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Des ressources pédagogiques et des outils pour vous donner le pouvoir de déployer la transition Climat & ESG de votre entreprises.

Les Pépites #5 - Embarquer sa direction : Regard croisé entre responsables RSE et dirigeants

La cinquième édition des Pépites by WeCount pour comprendre comment embarquer sa direction pour avancer dans sa stratégie climat.

Antonin Guy
12/2/26

À mesure que les stratégies climat prennent de l’importance dans les organisations, la question revient souvent dans les échanges : comment obtenir un véritable soutien de sa direction pour avancer ?

Pour cette nouvelle édition 💎 Les Pépites 💎, nous vous proposons un format inédit pour traiter ce sujet : un regard croisé entre responsables RSE et dirigeants, en partenariat avec la CEC – Convention des Entreprises pour le Climat.

📅 Le jeudi 12 février 2026 à 11h

Comment participer ?

Rien de plus simple, inscrivez-vous en complétant le formulaire ci-dessous. 👇🏻

Dans nos échanges, de nombreux responsables RSE nous confient que l’adhésion de la direction (CODIR, COMEX, COPIL, Conseil d’Administration…) est souvent un point de bascule : quand elle est en soutien, les choses avancent vite. Quand elle est en résistance, c’est bien plus compliqué.

L’objectif ?

Comprendre ce qui déclenche réellement l’adhésion au plus haut niveau, comment dépasser les résistances, et quels leviers mobiliser pour transformer votre plan d'actions en décisions concrètes.

Avec les interventions de

🎤 Eric Duverger, fondateur de la CEC – Convention des Entreprises pour le Climat ;

🎤 Les responsables RSE et dirigeants de Balas Textile et Gettinge Life Science France ;

🎤 Charlotte Szylit, Consultante Senior et Antonin Guy, CEO de WeCount.

Un webinaire pensé pour celles et ceux qui, au quotidien, cherchent à donner envie d’agir, clarifier les enjeux et créer un alignement stratégique durable !

💡 À noter : ce webinaire sera tout aussi utile pour consolider un soutien déjà existant, anticiper l’évolution de la gouvernance, renforcer sa posture, ou simplement apprendre de pairs pour enrichir sa pratique.

Vous n'êtes pas disponible ? Inscrivez-vous pour recevoir le replay mais "le live", en vrai, c'est mieux.

Ce webinar peut vous être utile, mais vous n'avez pas d'email professionnel ? Ecrivez-nous à l'adresse contact-us@wecount.io.

👋 À propos des webinaires Pépites de WeCount

Les Pépites de WeCount mettent en lumière celles et ceux qui font avancer la décarbonation dans leurs organisations. Un rdv trimestriel, des formats courts, inspirants et concrets pour passer de la réflexion à l’action.

Omnibus CSRD CS3D adopté : Derniers éléments à retenir et prochaines étapes

Le mardi 16 décembre 2025, le Parlement européen adopte définitivement la directive Omnibus. WeCount fait le point sur les dernières annonces !

Marine Fouquet
16/12/25

Par un vote de 428 voix pour, 218 contre et 17 abstentions, cette réforme a été entérinée, introduisant des ajustements drastiques concernant les seuils d'application et le volume des données requises. Cette décision, justifiée par des impératifs de compétitivité, vise à alléger la charge administrative pesant sur les entreprises européennes.

Ces changements, portés par le paquet Omnibus I, réduisent substantiellement le nombre d'entreprises soumises à ces obligations, en resserrant l'étau réglementaire principalement autour des très grandes entreprises.

👉 Dans cet article, nous vous proposons une synthèse claire et actualisée des mesures finales et nos conseils pour savoir comment avancer face à ces changements.

🆕 Les experts CSRD de WeCount mettrons régulièrement à jour cet article pour vous tenir au courant des évolutions. 

En bref - les derniers éléments à jour

  • Vote définitif du 16 décembre 2025 – Le Parlement européen a définitivement adopté la loi Omnibus en séance plénière avec 428 voix pour, 218 contre et 17 abstentions. Ce vote confirme l'accord politique et clôture un processus législatif de plus de neuf mois.

  • Seuils CSRD (Rapport de durabilité) – Le champ d'application est resserré. Les obligations de reporting s'appliqueront désormais aux entreprises dépassant les seuils suivants : plus de 1 000 salariés et un chiffre d’affaires annuel net supérieur à 450 millions d’euros, Pour les entreprises non-européennes, le seuil est fixé à 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires généré dans l'UE. Note : Une clause de revue est prévue pour 2031.
  • Nouveau Calendrier CSRD – Pour les entreprises concernées par ces nouveaux seuils (souvent désignées comme la "vague 2"), la première publication est reportée. Les rapports sont attendus en 2028, portant sur l'exercice fiscal 2027.

  • Seuils CSDDD (Devoir de Vigilance) - Les obligations s’appliqueront uniquement aux très grandes entreprises de l'UE et hors UE si elles atteignent ces seuils : Plus de 5 000 employés, chiffre d'affaires annuel net supérieur à 1,5 milliard d'euros.

  • Exemptions CSDDD - Les entreprises ne seront plus tenues d’élaborer un plan de transition visant à rendre leur modèle économique compatible avec l’Accord de Paris. La responsabilité en cas d'infraction sera établie au niveau national, et non européen. Les entreprises devront adopter une approche fondée sur le risque pour identifier leurs incidences négatives.

  • Simplification drastique des normes (ESRS) – L'EFRAG a validé une réduction massive des exigences : environ 60 à 70 % des points de données (datapoints) obligatoires sont supprimés et 100 % des points de données facultatifs sont retirés,. L'analyse de double matérialité est simplifiée via une approche "top-down" basée sur le modèle d'affaires.

  • Plafonnement Chaîne de Valeur (Value Chain Cap) – Protection majeure pour les PME : les entreprises soumises à la CSRD ne peuvent plus exiger de leurs fournisseurs de moins de 1 000 salariés des informations allant au-delà du standard VSME. Les donneurs d'ordres doivent prioriser les informations déjà disponibles et ne solliciter des données supplémentaires qu'en dernier recours.

  • Outils numériques – l'EFRAG a lancé le "ESRS Knowledge Hub" début décembre. Cette plateforme centralise les normes (y compris VSME), les guides d'implémentation et une FAQ pour faciliter l'accès à l'information.

Les prochaines étapes :

  • Transposition nationale (2026) : Les États membres disposent désormais d'un an pour transcrire ces nouvelles directives dans leur droit national via une loi ou une ordonnance.

  • Validation des normes simplifiées (Mi-2026) : La Commission européenne doit maintenant transformer l'avis technique de l'EFRAG (reçu début décembre 2025) en acte délégué officiel. L'objectif est de finaliser ce système ESRS révisé d'ici la moitié de l'année 2026, pour qu'il soit effectif sur l'exercice fiscal 2027.

  • Normes sectorielles : L'EFRAG doit présenter une nouvelle feuille de route pour les normes sectorielles (initialement repoussées). Ces standards restent attendus car ils constituent la "pièce maîtresse" pour assurer la comparabilité entre acteurs d'un même secteur.
  • Clause de revoyure (2031) : Attention, les seuils d'application actuels (1 000 salariés / 450 M€) ne sont pas éternels. Une clause de revue a été intégrée aux textes, permettant à l'Union européenne de modifier à nouveau ces critères à l'horizon 2031.

CSRD : ce qui change concrètement

Relèvement des seuils d’éligibilité

L'objectif principal de cette réforme est de réduire la charge administrative en ciblant uniquement les très grandes entreprises.

Désormais, seules les sociétés dépassant les deux seuils suivants seront soumises aux obligations réglementaires de reporting : plus de 1 000 salariés (le seuil de 1 750 envisagé n'a pas été retenu) et un chiffre d’affaires net supérieur à 450 millions d’euros.

Ce changement réduit drastiquement le nombre d’entreprises concernées (environ 80 % des sociétés sortent du périmètre légal), excluant de fait la majorité des ETI et grandes PME.

Si les entreprises passant sous les nouveaux seuils sortent du périmètre obligatoire légal, elles ne s'échappent pas pour autant de la pression économique.

Pour elles, l'engagement devient volontaire mais stratégique, s'appuyant désormais sur le cadre simplifié VSME (Voluntary Standard for SMEs).

Ce standard change de dimension : il devient crucial en raison du nouveau mécanisme de « Value Chain Cap » (plafonnement de la chaîne de valeur). Concrètement, les grands donneurs d'ordres soumis à la CSRD ont désormais l'interdiction d'exiger de leurs fournisseurs (de moins de 1 000 salariés) des informations allant au-delà de ce référentiel VSME.

Ce standard agit donc comme un double levier : il structure la transition des PME tout en servant de « bouclier » contre les demandes de reporting disproportionnées venant de leurs partenaires commerciaux.

CSRD : calendrier d’application

Le 3 avril 2025, le Parlement européen a adopté la proposition “Stop-the-Clock” du paquet Omnibus, actant ainsi un report de deux ans des obligations de reporting pour les entreprises concernées.


Voici le calendrier d’application :

  • Vague 1 - Grandes entreprises cotées : maintenu, publication en 2025 (exercice 2024) ;
  • Vague 2 - Grandes entreprises non cotées, plus de 1 700 salariés avec un chiffre d'affaires supérieur à 450 M€ : report, publication en 2028 (exercice 2027). Normes volontaires basées sur la VSME proposées pour les entreprises en dessous de ce seuil ;
  • Vague 3 - Sociétés non-européennes avec CA supérieur à 450 M€, publication en 2028 (exercice 2027).

La simplification des normes ESRS

L’EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group), architecte des normes de reporting, a rempli son mandat. Suite aux demandes de la Commission et aux consultations, l'organisme a officiellement adopté sa proposition de normes révisées le 28 novembre 2025 et l'a transmise à la Commission européenne le 4 décembre.

Ce nouveau socle technique, qui doit entrer en vigueur pour l'exercice 2027, acte une réduction massive de la complexité :

Réduction des données : L'EFRAG a validé la suppression de 60 % des points de données obligatoires et de 100 % des points de données facultatifs (volontaires). Au total, cela représente une diminution d'environ 70 % du volume de données à reporter par rapport aux normes initiales.

  • Nouvelle approche de la matérialité : L'analyse de double matérialité est profondément remaniée. On passe d'une approche exhaustive ("bottom-up") à une approche plus souple basée sur le modèle d'affaires ("top-down").

  • Clause de l'effort disproportionné : Une notion "d'efforts démesurés" ("undue cost or effort") est introduite, permettant aux entreprises d'être exemptées de reporter certaines informations si leur collecte est jugée trop complexe ou coûteuse, notamment concernant la chaîne de valeur où l'usage d'estimations est désormais autorisé.

  • Normes sectorielles : Conformément au vote du Parlement, le reporting spécifique à chaque secteur (initialement prévu pour juin 2024 puis 2026) est reporté sine die et devient facultatif dans l'immédiat, bien qu'une nouvelle feuille de route soit attendue de la part de l'EFRAG.

Prochaine étape : La Commission européenne doit maintenant transformer cet avis technique en acte délégué officiel d'ici la mi-2026

La restriction du périmètre de la chaîne de valeur

La directive Omnibus introduit un principe de limitation majeur baptisé « Value Chain Cap ».

Destiné à stopper l'inflation des questionnaires ESG, ce mécanisme interdit formellement aux grandes entreprises soumises à la CSRD d'exiger de leurs fournisseurs (de moins de 1 000 salariés) des informations allant au-delà du standard VSME.

Concrètement, cela instaure un « droit de refus » pour les PME face à des demandes disproportionnées. Pour les grands donneurs d'ordres, la règle du jeu change également : ils ne doivent solliciter des données supplémentaires qu'en dernier recours.

Pour combler les trous dans leur reporting (notamment le Scope 3), l'usage d'estimations et de données sectorielles est désormais officiellement autorisé et encouragé, remplaçant l'obligation de collecte de données primaires auprès de chaque fournisseur

Assurance limitée : une vérification moins stricte des données

Si le principe de l'assurance limitée (audit externe) est maintenu pour crédibiliser la démarche, la charge associée à cette vérification est considérablement allégée par la réforme :

  • Moins de données à auditer : Avec la suppression d'environ 70 % des points de données (datapoints), le périmètre de vérification est mécaniquement réduit, ce qui devrait limiter les coûts et la complexité de l'audit pour les entreprises.

  • La clause de l'« effort démesuré » (Undue Cost or Effort) : C'est une protection juridique essentielle introduite par l'EFRAG. Les entreprises pourront officiellement justifier l'absence de certaines données si leur collecte exige des ressources disproportionnées. Les auditeurs devront accepter l'usage d'estimations pour combler ces lacunes, notamment pour les données complexes de la chaîne de valeur (Scope 3), dès lors que la collecte directe est jugée trop difficile.

  • Le principe de « Présentation Fidèle » : S'inspirant des standards financiers internationaux (ISSB), les textes introduisent l'objectif de « présentation fidèle » (fair presentation). Pour l'auditeur, cela change la grille de lecture : l'objectif n'est plus de cocher chaque case technique, mais de valider que le rapport reflète honnêtement la réalité du modèle d'affaires, en réduisant le risque de surcharge informationnelle inutile.

L'audit ne disparaît pas, mais il change de nature. Il ne s'agira plus de sanctionner l'absence d'une facture fournisseur manquante à l'autre bout du monde, mais de valider la cohérence de vos estimations et la sincérité de votre démarche de transition.

Assouplissement de la taxonomie verte

Avec le projet Omnibus, la taxonomie verte européenne sera désormais réservée aux grandes entreprises, en cohérence avec le nouveau périmètre de la CSRD. 

Concrètement, seules les structures employant en moyenne plus de 1 000 salariés et réalisant un chiffre d’affaires annuel net supérieur à 450 millions d’euros resteront soumises à l’obligation de déclaration. 

Pour les autres, la contribution deviendrait volontaire. 

Le texte introduit également plus de souplesse dans la manière de déclarer :

  • Réduction estimée à 70% de la charge de reporting ;
  • Possibilité de rendre compte des activités partiellement alignées ;
  • Introduction d’un seuil de matérialité avec une exemption d’analyse pour les activités représentant moins de 10 % du CA, Capex ou Opex ;
  • Révision du DNSH (Do No Significant Harm) et clarifications attendues sur les critères liés à la pollution et aux substances chimiques.

Retrouvez ci-dessous les principaux ajustements : 

SujetExigences précédentesModifications Omnibus
Seuil d'applicationRequis pour toutes entreprises soumises à la CSRD.Requis pour les entreprises de +1000 employés avec un CA hors taxe supérieur à 450 M€. Reporting volontaire pour les entreprises sous ce seuil.
Évaluation des activités éligiblesRequise pour toutes activités éligibles.Établissement d'un seuil de matérialité financière à 10% pour l'évaluation d'une activité.
Critères Do No Significant Harm (DNSH)Application complète des critères DNSH.Réduction et clarification des informations requises. Consultation concernant le critère DNSH pollution et produits chimiques.
Alignement des activitésLes entreprises doivent strictement respecter les critères pour être alignées.Possibilité de divulguer lorsqu'une activité est partiellement alignée.
Green Asset Ratio (GAR) pour les institutions financièresInclusion de toutes les entreprises dans le dénominateur du GAR.Exclusion du dénominateur du GAR des entreprises qui ne sont pas incluses dans le futur périmètre de la CSRD.

CS3D : ce qui change concrètement

CS3D : les obligations du devoir de vigilance sont restreintes

Un périmètre drastiquement réduit Les obligations du devoir de vigilance (CS3D) ont été massivement simplifiées pour ne cibler que les géants économiques.

La directive ne s’appliquera désormais qu’aux très grandes entreprises :

  • Entreprises de l'UE : Plus de 5 000 employés et un chiffre d’affaires mondial net supérieur à 1,5 milliard d'euros.

  • Entreprises hors UE : Celles réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 1,5 milliard d'euros au sein de l'UE.

Une clause de revue est prévue pour 2031, laissant la porte ouverte à une modification future de ces seuils.

Le texte final adopté par le Parlement supprime deux piliers majeurs de la version initiale :

  • Fin du Plan de Transition Climatique : L’obligation pour les entreprises d’élaborer et de publier un plan de transition compatible avec l’Accord de Paris a été purement et simplement retirée du texte.

  • Retrait de la Responsabilité Civile : Contrairement aux versions précédentes, le texte final ne prévoit plus de mécanisme de responsabilité civile européenne permettant aux victimes de demander réparation directement. En cas d'infraction, les entreprises s'exposent principalement à des sanctions administratives pouvant aller jusqu’à 3 % de leur chiffre d’affaires.

  • Une vigilance "élargie" mais proportionnée L'approche par le risque évolue. Alors que certaines propositions voulaient limiter la vigilance aux fournisseurs directs, le texte final conserve une « vision élargie » du risque. Les grands groupes devront étendre leur surveillance aux plus petits fournisseurs uniquement lorsqu'ils l'estiment nécessaire pour identifier un risque avéré. L'objectif est de ne pas aveugler la vigilance tout en protégeant les petites structures des demandes systématiques et injustifiées.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Le temps des négociations politiques est révolu. Avec le vote définitif du Parlement européen le 16 décembre 2025, le cadre législatif de la réforme Omnibus est fixé. Nous entrons désormais dans la phase de mise en œuvre technique :

  • Transposition nationale (2026) : Les États membres disposent désormais d'un an pour transcrire ces nouvelles directives (notamment les nouveaux seuils d'effectifs et financiers) dans leur droit national via une loi ou une ordonnance.

  • Validation des normes simplifiées (Mi-2026) : La Commission européenne doit maintenant transformer l'avis technique de l'EFRAG (transmis le 4 décembre 2025) en acte délégué officiel. L'objectif est de finaliser ce système ESRS révisé d'ici la moitié de l'année 2026. Ces nouvelles règles allégées devraient s'appliquer à l'exercice fiscal 2027, pour des rapports publiés en 2028.

  • Lancement du portail numérique : L'EFRAG a lancé début décembre le « ESRS Knowledge Hub ». Ce portail centralise désormais les normes (ESRS, VSME), les guides d'implémentation et les FAQ, offrant aux entreprises un point d'entrée unique et digitalisé pour décrypter leurs obligations.

  • Clause de revoyure (2031) : Les seuils actuels (1 000 salariés / 450 M€) ne sont pas gravés dans le marbre. Une clause de révision a été intégrée aux textes, permettant à l'Union européenne de modifier à nouveau ces critères à l'horizon 2031

CSRD, Omnibus : Nos conseils pour bien avancer 

Avec l'adoption définitive de la loi Omnibus le 16 décembre 2025, les seuils ont été relevés : seules les entreprises de plus de 1 000 salariés et 450 M€ de chiffre d'affaires restent dans le périmètre obligatoire légal.

Si cette décision exclut juridiquement près de 80 % des sociétés européennes, la réalité économique est tout autre. a CSRD n'est plus un simple exercice de conformité, c'est devenu un « passeport pour accéder au marché ».

Pour les entreprises non éligibles

Voici pourquoi et comment maintenir le cap, même sans obligation légale directe.

  • Sécuriser sa place dans la chaîne de valeur (L'effet « Value Chain Cap ») : Vos grands donneurs d'ordres soumis à la CSRD ont désormais une contrainte : le « Value Chain Cap ». Ce mécanisme leur interdit d'exiger de vous des données excessives, mais il standardise leurs attentes autour d'un socle précis : la VSME. En maîtrisant ce standard, vous anticipez leurs demandes légitimes tout en vous protégeant contre les questionnaires « sauvages » et disproportionnés.

  • Garder son accès aux financements : Les banques et investisseurs ne reculeront pas. Pour eux, la donnée ESG est indispensable pour évaluer les risques. Une entreprise capable de fournir des données fiables et auditables accèdera plus facilement à des financements verts et à des taux bonifiés. À l'inverse, l'inaction expose à une "prime de risque" et à une dévaluation implicite.

  • « Donner du sens » et piloter la performance : Le reporting ne doit pas être vu comme une charge administrative, mais comme un outil de pilotage. Il permet de canaliser la feuille de route ESG et de fédérer les équipes autour d'objectifs communs. 96 % des entreprises qui reportaient déjà comptent continuer malgré l'assouplissement des règles, preuve que l'exercice apporte une valeur stratégique interne.

  • Anticiper le risque de controverse : La pression ne vient pas seulement des clients B2B, mais aussi des collaborateurs, des consommateurs et de la société civile. L'absence de transparence expose aujourd'hui l'entreprise à des risques réels de réputation ou de sanction par le marché. Agir sur ses enjeux matériels, c'est minimiser ces risques tout en renforçant sa marque employeur.

Par où commencer ?

Si vous ne savez pas par quel bout prendre le sujet, voici la démarche pragmatique adaptée au nouveau contexte 2026 :

  • Adoptez le standard VSME comme boussole : Ne réinventez pas la roue. Ce standard, conçu par l'EFRAG, devient la « colonne vertébrale » du reporting volontaire. Il est proportionné, lisible par vos banquiers et clients, et vous protège contre les demandes d'informations disproportionnées.

  • Lancez une double matérialité « allégée » : Profitez des nouvelles souplesses validées par l'EFRAG. L'approche est désormais plus flexible (dite « top-down »), vous permettant de partir de votre modèle d'affaires pour identifier vos enjeux matériels prioritaires sans vous noyer dans une analyse exhaustive complexe. C'est l'étape clé pour prioriser votre action là où elle a le plus d'impact.

  • Pilotez la durabilité à plusieurs : Impliquez la direction pour créer une dynamique collective autour des enjeux ESG.
  • Observez les pratiques des autres entreprises : Inspirez-vous de celles déjà soumises par la CSRD ou qui ont basculé sur la VSME pour anticiper les données et les attentes susceptibles de vous être transférées.

Et plus concrètement ?

Si vous souhaitez avancer sans vous perdre dans la complexité réglementaire, WeCount propose un programme ESG complet, conçu pour aider les entreprises à structurer un reporting de durabilité crédible et une feuille de route alignée sur les normes ESRS et VSME.

Ce programme s’adresse aux organisations qui veulent :

  • réaliser leur premier reporting ESG ou mettre à jour leur feuille de route ;

  • donner du sens à la réglementation et à la collecte ;

  • embarquer les équipes internes et leurs parties prenantes ;

  • anticiper leurs risques et transformer leurs enjeux matériels en décisions opérationnelles.

En 4 mois, avec un format collectif et un accompagnement individuel, vous êtes guidés :

  • Phase 1 : Analyse de double matérialité conforme au cadre européen ;

  • Phase 2 : Construction d’une feuille de route ESG, collecte des données clés et préparation de la gouvernance.

Le tout porté par notre plateforme CSRD/VSME, nos consultants dédiés et une méthodologie pensée pour être opérationnelle, pragmatique et accessible.

👉 Vous vous interrogez sur la suite, le bon rythme ou les bons outils pour structurer votre stratégie ESG ? Que vous soyez directement concerné par la CSRD ou non, notre équipe peut vous accompagner pour transformer ces enjeux en leviers concrets de pilotage, de performance et de mobilisation. Contactez-nous pour en parler !

Sources

CSRD et CS3D : l’Omnibus définitivement adopté au Parlement européen, 16 décembre 2025

L’UE fait progresser la simplification des rapports de durabilité alors que l’EFRAG soumet un ESRS révisé à la Commission, 4 décembre 2025

CSRD : l'Efrag adopte sa proposition de simplification des normes de reporting, 1 décembre 2025

Le Knowledge Hub de l'EFRAG

Press conference by Jörgen WARBORN (EPP, SE), rapporteur on simplified sustainability reporting and due diligence requirements, 13 novembre 2025

Commission simplifies rules on sustainability and EU investments, delivering over €6 billion in administrative relief, 26 février 2025

Portail RSE - Espace CSRD

Portail RSE - VSME : comprendre les normes volontaires

Analyse de Cycle de Vie (ACV) : comment évaluer l'empreinte carbone des médicaments ?

La DGE a publié en février 2025 une méthodologie d’évaluation de l’empreinte carbone des médicaments basée sur l’ACV carbone. Voici les éléments clés à connaître pour s’en emparer efficacement.

Clémence Goutel
12/11/25

Une évolution attendue et nécessaire. Car les activités liées à la santé représentent 8 % des émissions nationales, soit 49 millions de tonnes de CO₂e par an (source : The Shift Project, 2025). Premier poste d’émissions : les médicaments, qui à eux seuls pèsent 29 % du total, devant les dispositifs médicaux (21 %).

Agir sur le médicament, c’est donc agir au bon endroit.

Chez WeCount, nous accompagnons déjà les acteurs du secteur dans la mise en œuvre concrète de cette méthodologie. Voici les éléments clés à connaître pour s’en emparer efficacement.

À retenir 

  • La méthodologie publiée par la DGE (février 2025) fournit un cadre public, simple et robuste pour évaluer l’empreinte carbone d’un médicament donné, avec comme résultat une valeur en kg de CO₂e.

  • Dans les appels d’offres des acheteurs de médicaments (hospitaliers, pharmacies de ville…) le critère carbone progresse : la méthodologie de la DGE crée une base commune entre industriels et acheteurs.

  • Les critères liés à l’empreinte carbone doivent peser a minima 10% dans la pondération des appels d’offres, publics comme privés, d'après les recommandations du secteur.

  • Dans de nombreux cas, le principe actif (PA) concentre la plus grande part des émissions du médicament : obtenir les données fournisseurs est la clé pour réduire l’incertitude et cibler les leviers.

Qu’est-ce que l’ACV carbone d’un médicament ?

ACV carbone, c’est quoi ?

L’Analyse de Cycle de Vie (ACV) est une méthode rigoureuse, encadrée par les normes ISO 14040 et 14044, qui permet de mesurer les impacts environnementaux d’un produit tout au long de sa vie.

Dans le cas de l’ACV carbone, l’analyse se concentre uniquement sur un indicateur : le changement climatique, exprimé en kg de CO₂e (selon la norme ISO 14067).

L'objectif est de comprendre l'impact du produit sur le changement climatique, afin d'identifier les étapes de son cycle de vie où des améliorations peuvent être apportées.

Et appliquée aux médicaments ?

La méthodologie d’évaluation de l’empreinte carbone des médicaments fournie par la DGE repose entièrement sur cette approche. 

Elle définit comment réaliser une ACV carbone spécifique au médicament, avec des règles précises pour chaque étape et des facteurs d’émission cohérents. Le lien entre les deux est donc direct : la DGE propose une traduction opérationnelle de l’ACV carbone adaptée au contexte pharmaceutique français.

Un médicament est composé d’un ou plusieurs principes actifs (PA) formulés avec des excipients. Il est ensuite façonné sous une certaine forme pharmaceutique (=forme galénique, exemples : comprimé/gélule/crème) puis conditionné (=emballé). Concrètement, une ACV carbone appliquée à un médicament s’intéresse à toutes les étapes de sa vie :

  • Production des matières premières, et en particulier le principe actif, souvent le plus gros poste d’émissions ;

  • Fabrication (transformation, formulation, conditionnement) ;

  • Distribution (transport vers les établissements de santé ou pharmacies) ;

  • Utilisation (avec parfois des émissions associées selon le type d’administration) ;

Etapes du cycle de vie

Exemple type de répartition d’empreinte carbone d’un médicament

Postes d'émissionsPart estimée
Principe actif (fabrication + transport)65 %
Fabrication du médicament15 %
Excipients et conditionnement8 %
Transport & distribution7 %
Utilisation2 %
Fin de vie3 %

Ces ordres de grandeur varient fortement selon le type de médicament, sa formulation ou son circuit de distribution. C’est tout l’intérêt d’une ACV carbone : adapter les données à chaque produit, en s’appuyant au maximum sur des données objectives, traçables et documentées.

Pourquoi la méthodologie d’évaluation de l’empreinte carbone des médicaments devient incontournable 

Depuis février 2025, la méthodologie DGE s’impose progressivement comme référentiel commun pour l’évaluation de l’empreinte carbone des médicaments dans les marchés publics. Elle permet de comparer deux alternatives produits en intégrant la variable carbone comme critère d’achat.

🎙️ Charles Flahault, Chargé de mission Décarbonation des Industries de Santé à la DGE, le résumait ainsi lors d’un récent webinaire sur l’éco-conception des soins :

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Cette méthodologie a trois vertus clés :

  • Simplicité : elle est conçue pour être utilisable.

  • Robustesse : elle repose sur des bases de données reconnues (Base Empreinte®, Ecoinvent, Exiobase…).

  • Standardisation : elle harmonise les pratiques entre industriels, acheteurs, décideurs.

Elle est aussi un outil transversal, utile pour différents acteurs :

  • Les décideurs publics, pour disposer de données quantifiées et orienter les politiques de santé durable.

  • Les industriels, pour mettre en œuvre des actions de décarbonation de leur outil industriel et de leur chaîne d’approvisionnement, pouvoir identifier les classes médicamenteuses, technologies ou formes galéniques les plus carbonées.

  • Les acheteurs, pour intégrer la dimension carbone dans leurs critères et réaliser des achats durables.

  • Les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmiers…), pour mieux orienter les travaux de mise en place d’éco-soins et s’engager dans des prescriptions éco-responsables.

Ce qu’une ACV carbone permet concrètement

Mener une ACV carbone présente des bénéfices concrets :

  • Identifier vos principaux postes d’émissions produits, pour mieux cibler vos actions de réduction.

  • Structurer une démarche d’éco-conception, en travaillant sur la formulation, les emballages, la logistique ou la durée de conservation.

  • Répondre aux attentes croissantes des établissements de santé, qui exigent des données précises et traçables.

  • Favoriser les coopérations avec vos fournisseurs, notamment sur les données du principe actif.

Quelles sont les étapes clés d’une ACV carbone ?

1. Définir le périmètre de l’étude

Tout part de la définition de l’unité fonctionnelle : est-ce une boîte ? Un traitement sur une période donnée ? L’unité fonctionnelle nous renseigne sur la fonction du produit, c'est-à-dire ce qu’il est censé accomplir pour l’utilisateur (ex. : une dose de médicament pour un traitement spécifique). 

Il est également important de préciser le périmètre géographique de distribution (France uniquement ?) ainsi que les sites de production et de formulation du médicament concernés, c'est-à-dire les usines où les principes actifs sont transformés en produit final (comprimés, gélules, etc.), ainsi que celles où le médicament est conditionné et préparé pour la distribution.

2. Collecter les données

C’est l’étape la plus sensible. La qualité de l’ACV dépend directement de la qualité des données collectées. Plus les données sont précises et spécifiques au médicament, plus les résultats seront exploitables.

Voici quelques exemples de données à collecter :

  • Principe actif : empreinte carbone, pays de fabrication, proportion de chaque principe actif dans le médicament (si plusieurs PA pour un médicament donné).

  • Énergies et procédés : scopes 1, 2 des sites de formulation du médicament, et idéalement scope 3.

  • Matières et packagings : nature des conditionnements et région de fabrication.

  • Logistique : modes de transport (routier, maritime, aérien), réfrigération ou non du transport.

3. Réaliser le calcul dans la matrice DGE

Les données sont ensuite saisies dans la matrice Excel fournie par la DGE, qui guide le calcul de l’empreinte carbone poste par poste. La méthodologie repose sur une hiérarchisation claire des sources :

💡 Bon à savoir : Le guide de la DGE recommande d’utiliser en priorité des données spécifiques (internes ou fournisseurs). Si celles-ci sont inaccessibles, il est possible de s’appuyer sur des bases environnementales reconnues (Base Empreinte®, Ecoinvent, Exiobase). La méthodologie prévoit des majorations en pourcentage pour certains postes lorsque les données d’activité spécifiques sont manquantes (par exemple, une majoration de 5 % pour le transport amont des matières premières et consommables dans l’empreinte carbone du principe actif).

Un conseil supplémentaire est de commencer par une ou quelques références pour vos ACV, afin de vous concentrer sur les plus stratégiques pour vous ou vos clients. Cela permet de ne pas s’éparpiller sur plusieurs ACV en parallèle. Il est aussi important de bien cadrer dès le départ pour choisir des références dont les données, notamment celles des principes actifs, sont disponibles et accessibles.

Toutes les hypothèses, incertitudes et limites doivent être consignées dans les onglets dédiés de la matrice. Ce travail de transparence est essentiel pour assurer la robustesse des résultats et leur lecture par les acheteurs de médicaments.

4. Interpréter les résultats et agir

Une fois les résultats obtenus, l’ACV carbone permet d’identifier les postes les plus émissifs et les leviers prioritaires de réduction. L’enjeu : transformer les constats en plan d’action, au sein des services concernés (production, achats, R&D…).

Voici quelques leviers d’action fréquemment identifiés :

  • Principe actif (PA) : c’est souvent le premier poste d’émission. Travailler sur l’écoconception du procédé de synthèse (ex : remplacement de solvants, réduction des rendements matière, biocatalyse) permet de réduire significativement l’empreinte. Une autre approche consiste à relocaliser la production en Europe ou en France, ce qui peut réduire l'impact environnemental, notamment en limitant les émissions liées à l'énergie nécessaire à la fabrication du PA et/ou du médicament.

  • Excipients et formes galéniques : certains excipients sont très impactants (par ex. la gélatine ou le lactose selon leur origine). Le choix de la forme (comprimé, injectable, sirop…) influence aussi le poids global.

  • Packaging : les sur-emballages inutiles ou non recyclables sont des cibles faciles. L’éco-conception (choix des matériaux, formats, recyclabilité) est un levier accessible.

  • Logistique : optimiser les distances de transport, les modes (favoriser le maritime ou le rail), regrouper les flux ou travailler sur la densité logistique sont des pistes concrètes.

  • Durée de vie et stabilité : allonger la durée de conservation permet de limiter les pertes, les invendus et la destruction de lots.

Comment WeCount vous accompagne

Chez WeCount, nous accompagnons aussi bien des entreprises françaises que des filiales de grands groupes mondiaux dans la réalisation de leurs ACV carbone médicaments, en adoptant une approche rigoureuse, conforme à la méthodologie DGE et parfaitement adaptée à vos équipes.

Notre accompagnement comprend :

  • Un cadrage précis : définition du périmètre et des objectifs.

  • L’organisation de la collecte de données auprès de vos sites et fournisseurs.

  • La modélisation carbone complète dans la matrice DGE.

  • Une restitution claire : rapport, pistes d’action, axes de réduction, etc.

Questions fréquentes

La méthodologie d’évaluation de l’empreinte carbone des médicaments fournie par la DGE est-elle obligatoire ?
Non, mais elle est très recommandée. Elle constitue le référentiel public en France pour évaluer l’empreinte carbone des médicaments.

Peut-on comparer deux médicaments entre eux ?
Oui, l’intérêt de la méthodologie est justement de pouvoir comparer deux médicaments équivalents et de savoir lequel des deux, toutes choses étant égales par ailleurs, est le plus consommateur en carbone.

Quelles sont les données les plus critiques ?
Le principe actif reste généralement le plus émissif. Il faut donc concentrer les efforts sur les données fournisseurs précises à ce niveau.

En conclusion

La publication de la méthodologie DGE marque un tournant opérationnel pour la filière santé. En structurant les pratiques, elle offre un langage commun pour évaluer et réduire l’empreinte carbone des médicaments.

Elle pose aussi les bases d’un futur standard européen, et d’une traçabilité environnementale renforcée, qui pourrait s’étendre à d’autres produits de santé, tels que les dispositifs médicaux, notamment avec des outils récents comme l'Index DM (dispositifs médicaux) Durable, qui permet de comparer les dispositifs médicaux sur plusieurs critères, dont l'empreinte carbone, facilitant ainsi la décision d’achat entre deux DM de même nature.

Vous souhaitez structurer efficacement votre démarche ACV carbone ? Prenez contact avec l’équipe WeCount !

Sources 

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Romain Bartier
Caroline GAIDON
Mathilde RONZE

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