Chaque jour, vos choix et activités en tant qu'étudiant contribuent à votre empreinte carbone globale. Mais quelle est l'ampleur de cette contribution ? Grâce à notre questionnaire rapide et intuitif, découvrez en seulement cinq minutes vos émissions de CO2e annuelles liées à votre vie étudiante.
Mesurer mon empreinte
Prendre conscience est le premier pas vers un changement significatif. En comprenant votre propre impact, vous pouvez commencer à intégrer des pratiques plus durables dans votre quotidien. L'outil de WeCount est conçu pour vous guider à travers ce processus de découverte et d'apprentissage.
L'enseignement supérieur en France, c'est 3 500 établissements et plus de 2,8 millions d'étudiants.
Face aux enjeux du dérèglement climatique, l’enseignement supérieur a un double rôle :
🌍 Contribuer à la décarbonation générale de notre société en réduisant les émissions de CO2e de ses établissements,
🎓 Former et sensibiliser les étudiants, professionnel·le·s de demain aux enjeux énergie-climat aujourd'hui.
Dans ce contexte, comment le supérieur peut-il contribuer à la décarbonation ? Comment passer à l’action à l’échelle de votre établissement ?
Au programme :
Présentation du "Plan climat-biodiversité et transition écologique" porté par le MESR
Le label DD&RS : rappel des enjeux et articulation avec la stratégie de décarbonation d'un établissement par le CIRSES
Retour d'expérience de l'INSA, L'Université de Lyon et l'EDHEC sur leur plan de décarbonation
Lancement de l’outil de sensibilisation climat pour les étudiants créé par l'ABC et WeCount
Ce sera également l’occasion de présenter les programmes collectifs d’accompagnements à la réalisation du bilan carbone et de la stratégie climat organisés par WeCount, et dédiés aux établissements d’enseignement supérieur et recherche.
Ce document synthétise les recommandations de 8 établissements de l’enseignement supérieur pour décarboner leur secteur
Les propositions d’actions développées dans ce document font suite au travail collectif de 8 établissements du site Lyon-Saint-Étienne qui se sont formés aux enjeux climatiques, ont réalisé leur bilan carbone et initié leur stratégie RSE (Responsabilité sociétale et environnementale).
Ce document dresse donc un bilan de cette première étape importante et permet de mettre en regard les résultats des différents établissements participants : le Crous de Lyon, l’École nationale d’ingénieurs de Saint-Étienne (ENISE), l’École normale supérieure de Lyon (ENS de Lyon), l’École nationale des travaux publics d’État (ENTPE), l’Université de Lyon (UdL), l’Université Claude Bernard Lyon 1, l’Université Jean Monnet Saint-Étienne et VetAgro Sup.
Ces établissements poursuivent l’élaboration et l’actualisation de leur démarche RSE pour aller au-delà de ce volet initial et envisager une stratégie englobant l’ensemble des activités des établissements. En effet, l’enseignement supérieur est un secteur clé pour former les prochaines générations aux grands enjeux de demain, notamment écologiques, et les préparer à relever les défis auxquels ils feront face.
Compte tenu de la diversité des enjeux du secteur et de la richesse du monde de l’enseignement supérieur, ces propositions ne représentent pas un mode d’emploi ou la vision de chaque établissement. Elles ont vocation à alimenter les réflexions au sein du milieu de l’enseignement supérieur et des autres établissements.
Pourquoi cette volonté d’agir ?
De plus en plus d’établissements de l’enseignement supérieur accélèrent leur engagement sur le climat. Compte tenu de leur rôle central dans nos sociétés, la plupart de leur écosystème les incite à agir : pouvoirs publics, personnel et étudiants.
Selon une récente étude de Carbone 4, l’empreinte carbone moyenne d’un Français en 2019 est de 9,9tCO₂e. Cette empreinte est découpée en plusieurs parties qui concernent sa consommation personnelle (je me déplace, je mange, je me loge et j’achète), auxquelles s’ajoutent 1 400 kgCO₂e/an qui sont associés à la dépense publique, que ce soit pour l’administration et la défense (32 %), l’enseignement (31 %), la santé (16 %)
ou les infrastructures (14 %).
Diminuer les émissions de l’enseignement supérieur, c’est donc baisser les émissions de chaque individu. Pour limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport à l’âge pré-industriel, l’empreinte carbone d’un individu doit être réduite à un maximum de 2 tonnes d’ici 2050.
Enfin, pour répondre aux enjeux de la transition bas carbone de nos sociétés, la formation des générations futures est cruciale. Les établissements de l’enseignement supérieur ont donc un rôle très important à jouer pour former et inciter les nouvelles générations à contribuer à la lutte contre le dérèglement climatique.
Empreinte carbone moyenne en France 2019 (Source : MY CO2)
Bilan d’émissions de gaz à effet de serre consolidé
Bilan d'émissions de gaz à effet de serre consolidé
Ce graphique correspond à une moyenne pondérée de 6 bilans carbone des structures de l’enseignement supérieur ayant participé à la réalisation de ce document*.
Ces bilans ont été réalisés dans le cadre d’une Promotion Climat dédiée à l’enseignement supérieur et suivant la méthodologie de l’Association Bilan Carbone.
Les bilans couvrent les scopes 1, 2 et 3.
Le scope 1 correspond aux émissions directes des structures, comme le chauffage des bâtiments au gaz.
Le scope 2 représente les émissions indirectes liées à la consommation d’électricité (ex. chauffage électrique).
Enfin, le scope 3 correspond aux émissions indirectes amont et aval, comme les déplacements domicile-travail (aussi bien des étudiants que des salariés), les déplacements professionnels et étudiants, l’alimentation et les équipements informatiques.
* L’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Saint-Etienne (ENISE), l’Ecole Normale Supérieure de Lyon ,l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat (ENTPE), Université Claude Bernard Lyon 1, l’Université Jean Monnet de Saint Etienne et VetAgro Sup.
Les préconisations pour réduire son empreinte carbone et piloter sa stratégie climat
Comment collecter les données pour son bilan carbone ?
Le premier conseil concernant la réalisation du bilan carbone est de le réaliser soi-même. C’est en bénéficiant de cette première expérience qu’on pourra comprendre les activités à l’origine de ses émissions et commencer à identifier les premières pistes de réduction.
Une fois ce premier bilan réalisé, il sera plus facile d’automatiser au maximum la collecte des données nécessaires à la réalisation du bilan carbone afin de pouvoir le mettre à jour chaque année sans effort.
Par exemple, pour les achats, vous pouvez suivre des informations comme le poids carbone ou le flux physique des produits et
intégrer cette information aux marchés lors des consultations.
Le bilan carbone est un exercice itératif et l’objectif est d’affiner son analyse d’une année sur l’autre s’il n’est pas assez précis. Cela peut passer par :
Une collecte plus fréquente des indicateurs, par exemple mensuellement pour les données d’énergie, afin de pouvoir suivre un plan d’action précis.
Une méthodologie de collecte de données plus précise pour certaines catégories d’émissions. On peut par exemple passer de données estimées à des données réelles, collectées via des factures ou des questionnaires, ou encore choisir d’utiliser des ratios physiques plutôt que des ratios monétaires.
En parallèle de la collecte des données, il est fortement conseillé d’avoir un document expliquant la méthodologie utilisée afin de pérenniser la connaissance et d’améliorer la démarche d’une année sur l’autre. Il est également possible d’impliquer plus de personnes dans le projet.
Entre les établissements, des indicateurs communs peuvent être définis afin d’avoir des ordres de grandeur et de pouvoir se comparer (ex : km parcourus et modes de transports pour des conférences par le personnel de recherche).
Dans le cadre de la Promotion Climat réunissant les 8 établissements de l’Enseignement Supérieur, la plateforme de comptabilité carbone WeCount a été utilisée pour faciliter la collecte des données et l’analyse des résultats.
Les déplacements
Les déplacements professionnels
Ce paragraphe concerne les déplacements réalisés par le personnel de l’établissement, et plus particulièrement les déplacements des chercheurs et doctorants. L’établissement peut réaliser un état des lieux de la mobilité. Les graphiques ci-dessous montrent la répartition des modes de transport en fonction de la distance parcourue et de leur impact carbone.
* Basé sur les données moyennes des participants à la Promotion Climat.
L’avion reste encore trop souvent la solution de facilité pour les trajets professionnels. Plusieurs propositions ont été émises par les participants de la Promotion Climat pour réduire l’impact du transport professionnel :
Inciter à avoir recours aux mobilités durables
Le train peut être privilégié pour tout le personnel pour les déplacements nationaux. La direction peut soutenir cette nouvelle habitude, en la promouvant auprès des permanents et en soutenant financièrement le surcoût éventuel. Une Charte de voyage responsable peut être mise en place et validée par les différentes unités.
Dissuader les personnes de prendre l’avion à travers des actions de sensibilisation.
L’établissement doit être en mesure d’expliquer l’impact carbone des déplacements et de présenter ses résultats par département, en se comparant si possible à d’autres établissements. Une analyse poussée peut permettre la mise en place d’une carte
des déplacements les plus fréquents et donner ainsi un aperçu de leur poids dans le bilan carbone global de l’établissement.
À l’échelle individuelle, il faut communiquer systématiquement sur l’impact carbone d’un voyage. Pour cela, il est possible d’intégrer directement sur les outils de réservation l’affichage de l’impact carbone
Modifier nos habitudes
Enfin, les métiers peuvent-ils se réinventer et être valorisés autour d’autres valeurs que celle des déplacements internationaux ? On voit apparaître à la suite de la pandémie du Covid-19 de nouveaux formats de colloques à distance, et une multiplication des coopérations françaises et européennes. Ces démarches peuvent être encouragées car elles se révèlent très efficaces dans la réduction de l’impact carbone des déplacements.
Un quota durée/séjour pour les vols internationaux
L’idée est d’aligner le temps de présence sur place d’un voyage par rapport à l’impact du trajet. L’objectif de cette proposition est d’inciter les salariés à ne se déplacer qu’en cas de nécessité réelle. Le principe est de se dire que plus la destination est éloignée,
plus le salarié devra rester longtemps sur place.
Cette initiative permet d’imposer une contrainte sur la durée pour éviter une suite de déplacements courts, fortement carbonés, sans pour autant interdire les déplacements carbonés jugés les plus nécessaires.
Les déplacements étudiants
Les idées qui suivent concernent les déplacements des étudiants pour les stages et les semestres à l’étranger. Certaines idées peuvent aussi agir sur les critères de diplomation pour certains établissements. Actuellement les étudiants sont incités à voyager, notamment si leur établissement est en partenariat avec une université étrangère.
La collecte des informations pour cette catégorie d’activité est encore difficile pour certains établissements. Cependant, de nombreuses propositions ont été émises,
comme celle d’instaurer, comme l’a fait l’INSA de Lyon, un quota carbone, en tonne de CO2. Ainsi, un étudiant souhaitant réaliser un vol au-delà du quota autorisé devra justifier son déplacement en réalisant un dossier détaillant ses motivations.
D’autres propositions ont été discutées comme une aide financière au train en Europe, la limitation à un déplacement hors Europe sur l’ensemble de la scolarité ou la mise en place d’un quota durée/séjour comme décrit dans la section précédente.
Les déplacements domicile-travail
Les idées qui suivent concernent les déplacements domicile-travail des étudiants et des salariés.
L’établissement peut permettre une transition vers des modes de transport bas-carbone. Ci-dessous une liste d’actions non exhaustive pour propager la mobilité douce :
Réaliser une enquête mobilité domicile-travail pour prioriser les actions à mener ;
Mettre en place des garages sécurisés pour les vélos et trottinettes, mais aussi des douches et vestiaires ;
Promouvoir les transports en commun et le covoiturage ;
Collaborer entre établissements ou structures voisines pour s’adresser aux collectivités locales et appuyer la densification ou la création de transports en commun ;
Adapter les horaires de présence des étudiants aux transports en commun ;
Les bâtiments et l’énergie sont les premiers postes d’émissions de gaz à effet de serre pour les établissements. Les rénovations sont coûteuses et il est difficile d’en voir les bénéfices à court terme. Par exemple, on peut avoir tendance à privilégier une diminution du budget d’investissement pour financer l’augmentation des coûts de l’énergie. Néanmoins, il existe plusieurs bonnes pratiques, citées ci-dessous, à mettre en place dans ce domaine :
Se diriger vers la sobriété énergétique
On peut dans un premier temps changer nos habitudes d’usage, par exemple en diminuant le chauffage dans les couloirs et les halls ou encore en baissant la climatisation. Ensuite, il s’agit de moderniser les équipements par des modèles moins consommateurs.
Enfin, il peut s’agir de consommer autrement, par exemple en investissant dans une climatisation adiabatique. Cette dernière consomme dix fois moins d’énergie que les climatisations classiques tout en n’émettant pas de GES.
L’optimisation des locaux
Plutôt que de construire de nouveaux locaux, il serait plus intéressant de mutualiser une aile ou l’étage d’un bâtiment, voire de réduire les surfaces. En effet, le taux d’occupation des locaux peut être optimisé dans la plupart des bâtiments en étudiant le regroupement de plusieurs équipes avec la possibilité d’avoir des horaires flexibles. Une autre idée est de revoir le calendrier d’utilisation des bâtiments afin d’identifier les périodes de l’année où ces derniers peuvent être mis à disposition d’autres équipes.
Changer de source d’énergie
Il est possible de choisir un fournisseur d’énergie renouvelable ou de produire soi-même son électricité via l’installation de panneaux solaires. D’autres établissements ont choisi d’intégrer un réseau de chaleur en délaissant l’approvisionnement en gaz, et ainsi de baisser leur empreinte.
Favoriser la rénovation des bâtiments
Pour favoriser l’efficacité énergétique des bâtiments, il est indispensable de réaliser des rénovations. Il existe plusieurs aides financières à la transition bas carbone et notamment pour les rénovations énergétiques. Il est donc conseillé de réaliser une veille sur ces sujets et de les partager entre établissements.
Par ailleurs, les départements concernés peuvent lister des projets prêts à être lancés, afin d’anticiper les besoins et de comparer les devis. De même, les ordres de grandeur des coûts de rénovation peuvent être partagés entre établissements pour qu’ils puissent
rapidement chiffrer un projet et ainsi bénéficier des subventions.
Mutualisation du patrimoine
Il est aussi possible de mutualiser des équipements sportifs, par exemple, en partenariat avec les collectivités locales, même si cela implique un partenariat potentiellement plus complexe.
L’alimentation
Ce paragraphe concerne l’alimentation du personnel et des élèves dans les établissements de l’enseignement supérieur. À titre d’exemple, nous utiliserons la répartition des repas d’un restaurant universitaire pour aborder l’impact de l’alimentation dans l’enseignement supérieur.
Un repas comprenant du bœuf a une empreinte carbone plus de 10 fois supérieure à celle d’un repas végétarien Les protéines animales, notamment le bœuf, restent néanmoins très présentes dans les restaurants universitaires.
D’autres critères sont également à prendre en compte lorsque l’on s’intéresse à l’empreinte carbone de l’alimentation : saisonnalité, mode de préparation des aliments ou encore gestion des déchets alimentaires. Vous trouverez ci-dessous une liste non exhaustive de propositions permettant de minimiser l’impact carbone de l’alimentation dans votre établissement.
Faciliter la végétalisation des repas
Favoriser les repas moins carnés. Dans les restaurants universitaires, il peut pour cela s’avérer nécessaire de former les cuisiniers à la préparation de protéines végétales et de résoudre les questions logistiques liées à leur préparation (temps de cuisson plus longs...). Pour les repas apportés par le personnel et les étudiants, il serait intéressant de proposer des idées de recettes végétariennes pour faciliter la transition bas carbone
de l’alimentation.
Bannir les couverts/verres/assiettes jetables
Depuis la crise du covid-19, certains restaurants universitaires proposent des repas à emporter. Généralement, ces repas se trouvent dans des barquettes en plastique. Il est pourtant indispensable de limiter au maximum les emballages à usage unique en
plastique dans la restauration. Pour remédier à l’usage du plastique, il est possible d’utiliser des matériaux biodégradables ou de demander aux étudiants d’apporter leurs contenants. Cette démarche va de pair avec la gestion des déchets d’un établissement.
Favoriser les achats responsables
Il est recommandé de proposer des produits de saison, locaux et issus d’une agriculture responsable. Dans les restaurants universitaires et les établissements de l’enseignement supérieur, il est aussi important de communiquer sur la provenance des produits afin de
sensibiliser le plus grand nombre.
Améliorer la gestion des déchets
Dans un premier temps, il faut diminuer la quantité de déchets dans la restauration. Pour cela, il est possible de faire un état des lieux sur la production de déchets de la restauration de votre établissement et mettre en place des moyens de sensibiliser au gaspillage.
Dans un second temps, le tri des déchets peut être mis en place dans les restaurants universitaires mais également dans les établissements. Par exemple en mettant un compost à disposition sur le campus.
La conduite du changement
La conduite du changement passe par des actions de convivialité. Modifier ses habitudes ne doit pas être associé à une restriction de libertés. Ainsi, les sujets peuvent être présentés positivement, à travers des actions de sensibilisation ou des activités collectives (ex : nudges, communication positive...).
Il est également conseillé de proposer des initiatives permettant de passer immédiatement à l’action, et ce sur un temps long, pour accompagner les personnes à modifier de manière durable leurs usages (ex : challenge de “Ma petite planète”, un challenge par équipe proposant des défis écologiques sur 3 semaines ou encore challenge mobilité incitant les salariés à venir au travail autrement que seuls dans leur voiture…).
Les changements structurels qui concernent les modalités de travail et les missions des postes seront plus faciles à accepter et à mettre en place si les idées viennent directement des salariés. Pour cela, les ateliers cités dans le paragraphe précédent sont autant de moyens permettant des changements profonds et volontaires de l’organisation.
Le changement ne pourra se réaliser que par une implication globale de tous les usagers de la structure et un portage politique fort de la direction. Il faut valoriser toutes les initiatives et partager entre les établissements les bonnes pratiques pour accélérer la transition.
Une gouvernance durable
Face à l’urgence climatique, le climat doit être inclus à tous les niveaux de l’organisation
Cela comprend :
Un portage politique : porté par la gouvernance (ex : vice-présidence) et une feuille de route claire.
Un mécanisme permettant de porter la voix des usagers auprès des instances de décision (ex : conseil d’administration, une personne dédiée aux enjeux climatiques...).
La mise en application de ces différentes approches est nécessaire à la transition bas carbone de l’établissement. En effet, la prise en compte de toutes les parties prenantes est la clef de réussite pour que la transition écologique devienne un axe fort de la stratégie court terme et long terme de l’établissement. Elles doivent être présentes tout au long de la démarche de réduction des émissions et être informées de la performance des actions.
L’établissement doit encourager & accompagner les bonnes idées et les initiatives spontanées
Pour cela, il faut inciter l’ensemble des usagers à faire des propositions pour accompagner la transition bas carbone de l’établissement et mettre en place les moyens nécessaires à leur réalisation. Par exemple, en mettant en place un système de communication égalitaire pour l’ensemble des parties prenantes (comités RSE, groupes de travail, boîtes à idées, ateliers, etc.) ou un référent dédié au suivi de la réalisation des projets. L’objectif de cette démarche est de laisser aux personnes un espace de liberté et de leur montrer que chacun peut être entendu. L’établissement doit pouvoir mettre en mouvement ces idées pour en faire des réalisations concrètes.
Le passage à l’action se fera également en partageant entre établissements des bonnes pratiques pour une transition écologique commune et ambitieuse.
Une politique de ressources humaines adaptées
La vision politique de l’établissement se traduit par un portage opérationnel et des ressources humaines dédiées. Les établissements ne possèdent pas toujours de poste spécifique au sujet de la transition bas carbone. En parallèle d’une embauche ou d’une création de poste, il existe d’autres actions à mener pour avoir une approche transversale et complémentaire :
Il est possible de s’appuyer sur des réseaux existants comme les communautés d’universités et d’établissements, le CIRSES*, le Collectif Labos 1point5 ou encore les réseaux étudiants et les différents réseaux d’acteurs (Cluster, Centres d’échanges et de ressources). L’adhésion à ces réseaux peut permettre d’engager des actions de formation, de partager les bonnes pratiques des établissements, et de développer des partenariats vertueux.
* Collectif pour l’Intégration de la Responsabilité Sociétale et du développement durable dans l’Enseignement Supérieur
Il est souhaitable de disposer au moins d’une ressource opérationnelle. Cette dernière pourra permettre, entre autre, de coordonner les actions avec des volontaires. C’est un point clef pour accélérer sur les sujets de la transition.
L’implication volontaire peut être valorisée et ce, par exemple, au cours de l’entretien annuel pour tout ce qui concerne l’intégration des enjeux écologique dans les missions et dans la vie au travail.
La transition bas carbone est le sujet de tous. Il est donc intéressant d’inscrire les enjeux climatiques dans les fiches de poste au même titre que d’autres missions.
En continuité avec le point précédent, les objectifs personnels doivent inclure des objectifs climat, ou a minima une appréciation sur l’engagement de la personne (ex : “Comment l’agent a-t-il participé aux actions écologiques cette année ?”). Ainsi, un temps dédié à l’atteinte de cet objectif est alloué, notamment pour les postes en lien direct avec les enjeux principaux de l’établissement.
Certains établissements ont proposé aux étudiants de travailler sur ces sujets à travers un stage ou un projet d’étude.
L’important est de donner envie d’agir. Pour cela, il est nécessaire dans un premier temps de former le personnel et le corps enseignant aux enjeux de la transition écologique (ex : Fresque du Climat au cours de la journée du personnel, présentation de la feuille de route transition écologique à la prérentrée) afin qu’ils puissent s’emparer de ces sujets. Pour compléter ces actions de sensibilisation, l’établissement peut communiquer auprès de tous les agents sur son bilan carbone.
Bien que toutes les solutions précédentes puissent faire avancer les sujets bas carbone, toute politique et tout plan d’action ambitieux devront se traduire par des moyens humains adaptés.
L’impact carbone, un outil d’aide à la décision
Quand une situation avec des injonctions contradictoires se présente (ex : augmentation des effectifs étudiants et diminution de l’empreinte carbone), il est conseillé de mener des actions collectives et d’instaurer une communication entre plusieurs établissements concernés par cette problématique et le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la
Recherche et de l’Innovation (MESRI, le réseau des Crous) ou la Commission des Titres d’Ingénieur (CTI).
Au sein d’un établissement, la prise de décision peut être facilitée grâce au bilan carbone qui permet de disposer d’ordre de grandeur entre les différentes catégories d’émissions et d’identifier les postes les plus émetteurs. Ainsi, la stratégie de l’établissement pourra se concentrer sur les sites ou les profils les plus émetteurs.
Pour les futurs projets à arbitrer, il est possible d’intégrer un prix interne du carbone. Ce nouvel indicateur peut être un outil puissant d’aide à la décision. Par exemple, il est possible de simuler l’ajout au budget d’un projet d’un coût de 50€ la tonne de CO2 et d’étudier ainsi sa durabilité si une telle taxe venait à être mise en place.
Les préconisations pour intégrer les enjeux écologiques dans la formation
Les différents moyens d’intégrer les enjeux écologiques dans la formation
Il n’y a pas une façon unique d’intégrer les enjeux écologiques dans la formation, les possibilités sont multiples.
Le format d’intégration
Des actions ponctuelles, comme par exemple : mettre en avant les enjeux écologiques lors des cycles de conférences ou d’une rentrée climat. Cela peut être un premier pas lorsque l’établissement possède peu de moyens.
Une intégration systématique dans chaque matière, afin d’intégrer un volet sur les enjeux écologiques dans tous les cours et les modules de formation. Par exemple avec la création de nouvelles unités d’enseignement pour intégrer un module de formation supplémentaire sur les enjeux écologiques.
Le plus ambitieux : une refonte du programme pédagogique complet afin de l’adapter aux enjeux écologiques.
Le contenu
Pour toutes les formations, il est indispensable de mettre l’accent sur la partie théorique des enjeux écologiques (fonctionnement du système climatique, ordres de grandeur...), avec des modules de formations généralistes sur les enjeux climat/énergie, la biodiversité, la gestion de l’eau, des déchets...
Pour des formations spécifiques, il faut ajouter à cela une formation opérationnelle à la transition écologique, appliquée à la discipline enseignée :
Former à l’utilisation des outils comme l’Analyse de Cycle de Vie, le bilan carbone, l’inventaire de biodiversité, pour les étudiants ingénieurs.
Enseigner la réglementation sur les enjeux écologiques et son historique pour les étudiants en droit.
Apprendre à communiquer de manière pertinente sur ce sujet en évitant le greenwashing pour les étudiants en communication.
Prendre en compte la durabilité des matières premières et des usages pour les étudiants en design.
Revoir la durabilité des business models et la raison d’être des entreprises, et quels peuvent être leur impacts positifs dans une société aux ressources limitées pour les étudiants en école de commerce.
Ces propositions sont bien sûr non exhaustives et non exclusives.
Afin de lever les éventuelles résistances au changement du corps enseignant concernant l’intégration des enjeux écologiques dans la formation, la première étape est de sensibiliser, informer et impliquer les enseignants, afin qu’ils intègrent la démarche de changement. La sensibilisation peut être réalisée à l’occasion d’événements ponctuels, de séminaires attractifs, de rentrées climat, ou encore de formations.
La sensibilisation des enseignants sera d’autant plus réussie et perçue comme légitime si l’établissement fait preuve d’exemplarité en termes d’engagement environnemental et s’il a une politique de transition écologique forte (ex : réduction de la consommation énergétique, baisse du nombre de déplacements aériens, tri des déchets).
Enfin, si cette sensibilisation ne porte pas ses fruits, une réflexion sur les maquettes pédagogiques pourraient être envisagées pour intégrer les enjeux écologiques dans de nouveaux cadres.
Faciliter le travail des enseignants
Intégrer les enjeux écologiques dans les enseignements nécessite un véritable travail de réflexion sur le contenu des cours et de leurs objectifs, ce qui demande une sollicitation forte de la part des enseignants, en termes de compétences et de connaissances.
Des outils existent pour faciliter le travail des enseignants :
S’appuyer sur des organismes externes pour accompagner à l’adaptation des enseignements (Campus de la Transition, UVED, Enseignants de la Transition, enseignerleclimat.org...).
Aborder les mêmes éléments d’enseignement mais sous un autre angle. Ainsi, cela permet de capitaliser sur l’existant et les connaissances des professeurs, et de réduire l’investissement en temps et en énergie requis pour changer une maquette de cours entière (la maquette pédagogique étant assez rigide, et son changement nécessitant un lourd portage administratif).
Les établissements peuvent également prendre la responsabilité de mettre en place des actions qui permettront une meilleure transition pour les enseignant :
Mise en place de groupes de travail tripartites regroupant des enseignants, des chercheurs, et des étudiants. Des entreprises peuvent être associées à la démarche.
Afin de favoriser l’implication des étudiants, notamment sur la durée, il est primordial que cet engagement soit reconnu (par des crédits ECTS, une compensation...).
Partage des bonnes pratiques pédagogiques en termes d’intégration des enjeux écologiques dans les enseignements, au sein des établissements mais aussi entre eux.
Les écoles et universités peuvent collaborer pour faciliter une intégration globale :
Partager des modules de formation avec d’autres universités ou écoles, afin de mutualiser le travail réalisé sur l’intégration des enjeux écologiques dans la formation. Parfois des synergies existent déjà entre établissements. Dans le cas où des établissements proches sont plutôt en concurrence, ou cherchent à se différencier les uns des autres, il s’agira de mutualiser les modules de formation avec des établissements aux disciplines très différentes : cela pourra permettre d’éviter à la fois l’écueil concurrentiel, mais aussi d’aborder ces enjeux avec un nouveau prisme, enrichissant à la fois pour les étudiants et les enseignants.
Conclusion
Les enjeux écologiques doivent trouver leur place dans la formation afin d’initier et d’appuyer les initiatives allant dans ce sens. Pour permettre cet engagement et
favoriser la mise à l’ordre du jour de ce sujet, les équipes des établissements de l’enseignement supérieur peuvent s’appuyer sur différents éléments :
La compétition entre les établissements, qui va se jouer de plus en plus sur le champ de l’écologie.
Les attentes, souvent fortes, des parties prenantes sur ces sujets. Outre les étudiants et le personnel, certaines entreprises partenaires des établissements, des recruteurs, parlent de plus en plus de RSE et deviennent friands de compétences sur ces sujets. Ainsi, il faut concerter les étudiants et les recruteurs pour mettre en lumière l’importance stratégique de l’intégration des enjeux écologiques dans la formation.
L’intégration dans une démarche bas carbone globale, qui ne doit pas s’arrêter à la réalisation d’un bilan carbone mais qui comprend aussi une stratégie climat, révisée régulièrement.
Les établissements peuvent donc :
Établir un plan d’action pour intégrer les enjeux écologiques dans la formation. Le plan dépendra des ambitions de la direction en termes d’intégration des enjeux écologiques dans la formation, et de la pertinence du degré de cette intégration en fonction du cursus suivi par les étudiants. En effet, des étudiants en langues étrangères ne devront pas nécessairement être formés aux enjeux écologiques de la même manière que des étudiants en cursus d’ingénieur ou d’école de commerce.
Adapter les ressources humaines en fonction de l’ambition de ce plan. Il est possible de dédier officiellement du temps à certaines personnes déjà en poste pour mener à bien ce chantier.
De plus, les établissements de l’enseignement supérieur peuvent s’appuyer sur de nombreuses ressources et réseaux pour mener la transformation de leurs enseignements : associations étudiantes, Shift Project, associations d’alumni...
Sorti en février 2022, il accompagne les opérateurs de l’enseignement supérieur dans la mise en oeuvre opérationnelle de l’intégration des enjeux écologiques dans la formation. De plus, il témoigne de la volonté gouvernementale d’avancer dans ce sens.
Il permet d’accompagner les acteurs de l’enseignement supérieur dans la transition écologique grâce à des outils et pratiques innovants.
Merci aux structures participantes :
Le CROUS de Lyon • L’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Saint-Etienne (ENISE) • L’école Normale Supérieure de Lyon • L’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat (ENTPE) • L’Université de Lyon (UDL) • Université Claude Bernard Lyon 1 • L’Université Jean Monnet de Saint-Etienne • VetAgro Sup
Merci également aux experts ayant participés au programme :
Amélie Deloche de Pour un réveil écologique • Damien Amichaud du Shift Project • Elise Bunel du label DD&RS • Fanny Picard de Meilleur Demain • Hélène Dano d’Ecologeek • Marie Cavaniol de RESES • Pierre Peyretou de l’ESCP • Solène Dailloux et Florent Haffner du Campus de la Transition • Timothée Quellard d’Ekodev
Certaines s’appliquent dès maintenant, d’autres dessinent le cadre des prochains mois ou des prochaines années. Dates, chiffres, changements de méthode, échéances : nous avons retenu les éléments qui peuvent concrètement modifier le travail des équipes RSE, ou qui méritent d’être anticipés.
En résumé :
Depuis le 22 août 2026, les marchés publics doivent obligatoirement intégrer un critère environnemental dans l’analyse des offres et une condition d’exécution environnementale dans le contrat. Les entreprises candidates doivent donc être capables de proposer des engagements précis et vérifiables.
La SNBC 3 adoptée par décret le 16 juillet 2026, relève l’ambition des objectifs climatiques français : le budget carbone 2024-2028 passe de 362 Mt éqCO2/an à 342 Mt éqCO2/an et l’objectif 2030 de -40 % à -50 % par rapport à 1990. Avec la SNBC 3, la France devient le premier pays à fixer des objectifs chiffrés sur son empreinte carbone, émissions importées comprises : -71 % à -79 % en 2050 par rapport à 2010.
Le 3 juillet 2026, la Commission européenne a adopté les ESRS révisés et le standard VS (ex VSME - Voluntary Standard for SMEs). Avec cette révision, le nombre de points de données obligatoires de la CSRD diminue de plus de 60 %, et le nombre total de points de données de plus de 70 %, sans remettre en cause le principe de double matérialité. Les textes sont encore en cours d’examen par le Parlement européen et le Conseil de l’UE.
Le 11 juin 2026, SBTi apublié la V2 de son Corporate Net-Zero Standard. Elle renforce le passage de l’objectif à l’action : cycles de cinq ans, plan de transition, suivi annuel et nouvelle approche du Scope 3. Les objectifs déjà validés restent actifs et la transition vers la V2 se fera progressivement en 2027-2028.
Le 29 juillet 2026, le GHG Protocol a annoncé la fusionde son standard de reporting avec celui de l'ISO. Ce rapprochement s'accompagne d'une refonte majeure du Scope 3 : obligation de couvrir au moins 95 % des émissions (max. 5 % d'exclusions justifiées), transparence accrue sur l'origine des données (réelles ou estimées) et création d'une catégorie pour les intermédiaires (Catégorie 16). Les règles sur les achats d’énergie renouvelable (Scope 2) restent en discussion.
Marchés publics : les exigences environnementales deviennent obligatoires dans les offres et les contrats
Depuis le 22 août 2026, l’article 35 de la loi Climat et Résilience impose de nouvelles obligations environnementales dans les marchés publics.
La Direction des Affaires juridiques (DAJ) de Bercy a précisé leur application dans des fiches publiées le 23 juillet 2026. Ces règles concernent tous les marchés publics et les contrats de concession (y compris les prestations de conseil ou de services informatiques), à la seule exception des contrats de défense et de sécurité.
Concrètement :
L’obligation d’au moins un critère environnemental dans les appels d’offres publics : Pour noter et départager les candidats, l’acheteur public doit systématiquement intégrer un critère d’attribution prenant en compte les caractéristiques environnementales de l’offre (comme la part de matériaux recyclés ou réemployés, la part des produits titulaires de l’écolabel européen ou tout autre écolabel équivalent).
Une clause verte d'exécution obligatoire : les contrats doivent désormais prévoir au moins une condition d’exécution environnementale précise, mesurable et vérifiable pendant le chantier ou la prestation. Une formulation passive comme « Le titulaire doit respecter la réglementation environnementale en vigueur » est désormais insuffisante. À titre d’exemple, la DAJ propose des rédactions concrètes telles que l’obligation de mettre en œuvre un plan de gestion des déchets incluant le tri à la source et la valorisation d’au moins 70 % des déchets générés par le contrat.
Interdiction du recours au critère unique du prix : Si l’acheteur ne retient qu’un seul critère, il doit utiliser le coût selon une approche globale qui prend en compte les caractéristiques environnementales, par exemple à travers le coût du cycle de vie.
Le critère environnemental doit compter pour au moins 10 % de la note finale : Pour garantir la portée réelle de ce critère environnemental, la DAJ recommande de lui attribuer une pondération représentant a minima 10 % de la note totale. C'est un conseil d'achat et non un minimum fixé par la loi.
Une clause sociale obligatoire au-delà des seuils européens (140 000 € pour l’État, 216 000 € pour les collectivités et 5 404 000 € pour les marchés de travaux et concessions) : l’acheteur doit intégrer une clause liée à l’emploi ou au domaine social. Sauf dérogation exceptionnelle prévue par la loi, cette obligation peut se traduire concrètement par des engagements sur l'insertion professionnelle, l'amélioration des conditions de travail, l'accessibilité ou encore l'égalité professionnelle.
🗒️Notes : Qu’en est-il pour le cas des petits achats (< 25 000 € HT) ? Pour une commande sans écrit, l’acheteur doit chercher à intégrer des objectifs environnementaux. Une méthode serait par exemple d’évaluer les offres en coût global (en cumulant le prix d'acquisition, l'entretien, la durée d’usage et la valorisation des déchets). Si l’achat fait l'objet d'un simple devis, ce sont les conditions générales applicables qui doivent incorporer une clause verte. En revanche, dès qu'un marché écrit formel est exigé, cette clause environnementale doit figurer directement au cœur même du contrat.
Ce que vous devez en retenir
La réglementation interdit à l'acheteur public de noter la politique RSE globale d’une entreprise. Les critères et les clauses d'exécution doivent présenter un lien direct avec l’objet du marché.
Pour se démarquer, les candidats devront impérativement structurer un mémoire technique environnemental sur mesure, détaillant des engagements chiffrés, des indicateurs de performance et des preuves de suivi directement applicables aux prestations du contrat. Un mémoire technique environnemental trop généraliste ou standardisé risque d’obtenir une note insuffisante pour remporter le marché.
Adoption de la SNBC 3 : ambition d'une accélération nette de la baisse des émissions en France d'ici 2030.
Adoptée par décret le 16 juillet 2026, la troisième Stratégie nationale bas-carbone actualise la feuille de route de la France pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et atteindre la neutralité carbone en 2050.
Parmi les principales évolutions :
Un objectif 2030 rehaussé et un budget carbone resserré : Par rapport à la SNBC 2, la SNBC 3 rehausse nettement l'ambition nationale. La cible de baisse des émissions territoriales brutes hors puits de carbone d'ici 2030 est portée de -40 % à -50 % (ramenant la cible d'émissions de 315 Mt à 276 Mt éqCO2). Pour concrétiser cette accélération, le 3e budget carbone (2024-2028) a été fortement resserré : le plafond d'émissions annuel autorisé est ramené de 362 Mt éqCO2/an sous la SNBC 2 à 342 Mt éqCO2/an sous la SNBC 3.
source : Stratégie nationale bas-carbone n°3 Partie 1 Juillet 2026
Des objectifs sur l’empreinte carbone : jusqu’ici suivie mais sans objectif chiffré dans la SNBC, l’empreinte carbone de la France intègre désormais une cible indicative de réduction. Elle doit baisser de 38 % à 43 % d’ici 2030 et de 71 % à 79 % d’ici 2050 par rapport à son niveau de 2010.
source : Stratégie nationale bas-carbone n°3 Partie 1 Juillet 2026
🗒️Notes : Inventaire et empreinte, quelle différence ? L’inventaire national, fondé sur une approche territoriale, comptabilise les émissions de GES générées par les ménages et les activités économiques présents sur le territoire français. L’empreinte carbone adopte une approche par la consommation : elle ajoute aux émissions territoriales celles liées aux importations et exclut celles associées aux exportations.
Des puits naturels revus à la baisse : la dégradation de la capacité d’absorption biologique des forêts françaises liée au changement climatique (sécheresses, scolytes, incendies) oblige l'État à revoir ses hypothèses. La stratégie donne parallèlement davantage de place aux puits technologiques de captage et stockage du CO₂ (BECCS et DACCS).
Des transformations sectorielles importantes : électrification des usages, baisse des énergies fossiles, rénovations des bâtiments, décarbonation de l’industrie et évolution des pratiques agricoles structurent la trajectoire.
Dans son rapport annuel publié en juillet 2026, le Haut Conseil pour le Climat alerte sur le ralentissement de la décarbonation nationale, marquée par des baisses d'émissions brutes de seulement -3,0 % en 2024 et -2,1 % en 2025 (pré-estimée). Pour respecter le 3e budget carbone, ce rythme de réduction annuel doit au moins doubler pour dépasser 4 % par an d’ici 2028.
Le HCC recommande également d’associer à la SNBC 3 une feuille de route opérationnelle annuelle, étroitement coordonnée avec la planification budgétaire nationale, afin de renforcer les investissements nécessaires à la décarbonation et garantir la stabilité des dispositifs.
Parmi les 82 recommandations de son rapport annuel, le Conseil met particulièrement en avant la nécessité d'activer des leviers collectifs de sobriété, aujourd'hui sous-exploités, pour soulager la demande d’énergie et les ressources en biomasse.
À titre d’illustration, le HCC préconise notamment d'instaurer un moratoire sur l'augmentation des capacités des aéroports français pour contenir la hausse du trafic aérien, et d'encadrer les professionnels de l'agroalimentaire afin d'orienter la demande de consommation vers un régime plus végétal.
Ce que vous devez en retenir
Pour les responsables RSE, la SNBC 3 est plus que jamais un outil de projection stratégique. Elle permet de vérifier si les investissements et les choix stratégiques de votre entreprise sont cohérents avec les transformations probables dans votre secteur d'activité. L’introduction d'objectifs sur l'empreinte carbone replace également les achats, les importations et la décarbonation de votre chaîne de valeur au cœur de la stratégie.
ESRS et VSME : le reporting est fortement allégé, sans abandonner ses fondamentaux
Le 3 juillet 2026, la Commission européenne a adopté les ESRS révisés ainsi que le standard volontaire VSME, désormais rebaptisée « Voluntary Standard » ou VS.
Les principaux changement du standard volontaire (VS) :
Un allègement des indicateurs (points de données) : Pour s'aligner sur les normes ESRS révisées, le standard a été allégé par rapport à sa version initiale. Par exemple, l'intensité carbone (B3) et la surface au sol artificialisée (B5) ont été supprimées. De plus, le taux de rotation du personnel (turnover) a été basculé du module de base (initialement intégré dans la norme B8) vers le module complémentaire (C5).
Une protection renforcée pour les très petites entreprises : La Commission a introduit un seuil spécifique fixé à 10 salariés. Pour les entreprises comptant 10 employés ou moins, certaines informations (notamment les données environnementales complexes) sont désormais totalement facultatives.
En parallèle, la Commission européenne a publié une nouvelle version des normes reporting en matière de durabilité (ESRS).Cette révision poursuit l’objectif du paquet Omnibus : réduire la charge et le coût du reporting de durabilité tout en conservant les principes structurants de la CSRD.
Les textes sont actuellement soumis à l'examen de non-objection du Parlement européen et du Conseil de l'UE jusqu’en septembre voire novembre 2026.
Parmi les principaux changements :
Le nombre total de points de données diminue fortement (+ de 70%) : les points de données obligatoires diminuent de plus de 60 % et le nombre total de points de données de plus de 70 %. Selon l’EFRAG, les économies de coûts de reporting pourraient atteindre en moyenne environ 34 % sur cinq ans pour les entreprises concernées, tandis que la Commission européenne estime que la réduction des charges dépassera 30 % par entreprise.
La double matérialité est pérennisée : l’entreprise doit toujours identifier ses impacts, risques et opportunités matériels. L’analyse est toutefois simplifiée avec une approche « top-down » : l’entreprise commence par évaluer les grands sujets de durabilité au regard de ses activités et de son modèle d’affaires, puis approfondit uniquement ceux pour lesquels la matérialité (ou non matérialité) n’est pas évidente.
Davantage de souplesse sur les données : recours facilité aux estimations, possibilités d’omission sous conditions, et délais supplémentaires pour certaines informations complexes comme l'impact financier futur du changement climatique sur l'entreprise.
Introduction du "Value Chaine Cap" pour protéger les sous-traitants : Lors de la collecte de données, ce principe interdit formellement aux donneurs d'ordres soumis à la CSRD d'exiger de leurs fournisseurs de moins de 1 000 salariés des données ESG dépassant le cadre simplifié du standard volontaire VS.
Pour l’exercice 2026, les entreprises de la première vague disposent de plusieurs options : Elles peuvent choisir de conserver temporairement les ESRS actuels, d'adopter par anticipation les ESRS révisés, ou d’opter pour une approche intermédiaire leur permettant de bénéficier de plusieurs mesures de simplification ciblée. L’application des ESRS révisés est prévue à partir de l’exercice 2027, sous réserve de la fin du processus institutionnel.
Ce que vous devez en retenir
Réduire la charge d'un reporting parfois très lourd va permettre aux équipes RSE de libérer du temps pour piloter des plans d'actions concrets. Toutefois, la simplification ne doit pas rimer avec perte d'informations stratégiques : une double matérialité solide reste indispensable pour guider les investissements et sécuriser la résilience du modèle d'affaires face aux risques physiques et de transition. Enfin, pour les entreprises exclues du périmètre réglementaire suite au relèvement des seuils cumulatifs (plus de 1 000 salariés et plus de 450 M€ de CA), le standard volontaire VS s'impose comme l'outil idéal pour répondre plus simplement aux demandes ESG.
SBTi V2 : le standard passe davantage de l’objectif à la mise en œuvre
Le 11 juin 2026, SBTi a publié la version 2.0 de son Corporate Net-Zero Standard. L’évolution répond à une difficulté remontée depuis plusieurs années : fixer une trajectoire scientifique ne suffit pas toujours à provoquer les réductions attendues, notamment sur le Scope 3 lorsque l’entreprise dépend de ses fournisseurs, de technologies encore peu disponibles ou de transformations de filière.
SBTi présente donc désormais son standard comme un cadre davantage tourné vers la mise en œuvre.
Parmi les principaux changements :
La distinction Catégories A et B : Les obligations sont désormais proportionnées. La Catégorie A (grandes entreprises et ETI des pays riches de ≥ 250 salariés ou ≥ 50 M€ de CA) doit obligatoirement soumettre un objectif Scope 3 à court terme et soumettre son bilan carbone de référence à un audit indépendant par un tiers. Pour la Catégorie B (plus petites structures), le Scope 3 court terme devient optionnel.
La gouvernance au cœur : Les objectifs de court terme sont fixés sur des cycles de cinq ans et toutes les entreprises doivent disposer d’un plan de transition, validé au plus haut niveau de gouvernance, avec un suivi régulier des progrès.
Le recentrage du Scope 3 : SBTi abandonne l'ancienne règle rigide qui exigeait de couvrir 67 % du Scope 3 global. Désormais, pour les grandes entreprises (Catégorie A), il devient obligatoire de cibler individuellement chaque catégorie pesant au moins 5 % du Scope 3. Toutefois l’entreprise peut exclure une catégorie de plus de 5 % si elle n'a aucun moyen d'action réel dessus (comme des actifs loués non contrôlés), à condition de le justifier et de le quantifier en toute transparence.
Crédits carbone et OER : SBTi clarifie les règles à ce sujet, la compensation reste interdite pour réduire ses émissions directes. Elle crée cependant l’OER (Ongoing Emissions Responsibility), un programme volontaire (jusqu’en 2035) permettant de valoriser financièrement le soutien à des projets climatiques hors chaîne de valeur pour assumer ses émissions résiduelles durant la transition. Pour le secteur, cela acte le passage de la neutralité individuelle revendiquée à la notion de contribution collective.
Le principe du « Best effort » : Si une entreprise n’atteint pas son objectif après un cycle de 5 ans, elle ne perd plus sa labellisation ; elle doit prouver avec transparence qu’elle a mobilisé tous les leviers possibles et expliquer scientifiquement ses obstacles.
Cette permissivité fait débat. L’ONGCarbon Gap reconnaît la difficulté pour SBTi de trouver l’équilibre entre maintenir un maximum d’entreprises engagées et réserver la validation aux trajectoires réellement compatibles avec la neutralité carbone.
Mais l’organisation estime que le nouveau référentiel « flexibilise » et « temporise » beaucoup, et juge l’approche « best possible efforts » « un peu légère pour une certification » face à l’accélération du changement climatique.
SBTi a également renoncé à imposer la comptabilisation obligatoire au « pas horaire » des garanties d’origine (pour faire coïncider heure de consommation et heure de production d'énergies renouvelables intermittentes). Cette pratique reste volontaire, ce qu’EnergyTag et plusieurs ONG ont publiquement critiqué.
Ce que vous devez en retenir
Pour les équipes RSE, cette V2 déplace une partie du travail vers la mise en œuvre : qualité du plan de transition, actions réellement engagées et capacité à documenter les blocages rencontrés. Sur le Scope 3 en particulier, SBTi reconnaît davantage qu’une entreprise ne maîtrise pas seule toute sa chaîne de valeur, tout en lui demandant de démontrer précisément les actions qu’elle peut engager.
🗒️Notes : Cette évolution conforte aussi l’intérêt que nous portons à ACT Pas-à-Pas pour construire une stratégie de transition. La méthode relie la trajectoire aux décisions qui doivent permettre de l’atteindre, en travaillant notamment sur la gouvernance, les investissements, le modèle économique et le plan d’action. SBTi reste utile pour cadrer un objectif de réduction aligné avec la science, ACT Pas-à-Pas apporte un cadre plus concret pour organiser les transformations à engager et suivre leur mise en œuvre.
GHG Protocol : alignement avec l’ISO et de nouvelles règles méthodologiques
Le 29 juillet, le GHG Protocol a officiellement annoncé une série d'évolutions majeures pour ses standards de comptabilité d'entreprise. Face à une demande internationale de standards de comptabilité carbone interopérables et plus précis, l'organisation renforce sa gouvernance et s'associant à l'ISO et pose les bases des évolutions méthodologiques à venir.
Les nouveautés et chantiers clés à retenir :
La fusion historique avec l'ISO : Le GHG Protocol et l'ISO (Organisation internationale de normalisation) vont unir leurs standards respectifs de comptabilité carbone d'entreprise en une seule et unique norme internationale harmonisée d'ici fin 2028. C'est une étape importante vers l'unification des règles du reporting GES à l'échelle internationale.
La refonte structurante du Scope 3 : Véritable pilier de cette révision, la refonte du Scope 3 (les émissions indirectes de la chaîne de valeur, représentant souvent plus de 70 % de l'empreinte totale) durcit considérablement les règles. Les nouvelles exigences prévoient l’obligation de couvrir au moins 95 % des émissions obligatoires, limitant les exclusions à un plafond strict de 5 % qui devront être rigoureusement quantifiées et justifiées.
Les entreprises devront également faire preuve d’une transparence totale sur la qualité de leurs données en distinguant les données réelles (fournies par les partenaires) des simples estimations d'activité ou monétaires. Enfin, une nouvelle catégorie dédiée aux « émissions facilitées » (la Catégorie 16) est créée pour comptabiliser l'impact indirect des intermédiaires, comme les plateformes numériques de mise en relation, le courtage ou les services financiers.
La consultation Scope 2 (électricité renouvelable) : Les résultats de la consultation publique sur la révision du Scope 2 (qui a recueilli près de 1 100 réponses de 56 pays) ont été publiés. Ils confirment une grande diversité d'opinions sur la manière dont les entreprises doivent comptabiliser l'achat d'énergies renouvelables, un sujet qui reste très débattu.
Ce que vous devez en retenir :
Pour les directions RSE, l'annonce d'une future fusion entre l'ISO et le GHG Protocol est un signal fort qui devrait, à terme, simplifier les démarches de conformité en éliminant la concurrence entre ces deux référentiels historiques. Les futures règles de comptabilisation de l'électricité renouvelable (Scope 2) et des actions de réduction font encore l'objet d'intenses discussions techniques.
De plus, la rigueur accrue sur le Scope 3 impose d'anticiper dès maintenant la structuration, la traçabilité des données pour se préparer à des audits carbone de plus en plus stricts, exigés par les réglementations et les investisseurs.
Responsable d'une part majeure des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France (deuxième secteur le plus émetteur du pays) le bâtiment doit accélérer sa transition. Si les grandes entreprises ont déjà engagé des actions de décarbonation, la démarche reste encore à généraliser auprès des entreprises artisanales du bâtiment, qui représentent pourtant la majorité du tissu économique du secteur.
Réalisé par la CAPEB, l’ADEME et WeCount à partir de l’accompagnement de 11 entreprises artisanales dans la réalisation de leur bilan carbone et la construction de leur stratégie climat, ce guide regroupe les meilleures pratiques et retours d'expérience du terrain. Il a pour objectif d'accompagner chaque artisan dans la compréhension de ses enjeux carbone et la mise en œuvre de sa transition bas-carbone.
Contenu du guide
Ce document recense les enjeux carbone spécifiques au secteur, présente des leviers d’action génériques applicables à tous les corps de métier et met en avant des initiatives de réduction concrètes. Afin de répondre aux réalités de chaque activité, le guide intègre 9 fiches d’actions détaillées adaptées à différentes typologies d’artisans : métallier, menuisier, charpentier, plâtrier-plaquiste, peintre, électricien, chapiste, maçon et installateur de systèmes de sûreté.
Transformez votre entreprise artisanale du bâtiment en un acteur clé de la transition bas-carbone !
Pendant plusieurs mois, ces structures ont réalisé leur bilan d'émissions de gaz à effet de serre (GES), partagé leurs données terrain et élaboré leurs premières pistes d'action de décarbonation grâce à l'accompagnement individuel, aux ateliers collectifs et à la plateforme carbone de WeCount.
Les retours d'expérience opérationnels des Offices de Tourisme participants, associés à l'expertise méthode de WeCount, ont permis la co-construction d'une note méthodologique au plus proche des réalités et des spécificités du secteur touristique territorial.
Contenu du guide
Dans le guide, vous pouvez trouver :
✅ +20 idées d'actions concrètes et leviers opérationnels pour engager votre plan de décarbonation et inciter aux mobilités bas-carbone.
💡 Des repères méthodologiques sur-mesure pour structurer votre démarche et réussir à définir vos périmètres d'étude (Périmètre Office de Tourisme vs Périmètre Destination)
🔎 Une analyse décryptée des 6 principaux postes d'émissions du secteur : mobilités visiteurs (réceptif/local), produits de boutique, prestations traiteurs & alimentation, numérique, gestion des bâtiments et achats de services.
📊 Des recommandations et cas pratiques pour fixer votre trajectoire de réduction des émissions (alignée sur la SNBC, les objectifs de votre collectivité ou la méthodologie SBTi) et mobiliser votre écosystème territorial.