continuité d'activité : Le plan prépare la France à un réchauffement de +4 °C en 2100, ce qui implique des aléas physiques majeurs (sécheresses, inondations, canicules) impactant directement les actifs des entreprises (Rupture des chaînes d'approvisionnement et logistique perturbée, dégradation des actifs immobiliers, tensions sur la ressource en eau, etc).
Un avantage concurrentiel et commercial : L'adaptation devient un critère de sélection sur le marché (commande publique, assurabilité, attractivité RH).
Le PNACC-3 transforme l'adaptation en un standard de marché. Ceux qui l'anticipent sécurisent leur pérennité et leurs financements. À l’inverse, les autres s'exposent à une vulnérabilité économique et juridique croissante.
Les financements pour aider les entreprises à s’adapter au PNACC ?
Pour soutenir la mise en œuvre du plan d’adaptation, plusieurs financements sont prévus :
Le Fonds Barnier : 300 millions d’euros en 2025 (75 millions de plus qu’en 2024) ;
Le Fonds vert : 260 millions d’euros dédiés à l’adaptation ;
Les agences de l’eau : elles mobiliseront 1 milliard d’euros, dont 40 % dédiés aux solutions fondées sur la nature. Par ailleurs, 30 millions d’euros seront alloués à la prévention du retrait-gonflement des sols argileux ;
Le diag adaptation : celui-ci a pour objectif de permettre d’évaluer la vulnérabilité climatique de votre entreprise. Il peut être financé en partie grâce à des aides. Vérifiez l'éligibilité de votre entreprise en quelques clics. Une fois la subvention validée, le coût restant à charge est de 3 000 € HT.
Comment WeCount peut vous accompagner dans votre stratégie d’adaptation au changement climatique ?
Chez WeCount, nous accompagnons les entreprises pour évaluer leur exposition aux risques climatiques et structurer une stratégie d’adaptation concrète.
Notre programme Adaptation se déroule sur 4 mois et combine accompagnement individuel par un expert, formation des équipes et ateliers collectifs réunissant plusieurs entreprises. Ce format permet de structurer la démarche en interne tout en bénéficiant des retours d’expérience et de la dynamique d’un groupe confronté aux mêmes enjeux.
Concrètement, le programme vous permet de :
Identifier et analyser vos risques climatiques sur l’ensemble de votre chaîne de valeur grâce à la méthode OCARA ;
Évaluer leurs impacts, y compris financiers, selon différents scénarios de réchauffement ;
Prioriser vos actions d’adaptation et construire une trajectoire progressive avec le cadre ACT Adaptation ;
Structurer une gouvernance et des outils de pilotage pour inscrire la démarche dans la durée ;
Bénéficier de la dynamique collective, aux côtés d’autres entreprises confrontées aux mêmes enjeux.
Tout au long du programme, nos équipes vous accompagnent pour renforcer vos compétences internes, avec un objectif clair : vous rendre autonomes et pérenniser la démarche.
👉 Vous souhaitez évaluer vos risques climatiques et structurer votre stratégie d’adaptation ? Échangez avec un expert WeCount pour en savoir plus.
FAQ : le PNACC
Qu’est-ce que le PNACC ?
PNACC est l’acronyme de Plan National d’Adaptation au Changement Climatique. C’est un dispositif qui a pour ambition de protéger les populations, les territoires, l’économie, et de renforcer la résilience de la France face aux chocs climatiques à venir. Le troisième volet de ce plan est en cours de déploiement par le gouvernement.
Quelle est la différence entre adaptation et atténuation ?
L'atténuation agit sur les causes en réduisant les émissions pour limiter le réchauffement. L'adaptation agit sur les effets en préparant la résilience des territoires et de l'économie face aux impacts inévitables, définis désormais par la Trajectoire de réchauffement de référence (TRACC) jusqu'à +4 °C en 2100.
Une stratégie d’adaptation est-elle cohérente sans plan d’atténuation ?
Ces deux piliers sont indissociables : sans une atténuation ambitieuse, le coût de l'adaptation deviendrait insupportable pour la société ; inversement, sans adaptation, les aléas climatiques (sécheresses, inondations) menacent directement la capacité opérationnelle des acteurs économiques.
Pour les responsables RSE et financiers, l'enjeu est clair : passer d'une vision théorique du changement climatique à une évaluation rigoureuse des risques physiques et financiers auxquels est exposée leur organisation. Mais comment transformer des projections complexes en un plan d'adaptation concret, chiffré et opérationnel ?
📅 Le jeudi 2 avril 2026 à 11h
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Avec les interventions de
🎤 Antoine Poincaré, Directeur Climate School / Co-fondateur Trois degrés ;
🎤 Cécile Ricard, experte de la direction de la stabilité financière à la Banque de France ;
🎤 Christophe Le Dantec, Directeur adjoint du Programme adaptation au changement climatique à la SNCF ;
🎤 Marine Fouquet, Directrice Climat chez WeCount.
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