Vous êtes une entreprise textile ? Vous voulez adopter une démarche bas-carbone ? Dans cet article, découvrez comment réduire vos émissions de gaz à effet de serre. Un indice : le collectif.
La filière textile a un rôle clé à jouer dans la décarbonation de l’industrie mondiale. En effet, le secteur émet 4 milliards de tonnes de CO2e chaque année, soit environ 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Mais les entreprises du secteur font face à un défi majeur puisque 90 % de leur bilan carbone provient des émissions indirectes, c’est-à-dire d’émissions qui ont lieu hors de leurs murs. Pour réduire vos émissions de GES, la première étape est de calculer votre bilan carbone afin de mettre en place par la suite une stratégie de décarbonation efficace.
Quelles caractéristiques prendre en compte pour réaliser votre bilan carbone ? Comment réduire vos émissions de gaz à effet de serre ? Réponses dans cet article.
Cet article fait suite au guide sectoriel réalisé conjointement avec l’Union des Industries Textiles.
Les caractéristiques du bilan carbone pour l’industrie textile
La méthode de calcul du bilan carbone est commune à toutes les entreprises, mais il existe des spécificités selon les secteurs. En effet, la filière du textile et de l’habillement se caractérise par un grand volume de références produits. Les entreprises doivent ainsi analyser leur impact au niveau des produits qu’elles proposent, de manière détaillée.
source : Guide du Textile et de l'Habillement - WeCount
De plus, la majorité des émissions de gaz à effet de serre des entreprises du textile sont indirectes. Cela signifie que l’entreprise génère des émissions en amont et en aval de sa chaîne de valeur : chez ses fournisseurs, ses prestataires ou ses clients.
Ainsi, puisque la plupart des émissions ont lieu en dehors de son entreprise, il est important de mesurer les émissions de gaz à effet de serre à chaque étape de fabrication du produit, de la fibre au produit fini.
C’est pourquoi on privilégie une approche produit. Décomposer les étapes de fabrication permet d’identifier précisément où ont lieu les différentes émissions le long de la chaîne de valeur. Vous pouvez ensuite mettre en œuvre un plan d’action efficace et pertinent.
Pour cela, la première chose à faire est de définir vos familles de produits ainsi que leur granularité.
Voulez-vous suivre vos émissions de GES par référence ou par grande catégorie de produits ? Si vous renouvelez fréquemment votre gamme, une analyse par famille de produit - par exemple, le jean - facilitera votre travail et permettra des comparaisons années après années. Si votre portefeuille est au contraire constitué de produits intemporels, travailler à l’échelle de la référence peut vous permettre une étude plus fine.
Ensuite, de quel niveau de détails avez-vous besoin ? Par exemple, si vous êtes concerné par la loi AGEC ou souhaitez anticiper l’affichage environnemental, alors il est préférable de mesurer vos émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de la référence produit.
💡 Le conseil WeCount : selon que vous choisissez une analyse par produit ou par famille, veillez à garder le même indicateur année après année pour évaluer votre performance en matière de décarbonation.
Il faut ensuite analyser la chaîne de valeur à l’échelle de votre référence ou de votre catégorie pour identifier les facteurs d’émission associés. Pour cela, appuyez-vous sur des bases de données propres à l’industrie du textile comme Ecoinvent ou Ecobalyse.
💡 Bon à savoir : les bases de données sont régulièrement mises à jour. Nous vous conseillons d’actualiser votre bilan carbone pour qu’il soit le plus précis possible.
Les études réalisées à l’échelle mondiale montrent que les émissions de gaz à effet de serre des entreprises textile se répartissent ainsi :
Matières première : 20 à 30 % ;
Processus de transformation et de fabrication : 50 à 80 % ;
Utilisation et fin de vie des produits textiles : 10 à 20 %
Ces pourcentages sont calculés au niveau mondial et macroscopique, mais des disparités peuvent émerger au sein des entreprises. Cela est principalement dû aux matières premières utilisées, aux localisations de production et à l’endroit où sont lavés les produits.
Par exemple, en France, l’utilisation a un impact carbone faible, car notre électricité est relativement décarbonée.
Ces trois postes sont les enjeux de décarbonation prioritaires pour la majorité des entreprises de la filière, et voici comment vous pouvez agir.
Réduire les émissions de gaz à effet de serre des entreprises du textile
Quel plan d’action mettre en place pour diminuer ses émissions de GES quand 90 % sont issues des fournisseurs, des partenaires ou des clients ? Selon qu’on soit une marque (donc un donneur d’ordre) ou un fabricant, les actions seront différentes mais complémentaires.
Si vous êtes une marque, alors vous êtes responsable des commandes que vous passez. Vous avez le pouvoir d’orienter vos choix vers des solutions à plus faible impact carbone et d’encourager une consommation responsable.
Si vous êtes un fournisseur, alors vous pouvez systématiquement proposer des alternatives éco-responsables à vos clients pour encourager des nouveaux modes de production.
Peu importe votre rôle, vous pouvez déjà diminuer vos émissions de GES grâce à quelques actions de réduction ciblées sur les matières premières, les procédés de fabrication et la fin de vie des produits textiles.
Réduire l’impact des matières premières
Commençons par la première étape, les matières premières. Pour diminuer votre impact carbone, deux leviers s’offrent à vous : le choix des matières premières et un approvisionnement éco-responsable.
Se tourner vers des matières plus écologiques et recycler
Bien choisir ses matières premières est capital pour diminuer ses émissions de gaz à effet de serre.
Par exemple, 1 kilogramme de polyester rejette 3.96 kilogrammes de CO2 équivalent (CO2e) tandis qu’1 kilogramme de coton émet environ 2.17 kilogrammes CO2e, soit près de deux fois moins que le polyester (Ecoinvent).
Ainsi, le choix de la matière peut considérablement augmenter ou diminuer l’impact carbone de vos produits.
Pour un choix éclairé, il faut prendre en compte avant tout :
Le besoin de performance du produit et donc le besoin technique attendu
La notion de durabilité
Ensuite, vous pouvez ensuite choisir la meilleure des matières premières répondant à ces deux critères.
De manière générale, on cherche à limiter au maximum les matières premières synthétiques (issues de la pétrochimie et non renouvelables) au profit :
des matières naturelles à faible impact carbone comme le lin ou le coton issu de l’agriculture biologique,
des matières artificielles dites écologiques comme le lyocell,
des matières recyclées (si possible en boucle fermée).
Par exemple, l’entreprise Sofila développe une gamme de fils biosourcés pour s’affranchir de ressources pétrolières et non renouvelables. Ou encore Balas Textile a choisi de travailler avec des matières plus durables comme le lyocell.
Aujourd’hui, il existe des alternatives bas-carbone pour toutes les matières premières. L’objectif est de trouver le juste équilibre entre impact environnemental, dimension économique et faisabilité technique.
Mettre en place une charte d’achats responsables
Dans la continuité du choix des matières premières, vous pouvez améliorer votre chaîne d’approvisionnement avec une charte d’achats responsables.
Elle repose sur trois piliers : sa démarche RSE, ses engagements et ses attentes envers ses fournisseurs et sous-traitants.
Pour mettre en place une charte d’achat responsable, vous pouvez :
Communiquer avec vos fournisseurs sur vos engagements respectifs,
Mesurer l’impact environnemental, social et sociétal de votre politique d’achat actuel pour chaque catégorie d’achat (fibre, fermoirs métalliques, emballage, etc.),
Identifier ce qui peut être amélioré et définir des critères d’évaluation RSE (par exemple, une meilleure traçabilité des fournisseurs, etc.)
Formaliser vos nouveaux engagements (par exemple en établissant un code de conduite à l’intention de vos fournisseurs et sous-traitants)
Communiquer cette charte auprès de vos parties prenantes
C’est le cas de Balas Textile qui développe une gamme de polyester et de polyamide recyclés. Ils sont également signataires de la charte RFAR (Relations Fournisseurs Achats Responsables).
Vous pouvez aussi ouvrir le dialogue avec vos fournisseurs et partenaires actuels pour définir une charte commune et vous engager ensemble dans la décarbonation de vos activités. Effet boule de neige assuré !
Diminuer les émissions GES de la fabrication
Les processus de transformation des fibres textiles en produit sont très énergivores. Nous vous proposons trois actions pour améliorer vos performances énergétiques.
Améliorer l’efficacité énergétique des procédés de fabrication
L'amélioration de l’efficacité énergétique passe par trois piliers :
Consommer moins
Travailler sur l'efficacité énergétique
Utiliser des énergies renouvelables
Consommer moins passe par la sobriété, l’entretien des machines ou encore l’utilisation de machines moins énergivores. Vous pouvez moderniser vos équipements existants ou les remplacer par de nouveaux moins énergivores au fil des années.
Vous pouvez travailler votre efficacité énergétique en optimisant les phases de fonctionnement ou encore en récupérant la chaleur fatale par exemple.
Enfin, vous pouvez développer l’utilisation des énergies énergies renouvelables ou de réseau de chaleur et de froid pour sortir des énergies fossiles. Nous y reviendrons tout à l’heure.
Zoom sur l’ennoblissement
L’ennoblissement est un des procédés les plus énergivores de la chaîne de valeur du textile. Pourtant, les ennoblisseurs peuvent réduire une partie de leurs émissions grâce à ces trois piliers.
C’est le cas de l’entreprise TAT (Teintures et Apprêts de La Trambouze). L’ennoblisseur utilise un compteur portatif pour mesurer la consommation énergétique de l’ensemble de leurs machines. Cela permet à l’entreprise de connaître puis de réduire la part de consommation de chaque équipement.
Vous pouvez aussi adopter des procédés à faibles émissions. Par exemple, une baisse de température de 20° lors de la teinture a déjà un impact visible sur le bilan carbone d’un ennoblisseur. Ou encore, certaines teintures naturelles ou issues de la chimie verte ont un impact moins élevé que les teintures traditionnelles.
Enfin, vous pouvez également explorer des nouvelles techniques émergentes pour réduire voire éliminer la consommation d’énergie carbonée. Par exemple, l’impression numérique pigmentaire permettrait de gagner 30 à 60 % d’énergie.
Sortir du gaz en développant l’utilisation d’énergie décarbonée
L’utilisation du gaz est largement répandue par les fabricants. Or, il est responsable d’une grande partie des émissions de GES lors de la fabrication.
Pour éviter le gaz, plusieurs actions sont possibles :
Électrifier vos procédés ou passer à de l’hybride ;
Vous brancher à un réseau de chaleur/froid
Utiliser des énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse, etc.).
Vous pouvez sortir de la dépendance aux énergies carbonées en déployant un parc d’énergies renouvelables sur vos sites de production, par exemple des panneaux solaires sur le toit des usines. Ainsi, vous consommez une énergie produite sur place à très faible coût carbone.
Relocaliser la production dans un pays à l’énergie décarboné
L'impact des processus de fabrication varie selon le pays car ce sont des processus énergivores. Aujourd’hui, une grande partie de la fabrication a lieu dans des pays au mix énergétique carboné. Or, plus le mix énergétique est carboné, plus le rejet d’émissions de GES est élevé.
D’ailleurs, une étude menée par Cycleco démontre qu’un kilogramme de textile émet (2) :
10.63 kg de CO2 équivalent (CO2e) s’il est produit en France ;
25.14 kg de CO2e s’il est produit en Turquie ;
Et 32.08 s’il est produit en Chine.
Avec une relocalisation partielle ou totale de la production en France (ou dans des pays à l’énergie décarbonée), les marques peuvent diminuer drastiquement l’impact carbone de leurs produits.
Améliorer la gestion de fin de vie des produits
La fin de vie des produits textiles pose des enjeux de gestion des déchets et de consommation. Trois leviers de réduction sont à votre disposition : la sensibilisation, l’éco-conception et le recyclage.
Sensibiliser le consommateur à un usage responsable
En tant qu’entreprise, vous avez le pouvoir de sensibiliser les consommateurs à des pratiques d’utilisations responsables.
Si vous êtes un fabricant, vous pouvez sensibiliser sur l’impact écologique des matières premières, vers des alternatives durables ou des nouveaux procédés de fabrication. Vous pouvez par exemple proposer des “prix” carbone, c’est-à-dire d’apposer pour chaque produit la quantité de tonnes de CO2 équivalent à côté du prix en euro.
Si vous êtes une marque ou un distributeur, vous pouvez par exemple, informer vos clients sur les bonnes pratiques de lavage pour faire durer un produit le plus longtemps possible.
Vous pouvez aussi sensibiliser à la réparation ou au recyclage pour insuffler une seconde vie aux produits textiles.
C’est le cas d’IKKS qui propose un guide d'entretien à ses clients pour conserver leurs vêtements le plus longtemps possible. L’entreprise incite à l’adoption de comportements respectueux de l’environnement avec des tutoriels couture, des conseils de lavage ou de lecture des étiquettes produit.
Éco-concevoir ses produits pour faciliter le recyclage
L'éco-conception privilégie la réparabilité, le recyclage et la durabilité des produits. Il s’agit de privilégier des matières et des procédés de fabrication qui dureront dans le temps et qui permettent un recyclage plus facile.
Eco-concevoir vos produits consiste à prendre en compte l’ensemble des impacts d’un produit avant même sa conception. Cela consiste à :
Penser réutilisation et recyclage dès la conception du modèle ;
Privilégier la durabilité et la résistancede vos produits ;
Éviter les matières synthétiques ;
Opter pour des teintures naturelles et non toxiques ;
Favoriser les matières durables, écologiques, recyclable et/ou biodégradables ;
Optimiser la fabrication pour éviter les chutes de tissus et les défauts qualités ;
Réutiliser ou recycler vos produits en fin de vie pour en créer des nouveaux ;
Enfin, il est très difficile aujourd’hui de recycler un produit qui combine plusieurs types de fibres textiles. Éviter le mix-matière simplifie le processus de recyclage. Cela améliore aussi la qualité des matériaux récupérés, et donc de fabriquer des produits recyclés de meilleure qualité. C’est un cercle vertueux !
Recycler les invendus et les déchets textiles
Le recyclage des produits en fin de vie ou des invendus est une autre piste d’action pour diminuer les émissions de fin de vie.
Malheureusement, la filière recyclage pour l’industrie textile n’est pas encore industrialisée à grande échelle. En revanche, vous pouvez instaurer une économie circulaire en mettant en place la règle des 5 R.
Cette règle instaure la notion de circularité dans votre stratégie.
Repenser ses produits pour qu’ils soient plus durables
Récupérer vos produits pour limiter les déchets
Réparer les articles pour allonger leur durée de vie
Réutiliser les produits avant de les mettre avant de les mettre au recyclage
Recycler lorsque le produit a atteint sa fin de vie.
Cette stratégie optimise le cycle de vie de vos produits en plus de limiter le besoin en produits neufs.
L’entreprise Cepovett, leader européen du vêtement professionnel, a mis en place un système de récupération des habits et pièces textile directement auprès de ses clients. Les produits textiles sont ensuite divisés en quatre parcours :
le réemploi grâce à un système de réparation,
le recyclage pour produire de nouveaux vêtements ou des isolants phoniques et thermiques,
L’upcycling pour créer des produits sans transformation tels que des porte-tablettes
La valorisation énergétique grâce à la transformation du résidu textile en combustible solide.
L’entreprise Boldoduc, spécialiste du textile technique, propose la réparation des produits vendus au sein de son atelier.
Vous pouvez aussi vous rapprocher d'acteurs proposant un recyclage en boucle fermée, comme Renaissance Textile, pour réutiliser les matériaux dans la chaîne de production.
💡 Bon à savoir : Le recyclage en boucle fermée désigne un processus de recyclage où les matériaux récupérés à partir de produits usagés sont réutilisés pour fabriquer de nouveaux produits de même type ou de qualité équivalente.
Vous pouvez aussi donner vos invendus à des associations pour le réemploi, ce qui prolonge la durée de vie des produits. Cela diminue l’impact carbone du produit en fin de vie, mais aussi du futur produit upcyclé.
Par exemple, l’entreprise Balas Textile donne ses chutes de textile issues du laboratoire afin qu’elles soient effilochées et broyées pour être utilisée comme matériau d’isolation.
Ainsi, mis bout à bout, le recyclage et le réemploi entraînent une réaction en chaîne qui diminue l'impact carbone de la filière entière.
Pour finir, nos modes de production et de consommation sont décisifs dans la décarbonation de l’industrie textile.
Les entreprises du secteur ont le pouvoir de valoriser les pratiques d’achats responsables auprès de leurs clients mais aussi d’instaurer de nouveaux modèles de production bas-carbone.
Pour décarboner la filière textile, il est nécessaire d’agir sur la surconsommation et la surproduction en réduisant les volumes à l’échelle mondiale !
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-> Les outils et les dispositifs d’accompagnements dédiés au secteur textile, déjà utilisés par 50 entreprises du secteur :
Programme Bilan Carbone
Programme ACT Pas-à-Pas de l’ADEME dédié au secteur du textile, et comment il permet d’initier la CSRD
4 milliards de tonnes de CO2e par an, ce sont les émissions de CO2e générées par l’industrie du textile dans le monde. En 2050, le secteur textile émettrait même 26 % des émissions globales de GES si les tendances actuelles de consommation se poursuivent *
Les industries textiles françaises doivent respecter des standards environnementaux et sociaux parmi les plus exigeants de la planète. L'Union des Industries Textiles s'engage pour les accompagner et les aider à relever les défis du changement climatique.
L'objectif de ce webinaire : partager un état des lieux des enjeux climat pour le secteur textile en France et fournir des recommandations sur les leviers d’actions.
Les thématiques abordées lors de ce webinaire :
Pourquoi les entreprises du textile et de l’habillement doivent accélérer leurs travaux en matière de décarbonation ? (réglementation, pression parties prenantes, etc.)
Comment réaliser un bilan carbone robuste et fiable dans le secteur du textile et de l’habillement ? (témoignage d’une entreprise textile)
Quelles initiatives sont déployées par l’UIT pour aider les entreprises du secteur à se décarboner ? (présentation du dispositif des Promotions Climat WeCount et subventions associées)
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Un objectif : accompagner les entreprises du textile qui souhaitent s’engager dans la transition bas-carbone à réaliser leur bilan de gaz à effet de serre, définir leur stratégie climat et déployer leur plan d’action.
Le bilan carbone d’une entreprise type de l’industrie textile ;
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Certaines s’appliquent dès maintenant, d’autres dessinent le cadre des prochains mois ou des prochaines années. Dates, chiffres, changements de méthode, échéances : nous avons retenu les éléments qui peuvent concrètement modifier le travail des équipes RSE, ou qui méritent d’être anticipés.
En résumé :
Depuis le 22 août 2026, les marchés publics doivent obligatoirement intégrer un critère environnemental dans l’analyse des offres et une condition d’exécution environnementale dans le contrat. Les entreprises candidates doivent donc être capables de proposer des engagements précis et vérifiables.
La SNBC 3 adoptée par décret le 16 juillet 2026, relève l’ambition des objectifs climatiques français : le budget carbone 2024-2028 passe de 362 Mt éqCO2/an à 342 Mt éqCO2/an et l’objectif 2030 de -40 % à -50 % par rapport à 1990. Avec la SNBC 3, la France devient le premier pays à fixer des objectifs chiffrés sur son empreinte carbone, émissions importées comprises : -71 % à -79 % en 2050 par rapport à 2010.
Le 3 juillet 2026, la Commission européenne a adopté les ESRS révisés et le standard VS (ex VSME - Voluntary Standard for SMEs). Avec cette révision, le nombre de points de données obligatoires de la CSRD diminue de plus de 60 %, et le nombre total de points de données de plus de 70 %, sans remettre en cause le principe de double matérialité. Les textes sont encore en cours d’examen par le Parlement européen et le Conseil de l’UE.
Le 11 juin 2026, SBTi apublié la V2 de son Corporate Net-Zero Standard. Elle renforce le passage de l’objectif à l’action : cycles de cinq ans, plan de transition, suivi annuel et nouvelle approche du Scope 3. Les objectifs déjà validés restent actifs et la transition vers la V2 se fera progressivement en 2027-2028.
Le 29 juillet 2026, le GHG Protocol a annoncé la fusionde son standard de reporting avec celui de l'ISO. Ce rapprochement s'accompagne d'une refonte majeure du Scope 3 : obligation de couvrir au moins 95 % des émissions (max. 5 % d'exclusions justifiées), transparence accrue sur l'origine des données (réelles ou estimées) et création d'une catégorie pour les intermédiaires (Catégorie 16). Les règles sur les achats d’énergie renouvelable (Scope 2) restent en discussion.
Marchés publics : les exigences environnementales deviennent obligatoires dans les offres et les contrats
Depuis le 22 août 2026, l’article 35 de la loi Climat et Résilience impose de nouvelles obligations environnementales dans les marchés publics.
La Direction des Affaires juridiques (DAJ) de Bercy a précisé leur application dans des fiches publiées le 23 juillet 2026. Ces règles concernent tous les marchés publics et les contrats de concession (y compris les prestations de conseil ou de services informatiques), à la seule exception des contrats de défense et de sécurité.
Concrètement :
L’obligation d’au moins un critère environnemental dans les appels d’offres publics : Pour noter et départager les candidats, l’acheteur public doit systématiquement intégrer un critère d’attribution prenant en compte les caractéristiques environnementales de l’offre (comme la part de matériaux recyclés ou réemployés, la part des produits titulaires de l’écolabel européen ou tout autre écolabel équivalent).
Une clause verte d'exécution obligatoire : les contrats doivent désormais prévoir au moins une condition d’exécution environnementale précise, mesurable et vérifiable pendant le chantier ou la prestation. Une formulation passive comme « Le titulaire doit respecter la réglementation environnementale en vigueur » est désormais insuffisante. À titre d’exemple, la DAJ propose des rédactions concrètes telles que l’obligation de mettre en œuvre un plan de gestion des déchets incluant le tri à la source et la valorisation d’au moins 70 % des déchets générés par le contrat.
Interdiction du recours au critère unique du prix : Si l’acheteur ne retient qu’un seul critère, il doit utiliser le coût selon une approche globale qui prend en compte les caractéristiques environnementales, par exemple à travers le coût du cycle de vie.
Le critère environnemental doit compter pour au moins 10 % de la note finale : Pour garantir la portée réelle de ce critère environnemental, la DAJ recommande de lui attribuer une pondération représentant a minima 10 % de la note totale. C'est un conseil d'achat et non un minimum fixé par la loi.
Une clause sociale obligatoire au-delà des seuils européens (140 000 € pour l’État, 216 000 € pour les collectivités et 5 404 000 € pour les marchés de travaux et concessions) : l’acheteur doit intégrer une clause liée à l’emploi ou au domaine social. Sauf dérogation exceptionnelle prévue par la loi, cette obligation peut se traduire concrètement par des engagements sur l'insertion professionnelle, l'amélioration des conditions de travail, l'accessibilité ou encore l'égalité professionnelle.
🗒️Notes : Qu’en est-il pour le cas des petits achats (< 25 000 € HT) ? Pour une commande sans écrit, l’acheteur doit chercher à intégrer des objectifs environnementaux. Une méthode serait par exemple d’évaluer les offres en coût global (en cumulant le prix d'acquisition, l'entretien, la durée d’usage et la valorisation des déchets). Si l’achat fait l'objet d'un simple devis, ce sont les conditions générales applicables qui doivent incorporer une clause verte. En revanche, dès qu'un marché écrit formel est exigé, cette clause environnementale doit figurer directement au cœur même du contrat.
Ce que vous devez en retenir
La réglementation interdit à l'acheteur public de noter la politique RSE globale d’une entreprise. Les critères et les clauses d'exécution doivent présenter un lien direct avec l’objet du marché.
Pour se démarquer, les candidats devront impérativement structurer un mémoire technique environnemental sur mesure, détaillant des engagements chiffrés, des indicateurs de performance et des preuves de suivi directement applicables aux prestations du contrat. Un mémoire technique environnemental trop généraliste ou standardisé risque d’obtenir une note insuffisante pour remporter le marché.
Adoption de la SNBC 3 : ambition d'une accélération nette de la baisse des émissions en France d'ici 2030.
Adoptée par décret le 16 juillet 2026, la troisième Stratégie nationale bas-carbone actualise la feuille de route de la France pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et atteindre la neutralité carbone en 2050.
Parmi les principales évolutions :
Un objectif 2030 rehaussé et un budget carbone resserré : Par rapport à la SNBC 2, la SNBC 3 rehausse nettement l'ambition nationale. La cible de baisse des émissions territoriales brutes hors puits de carbone d'ici 2030 est portée de -40 % à -50 % (ramenant la cible d'émissions de 315 Mt à 276 Mt éqCO2). Pour concrétiser cette accélération, le 3e budget carbone (2024-2028) a été fortement resserré : le plafond d'émissions annuel autorisé est ramené de 362 Mt éqCO2/an sous la SNBC 2 à 342 Mt éqCO2/an sous la SNBC 3.
source : Stratégie nationale bas-carbone n°3 Partie 1 Juillet 2026
Des objectifs sur l’empreinte carbone : jusqu’ici suivie mais sans objectif chiffré dans la SNBC, l’empreinte carbone de la France intègre désormais une cible indicative de réduction. Elle doit baisser de 38 % à 43 % d’ici 2030 et de 71 % à 79 % d’ici 2050 par rapport à son niveau de 2010.
source : Stratégie nationale bas-carbone n°3 Partie 1 Juillet 2026
🗒️Notes : Inventaire et empreinte, quelle différence ? L’inventaire national, fondé sur une approche territoriale, comptabilise les émissions de GES générées par les ménages et les activités économiques présents sur le territoire français. L’empreinte carbone adopte une approche par la consommation : elle ajoute aux émissions territoriales celles liées aux importations et exclut celles associées aux exportations.
Des puits naturels revus à la baisse : la dégradation de la capacité d’absorption biologique des forêts françaises liée au changement climatique (sécheresses, scolytes, incendies) oblige l'État à revoir ses hypothèses. La stratégie donne parallèlement davantage de place aux puits technologiques de captage et stockage du CO₂ (BECCS et DACCS).
Des transformations sectorielles importantes : électrification des usages, baisse des énergies fossiles, rénovations des bâtiments, décarbonation de l’industrie et évolution des pratiques agricoles structurent la trajectoire.
Dans son rapport annuel publié en juillet 2026, le Haut Conseil pour le Climat alerte sur le ralentissement de la décarbonation nationale, marquée par des baisses d'émissions brutes de seulement -3,0 % en 2024 et -2,1 % en 2025 (pré-estimée). Pour respecter le 3e budget carbone, ce rythme de réduction annuel doit au moins doubler pour dépasser 4 % par an d’ici 2028.
Le HCC recommande également d’associer à la SNBC 3 une feuille de route opérationnelle annuelle, étroitement coordonnée avec la planification budgétaire nationale, afin de renforcer les investissements nécessaires à la décarbonation et garantir la stabilité des dispositifs.
Parmi les 82 recommandations de son rapport annuel, le Conseil met particulièrement en avant la nécessité d'activer des leviers collectifs de sobriété, aujourd'hui sous-exploités, pour soulager la demande d’énergie et les ressources en biomasse.
À titre d’illustration, le HCC préconise notamment d'instaurer un moratoire sur l'augmentation des capacités des aéroports français pour contenir la hausse du trafic aérien, et d'encadrer les professionnels de l'agroalimentaire afin d'orienter la demande de consommation vers un régime plus végétal.
Ce que vous devez en retenir
Pour les responsables RSE, la SNBC 3 est plus que jamais un outil de projection stratégique. Elle permet de vérifier si les investissements et les choix stratégiques de votre entreprise sont cohérents avec les transformations probables dans votre secteur d'activité. L’introduction d'objectifs sur l'empreinte carbone replace également les achats, les importations et la décarbonation de votre chaîne de valeur au cœur de la stratégie.
ESRS et VSME : le reporting est fortement allégé, sans abandonner ses fondamentaux
Le 3 juillet 2026, la Commission européenne a adopté les ESRS révisés ainsi que le standard volontaire VSME, désormais rebaptisée « Voluntary Standard » ou VS.
Les principaux changement du standard volontaire (VS) :
Un allègement des indicateurs (points de données) : Pour s'aligner sur les normes ESRS révisées, le standard a été allégé par rapport à sa version initiale. Par exemple, l'intensité carbone (B3) et la surface au sol artificialisée (B5) ont été supprimées. De plus, le taux de rotation du personnel (turnover) a été basculé du module de base (initialement intégré dans la norme B8) vers le module complémentaire (C5).
Une protection renforcée pour les très petites entreprises : La Commission a introduit un seuil spécifique fixé à 10 salariés. Pour les entreprises comptant 10 employés ou moins, certaines informations (notamment les données environnementales complexes) sont désormais totalement facultatives.
En parallèle, la Commission européenne a publié une nouvelle version des normes reporting en matière de durabilité (ESRS).Cette révision poursuit l’objectif du paquet Omnibus : réduire la charge et le coût du reporting de durabilité tout en conservant les principes structurants de la CSRD.
Les textes sont actuellement soumis à l'examen de non-objection du Parlement européen et du Conseil de l'UE jusqu’en septembre voire novembre 2026.
Parmi les principaux changements :
Le nombre total de points de données diminue fortement (+ de 70%) : les points de données obligatoires diminuent de plus de 60 % et le nombre total de points de données de plus de 70 %. Selon l’EFRAG, les économies de coûts de reporting pourraient atteindre en moyenne environ 34 % sur cinq ans pour les entreprises concernées, tandis que la Commission européenne estime que la réduction des charges dépassera 30 % par entreprise.
La double matérialité est pérennisée : l’entreprise doit toujours identifier ses impacts, risques et opportunités matériels. L’analyse est toutefois simplifiée avec une approche « top-down » : l’entreprise commence par évaluer les grands sujets de durabilité au regard de ses activités et de son modèle d’affaires, puis approfondit uniquement ceux pour lesquels la matérialité (ou non matérialité) n’est pas évidente.
Davantage de souplesse sur les données : recours facilité aux estimations, possibilités d’omission sous conditions, et délais supplémentaires pour certaines informations complexes comme l'impact financier futur du changement climatique sur l'entreprise.
Introduction du "Value Chaine Cap" pour protéger les sous-traitants : Lors de la collecte de données, ce principe interdit formellement aux donneurs d'ordres soumis à la CSRD d'exiger de leurs fournisseurs de moins de 1 000 salariés des données ESG dépassant le cadre simplifié du standard volontaire VS.
Pour l’exercice 2026, les entreprises de la première vague disposent de plusieurs options : Elles peuvent choisir de conserver temporairement les ESRS actuels, d'adopter par anticipation les ESRS révisés, ou d’opter pour une approche intermédiaire leur permettant de bénéficier de plusieurs mesures de simplification ciblée. L’application des ESRS révisés est prévue à partir de l’exercice 2027, sous réserve de la fin du processus institutionnel.
Ce que vous devez en retenir
Réduire la charge d'un reporting parfois très lourd va permettre aux équipes RSE de libérer du temps pour piloter des plans d'actions concrets. Toutefois, la simplification ne doit pas rimer avec perte d'informations stratégiques : une double matérialité solide reste indispensable pour guider les investissements et sécuriser la résilience du modèle d'affaires face aux risques physiques et de transition. Enfin, pour les entreprises exclues du périmètre réglementaire suite au relèvement des seuils cumulatifs (plus de 1 000 salariés et plus de 450 M€ de CA), le standard volontaire VS s'impose comme l'outil idéal pour répondre plus simplement aux demandes ESG.
SBTi V2 : le standard passe davantage de l’objectif à la mise en œuvre
Le 11 juin 2026, SBTi a publié la version 2.0 de son Corporate Net-Zero Standard. L’évolution répond à une difficulté remontée depuis plusieurs années : fixer une trajectoire scientifique ne suffit pas toujours à provoquer les réductions attendues, notamment sur le Scope 3 lorsque l’entreprise dépend de ses fournisseurs, de technologies encore peu disponibles ou de transformations de filière.
SBTi présente donc désormais son standard comme un cadre davantage tourné vers la mise en œuvre.
Parmi les principaux changements :
La distinction Catégories A et B : Les obligations sont désormais proportionnées. La Catégorie A (grandes entreprises et ETI des pays riches de ≥ 250 salariés ou ≥ 50 M€ de CA) doit obligatoirement soumettre un objectif Scope 3 à court terme et soumettre son bilan carbone de référence à un audit indépendant par un tiers. Pour la Catégorie B (plus petites structures), le Scope 3 court terme devient optionnel.
La gouvernance au cœur : Les objectifs de court terme sont fixés sur des cycles de cinq ans et toutes les entreprises doivent disposer d’un plan de transition, validé au plus haut niveau de gouvernance, avec un suivi régulier des progrès.
Le recentrage du Scope 3 : SBTi abandonne l'ancienne règle rigide qui exigeait de couvrir 67 % du Scope 3 global. Désormais, pour les grandes entreprises (Catégorie A), il devient obligatoire de cibler individuellement chaque catégorie pesant au moins 5 % du Scope 3. Toutefois l’entreprise peut exclure une catégorie de plus de 5 % si elle n'a aucun moyen d'action réel dessus (comme des actifs loués non contrôlés), à condition de le justifier et de le quantifier en toute transparence.
Crédits carbone et OER : SBTi clarifie les règles à ce sujet, la compensation reste interdite pour réduire ses émissions directes. Elle crée cependant l’OER (Ongoing Emissions Responsibility), un programme volontaire (jusqu’en 2035) permettant de valoriser financièrement le soutien à des projets climatiques hors chaîne de valeur pour assumer ses émissions résiduelles durant la transition. Pour le secteur, cela acte le passage de la neutralité individuelle revendiquée à la notion de contribution collective.
Le principe du « Best effort » : Si une entreprise n’atteint pas son objectif après un cycle de 5 ans, elle ne perd plus sa labellisation ; elle doit prouver avec transparence qu’elle a mobilisé tous les leviers possibles et expliquer scientifiquement ses obstacles.
Cette permissivité fait débat. L’ONGCarbon Gap reconnaît la difficulté pour SBTi de trouver l’équilibre entre maintenir un maximum d’entreprises engagées et réserver la validation aux trajectoires réellement compatibles avec la neutralité carbone.
Mais l’organisation estime que le nouveau référentiel « flexibilise » et « temporise » beaucoup, et juge l’approche « best possible efforts » « un peu légère pour une certification » face à l’accélération du changement climatique.
SBTi a également renoncé à imposer la comptabilisation obligatoire au « pas horaire » des garanties d’origine (pour faire coïncider heure de consommation et heure de production d'énergies renouvelables intermittentes). Cette pratique reste volontaire, ce qu’EnergyTag et plusieurs ONG ont publiquement critiqué.
Ce que vous devez en retenir
Pour les équipes RSE, cette V2 déplace une partie du travail vers la mise en œuvre : qualité du plan de transition, actions réellement engagées et capacité à documenter les blocages rencontrés. Sur le Scope 3 en particulier, SBTi reconnaît davantage qu’une entreprise ne maîtrise pas seule toute sa chaîne de valeur, tout en lui demandant de démontrer précisément les actions qu’elle peut engager.
🗒️Notes : Cette évolution conforte aussi l’intérêt que nous portons à ACT Pas-à-Pas pour construire une stratégie de transition. La méthode relie la trajectoire aux décisions qui doivent permettre de l’atteindre, en travaillant notamment sur la gouvernance, les investissements, le modèle économique et le plan d’action. SBTi reste utile pour cadrer un objectif de réduction aligné avec la science, ACT Pas-à-Pas apporte un cadre plus concret pour organiser les transformations à engager et suivre leur mise en œuvre.
GHG Protocol : alignement avec l’ISO et de nouvelles règles méthodologiques
Le 29 juillet, le GHG Protocol a officiellement annoncé une série d'évolutions majeures pour ses standards de comptabilité d'entreprise. Face à une demande internationale de standards de comptabilité carbone interopérables et plus précis, l'organisation renforce sa gouvernance et s'associant à l'ISO et pose les bases des évolutions méthodologiques à venir.
Les nouveautés et chantiers clés à retenir :
La fusion historique avec l'ISO : Le GHG Protocol et l'ISO (Organisation internationale de normalisation) vont unir leurs standards respectifs de comptabilité carbone d'entreprise en une seule et unique norme internationale harmonisée d'ici fin 2028. C'est une étape importante vers l'unification des règles du reporting GES à l'échelle internationale.
La refonte structurante du Scope 3 : Véritable pilier de cette révision, la refonte du Scope 3 (les émissions indirectes de la chaîne de valeur, représentant souvent plus de 70 % de l'empreinte totale) durcit considérablement les règles. Les nouvelles exigences prévoient l’obligation de couvrir au moins 95 % des émissions obligatoires, limitant les exclusions à un plafond strict de 5 % qui devront être rigoureusement quantifiées et justifiées.
Les entreprises devront également faire preuve d’une transparence totale sur la qualité de leurs données en distinguant les données réelles (fournies par les partenaires) des simples estimations d'activité ou monétaires. Enfin, une nouvelle catégorie dédiée aux « émissions facilitées » (la Catégorie 16) est créée pour comptabiliser l'impact indirect des intermédiaires, comme les plateformes numériques de mise en relation, le courtage ou les services financiers.
La consultation Scope 2 (électricité renouvelable) : Les résultats de la consultation publique sur la révision du Scope 2 (qui a recueilli près de 1 100 réponses de 56 pays) ont été publiés. Ils confirment une grande diversité d'opinions sur la manière dont les entreprises doivent comptabiliser l'achat d'énergies renouvelables, un sujet qui reste très débattu.
Ce que vous devez en retenir :
Pour les directions RSE, l'annonce d'une future fusion entre l'ISO et le GHG Protocol est un signal fort qui devrait, à terme, simplifier les démarches de conformité en éliminant la concurrence entre ces deux référentiels historiques. Les futures règles de comptabilisation de l'électricité renouvelable (Scope 2) et des actions de réduction font encore l'objet d'intenses discussions techniques.
De plus, la rigueur accrue sur le Scope 3 impose d'anticiper dès maintenant la structuration, la traçabilité des données pour se préparer à des audits carbone de plus en plus stricts, exigés par les réglementations et les investisseurs.
Responsable d'une part majeure des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France (deuxième secteur le plus émetteur du pays) le bâtiment doit accélérer sa transition. Si les grandes entreprises ont déjà engagé des actions de décarbonation, la démarche reste encore à généraliser auprès des entreprises artisanales du bâtiment, qui représentent pourtant la majorité du tissu économique du secteur.
Réalisé par la CAPEB, l’ADEME et WeCount à partir de l’accompagnement de 11 entreprises artisanales dans la réalisation de leur bilan carbone et la construction de leur stratégie climat, ce guide regroupe les meilleures pratiques et retours d'expérience du terrain. Il a pour objectif d'accompagner chaque artisan dans la compréhension de ses enjeux carbone et la mise en œuvre de sa transition bas-carbone.
Contenu du guide
Ce document recense les enjeux carbone spécifiques au secteur, présente des leviers d’action génériques applicables à tous les corps de métier et met en avant des initiatives de réduction concrètes. Afin de répondre aux réalités de chaque activité, le guide intègre 9 fiches d’actions détaillées adaptées à différentes typologies d’artisans : métallier, menuisier, charpentier, plâtrier-plaquiste, peintre, électricien, chapiste, maçon et installateur de systèmes de sûreté.
Transformez votre entreprise artisanale du bâtiment en un acteur clé de la transition bas-carbone !
Pendant plusieurs mois, ces structures ont réalisé leur bilan d'émissions de gaz à effet de serre (GES), partagé leurs données terrain et élaboré leurs premières pistes d'action de décarbonation grâce à l'accompagnement individuel, aux ateliers collectifs et à la plateforme carbone de WeCount.
Les retours d'expérience opérationnels des Offices de Tourisme participants, associés à l'expertise méthode de WeCount, ont permis la co-construction d'une note méthodologique au plus proche des réalités et des spécificités du secteur touristique territorial.
Contenu du guide
Dans le guide, vous pouvez trouver :
✅ +20 idées d'actions concrètes et leviers opérationnels pour engager votre plan de décarbonation et inciter aux mobilités bas-carbone.
💡 Des repères méthodologiques sur-mesure pour structurer votre démarche et réussir à définir vos périmètres d'étude (Périmètre Office de Tourisme vs Périmètre Destination)
🔎 Une analyse décryptée des 6 principaux postes d'émissions du secteur : mobilités visiteurs (réceptif/local), produits de boutique, prestations traiteurs & alimentation, numérique, gestion des bâtiments et achats de services.
📊 Des recommandations et cas pratiques pour fixer votre trajectoire de réduction des émissions (alignée sur la SNBC, les objectifs de votre collectivité ou la méthodologie SBTi) et mobiliser votre écosystème territorial.