Quels outils pour calculer facilement tous les scopes de son bilan carbone ?


  1. Qu’est-ce qu’un bilan carbone pour une entreprise ?

  2. Pourquoi faire son bilan carbone ?

  3. Quelles sont les obligations réglementaires ?

  4. Comment faire son bilan carbone : les différentes étapes

  5. Des critères pour choisir un outil de réalisation de Bilan Carbone

 


Voici une définition simple 👉


Le bilan carbone est un outil de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre. Il permet de mesurer les émissions directes et indirectes induites par son entreprise et toute sa chaîne de valeur.

En France, la principale méthode utilisée est celle développée par l’ADEME et l’Association Bilan Carbone (ABC). Elle décompose le bilan carbone en trois scopes :



  • Le scope 1 comprend les émissions directes liées aux consommations d’énergie, conséquence des activités contrôlées par l’entreprise. Exemple : chauffage au fioul.

  • Le scope 2 (qui est lié au scope 1) qui inclut les émissions indirectes liées aux consommations d’énergie. Exemple : consommation d'électricité.

  • Et enfin le scope 3 : Il regroupe toutes les autres émissions de gaz à effet de serre induites par l’activité de l’entreprise. Exemple : achats de matières premières, transport des produits vendus, etc.



 

Pourquoi faire son bilan carbone ❓


Faire son bilan carbone est la première étape de toute stratégie RSE et climat digne de ce nom. En effet, définir une stratégie de décarbonation implique d’avoir une base de référence en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre (GES) de son entreprise et les moyens d’évaluer réellement année après année l’évolution de ces émissions.

Faire son bilan carbone permet ainsi de dresser un état des lieux annuel des impacts de l’entreprise sur le dérèglement climatique. Il permet d’identifier les principaux postes d’émission de GES, et des leviers d’action concrets quant à la réduction de ces émissions.

En outre, le processus-même de réalisation du bilan carbone peut se révéler vertueux : parce qu’il requiert les contributions de différents départements et collaborateurs de l’entreprise (achats, technique, RH, etc.), il fédère les équipes de l'entreprise, les sensibilise aux enjeux climatiques et à la politique RSE interne.

Enfin, d’un point de vue stratégie long-terme, réduire les émissions de son entreprise permettra également de diminuer sa vulnérabilité face aux augmentations probables du prix des énergies fossiles et de la tonne de CO2e.


 

Quelles sont les obligations réglementaires ❓


Depuis la loi Grenelle II de juillet 2010, la réalisation du bilan carbone et la recherche de la neutralité carbone sont devenus obligatoires pour un certain nombre d'acteurs publics et privés.



Cette obligation concerne les organisations de plus de 500 salariés (250 dans les DOM-TOMs), les collectivités de plus de 50 000 habitants,ainsi que les services de l'État et les établissements publics de plus 250 agents.

Ces organisations sont tenues de réaliser et publier un BEGES (Bilan des Gaz à Effet de Serre) relevant des scopes 1 & 2 a minima tous les quatre ans et de le publier sur le site de l’ADEME (à retrouver 👉 ici). Un plan de transition pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre doit également être adjoint à ce reporting réglementaire.

Bien que limitée aux scopes 1 et 2, la réglementation insiste sur l'importance de la mesure dès le départ sur l’ensemble des scopes (scope 1, 2 et 3), le scope 3 représentant bien souvent près de 75 % des émissions d’une organisation.


 

Comment faire son bilan carbone : les différentes étapes 📑


Pour mesurer les émissions de GES générées par son entreprise, il faut :

  1. Définir le périmètre de mesure du Bilan Carbone.

  2. Collecter les données d’activités physiques du périmètre préalablement défini (consommations d’énergie, kilomètres parcourus par sa flotte de véhicules, quantité de matière première achetée, etc.).

  3. Identifier les facteurs d’émission associés à chacune de ces données (s’aider pour cela notamment de la Base Carbone de l’ADEME).

  4. Multiplier chaque donnée par le facteur d’émission correspondant. Cette étape permet de convertir la donnée physique en quantité de CO2.

  5. Analyser les résultats puis établir et mettre en place un plan d’action pour réduire les émissions.




Plusieurs outils et solutions sont disponibles pour réaliser son BEGES :

  • Tableur Bilan Carbone ® fourni par ABC

  • Bilan Carbone + ® fourni par ABC

  • Outils, notamment fichiers excel créés en interne → Ces outils, peu coûteux en termes de prix, sont particulièrement adaptés à un public d’experts carbone (consultants) ou aux organisations de petite taille. Ils nécessitent une expertise en matière de comptabilité carbone pour être pris en main ainsi que des ressources internes pour les compléter.

  • Recours à des consultants, qui utilisent pour la plupart des fichiers excels également → Cette solution est particulièrement adaptée aux structures qui souhaitent externaliser la réalisation de leur bilan carbone.. Au-delà de son coût, c’est une solution qui en générale privilégiera moins l’internalisation des compétences en matière de comptabilité carbone.

  • Plateformes en ligne et logiciels → Ces outils sont généralement un bon juste milieu entre les tableurs internes et le recours à des consultants externes. Ils facilitent la collecte, l’analyse, et le suivi dans le temps des données. En outre, ils permettent une internalisation des compétences et un suivi long terme de ses émissions de CO2e. C’est donc l’outil à privilégier pour les organisations ambitieuses souhaitant suivre et piloter leur impact carbone dans le temps.

Cependant, tous logiciels et plateformes ne se valent pas.

Nous avons donc réalisé une liste de critères à prendre en compte lors du choix de la plateforme de bilan carbone pour votre entreprise.



“ Un bilan carbone réalisé en quelques clics n’existe pas. Un bilan carbone orientant uniquement l’organisation vers des actions de compensation, encore moins ! ”
 

Des critères pour choisir un outil de réalisation de Bilan Carbone 📑


Il doit être construit autour de la méthodologie de l’ABC et fournir des facteurs d’émissions (FE) dont la source est complètement transparente afin que vous soyez sûrs de vos calculs. Des facteurs préférablement issus de la base carbone de l’ADEME ou du GHG Protocol.

L’outil doit être ergonomique et vous permettre de gagner du temps par sa facilité de prise en main et d’utilisation.

L’outil doit comprendre des aides à la saisie, un impératif pour comprendre ce que l’on veut calculer et comment, ainsi que l’indication des données d’activités nécessaires à l'organisation de sa collecte.

Il doit permettre de cartographier les activités de l’organisation organisée en 3 scopes afin d’identifier et de structurer toutes les sources significatives d’émission de GES. Sans oublier la possibilité de répartir les émissions par site et/ou produit.

Un outil qui donne accès, pour les différents postes d’émissions, à plusieurs méthodes de calculs pour s’adapter aux données disponibles au sein de chaque organisation.

Propose le calcul des incertitudes pour bien appréhender les marges d’erreur de votre reporting.

Une dimension collaborative afin que chaque utilisateur participant au projet puisse facilement et intuitivement apporter sa pierre à l’édifice dans les domaines d’émissions qui lui sont attribués.

Un suivi de l’avancée de la collecte des données clair, tant pour organiser globalement la collecte que pour valoriser la progression des collaborateurs.

La possibilité de sourcer et de commenter chaque donnée entrée ainsi que l'aperçu des résultats sous forme de synthèse et de tableaux détaillés permettant de rentrer en profondeur dans les résultats (graphiques et indicateurs d’intensité carbone variés et personnalisés, tableaux réglementaires).

Un bilan carbone n’est rien sans l’établissement d’un plan d’action opérationnel dérivant de l’analyse des données. Une bonne plateforme de bilan carbone permet d’établir des trajectoires basées sur les travaux de l'initiative Science Based Targets (SBT) et donc alignées avec les Accords de Paris.

Enfin, pour pouvoir définitivement internaliser les compétences, la plateforme doit donner accès à des outils de collecte de données complémentaires et des contenus créés par des experts permettant de se former.