Chaque jour, vos choix et activités en tant qu'étudiant contribuent à votre empreinte carbone globale. Mais quelle est l'ampleur de cette contribution ? Grâce à notre questionnaire rapide et intuitif, découvrez en seulement cinq minutes vos émissions de CO2e annuelles liées à votre vie étudiante.
Mesurer mon empreinte
Prendre conscience est le premier pas vers un changement significatif. En comprenant votre propre impact, vous pouvez commencer à intégrer des pratiques plus durables dans votre quotidien. L'outil de WeCount est conçu pour vous guider à travers ce processus de découverte et d'apprentissage.
L'enseignement supérieur en France, c'est 3 500 établissements et plus de 2,8 millions d'étudiants.
Face aux enjeux du dérèglement climatique, l’enseignement supérieur a un double rôle :
🌍 Contribuer à la décarbonation générale de notre société en réduisant les émissions de CO2e de ses établissements,
🎓 Former et sensibiliser les étudiants, professionnel·le·s de demain aux enjeux énergie-climat aujourd'hui.
Dans ce contexte, comment le supérieur peut-il contribuer à la décarbonation ? Comment passer à l’action à l’échelle de votre établissement ?
Au programme :
Présentation du "Plan climat-biodiversité et transition écologique" porté par le MESR
Le label DD&RS : rappel des enjeux et articulation avec la stratégie de décarbonation d'un établissement par le CIRSES
Retour d'expérience de l'INSA, L'Université de Lyon et l'EDHEC sur leur plan de décarbonation
Lancement de l’outil de sensibilisation climat pour les étudiants créé par l'ABC et WeCount
Ce sera également l’occasion de présenter les programmes collectifs d’accompagnements à la réalisation du bilan carbone et de la stratégie climat organisés par WeCount, et dédiés aux établissements d’enseignement supérieur et recherche.
Ce document synthétise les recommandations de 8 établissements de l’enseignement supérieur pour décarboner leur secteur
Les propositions d’actions développées dans ce document font suite au travail collectif de 8 établissements du site Lyon-Saint-Étienne qui se sont formés aux enjeux climatiques, ont réalisé leur bilan carbone et initié leur stratégie RSE (Responsabilité sociétale et environnementale).
Ce document dresse donc un bilan de cette première étape importante et permet de mettre en regard les résultats des différents établissements participants : le Crous de Lyon, l’École nationale d’ingénieurs de Saint-Étienne (ENISE), l’École normale supérieure de Lyon (ENS de Lyon), l’École nationale des travaux publics d’État (ENTPE), l’Université de Lyon (UdL), l’Université Claude Bernard Lyon 1, l’Université Jean Monnet Saint-Étienne et VetAgro Sup.
Ces établissements poursuivent l’élaboration et l’actualisation de leur démarche RSE pour aller au-delà de ce volet initial et envisager une stratégie englobant l’ensemble des activités des établissements. En effet, l’enseignement supérieur est un secteur clé pour former les prochaines générations aux grands enjeux de demain, notamment écologiques, et les préparer à relever les défis auxquels ils feront face.
Compte tenu de la diversité des enjeux du secteur et de la richesse du monde de l’enseignement supérieur, ces propositions ne représentent pas un mode d’emploi ou la vision de chaque établissement. Elles ont vocation à alimenter les réflexions au sein du milieu de l’enseignement supérieur et des autres établissements.
Pourquoi cette volonté d’agir ?
De plus en plus d’établissements de l’enseignement supérieur accélèrent leur engagement sur le climat. Compte tenu de leur rôle central dans nos sociétés, la plupart de leur écosystème les incite à agir : pouvoirs publics, personnel et étudiants.
Selon une récente étude de Carbone 4, l’empreinte carbone moyenne d’un Français en 2019 est de 9,9tCO₂e. Cette empreinte est découpée en plusieurs parties qui concernent sa consommation personnelle (je me déplace, je mange, je me loge et j’achète), auxquelles s’ajoutent 1 400 kgCO₂e/an qui sont associés à la dépense publique, que ce soit pour l’administration et la défense (32 %), l’enseignement (31 %), la santé (16 %)
ou les infrastructures (14 %).
Diminuer les émissions de l’enseignement supérieur, c’est donc baisser les émissions de chaque individu. Pour limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport à l’âge pré-industriel, l’empreinte carbone d’un individu doit être réduite à un maximum de 2 tonnes d’ici 2050.
Enfin, pour répondre aux enjeux de la transition bas carbone de nos sociétés, la formation des générations futures est cruciale. Les établissements de l’enseignement supérieur ont donc un rôle très important à jouer pour former et inciter les nouvelles générations à contribuer à la lutte contre le dérèglement climatique.
Empreinte carbone moyenne en France 2019 (Source : MY CO2)
Bilan d’émissions de gaz à effet de serre consolidé
Bilan d'émissions de gaz à effet de serre consolidé
Ce graphique correspond à une moyenne pondérée de 6 bilans carbone des structures de l’enseignement supérieur ayant participé à la réalisation de ce document*.
Ces bilans ont été réalisés dans le cadre d’une Promotion Climat dédiée à l’enseignement supérieur et suivant la méthodologie de l’Association Bilan Carbone.
Les bilans couvrent les scopes 1, 2 et 3.
Le scope 1 correspond aux émissions directes des structures, comme le chauffage des bâtiments au gaz.
Le scope 2 représente les émissions indirectes liées à la consommation d’électricité (ex. chauffage électrique).
Enfin, le scope 3 correspond aux émissions indirectes amont et aval, comme les déplacements domicile-travail (aussi bien des étudiants que des salariés), les déplacements professionnels et étudiants, l’alimentation et les équipements informatiques.
* L’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Saint-Etienne (ENISE), l’Ecole Normale Supérieure de Lyon ,l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat (ENTPE), Université Claude Bernard Lyon 1, l’Université Jean Monnet de Saint Etienne et VetAgro Sup.
Les préconisations pour réduire son empreinte carbone et piloter sa stratégie climat
Comment collecter les données pour son bilan carbone ?
Le premier conseil concernant la réalisation du bilan carbone est de le réaliser soi-même. C’est en bénéficiant de cette première expérience qu’on pourra comprendre les activités à l’origine de ses émissions et commencer à identifier les premières pistes de réduction.
Une fois ce premier bilan réalisé, il sera plus facile d’automatiser au maximum la collecte des données nécessaires à la réalisation du bilan carbone afin de pouvoir le mettre à jour chaque année sans effort.
Par exemple, pour les achats, vous pouvez suivre des informations comme le poids carbone ou le flux physique des produits et
intégrer cette information aux marchés lors des consultations.
Le bilan carbone est un exercice itératif et l’objectif est d’affiner son analyse d’une année sur l’autre s’il n’est pas assez précis. Cela peut passer par :
Une collecte plus fréquente des indicateurs, par exemple mensuellement pour les données d’énergie, afin de pouvoir suivre un plan d’action précis.
Une méthodologie de collecte de données plus précise pour certaines catégories d’émissions. On peut par exemple passer de données estimées à des données réelles, collectées via des factures ou des questionnaires, ou encore choisir d’utiliser des ratios physiques plutôt que des ratios monétaires.
En parallèle de la collecte des données, il est fortement conseillé d’avoir un document expliquant la méthodologie utilisée afin de pérenniser la connaissance et d’améliorer la démarche d’une année sur l’autre. Il est également possible d’impliquer plus de personnes dans le projet.
Entre les établissements, des indicateurs communs peuvent être définis afin d’avoir des ordres de grandeur et de pouvoir se comparer (ex : km parcourus et modes de transports pour des conférences par le personnel de recherche).
Dans le cadre de la Promotion Climat réunissant les 8 établissements de l’Enseignement Supérieur, la plateforme de comptabilité carbone WeCount a été utilisée pour faciliter la collecte des données et l’analyse des résultats.
Les déplacements
Les déplacements professionnels
Ce paragraphe concerne les déplacements réalisés par le personnel de l’établissement, et plus particulièrement les déplacements des chercheurs et doctorants. L’établissement peut réaliser un état des lieux de la mobilité. Les graphiques ci-dessous montrent la répartition des modes de transport en fonction de la distance parcourue et de leur impact carbone.
* Basé sur les données moyennes des participants à la Promotion Climat.
L’avion reste encore trop souvent la solution de facilité pour les trajets professionnels. Plusieurs propositions ont été émises par les participants de la Promotion Climat pour réduire l’impact du transport professionnel :
Inciter à avoir recours aux mobilités durables
Le train peut être privilégié pour tout le personnel pour les déplacements nationaux. La direction peut soutenir cette nouvelle habitude, en la promouvant auprès des permanents et en soutenant financièrement le surcoût éventuel. Une Charte de voyage responsable peut être mise en place et validée par les différentes unités.
Dissuader les personnes de prendre l’avion à travers des actions de sensibilisation.
L’établissement doit être en mesure d’expliquer l’impact carbone des déplacements et de présenter ses résultats par département, en se comparant si possible à d’autres établissements. Une analyse poussée peut permettre la mise en place d’une carte
des déplacements les plus fréquents et donner ainsi un aperçu de leur poids dans le bilan carbone global de l’établissement.
À l’échelle individuelle, il faut communiquer systématiquement sur l’impact carbone d’un voyage. Pour cela, il est possible d’intégrer directement sur les outils de réservation l’affichage de l’impact carbone
Modifier nos habitudes
Enfin, les métiers peuvent-ils se réinventer et être valorisés autour d’autres valeurs que celle des déplacements internationaux ? On voit apparaître à la suite de la pandémie du Covid-19 de nouveaux formats de colloques à distance, et une multiplication des coopérations françaises et européennes. Ces démarches peuvent être encouragées car elles se révèlent très efficaces dans la réduction de l’impact carbone des déplacements.
Un quota durée/séjour pour les vols internationaux
L’idée est d’aligner le temps de présence sur place d’un voyage par rapport à l’impact du trajet. L’objectif de cette proposition est d’inciter les salariés à ne se déplacer qu’en cas de nécessité réelle. Le principe est de se dire que plus la destination est éloignée,
plus le salarié devra rester longtemps sur place.
Cette initiative permet d’imposer une contrainte sur la durée pour éviter une suite de déplacements courts, fortement carbonés, sans pour autant interdire les déplacements carbonés jugés les plus nécessaires.
Les déplacements étudiants
Les idées qui suivent concernent les déplacements des étudiants pour les stages et les semestres à l’étranger. Certaines idées peuvent aussi agir sur les critères de diplomation pour certains établissements. Actuellement les étudiants sont incités à voyager, notamment si leur établissement est en partenariat avec une université étrangère.
La collecte des informations pour cette catégorie d’activité est encore difficile pour certains établissements. Cependant, de nombreuses propositions ont été émises,
comme celle d’instaurer, comme l’a fait l’INSA de Lyon, un quota carbone, en tonne de CO2. Ainsi, un étudiant souhaitant réaliser un vol au-delà du quota autorisé devra justifier son déplacement en réalisant un dossier détaillant ses motivations.
D’autres propositions ont été discutées comme une aide financière au train en Europe, la limitation à un déplacement hors Europe sur l’ensemble de la scolarité ou la mise en place d’un quota durée/séjour comme décrit dans la section précédente.
Les déplacements domicile-travail
Les idées qui suivent concernent les déplacements domicile-travail des étudiants et des salariés.
L’établissement peut permettre une transition vers des modes de transport bas-carbone. Ci-dessous une liste d’actions non exhaustive pour propager la mobilité douce :
Réaliser une enquête mobilité domicile-travail pour prioriser les actions à mener ;
Mettre en place des garages sécurisés pour les vélos et trottinettes, mais aussi des douches et vestiaires ;
Promouvoir les transports en commun et le covoiturage ;
Collaborer entre établissements ou structures voisines pour s’adresser aux collectivités locales et appuyer la densification ou la création de transports en commun ;
Adapter les horaires de présence des étudiants aux transports en commun ;
Les bâtiments et l’énergie sont les premiers postes d’émissions de gaz à effet de serre pour les établissements. Les rénovations sont coûteuses et il est difficile d’en voir les bénéfices à court terme. Par exemple, on peut avoir tendance à privilégier une diminution du budget d’investissement pour financer l’augmentation des coûts de l’énergie. Néanmoins, il existe plusieurs bonnes pratiques, citées ci-dessous, à mettre en place dans ce domaine :
Se diriger vers la sobriété énergétique
On peut dans un premier temps changer nos habitudes d’usage, par exemple en diminuant le chauffage dans les couloirs et les halls ou encore en baissant la climatisation. Ensuite, il s’agit de moderniser les équipements par des modèles moins consommateurs.
Enfin, il peut s’agir de consommer autrement, par exemple en investissant dans une climatisation adiabatique. Cette dernière consomme dix fois moins d’énergie que les climatisations classiques tout en n’émettant pas de GES.
L’optimisation des locaux
Plutôt que de construire de nouveaux locaux, il serait plus intéressant de mutualiser une aile ou l’étage d’un bâtiment, voire de réduire les surfaces. En effet, le taux d’occupation des locaux peut être optimisé dans la plupart des bâtiments en étudiant le regroupement de plusieurs équipes avec la possibilité d’avoir des horaires flexibles. Une autre idée est de revoir le calendrier d’utilisation des bâtiments afin d’identifier les périodes de l’année où ces derniers peuvent être mis à disposition d’autres équipes.
Changer de source d’énergie
Il est possible de choisir un fournisseur d’énergie renouvelable ou de produire soi-même son électricité via l’installation de panneaux solaires. D’autres établissements ont choisi d’intégrer un réseau de chaleur en délaissant l’approvisionnement en gaz, et ainsi de baisser leur empreinte.
Favoriser la rénovation des bâtiments
Pour favoriser l’efficacité énergétique des bâtiments, il est indispensable de réaliser des rénovations. Il existe plusieurs aides financières à la transition bas carbone et notamment pour les rénovations énergétiques. Il est donc conseillé de réaliser une veille sur ces sujets et de les partager entre établissements.
Par ailleurs, les départements concernés peuvent lister des projets prêts à être lancés, afin d’anticiper les besoins et de comparer les devis. De même, les ordres de grandeur des coûts de rénovation peuvent être partagés entre établissements pour qu’ils puissent
rapidement chiffrer un projet et ainsi bénéficier des subventions.
Mutualisation du patrimoine
Il est aussi possible de mutualiser des équipements sportifs, par exemple, en partenariat avec les collectivités locales, même si cela implique un partenariat potentiellement plus complexe.
L’alimentation
Ce paragraphe concerne l’alimentation du personnel et des élèves dans les établissements de l’enseignement supérieur. À titre d’exemple, nous utiliserons la répartition des repas d’un restaurant universitaire pour aborder l’impact de l’alimentation dans l’enseignement supérieur.
Un repas comprenant du bœuf a une empreinte carbone plus de 10 fois supérieure à celle d’un repas végétarien Les protéines animales, notamment le bœuf, restent néanmoins très présentes dans les restaurants universitaires.
D’autres critères sont également à prendre en compte lorsque l’on s’intéresse à l’empreinte carbone de l’alimentation : saisonnalité, mode de préparation des aliments ou encore gestion des déchets alimentaires. Vous trouverez ci-dessous une liste non exhaustive de propositions permettant de minimiser l’impact carbone de l’alimentation dans votre établissement.
Faciliter la végétalisation des repas
Favoriser les repas moins carnés. Dans les restaurants universitaires, il peut pour cela s’avérer nécessaire de former les cuisiniers à la préparation de protéines végétales et de résoudre les questions logistiques liées à leur préparation (temps de cuisson plus longs...). Pour les repas apportés par le personnel et les étudiants, il serait intéressant de proposer des idées de recettes végétariennes pour faciliter la transition bas carbone
de l’alimentation.
Bannir les couverts/verres/assiettes jetables
Depuis la crise du covid-19, certains restaurants universitaires proposent des repas à emporter. Généralement, ces repas se trouvent dans des barquettes en plastique. Il est pourtant indispensable de limiter au maximum les emballages à usage unique en
plastique dans la restauration. Pour remédier à l’usage du plastique, il est possible d’utiliser des matériaux biodégradables ou de demander aux étudiants d’apporter leurs contenants. Cette démarche va de pair avec la gestion des déchets d’un établissement.
Favoriser les achats responsables
Il est recommandé de proposer des produits de saison, locaux et issus d’une agriculture responsable. Dans les restaurants universitaires et les établissements de l’enseignement supérieur, il est aussi important de communiquer sur la provenance des produits afin de
sensibiliser le plus grand nombre.
Améliorer la gestion des déchets
Dans un premier temps, il faut diminuer la quantité de déchets dans la restauration. Pour cela, il est possible de faire un état des lieux sur la production de déchets de la restauration de votre établissement et mettre en place des moyens de sensibiliser au gaspillage.
Dans un second temps, le tri des déchets peut être mis en place dans les restaurants universitaires mais également dans les établissements. Par exemple en mettant un compost à disposition sur le campus.
La conduite du changement
La conduite du changement passe par des actions de convivialité. Modifier ses habitudes ne doit pas être associé à une restriction de libertés. Ainsi, les sujets peuvent être présentés positivement, à travers des actions de sensibilisation ou des activités collectives (ex : nudges, communication positive...).
Il est également conseillé de proposer des initiatives permettant de passer immédiatement à l’action, et ce sur un temps long, pour accompagner les personnes à modifier de manière durable leurs usages (ex : challenge de “Ma petite planète”, un challenge par équipe proposant des défis écologiques sur 3 semaines ou encore challenge mobilité incitant les salariés à venir au travail autrement que seuls dans leur voiture…).
Les changements structurels qui concernent les modalités de travail et les missions des postes seront plus faciles à accepter et à mettre en place si les idées viennent directement des salariés. Pour cela, les ateliers cités dans le paragraphe précédent sont autant de moyens permettant des changements profonds et volontaires de l’organisation.
Le changement ne pourra se réaliser que par une implication globale de tous les usagers de la structure et un portage politique fort de la direction. Il faut valoriser toutes les initiatives et partager entre les établissements les bonnes pratiques pour accélérer la transition.
Une gouvernance durable
Face à l’urgence climatique, le climat doit être inclus à tous les niveaux de l’organisation
Cela comprend :
Un portage politique : porté par la gouvernance (ex : vice-présidence) et une feuille de route claire.
Un mécanisme permettant de porter la voix des usagers auprès des instances de décision (ex : conseil d’administration, une personne dédiée aux enjeux climatiques...).
La mise en application de ces différentes approches est nécessaire à la transition bas carbone de l’établissement. En effet, la prise en compte de toutes les parties prenantes est la clef de réussite pour que la transition écologique devienne un axe fort de la stratégie court terme et long terme de l’établissement. Elles doivent être présentes tout au long de la démarche de réduction des émissions et être informées de la performance des actions.
L’établissement doit encourager & accompagner les bonnes idées et les initiatives spontanées
Pour cela, il faut inciter l’ensemble des usagers à faire des propositions pour accompagner la transition bas carbone de l’établissement et mettre en place les moyens nécessaires à leur réalisation. Par exemple, en mettant en place un système de communication égalitaire pour l’ensemble des parties prenantes (comités RSE, groupes de travail, boîtes à idées, ateliers, etc.) ou un référent dédié au suivi de la réalisation des projets. L’objectif de cette démarche est de laisser aux personnes un espace de liberté et de leur montrer que chacun peut être entendu. L’établissement doit pouvoir mettre en mouvement ces idées pour en faire des réalisations concrètes.
Le passage à l’action se fera également en partageant entre établissements des bonnes pratiques pour une transition écologique commune et ambitieuse.
Une politique de ressources humaines adaptées
La vision politique de l’établissement se traduit par un portage opérationnel et des ressources humaines dédiées. Les établissements ne possèdent pas toujours de poste spécifique au sujet de la transition bas carbone. En parallèle d’une embauche ou d’une création de poste, il existe d’autres actions à mener pour avoir une approche transversale et complémentaire :
Il est possible de s’appuyer sur des réseaux existants comme les communautés d’universités et d’établissements, le CIRSES*, le Collectif Labos 1point5 ou encore les réseaux étudiants et les différents réseaux d’acteurs (Cluster, Centres d’échanges et de ressources). L’adhésion à ces réseaux peut permettre d’engager des actions de formation, de partager les bonnes pratiques des établissements, et de développer des partenariats vertueux.
* Collectif pour l’Intégration de la Responsabilité Sociétale et du développement durable dans l’Enseignement Supérieur
Il est souhaitable de disposer au moins d’une ressource opérationnelle. Cette dernière pourra permettre, entre autre, de coordonner les actions avec des volontaires. C’est un point clef pour accélérer sur les sujets de la transition.
L’implication volontaire peut être valorisée et ce, par exemple, au cours de l’entretien annuel pour tout ce qui concerne l’intégration des enjeux écologique dans les missions et dans la vie au travail.
La transition bas carbone est le sujet de tous. Il est donc intéressant d’inscrire les enjeux climatiques dans les fiches de poste au même titre que d’autres missions.
En continuité avec le point précédent, les objectifs personnels doivent inclure des objectifs climat, ou a minima une appréciation sur l’engagement de la personne (ex : “Comment l’agent a-t-il participé aux actions écologiques cette année ?”). Ainsi, un temps dédié à l’atteinte de cet objectif est alloué, notamment pour les postes en lien direct avec les enjeux principaux de l’établissement.
Certains établissements ont proposé aux étudiants de travailler sur ces sujets à travers un stage ou un projet d’étude.
L’important est de donner envie d’agir. Pour cela, il est nécessaire dans un premier temps de former le personnel et le corps enseignant aux enjeux de la transition écologique (ex : Fresque du Climat au cours de la journée du personnel, présentation de la feuille de route transition écologique à la prérentrée) afin qu’ils puissent s’emparer de ces sujets. Pour compléter ces actions de sensibilisation, l’établissement peut communiquer auprès de tous les agents sur son bilan carbone.
Bien que toutes les solutions précédentes puissent faire avancer les sujets bas carbone, toute politique et tout plan d’action ambitieux devront se traduire par des moyens humains adaptés.
L’impact carbone, un outil d’aide à la décision
Quand une situation avec des injonctions contradictoires se présente (ex : augmentation des effectifs étudiants et diminution de l’empreinte carbone), il est conseillé de mener des actions collectives et d’instaurer une communication entre plusieurs établissements concernés par cette problématique et le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la
Recherche et de l’Innovation (MESRI, le réseau des Crous) ou la Commission des Titres d’Ingénieur (CTI).
Au sein d’un établissement, la prise de décision peut être facilitée grâce au bilan carbone qui permet de disposer d’ordre de grandeur entre les différentes catégories d’émissions et d’identifier les postes les plus émetteurs. Ainsi, la stratégie de l’établissement pourra se concentrer sur les sites ou les profils les plus émetteurs.
Pour les futurs projets à arbitrer, il est possible d’intégrer un prix interne du carbone. Ce nouvel indicateur peut être un outil puissant d’aide à la décision. Par exemple, il est possible de simuler l’ajout au budget d’un projet d’un coût de 50€ la tonne de CO2 et d’étudier ainsi sa durabilité si une telle taxe venait à être mise en place.
Les préconisations pour intégrer les enjeux écologiques dans la formation
Les différents moyens d’intégrer les enjeux écologiques dans la formation
Il n’y a pas une façon unique d’intégrer les enjeux écologiques dans la formation, les possibilités sont multiples.
Le format d’intégration
Des actions ponctuelles, comme par exemple : mettre en avant les enjeux écologiques lors des cycles de conférences ou d’une rentrée climat. Cela peut être un premier pas lorsque l’établissement possède peu de moyens.
Une intégration systématique dans chaque matière, afin d’intégrer un volet sur les enjeux écologiques dans tous les cours et les modules de formation. Par exemple avec la création de nouvelles unités d’enseignement pour intégrer un module de formation supplémentaire sur les enjeux écologiques.
Le plus ambitieux : une refonte du programme pédagogique complet afin de l’adapter aux enjeux écologiques.
Le contenu
Pour toutes les formations, il est indispensable de mettre l’accent sur la partie théorique des enjeux écologiques (fonctionnement du système climatique, ordres de grandeur...), avec des modules de formations généralistes sur les enjeux climat/énergie, la biodiversité, la gestion de l’eau, des déchets...
Pour des formations spécifiques, il faut ajouter à cela une formation opérationnelle à la transition écologique, appliquée à la discipline enseignée :
Former à l’utilisation des outils comme l’Analyse de Cycle de Vie, le bilan carbone, l’inventaire de biodiversité, pour les étudiants ingénieurs.
Enseigner la réglementation sur les enjeux écologiques et son historique pour les étudiants en droit.
Apprendre à communiquer de manière pertinente sur ce sujet en évitant le greenwashing pour les étudiants en communication.
Prendre en compte la durabilité des matières premières et des usages pour les étudiants en design.
Revoir la durabilité des business models et la raison d’être des entreprises, et quels peuvent être leur impacts positifs dans une société aux ressources limitées pour les étudiants en école de commerce.
Ces propositions sont bien sûr non exhaustives et non exclusives.
Afin de lever les éventuelles résistances au changement du corps enseignant concernant l’intégration des enjeux écologiques dans la formation, la première étape est de sensibiliser, informer et impliquer les enseignants, afin qu’ils intègrent la démarche de changement. La sensibilisation peut être réalisée à l’occasion d’événements ponctuels, de séminaires attractifs, de rentrées climat, ou encore de formations.
La sensibilisation des enseignants sera d’autant plus réussie et perçue comme légitime si l’établissement fait preuve d’exemplarité en termes d’engagement environnemental et s’il a une politique de transition écologique forte (ex : réduction de la consommation énergétique, baisse du nombre de déplacements aériens, tri des déchets).
Enfin, si cette sensibilisation ne porte pas ses fruits, une réflexion sur les maquettes pédagogiques pourraient être envisagées pour intégrer les enjeux écologiques dans de nouveaux cadres.
Faciliter le travail des enseignants
Intégrer les enjeux écologiques dans les enseignements nécessite un véritable travail de réflexion sur le contenu des cours et de leurs objectifs, ce qui demande une sollicitation forte de la part des enseignants, en termes de compétences et de connaissances.
Des outils existent pour faciliter le travail des enseignants :
S’appuyer sur des organismes externes pour accompagner à l’adaptation des enseignements (Campus de la Transition, UVED, Enseignants de la Transition, enseignerleclimat.org...).
Aborder les mêmes éléments d’enseignement mais sous un autre angle. Ainsi, cela permet de capitaliser sur l’existant et les connaissances des professeurs, et de réduire l’investissement en temps et en énergie requis pour changer une maquette de cours entière (la maquette pédagogique étant assez rigide, et son changement nécessitant un lourd portage administratif).
Les établissements peuvent également prendre la responsabilité de mettre en place des actions qui permettront une meilleure transition pour les enseignant :
Mise en place de groupes de travail tripartites regroupant des enseignants, des chercheurs, et des étudiants. Des entreprises peuvent être associées à la démarche.
Afin de favoriser l’implication des étudiants, notamment sur la durée, il est primordial que cet engagement soit reconnu (par des crédits ECTS, une compensation...).
Partage des bonnes pratiques pédagogiques en termes d’intégration des enjeux écologiques dans les enseignements, au sein des établissements mais aussi entre eux.
Les écoles et universités peuvent collaborer pour faciliter une intégration globale :
Partager des modules de formation avec d’autres universités ou écoles, afin de mutualiser le travail réalisé sur l’intégration des enjeux écologiques dans la formation. Parfois des synergies existent déjà entre établissements. Dans le cas où des établissements proches sont plutôt en concurrence, ou cherchent à se différencier les uns des autres, il s’agira de mutualiser les modules de formation avec des établissements aux disciplines très différentes : cela pourra permettre d’éviter à la fois l’écueil concurrentiel, mais aussi d’aborder ces enjeux avec un nouveau prisme, enrichissant à la fois pour les étudiants et les enseignants.
Conclusion
Les enjeux écologiques doivent trouver leur place dans la formation afin d’initier et d’appuyer les initiatives allant dans ce sens. Pour permettre cet engagement et
favoriser la mise à l’ordre du jour de ce sujet, les équipes des établissements de l’enseignement supérieur peuvent s’appuyer sur différents éléments :
La compétition entre les établissements, qui va se jouer de plus en plus sur le champ de l’écologie.
Les attentes, souvent fortes, des parties prenantes sur ces sujets. Outre les étudiants et le personnel, certaines entreprises partenaires des établissements, des recruteurs, parlent de plus en plus de RSE et deviennent friands de compétences sur ces sujets. Ainsi, il faut concerter les étudiants et les recruteurs pour mettre en lumière l’importance stratégique de l’intégration des enjeux écologiques dans la formation.
L’intégration dans une démarche bas carbone globale, qui ne doit pas s’arrêter à la réalisation d’un bilan carbone mais qui comprend aussi une stratégie climat, révisée régulièrement.
Les établissements peuvent donc :
Établir un plan d’action pour intégrer les enjeux écologiques dans la formation. Le plan dépendra des ambitions de la direction en termes d’intégration des enjeux écologiques dans la formation, et de la pertinence du degré de cette intégration en fonction du cursus suivi par les étudiants. En effet, des étudiants en langues étrangères ne devront pas nécessairement être formés aux enjeux écologiques de la même manière que des étudiants en cursus d’ingénieur ou d’école de commerce.
Adapter les ressources humaines en fonction de l’ambition de ce plan. Il est possible de dédier officiellement du temps à certaines personnes déjà en poste pour mener à bien ce chantier.
De plus, les établissements de l’enseignement supérieur peuvent s’appuyer sur de nombreuses ressources et réseaux pour mener la transformation de leurs enseignements : associations étudiantes, Shift Project, associations d’alumni...
Sorti en février 2022, il accompagne les opérateurs de l’enseignement supérieur dans la mise en oeuvre opérationnelle de l’intégration des enjeux écologiques dans la formation. De plus, il témoigne de la volonté gouvernementale d’avancer dans ce sens.
Il permet d’accompagner les acteurs de l’enseignement supérieur dans la transition écologique grâce à des outils et pratiques innovants.
Merci aux structures participantes :
Le CROUS de Lyon • L’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Saint-Etienne (ENISE) • L’école Normale Supérieure de Lyon • L’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat (ENTPE) • L’Université de Lyon (UDL) • Université Claude Bernard Lyon 1 • L’Université Jean Monnet de Saint-Etienne • VetAgro Sup
Merci également aux experts ayant participés au programme :
Amélie Deloche de Pour un réveil écologique • Damien Amichaud du Shift Project • Elise Bunel du label DD&RS • Fanny Picard de Meilleur Demain • Hélène Dano d’Ecologeek • Marie Cavaniol de RESES • Pierre Peyretou de l’ESCP • Solène Dailloux et Florent Haffner du Campus de la Transition • Timothée Quellard d’Ekodev
Autre constat tiré de cette même étude, 75% des responsables RSE sont peu ou non impliqués dans les choix liés au déploiement de ces outils. Résultat : des décisions sont prises pour accélérer l'innovation sans toujours considérer leur impact environnemental. Pourtant, l'IA n'est pas immatérielle, elle repose sur des infrastructures énergivores, des data centers et des chaînes d'approvisionnement complexes.
À mesure que ses usages se multiplient, cela peut peser lourd sur votre Bilan carbone® entreprise. Alors, quelle est réellement l'empreinte carbone de l'intelligence artificielle ? Comment la mesurer ? Quels leviers pour la réduire ? Et surtout, comment intégrer cet enjeu dans votre stratégie RSE ?
Dans cet article, nous décortiquons l'empreinte carbone de l'IA.rdres de grandeur, bonnes pratiques, réglementations, et outils pour agir dès maintenant au sein de votre entreprise !
Un enjeu stratégique croissant pour les entreprises : Selon un rapport de l’UNEP, le nombre de data centers est passé de 500 000 en 2012 à 8 millions en 2025, consommant 415 TWh d'électricité en 2024 (ADEME). Pourtant, 97% des entreprises n'ont pas encore pris en compte l'impact environnemental de leur IA (Fondation Thomson Reuters), s'exposant à des risques de non-conformité réglementaire et de contradiction avec leurs objectifs ESG.
Des leviers d'action concrets existent : Optimiser les modèles, choisir des infrastructures sobres, limiter les usages non essentiels (génération d'image/vidéo), privilégier les modèles "frugaux". La sobriété numérique s'applique aussi à l'IA ;
Une obligation de transparence qui se renforce : La CSRD impose désormais de mesurer et déclarer l'impact carbone du numérique, dont l'IA.
Quelle est l'empreinte carbone de l'IA ?
L’impact environnemental des systèmes d'IA
L'empreinte carbone de l'intelligence artificielle regroupe l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre générées tout au long du cycle de vie d'un système d'IA.
Elle se décompose en quatre grands éléments :
L'entraînement des modèles
C'est la phase où le modèle "apprend" à partir de millions (voire milliards) de données.
Cette étape est très énergivore car elle mobilise des milliers de GPU (processeurs graphiques) pendant des jours, voire des semaines.
Plus le modèle est complexe (comme GPT-4, Claude, ou les modèles d'IA générative d'images), plus cette phase consomme d'énergie.
L'inférence et l'usage quotidien
C'est la phase d'utilisation.
Chaque fois qu'un utilisateur pose une question à ChatGPT, génère une image avec Midjourney ou analyse un document avec une IA, le modèle “infère” une réponse.
L’usage quotidien dépasse rapidement l’empreinte initiale de l’entraînement.
Selon une étude publiée en 2024 par l’Association for Computing Machinery (ACM), il faudrait 200 à 600M de requêtes pour que l'énergie dépensée par l’usage soit supérieure à celle utilisée pour l'entraînement, pour des modèles allant de 560M à 7 milliards de paramètres.
Avec plusieurs millions d’utilisateurs par jour, ce seuil peut être franchi en quelques semaines seulement. À titre d’exemple, lors de la conférence OpenAI DevDay en octobre 2025, Sam Altman (fondateur de l’entreprise), revendiquait environ 800M d'utilisateurs quotidiens.
Plus largement, une analyse du modèle BLOOM (176 milliards de paramètres) montre que, sur l’ensemble de son cycle de vie, la phase d’inférence peut représenter entre 70 et 80 % des émissions totales lorsque le modèle est massivement utilisé.
environ 50 % correspond à l’infrastructure nécessaire au fonctionnement des data centers (refroidissement, réseau, serveurs en veille, stockage).
Ces ordres de grandeur rappellent un point essentiel : l’enjeu ne se situe pas seulement dans la conception des modèles, mais aussi dans les arbitrages d’usage au quotidien.
C’est justement ce que rappelait Mujahed Darwaza, Consultant climat et expert numérique chez Carbone 4 lors de notre webinaire IA : mode d’emploi pour les responsables RSE avec Marine Fouquet, CTO et Responsable Climat de WeCount et Guilhem Isaac Georges, VP Sustainability de Contentsquare,
"L'IA est un outil. C'est nous qui décidons ce dont on a envie d'en faire. Il y a des questions critiques à se poser comme “est-ce que le temps que je gagne est significatif ?”; “suis-je conscient des biais et des erreurs potentielles du modèle que j’utilise ?”, “L’impact de l’usage de l’IA est-il inférieur au problème que je cherche à résoudre ?”.”
Le matériel et son cycle de vie
La fabrication des serveurs, GPU, et autres équipements nécessaires à l'IA génère également des émissions. À cela s'ajoute leur fin de vie (recyclage, destruction).
Sources : Analyses Carbone 4, Estimating the Carbon Footprint of BLOOM, S. Lucionin et al., 2023
📝A noter : Notons ici que l’impact de l’IA va bien au-delà du carbone. En effet, pour fonctionner, l’IA nécessite également l’usage de ressources abiotiques (minerais) et de l'eau. Il faut par exemple environ 200 kg de minerais pour fabriquer un simple ordinateur. L’entraînement de GPT-3 (la version en usage jusqu’à mars 2023 du robot conversationnel d’OpenAI) aurait consommé 700 000 litres d’eau dans les centres de données de Microsoft basés aux États-Unis.
Lien entre IA et l'empreinte carbone numérique
L'IA s'inscrit dans un enjeu plus large : l'empreinte carbone du numérique.
En 2024, selon les données partagées par L’ADEME et l’Autorité de Régulation des Communications (ARCEP), le numérique représente déjà environ 4,4% des émissions de GES de la France.
L'IA vient amplifier cet impact :
Elle nécessite plus de puissance de calcul que les usages numériques traditionnels ;
Elle accélère la construction de nouveaux data centers ultra-énergivores (certains peuvent consommer l'équivalent de 2 millions de foyers, selon l'International Energy Agency) ;
Elle pousse à renouveler plus fréquemment le matériel pour suivre les exigences de performance.
Ordres de grandeur : combien émet vraiment l'IA ?
La consommation énergétique de l’IA et sa répartition
Selon une analyse de Carbone 4, plus de 85% des émissions carbone d'une IA générative proviennent de la consommation électrique des data centers, répartie entre :
L'entraînement des modèles : impact ponctuel mais très élevé ;
L'utilisation (inférence) : comme nous l’avons vu précédemment, cela correspond ici à l’impact continu qui s’accentue avec le nombre d'utilisateurs.
☝️ Exemple : L'entraînement initial de GPT-3 aurait généré environ 500 tonnes de CO₂e. Mais une fois le modèle déployé et utilisé par des millions de personnes quotidiennement, l'usage cumulé dépasse très largement l'impact de l'entraînement.
📝A noter : Plus un modèle est adopté, plus son impact bascule vers l'usage quotidien. C'est là que réside l'effet rebond. Chaque nouvelle fonctionnalité IA adoptée par une entreprise multiplie l'impact.
Empreinte carbone de l’IA : comparaison des principaux usages
Pour mieux comprendre l'impact de l'IA, voici quelques ordres de grandeur :
Requête texte (ChatGPT, Claude, etc.) : environ 2 à 15gCO2e ;
Génération d'image (Midjourney, DALL-E, etc.) : environ 100 à 500gCO2e, soit 60 fois plus qu'une requête texte ;
Pour découvrir d’autres données, n’hésitez pas à faire un tour sur le site impactco2.fr
Variabilité selon modèles, localisation, infrastructure
L'empreinte carbone d'une requête IA varie énormément selon :
Le modèle utilisé : On distingue les modèles "légers" (comme GPT-3.5) et les modèles “lourds” (comme GPT-4 ou Claude Opus). Le modèle léger compte quelques millions à quelques centaines de millions de paramètres, avec une architecture simplifiée. La taille du fichier est souvent réduite (quelques Mo à quelques centaines de Mo).
À l’inverse, un modèle lourd comprend plusieurs milliards à plusieurs centaines de milliards de paramètres, avec une architecture complexe et profonde. La taille du fichier est généralement conséquente (plusieurs Go à plusieurs centaines de Go).
Critère
Modèle léger
Modèle lourd
Paramètres
Millions
Milliards
Taille du fichier permettant d’utiliser le modèle
Mo
Go
Performance
Tâches simples/spécifiques
Tâches complexes/variées
Matériel requis
Standard (CPU/GPU modeste)
Puissant (GPU/TPU multiples)
Consommation
Faible
Très élevée
Empreinte carbone
g à kg CO₂e
Tonnes CO₂e
Déploiement
Local (edge, mobile)
Cloud (data centers)
Coût
Faible
Élevé
La localisation des data centers : Un data center alimenté par une électricité bas-carbone (nucléaire, renouvelable) émet beaucoup moins qu'un data center alimenté au charbon ou au gaz.
L'architecture technique : Les modèles hébergés sur des infrastructures optimisées (processeur (CPU) vs carte graphique (GPU), refroidissement efficace, virtualisation) consomment moins que des architectures anciennes ou mal dimensionnées.
✨Notre conseil : Si vous choisissez un fournisseur d'IA, interrogez-le sur la localisation de ses data centers et le mix énergétique utilisé.
Le problème de la transparence : peu de données fiables sur l'impact de l'IA
L'industrie de l'IA reste en 2025 encore très opaque, rendant difficile toute évaluation précise de son impact environnemental.
À part Mistral IA, qui a réalisé la 1ère ACV d’un modèle IA (nous y reviendrons plus bas), aucun autre acteur du marché n’a encore enclenché le pas. Cela pose la question d’une éventuelle réglementation qui viserait à obliger ces dernières à réaliser une ACV. Voici cependant une donnée que l’on voit souvent.
"Une requête ChatGPT = 10 recherches Google".
Voilà un chiffre qui circule partout depuis 2023 et apparaît dans la grande majorité des articles sur l'empreinte carbone de l'IA. Le problème est que, comme le souligne le média Bonpote, il repose sur des bases fragiles.
Une publication scientifique récente a retracé l'origine de cette statistique : elle provient d'une remarque faite à la volée par John Hennessy (président d'Alphabet) lors d'une interview Reuters en 2023, où il estimait qu'une interaction avec une IA "coûtait probablement 10 fois plus" qu'une recherche Google classique.
Trois faiblesses majeures :
John Hennessy n'a aucun lien avec OpenAI ou Microsoft (qui fournit l'infrastructure de ChatGPT) : son commentaire repose sur des informations de seconde main.
Le chiffre de référence de Google date de 2009 (0,3 Wh par recherche)
Aucune donnée vérifiable : les géants de l'IA (OpenAI, Microsoft, Google) ne communiquent quasiment aucune donnée fiable sur la consommation réelle de leurs modèles.
Pourquoi l'empreinte carbone de l'IA devient un enjeu stratégique pour les entreprises ?
Explosion des usages IA dans les organisations
Maintenant, parlons des répercussions concrètes pour les entreprises.
Selon notre dernière étude WeCount menée auprès de plus de 500 professionnels RSE, 63% des entreprises ont déjà déployé des outils d'IA, et seulement 8% affirment ne pas vouloir s'y engager.
Cette adoption massive s'accompagne d'une multiplication des usages :
Génération d'images et de vidéos (marketing, communication) ;
Analyse de données (reporting, aide à la décision) ;
Automatisation de processus (RH, finance, logistique).
Si l’usage de l’IA devient la norme, le cadrage du sujet laisse quant à lui souvent à désirer.
Selon l’étude “IA & RSE : où en sont les organisations en 2026”, 75 % des responsables RSE ne sont pas ou peu impliqués dans les choix liés au déploiement de ces outils. Pire, 64% souhaitent mesurer l'impact carbone de l'IA… Mais ne savent pas comment procéder. Cette difficulté s'explique par le manque de standards méthodologiques et l'opacité des fournisseurs de modèles sur leurs données d'entraînement et d'infrastructure.
Et cela crée un risque majeur : le déploiement d'outils énergivores sans garde-fous environnementaux ou éthiques. Cette mise à l'écart empêche d'intégrer les critères de sobriété dès la conception, reléguant la RSE à un rôle de "pompier" qui doit gérer les impacts a posteriori.
✨Notre conseil : Lors de notre webinaire “IA : mode d’emploi pour les responsables RSE”, nous vous parlions d’ailleurs du cas inspirant de l’entreprise Content Square. Cette dernière a ainsi choisi d’intégrer un disclaimer dans chacune de leur présentation autour de l’IA. Une bonne pratique simple et efficace pour sensibiliser les équipes aux enjeux de l’IA.
Risque réputationnel : greenwashing vs greenhushing
L'IA crée un dilemme de communication pour les entreprises engagées :
Scénario 1 (le greenwashing involontaire) : Une entreprise communique sur ses engagements climat, mais déploie massivement l'IA sans mesurer son impact. Elle peut alors se faire attaquer sur l'incohérence entre son discours RSE et ses pratiques numériques.
Scénario 2 (le greenhushing par peur) : Une entreprise utilise l'IA de manière sobre (par exemple, pour automatiser de la traduction ou du sous-titrage, avec un impact carbone très faible), mais choisit de ne pas en parler par peur d'être critiquée. Dans ce cas, elle se prive d'un levier de transparence et de pédagogie.
✨Notre conseil : Mesurer, documenter, communiquer. Expliquez pourquoi vous utilisez l'IA, pour quels usages, avec quel impact, et quelles mesures de sobriété vous avez mises en place.
La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose aux entreprises de mesurer et déclarer l'impact carbone de leur numérique, dont l'IA.
Concrètement, cela signifie :
Intégrer l'IA dans votre bilan carbone ;
Documenter vos usages et leur impact ;
Expliquer votre stratégie de réduction.
Les entreprises qui ne mesurent pas l'empreinte carbone de leur IA s'exposent à :
Des audits défavorables ;
Une perte de crédibilité auprès des investisseurs ESG ;
Un désavantage concurrentiel face aux entreprises transparentes.
Coûts énergétiques et performance opérationnelle
Au-delà de l'impact climatique, l'IA a un coût énergétique qui pèse directement sur la rentabilité :
Factures en hausse : Plus vous utilisez l'IA, plus vos coûts d'infrastructure augmentent. Par ailleurs, les grandes plateformes d'IA (OpenAI, Google, Microsoft) facturent à l'usage. Une utilisation non maîtrisée peut faire exploser les budgets ;
Effet rebond : Le gain de productivité promis par l'IA peut être annulé par une surconsommation d'usages non essentiels.
✨Notre conseil : Avant de déployer une IA, challengez le besoin réel. Est-ce vraiment nécessaire ? Une automatisation classique ne suffirait-elle pas ? Ensuite, posez des questions à votre DSI ou aux personnes qui travaillent sur les sujets de déploiement. Ils vous aideront à choisir un modèle et une architecture optimisée.
Comment réduire l’empreinte carbone de l’IA ?
Sobriété numérique et IA : 8 bonnes pratiques à retenir
Pour réduire l'empreinte carbone liée à l’usage de l’IA au sein de votre entreprise, notre équipe a compilé 8 pistes alliant sobriété à la source et sobriété d’usage, mesure et gouvernance technique, réallocation du temps humain :
Questionner l'utilité réelle : Avant tout déploiement, demandez-vous si l'IA est strictement nécessaire ou si le besoin peut être résolu par une automatisation classique ou une interaction humaine.
Être radical sur les usages non essentiels : Découragez fortement la génération d'images et de vidéos pour les équipes dont ce n'est pas le cœur de métier, car leur coût énergétique est 100 à 10 000 fois supérieur à celui d'une requête de texte. Mettez leur par exemple une banque d'images et de vidéos à disposition.
Mettre en place des garde-fous : Intégrez des "disclaimers" dans les outils pour sensibiliser les collaborateurs au coût carbone de chaque requête au moment où ils l'utilisent.
C’est par exemple ce que fait Contentsquare (comme nous l’évoquions plus haut) avec son AI Disclaimer intégré à chaque présentation interne pour donner des ordres de grandeur concrets sur les impacts de l’IA, par exemple en comparant la consommation électrique de certains data centers à celle de millions de foyers. Cette action a suscité une prise de conscience collective et des collaborateurs ont ainsi pris l’initiative de développer un agent interne Dust “Small AI Tasks”, basé sur Gemini Flash Lite, conçu pour répondre aux petites requêtes du quotidien avec une consommation énergétique minimale. Il fait aujourd’hui partie des outils les plus utilisés en interne.
Utiliser des calculateurs tiers : Recourez à des outils comme EcoLogits ou Vittascience pour estimer l'impact carbone et privilégier les modèles dits "frugaux". Vous pouvez également utiliser le site comparia.beta.gouv qui permet de découvrir en direct l’impact environnemental de vos discussions selon le modèle d’IA utilisé.
Évaluer le ROI environnemental : Ne mesurez pas seulement le gain de temps, comparez-le systématiquement à l'impact carbone généré, en restant vigilant à l’effet rebond.
Optimiser l'architecture : Dialoguez avec les équipes techniques pour choisir des modèles paramétrables et des centres de données situés dans des pays avec un mix électrique bas-carbone (comme la France par exemple).
Préserver l'autonomie intellectuelle : Assurez-vous que l'entreprise ne devienne pas dépendante d'une "boîte noire". Il est impératif de garder la main sur la méthodologie et de pouvoir effectuer les tâches sans IA si nécessaire pour éviter toute perte de compétence.
Automatiser pour libérer : Utilisez l'IA pour les tâches chronophages à faible valeur ajoutée (collecte de données, pré-rédaction de rapports, notes de réunions, etc) afin de réinvestir le temps gagné dans la conduite du changement et la stratégie, là où l'intelligence humaine est irremplaçable.
L’objectif à terme, c’est d’inverser cette pyramide et d’avoir ainsi plus de temps pour le déploiement de votre plan d’actions.
Côté collecte et reporting, vous garderez une expertise et vos travaux seront également plus fiables et solides pour construire votre plan de transition. Il s’agit donc de vous permettre d’avoir plus de temps sur le terrain avec les équipes, et moins dans les bureaux en train de faire du reporting.
C’est d’ailleurs également vrai pour vos parties prenantes : vous pourrez moins les solliciter pour de la collecte de données ou du reporting mais la mise en oeuvre d’actions concrètes et de collaboration
4 étapes pour cadrer un projet IA de manière responsable
Voici la méthode en 4 étapes recommandée par WeCount pour auditer tout nouveau projet IA avant son déploiement :
Étape 1 : Challenger le besoin (Sobriété à la source)
Avant de parler technologie, questionnez l'utilité réelle du projet.
Questions clés à poser :
A-t-on vraiment besoin d'IA générative pour répondre à ce besoin ?
Une automatisation classique ne suffirait-elle pas ?
Le gain attendu justifie-t-il l'impact carbone ?
L'IA ne doit être déployée que si elle est strictement nécessaire. Beaucoup de besoins peuvent être résolus par des solutions plus sobres (automatisation simple, FAQ documentée, processus optimisé).
Étape 2 : Viser la juste mesure (Sobriété d'usage)
Si l'IA est justifiée, construisez des architectures hybrides où l'IA n'est sollicitée que pour les tâches complexes, et non par défaut pour l'intégralité du processus.
Exemples d'architectures hybrides :
Utiliser une recherche classique pour les requêtes simples, et l'IA uniquement pour les cas complexes ;
Limiter l'IA générative aux étapes où elle apporte une vraie valeur ajoutée ;
Combiner automatisation classique + IA ponctuelle.
Étape 3 : Évaluer le ROI environnemental
Ne regardez pas uniquement le gain de temps ou de productivité. Comparez-le à l'impact carbone, sans oublier les risques d'effets rebonds.
Comment évaluer le ROI environnemental ?
Utilisez des calculateurs tiers comme EcoLogits ou Vittascience pour estimer l'impact ;
Comparez le coût carbone à l'alternative (faire la tâche manuellement, utiliser un outil classique) ;
Évaluez le risque d'effet rebond : le temps gagné sera-t-il réinvesti utilement ou générera-t-il de nouveaux usages énergivores ?
Sortez du flou. Mesurez avant de déployer, même avec des ordres de grandeur.
Étape 4 : Optimiser l'architecture (Dialogue avec la DSI)
Si le projet est validé, il doit être éco-conçu. Interrogez vos équipes techniques sur les choix d'architecture et de modèles.
Questions à poser à votre DSI ou aux personnes en charge du déploiement :
À quel point a-t-on la main sur les modèles ?
Où les capacités sont-elles allouées (pays et mix électrique) ?
Les modèles sont-ils paramétrables ?
De quelle performance avons-nous réellement besoin ?
Quelle est l'évaluation du coût de l'entraînement ?
Peut-on utiliser des modèles plus légers (quantization, pruning) ?
Challenger les choix techniques pour s'assurer que l'architecture est la plus sobre possible tout en répondant au besoin.
Cette méthode en 4 étapes permet aux responsables RSE de reprendre la main sur les projets IA et de s'assurer qu'ils sont alignés avec la stratégie climat de l'entreprise. Ne subissez plus l'IA, pilotez-la !
Où intégrer l’IA dans un bilan carbone ?
La majorité des entreprises utilisent des solutions IA via des services cloud (OpenAI, Microsoft, Google, etc.). Dans ce cas, c’est le scope 3 qui entre en jeu puisque les émissions associées relèvent des “achats de services” ou des “services numériques externalisés”.
Si l’entreprise exploite ses propres infrastructures, cela rentre alors plutôt dans le scope 2, dans la partie “consommation électrique des serveurs internes” ou dans des cas plus rares au scope 1 en lien avec les “émissions directes liées à l’énergie si des installations spécifiques sont opérées”.
Le véritable enjeu n’est pas le classement technique dans un scope, mais la capacité à :
Identifier ces émissions ;
Documenter les hypothèses de calcul ;
Les intégrer dans une trajectoire de réduction des émissions.
Qu’entend-on par IA responsable et quels enjeux ?
Nous l’avons vu, l'IA n'est pas écologique pour une raison simple : chaque requête, chaque entraînement de modèle, chaque génération d'image mobilise des infrastructures énergivores qui consomment électricité, eau et métaux rares à grande échelle.
Heureusement, il est possible de tendre vers un modèle plus sobre. Explications.
Zoom sur la notion d'IA responsable
L'IA responsable ne se limite pas à l'éthique ou à la transparence algorithmique. Elle intègre aussi la sobriété environnementale.
Une IA responsable, c'est :
Une IA utile : elle répond à un besoin réel, pas à un effet de mode ;
Une IA sobre : elle utilise le modèle le plus léger possible pour le besoin ;
Une IA transparente : l'entreprise mesure et communique son impact ;
Une IA durable : elle s'inscrit dans une stratégie climat à long terme.
Rôle des éditeurs, hyperscalers et entreprises
La responsabilité est partagée.
Les éditeurs d'IA (OpenAI, Google, Anthropic, etc.) doivent :
Optimiser leurs infrastructures ;
Proposer des modèles sobres en option ;
Publier l'empreinte carbone de leurs modèles (Mistral AI l’a fait comme vous pouvez le voir sur le visuel ainsi que l’étude réalisée avec Carbone 4).
Les hyperscalers (Microsoft, AWS, Google Cloud), donc les datacenters à grande échelle spécialisés dans la fourniture de grandes quantités de puissance de calcul et de capacité de stockage aux organisations et aux individus du monde entier, doivent :
Utiliser des énergies renouvelables ;
Optimiser le refroidissement et la consommation ;
Offrir de la transparence sur le mix énergétique.
Nous l’avons évoqué dans une partie précédente, pour tendre vers une IA plus durable, les entreprises utilisatrices doivent :
Adopter une stratégie de "Sobriété à la source" ;
Intégrer une gouvernance RSE dès la conception :
Pratiquer la "Sobriété d'usage" au quotidien ;
Responsabiliser et Mesurer l'impact ;
Inverser la pyramide du temps humain.
Vers des standards et référentiels
Plusieurs initiatives émergent pour standardiser la mesure de l'empreinte carbone de l'IA :
ISO 14001 : Intégration progressive de l'IA dans les normes environnementales
Calculateurs tiers : EcoLogits, Vittascience, Carbon Tracker, etc.
AI Act européen : Impose des obligations de transparence sur l'impact environnemental des IA à haut risque
Ce que dit la réglementation au sujet de l’empreinte carbone IA
La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) n’impose pas explicitement de publier “l’empreinte carbone de l’IA” en tant que telle. En revanche, elle oblige les entreprises soumises à déclarer l’ensemble de leurs émissions significatives de gaz à effet de serre, dans le cadre des normes ESRS, notamment ESRS E1 (liée changement climatique).
Or, les usages numériques, y compris l’IA, entrent pleinement dans ce périmètre lorsqu’ils représentent un poste d’émission matériel. Concrètement, cela signifie que :
Les émissions liées aux services cloud et aux outils IA utilisés par l’entreprise doivent être intégrées dans le bilan carbone (généralement en scope 3) ;
Si l’entreprise développe ou héberge ses propres modèles, les consommations électriques associées relèvent des scopes 1 et 2 ;
Dans une logique de double matérialité, l’entreprise doit évaluer si ses usages numériques constituent un enjeu matériel du point de vue climat.
L’IA ne fait donc pas l’objet d’une obligation spécifique. L’analyse de son impact doit en revanche être intégrée dans le reporting lié à la CSRD.
Comment WeCount peut vous aider dans la mesure de votre empreinte carbone IA ?
Chez WeCount, nous accompagnons les entreprises dans la mesure et la réduction de leur empreinte carbone, y compris celle liée à l'IA.
Notre approche combine :
Le programme Promotion Climat : cet accompagnement se déroule sur 4 mois et combine accompagnement individuel par un expert, formation des équipes et ateliers collectifs réunissant plusieurs entreprises. Ce format permet de structurer la démarche en interne en définissant une trajectoire de réduction crédible et ambitieuse, tout en bénéficiant des retours d’expérience et de la dynamique d’un groupe confronté aux mêmes enjeux.
Une plateforme de reporting carbone intuitive : cette dernière vous permet de faire gagner du temps à vos équipes RSE dans la collecte de données et le reporting, le passage à l’action et le pilotage de votre stratégie climat. La plateforme dispose par exemple de modules de recommandation automatique des facteurs d’émission selon les données importées, de complétion automatique des données CSRD/VSME via vos documents (ex : DPEF) mais aussi et surtout de suggestions d’actions de réduction adaptées à vos enjeux.
Quelle est l'empreinte carbone de l'intelligence artificielle ?
L'empreinte carbone de l'IA regroupe les émissions générées tout au long de son cycle de vie : entraînement des modèles, usage quotidien (inférence), consommation des data centers et fabrication du matériel. Selon une étude Carbone 4, plus de 85% des émissions proviennent de la consommation électrique des data centers.
Quelle est l'empreinte carbone de ChatGPT ?
Selon le site de la Délégation Régionale Académique au Numérique Éducatif, une requête d’environ 400 tokens sur ChatGPT / GPT-4o mini (modèle à 35 milliards de paramètres) consomme environ 2 Wh d’électricité (ou 2 g de CO2 rejeté), soit plus de 6 fois la consommation d’une recherche Google classique estimée à 0,3 Wh. Pour ce qui est de l’impact global de l’outil ChatGPT, aucun rapport n’a été publié à ce jour par l’entreprise.
Comment intégrer l'IA dans un bilan carbone entreprise ?
Plusieurs pistes. Il est possible de cartographier et quantifier les usages de l'IA par typologie et par équipe. Ensuite, pour chaque usage, l’enjeu est d’indiquer le type de modèle utilisé et la localisation des serveurs où le modèle tourne. Enfin, il s’agit d’associer à chaque usage identifié un facteur d'émission.
Quels leviers pour réduire l'impact carbone de l'IA ?
Quelques exemples de bonnes pratiques pour réduire l'empreinte carbone de vos projets IA : questionnez l'utilité de l'IA avant tout déploiement, limitez les usages non essentiels (images/vidéos), mesurez le ROI environnemental, utilisez un doc disclaimer en interne, optimisez l'architecture technique (modèles frugaux, data centers bas-carbone).
L'IA est-elle compatible avec une stratégie climat ambitieuse ?
Si l'IA s'impose massivement, la fonction RSE reste encore trop souvent spectatrice : 75 % des responsables ne sont pas impliqués ou peu consultés dans les choix (étude WeCount). Pourtant, sans leur expertise, l'entreprise risque la « boîte noire » environnementale et l'effet rebond. Votre rôle est de transformer cette contrainte technologique en levier de transition.
Consommation d’eau de l’IA, un impact méconnu ?
Selon une étude de Cell Press, l'empreinte hydrique des systèmes d'intelligence artificielle pourrait représenter entre 312,5 et 764,6 milliards de litres d'eau pour l'année 2025. C’est plus que la consommation mondiale annuelle d’eau en bouteille. Un poids considérable qui souligne l’importance de la prise en compte de l’ensemble des impacts de l’IA sur la planète.
Quelle est l’empreinte carbone d’une image générée par IA ?
Selon une récente étude, elle serait d’environ 100 à 500gCO2e, soit 60 fois plus qu'une requête texte.
Ce chiffre reste un minimum : la publication n’étant pas systématique, le nombre réel d’organisations engagées est probablement plus élevé.
La fiabilité d’un bilan carbone repose toutefois sur un élément déterminant : la qualité des facteurs d’émission utilisés. Ce sont eux qui permettent de convertir des données d’activité (kWh, kilomètres, euros, tonnes…) en émissions de gaz à effet de serre. Des facteurs imprécis, obsolètes ou mal adaptés peuvent conduire à des résultats biaisés et à des décisions mal orientées.
C’est précisément pour répondre à ce besoin que la Base Empreinte® s’est imposée comme la base de données de référence en France pour le calcul des émissions de gaz à effet de serre. Alors que contient-elle réellement ? À quoi sert-elle concrètement ? Comment l’utiliser dans un bilan carbone ou un reporting climat ? Et quelles sont ses limites ? On vous partage tous nos conseils.
A retenir
Une base de données officielle de référence : La Base Empreinte® (fusion Base Carbone® + Base Impacts®) regroupe plus de 3 000 facteurs d'émission gratuits, fournis par l'ADEME. Elle repose sur 6 principes : multi-réglementaire, vision élargie, consistance, transparence, ouverture et gouvernance partagée.
Un levier stratégique pour les entreprises : Elle constitue un référentiel sur lequel s’appuyer pour sécuriser ses démarches climat (réalisation d’un BEGES, reporting CSRD), fiabiliser son Bilan Carbone, piloter sa décarbonation, renforcer sa crédibilité et accéder à certains dispositifs de financements.
Un fonctionnement simple et pratique : Les facteurs d'émission convertissent des données d'activité (kWh, km, kg) en émissions CO₂ équivalent. Deux types : facteurs basés sur des données physiques (précis) et monétaires (dernier recours). Organisation par catégories d’émissions (énergie, transport, achats…) avec fiches techniques détaillées (méthodologie, sources, niveau d’incertitude).
Des limites à compenser : Facteurs génériques (moyennes nationales), incertitudes variables, données parfois datées ou manquantes. À compléter avec d'autres bases sectorielles (INIES, Agribalyse, Ecoinvent) pour plus de précision.
Des bonnes pratiques indispensables : Choisir les facteurs les plus spécifiques, mettre à jour régulièrement, analyser les incertitudes, comprendre la méthodologie et utiliser des plateformes intégrées pour automatiser l'accès et garantir la traçabilité.
Qu’est-ce que la Base Empreinte® ?
Une fusion entre la Base Carbone® et la Base Impact®
La Base Empreinte® est une base de données publique française qui regroupe des facteurs d'émissions et des jeux de données d'inventaire nécessaires à l'évaluation de l'empreinte carbone de produits, services et activités. Cette base regroupe les données de deux bases existantes : la Base Carbone® et la Base Impact®.
Voilà un aperçu de la page d'accueil de la base Empreinte®
L’objectif de la Base Empreinte®
L'objectif de cette base gérée et mise à disposition par l’ADEME est simple : démocratiser l'accès à des données environnementales fiables et officielles pour permettre à tous les acteurs, entreprises, collectivités, associations, bureaux d'études de mesurer leur impact environnemental de manière rigoureuse et harmonisée.
La plateforme qui référence les facteurs d’émission
Les facteurs d’émission permettent de convertir directement des données d’activité (kWh consommés, kilomètres parcourus, tonnes de matériaux, euros dépensés…) en émissions de CO₂ équivalent (CO₂e).
Mise à disposition par l’ADEME, cette base est un référentiel national pour les entreprises, collectivités, bureaux d’études et consultants, garantissant cohérence méthodologique et socle commun de données dans les démarches de comptabilité carbone.
Un référentiel ouvert et accessible
Concrètement, la Base Empreinte® fonctionne comme un référentiel ouvert et accessible où chaque facteur d'émission est documenté avec précision. Pour chaque élément, plusieurs données sont partagées :
La méthodologie de calcul utilisée ;
Les sources et la documentation technique ;
La valeur du facteur d'émission (exprimée en kg CO2 équivalent).
Le niveau d'incertitude associé (chaque mesure scientifique est accompagnée d’une part d’incertitude. Il s’agit d’en tenir compte et d’essayer de cerner à quel point on est potentiellement éloigné de la réalité ou non);
☝️Exemple : si vous recherchez "raquette de tennis", la base fournit un facteur d'émission moyen de 20,22 kg CO2e/unité. Au-delà de cette info, vous trouverez également une panoplie d’éléments concernant la méthodologie utilisée pour parvenir à ce résultat. Cela vous permet ainsi de comprendre cette donnée et de l'utiliser correctement dans vos calculs.
L'interface permet de télécharger l'ensemble des données en format Excel ou de consulter directement en ligne les fiches détaillées de chaque facteur d'émission, avec accès à la documentation complète expliquant les périmètres et hypothèses de calcul.
📝A noter : vous pouvez également télécharger directement toutes les données référencées sur la Base Empreinte®. Cela peut être pratique notamment si vous voulez intégrer les informations directement dans vos outils ou fichiers.
Les 6 grands principes de la Base Empreinte®
La Base Empreinte® repose sur 6 grands principes qui garantissent sa fiabilité, sa transparence et son accessibilité :
Multi-réglementaire : La Base Empreinte® s’inscrit dans le cadre des réglementations françaises liées à la comptabilité carbone, notamment le BEGES (article L229-25 du Code de l’environnement) et l’information CO₂ dans le secteur du transport (article L1431-3). Sans être obligatoire, elle constitue le référentiel de données recommandé par l’ADEME pour réaliser des calculs d’émissions cohérents et transparents
Vision élargie : La Base Empreinte® met à disposition deux types de données. Elle propose des facteurs d’émission GES, correspondant à un jeu de données monocritère dédié au calcul de l’empreinte carbone, ainsi que des jeux de données multicritères couvrant d’autres impacts environnementaux (épuisement des ressources, acidification, eutrophisation, pollution de l’air ou de l’eau, etc.). Ces données permettent d’élargir l’analyse au-delà du seul climat. Elles peuvent être utilisées comme données d’entrée dans des démarches d’Analyse de Cycle de Vie (ACV), mais la Base Empreinte® ne constitue pas en elle-même un outil permettant de réaliser une ACV complète conforme aux normes ISO 14040 et 14044.
Consistance : Tous les facteurs d'émission sont calculés selon une méthodologie uniforme et cohérente. Cela permet ainsi de garantir la comparabilité des données entre secteurs et produits. Cette harmonisation évite les biais méthodologiques et assure la fiabilité des bilans carbone.
Transparence : Chaque donnée de la Base Empreinte® est sourcée (études, bases de données internationales, déclarations sectorielles), documentée (méthodologie de calcul, périmètre, hypothèses et incertitudes clairement explicités) et surtout mise à jour aussi régulièrement que possible. Cette exigence de transparence permet aux utilisateurs (par exemple les consultants WeCount) de comprendre et justifier les données utilisées dans leurs calculs.
Ouverture : La Base Empreinte® est conçue dans une logique d'accessibilité. Autrement dit ? La consultation de la base est 100% gratuite. Tout est accessible via la plateforme en ligne de l'ADEME. La contribution est par ailleurs ouverte. Cela veut dire que les acteurs économiques et institutionnels peuvent proposer de nouveaux facteurs d'émission. La base est ainsi co-construite et enrichie grâce à l’aide de tous. Une façon simple de démocratiser le bilan carbone et l'appropriation collective des enjeux climatiques. Et forcément, chez WeCount on valide !
Gouvernance partagée : La Base Empreinte® est gérée de manière collaborative entre L'ADEME (qui pilote et administre la base), les comités techniques sectoriels (composés d'experts métiers qui valident et affinent les données par filière) et le comité "Utilisateurs et Contributeurs”. Ce dernier rassemble les utilisateurs de la base pour recueillir leurs retours, besoins et suggestions d'amélioration. Cette gouvernance garantit que la base reste pertinente, à jour et adaptée aux réalités terrain des entreprises et organisations.
Quels sont les modes d’accès à la Base Empreinte® ?
La Base Empreinte® est accessible via deux supports :
Accès public en ligne (gratuit) : La plateforme web officielle de l'ADEME permet de consulter gratuitement l'ensemble des facteurs d'émission après création d'un compte. C'est l'accès le plus simple et direct pour rechercher des données ponctuellement.
API pour un accès automatisé (gratuit) : L'API de la Base Empreinte® est disponible sur le portail open data de l'ADEME. Elle permet d'interroger automatiquement les données et de les intégrer dans des outils tiers (logiciels de calcul carbone, plateformes de reporting). Cela évite la duplication manuelle des données et garantit une mise à jour en temps réel.
Quelles ressources pour exploiter au mieux la Base Empreinte® ?
Documentation technique (gratuite) : Accessible en ligne avec un compte, la documentation détaille la méthodologie de construction de chaque facteur d'émission. Indispensable pour comprendre les hypothèses, les sources, les périmètres couverts et les limites de chaque donnée. Chaque facteur et chaque famille de facteurs dispose de sa propre fiche explicative.
Modèle Excel (gratuit) : Disponible via l'achat d'une licence lors d'une formation Bilan Carbone, ce tableur Excel intègre directement la Base Empreinte® dans ses onglets de calcul. Longtemps utilisé comme outil principal pour réaliser les bilans carbone, il reste apprécié pour sa flexibilité et son fonctionnement hors ligne.
💡Bon à savoir : Pour un usage ponctuel, la consultation en ligne peut suffire. En revanche, pour des calculs récurrents ou un pilotage dans la durée, l’intégration via API ou l’utilisation d’une plateforme carbone permet d’automatiser les mises à jour et de fiabiliser les données. C’est notamment le cas de la plateforme WeCount, qui s’appuie sur l’API de la Base Empreinte® pour garantir l’accès à des facteurs d’émission à jour et assurer leur traçabilité dans le temps.
Quels cas d’usage pour la Base Empreinte® ?
La Base Empreinte® étant très généraliste, elle est utilisée dans de nombreux cas d’usage liés à la mesure et au pilotage des émissions :
Analyses préliminaires d’ACV simplifiées via le Bilan Produit® ;
Réalisation de bilans carbone d’entreprise ;
Production d’indicateurs d’émissions pour vos reportings règlementaires (CSRD, GHG Protocol, BEGES, Bilan Carbone®, SBTi, CDP...) ;
Aide à la décision pour les stratégies de réduction.
C’est un socle transversal pour l’ensemble des démarches climat en France. Elle est donc particulièrement utile aux entreprises, aux organisations et aux collectivités territoriales.
📝A noter : Dans la pratique, l’utilisation de la Base Empreinte® nécessite de comprendre les hypothèses méthodologiques et de sélectionner les facteurs d’émission les plus pertinents.
Chez WeCount, nous accompagnons les entreprises pour structurer leur bilan carbone entreprise, maîtriser l’utilisation de la Base Empreinte® et monter en compétences en interne. Notre approche repose sur un programme collectif de 4 mois, combinant plateforme carbone, accompagnement expert et formation, afin de vous rendre autonome et capable de piloter votre stratégie climat dans la durée.
Peut-on réaliser une ACV complète avec la Base Empreinte® ?
Pour rappel, une Analyse de Cycle de Vie (ACV) évalue les impacts environnementaux d’un produit ou service sur l’ensemble de son cycle de vie (matières premières, fabrication, transport, usage et fin de vie) et selon plusieurs indicateurs.
La Base Empreinte® permet de réaliser des évaluations environnementales simplifiées, mais elle ne constitue pas un outil pour mener une Analyse de Cycle de Vie (ACV) complète conforme aux normes ISO 14040 et 14044 ou destinée à un affichage environnemental réglementaire.
Les outils associés de l’ADEME, comme Bilan Produit®, ont avant tout un objectif pédagogique : ils permettent d’estimer des ordres de grandeur, d’identifier les principaux postes d’impact et d’initier une démarche d’éco-conception.
Les résultats reposent sur les principes de l’ACV (approche cycle de vie et multicritère), mais les données restent génériques et limitées à certains secteurs. La réalisation d’une ACV complète nécessite l’utilisation d’un logiciel spécialisé et une expertise dédiée.
Quels sont les avantages de la Base Empreinte® ?
La Base Empreinte® présente cinq atouts majeurs :
Référence officielle : Elle est reconnue par les institutions françaises ;
Cohérence nationale : Elle permet de comparer les résultats entre acteurs ;
Large couverture sectorielle : De nombreux secteurs et activités sont couverts ;
Accessibilité : Elle est facilement accessible pour les entreprises et consultants ;
Crédibilité : Elle renforce la robustesse méthodologique des démarches climat.
Quelles sont les limites de la Base Empreinte® ?
Malgré ses qualités, la Base Empreinte® a aussi certaines limites :
Facteurs génériques : De nombreux facteurs sont des moyennes nationales ou sectorielles. Pour une analyse internationale ou des données spécifiques, il faudra ainsi compléter avec d’autres bases et ressources (par exemple : Ecoinvent, Agribalyse, INIES…)
Incertitudes : Nous l’avons vu plus haut, tous les facteurs ne présentent pas le même niveau de précision. Privilégiez ceux étant classés les plus fiables.
Données parfois datées : Certains facteurs ne reflètent pas les évolutions récentes.
Données parfois manquantes : Chaque facteur d'émission provient d'une Analyse de Cycle de Vie (uniquement carbone dans certains cas), un processus long et coûteux. C'est la raison pour laquelle la base propose souvent des moyennes plutôt que des valeurs ultra-précises pour chaque produit de chaque marque. Par exemple, vous trouverez un facteur pour "raquette de tennis moyenne", mais pas pour "raquette de tennis Marque Y modèle X".
Risque de sur-simplification : Utiliser uniquement des facteurs génériques peut masquer des écarts importants. Il peut être nécessaire d’analyser les choses plus en détail.
Pourquoi la Base Empreinte® est-elle utile aux entreprises ?
La Base Empreinte® n'est pas qu'un simple référentiel de données. C'est un outil stratégique indispensable pour toute entreprise engagée dans une démarche environnementale. Elle est devenue incontournable pour plusieurs raisons :
Répondre aux obligations réglementaires
De nombreuses réglementations françaises et européennes imposent aux entreprises de mesurer et déclarer leur impact carbone. Voici un petit rappel :
Le Bilan BEGES Règlementaire (article L229-25 du Code de l'Environnement) : réaliser un bilan carbone est obligatoire pour certaines organisations (notamment les entreprises de plus de 500 salariés,250 en Outre-mer, aux collectivités de plus de 50 000 habitants ou aux établissements publics de grandes tailles ).
La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) : c’est un reporting extra-financier obligatoire pour les entreprises dépassant 1000 salariés et 450 M€ de CA (suite à l’adoption de la loi Omnibus en décembre 2025)
L'affichage environnemental : ce dispositif impulsé par la loi Agec de 2020 et la loi Climat et Résilience de 2021 impose peu à peu aux entreprises de certaines filières (textile, l’agroalimentaire et l’hôtellerie) d’informer les consommateurs sur l'impact des produits et services tout au long de son cycle de vie, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie. En pratique, cela se traduit par un score, une étiquette ou un pictogramme apposé sur le produit ou sur sa fiche en ligne.
La loi Climat et Résilience : qui encadre les communications sur les engagements environnementaux.
La Base Empreinte® fournit les données officielles reconnues par les autorités françaises pour réaliser ces déclarations en toute conformité.
Fiabiliser son Bilan Carbone
Réaliser un Bilan Carbone précis nécessite d’avoir accès à des facteurs d'émission fiables et à jour. La Base Empreinte® permet d’accéder à plus de 3 000 facteurs d'émission couvrant l'énergie, les transports, les matériaux, l'alimentation, les services, etc.
Ces derniers sont calculés à partir de données validées scientifiquement par l'ADEME et des comités d'experts sectoriels. En s'appuyant sur cette base, les entreprises évitent les approximations et disposent d'un référentiel commun pour comparer leurs performances dans le temps et face à leurs pairs.
💡Bon à savoir : Chez WeCount, notre plateforme carbone intègre la Base Empreinte® et permet d’accéder directement à des facteurs d’émission à jour, avec leur traçabilité méthodologique. Elle vous aide à centraliser vos données, fiabiliser vos calculs, piloter votre bilan carbone dans la durée et structurer votre stratégie climat et votre reporting CSRD.
C'est un véritable tableau de bord stratégique pour piloter sa transition bas-carbone de manière éclairée.
Gagner en crédibilité et éviter le greenwashing
À l'heure où les consommateurs, investisseurs et régulateurs scrutent les engagements environnementaux des entreprises, la transparence est essentielle.
Utiliser la Base Empreinte®, c'est s'appuyer sur des données officielles, sourcées et auditables. Cela renforce la crédibilité de la démarche vis-à-vis des parties prenantes de l’entreprise (clients, investisseurs, salariés, etc).
Anticiper les exigences de la chaîne de valeur
Les grandes entreprises demandent de plus en plus à leurs fournisseurs de mesurer et réduire leur empreinte carbone. Cette pression se diffuse progressivement dans l’ensemble de la chaîne de valeur.
Dans ce contexte, de nombreuses PME sont amenées à produire des données environnementales structurées, notamment dans le cadre du standard volontaire VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for SMEs), conçu pour répondre aux demandes de leurs clients et partenaires.
S’appuyer sur la Base Empreinte® permet de produire des calculs cohérents et transparents, facilitant la réponse à ces sollicitations et sécurisant l’accès aux marchés.
Accéder à des financements et aides publiques
De nombreux dispositifs de financement publics ou privés soutiennent les entreprises engagées dans la transition bas-carbone (Diag Décarbon’Action, aides de l’ADEME, financements de Bpifrance, prêts ou crédits à impact, etc.).
Dans ce contexte, disposer d’un bilan carbone structuré et documenté constitue souvent un prérequis ou un élément clé d’instruction des dossiers. S’appuyer sur la Base Empreinte® permet de produire des calculs transparents et cohérents, renforçant la crédibilité de votre démarche auprès des financeurs.
La Base Empreinte® est bien plus qu'une base de données. C'est un levier stratégique qui permet aux entreprises de se conformer à la réglementation, de piloter leur décarbonation, de renforcer leur crédibilité et d'accéder à de nouvelles opportunités commerciales et financières. Ne pas l'utiliser, c'est prendre le risque de se retrouver en décalage avec les attentes du marché et de la réglementation.
Quelles alternatives et compléments à la Base Empreinte® ?
Selon les besoins, sachez qu’il existe une quinzaine d’autres bases de données spécialisées qui complètent l'écosystème français et international. Aperçu de quelque unes d’entre elles :
Base INIES : données environnementales et sanitaires dans le bâtiment
Agribalyse : données environnementale sur des produits agricoles et alimentaires
Ces bases sectorielles offrent généralement une granularité plus fine que la Base Empreinte sur leur domaine de spécialité. Par exemple, Agribalyse propose des facteurs d'émission très détaillés pour différents types de yaourts, selon les modes de production agricole, etc.
💡Bon à savoir :La plupart des plateformes professionnelles de comptabilité carbone, comme WeCount, intègrent automatiquement ces différentes bases, permettant aux utilisateurs d'accéder à l'ensemble de ces ressources depuis une interface unique
Comment fonctionne la Base Empreinte® ?
La Base Empreinte® met à disposition des jeux de données permettant de convertir des données d’activité (kWh, kilomètres, tonnes, euros…) en émissions de gaz à effet de serre ou en indicateurs environnementaux.
Son utilisation repose sur deux étapes clés : rechercher la donnée adaptée, puis en comprendre les caractéristiques et les limites.
Rechercher une donnée
La recherche dans la Base Empreinte® peut se faire de plusieurs manières :
Par mots-clés : pour trouver rapidement un facteur d’émission (ex. : "raquette de tennis", "transport frigorifique de marchandises", "réseau de chaleur"...).
Par catégorie : cette navigation s'appuie sur une structure alignée avec la méthodologie réglementaire BEGES (version 5). Les jeux de données sont ainsi regroupés en six grandes catégories d’émissions (émissions directes de GES, liées à l'énergie, au transport, aux produits achetés, aux produits vendus et autres émissions indirectes.)
Par filtre réglementaire : pour certains usages spécifiques (par exemple l’information GES transport).
Cette organisation permet d’identifier progressivement la donnée la plus proche de votre activité ou de votre produit.
Comprendre le contenu d’une fiche
Chaque résultat correspond à un jeu de données documenté.
Une fiche fournit plusieurs informations essentielles :
L’unité (kg CO₂e par kWh, par km, par unité, etc.) ;
La zone géographique de représentativité ;
La source et le fournisseur de la donnée ;
La version et la date de validité ;
Le niveau d’incertitude ;
Le statut de validation.
Depuis 2025, trois statuts principaux existent :
Valide générique : validé par l'ADEME, applicable à un large périmètre ;
Valide spécifique : validé par l'ADEME pour un cas ou secteur particulier ;
En discussion : proposé par un contributeur, en cours de révision par l'ADEME ;
Refusé : facteur non validé par l'ADEME ;
Archivé : ancien facteur obsolète.
💡Bon à savoir : Le niveau d’incertitude indiqué sur chaque fiche permet d’évaluer la robustesse du facteur. Il est recommandé de privilégier les données validées et les plus représentatives de votre contexte.
Flux GES : décomposition des émissions par étape du cycle de vie (lorsqu’elle existe) ;
Conseils d’usage : recommandations pour les applications (BEGES, affichage, ACV…).
Cette documentation permet de comprendre ce que couvre réellement la donnée et d’éviter les erreurs d’interprétation.
Utiliser la donnée dans un calcul
Une fois le facteur d’émission identifié, son utilisation repose sur un principe simple : convertir une donnée d’activité en émissions de gaz à effet de serre. Cela se passe donc en trois étapes :
Collecter la donnée d’activité la plus précise possible, par exemple une consommation d’électricité en kWh, une distance parcourue en kilomètres ou un volume d’achats.
Sélectionner, dans la Base Empreinte®, le jeu de données le plus représentatif du contexte étudié (zone géographique, technologie, usage).
Effectuer le calcul en multipliant la donnée d’activité par le facteur d’émission correspondant : Donnée d’activité × facteur d’émission = émissions (kg CO₂e)
Ce principe s’applique à l’ensemble des postes d’un bilan carbone, qu’il s’agisse des consommations d’énergie, des déplacements, des achats, des immobilisations ou plus largement des émissions indirectes liées à la chaîne de valeur.
La Base Empreinte® est-elle alignée avec la réglementation en France ?
La Base Empreinte® est pleinement intégrée dans le cadre réglementaire français et européen. Comme évoqué un peu plus haut, elle est encadrée par deux lois (L229-25 et L1431-3). Ce qu’il faut retenir :
BEGES (Bilan d’Émissions de Gaz à Effet de Serre) : Pour les entreprises soumises à l’obligation BEGES, l’utilisation de la Base Empreinte® permet de répondre aux attentes méthodologiques, de sécuriser les hypothèses et enfin de faciliter les contrôles
CSRD : Dans le cadre de la CSRD, les entreprises doivent produire des indicateurs climat fiables, auditables et traçables. La Base Empreinte® constitue un référentiel reconnu, un socle crédible pour les auditeurs, un élément de standardisation
ADEME et autorités : l’utilisation de la Base Empreinte® est souvent perçue comme une bonne pratique, voire une référence implicite.
5 bonnes pratiques pour utiliser la Base Empreinte®
Quelques conseils pour tirer le meilleur parti de la Base Empreinte® :
Choisir les facteurs les plus spécifiques possibles : Privilégiez toujours le facteur le plus précis et contextualisé disponible (ex : "électricité - mix français" s’il s’agit d’un site en France plutôt que "mix européen"). Plus le facteur est spécifique, plus votre Bilan Carbone reflète fidèlement la réalité de vos activités et moins l'incertitude est élevée.
Mettre à jour régulièrement vos calculs : Vérifiez les mises à jour des facteurs d'émission dans l’idéal une fois par an et recalculez votre bilan avec les données les plus récentes.
Analyser les incertitudes : Identifiez les postes à forte incertitude dans votre bilan (indiquée dans chaque fiche technique) et priorisez vos efforts de collecte de données sur ces zones. Communiquez de manière transparente sur les limites de vos résultats.
Investissez du temps dans la compréhension méthodologique : N’allez pas trop vite. Consultez la documentation technique, formez-vous pour comprendre les hypothèses de calcul et les périmètres couverts, comprendre pourquoi tous les facteurs d’émissions très spécifiques n’existent pas encore. Cela permet d’éviter l'effet "boîte noire" et vous permet de communiquer en toute transparence sur votre méthodologie.
Utilisez les plateformes intégrées comme WeCount : privilégiez les outils qui automatisent l'accès aux bases de données tout en maintenant la traçabilité méthodologique.
Comment WeCount vous accompagne dans la réalisation de votre bilan carbone ?
Chez WeCount, nous vous accompagnons dans la réalisation de votre bilan carbone, en combinant plateforme dédiée, accompagnement expert et formation des équipes.
Notre plateforme intègre la Base Empreinte® afin de centraliser vos données, sélectionner les facteurs d’émission les plus pertinents et garantir la traçabilité de vos calculs dans la durée.
À travers notre programme collectif Promotion Climat, vous avancez pendant 4 mois aux côtés d’une dizaine d’entreprises confrontées aux mêmes enjeux. Ce format vous permet de bénéficier de l’énergie du groupe, de partager vos retours d’expérience et d’échanger avec des homologues de votre secteur, tout en profitant d’un accompagnement individualisé par un consultant à chaque étape : cadrage du périmètre, collecte des données, calcul des émissions et analyse des résultats.
Notre approche : vous rendre autonome dans le pilotage de votre stratégie climat, pour disposer en interne des compétences et des outils nécessaires sur le long terme.
👉 Vous souhaitez structurer votre démarche ou fiabiliser votre bilan carbone ? Échangez avec un expert WeCount pour faire le point sur votre situation.
FAQ : la Base Empreinte®
Qu’est-ce qu’un facteur d’émission dans la Base Empreinte® ?
Un facteur d’émission est un coefficient permettant de convertir une donnée d’activité (kWh, km, €, tonnes, etc.) en émissions de gaz à effet de serre exprimées en kgCO₂e.
L’utilisation de la Base Empreinte® est-elle obligatoire ?
Elle n’est pas légalement obligatoire, mais elle constitue une référence fortement recommandée en France, notamment dans le cadre des BEGES, des bilans carbone et du reporting CSRD.
Peut-on utiliser la Base Empreinte® pour une ACV produit complète ?
La Base Empreinte® permet de réaliser des évaluations environnementales simplifiées, notamment via l’outil Bilan Produit®, mais elle ne permet pas de mener une ACV complète conforme aux normes ISO 14040/44. Une ACV normée nécessite l’utilisation d’un logiciel spécialisé.
À quelle fréquence la Base Empreinte® est-elle mise à jour ?
La base est régulièrement enrichie et mise à jour, mais certains facteurs peuvent rester inchangés plusieurs années. Il est donc important de vérifier la date et la source de chaque facteur.
Peut-on utiliser ses propres facteurs d’émission à la place ?
Oui, et c’est même recommandé lorsque vous disposez de données primaires fiables (fournisseurs, mesures internes, ACV spécifiques). La Base Empreinte® sert alors de référence ou de solution par défaut.
Peut-on vraiment être "neutre en carbone" quand on est une entreprise ? Comment s'engager sérieusement pour la neutralité carbone sans tomber dans les pièges de la communication trompeuse ? Et surtout, que signifie réellement ce concept à l'échelle mondiale ?
Dans cet article, on décrypte la neutralité carbone : définition scientifique, application concrète, pièges à éviter, et stratégie climat pour les entreprises qui veulent agir avec sincérité et construire une feuille de route solide.
📋 Les 5 points clés à retenir sur la neutralité carbone
Un objectif planétaire, pas individuel : La neutralité carbone n'a de sens qu'à l'échelle du globe ou des États coordonnés via l'Accord de Paris. Une entreprise, un produit ou un territoire ne peut pas "être neutre en carbone" : c'est un abus de langage qui relève du greenwashing.
Un équilibre entre émissions et séquestration : Atteindre la neutralité carbone signifie séquestrer autant de carbone que nous en émettons à l’échelle planétaire, de manière à stabiliser sa concentration dans l'atmosphère et limiter le réchauffement climatique à +1,5°C.
La réduction avant tout : L'ambition de neutralité carbone impose de réduire drastiquement les émissions de GES. La séquestration seule ne suffira pas : il faut d’abord décarboner massivement notre système.
Une démarche de contribution, pas un statut : Les entreprises doivent s'engager dans une "démarche de neutralité carbone" : réduire leurs émissions sur les scopes 1, 2 et 3, proposer des produits/services bas-carbone, et financer des projets de séquestration robustes chez des tiers. Elles contribuent ainsi à l'objectif mondial.
Attention au greenwashing et aux sanctions : Se déclarer "neutre en carbone" sans réduire massivement ses émissions est trompeur et illégal. La Loi Climat et Résilience encadre strictement ces allégations (amendes jusqu'à 100 000€), et le Jury de Déontologie Publicitaire surveille de près les communications environnementales.
Qu'est-ce que la neutralité carbone ?
Définition officielle : GIEC & Accord de Paris
Selon le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'évolution du Climat (GIEC) et l’Accord de Paris (2015), la neutralité carbone se définit comme un “équilibre entre les émissions de GES issue de l’activité humaine et la séquestration de quantités équivalentes de CO2”.
Par abus de langage, on parle souvent de "neutralité carbone", mais il s'agit bien de CO₂ équivalent, c'est-à-dire l'ensemble des gaz à effet de serre (CO₂, méthane, protoxyde d'azote, gaz fluorés, etc.).
Comprendre l'enjeu en un coup d'œil
Pour bien visualiser ce qu'est la neutralité carbone, imaginons une baignoire :
Le robinet naturel = les émissions naturelles de CO₂ (respiration, décomposition, océans…).
L’évacuation = les puits naturels de carbone (océans, forêts, zones humides, prairies, sols végétalisés...).
Depuis la révolution industrielle, un second robinet s’est ajouté : les émissions humaines (transports, industrie, agriculture, énergies fossiles…).
Pendant des milliers d’années, le robinet naturel et l’évacuation s’équilibraient. Le problème climatique vient du flux supplémentaire d’origine humaine, qui n’est pas entièrement compensé par les puits naturels.
L'objectif de neutralité carbone, c'est de stabiliser le niveau de l'eau en :
Fermant progressivement le second robinet (réduire le flux anthropique) ;
Agrandissant l'évacuation (augmenter les puits de carbone : reforestation, restauration des sols, capture technologique).
“L’atmosphère terrestre est comme une baignoire qui se remplit de CO2”, source : GIEC
📝A noter : Même en "fermant" complètement le second robinet (zéro émission), il faudra du temps pour que le niveau baisse. En effet, le carbone reste longtemps dans l'atmosphère et a donc un effet sur le long terme. D'où le fait qu’il soit important d'agir dès maintenant.
Décarboner la France : la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC)
En cohérence avec l'Accord de Paris, la France a décliné cet objectif mondial à l'échelle nationale via la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC).
L'objectif ultime : Atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 sur le territoire français.
Le Ministère de la Transition Écologique a proposé une révision de cette SNBC en 2025, la SNBC 3, qui sera adoptée par décret en 2026 après les étapes de consultation. Cette dernière vise une baisse de 50 % des émissions brutes d'ici 2030 (contre 42 % précédemment).
Le Haut Conseil pour le Climat (HCC) a alerté dans son rapport 2025 et souligné qu'après une bonne année 2023, la baisse des émissions a fortement ralenti en 2024 (seulement -1,8 %). Pour atteindre les nouveaux objectifs de 2030, le rythme de réduction actuel devra doubler.
Quelles sont les trajectoires sectorielles pour les entreprises ? La SNBC fixe des budgets carbone précis, exigeant des transformations structurelles de la part des acteurs économiques :
Les transports : Électrification accélérée (avec une attention accrue de l'État sur le respect des quotas de verdissement des flottes d'entreprises, encore largement ignorés), report modal et sobriété.
Le bâtiment : Rénovation énergétique d'ampleur et construction bas-carbone.
L'industrie : Au-delà de l'efficacité énergétique classique, le secteur doit pivoter vers l'électrification profonde des procédés, la sobriété matière (écoconception) et le captage/stockage du carbone (CCS) pour les émissions incompressibles.
L'agriculture et les forêts : Réduction des émissions de méthane, et surtout restauration de nos puits de carbone naturels (forêts et sols) dont la capacité d'absorption se dégrade fortement sous l'effet du dérèglement climatique.
Le graphique ci-dessous illustre le scénario de référence vers la neutralité carbone d'ici 2050. Il montre deux dynamiques complémentaires : une réduction progressive et importante des émissions de gaz à effet de serre (zone supérieure), et le maintien de la capacité d'absorption des puits de carbone (zone inférieure).
La neutralité carbone est atteinte lorsque les émissions résiduelles sont entièrement compensées par ces puits, soit un équilibre entre ce qu'on émet et ce qu'on absorbe.
Atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 : Réduction des émissions et rôle des puits, source : ecologie.gouv.fr
La SNBC fixe des budgets carbone sectoriels à respecter pour rester sur la trajectoire +2°C.
📝A noter : Il existe une distinction importante entre l'inventaire national (approche territoriale) et l’empreinte carbone (approche consommation). L’inventaire national comptabilise les émissions produites par les ménages et les activités économiques présents sur le territoire français. C'est ce qui est utilisé dans la SNBC. L’empreinte carbone quant à elle comptabilise les émissions liées à ce que les Français consomment, que les biens soient produits en France ou importés. L'empreinte carbone de la France est beaucoup plus élevée que son inventaire national, car elle importe massivement des biens fabriqués à l'étranger.
Proposition d'illustration utile (CITEPA 2019)
Contexte européen : le Pacte vert (Green Deal)
L'Union européenne a également adopté son propre objectif de neutralité carbone via le Pacte vert pour l'Europe (Green Deal).
Objectif : Atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 sur le territoire européen.
Moyens :
Fit for 55 : paquet législatif visant à réduire les émissions de 55% d'ici 2030 (par rapport à 1990)
Taxonomie européenne : classification des activités économiques durables
Hiérarchie des actions pour atteindre la neutralité carbone
Pour s'engager vers la neutralité carbone, il existe une hiérarchie d'actions claire :
Mesurer ses émissions de GES ;
Réduire ses émissions en priorité ;
Compenser les émissions résiduelles (en dernier recours) : Uniquement après avoir réduit au maximum. La compensation ne doit jamais remplacer la réduction.
Principe clé: Réduction d'abord, compensation ensuite. Inverser cet ordre, c'est pencher du côté du greenwashing (et clairement, c’est toujours à éviter).
Pourquoi une entreprise ne peut pas se dire “neutre en carbone” ?
Un objectif qui n'a de sens qu'à l'échelle planétaire
La neutralité carbone est un objectif climat collectif qui ne peut se concevoir qu'à l'échelle de la planète ou des États coordonnés via l'Accord de Paris. La raison est simple : l'atmosphère terrestre est un bien commun.
Les émissions de GES se mélangent dans l'atmosphère sans distinction de frontières. Que vous émettiez 1 tonne de CO₂ à Paris, New York ou Tokyo, l'impact climatique est le même.
Par conséquent :
Un produit ne peut pas être neutre en carbone ;
Un service ne peut pas être neutre en carbone ;
Une entreprise ne peut pas être neutre en carbone ;
Un territoire infranational ne peut pas être neutre en carbone.
En revanche, chacune de ces entités peut s'engager dans une "démarche de neutralité carbone", c'est-à-dire contribuer activement à l'objectif mondial en réduisant drastiquement ses émissions et en finançant des projets de séquestration chez des tiers.
Les biais méthodologiques et éthiques
Comme évoqué précédemment, chercher à appliquer une neutralité carbone arithmétique à l'échelle d'une entreprise engendre trois biais majeurs :
1. La non-additionnalité des démarches
Si chaque entreprise ne comptabilise que ses émissions directes (scopes 1 et 2) en excluant le scope 3 (émissions indirectes : achats, transport, utilisation des produits vendus, fin de vie), le cumul des bilans carbone ne reflète pas la réalité globale.
👆 Exemple concret : Une entreprise de textile qui externalise sa production en Asie peut afficher un bilan carbone faible en France (scopes 1 et 2), tout en étant responsable d'émissions massives liées à la fabrication de ses vêtements (scope 3). Si elle se déclare "neutre" en compensant uniquement les scopes 1 et 2, elle masque l'essentiel de son impact.
2. L'absence d'équité entre acteurs
Tous les acteurs ne sont pas égaux face à la séquestration de carbone.
Exemple : Un territoire rural doté d'un patrimoine forestier important peut revendiquer une neutralité carbone arithmétique en s'appuyant sur la séquestration naturelle de ses forêts, sans faire d'efforts de réduction. À l'inverse, un territoire urbain sans forêt devra fournir des efforts bien supérieurs pour réduire ses émissions.
Ce déséquilibre crée une inégalité et peut inciter certains à se reposer sur leurs lauriers, quand d’autres engagent de véritables mesures ambitieuses.
3. L'immobilisme engendré
Focaliser son action sur l'atteinte d'un "zéro arithmétique" n’a pas de sens.
Pire, la recherche de la neutralité carbone pousse souvent les acteurs à privilégier des projets de compensation bon marché (plantation d'arbres à l'étranger, par exemple) plutôt que d'investir dans la décarbonation réelle de leur activité (rénovation énergétique, changement de process, éco-conception).
L'écueil de la compensation carbone : perte de focus sur la réduction réelle
La compensation carbone est devenue l'alliée privilégiée des entreprises qui souhaitent afficher une neutralité carbone sans remettre en cause leur business model.
Le principe est simple. Il s’agit de financer des projets de réduction ou de séquestration de CO₂ chez des tiers (reforestation, énergies renouvelables, capture de carbone) pour "compenser" ses propres émissions.
Cela pose un problème de taille. La compensation ne doit jamais remplacer la réduction. C'est un complément, pas une solution miracle.
Pourquoi la compensation seule ne suffit jamais ?
Les capacités de séquestration sont limitées : Même en maximisant les puits de carbone (forêts, sols, océans, technologies de capture), il est impossible d'absorber le niveau actuel de nos émissions. Il faut donc réduire drastiquement en priorité.
La permanence de la séquestration n'est pas garantie : Une forêt plantée pour compenser peut brûler (comme en Californie ou en Australie), libérant tout le CO₂ stocké. À l'inverse, les émissions de CO₂ issues de la combustion d'énergies fossiles sont définitives.
Les projets de compensation sont souvent de faible qualité : Tous les projets de compensation ne se valent pas. Certains manquent d'additionnalité (le projet aurait eu lieu de toute façon, même sans financement), de permanence (le carbone n'est pas stocké durablement) ou de vérification (absence d'audit indépendant).
3 exemples concrets de greenwashing ou quand la neutralité carbone devient mensongère
Depuis 2020, les annonces de "neutralité carbone" se sont multipliées. On le voit sur des campagnes d’affichage, sur des sites internets, sur les réseaux sociaux. Malheureusement, la quasi-totalité de ces communications sont fallacieuses, voire mensongères.
Le géant de la fast fashion Shein réalisait récemment une campagne d’affichage sur le thème “La mode est un droit, pas un privilège”. En petit, on pouvait lire sur les affiches le message suivant : “Chez Shein, nous œuvrons chaque jour pour rendre la mode accessible à toutes et tous, et travaillons chaque jour à l’amélioration continue de notre modèle”. En août 2025, l’Autorité italienne de la concurrence a infligé une amende d’un million d’euros à la société opérant les sites européens de Shein pour publicité environnementale trompeuse. Le régulateur a estimé que certaines communications environnementales du groupe notamment sur la recyclabilité des produits étaient fausses ou, au minimum, de nature à induire les consommateurs en erreur.
TotalEnergies (anciennement Total) a annoncé viser la neutralité carbone pour 2050... mais uniquement en Europe. Sauf que Total continue d'extraire et de vendre des énergies fossiles dans le monde entier… Se déclarer neutre uniquement en Europe, c'est donc exclure l'essentiel de son activité. Et ce n’est pas passé inaperçu. En octobre 2025, le tribunal judiciaire de Paris a condamné TotalEnergies pour pratiques commerciales trompeuses, en raison d’allégations sur ‘son ambition d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050’ et ‘d’être un acteur majeur de la transition énergétique’”. C’est une décision historique (et une première mondiale). Le tribunal a estimé que ces messages étaient de nature à induire le consommateur en erreur sur la portée réelle de ses engagements environnementaux. La justice a ordonné de cesser leurs allégations mensongères dans le délai d’un mois, sous peine d’astreinte provisoire de 10 000 euros par jour de retard, et la publication de la décision sur la page d’accueil du site du groupe pendant 180 jours.
Les aéroports "neutres en carbone". Plusieurs aéroports européens se sont déclarés "neutres en carbone" en ne comptabilisant que les émissions liées à leurs bâtiments et véhicules au sol (scopes 1 et 2). Sauf qu’avec cette approche, ils excluent de cette analyse les émissions des avions… Soit 95% de l'impact carbone d'un aéroport. Pas très transparent. Ni pertinent. Il n’y a pas encore eu de condamnation mais on est typiquement dans un cas de communication trompeuse qui induit les consommateurs en erreur.
📝A noter : Quand une entreprise annonce sa neutralité carbone, posez-vous toujours les questions suivantes :Quel périmètre géographique ? (Europe, monde entier ?), Quel périmètre opérationnel ? (Scopes 1, 2, 3 ?), Quelle part de réduction vs compensation ?
Le risque juridique et réputationnel
Vous l’avez compris avec les exemples ci-dessus, les annonces de neutralité carbone ne sont plus sans conséquence. Le cadre juridique se durcit, et les entreprises qui communiquent de manière trompeuse s'exposent à des sanctions et à une perte de crédibilité majeure.
Notons l'existence de deux instances incontournables :
La loi Climat et Résilience (2021) : Elle encadre les allégations environnementales, dont la neutralité carbone. L’article 12 stipule par exemple que “Toute publicité faisant référence à la neutralité carbone doit être accompagnée d'un bilan carbone complet (scopes 1, 2, 3) et d'une trajectoire de réduction claire et vérifiable”. En cas de non respect de cette obligation, les entreprises s'exposent à des amendes pouvant aller jusqu'à 100 000 € (voire plus en cas de récidive).
Surveillance du Jury de Déontologie Publicitaire (JDP) : Il surveille de près les allégations environnementales des entreprises. Toute communication jugée trompeuse peut faire l'objet d'une plainte et d'une condamnation publique.
Que faut-il savoir sur les référentiels climat ?
Alors comment repérer des allégations mensongères ? Pas toujours facile.
Heureusement, face à la multiplication des annonces de neutralité carbone, souvent floues ou trompeuses, des référentiels ont émergé pour structurer et crédibiliser les démarches climat des entreprises.
Ces cadres méthodologiques ne sont pas parfaits, mais ils permettent de distinguer les engagements sérieux du greenwashing. Voici comment s'y retrouver.
Pourquoi des cadres de référence existent
Les référentiels climat répondent à deux besoins essentiels :
Structurer les trajectoires carbone : Ils fournissent une méthodologie claire pour mesurer, réduire et compenser les émissions de GES, en évitant les approximations et les biais méthodologiques.
Garantir l'alignement avec la science : Ils s'assurent que les trajectoires de réduction des entreprises sont compatibles avec les objectifs de l'Accord de Paris (+1,5°C à +2°C maximum).
Sans ces cadres, chaque entreprise pourrait définir sa propre "neutralité carbone" sans cohérence ni comparabilité. Le risque ? Un chaos méthodologique et une perte de crédibilité généralisée.
Science Based Targets initiative (SBTi)
La Science Based Targets initiative (SBTi) est le référentiel international le plus reconnu pour valider les trajectoires de réduction des entreprises. Les entreprises soumettent leurs objectifs de réduction à la SBTi, qui les évalue et les valide s'ils sont alignés avec une trajectoire de limitation du réchauffement à +1,5°C.
Ce que couvre la SBTi :
Scopes 1, 2 et 3 (obligatoires si le scope 3 représente plus de 40% des émissions totales) ;
Objectifs court terme (5 à 10 ans) et long terme (neutralité carbone en 2050) ;
Validation scientifique : les objectifs sont évalués par un comité d'experts indépendants.
📝A noter : Le référentiel SBTi parle de "contribution à la neutralité mondiale", pas de neutralité d'entreprise. Elle reconnaît que seule la planète peut atteindre la neutralité carbone, et que les entreprises doivent y contribuer.
Net Zero Initiative (NZI)
La Net Zero Initiative (NZI) est un référentiel français développé par Carbone 4, soutenu par l'ADEME et une vingtaine d'entreprises pionnières. Il propose une approche structurante pour répartir les efforts des entreprises autour de trois piliers complémentaires :
Pilier A : Réduire ses émissions directes et indirectes. C'est le pilier prioritaire. L'entreprise doit réduire drastiquement ses émissions sur l'ensemble de sa chaîne de valeur (scopes 1, 2, 3).
Pilier B : Éviter les émissions chez les autres. Au-delà de réduire ses propres émissions, l'entreprise doit contribuer à la décarbonation de son écosystème : fournisseurs, clients, partenaires.
Pilier C : Séquestrer du carbone dans des puits durables : Une fois les efforts de réduction maximisés, l'entreprise peut financer des projets de séquestration chez des tiers : reforestation, restauration des sols, capture technologique du CO₂.
Le tableau de bord Net Zero Initiative, source carbone4.com
La compensation (pilier C) ne doit jamais remplacer la réduction (pilier A). Elle est un complément.
Les limites des référentiels pour les PME/ETI
Bien que très utiles, les référentiels SBTi et NZI présentent aussi quelqueslimites qu’il convient de prendre en compte
Complexité opérationnelle : Les méthodologies sont techniques et nécessitent une expertise pointue en comptabilité carbone, souvent absente dans les petites structures.
Démarches lourdes et coûteuses : Le processus de validation SBTi peut prendre plusieurs mois et coûter plusieurs milliers d'euros (frais de soumission + accompagnement externe).
Peu adaptées aux réalités du terrain : Les référentiels sont souvent pensés pour les grandes entreprises internationales, pas pour les PME avec des ressources limitées.
Les référentiels sont utiles pour structurer et crédibiliser une démarche climat, mais ils ne remplacent pas une stratégie climat opérationnelle et sincère. Une PME peut s'engager sérieusement pour la neutralité carbone sans passer par SBTi, à condition de suivre les principes de base : mesurer, réduire massivement, compenser en dernier recours.
Comment votre entreprise peut s'engager pour la neutralité carbone ?
Vous l'avez compris : une entreprise ne peut pas "être neutre en carbone". Mais elle peut (et doit !) s'engager dans une démarche de neutralité carbone en contribuant activement à l'objectif mondial.
Voici quelques étapes concrètes pour une stratégie climat crédible et ambitieuse, en s'appuyant sur les recommandations de l'ADEME.
1. Mettre en place une stratégie climat compatible avec l'Accord de Paris
Objectif : Réduire drastiquement vos émissions directes et indirectes (scopes 1, 2, 3) et augmenter les puits de carbone liés à votre patrimoine.
L'importance du diagnostic : réaliser un Bilan Carbone complet
Avant de réduire, il faut mesurer. La première étape incontournable consiste donc à réaliser un Bilan Carbone® complet couvrant les trois scopes :
Scope 1 : Émissions directes ;
Scope 2 : Émissions indirectes liées à l'énergie achetée ;
Scope 3 : Autres émissions indirectes.
Résultat attendu : Identifier vos "points chauds" carbone, c'est-à-dire les postes d'émissions les plus importants sur lesquels concentrer vos efforts de réduction.
💡Bon à savoir : Chez WeCount, nous accompagnons les entreprises pour structurer leur bilan carbone entreprise et monter en compétences en interne. Notre approche repose sur un programme collectif de 4 mois, combinant plateforme carbone, accompagnement expert et formation, afin de vous rendre autonome et capable de piloter votre stratégie climat dans la durée.
Définir une trajectoire de réduction compatible avec ACT Pas-à-pas
Une fois votre bilan carbone réalisé, définissez une trajectoire de réduction alignée avec les objectifs de l'Accord de Paris. ACT Pas-à-pas est un référentiel développé par l'ADEME qui permet d'évaluer et de construire une trajectoire climat ambitieuse et réaliste.
Principes :
Construire une stratégie climat robuste ;
Embarquer votre direction autour d’une vision partagée à 2035 et 2050 pour sécuriser votre modèle économique dans un monde bas-carbone ;
Bâtir un plan d’action chiffré (impact CO2e, coûts, planning, KPIs) ;
Valoriser votre engagement pour le climat ;
Préparer les exigences réglementaires (CSRD, ESRS E1, etc.) ;
Vous former et assurer un déploiement opérationnel des actions de décarbonation.
💡Bon à savoir : nous proposons un accompagnement ACT Pas à Pas sur 12 mois pour structurer votre stratégie climat. Cette démarche vous permet d’identifier vos risques et opportunités climatiques, définir une trajectoire de réduction alignée avec l’Accord de Paris et construire un plan d’actions chiffré et pilotable. En savoir plus sur notre accompagnement ACT Pas à Pas ou échangez avec un expert WeCount.
2. Participer à la décarbonation
Au-delà de réduire vos propres émissions, vous pouvez contribuer à la décarbonation du système en proposant des produits et services bas-carbone à vos clients. Aperçu de quelques actions concrètes à entreprendre :
Éco-concevoir vos produits pour réduire leur impact sur l'ensemble de leur cycle de vie ;
Proposer des alternatives sobres (réparation, location, reconditionné, sobriété d'usage) ;
Accompagner vos clients dans l'adoption de modes de consommation bas-carbone.
3. Contribuer à la transition globale en finançant des projets durables
Une fois vos efforts de réduction maximisés, vous pouvez financer des projets de séquestration ou de réduction chez des tiers (hors de votre propre périmètre).
Critères pour choisir des projets robustes :
Additionnalité : le projet n'aurait pas existé sans votre financement ;
Permanence : le carbone est stocké durablement (au moins 100 ans pour la séquestration) ;
Vérification : audit par un tiers indépendant (label Gold Standard, Verified Carbon Standard, Label Bas-Carbone français) ;
Co-bénéfices : impact positif sur la biodiversité, les sols, les populations locales.
💡 Important : Le financement de projets chez des tiers ne doit jamais remplacer la réduction de vos propres émissions.
4. Communiquer avec transparence
La transparence est la clé de la crédibilité. Lorsque vous communiquez sur votre démarche climat, soyez honnête et précis :
✅ Communiquez sur :
Vos % de réduction réalisés (par rapport à une année de référence) ;
Vos actions concrètes (rénovation énergétique, flotte électrique, éco-conception, changement de fournisseurs) ;
Votre trajectoire de réduction à moyen et long terme ;
Vos investissements dans la décarbonation (budget, ressources).
❌ Évitez :
Les formulations vagues ("engagé pour le climat", "entreprise verte") ;
Les termes trompeurs ("neutre en carbone", "zéro émission") sans préciser le périmètre ;
La sur-valorisation de la compensation au détriment de la réduction.
Comment WeCount peut-il vous accompagner dans votre stratégie climat ?
WeCount accompagne les entreprises dans la mesure, la réduction et le pilotage de leur empreinte carbone. Notre approche repose sur trois piliers complémentaires :
Des programmes d’accompagnement collectifs pour réaliser le bilan carbone® de votre entreprise, structurer une stratégie climat robuste, quantifier votre plan d'actions via l'accompagnement act pas-à-pas, monter en compétence et bénéficier de l’intelligence collective entre pairs.
Un accompagnement expert de votre secteur, pour adresser les enjeux propres à votre entreprise : périmètres multi-sites ou multi-pays, exigences réglementaires (CSRD, VSME), enjeux sectoriels spécifiques : nous vous aidons à traduire les cadres méthodologiques en décisions opérationnelles.
Notre objectif : Vous rendre autonome dans le pilotage de votre stratégie climat, pérenniser votre démarche, tout en sécurisant la qualité et la crédibilité de vos engagements.
Envie de structurer votre stratégie climat ? Échangez avec un expert WeCount.
FAQ : Neutralité carbone
Qu'est-ce que la neutralité carbone ?
La neutralité carbone est un équilibre global entre les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine et leur retrait de l'atmosphère par des puits de carbone (forêts, sols, technologies). Cela signifie séquestrer autant de carbone que nous en émettons pour stabiliser sa concentration dans l'atmosphère et limiter le réchauffement climatique. Cet objectif n'a de sens qu'à l'échelle planétaire ou des États coordonnés via l'Accord de Paris.
Comment atteindre la neutralité carbone ?
Pour tendre vers la neutralité carbone, la priorité est de réduire drastiquement ses émissions de GES sur l'ensemble de sa chaîne de valeur (scopes 1, 2 et 3), en commençant par mesurer son bilan carbone. En parallèle, il s'agit de contribuer à la décarbonation de son écosystème (produits et services bas-carbone, fournisseurs, clients). La compensation ne vient qu'en dernier recours, pour les émissions résiduelles incompressibles.
Une entreprise peut-elle vraiment être neutre en carbone ?
Non. Une entreprise ne peut pas "être neutre en carbone" car ce concept ne s'applique qu'à l'échelle planétaire. En revanche, elle peut s'engager dans une démarche de neutralité carbone en réduisant drastiquement ses émissions (scopes 1, 2, 3), en proposant des produits/services bas-carbone, et en finançant des projets de séquestration chez des tiers. Elle contribue ainsi à l'objectif mondial sans pouvoir revendiquer une neutralité individuelle.
La neutralité carbone est-elle obligatoire pour les entreprises ?
Non, la neutralité carbone n'est pas une obligation légale. En revanche, certaines réglementations imposent de mesurer et réduire ses émissions. Le BEGES est obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés (250 dans les DOM), les collectivités de plus de 50 000 habitants et les établissements publics de plus de 250 agents. La CSRD (reporting climat pour grandes entreprises) oblige les grandes entreprises à publier des informations détaillées sur leur stratégie climat, leurs objectifs de réduction et leur plan de transition (ESRS E1). Elle n’impose pas la neutralité carbone, mais exige de justifier la cohérence des trajectoires annoncées. LaLoi Climat et Résilience encadre strictement les allégations environnementales. Toute communication faisant référence à la neutralité carbone doit être accompagnée d’éléments précis, vérifiables et proportionnés.
Quelle est la différence entre neutralité carbone et net zéro ?
Le Net Zéro est une trajectoire scientifique encadrée par la SBTi qui impose de réduire d'au moins 90 à 95% ses émissions avant de neutraliser les émissions résiduelles incompressibles. La neutralité carbone désigne un équilibre entre émissions et absorption, mais a longtemps reposé sur la compensation sans réduction réelle. Depuis la loi Climat et Résilience (2021), les entreprises ne peuvent plus se déclarer "neutres" sans prouver qu'elles ont d'abord réduit leurs émissions et doivent parler de contribution à la neutralité mondiale.
La compensation carbone est-elle fiable ?
Cela dépend. Une compensation est fiable si elle respecte des critères stricts : additionnalité (le projet n'aurait pas eu lieu sans financement), permanence (stockage durable du carbone), vérification (audit indépendant) et co-bénéfices (impact positif sur biodiversité, sols, populations). Attention aux projets de faible qualité ou menacés par les incendies. La compensation ne doit jamais remplacer la réduction, elle est un complément pour les émissions résiduelles.